Michaël, guide raquettes à neige et organisateur de voyages en laponie suédoise, nous partage son expérience de sa semaine à suivre une famille vivre un séjour multi-activités en Laponie en hiver : Chiens de traineau, ferme aux rennes, pêche blanche, motoneige, sentier animalier, aurore boréale, …..
Informations pour préparer un voyage multi-activités en Laponie en Famille

Lieu
À Mellanstrom en Laponie Suédoise est une localité, avec environ une cinquantaine d’habitants, proche la commune d’Arjeplog dans le comté de Norrbotten. C’est au camp de pêche de Mellanstrom que nous avons vécu cette semaine au bord du lac Makkaure.
Date
Du Vendredi 6 au Vendredi 13 Février 2026
Quand venir en laponie Suédoise
Pour un séjour multi-activités l’hiver, la meilleure période est de décembre à fin mars. La période de noël offre une magie à vivre avec des enfants ( et aussi les grands enfants ). La période des vacances scolaires est aussi idéal en famille.
Mais si vous avez lapossibilité de venir en janvier, certes il fait parfois froid mais les couleurs et les paysages givrés sont de toutes beautés. Mars est une période fantastique avec des journées plus longues et des températures plus clémentes.
De toute façon la période des aurores boréales commence fin septembre et se termine fin mars.
Comment s’y rendre
Le moyen le plus utilisé est l’avion depuis la france. Il y a des vols directs depuis Paris pour Luléa et ensuite prendre un taxi ou louer une voiture pour parcourir les 3H de routes jusqu’à Mellanstrom Fishing Camp.
Pour ma part j’ai pris un avion jusqu’a Stockholm puis ensuite un avion jusqu’a Arvidsjaur. Cela évite la grande ville, on arrive dans un petit aéroport et pour la petite 1H30 de route soit en taxi soit de louer une voiture permet de profiter plus rapidement de la nature laponaise.
Ou dormir
Durant mon séjour j’ai loué un chalet au camp de pêche de Mellanstrom. Il y a tout le confort : chambre, cuisine, SDB, salon, …. un sauna à disposition, un kota avec un foyer central pour manger des saucisses et des gauffres.
Ou se restaurer

A Arvidsjaur, j’ai pu tester à 2 reprises le restaurant FRASSES A-GRILLEN simple, très bon rapport qualité à quelques pas du supermarché COOP dont j’avais commandé en drive quelques jours avant mon arrivé.
En dehors du camp, il y a Arjeplog à 26 km avec plusieurs restaurants et avec des supermarchés dont l’enseigne COOP.
Office de tourisme autour de Mellanstrom
Quoi faire autour de Mellanstrom

Même si Mellanstrom vous semble une destination perdu en pleine nature, vous serez vite surpris des nombreuses possibilités d’expériences outdoor, visites culturelles à vivre :
Depuis le Mellanström Fishing Camp, vous pourrez profiter des nombreuses activités proposées dans la taïga enneigée par Robert BOUR Guide Nature, et dont j’ai pu vivre une semaine riche et intense : expédition en traîneau à chiens, visite d’une ferme à rennes, ski nordique, motoneige, pêche blanche, grillade au feu de bois, …. J’en dis pas plus vous allez vite le découvrir plus bas.
À Ajerplog, je vous recommande vivement d’aller visiter le Silvermuseet. Un musée régional présentant l’histoire de la mine d’argent, la culture sami et l’archéologie de la région.
À Arvidsjaur, à quelques minutes du centre, le village traditionnel Lappstaden permet une plongée dans l’histoire des Samis et de leurs huttes en bois. La nuit vous serez attirés par les lumières de la station de ski sur la colline au dessus du village. Idéal pour débuter en ski.
Bibliographie
- Récit de la vie des Lapons – Johan Turi
Un classique incontournable écrit par le Sami Johan Turi au début du XXᵉ siècle, dans sa langue, puis traduit en français. C’est l’un des premiers témoignages directs de la vie quotidienne, des traditions d’élevage de rennes et de la vision du monde sami — précieux pour comprendre l’esprit de ce peuple arctique.
- Parlons lapon : Les Sames, langue et culture – M.M. Jocelyne Fernandez-Vest
Un bon ouvrage de base pour découvrir la langue sami, les structures sociales et les traditions culturelles. Accessible comme introduction, il combine aspects linguistiques et culturels pour donner une perspective générale sur le peuple sami.
- Je suis la mer
Ce roman aborde la sédentarisation forcée et les transformations des modes de vie samis dans la Laponie suédoise du XXᵉ siècle, avec une forte dimension humaine et historique.
Séjour famille multi-activités en laponie en hiver

Alors que je venais d’accompagner la quatrième édition des Voyages en Laponie Suédoise au cœur de la Nature Sami, j’ai ressenti le besoin de rester. Rester pour respirer. Rester pour laisser redescendre l’intensité d’un séjour engagé. Mais surtout rester pour autre chose : vivre une immersion plus intime, plus silencieuse, aux côtés de Robert Bour, guide nature en Laponie suédoise, et témoin privilégié de son accompagnement au camp de Mellanström.

Robert avait été d’un soutien précieux tout au long de notre organisation. Présent, fiable, attentif. Cette fois, les rôles s’inversaient : je devenais observateur, appareil photo en bandoulière, prêt à raconter l’expérience d’un séjour multi-activités en Laponie à travers les yeux de ceux qui allaient l’habiter.
En ce jour de fête nationale SAMi, mon groupe parti vers l’aéroport d’Arvidsjaur, je prends la route avec Robert en direction de Luleå (que l’on prononce « Luléo »). Il vient accueillir Dimitri et sa fille Victoire, 9 ans, venus vivre une semaine d’aventure hivernale au cœur du Grand Nord.

Quelques arrêts logistiques à Arvidsjaur, puis l’arrivée à Luleå en début d’après-midi : courses en zone commerciale, déjeuner simple, balade dans le centre-ville enneigé avant l’atterrissage de l’avion. Le rythme est tranquille. Déjà, l’accompagnement commence dans ces détails : anticipation, organisation, fluidité.
L’avion est à l’heure. Les retrouvailles sont naturelles. Dimitri sourit, Victoire observe tout, les yeux grands ouverts. Bagages chargés, nous reprenons la route vers Mellanström. Passage au drive de la COOP à Arvidsjaur, dîner dans un restaurant local, puis la nuit s’installe.

Sur le trajet, les aurores boréales apparaissent. Vertes, dansantes, presque irréelles. Comme un rite de passage. Comme si la Laponie suédoise souhaitait elle-même la bienvenue à ses nouveaux hôtes.
À l’arrivée au camp de Mellanström, Robert leur montre leur chalet, explique le déroulé du lendemain, rassure, cadre, sourit. Demain, la première activité nordique commencera.
La semaine peut débuter.
Première journée : sentier animalier et conte de Noël sous les aurores et les lumières du Nord

Après une bonne nuit dans le silence enveloppant de Mellanstrom, nous retrouvons notre petite équipe vers 10 h, en pleine forme, prêts à découvrir le sentier animalier en raquettes à neige imaginé par Robert. Raquettes chaussées, nous nous engageons pour une boucle d’environ 1 h 30 à 2 h, parfaitement adaptée pour une première immersion dans la nature laponne.

Le parcours est soigneusement balisé, permettant d’y revenir librement. La trace déjà marquée dans la neige facilite la progression : excellent premier contact avec cette toundra blanche et froide, accessible même aux enfants. Très vite, nous nous laissons happer par cette immensité silencieuse. Les regards scrutent l’horizon, espérant apercevoir un mouvement, une silhouette.




Notre première observation s’impose comme une récompense. Robert s’arrête, rassemble le groupe et partage, avec sa pédagogie simple et passionnée, des informations sur cet animal emblématique du Grand Nord. Victoire, curieuse, pose ses premières questions. L’apprentissage se fait naturellement, au rythme de la marche.

Plus loin, un lièvre variable surgit sous le bruit feutré de nos pas. Il file se cacher, presque invisible tant son mimétisme avec la neige est parfait. Seules ses oreilles trahissent sa présence.

Cette rencontre aiguise nos sens : nous avançons désormais plus attentifs encore, baignés dans une lumière intense qui se reflète sur la neige comme un miroir.

La boucle s’achève dans la joie d’avoir observé plusieurs animaux « locaux ». Ce séjour en Laponie commence sous le signe de l’émerveillement.
Conte de Noël et aurores boréales : la magie opère

Après le déjeuner, je prépare une pâte à gaufres pour le goûter tandis que Robert met en place l’animation du soir : le conte de la nuit de Noël à Mellanstrom. Pendant ce temps Victoire et Dimitri s’amusent avec les luges trotinettes sparks dans le camp.

À la tombée de la nuit, nous nous retrouvons au kota, autour du feu. Robert commence à raconter une légende. Mais très vite, nous comprenons que ce n’est pas un simple récit : c’est une expérience vivante. Frontales allumées, nous partons en raquettes sur un sentier illuminé par la neige. Une porte surgit dans la forêt. Des étapes, des symboles, une progression… Adultes comme enfants, nous avançons dans ce conte initiatique, les yeux brillants.

Et comme si la nature voulait sceller la magie, des aurores boréales apparaissent dans le ciel. Vertes, mouvantes, presque irréelles. Une synchronicité parfaite.

Je ne dévoilerai pas cette histoire. Elle se vit. Et si vous passez l’hiver à Mellanstrom, je ne peux que vous conseiller de contacter Robert BOUR pour la découvrir.
Croque-gaufres et sauna : la chaleur nordique

De retour au kota, place à une soirée « croque-gaufres ». Une invention maison : pâte à gaufres, feu de bois, appareil en fonte posé sur les braises. Le résultat est surprenant et délicieux. Chocolat ou confiture aux baies suédoises viennent napper ces gaufres improvisées, accompagnées d’un jus de pommes aux épices fumant.

Pendant ce temps, le sauna chauffe. Nous terminons la journée en alternant chaleur humide et roulades dans la neige. Le contraste thermique est saisissant, vivifiant, presque méditatif.
Quelle merveilleuse première journée.
Chacun regagne ensuite son chalet, porté par cette sensation rare d’avoir vécu quelque chose d’essentiel.
Ski nordique et expédition polaire autour de Mellanström

Pour cette deuxième journée d’activités outdoor en Laponie, Robert nous propose une véritable petite expédition en ski nordique avec pulkas. La météo est exceptionnelle : grand ciel bleu, lumière hivernale éclatante, températures idéales pour glisser. Ces conditions donnent au séjour en Laponie une dimension presque irréelle.

Nous chargeons les pulkas avec le pique-nique. Victoire opte pour des ski-raquettes, plus courts et plus larges, parfaitement adaptés aux enfants grâce à leur maniabilité. Dimitri, Robert et moi chaussons nos skis nordiques. L’expédition peut commencer.

Nous suivons d’abord les traces de motoneige qui serpentent sur le lac gelé, balisées par des jalons. Puis nous pénétrons dans une île boisée. L’atmosphère change immédiatement : plus feutrée, plus intime. Robert, en véritable guide nature, connaît chaque recoin et nous trace un itinéraire fluide entre lac ouvert, lisière forestière et clairières baignées de soleil. La lumière joue avec nous : parfois face à nous, parfois de côté, parfois dans le dos, sculptant les reliefs enneigés.

Chaque glissade est un pur bonheur. La neige, sèche et froide, crisse sous les skis avec cette qualité unique que seule la Laponie semble offrir. On pourrait presque respirer cette poudre légère tant elle est fine.
Repas à la place au Feu

Au loin apparaît notre objectif : une place au feu, nichée au soleil, pour notre déjeuner. À l’arrivée, nous devons d’abord déneiger les bancs ensevelis. Pelles en main, nous transformons cet espace figé dans la glace en terrasse accueillante. Robert montre à Victoire et Dimitri comment allumer un feu avec une pierre à feu. Nous devenons apprentis trappeurs le temps d’un instant.

Les saucisses sortent du « congélateur » naturel, piquées sur des broches télescopiques, et grillent doucement au-dessus des flammes. Assis sur des peaux de rennes, face au lac blanc immaculé, nous savourons ce moment hors du monde. L’air est pur, le silence profond, la convivialité simple et authentique.




Robert fait ensuite chauffer des Kanelbullar, ces fameuses brioches suédoises à la cannelle. Moelleuses, parfumées, elles prennent une autre dimension dégustées en pleine nature polaire. Dimitri partage une fiole de Chartreuse, ajoutant une note chaleureuse à ce tableau nordique.

Nous reprenons ensuite les skis pour explorer d’autres îles et d’autres ambiances, toujours guidés par l’expérience de Robert. Je photographie sans retenue, conscient de vivre une journée rare.

Peu à peu, le camp de Mellanstrom réapparaît à l’horizon.
Le soir, nous prolongeons cette énergie par une nouvelle session de « croque-gaufres ». Après une telle journée, tout semble encore meilleur. Peut-être ne rentrerai-je pas plus léger… mais tellement plus vivant.

Certaines journées deviennent des repères. Celle-ci restera gravée en moi comme un conte polaire : ski nordique en Laponie, feu de bois, rires partagés, lumière irréelle et joie simple d’être ensemble.
Un bouillon chaud pour conclure, et la fatigue douce d’une journée pleinement vécue m’emporte vers le sommeil.
Motoneige, pêche blanche et grillade au feu de bois en Laponie

Quand tu te lèves et que la météo est plus ensoleillée que prévu, tu sais que la journée sera belle. Encore plus belle que la veille ? Je ne sais pas… mais les lumières au lever du jour sont irréelles. En Laponie, le soleil d’hiver n’éclaire pas, il sculpte les paysages.
Après un petit-déjeuner bien copieux, j’assiste Robert dans la préparation de l’équipement. Démarrer la motoneige, installer les peaux de rennes dans la pulka panoramique pour plus de confort et de chaleur, en disposer également sur le siège de la motoneige. Puis penser à tout pour la pêche blanche : cannes avec appâts naturels et leurres, une petite passoire (dont je ne comprends pas encore l’utilité), un seau pour notre future pêche miraculeuse, ainsi qu’une foreuse à glace fixée sur une visseuse.

Avant de partir, Robert achète les cartes de pêche journalières. Rien n’est laissé au hasard.
La motoneige est déjà bien chargée. Il faut encore ajouter le bois et de quoi préparer le repas du midi : saucisses, pain, sauces, chocolat, et bien sûr les brioches suédoises à la cannelle — les kanelbullar.
Nous grimpons sur la motoneige ; Dimitri et Victoire prennent place dans la pulka panoramique. Et nous voilà partis, glissant sur la neige.

Robert longe le lac, puis fait un léger détour. Là, allongé dans la neige, face à la douce chaleur du soleil, un magnifique élan. Nous prenons le temps de l’admirer dans son territoire. Paisible, il se lève lentement et s’éloigne à son rythme.
À peine cinq minutes de motoneige, et déjà un spectacle grandiose.

Robert suit les jalons plantés sur le lac gelé — des pistes sécurisées, vérifiées régulièrement. Mais la plupart du temps, nous longeons les rives, offrant des vues incroyables sur cette nature enveloppée de neige. C’est féérique.
Pêche blanche en Laponie

Après cette excursion en motoneige, nous arrivons à une nouvelle place à feu. Nous déposons les affaires du repas, puis nous dirigeons vers le spot de pêche blanche conseillé par le voisin de Robert.
Pour nous trois, c’est une grande découverte. En tant que pêcheur à la mouche, j’attendais depuis des années de m’initier à cette pratique.
Robert commence par nous équiper d’un collier muni de deux pics à glace. Même si l’épaisseur du lac gelé est conséquente — et nous allons bientôt le vérifier — la sécurité prime toujours.

Nous choisissons trois emplacements, à quelques mètres les uns des autres. Nous dégageons la neige jusqu’à atteindre la glace.

Robert arrive avec sa foreuse fixée sur la visseuse. Le perçage est physique. La glace résiste… puis cède. Après 80 centimètres d’épaisseur, l’eau jaillit. Impressionnant.
Je comprends enfin l’utilité de la petite passoire : retirer les morceaux de glace flottants et empêcher le trou de regelé autour du fil.




Nous descendons nos lignes jusqu’au fond, puis les remontons légèrement. Le geste devient répétitif, presque méditatif : animer le leurre de haut en bas, patienter, ressentir.
Victoire est la première à sentir une touche. Puis Dimitri. Puis moi. C’est magique. Mais aucun de nous ne réussit à ferrer le poisson espéré.

Pendant ce temps, Robert est retourné à la place à feu pour préparer le repas. Victoire le rejoint pour apprendre à allumer le feu avec un firesteel.
Avec Dimitri, nous contemplons ce paysage incroyable. Il fait froid, mais le soleil intense de Laponie donne l’illusion de nous réchauffer.
L’heure du repas

La cloche nous appelle. Nous laissons les lignes en place — nous n’avons pas dit notre dernier mot.
Quel luxe. Les bancs recouverts de peaux de rennes nous tendent les bras. Les braises attendent les saucisses. L’eau frémit dans la bouilloire. Dimitri a même prévu une bière pour accompagner cette deuxième grillade.




Nous sommes des coqs en pâte. Du bonheur à l’état pur, dans sa forme la plus simple.
Les brioches à la cannelle réchauffées au feu deviennent sublimes, surtout avec un carré de chocolat fondant dessus. On se demande qui est l’enfant : Victoire ou nous trois ?

Rassasiés, nous retournons à nos trous dans la glace. Une fine pellicule s’est déjà formée : il faut la briser avant de replonger les lignes. Nous espérons encore une perche ou un autre habitant du lac.

Puis le soleil amorce sa descente. La fraîcheur devient plus vive. Nous rangeons le matériel et repartons en motoneige.
Robert termine le tour du lac avant de nous emmener dans les marais. Décor totalement différent, mais tout aussi somptueux, surtout sous la lumière pastel du soleil couchant.

Le sentier nous conduit vers un autre lac, dont nous longeons les rives avant de rejoindre une piste forestière.




Après un grand tour dans la taïga laponaise, nous revenons au camp. Nous déchargeons et rangeons le matériel avec Robert pendant que Dimitri et Victoire rejoignent leur chalet cosy.
Chacun retrouve son appartement pour clôturer cette journée dense, dîner et se coucher.
Journée off au camp de Mellanström : le silence comme expérience

En Laponie suédoise, au camp de Mellanström, il existe des journées sans programme. Pas d’horaires, pas d’itinéraire tracé sur la neige. Ce matin-là, Robert part vers Luleå pour accueillir à l’aéroport Jean-Jacques et Catherine, venus vivre à leur tour un séjour en Laponie placé sous le signe de la nature et du grand nord.

Le camp s’éveille lentement. Je profite de cette parenthèse pour répondre à quelques mails, déjà presque irréels face à l’immensité blanche qui m’entoure. Puis je chausse les raquettes à neige et m’aventure vers les « marais » gelés, ces zones ouvertes où la forêt se fait plus rare, laissant place à une lumière rasante, presque irréelle. Ici, la nature laponne ne se contemple pas : elle se traverse avec humilité.



Le jour décline tôt. Le ciel s’embrase de nuances pastel et le froid rappelle la rudesse de ces terres nordiques. Pourtant, tout semble parfaitement orchestré : chaque espèce trouve sa place dans cet équilibre fragile. Grâce aux jumelles laissées à disposition par Robert, j’observe, j’apprends à ralentir. Deux tétras surgissent soudain sous mes pas, s’extrayant de la neige dans un battement d’ailes inattendu. Je n’ai pas le temps de saisir mon téléphone. L’instant m’échappe — ou plutôt, il m’appartient pleinement.

Au camp, pendant ce temps, Victoire et Dimitri construisent leur igloo, creusé dans la butte laissée par le chasse-neige. Toute une après-midi pour façonner un abri, un refuge, un rêve d’enfant au cœur de l’hiver arctique.
Me voila de retour à a nuit tombante. Il est temps de préparer le repas « Dinatoire » pour ce soir au coin du feu.

Le soir, nous nous retrouvons dans le kota, autour du feu. Gaufres salées, saumon, rires partagés. Jean-Jacques et Catherine découvrent la chaleur du groupe.



Plus tard, Victoire et son père s’installent dans leur igloo, trois peaux de rennes pour matelas. Dormir dehors, sous le ciel du nord. En Laponie, même les journées « off » deviennent des expériences essentielles.



Nous leur souhaitons une belle nuit dans leur « cocon sami », installé juste à côté de leur chalet… Et si la nuit devenait trop « fraîche », ils pourraient toujours terminer leur nuit bien au chaud dans leur habitation.
Chiens de traîneaux et ski nordique : une journée polaire à Mellanström

Le matin se lève doucement sur le camp de Mellanstrom, offrant une lumière claire et douce après une météo capricieuse. Le petit déjeuner terminé, nous nous préparons pour une des expériences emblématiques de la Laponie : la balade en chiens de traîneau.

Avant de partir, nous allons vérifier comment Victoire et Dimitri ont passé la nuit dans leur igloo. À notre grande surprise, non seulement ils ont dormi toute la nuit, mais avec les peaux de rennes pour les isoler du froid, ils ont passé un sommeil profond et réparateur. Leurs yeux pétillent encore en nous racontant cette nuit unique. Cela me rappel mon expérience de nuit en igloo en Laponie il y a quelques années. Leur enthousiasme est contagieux : la Laponie se vit ici dans l’immensité et la simplicité.

Arrivés chez les mushers, les chiens sont déjà impatients de prendre la route. Victoire est attelée à six chiens, Dimitri à quatre. Après quelques consignes et rappels de sécurité, nos deux aventuriers s’élancent sur la neige comme des étoiles filantes. Leurs rires et cris de joie se mêlent au crissement des traîneaux sur le sentier blanc.



Pendant ce temps, Robert, jean-jacques, Catherine et moi-même profitons du paysage à notre rythme, chaussés de raquettes à neige, parcourant les sentiers immaculés.


Après une heure, nous retrouvons nos randonneurs au kota pour une pause bien méritée : une part de gâteau au chocolat et un café fumant, les yeux pleins d’étoiles, à écouter les récits de cette matinée extraordinaire.
Balade en ski nordique sur le lac Makkaure

L’après-midi est plus tranquille. Avec Robert et Jean-Jacques, nous prenons les skis nordiques et glissons sur le lac gelé et ses îles boisées. La lumière polaire est magique, le froid vif mais supportable à -15°C.



Sur l’une des îles, je surprends le vol de plusieurs tétras, s’échappant à la dernière seconde. Plus loin, deux chevreuils s’éclipsent dans les bois, leurs traces fraîches dans la neige me permettant d’imaginer leur vie dans ce milieu hostile mais vivant.

Chaque pas sur cette neige immaculée nous rapproche de la nature dans son état le plus pur.

Le soir venu, le froid s’accentue et nous nous réfugions au kota pour un festin simple mais mémorable : brochettes cuites sur le feu de bois, pommes de terre à la raclette, vin chaud et rires partagés.


Les aurores boréales viennent illuminer le ciel, vertes et dansantes, offrant un spectacle discret mais saisissant.



Pour couronner la journée, nous célébrons l’anniversaire de Dimitri avec un gâteau préparé à la française, au cœur de cette Laponie nordique.

Cette journée, entre la magie des chiens de traîneau, les découvertes à ski et la chaleur du feu, restera gravée dans nos mémoires. La Laponie n’est pas seulement un territoire : elle devient expérience, rencontre, émerveillement.
Pêche blanche et rencontre avec les rennes : une immersion dans la culture Sami

La journée commence avec un froid vif qui confirme les prévisions météo. Mais à Mellanström, ce froid n’est jamais un obstacle : il devient simplement un paramètre à intégrer dans l’expérience. Je m’équipe pour une matinée de pêche blanche, espérant attraper un poisson et, surtout, savourer chaque instant de ce rituel nordique.

Sur le site ifiskee.se, j’achète mon permis journalier pour environ 9 €. La pulka chargée de la foreuse, de la visseuse et du matériel de pêche, je m’enfonce dans la lumière polaire, suivant le spot conseillé par Robert.

La glace est épaisse — environ 80 cm — et la foreuse doit travailler dur pour percer le lac gelé. Le froid est piquant, mais ma grosse doudoune The North Face me garde bien au chaud. J’installe un leurre clignotant pour signaler aux poissons qu’il est l’heure de manger.



Victoire et Dimitri me rejoignent bientôt. La petite fille de 9 ans, motivée et concentrée, choisit sa canne et son leurre. Dimitri, espiègle, improvise une petite danse du poisson pour encourager sa fille. Les touches se font attendre, mais la bourriche se remplit d’instants magiques : les rires, la lumière rasante, le silence qui enveloppe le lac gelé.
Bienvenu dans la culture Sami

Après une pause repas au chaud pour se réchauffer et se recharger, nous prenons la route pour la ferme aux rennes et les habitations Sami, à une trentaine de minutes du camp.

Robert nous guide vers un écomusée grandeur nature, où les maisons traditionnelles Sami — les goahtis, en bois et en forme de tipi — révèlent tout leur génie architectural. La réverbération de la chaleur à l’intérieur permet de maintenir une température confortable, même durant les hivers rigoureux du Grand Nord.

Puis vient le moment magique : le corral des rennes. Une quarantaine de bêtes nous attendent, reconnaissant l’arrivée des visiteurs comme le signe d’un repas. Nous tendons des poignées de lichen, et les museaux se pressent contre nos mains.

Certains rennes osent s’approcher de plus près, d’autres restent plus timides, mais l’émerveillement est partagé. Chaque souffle, chaque museau qui se frotte à nous, nous rappelle la délicatesse de cette cohabitation avec le vivant.



De retour au camp, nous nous retrouvons au kota, autour d’une tarte aux pommes chaude, servie avec une boule de glace vanille et une cuillère de confiture de lingonberry. Le jus de pommes aux épices ou une tasse de thé complète ce moment de partage simple mais intense.

Dimitri lance le sauna, et Robert et moi profitons d’un dernier moment de chaleur et de rires, évoquant ces trois dernières semaines passées ensemble dans la Laponie suédoise.


La nuit tombe doucement. Quelques-uns sortent encore, espérant un dernier spectacle d’aurores boréales. Puis, le silence reprend ses droits. Après un dîner léger partagé avec Robert et la revue de l’album du séjour, chacun regagne son chalet, le cœur rempli de souvenirs et d’émotions. Une journée de pêche blanche et de rencontre avec les rennes qui restera gravée comme un des instants les plus authentiques et poétiques de ce séjour à Mellanström.
Dernier jour à Mellanström : au revoir à la Laponie

Le dernier matin se lève glacial, avec un thermomètre affichant -34 °C. Le froid pique, plus encore que les jours précédents, mais il ne fait qu’accentuer la beauté cristalline de la Laponie suédoise. Autour du lac gelé, je m’offre une dernière balade, respirant l’air vif, savourant chaque souffle, chaque reflet de la lumière polaire.

Le silence est si dense qu’il enveloppe tout, une présence presque palpable. C’est le moment de remercier la nature généreuse, de s’imprégner une dernière fois de cet univers blanc et silencieux qui a nourri mon séjour à Mellanström.

L’heure du départ approche. Les bagages sont chargés dans la voiture, et la route vers Arvidsjaur commence. Première étape : quelques courses souvenirs et un repas rapide pour se réchauffer.

Puis, encore 2 h 15 à 2 h 30 de route jusqu’à Luleå. Le paysage reste féerique, chaque arbre recouvert de neige semble figé dans un conte hivernal, comme si la Laponie voulait prolonger la magie jusqu’au dernier moment.

À l’aéroport, l’émotion est palpable. Les au revoir sont toujours les plus difficiles après un séjour en Laponie aussi intense et riche. Robert retourne à Mellanström, fidèle au poste, tandis que nous avançons vers l’enregistrement et la douane. Un dernier verre pour se réchauffer, puis l’attente. Le froid immobilise l’avion, une dernière vérification avant le décollage. 1 h 45 plus tard, nous prenons enfin notre envol.

Après 3 h 45 de vol, c’est l’atterrissage à Aéroport d’Orly. Les bagages récupérés, les derniers au revoir sont partagés avec Dimitri et Victoire. Le cœur est serré, chargé de gratitude et de souvenirs lumineux, de rires, de paysages et d’instants simples mais précieux. Chacun reprend sa route, mais peut-être, qui sait, que nos chemins se recroiseront un jour, quelque part au nord, là où le silence parle et la nature enseigne.
Souvenirs et impressions d’un séjour en Laponie

Le regard de Robert

« En Laponie, le voyage se vit aussi à l’intérieur.
Sous les lueurs pâles du jour polaire, dans le froid parfois glacial, le silence devient peu à peu un compagnon. La neige encapuchonne les arbres, efface les contours et étouffe les bruits du monde. Il ne reste alors que le crissement de nos pas, le souffle du vent et, parfois, le chant mystérieux d’un lac prisonnier des glaces.
Durant cette semaine, j’ai aimé voir Victoire s’émerveiller, questionner, apprendre et oser. J’ai aimé partager avec Dimitri ces moments de contemplation, de découverte et de complicité. Et j’ai été heureux de retrouver Michaël, cette fois dans un autre rôle, comme témoin de ces expériences vécues ensemble.
Nous avons suivi les traces furtives des animaux sauvages, rencontré les rennes, glissé sur l’immensité blanche des lacs gelés, écouté la voix et les chants d’un Sami, partagé des repas et des histoires autour du feu. Et lorsque le ciel nous l’offrait, nous levions les yeux vers les aurores boréales, ces voiles de lumière dansant au-dessus du monde endormi.
C’est ce que j’aime dans mon rôle de guide nature : transmettre, bien sûr, mais surtout inviter à regarder autrement. Lire une trace dans la neige, comprendre le passage d’un animal, découvrir la culture du peuple sami, faire naître un feu dans le froid ou simplement s’arrêter pour écouter le silence. Autant de petits instants qui, parfois, deviennent de grands souvenirs.
J’ai été heureux de partager ces moments intenses avec ceux qui ont choisi de s’immerger pleinement dans la nature profonde de ces lieux préservés. Les sourires, les yeux qui brillent, les questions d’une enfant, les chants autour du feu, mais aussi ces silences que personne ne ressent le besoin de rompre sont pour moi la plus belle des récompenses.
Et peut-être est-ce cela, finalement, la magie du Grand Nord : repartir en laissant derrière soi quelques traces dans la neige, bientôt effacées par le vent, mais en emportant pour longtemps quelque chose de son silence, de sa lumière et de son immensité.»
Le regard de Victoire

« J’ai trouvé extraordinaire de vivre autour d’un lac gelé et de découvrir la pêche blanche, le ski raquette, la motoneige. Les îles couvertes de sapins étaient magnifiques et les paysages impressionnants. J’ai eu la chance d’observer des aurores boréales, un souvenir incroyable.
Mon moment préféré a été la ferme aux rennes : nourrir les animaux, les caresser, découvrir leurs comportements. Les femelles portent leurs bois pour protéger le bébé et repousser les mâles, c’était fascinant. J’ai adoré aussi visiter le village Sami reconstitué.
Le repas que j’ai préféré fut la soirée brochettes : le steak grillé au feu de bois et le gâteau d’anniversaire de mon papa. Et puis le chien de traîneau, pour la vitesse et les paysages traversés, restera un souvenir magique. »
Le regard de Dimitri

« Ce séjour fut une immersion totale : douceur extrême, contemplation, partage à taille humaine, immensité glaciaire, plénitude et aventure familiale. Les moments inoubliables sont nombreux : le chien de traîneau, le ski nordique sur le lac gelé, et la nuit passée dans l’igloo avec ma fille, un rêve devenu réalité.
L’avantage de toutes ces activités partant du camp est immense : confort exceptionnel et immersion totale dans la nature lapone. Robert est passionné, attentif et très organisé. Sa pédagogie naturelle et sa bienveillance font que l’on ne se sent jamais client mais invité à partager un savoir et un savoir‑être. Sa posture expérimentée et rassurante offre confiance et sérénité à chaque instant. »
Mon regard sur cette semaine

Que dire de cette semaine hors du temps à Mellanstrom… Chaque journée fut une expérience inoubliable. La météo froide a offert des ambiances lumineuses uniques, des pastels glacés qui caressent les yeux et nourrissent le cœur. La nature polaire, le silence enveloppant, la danse des lumières du matin et du soir… tout invite à l’émerveillement, une merveilleuse immersion dans la nature pour ralentir et se reconnecter. Hâte d’y retourner pour un prochain voyage à la rencontre du peuple Sami et de sa nature.
Chaque activité proposée par Robert Bour, du ski nordique au sentier animalier en raquettes, du conte de Noël de Mellanstrom à la pêche blanche, de la balade en motoneige avec pulka panoramique au chien de traîneau, jusqu’à la visite de la ferme aux rennes, est pensée pour créer un rythme parfait. Du temps libre pour le sauna, les balades ou s’amuser avec les sparks complète ce voyage immersif. Robert est un véritable chef d’orchestre : attentif à chaque détail, il rend chaque séjour harmonieux, sûr et profondément humain.
La journée off fut un moment précieux, offrant à Dimitri et Victoire l’occasion de construire leur igloo et d’expérimenter une nuit glaciale comme des marmottes, tout en explorant le matériel mis à disposition. Ils m’ont impressionés. Que vous soyez en solo, en couple, en famille ou entre amis, Robert saura adapter le séjour à vos envies, pour que chaque instant soit authentique et mémorable.

