L’Amour à vélo, voyage aux confins de la Sibérie.

par Armel VRAC
Voie sur berge…

Armel VRAC  nous partage son expérience sur le fleuve Amour en Sibérie depuis son point de confluence avec l’Oussouri à la frontière russo-chinoise jusqu’à l’île de Sakhaline… à vélo !

Vivre, évoluer en totale autonomie, au rythme du fleuve pris par les glaces, dans un mode de progression original et propice aux rencontres. Une descente hivernale inédite de près de 1 200 kilomètres en Fat bike, en autonomie, au cœur de la Taïga. Une véritable immersion dans la dureté de l’hiver de l’Extrême-Orient russe.

Voyage aux confins de la Sibérie durant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Voyage aux confins de la Sibérie

Information découverte de l’Extrême-Orient russe durant un voyage à vélo sur le Fleuve Amour en Sibérie

Date :

Du 26 décembre 2017 au 23 janvier 2018 – 28 jours

Lieu :

Russie, Extrême-Orient russe, le fleuve Amour en Sibérie sur sa partie 100% Russe

Depuis Paris, vol pour Moscou (3h40), puis nouveau vol de Moscou à Khabarovsk (7h30) à l’autre bout de la Russie. Décalage horaire en janvier : +09:00

Au mois de janvier la température moyenne est d’environ -25°C

Trajet de Paris à Khabarovsk lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Trajet de Paris à Khabarovsk

Etape du voyage sibérien lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Etape du voyage sibérien

Participants :

« Passion, soif d’émotions, de découvertes de rencontres, dépassement de soi, prise de conscience des innombrables liens qui s’établissent entre les valeurs écologiques, les valeurs éthiques et notre comportement,… Partir à l’aventure, c’est un peu tout cela »

Armel VRAC voyageur à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Armel VRAC

Armel VRAC – A presque 47 ans, Armel s’est construit une solide expérience à travers l’ultra-trail, le VTT, l’alpinisme, les sports d’eau et diverses aventures passées qui lui permettent désormais d’aborder des projets d’expéditions ambitieux avec sérénité. Respect, audace et persévérance sont ses atouts.

Abreuvé par les récits d’aventures de Charcot, du commandant Cousteau, depuis son plus jeune âge, inspiré un peu plus tard par les aventures de Jean-Louis Etienne, l’esprit plongé dans l’atlas mondial, il n’a cessé d’imaginer de nouvelles routes qui le mèneraient vers les cimes ou des territoires inconnus.

Partager ses expériences, échanger, adopter une démarche responsable et durable et sensibiliser sont les piliers de ses aventures.

Où dormir dans l’Extrême-Orient russe :

De ces 27 nuits passées sur le territoire russe, j’aurai dormi 1 fois dans l’avion, 6 fois à l’hôtel (au tout début du séjour et à la toute fin), 6 fois chez l’habitant et 14 fois sous la toile de ma tente…

Commençons donc par l’avion : Sans aucun doute, la compagnie Aeroflot est la meilleure option aérienne pour rejoindre l’Extrême-Orient russe. Au départ de Paris, il faut compter 1 000 € pour le voyage aller-retour (avec 23 kg en soute).

Concernant l’hôtel, dans ce coin du de la Russie, les prix proposés peuvent sembler très bon marché pour des Français… Par contre, gardez à l’esprit que, par ici, on parle surtout russe, trouver un interlocuteur parlant anglais, voire Français, n’est donc pas monnaie courante. Soit vous apprenez le russe, soit vous possédez Google Traduction sur votre smartphone !

A Khabarosk, le choix est important ! Pour ma part, j’avais opté pour un hôtel à l’architecture typique situé dans le centre-ville : l’hôtel Хабаровск (Khabarovsk). Très bon accueil (ils se sont démenés pour me trouver un emplacement pour stocker mon matériel avant le départ, vélo, pulka,…), un petit déjeuner copieux, tout cela pour 46 € la nuit. What Else !

Dormir à Komsomolsk-sur-Amour lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Dormir à Komsomolsk-sur-Amour

A Komsomolsk-sur-Amour, le choix est, cette fois, beaucoup plus restreint. Une valeur sûre est l’Hôtel Восход (Voskod), lui aussi en centre-ville, 48 € la nuit.

Quant aux nuits passées chez l’habitant, c’est le hasard des rencontres, qui décidera pour vous. De manière générale, l’accueil réservé par les populations locales, tout au long de cette aventure, a été très chaleureux.

Où se restaurer / où se réapprovisionner sur le territoire russe ? :

A Khabarovsk, ville d’à peu près 600 000 habitants, l’abondance est de mise. Certes, pas forcément avec les produits que l’on trouve en France, mais aller au restaurant et/ou se réapprovisionner en aliments de base n’est pas un problème.

Une fois Khabarovsk derrière vous, la prochaine ville, Komsomolsk-sur-Amour est à 500 km. Entre ces 2 villes, une succession de villages, tous les 20 km environ. On trouve généralement dans chacun d’entre eux une boutique, sorte de mini-supermarché, ou l’on trouvera, à coup sûr, de quoi se ravitailler en cas de besoin. Restera à trouver cette boutique, car vu de l’extérieur rien ne la différencie d’une habitation…

L’autre option, est d’arpenter l’unique axe routier reliant Khabarovsk à Nikolaïevsk, 1 000 km au nord. Vous tomberez, à un moment ou à un autre, sur l’un des relais, sorte d’aire d’autoroute, destiné aux russes devant traverser la région, le plus souvent en bus.

Enfin, à défaut de le pêcher vous-même, rien ne vous empêche d’acheter du poisson (fumé ou pas), en suivant le court du fleuve Amour. Vous tomberez forcément sur des pêcheurs ! Et à cette époque de l’année, pas de problème de conservation.

Caractéristiques de l’Extrême-Orient russe :

Ce n’est pas la Sibérie que vous pensez connaître ou imaginer…

En fait, ce n’est pas la Sibérie du tout !

En Russie, le territoire à l’est du lac Baïkal – ce gouffre d’eau douce au milieu du pays – est l’Extrême-Orient russe, et non la Sibérie. C’est une vaste région d’environ deux fois la taille de l’Inde, une vaste forêt insondable, intersectée par d’innombrables rivières.

C’est dans la frange méridionale de ce coin mal connu et peu visité du globe que s’écoule l’Amour. D’abord frontière naturelle avec la Chine, le 4ème fleuve de Russie par sa longueur
(4 354 km), il finit par entrer définitivement en Russie où il se jette dans le détroit de Tartarie, sur la mer d’Okhotsk, en face de l’île de Sakhaline. Il coule alors sur une terre aux climats contrastés, associant faune et flore nordiques et quasi-tropicales, une enclave pour certains des animaux et plantes les plus rares de la Terre. Le tigre de Sibérie, seigneurs des lieux, est le plus emblématique. La vallée de l’Amour, depuis plusieurs siècles, a connu conquêtes et reconquêtes. Autrefois partie intégrante de la Manchourie, jadis convoitée par les européens, revendiquée par la Chine, ici la vie est loin d’être un long fleuve tranquille.

La population

Elle est concentrée sur les rives du fleuve, sources de subsistance et d’échange. Cosaques dès la fin du XIX siècle, puis fonctionnaires et colons, parfois volontaires, attirés par la promesse d’un nouvel Eldorado, ou encore indésirables, prisonniers d’état, bannis, condamnés à l’exil ou au goulag sous l’ère soviétique,…, tous s’y sont largement implantés. Ils y ont rencontré des peuples autochtones, Nanaï ou Goldes, Oulthes, au mode de vie ancestrale, vivant en parfaite symbiose avec leur terre.

De nos jours, suite à l’effondrement de l’empire soviétique, cet assemblage de communautés est livré à lui-même. L’exploitation clandestine des ressources naturelles et le braconnage, sources d’enrichissement non négligeables, sont devenus au fil du temps, des pratiques courantes. Les peuples autochtones, minoritaires, voient peu à peu disparaître leurs traditions et leur culture. L’habitat naturel de nombreuses espèces est au mieux dégradé, voire détruit. C’est tout un écosystème, aussi riche que fragile, qui est en péril.

Villes majeures :

  • Vladivostok(~622 672 habitants)
  • Khabarovsk(~601 043 habitants)
  • Komsomolsk-sur-l’Amour(~271 000 habitants)
  • Iakoutsk(~255 784 habitants)

Quoi d’autre dans les environs :

Comment ne pas parler du transsibérien, l’une des lignes ferroviaires les plus connues au monde. Une semaine de train pour rejoindre Khabarovsk depuis Moscou, mais à coup sûr une expérience inoubliable. Et, cerise sur le gâteau, un impact CO2 beaucoup moins important qu’en avion !
Info réservation, horaire et tarifs ici.

Bibliographie :

Pas de topo, pas ou peu de cartes disponibles en France, par contre, quelques ouvrages très instructifs ou encore inspirants. Pour la cartographie, le mieux est de faire ses courses sur Google Earth et GraphHopper, où l’on trouve pas mal de type de cartographies en Open Source.

Le Tigre, une histoire de survie dans la Taiga (John Vaillant – Editions Noir Sur Blanc)
« Ce livre est magnifique, sans aucun doute la meilleure chronique jamais publiée sur le tigre sauvage de l’Amour et sur les humains qui vivent dans l’Extrême-Orient russe. Dire que ce livre est captivant ne suffit pas : le lecteur ne peut pas le lâcher. » Elizabeth Marshall Thomas.

Et aussi

L’Amour est une région bien intéressante (Anton Tchekhov – Editions 100 pages)

Dans les forêts de Sibérie (Sylvain Tesson – Editions Gallimard)

« Assez tôt, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m’installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie… J’ai acquis une isba en bois, loin de tout, sur le bord du Baïkal… Là, pendant 6 mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché d’être heureux… Je crois y être parvenu… Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie. Et si le bonheur revenait à disposer de la solitude, d’espace et de silence -toutes les choses dont manqueront les générations futures ? Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu. »

Aux Confins de l’Amour (Valdimir Arseniev – Actes Sud littératures / Terres d’aventures)

En 1902, un officier du tsar, Vladimir Arseniev, explore les confins de la Sibérie et de la Chine. C’est là qu’il se lie d’amitié avec un vieux chasseur golde, Dersou Ouzala. Des années plus tard, entre 1902 et 1906, il conduit des expéditions vers Sakhaline, Khabarovsk, le fleuve Amour…

Lien Internet utiles :

Pour vous imprégner en quelques minutes et un peu plus :

Pour faire votre demande de visa c’est ici.

Pour activer (abonnement) votre système satellitaire si besoin (téléphone, balise) c’est .

Le site internet de l’aventure.

Page Facebook

Une expérience inédite durant ce voyage à vélo sur le Fleuve Amour en Sibérie

Sportif passionné, apprenti aventurier, le contact avec la nature et les éléments est un besoin insatiable. Mes aventures naissent inlassablement de ce besoin. Il s’y mêle l’envie de s’ouvrir sur de nouveaux horizons, de découverte de soi, de rencontre des autres, de partage et de préservation de la nature.

La région de l’Amour dans l’Extrême-Orient russe est un peu la quintessence de tout cela. Sa biodiversité, son taux d’endémisme hors du commun et son climat rude et sans concessions fascinent. Parcourus et contés par de nombreux explorateurs, ces territoires restent encore très souvent empreints de mystères. Lieu d’élection de Dersou OUZALA, compagnon de route de l’explorateur russe Vladimir ARSENIEV, le fleuve Amour, dont le cours s’étire sur plus de 4 000 km, façonne la vie, inspire l’art, les traditions, les croyances des peuples. Principale voie de communication et d’échange au cœur de cette terre oubliée, le fleuve se fige, pris par les glaces, six mois durant. Aux heures les plus froides de l’hiver, la température peut chuter au-delà de
– 40°. Vivre prend alors une autre dimension.

Le commencement

Lors de ma découverte de la région, il y a un peu plus de deux années, j’y avais déjà réalisé un rêve d’enfant : marcher sur un fleuve gelé. La rencontre de pêcheurs locaux attendant inlassablement au bord d’un trou percé dans la glace le signal d’une prise qui serait enfin généreuse m’avait marqué à jamais. Le long du fleuve, les reliefs enneigés avaient fini par définitivement conquérir mon esprit. Il ne m’en fallait pas plus pour imaginer toutes sortes de voyages extraordinaires dans cette région du bout du monde.

Pêcheurs sur le fleuve Amour En Sibérie

Pêcheurs sur le fleuve Amour

Cette fois, c’est en Fat bike (vélo tout-terrain aux roues surdimensionnées permettant à la fois une meilleure adhérence et une meilleure portance dans les terrains enneigés) et pulka (traîneau permettant de transporter vivres et matériels) que je m’apprêtais à prendre le départ de cette nouvelle aventure aux confins de la Russie !

Concept à la fois original et engagé, mon objectif était de réaliser la première descente hivernale du fleuve Amour, d’explorer une région coupée du monde durant un hiver sibérien sans concessions, de composer avec la force de la nature, d’aller à la rencontre des populations locales. Apprendre sur les autres, sur son environnement, sur soi-même. Se laisser porter par des traditions, une culture, un mode de vie différent, sans préjugé. Ecouter, échanger, partager…

Samedi 30 décembre

Jour de départ

Le moment est donc venu d’éprouver sur le terrain mon équipement, mais aussi « l’homme », l’aboutissement d’une longue année de préparation physique, mentale, technique et logistique…

Le fleuve Amour en Sibérie est là, devant moi, glacé, immaculé et fracturé. Si, sur le papier, suivre un cours d’eau glacé, ne semble pas compliqué, la réalité est tout autre. Il s’agit davantage de trouver son chemin au travers des dédales de glaces et de neige formés au grès des courants et du vent. Un labyrinthe naturel où lit du fleuve, berges et autres reliefs ne font plus qu’un. Un horizon noir et blanc.

Mais l’heure n’est plus au doute ou à la réflexion…

Avantage de taille, pour ces premiers coups de pédale sur le fleuve je ne pars pas seul… À la suite d’une conférence de presse réalisée quelques jours plus tôt, un club local de VTTiste a proposé de m’accompagner et surtout de me guider pendant les premiers kilomètres. C’est donc bien encadré que je prends le départ !

Rive du fleuve Amour en Sibérie lors du voyage à vélo

Rive du fleuve Amour – Jour de départ, accompagné par des VTTistes locaux

Réflexion nocturne

4h00 du matin, je ne dors plus… Mon organisme ne s’est visiblement pas encore totalement réglé sur le fuseau horaire local. En tous cas, cela me permet de prendre quelque notes…

A l’aube de cette seconde journée sur le fleuve Amour, je ne suis pas très loin de Khabarovsk. Les lueurs de la ville à l’horizon sont encore vives. Ma tente est plantée au milieu du fleuve, sur ce qui semble être un banc de sable, à près de 500 mètres de chaque rive…

J’ai monté le bivouac hier dès 16h00. Deux heures plus tard, j’étais enfermé dans mon duvet, prêt à dormir, harassé par cette première journée d’efforts.

 1er bivouac sur le fleuve Amour en Sibérie lors du voyage à vélo

1er bivouac sur le fleuve Amour en Russie

J’ai dû parcourir 20 km tout au plus. Je n’ai même pas pris le temps de vérifier… L’évolution dans une neige peu profonde, mais pas du tout compactée, m’a souvent obligé à mettre pied à terre. Je ne parle pas des passages de zone de pack qui m’ont contraint à faire de nombreux allers-retours, d’abord pour franchir cette barrière de glace avec le vélo, puis avec la pulka.

Las de pousser le vélo plus que de pédaler, j’ai fini par tout tirer, le vélo chargé sur la pulka ! Cependant, cette distance parcourue aurait pu être encore davantage réduite sans l’aide précieuse de Vitaly, Sergey et leurs camarades qui m’ont accompagné et guidé pendant un long moment.

Entrée en matière

La météo a été étonnamment clémente, pas de vent, à peine -10°C. J’ai eu chaud, trop chaud, et qui dit trop de chaleur corporelle, dit transpiration, ce qui n’est pas bon…

Il faut que je trouve les bonnes options textiles, mais à vrai dire, je suis plus équipé pour faire face à des températures de l’ordre de -30° et au-delà. Je dirai, pour être positif, que cela permet une acclimatation au grand froid moins brutale !

Je ne sais pas si cela sera plus simple dans les jours à venir, mais il faudra sans doute que je revois mes hypothèses à la baisse. Après cette première journée en conditions réelles, parcourir jusqu’à 50 km par jour me semble désormais utopique.

A part ça, tout va bien dans la tente, même si avec l’humidité ambiante due au redoux des températures, le givre s’immisce partout. Parfois la glace craque… d’abord un bruit très sourd, très fort… puis un craquement… Quand il arrive sous les pieds, cela fait bizarre !

La glace se fissure au gré des puissants courants. Même si ce n’est plus visible à sa surface, le fleuve Amour en Sibérie s’écoule encore…

Cette fois, je suis entré pour de bon dans cette aventure.

Bulletin météo*

MTO/31/J/9/15/10/SO/0/N/9/13/10/SO/0/l’aventure, c’est le trésor qu’on trouve chaque matin (Jacques Brel).bon bivouac alors !/T

* Chaque jour je recevais sur ma balise satellite, un peu près vers 17h, via mon équipe d’assistance en France, le bulletin météo pour la journée suivante. Il était composé ainsi :

Message météo / date / Jour / Température négative en °C / Température ressentie négative en °C / Force du vent en Km/h / Direction du vent / Précipitations en mm / Nuit / Température négative en °C / Température ressentie négative en °C / Force du vent en Km/h / Direction du vent / Précipitations en mm / Texte libre / Marqueur de fin de message

Bon décodage !

Mon escorte durant les premiers kilomètres pendant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Mon escorte durant les premiers kilomètres

Dimanche 31 décembre

Communication par SMS au matin du 2ème jour :

« Coucou, encore du réseau et un peu de batterie… C’est l’heure de tout remballer, j’ai déjà déjeuné, je suis un peu en avance ce matin. Hier parcouru 21 km, je pense n’en faire que 25 par jour. Ce sera pas mal… À ce rythme, c’est atteindre Komso qui va devenir mon objectif. »

Le ciel est encore maussade aujourd’hui. Je passe au large de deux ou trois villages, mais je ne croise pas âmes qui vivent, tout juste un renard prenant ses pattes à son cou, effrayé par ma présence. Les fracas de la ville sont désormais loin derrière moi… Ici, tout est feutré.

Mon terrain de jeu a changé aujourd’hui, je contourne les zones de pack, mais me retrouve souvent empêtré dans un mélange de neige et de sable très fuyant. Néanmoins, je profite assez largement de traces compactes laissées par des motos-neige ou autres véhicules circulant sur le fleuve.

Je trouve mon rythme peu à peu. Comme hier, il ne fait pas froid.

Ce village sur les berges du fleuve semble comme figé par l’hiver durant le voyage sur le fleuve Amour en Sibérie

Ce village sur les berges du fleuve semble comme figé par l’hiver

Vers 16h30

et cela sera comme ainsi tous les jours, la lueur du jour baissant, j’installe mon campement pour la nuit. Commence alors un exercice bien orchestré qui, au fil des soirées et des matinées, deviendra un vrai rituel.

Pas de champagne ni petits fours pour moi en cette soirée de réveillon du jour de l’an. Je me contente, sans broncher, de plats lyophilisés. En ce début d’aventure, le choix du menu est encore important, j’ai emporté l’équivalent d’un peu plus de 15 jours d’autonomie.

Un peu plus tard dans la nuit, je profiterai des nombreux feux d’artifices tirés dans les environs.  Ils dureront jusqu’à au moins 3 heures du matin… J’ai l’impression que le bouquet final de celui tiré à Khabarovsk a duré une heure ! En vérité, je n’ai rien vu, n’ayant pas le courage de quitter la chaleur de mon duvet, mais cela raisonné de partout avec une intensité incroyable

Bulletin météo

MTO/1/J/12/16/7/SO/0/N/11/17/7/S/0/on est tous derrière toi pour passer la nouvelle année, on trinquera à ta santé c’est promis! Bonne glace!/T

Un paysage latant lors du voyage sur le fleuve Amour en Sibérie

Un paysage latant

Ce village sur les berges du fleuve Amour en Sibérie lors du voyage à vélo

Ce village sur les berges du fleuve Amour

Lundi 1er Janvier 2018

Reveil givré ! lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Reveil givré !

Communication par SMS au matin du 3ème jour :

« Go, c’est reparti. Quel silence…  Bonne année ! Hier, bien roulé, mais juste un peu plus de
25 km. Je pense que ce n’est pas loin du max par jour. Aujourd’hui, je devrais enfin passer devant 1 ou 2 villages plus importants. Sinon, ça va, les conditions météo restent favorables. Peu de vent, et températures pas trop froides. Tout va bien ! »

Cette journée est un peu semblable à la précédente, peu ou pas de rencontre, pas un bruit… Les festivités du jour de l’an, qui ont duré jusqu’au bout de la nuit, ont dû venir à bout des plus courageux. Les rencontres ne seront pas pour aujourd’hui…

Seul le ciel, qui laisse enfin passer quelques rayons du soleil, donne un autre éclat au paysage. La température a légèrement fraichi pendant la nuit, quelques degrés de perdus… Enfin !

Je profite le plus souvent des traces de motos-neige pour rouler. Si ma progression n’est pas rapide (4 km/h environ), elle est régulière et plaisante. De temps à autre, je passe devant des trous de pêche momentanément désertés, mais signes qu’il y a bien une vie hivernale sur ce fleuve !

Peu à peu, mes repères habituels disparaissent… Tout devient plus naturel, moins contraint par le superficiel : progresser, s’alimenter, dormir et recommencer… Simple, basique !

Ma seule réelle contrainte est de faire fondre de la neige, encore et toujours, pour manger le matin et le soir, ou encore pour boire (du thé ou un bouillon) la journée… Il faut consacrer le temps qu’il faut à cette tâche indispensable, quel que soit la fatigue, quel que soit la météo…

Bulletin météo

MTO/2/J/11/17/7/SO/0/N/10/17/10/S/0/ Bonne année Givrée !! Courage pour le vent de face ! Super les premières photos, c’est comme si on y était, juste la !!

A la mémoire d’un camarade pécheur, chasseur… pendant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

A la mémoire d’un camarade pécheur, chasseur…

Apparition des premiers straturgis durant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Apparition des premiers straturgis

Pause thé et barre chocolatée – What else ! lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Pause thé et barre chocolatée – What else !

Mardi 2 Janvier

Le jour d’après…

 Je suis de bonne humeur ce matin.

La journée débute par un léger saupoudrage qui redonne à l’horizon son blanc des premières chutes de neiges il y a déjà de nombreuses semaines. Il est toujours curieux de voir à quel point quelques flocons qui tombent changent votre façon de voir le monde. Aussitôt, c’est votre âme d’enfant qui ressurgit. En tous cas, c’est mon cas !

J’en oublierais presque mon fardeau, que je pousse à bout de jambes, parfois à bout de bras. 100 kilos d’équipements et de nourriture pour faire face à toutes les éventualités, ou presque…

Chargé telle une mule ! lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Chargé telle une mule !

Aujourd’hui, c’est l’effervescence sur le fleuve ! Quel contraste avec les journées précédentes ! Il faut dire que, dans le prolongement de la célébration du jour de l’an, c’est les vacances pour tout le monde en Russie. Une semaine de pause jusqu’à la célébration du Noël orthodoxe, le 7 janvier !

Je croise d’abord quelques autochtones que je salue timidement. En réalité, durant la première demi-heure après le départ, l’objectif est surtout de se réchauffer. Ce n’est donc pas le moment de s’arrêter !

Les rencontres

Pour la première fois, faisant face à une zone de pack infranchissable, je quitte le lit du fleuve pour emprunter la voie sur berge… bien aiguillé par un pêcheur. Un prêté pour un rendu ? Je venais de lui rapporter son épais coussin de mousse, tombé de sa moto neige juste devant moi. Ce carré de mousse de 10 cm d’épaisseur lui permettra de s’isoler un minimum de la glace lors des longues périodes d’attente que la pêche à la ligne impose.

Voie sur berge… durant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Voie sur berge…

Un peu plus loin, à nouveau sur le fleuve, je saisis enfin ma chance d’aller à la rencontre d’un groupe de pêcheurs, puis d’un second, puis d’un troisième…

A chaque rencontre, l’accueil est chaleureux !

Un touriste français, en plein hiver sur le fleuve Amour, qui plus est à vélo, n’est pas commun.

Ils m’offrent thé, charcuterie, fromage, pain… Nous portons des toasts avec nos verres de vodka pour célébrer ce moment !

Mon niveau de russe, très rudimentaire, ne les empêchent pas d’être très volubiles. J’acquiesce, le plus souvent, sans être vraiment certain de ce dont ils me parlent… Da, Da !

Ils me montrent leurs prises, m’initient à leurs techniques de pêches, me parlent d’Emmanuel Macron,… tout cela dans la bonne humeur générale. Les minutes filent, les vodkas aussi ! J’arrête à la 7ème !

Je finis par enfin reprendre mon chemin. Je ne progresserai que de 19 km aujourd’hui, mais quelles belles rencontres ! Mon aventure prend tout son sens !

Bulletin météo

MTO/3/J/16/23/15/NE/0/N/15/23/10/NE/ça se refroidi bien, bon courage avec le froid !/T

Jusqu’à un mètre de glace à forer pour atteindre l’eau durant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Jusqu’à un mètre de glace à forer pour atteindre l’eau

L’accueil chaleureux des pêcheurs Russes lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

L’accueil chaleureux des pêcheurs Russes

Mercredi 3 Janvier

Tout va bien !

C’est sous un grand ciel bleu, réchauffé par les rayons du soleil, que je progresse aujourd’hui.

La température, jour après jour, continue de chuter. J’avance, tantôt sur le vélo, tantôt en le poussant, tantôt en le tractant, mais je m’arrête peu. Hier, je n’ai fait que 12 kilomètres, il faut progresser davantage aujourd’hui.

Option raquettes et vélo sur pulka lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Option raquettes et vélo sur pulka

Vers la mi-journée, je passe au large de Yelabouga (Елабуга), ville modeste d’un peu moins de
1 000 âmes.

Vues du fleuve, seules quelques fumées s’échappant des isbas et aboiements de chiens qui fendent le silence laissent penser que des hommes vivent ici. Je ne résiste pas à l’envie d’aller m’égarer dans cette ville fantôme.

Je me dirige vers Yelabouga durant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Je me dirige vers Yelabouga

Le bureau de poste de Yelabouga durant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Le bureau de poste de Yelabouga

Mon unique rencontre à Yelabouga lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Mon unique rencontre à Yelabouga

Je ne ferai pas de rencontre, hormis un cheval ! il faut dire que les -25° ressentis ne pousse pas à la promenade.

Toujours en action

Je ne traîne pas. Par ces températures, toute pause doit être réduite au minimum et le surplace proscrit. Je pédale léger, un sous-vêtement respirant, une micro polaire et ma goretex pour éviter les coups de chaud et la transpiration mais, en contrepartie, dès que je m’arrête, le froid s’immisce très rapidement.

Je crois qu’après mon fat bike, c’est cette tenue légère qui intrigue le plus lors de mes rencontres…

Tous me demandent si je n’ai pas froid et parfois, si la discussion se prolonge, ils veulent me prêter une épaisse parka !

Pourtant, la différence entre mon besoin d’être protégé du froid et le leur est simple… Avec mon vélo, tractant la pulka, je suis en effort physique permanent, créant ainsi une chaleur naturelle. Pour la plupart d’entre eux, les pécheurs en tous cas, restent de longues heures sur la glace, quasi inactifs. Sans leurs épais équipements, ils gèleraient en moins d’une heure.

Ce soir j’ai placé mon campement sur la berge, là où la neige est abondante. C’est plus confortable et je n’ai pas à chercher bien loin la matière première pour obtenir de l’eau…

Bulletin météo

MTO/4/J/19/28R/12/NE/0/N/17/28R/14/NE/0/UN VRAI TEMPS DE CHASSEUR DE LAPIN! /T

Demain il va faire frisquet !

Jeudi 4 Janvier

Dur de se lever ce matin pendant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Dur de se lever ce matin

Communication par SMS au matin du 6ème jour :

« Dur de se lever ce matin, toujours dans mon duvet. Ça va être une petite journée. Il fait froid ?

Oui, enfin plus que les jours d’avant et il y a un peu de vent. Faut que j’y aille quand même 😉 La journée d’hier s’est bien passée ? La journée oui, pas de vodka par contre ! »

Je finis par trouver le courage de me lever… Le réveil et la mise en route de la journée est le moment le plus difficile. Quitter la chaleur de son duvet, ôter les vêtements de bivouac pour à nouveau enfiler chaussettes, pantalon, parka… restés au froid toute la nuit…

Le pire reste les chaussures ! L’humidité (transpiration), générée pendant la journée, devient glace pendant la nuit et introduire mon pied dans le chausson devenu rigide, faire les lacets, devient une véritable épreuve. Parfois, comme ce matin, je mets des chaufferettes afin de permettre à mes pieds de retrouver un peu de chaleur.

Entre le moment où je sors de mon duvet et le départ, il peut se passer presque 2h00. Pendant ce temps, j’aurai fait fondre de la neige, pris mon petit-déjeuner, transférer une partie de mon équipement (nourriture, textiles, duvet, matelas) depuis la tente dans la pulka. Beaucoup de petits gestes qui, par -30°, demandent beaucoup d’efforts, de méthode et de précautions. La morsure du froid et ses conséquences potentielles ne doivent pas être prises à la légère.

Grand soleil et froid

Cette journée ressemble à la précédente : grand soleil et froid. Je longe la rive suivant une trace de motoneige et évitant les zones de pack. Parfois, les traces partent à droite, puis à gauche… Je suis mon instinct. Difficile de dire où elles mèneront vraiment (sans issue, obliquant à 360°,…).

Tel un marin sur l’océan, je navigue sur le fleuve glacé, traquant les meilleures options pour progresser.

Alors que la fin de journée approche, j’avance vers un groupe de pêcheurs.

Arrivé à leur hauteur, je leur fais un signe de la main et m’arrête. Ils ne tardent pas à venir vers moi. Mon vélo surdimensionné et ma pulka intriguent. Nous échangeons quelques mots. Je leur dis que je suis français, que je suis parti de Khabarovsk et vais à Komsomolsk en suivant le fleuve Amour, que je dors sous ma tente, le tout dans un russe plus qu’approximatif. Mais, nous nous comprenons, je pense.

S’ensuit une séance de photos et la proposition de Stanislas, le plus ancien de la joyeuse troupe, de passer la soirée avec eux ! J’accepte avec plaisir !

Aussitôt, ils regroupent leurs équipements de pêche dans la remorque couplée à la motoneige et nous partons en direction du village voisin, Chelny. Nous arrivons après quelques minutes à leur « cabane de pêche », une modeste isba de trois pièces. En bas, la pièce de vie, à la fois cuisine, salle à manger et dortoir. A l’étage, un palier avec un couchage et deux chambres. Hôte d’honneur, j’aurai le droit à l’une d’entre elles.

Moment de partage

Avant de manger, ils me proposent d’aller au banya (historiquement en Russie les bains publics). A cet instant, j’avoue ne pas avoir vraiment idée de ce que c’est ! Nous nous dirigeons dans une bâtisse voisine. Derrière une porte méthodiquement calfeutrée, une sorte de vestiaire où nous laissons nos affaires, puis une autre porte. Là, une vieille machine à laver, mais aussi un énorme bac d’eau à température ambiante, moins de 15 degrés. Enfin, une dernière porte nous permet d’accéder à ce qui ressemble à un sauna*. Quelle surprise !

Nous montons à température, passons sous l’eau froide, puis allons dehors l’espace d’une minute… La tradition veut qu’on l’on se fouette vigoureusement avec des branches séchées de bouleau ou de chêne… Nous n’irons pas jusque-là ! Nous répétons le processus trois fois avant de rentrer à l’isba.

Avant de partager un copieux repas et quelques vodkas, nous procédons à la montée des couleurs russes pour célébrer cette notre rencontre. Roman tire également quelques feux d’artifices restant du jour de l’an.

Aider par google translator, mais aussi par l’effet de la vodka, nous échangerons longuement dans la soirée !

*Le banya est un bain de vapeur chaude qui se différencie du sauna scandinave à chaleur sèche. On obtient cette vapeur en aspergeant d’eau chaude un poêle en brique.

Une belle brochette de pêcheur durant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Une belle brochette de pêcheur

Bulletin météo

MTO/05/J/17/24R/16/NE/0/N/15/23R/11/NE/0/BON COURAGE ON PENSE A TOI/T

Une soirée fantastique… au chaud ! lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Une soirée fantastique… au chaud !

Vendredi 5 Janvier

Communication via internet au soir du 7ème jour :

« Je pense que j’ai fait entre 20 et 25 km aujourd’hui. Bcp roulé, un peu poussé et environ 2 km de raquettes. Pas de rencontres aujourd’hui… je ne me suis pas arrêté pour aller voir les gens sur mon passage… Je voulais vraiment arriver à Mayak.  Je ne peux pas faire 12 km tous les jours….

Ce matin, petit déj copieux, du coup peu de pause dans la journée. En parlant du petit déj, on a quand même porté 2 toasts… à la Vodka ! A 8h30 du matin, c’est chaud ! Ils étaient vraiment sympas, Stan (Stanislas) le plus ancien, m’a donné avant de partir un sac avec plein de nourriture et une hache.

J’avais prévu de ravitailler à Komso… mais Komso est devenu (probablement) le terminus et vu ma vitesse de progression, j’aurai épuisé mes lyophilisés avant. Je pense que j’arriverai le 20 à Komso.

Ah oui, là je suis dans un café à Mayac ! J’ai pu manger chaud sans avoir à installer le réchaud et à faire fondre de la neige… En plus, il y a le wifi ! Bon, maintenant il faut que je trouve un endroit pour monter ma tente et il fait nuit, on ne peut pas tout avoir ! »

 Présent chaleureux

Comme la veille, la journée aura été ensoleillée et froide. J’ai quitté Roman, Vlad, Stan, Sergeï et Victor ce matin, après de franches accolades et poignées de mains. Stanislas, préoccupé par la suite de mon aventure, m’a fait cadeau d’un sac rempli de vivres (pain, plats cuisinés, chocolat, miel), de carburant (3 litres pour mon réchaud) et enfin d’une hache, pour couper du bois naturellement, mais aussi pour avoir un moyen de défense en cas de rencontres malencontreuses avec la faune locale. Tigre de Sibérie, ours, loups font partie des éventualités.

De retour sur le fleuve, je profite donc de ces conditions météo favorables avec pour objectif clair d’atteindre Mayak. Cela ne m’empêchera pas d’aller à quelques reprises explorer les alentours du fleuve ou aller à la rencontre d’autochtones.

Arrivé à Mayak à la tombée de la nuit, je me réfugierai près de deux heures dans une sorte de relais routier afin de goûter une nouvelle fois à la chaleur et d’envoyer quelques messages et photos.

MayaK, au chaud ! lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

MayaK, au chaud !

Bulletin météo

MTO/06/J/19/27R/15/E/0/N/19/29R/18/E/0/PAS TROP CHAUD AVEC CE BEAU SOLEIL? COMMENT CA SE PASSE?/T

Nouvelle rencontre avec un pêcheur autochtone. Equipement rudimentaire. Tapis, drap ou bâche plastique ou encore cartons, tendus sur des piquets de bois servent à se protéger du vent durant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Nouvelle rencontre avec un pêcheur autochtone. Equipement rudimentaire. Tapis, drap ou bâche plastique ou encore cartons, tendus sur des piquets de bois servent à se protéger du vent

Samedi 6 Janvier

-29° ce matin lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

-29° ce matin

Communication via internet au soir du 8ème jour :

« -29° au thermomètre ce matin, mais encore une fois le soleil était là. Je vous écris de Sinda, je n’ai pas dû faire plus de 10 km aujourd’hui.

Alors que je prenais quelques photos, une motoneige s’est arrêtée à ma hauteur, le pilote, un pêcheur, était très intrigué par ma présence et mon équipement. Nous avons échangé quelques mots en russe, puis je lui ai donné le petit texte de présentation de mon aventure que j’avais fait traduire en russe avant le départ. Il avait l’air très enthousiasmé de me rencontrer. Très vite, il m’a proposé de l’accompagner chez lui pour le repas et la nuit.

Après le déjeuner, il m’a proposé de l’accompagner sur le fleuve pour relever ses filets. Comme c’est le cas à chaque rencontre, mes vêtements n’inspirent visiblement pas confiance aux locaux, ils veulent tous que j’ai froid… Du coup, je suis rhabillé de haut en bas : grosse parka, surpantalon, double paire de chaussettes et enfin des énormes bottes en feutre, les fameuses Valenki…

Après avoir récupéré la modeste pêche du jour, un poisson, nous retournons à l’isba. Sacha, me parle beaucoup, pas de Vodka, juste le plaisir d’accueillir un français à vélo… et de le présenter à sa famille : un ado, 17 ans je pense, un pré-ado 13/14 ans et le petit dernier de 7 ans. Lui a
73 ans, il est originaire de Sibérie. Son épouse semble plus jeune, c’est une Nanaï, ethnie locale vivant depuis des siècles sur les rives du fleuve Amour.

Ce soir, c’est la célébration du Noël orthodoxe. »

Le réconfort de l’amour

Chanson le Léane (ma fille de 6 ans) reçue via Messenger (pas de mélodie, mais il suffit d’imaginer…) :

« Mon papa, il est hyper fort – Il est parti en Russie – Aujourd’hui, il va bien – Et je suis fière de lui – Mon papa Mon papa – On n’a pas pu le regarder partir – Mais c’est pas grave – Mon papa je l’aime très fort Je l’aime très fort – Il pense beaucoup à moi et à Maël – Ma maman, mon frère et moi, on l’aime très fort – Je pense beaucoup à lui – Il va tourner autour de la tente – Je l’adore mon papa – Je pense beaucoup à lui-même si je le vois plus – C’est pas grave, je suis avec ma maman – Papa il est fort, maman elle est belle – Je pense toujours à lui – Mon papa, mon papa, il est très fort – Mon papa, mon papa, il est très fort – Mon papa, mon papa, il est très fort »

Bulletin météo

MTO/7/J/18/31/36/NE/0/N/17/24/11/NE/O/COURAGE ICI CEST TROP CHAUD ET ON FAIT JUSTE DU VELO PR RENTRER DE SOIREE/T

Arrivée sur Sinda pendant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Arrivée sur Sinda

Après avoir percé la glace, Sacha relève le filet lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Après avoir percé la glace, Sacha relève le filet

Chez Sacha ! lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Chez Sacha !

Photo de famille durant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Photo de famille

Dimanche 7 Janvier

C’est Noël !

Communication via SMS au soir du 9ème jour :

« Coucou, près (très près, moins d’1 km) de Dada ce soir. Le bivouac est monté. J’ai roulé toute la journée au fil des méandres d’un des bras du fleuve. Pas du tout utilisé les raquettes, j’ai poussé surtout à la fin, mais plus pour me reposer les muscles fessiers… J’ai dû faire un peu moins de 30 km (le GPS fonctionne par alternance, difficile de savoir). Qui dit grande distance, dit peu d’arrêts, juste un pêcheur qui m’a offert le thé et quelques prises de vue.

Je suis reparti ce matin de chez Sacha et sa famille avec, à nouveau, des provisions dont
2 rations militaires russes. Ma pulka s’alourdit de jour en jour. Passer cette soirée de Noël avec Sacha était vraiment un moment spécial !

Il faisait froid aujourd’hui, le vent qui s’est levé n’y est pas étranger. En début d’étape, Sacha a tracté ma pulka sur environ 2 km, quelle impression de légèreté avec mon vélo ! Puis, au moment où nos routes se séparaient, il m’a pris dans les bras pour me dire au revoir et m’a demandé de repasser le voir, si possible, quand je retournerai vers Khabarovsk pour prendre l’avion… C’était très émouvant ! »

Au fil des kilomètres on s’habitue aux véhicules sur le fleuve. Ici l’incontournable fourgon tout terrain russe, le UAZ lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Au fil des kilomètres on s’habitue aux véhicules sur le fleuve. Ici l’incontournable fourgon tout terrain russe, le UAZ

Bulletin météo

MTO/8/J/17/23R/11/NE/0/N/17/22R/10/S/0/LE VENT PASSERA OUEST DURANT LA NUIT- PROFITE BIEN ! /T

Lundi 8 Janvier

Une fois le vélo sur la pulka, c’est une centaine de kilos qu’il faut alors tracter lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Une fois le vélo sur la pulka, c’est une centaine de kilos qu’il faut alors tracter

Communication via SMS au soir du 10ème jour :

« J’ai atteint Naikhin ce soir, pas progressé beaucoup, Je n’ai quasiment que fait que tracter la pulka avec le vélo dessus. Il y avait du soleil aujourd’hui mais aussi du vent. Du coup, il faisait plutôt froid (plus que d’habitude).

Demain neige et vent, retour du soleil le 12 d’après le bulletin météo diffusé par Edouard…

Qui dit neige, dit forte probabilité d’avancer encore en raquettes. Ça va beaucoup moins vite et c’est bien plus physique. On verra demain !

Pour l’heure, je me suis (encore) fait inviter. J’avais monté ma tente à la sortie du village, mais un habitant (un pêcheur, comme souvent) passant par-là m’a proposé, avec insistance, de passer la soirée et la nuit chez lui. Cette fois, c’est une famille 100 % Nanaï.

J’ai trop chaud !!! Il fait au moins 20° dans la maison… Je ne respire plus! »

Je ne me lasse pas de ces rencontres avec la population locale. Les échanges sont très souvent riches. Nous parlons tantôt d’histoire, tantôt de religion, tantôt de France, tantôt de Russie… Mon russe reste plus qu’approximatif, mais il est intéressant de constater notre capacité, celle de l’homme qui en aura la volonté, à écouter et comprendre l’autre. La langue est une barrière, pas un mur infranchissable.

 Bulletin météo

MTO/09/J/17/27/22/S/1.2/N/16/31/29/S/1.2/SOLEIL DE RETOUR LE 12/BONNE POUDREUSE! C EST BON POUR LES CUISSES 🙂 /T

Naikhin, village à majorité Nanaï – En vert, le supermarché ! durant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Naikhin, village à majorité Nanaï – En vert, le supermarché !

Une fois de plus, je reçois un accueil chaleureux lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Une fois de plus, je reçois un accueil chaleureux

Mardi 9 Janvier

Jour de tempête

Jour de tempête durant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Jour de tempête en Sibérie

 Communication via SMS, après-midi du 11ème jour :

« Vent fort, visibilité faible. J’ai dû faire 12 km aujourd’hui, mais me suis donc arrêté très tôt. Je me suis mis à l’abri sur une petite île boisée qui me protège du vent. À mi-route entre Naikhin, que j’ai quitté ce matin, et Trotskoy que j’espère atteindre demain si le vent tombe. Il faut que j’allume la balise pour avoir le dernier bulletin météo. Au pire, je ne bougerai pas, juste pas très drôle. Je vais essayer de dormir… et économiser batterie. »

Le vent souffle sans retenue ce matin, le ciel est chargé…

Avis de tempête

Je suis sur le point de reprendre mon chemin. Mon hôte du soir, me demande à plusieurs reprises si je suis certain de vouloir partir maintenant, il me propose de rester une journée de plus. Mais je suis décidé !

Après 2 km de progression, le vent souffle encore davantage, peut-être 80 km/h en rafale. La visibilité devient faible, de fines particules de glaces soulevées par les rafales bouchent l’horizon. J’ai renoncé à pédaler, le vent de face m’immobilise parfois. J’essaie de trouver des moments de répit en longeant des îlots qui sont sur ma route. Cela ne dure jamais longtemps… Le visage anesthésié par le froid, je n’ai pas remarqué que celui-ci glace en partie au niveau des pommettes. C’est en voulant bouger ma capuche que je m’aperçois douloureusement qu’elle est collée par la glace sur ma peau. Qu’importe, il faut avancer, on constatera les « dégâts » plus tard. J’enfile tout de même mon masque néoprène pour atténuer les effets du froid.

Dans ces conditions chaque mètre parcouru est une victoire. Après quelques heures de lutte, je décide de monter mon camp à l’abri d’un îlot providentiel. Je creuse rapidement une sorte de plateforme dans la neige et plante ma tente. Il est 14h00 environ, je me glisse dans mon duvet. Je suis transit de froid, je mettrai l’après-midi à me réchauffer.

Bulletin météo

MTO/10/J/20/31R/19/S/0/N/22/31R/20/S/0/le vent n’a pas de main et pourtant il secoue les arbres (proverbe coréen). Courage avec le froid on pense à toi !/T

Dans la tempête lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Dans la tempête

Tableau de calcul de l’indice de refroidissement éolien pendant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Tableau de calcul de l’indice de refroidissement éolien

Mercredi 10 Janvier

Petit matin, après la première journée de tempête durant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Petit matin, après la première journée de tempête

Communication via SMS, matin du 12ème jour :

« Je vais lever le bivouac, départ d’ici 1h30… J’espère grappiller encore une dizaine de kilomètres afin de rejoindre Trotskoye ce soir. Vent toujours défavorable (nord), mais bien moins fort qu’hier ! »

Journée encore difficile, un peu moins de vent, mais plus que jamais de face. J’avance en me fixant des caps raisonnables au fil des formes apparaissant par instant dans le blizzard…

L’Amour est vaguellée par la glace, par les congères et le sable. Le tout mélangé forme des espèces de dunes sans consistance dont le passage me demande beaucoup d’efforts. Les zones de glace vive sont plus favorables, la pulka y glisse parfaitement. Le problème est qu’on ne sait pas vraiment ce qu’il y a dessous… Cette couche de glace est-elle épaisse ? Mais il tellement tentant d’évoluer sans effort ou presque.

De temps à autre, à l’horizon, une zone sombre, signe d’une zone ouverte, l’eau pour faire simple. Ça refroidit un peu (quoique que difficile de faire pire qu’avec ce vent qui me fouette sans cesse le visage). Je veille à rester à distance correcte.

Alors que j’abuse de plus en plus des zones de glace vive qui sont à ma portée, mon appréhension annihilée par la sensation de facilité, le moment tant redouté se produit… Je suis passé à travers la glace, tout du moins l’un de mes pieds ! En quelques centièmes de secondes se succèdent surprise et effroi. Je ressors mon pied, constate que c’est bien dans de l’eau que je viens de m’enfoncer (jusqu’à mi-mollet en fait !), regarde si la glace se fissure autour de moi. Que faire ? Ne plus bouger, déguerpir à toute vitesse ? Je suis relié à la pulka, le vélo est solidement sanglé sur celle-ci, si la glace cède davantage, la situation risque de devenir critique !

Moment critique

Je décide de m’extraire au plus vite de la zone… La pulka passe par-dessus le trou sans que cela ne craque davantage ! Je sens l’humidité entrer dans la chaussure, mais raisonnablement… De toute manière, pas le temps de tout enlever et vérifier si c’est sec ! Le vent souffle toujours, on verra plus tard… La meilleure chose pour l’instant est que l’eau se transforme en glace, au moins à l’extérieur.

Désormais, je serai plus prudent. S’il faut à nouveau franchir de telles zones, je me débrouillerai pour qu’elles soient les plus petites et/ou les plus sûres possibles…

Je finis par atteindre Dzhari après 4h30 d’efforts intenses… C’était la cible du jour ! Au moment d’installer mon bivouac, une situation qui ne m’est pas inconnue : une motoneige se dirige vers moi. J’explique brièvement au pilote, un pêcheur Nanaï, pourquoi je me trouve là. Rapidement, il m’invite à venir chez lui…. J’accepte sans hésitation ! Je commençais à avoir froid, les cristaux de glace transportés par le vent se sont introduits de tout part et, en se réchauffant, et ont fini par rendre humides toutes mes affaires…

Me voilà donc au chaud et ce soir ça tombe vraiment bien !

Très peu de photos aujourd’hui, mais beaucoup d’émotions.

Avant d

Avant d’atteindre Dzhari

Bulletin météo

MTO/11/J/23/28r/7,9/SSO/0/N/23,5/30r/11/NE/la ou il y a une volonté, il y a un chemin (Lénine) le vent tourne tu vas l’avoir dans le dos !!! Hihi /T 

Jeudi 11 Janvier

Après deux jours compliqués, voilà une bonne journée.

Je suis content d’être arrivé à Slavjanka ! Un peu plus de 20 km parcourus sous un ciel voilé. Peu de vent ce matin, mais toujours de face et froid puis, plus un souffle à partir de 15h30.

J’ai bien été aidé ce matin par mon hôte qui m’a guidé un peu plus loin que Troytskoye. Je suis arrivé à Slavjanka un peu par surprise. J’avais pris comme cap une espèce de pylône à l’horizon, la ville était juste à son pied. Je la pensais 4 à 5 km plus éloignée. Le genre de surprise qui fait du bien au moral.

Après le coup vent de ces deux derniers jours, la surface du fleuve a changé. Les traces ont disparu, recouvertes de neige fraîche, parfois meringuées. En alternance sur le vélo ou le tirant, j’avance à tâtons.

Je ressens de plus en plus le froid et, du coup, je passe moins de temps pour des photos. Il m’arrive parfois de descendre de vélo et pousser afin de me réchauffer les pieds (durant les phases de pédalage, ils restent statiques et refroidissent vite). Plus les jours passent, plus il faut de temps, en fin de journée, pour redonner vie à mes orteils. En général, les sensations reviennent dans la nuit.

Ce soir, alors que j’allais me cloisonner dans ma tente pour la nuit, un villageois est venu m’apporter à manger (pain, poissons fumés, viande de porc…) ! Il repassera quelques heures plus tard pour me proposer de venir dormir au chaud. Bien installé dans mon duvet et ne souhaitant pas me lancer dans un démontage nocturne de mon campement, je déclinai, pour une fois, l’invitation.

Slavjanka depuis le fleuve Amour pendant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Slavjanka depuis le fleuve Amour

Poissons fumés, lard, pain, généreusement offert par un villageois pendant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Poissons fumés, lard, pain, généreusement offert par un villageois

Bulletin météo

MTO/12/j/26/34R/12/NE/0/N/27/36R/11/NNE/0/quand le coeur est chaud, on a pas froid au corps (Lao She) ça va les mains les pieds ? Pas de gelure ? Vent de dos/T

Vendredi 12 Janvier

Communication via SMS au soir du 14ème jour :

« Juste arrivé à Liboga. Ça été plus long et plus pénible que prévu, moi qui pensais que cette étape ne serait qu’une formalité… Loin de là ! Je commence à être fatigué je crois. La neige était parfois profonde, le vent dans le dos, mais très froid. J’ai tiré pulka et vélo la plupart du temps.

Je vais peut-être démarrer une section de route à partir de demain. Traîner pulka et vélo dans cette neige épaisse et non portante m’épuise et je n’avance pas. Les jours passent, je veux vraiment arriver à Komso ! Encore 6 jours mini pour y arriver. Allez, il faut que je plante tente… »

Même si les conditions météo se sont largement améliorées, la journée a été difficile durant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Même si les conditions météo se sont largement améliorées, la journée a été difficile

L’absence de traces, la progression rendue compliquée par cet inconsistant manteau neigeux et la fatigue me pèsent.

Que dire de ma vitesse de progression, une moyenne autour de 4 km/h ! J’avance lentement, très lentement… Je me pose nombreuses questions. L’une d’entre elle revient souvent : quel intérêt d’être à vélo si c’est pour le laisser sur la pulka et tirer le tout ?

La tentation de prendre la route est grande, d’autant plus que Ivan, qui m’a accueilli il y a 2 jours, m’a vivement déconseillé de suivre le fleuve au-delà de Liboga : pas de traces, plus sauvage…

Je ne prendrai pas de décision ce soir, la nuit porte conseil paraît-il…

Bulletin météo

MTO/13/J/27/34R/7/N/0/N/26/33R/8/N/0/ALLEZ COURAGE !! ON PENSE TOUS FORT A TOI !!BIZ DE TOUTE L EQUIPE TOUTAZIMUT/T

Liboga, c’est par là ! L’unique rencontre de la journée pendant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Liboga, c’est par là ! L’unique rencontre de la journée

Difficile de pédaler dans ces conditions pendant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Difficile de pédaler dans ces conditions

Je bivouaque presque confortablement à l’entrée du village.

« Récolte » de la neige, installation et allumage du réchaud, remplissage des 3 thermos, préparation du repas lyophilisé, une routine fragile qui demande parfois beaucoup d’abnégation. Cette fois, j’ai la chance de profiter d’une fin de journée sans vent, d’une fin de journée calme et paisible.

A 19h je suis dans mon duvet, prêt à m’endormir.

Bivouac à l’entrée du village de Liboga durant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Bivouac à l’entrée du village de Liboga

Samedi 13 janvier

Sur la route

Changement de programme pour rejoindre l’unique route reliant Khabarovsk au nord de la région lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Changement de programme pour rejoindre l’unique route reliant Khabarovsk au nord de la région

J’ai pris ma décision, je vais emprunter la route quelques jours. Je ne vois pas trop l’intérêt de tirer pulka et vélo sur 80/90 km… Mon objectif est de faire du vélo, pas le promener en laisse !

Je vais installer le chariot de transport (de type chariot à kayak) que j’avais déjà utilisé pour rejoindre Khabarovsk depuis l’aéroport.

En ce 15ème jour d’aventure, je quitte donc mon tracé initial pour traverser Liboga et rejoindre l’unique route reliant Khabarovsk au nord de la région (plus de 1 000 km).

En traversant le village, je me fais offrir le thé par un inconnu. Un peu plus loin, je pose avec un automobiliste qui veut immortaliser notre rencontre. Je renoue peu à peu avec la civilisation, tout devient plus vivant autour de moi.

J’aborde cette première journée de route avec le sourire. Cependant, les difficultés et inconvénients de la route apparaissent très vite. A chaque montée, je suis obligé de descendre du vélo et de pousser. Si mon chariot de transport me permet d’évoluer sur la route, la résistance au roulement (ou le coefficient de frottement pour les mécaniciens) est énorme. Sur le vélo, je progresse à peine plus vite que sur le fleuve et, quand je dois le pousser dans les côtes, j’ai l’impression que les freins sont restés bloqués. Il faut également désormais prendre en compte le trafic des voitures, bus et camions qui roulent à tout allure et ne s’attendent pas à trouver un vélo sur leur trajectoire.

Je parcours tout de même 20 km avant de monter ma tente sur le bas-côté de la route…

Bulletin météo

Mto/14/J/19/24R/5/E/0,1/N/18/25R/8/E/0/belle journée au programme eclates toi bien!/T

Traversée du village de Liboga lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Traversée du village de Liboga

Dimanche 14 Janvier

Communication via SMS au soir 16ème jour :

« Bonjour, connexion toujours très limitée, seuls les SMS passent.

-32° relevés ce matin. Le visage un peu bouffi à cause notamment des gelures subies pendant la tempête. Très froid aux pieds, beaucoup aux mains le matin, mais ça passe en journée… enfin quand il fait beau.

Je vais rester sur la route jusqu’à Voznesenskoye. Après, retour sur l’Amour ! La progression n’est pas plus facile que sur le fleuve, mais elle est sans surprise. Un peu moins de 20 km parcourus aujourd’hui. Il n’est pas tard, mais dès que la visibilité baisse je ne peux plus rouler : trop de risques avec voitures, bus et camions circulant sur cet axe.

Je suis à nouveau tombé sur un resto routier. Je vais planter ma tente à proximité pour profiter d’un petit déjeuner au chaud demain matin.

Point de vue timing, je pense être dans 2 jours à Voznesenskoye, ça fait mardi soir ici. A partir de là, retour sur le fleuve. Mercredi à Amoursk, jeudi entre Amoursk et Komso et enfin vendredi à Komso. Tout cela est très lié à la météo. Peux-tu voir avec Edouard s’il peut m’envoyer une tendance pour la semaine, en plus de la MTO du jour. Un truc simple du style : J+x / Soleil, Nuageux, / Neige Oui-Non / température / vent force et orientation. Besoin de repères et d’un compte à rebours, les nuits et les matins sont durs…

Loin du confort

Faire fondre la neige est devenu pesant, je me glace les mains à chaque installation du réchaud et il faut attendre de longues minutes que la neige et l’eau soit chaude, le tout à l’extérieur de la tente, au froid. Pas question de prendre le risque d’allumer le réchaud à proximité de la toile de tente !

Trop envie d’une douche… Enfin, une vraie douche… En ce moment, le matin, c’est la douche de cristaux de glace assurée ! La toile intérieure de la tente est systématiquement givrée par l’effet de la condensation que je génère naturellement et le froid. Givre qui se détache aussitôt que je bouge ou frôle la paroi de la tente…

Mon duvet, dernier rempart contre le froid, perd au fil des nuits ses propriétés isolantes. De nombreux « blocs » de glace se sont formés dans la doublure. J’ai parfois négligé de m’assurer que je n’introduisais à l’intérieur des résidus de glace ou de neige restés soudés à mes vêtements. Résultat, ces résidus fondent dès que la chaleur se propage quand je suis dans le sac de couchage, s’introduisent dans la doublure et glacent la journée… Des petites erreurs qui se payent chères. Je passe sur la paroi extérieure qui est elle aussi constamment couverte de givre.

Les extrémités

Quant à ma résistance au froid, le pire, c’est mes pieds. Je mets de plus en plus de temps à retrouver la sensibilité de mes orteils. Les nuits sont à peine suffisantes. Les chaussures sont constamment gelées… Je n’ai plus de chaufferettes !

Bref, le plus agréable en ce moment est de reprendre la route, bouger, me réchauffer et, si possible, faire quelques rencontres. 

J’ai voulu vivre cela, je ne vais pas me plaindre… D’ailleurs, même si c’est un peu dur en ce moment, ça fait partie du jeu et je l’accepte ainsi.

Je me suis à nouveau installé dans un relais-routier et en profite pour manger une salade. C’est probablement des légumes en conserve, mais une macédoine bien fraîche. Un plaisir simple !

En plat de résistance, du blé concassé, un grand classique et une boule de quelque chose, de la viande je crois, surprise !

Bon, je crois que je vais aller monter ma tente, il y a un moment où il faut y aller… »

 Bulletin météo

MTO/15/J/20/22R/11/S/0/N/23/30R/11/N/ l’arbre devient solide sous le vent (seneque) , bascule de vent entre le jour et la nuit ! Pédale bien 😉 /T

 Lundi 15 Janvier

Passage un peu dangereux sur la route pendant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Passage un peu dangereux sur la route

Je reprends la route sous la neige ce matin. Chouette…! Ou plutôt, bof, bof parce que sur la route la visibilité est moins bonne pour les voitures… Me protéger des véhicules qui circulent sur cette route tourne à l’obsession. Bof également parce que je vais aller encore moins vite. Chouette, parce que c’est aussi ça que je suis venu chercher : l’hiver et la neige !

Au moment de donner les premiers coups de pédales, j’ai eu quelques sueurs froides. Les pneus de la pulka ont gelé pendant la nuit. Rien d’anormal au premier abord. C’est sans prendre en compte que les roues ont gelé alors qu’elles supportent le poids de la pulka. Du coup, la base de la roue au contact du sol est complétement plate et ne semble pas vouloir reprendre sa forme.

Des roues carrées

Cela revient à rouler avec des roues carrées sauf que, sur la neige, les roues carrées ça ne roulent pas, ça glissent… mal !

Il faudra près de 200 mètres pour qu’elles roulent à nouveau !

Pendant un moment, j’ai vraiment craint qu’elles ne reviennent jamais à leur forme initiale, voire que le caoutchouc ne se fissure…

Parcourir cette route aux lignes droites interminables est un vrai défi mental. Je rêve de vélocité, de vitesse, 20 km/h, pourquoi pas 15… Mais ceci n’est qu’un rêve, je progresse entre 4 et 8 km/h, pédalant dans le vide.

Au fil de la journée, la neige cesse et laisse place au soleil. Il y a un léger vent de nord, donc un vent de face, suffisant pour me refroidir sans répit. Je perds à nouveau mes orteils en route !

J’ai désormais hâte de retrouver le fleuve Amour. Du coup, je roule tant que je peux, finalement quasiment 28 km. Je plante à nouveau ma tente sur le bas-côté de la route… pour la dernière fois j’espère.

Je prévois d’arriver demain à Voznesenskoye, au moins à 25 km, il ne faudra rien lâcher ! 

Bulletin météo

MTO/16/25/33R/11/N/0/N/25/30R/11/N/0//J17/22/11kmh/N/J18/18/4/S/J19/22/4/S/J20/19/9/S/(0,6mm)/J21/22/11/N//soleil que les 16 et 17, neige le 19. Bientôt fin !/T

Reste d’une forêt, la déforestation va bon train par ici aussi durant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Reste d’une forêt, la déforestation va bon train par ici aussi

Mon campement en bord de route lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Mon campement en bord de route

Mardi 16 Janvier

Retour sur l’Amour

Une seule chose en tête aujourd’hui : retrouver le fleuve !

Le fleuve Amour, c’est l’âme de cette aventure, de toutes les rencontres que j’ai pu faire jusqu’à maintenant. Je ne regrette pas d’avoir gagné la route, cela m’a permis d’aborder ce voyage au cœur du bassin de l’Amour différemment, mais il est tant que cette parenthèse se termine.

Il fait encore beau temps aujourd’hui, mais le temps doit changer à partir de jeudi, plus de temps à perdre donc. Une fois le fleuve Amour en Sibérie rejoint, il ne me restera plus qu’à pédaler droit vers le nord, Komsomolsk ne sera plus qu’à une soixantaine de kilomètres.

Si proche et si loin… Si tout va bien j’y serai au mieux jeudi, au pire samedi !

Mais avant tout, en ce début de matinée, le plus important est de se réchauffer. Devant moi, une ligne droite qui se perd à l’horizon. Pas la peine de réfléchir, c’est droit devant !

Beau temps glacial lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Beau temps glacial

C’est vers 16h30 que j’arrive enfin à Voznesenskoye. J’aperçois le fleuve, je revis !

La ville surplombe l’Amour, c’est une route pentue, couverte de charbon, qui mène au fleuve. Après avoir acheté des bananes et quelques spécialités locales dans l’épicerie du coin, je me dirige vers le fleuve. C’est là et nul part ailleurs que je veux installer mon bivouac.

Les imprévus réconfortants

Une fois n’est pas coutume, l’installation de ma tente, sur la berge du fleuve, par -30°, laisse pantois ceux qui passent par ici (je ne suis qu’à quelques mètres de la route éphémère qui traverse le fleuve pour gagner Amoursk sur la rive opposée).

Un groupe de jeunes vient à ma rencontre, nous échangeons, ils finissent par me proposer de prendre mes thermos pour faire le plein de thé chaud. Persuadé de leur réelle volonté de m’aider, je leurs laisse mes deux thermos. Ils s’éloignent en voiture… et réapparaissent une 15aine de minutes plus tard avec celles-ci remplies. Génial !

Un peu plus tard, la nuit tombée, alors que je m’enferme dans ma tente, ce sont deux véhicules 4×4 qui s’arrêtent. Cinq gaillards viennent à leur tour à ma rencontre. Après une dizaine de minutes, il me propose de démonter ma tente et de venir dormir au chaud. Je suis un peu réticent, tout est installé, je suis prêt à me coucher. Mais devant leur insistance je finis par accepter. Ils m’aident au démontage, charge le matériel dans leurs véhicules. Je n’ai plus qu’à les suivre à vélo !

En fait, je suis encadré, un véhicule devant qui ouvre la route, un autre derrière qui m’éclaire. Après moins de 2 kilomètres, nous sommes arrivés.

Je dormirai à nouveau au chaud ce soir !

Dernière ligne droite pendant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Dernière ligne droite

Bulletin météo

MTOAMURSK/17/J/25/34R/11/N/0/N/22/30R/10/N/0//J18/18/4/S/0mm/COUVERT(CVT)//J19/21/7/S/0mm/CVT//J20/21/11/N/0.5mm/CVT// J21/23/10/N/0mm/CVT//J23&24 SOLEIL/T

Mercredi 17 Janvier

Cette journée commence par une photo souvenir avec mes hôtes de la nuit. Une de plus !

Je me prête au jeu des selfies et autres photos avec plaisir… que cela soit avec mes hôtes ou de simples rencontres sur le fleuve, avec des curieux stoppant leur véhicule au milieu de la voie pour figer ce moment incongru, dans les relais où certains avaient entendu parler de ce français qui traversait la région à vélo…

Au final, je ne saurai dire combien de poses ont été prises…Mais une chose est sûre, c’est qu’à chaque fois les échanges, fussent-ils courts, ont été très amicaux et bienveillants.

Je rejoins ensuite le fleuve lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Je rejoins ensuite le fleuve

Une route a été tracée sur le fleuve au bulldozer. Cet axe routier entre les deux rives, qui ne pourra être utilisé que pendant les mois les plus froids de l’hiver, permet à Voznesenskoye d’échapper à l’isolement.

Parfois les voies sont très larges, parfois elles se dédoublent, devenant plus étroites. Des panneaux de signalisation rappellent que, même sur le fleuve, le code de la route est applicable !

Ici, au moins, je ne crains pas de passer au travers de la glace, même certains camions empruntent cette route de glace.

Même sur le fleuve le code de la route s’applique ! lors du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Même sur le fleuve le code de la route s’applique !

Route ou tranchée pendant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

Route ou tranchée ?

Passé Amoursk, cité bétonnée d’environ 40 000 âmes située sur la rive gauche du fleuve, 40 km en amont de Komsomolsk sur Amour, je retrouve des zones plus sauvages, des pécheurs isolés.

Je progresse la plupart du temps en pédalant, j’ai fini par m’accoutumer à ma faible vitesse et à mon lourd traîneau qui, au gré du relief, me tire vers l’arrière ou vient taper à l’arrière de mon vélo.

Je stoppe après environ 25 km d’efforts.

Ce soir, c’est mon dernier bivouac… Je crois, j’espère !

Bulletin météo

Mto/18/J/19/24R/4/N/0/N/24/28R/4/S/0//19/J/23/8/S/0/CVT/20/J/19/14/S/0/CVT/20/J/19/14/S/0,6/Neige/21/J/23/7/E/0/CVT/22/J/26/14/N/0/23/J/31/7/N/0/Soleil/T

L’art de la pêche pendant le voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

L’art de la pêche

Jeudi 18 Janvier

Il a un peu neigé en fin de nuit, un léger saupoudrage…

A l’horizon, je crois distinguer, de temps à autre, le pont de Komsomolsk, un édifice métallique long de plus d’un kilomètre, unique point de passage pour les nombreux camions et trains qui assurent ravitaillement, acheminement, des matières premières entre la ville et le reste du monde…

Ce pont est gardé par les forces armées russes 24h/24. Il faut dire cette ville perdue au-delà de la Sibérie est stratégique pour l’Etat Russe. On y produit des avions civils, un peu, des avions militaires, beaucoup, mais aussi des sous-marins…

J’ai reçu hier un message via « Messenger (Facebook) » d’un russe qui suit mon aventure : « Faites très attention quand vous passerez sous le pont, en cas de doute sur vos intentions, les militaires peuvent tirer sans sommation ».

Je suis prévenu…!

Après quelques heures de progression, ce pont, qui n’était d’abord qu’un mirage, est devenu réalité. Je m’approche doucement, marquant de nombreuses pauses, histoire de laisser le temps aux militaires de m’identifier. A 100 mètres du pont, des panneaux plantés dans la glace. Je ne lis pas le russe, mais je n’ai pas de doute sur le sens de ce qui y est inscrit : « Il est interdit de faire quelque chose » !

Pas question pour moi de changer de cap, Komsomolsk c’est tout droit. Je continue donc ma progression, mais cette fois sans m’arrêter. Je me souviens des conseils de Sergei, le premier jour de l’aventure, quand nous avions dû passer sous un pont similaire proche de Khabarovsk : « On trace, on ne s’arrête pas, surtout pas sous le pont ! »

L’ouvrage franchit, je jubile ! Je suis aux portes de « Komso » !

Il reste tout de même entre 10 et 15 km à parcourir. Plus rien ne peut m’arrêter, même pas la nuit qui tombe. Au loin, les lueurs de la ville apparaissent, il n’y plus qu’à suivre le cap.

Évoluer de nuit est une première dans cette aventure. Je tente de suivre des traces de motoneiges, de pécheurs à pied,… en fait, je suis ce que je peux. De nuit, tout est plus compliqué. Je redouble de prudence, ne pas chuter, ne pas passer à travers la glace, éviter les zones ouvertes…

A 21h

J’y suis ! A Komsomolsk sur Amour !

Il m’aura fallu 20 longs jours pour rejoindre Komso. Mon tableau de marche initial n’en prévoyait que 8…Je suis physiquement épuisé par cette journée, par ce voyage.

J’ai le visage brulé, je ne sens plus vraiment mes orteils, mais ce soir ce n’est pas important.

Je suis heureux, fier d’être arrivé jusqu’ici. Je suis allé au bout de mon rêve, de ce projet que j’ai imaginé et fabriqué de toute pièce.

J’ai fait des rencontres incroyables pendant l’aventure, mais aussi avant et pendant toute la phase de préparation.

Je pense à tous ceux qui m’ont aidé, conseillé, encouragé, supporté : inconnus, sponsors, journalistes, amis, famille et tous les autres…

La bonne nouvelle est que je ne suis même pas à mi-parcours de ce que devait être ce voyage, environ 700 km me séparent encore de la mer D’Okhotsk… Je serai obligé de revenir !

A partir de Komsomolsk, les paysages autour du fleuve prennent de la hauteur, de nombreux sommets font leurs apparitions, de là à s’imaginer dévaler leurs pentes…

A suivre... fin du voyage à vélo sur le fleuve Amour en Sibérie

A suivre…

Matériel utilisé lors du voyage à vélo sur le Fleuve Amour en Sibérie

Matériel de transport utilisé lors du voyage à vélo sur le Fleuve Amour en Sibérie

CATÉGORIE  MODÈLE  MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT CE CHOIX LORS DE L’ACHAT CE CHOIX A-T-IL RÉPONDU AUX BESOINS DE LA SORTIE  SI C’ÉTAIT À REFAIRE?
VÉLO Fat Bike cargo SALAMANDRE CYCLES Made in France
Taillé sur mesure et conçu pour les grands espaces, la durée, le froid, la neige, les sentiers hasardeux. Robustesse / conception simple / nombreux compartiments pour embarquer du matériel
Vélo mis à disposition par Yann (Salamandre Cycles c’est lui !). Equipé d’un boitier Rolhoff, aucun problème de transmission malgré le froid. Le porte bagage incorporé au cadre m’a permis de tracter ma pulka sans appréhension de casse.
Avec une monture comme celle-ci vous ne passez pas inaperçu !
OUI
PULKA Expedition Pulk SNOWSLED POLAR /PRODUIT ET COMMERCIALISÉ PAR AIGUILLE ALPINE EN ANGLETERRE Rapport poid / Resitance / Prix
Echanges techniques riches avec équipe en Angleterre
Au-delà du bac lui-même, j’avais également un sac à pulka de ma même marque et choisi l’option d’un harnais souple (cordage) pour te tractage. L’ensemble s’est avéré plutôt performant. Bonne glisse, solidité malgré les maltraitances aéroportuaire OUI

Accessoires de transport utilisé lors du voyage à vélo sur le Fleuve Amour en Sibérie

CATÉGORIE  MODÈLE  MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT CE CHOIX LORS DE L’ACHAT CE CHOIX A-T-IL RÉPONDU AUX BESOINS DE LA SORTIE  SI C’ÉTAIT À REFAIRE?
SACOCHE DE SELLE Apidura Expedition 17L APIDURA Etanchéité / légereté J’avais choisi de prendre une sacoche de selle pour avoir sur le vélo un kit de sécurité (mini réchaud, gants, blouson, de quoi tenir en cas de perte de la pulka pour une raison ou une autre). Cette sacoche au volume généreux à rempli sa fonction OUI
PORTE BIDON Support de bidon
Sac étanches
SALSA

DECATHLON

Prix et conception Les supports de bidon Salsa permettent de venir sangler des bidons (entre autres) de toutes tailles. Pour moi il s’agissait de fixer de chaque côté de la fourche 1 THERMOS. Afin de prolonger encore davantage les propriétés thermiques des 2 thermos, ils étaient placés dans un sac étanche et enveloppés dans de la mousse (tapis de camping). Solution très pratique et efficace OUI
SACOCHE DE GUIDON H-500 LONE PEAK Resistance / simplicité d’utilisation / polyvalence Pas vraiment une sacoche, mais un système permettant de sangler à votre guidon la sacoche de votre choix ou tout ce que vous voulez. Très pratique OUI
RAQUETTES SYMBIOZ HYPERFLEX ELITE TSL OUTDOOR Dotation TSL
Made In France
Légereté / système de serrage
Outre la qualité de l’équipement, le service après-vente de cette marque 100% française est vraiment génial ! OUI

Équipement de bivouac utilisé lors du voyage à vélo sur le Fleuve Amour en Sibérie

CATÉGORIE  MODÈLE  MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT CE CHOIX LORS DE L’ACHAT CE CHOIX A-T-IL RÉPONDU AUX BESOINS DE LA SORTIE  SI C’ÉTAIT À REFAIRE?
TENTE Access 2 MSR La version 4 saisons de l’incontournable Hubba Hubba. Facilité de montage, légereté, faible volume, qualité des materiaux Les -30° degrés supportés durant cette aventure n’ont pas altéré les points fort de cette tente. Un peu (beaucoup ?) de condensation, se transformant en glace la nuit. Je n’ai pas beaucoup d’expérience pour dire si c’était d’un niveau normal ou non.
Seul réel bémol, une couture de l’un des points d’accroche de la toile extérieure qui s’est complétement désolidarisée, sans sollicitation excessive, lors du deuxième démontage (on parle d’une tente neuve). Si toutes les coutures devaient cédées en cas de grosse tempêtes… pas très rassurant.
OUI, mais
MATELAS GONFLABLE NeoAir All Season SV THERMAREST épaisseur de 6,3cm / poids / Volume Aucun ressenti de froid. Sa taille réduite (une fois replié) est un réel atout. Le mode de gonflage à la bouche atteint, cependant, rapidement ses limites par -30°. En gonflant le matelas, via la speed valve ou la valve standard, vous introduisez également de la vapeur d’eau qui finit à un moment ou un autre par geler (à l’intérieur du matelas) ! Un système à pompe serait le bienvenu. Dans ces conditions, la speed valve prend toute sa valeur au dégonflage… Pas de risque de valve glacée, dégonflage quasi immédiat. OUI, mais

Matériel de bivouac utilisé lors du voyage à vélo sur le Fleuve Amour en Sibérie

CATÉGORIE  MODÈLE  MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT CE CHOIX LORS DE L’ACHAT CE CHOIX A-T-IL RÉPONDU AUX BESOINS DE LA SORTIE  SI C’ÉTAIT À REFAIRE?
SAC DE COUCHAGE LESTRA Dotation Lestra
Modèle non commercialisé
Quel volume ! Un bon quart de la pulka…
Difficile d’avoir un avis définitif. Le volume généreux de ce duvet apporte la protection thermique nécessaire pour dormir par -30°. Je pense que j’ai négligé quelques paramètres pour maintenir ses propriétés thermiques de base. A savoir :
– Le brosser chaque matin pour éliminer le givre déposé pendant la nuit
– Eviter de rentrer dans le duvet des résidus de neige ou de glace qui seraient restés collés sur vos vêtements (ceux que vous portez ou bien ceux que je vous souhaitez tenir au chaud durant la nuit)
– Evacuer à tous prix les cristaux de glace, givre, qui se glissent à l’intérieur du duvet (le matin, lors de la sortie du duvet notamment)
– Utiliser un « sous » sac (voir dessous)
OUI, mais
SOUS DUVET Reactor Extreme SEA TO SUMMIT En premier lieu, je souhaitais pouvoir m’adapter à des températures allant potentiellement au-delà de moins 40° Je ne l’ai utilisé que les derniers jours. Une révélation, au-delà des propriétés thermiques, quelle sensation de confort ! Vous passez d’une nuit en duvet à une nuit dans un lit douillet 😉
Il permet également de capter une partie de l’humidité transférée par le corps vers l’extérieur. Humidité pouvant restée prisonnière du duvet principal est glacer (voir récit)
OUI

Accessoires de bivouac utilisé lors du voyage à vélo sur le Fleuve Amour en Sibérie

CATÉGORIE  MODÈLE MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT CE CHOIX LORS DE L’ACHAT CE CHOIX A-T-IL RÉPONDU AUX BESOINS DE LA SORTIE  SI C’ÉTAIT À REFAIRE?
RÉCHAUD XGK-EX MSR Réchaud multi combustibles, éprouvé pour les conditions extrême. Valeur sûre En plus du réchaud, j’avais emmené 3 bouteilles de carburant de 1l + kit de maintenance.  J’ai utilisé du super sans plomb.
Utilisation sans difficulté une fois que l’on a pris le coup. Ça vaut la peine de s’exercer avant de partir. Aucun problème rencontré.
OUI
SERVICE DE VAISSELLE Ceramic Solo Pot MSR 1L  / Ouverture large pour charger la neige A parfaitement tenu son rôle. Le revêtement Céramique est vraiment pratique OUI
LAMPE FRONTALE ACTIK CORE PETZL poids / batterie rechargeable via port USB standard + compatibilité avec des piles Finalement, pas beaucoup utilisé, mais a toujours répondu présente. Batterie et éclairage performant. Supère légère OUI
COUTEAU SUISSE COUTEAU SUISSE Passe partout, polyvalence L’indémodable, l’indispensable… Aucun problème d’utilisation malgré la température. OUI
SYSTÈME OTONOHM Station de charge DOCK +  2 batteries POWER+ 111Wh (30.000 mAh) OTONOHM Solution d’énergie nomade innovante (et Francaise) La solution DOCK + batterie proposée par Otonohm est un vrai plus pour les voyages au long cours et les activités outdoor.
Le DOCK permet de brancher plusieurs appareils en même temps et couplé à la batterie 30.000mAh vous pouvez enchainer les recharges…
Et même par grand froid avec les précautions d’usages. Etant un peu plus volumineux qu’une batterie GoPro, le stockage de mes batteries Otonohm était fait dans la pulka, au froid ! Pour les utiliser, je les mettais à réchauffer dans mon duvet jusqu’au milieu de la nuit, et là, revenu à température ambiante, la deuxième partie de la nuit pouvait servir à la charge.
OUI

Chaussures utilisées lors du voyage à vélo sur le Fleuve Amour en Sibérie

CATÉGORIE  MODÈLE  MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT CE CHOIX LORS DE L’ACHAT CE CHOIX A-T-IL RÉPONDU AUX BESOINS DE LA SORTIE  SI C’ÉTAIT À REFAIRE?
CHAUSSURES  Toundra Mid Wp SALOMON Polyvalence marche et vélo.
je cours, marche, en salomon depuis 2003, chausson parfaitement adapté à mon pied
Pas convaincu par l’efficacité « thermique » de ce modèle sur une aventure de plusieurs jours. Sur une journée, les pieds sont suffisamment maintenus au chaud, à condition de ne pas rester en position statique. Au-delà, on ressent vite le froid. La question est : aurez-vous la possibilité de faire réchauffer vos chaussures tous les soirs. Si la réponse est oui, peut être que ce modèle vous conviendra. Si la réponse est non, passer votre chemin. Vos orteils sont importants 😉
Attention également, à prendre plusieurs tailles au-delà de votre taille de pied standard. Vous utiliserez probablement des chaussettes épaisses, de plus le froid aura tendance à provoquer une rétractation des matériaux utilisé pour fabriquer la chaussure. Vous aurez vite fait d’avoir le pied comprimé, ce qui ne va pas dans le sens d’une bonne circulation du sang et donc d’une résistance au froid !!!
NON
CHAUSSONS BOOTS DOWN SIRJOSEPH Rapport qualité /prix Après l’effort, le réconfort ! J’avais choisi de prendre ces chaussons, garnis en duvet d’oie, pour ne pas être obliger de garder mes « grosses » chaussures une fois le bivouac installé. Je ne repartirai pas sans, quel plus durant les soirées et nuits sous la tente OUI

Textile utilisé lors du voyage à vélo sur le Fleuve Amour en Sibérie

CATÉGORIE  MODÈLE  MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT CE CHOIX LORS DE L’ACHAT CE CHOIX A-T-IL RÉPONDU AUX BESOINS DE LA SORTIE  SI C’ÉTAIT À REFAIRE?
PANTALON QUECHUA Rapport qualité /prix. Pantalon chaud relativement fin et souple Un modèle au prix très raisonnable est vraiment efficace. Donné pour vous maintenir au chaud jusqu’à -20° (en mouvement), il a parfaitement joué son rôle. Utilisé avec une première couche thermique X Bionic, Je n’ai jamais eu froid aux jambes. Aucun problème de conception à noter. OUI
PARKA ARCTIC EXPE LESTRA Dotation LESTRA
Qualité conception et fabrication / Equipement éprouvé en condition extrème – utilisation bivouac
Quel plaisir d’enfiler cette parka en fin de journée, lorsque les températures chutent. Confortable, avec de nombreuses poches judicieusement placées. Peut être seul ombre au tableau, le coloris, noir sur gris, mais c’est une affaire de goût. OUI

Vestes utilisées lors du voyage à vélo sur le Fleuve Amour en Sibérie

CATÉGORIE  MODÈLE  MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT CE CHOIX LORS DE L’ACHAT CE CHOIX A-T-IL RÉPONDU AUX BESOINS DE LA SORTIE  SI C’ÉTAIT À REFAIRE?
PARKA 2 GREENLAND CITRUS LESTRA Dotation LESTRA
qualité conception et fabrication / grande poche ventrale, visibilité
Parka intermédiaire très bien conçue, protège bien du vent, du froid.
Mon seul problème a été d’avoir choisi une taille trop juste…
OUI mais à la bonne taille
VESTE GORE-TEX THE NORTH FACE M’accompagne partout depuis 5 années. Polyvalence Veste bien coupée, prête du corps mais n’empêchant pas des mouvements amples. Grandes ouvertures sous les bras permettant une bonne ventilation pendant l’effort, nombreuses et larges poches. Je l’ai utilisé tous les jours OUI
POLAIRE K POWERGRID HOODIE MILLET Conception / respirante / capuche Avec le pantalon quechua, mon coup de cœur. Légère, respirante, super confortable, polyvalente… Conçue pour être portée pendant l’effort, elle vous servira aussi pour les soirée fraiches à la maison. Je ne l’ai pas quitté de toute l’aventure OUI
GILLET PECHE Caperlan DECATHLON Prix, nombre de poches
J’avais besoin d’un gillet avec de nombreuses poches pour proteger du froid batteries et équipement électronique, du type téléphone ou balise.
Je l’ai gardé sur moi 24h dur 24. Le jour, la nuit… Avec toutes les batteries, 2 téléphones, un GPS, une lampe frontale, une balise et la GoPro, l’ensemble pesait plus de 2 kilos.  Malgré le poids, le froid, fermetures et coutures ont tenu le coup OUI

Sous-vêtements utilisés lors du voyage à vélo sur le Fleuve Amour en Sibérie

CATÉGORIE  MODÈLE  MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT CE CHOIX LORS DE L’ACHAT CE CHOIX A-T-IL RÉPONDU AUX BESOINS DE LA SORTIE  SI C’ÉTAIT À REFAIRE?
CHAUSSETTES Ulfrotte 800/600/400/200 WOOLPOWER Tous les bienfaits du Merinos  / différentes densités disponibles J’avais varié les densités suivant les conseils de Mickael (Le Yeti) pour permettre plusieurs combinaisons (200+400/ 200+600/ etc.) et donc permettre une meilleure adaptation aux températures. OUI
SOUS VETEMENTS HAUT ZIPPE ULFROTTE 200 / 400 WOOLPOWER Tous les bienfaits du Merinos  / coupe Si j’ai utilisé la version 200mg/m2 en journée (celles les plus froides), la version 400 était destinée à l’utilisation bivouac. Attention ce n’est pas une règle ! Les propriétés thermiques de ces modèles sont exceptionnelles. Mon conseil, faites un test en condition réelle ou proche de celles que vous rencontrerez, et ensuite adaptez votre besoin. OUI
SOUS VETEMENTS BAS ENERGIZER – CHARCOAL X BIONIC Confort / technicité Je ne parlerai pas là de coup de cœur car j’utilise ce collant depuis 4 années déjà. C’est une valeur sure, le textile qui me vient le premier à l’esprit quand je prépare mon sac. Confortable, respirant, thermo régulateur, etc. J’adore OUI
SOUS VETEMENTS BAS Super Power Pant MILLET Confort / materiaux utilisés Pas utilisé dans la journée, mais plutôt en mode « pyjama ». Le plaisir de passer pendant le bivouac un textile confortable, chaud. La récompense de la journée 😉 OUI

Accessoires utilisés lors du voyage à vélo sur le Fleuve Amour en Sibérie

CATÉGORIE  MODÈLE  MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT CE CHOIX LORS DE L’ACHAT CE CHOIX A-T-IL RÉPONDU AUX BESOINS DE LA SORTIE  SI C’ÉTAIT À REFAIRE?
GANTS Himalayan Mitt THE NORTH FACE Prix / technicité / Sensation de confort Savoir qu’à tous moment vous pourrez protéger vos mains du froid, leurs faire retrouver la chaleur après une longue exposition extérieure par des températures de l’ordre de -30° et au-delà, est reposant pour l’esprit. C’est que m’a garanti ou presque ce modèle. Le problème est le presque…
Dès la première utilisation du cordon de serrage du manchon, celui m’est resté dans les doigts, que cela soit pour la main gauche ou droite. Si le vent vient de face ce n’est pas trop handicapant, en cas de vent de dos, l’air froid, voire la neige s’engouffre. Un tel défaut n’est pas acceptable pour des moufles dites d’expéditions !
A REFLECHIR
SAC DUFFEL Taille L et XL THE NORTH FACE Facilité de portage / robustesse En plus de la housse de la pulka, j’avais deux sacs TNF pour compartimenter l’équipement dans la pulka mais aussi pour assurer les transferts à l’aéroport. Ces deux sacs ont parfaitement joué leur rôle. A noter, même si le nom reste le même, en 10 ans l’évolution des matériaux est flagrante. Rendez-vous dans 10 ans pour vous dire si le dernier sac acheté en 2018 tient aussi longtemps que l’autre. En tout cas il est plus souple et plus léger… OUI

Équipements utilisés lors du voyage à vélo sur le Fleuve Amour en Sibérie

CATÉGORIE  MODÈLE  MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT CE CHOIX LORS DE L’ACHAT CE CHOIX A-T-IL RÉPONDU AUX BESOINS DE LA SORTIE  SI C’ÉTAIT À REFAIRE?
DUVET D’URGENCE Couverture de survie anti-humidité SOL Faible volume / Elément de sécurité Je n’ai pas eu à l’essayer, mais pour ma part jusqu’à un mois du départ je ne connaissais pas cet équipement qui peut vous sortir d’un mauvais pas. Je profite donc de ce roadbook pour partager… OUI
BALISE GPS In Reach EXPLORER DELORME (RACHETÉ PAR GARMIN) Sécurité – Système/réseau de communication et suivi éprouvé Utilisation simple et conviviable. M’a permis de recevoir les prévisions météo tous les jours. J’envoyais ma localisation et un cours message matin (départ) et soir (fin de progression). OUI

Matériel photo utilisé lors du voyage à vélo sur le Fleuve Amour en Sibérie

CATÉGORIE  MODÈLE  MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT CE CHOIX LORS DE L’ACHAT CE CHOIX A-T-IL RÉPONDU AUX BESOINS DE LA SORTIE  SI C’ÉTAIT À REFAIRE?
REFLEX 7D MKII CANON Familier avec CANON depuis des années, pas de raison de changer – Polyvalence : modèle permettant à la fois la réalisation de photos et vidéos de qualité Même si le poids et l’encombrement d’un reflex ne sont pas négligeables, même si il fallait, à chaque utilisation, remmettre la batterie dans le boitier et l’ôter une fois la prise de vue réalisée pour la garder au chaud, un boitier reflex offre tant de possibilités… Je suis parti en Russie sans m’être familiarisé avec toutes les options et reglages proposés par ce boitier. Du coup utilisation presque basique. Un peu déçu de mes prises de vue au retour, mais ca n’a rien à voir avec l’appareil! Aucun soucis d’utilisation malgré le froid.
Je suis parti avec 5 batteries
OUI
CAMERA HERO 6 Black GOPRO Ecran / Stabilisation
J’utilse GoPro depuis des années, cela reste une valeur sûre
Beaucoup de points fort, à commencer par sa taille. On la sort, la rentre dans la poche en quelques secondes. La stabilisation est fantastique, et dire que GoPro propose encore mieux sur la toute nouvelle Hero 7!
Je suis parti avec 7 batteries
BRAS DE FIXATION MODULABLE + PINCE GOPRO Compatibilité avec camera – polyvalence Très pratique, surtout quand on film en solo. S’accroche partout, donne un peu de perspective
11 commentaires
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11 commentaires

Echard 8 novembre 2018 - 18 h 53 min

Magnifique Armel , image merveilleuse et récit fabuleux.

Répondre
Audrey VRAC 8 novembre 2018 - 20 h 40 min

Vivement la prochaine édition…!!!

Répondre
Vinchanne 8 novembre 2018 - 21 h 00 min

Top ??

Répondre
Xine 8 novembre 2018 - 21 h 07 min

Armel, continue à nous emmener avec toi dans tes voyages!
Moi j’adore ?!!!

Répondre
Nico 8 novembre 2018 - 22 h 53 min

Merci Armel pour ce vraiment beau récit, cette aventure touchante et merci aussi pour avoir fait voyager ma roue aussi loin! ?
Bon vent!
Et peut-être à une prochaine chez Yann ou Fred…

Répondre
Raph 12 novembre 2018 - 12 h 45 min

Quelle aventure !
Merci pour ce partage et rdv pour la suite !

Répondre
Williaume Sandrine 12 novembre 2018 - 20 h 42 min

Merci de nous avoir fait partager cette belle aventure. Vivement la suite!

Répondre
Cedric 12 novembre 2018 - 21 h 30 min

Une aventure qui m’a permis de voyager sans quitter notre Normandie ! Merci Armel

Répondre
Coussirat 14 décembre 2019 - 14 h 28 min

Monsieur,
Je fais partie d’un petit groupe de russe. J’espère avoir votre permission pour utiliser deux ou trois photos et quelques lignes de vos commentaires pour un article que j’écris sur le fleuve Amour. En vous citant et en donnant la référence de votre site, bien sûr.
Vous avez eu beaucoup de courage pour entreprendre et réussir ce trip.
Je vous admire, mais je ne vous envie pas ! Trop froid là bas !
Cordialement
Claude

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Armel Vrac 2 janvier 2020 - 14 h 17 min

Bonjour et bonne année !

Je viens juste de voir votre message. Pas de soucis pour utiliser texte et/ou photos. Je suis preneur de l’article…
N’hésitez pas à revenir vers moi si vous souhaitez des infos complémentaires.

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Christophe Henger 11 mai 2020 - 23 h 22 min

Un très beau récit que j’ai enfin pris le temps de lire avant de m’endormir…
Je vais maintenant rêver de gelure et de poissons fumés !
En attendant les 700 derniers kilomètres.

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