Voyage à VTT au Zambie

par Expérience Outdoor
VTT au Zambie

Patrick Le Gorju nous partage son expérience VTT au Zambie
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Informations pratiques pour préparer un séjour VTT au Zambie

  • Date

Du 11 au 19 Aout 2015

  • Lieu

Zambie en Afrique

Capture d

Capture d’écran du trajet

  • Participants

Patrick Le Gorju

9 jours de VTT au Zambie

Mardi 11 août 2015

Via le staff du backpackers de Livingstone, puis via le musée, puis via l’office du tourisme de Livingstone, je rencontre Andrew, il travaille au musée et me donne dans l’ordre plusieurs noms de villages sur mon itinéraire prévu, nickel ! Il m’en fallait à tout prix, ma carte, une région du sud est de la Zambie, imprimée sur google earth, manquait clairement d’informations entre Livingstone et le lac Kariba que je voulais atteindre, c’est mon objectif, arriver au moins au lac Kariba qui parait-il vaut le coup et n’est pas encore touristique. Je n’aurai donc plus qu’à demander en chemin, la route village après village.
C’est en partie la route qu’Andrew fait à vélo quand il rentre dans son village, ça lui prend entre 6 et 7 heures ! Quelques derniers achats en ville : rustines, essence pour mon réchaud, cahier pour mon carnet de bord, tout ça achetés, me voilà prêt pour l’aventure !
Je quitte Livingstone vers 13h, sensation de liberté, montée d’adrénaline, je suis heureux ! Cela me rappelle la sensation que j’avais eue lors des premières minutes de mon trajet en stop, seul, de Boulogne sur mer à Brest, quand j’avais 22-23 ans, une grande sensation de liberté. Mais 15 minutes plus tard je crève ! Cela m’inquiète…Déjà, ça promet…En plus, je découvre que je n’ai pas de chambre à air dans mon pneu avant, le réparateur vélo à Johannesburg était censé m’en mettre dans les 2 pneus… J’utilise donc ma seule chambre à air de secours…
Rapidement sur des petits chemins dès la sortie de la ville et ses casseurs de cailloux, je croise souvent des gens à pied et à vélo, je leur demande la direction du premier village dont j’ai le nom, Sibusenga. Première hésitation dans un village, une dizaine de huttes, puis sous l’ordre de son père, un jeune m’escorte à vélo pendant environ 15 minutes, sympa. Son vélo est pourri, ses pédales sont juste une barre, il freine en frottant un pied contre le pneu arrière, mais il est à l’aise dessus, gère bien ses trajectoires dans le « single track » caillouteux. Je croise une ferme de culture, les champs sont arrosés, je me dis qu’au moins il y a de l’eau dans le coin, ça me rassure. Piste assez roulante, il fait chaud, en plein dans le bush, de la musique à une hutte, des mecs me proposent de m’arrêter mais je décide de tracer, il est trop tôt pour se poser un peu, et je suis parti plus tard que prévu de Livingstone. Mahululu, une école, pas de village autour, personne dans l’école, j’ai appris ce matin que c’était les vacances tout le mois d’août, dommage, je pensais en visiter quelques unes et ainsi rencontrer des profs et leurs élèves, ça aurait pu être marrant.
De la piste, du single track, quelques huttes un peu partout, des champs, des hautes herbes, traversées de rivières asséchées (c’est la saison sèche). J’arrive à Mulundi vers 17h30, je croise un camion qui arrive juste, je leur demande où est le chef du village, « headman », ce n’est pas « chief » apparemment comme au Lesotho, ils m’y amènent, je les suis. Je
rencontre le « headman » devant chez lui, un vieux qui paye pas de mine, je lui explique ma situation :

 « puis-je camper une nuit dans le coin près de chez vous, je suis seul, j’ai ma tente et ma nourriture, j’ai juste besoin d’eau. »
« Oui, pas de problème, où tu veux »

Cool. Je monte ma tente à 10 mètres de sa maison (il y a une petite maison en brique et 2-3 petites huttes en bois et en paille), des poules, des pintades, un cochon, des vaches, des chiens se baladent autour.
Cool. Je monte ma tente à 10 mètres de sa maison (il y a une petite maison en brique et 2-3 petites huttes en bois et en paille), des poules, des pintades, un cochon, des vaches, des chiens se baladent autour.
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Je pars direct prendre de l’eau et me laver au puits du bled avec sa pompe à la tombée de la nuit, des gamines me regardent au loin, un seau à la main, elles sont censées aller prendre de l’eau au puits mais ont peur, elles rigolent en même temps, je les entends éclater de rire en me regardant me laver, cela me fait rire aussi. Ensuite, j’étends mon linge (ma serviette, mon cuissard et mon T-shirt synthétique) sur des branches d’un arbre à côté de ma tente, la fille du headman vient me voir et me montre un fil à linge juste derrière l’arbre, ça nous fait marrer. On discute, elle parle anglais, elle a 23 ans, un gamin d’un an et demi dans le dos, le père est mort il y a 6 mois ! A cause de maux de tête, soit disant, bizarre…Limite ça la fait marrer ! Elle me propose de dîner avec eux, j’accepte, en fait je mange seul avec elle dans la maison, à la bougie, ambiance ! Ses 2 frères, adolescents, mangent dans une autre pièce, sont timides, ne parlent pas bien anglais je crois. Son père vient de repartir à Livingstone, en camion avec les mecs. Elle me fait laver mes mains avec une carafe, pas de couvert, normal, puis commence une prière à voix haute, je lâche un « amen » comme elle à la fin de la prière, tout en faisant de prier.
Au menu : « nshima » (comme le pap en Afrique du sud, farine de maïs), omelette d’oeufs de la maison, 2 petits poissons séchés du coin, on discute, sympa, elle achète des trucs (des jus
de fruits et d’autres trucs que je n’ai pas trop compris) au Zimbabwe et au Botswana pour les vendre à Lusaka, la capitale de la Zambie. Elle bouge pas mal donc, est ici de passage pour laisser sa fille à sa mère quand elle arrivera dans 2-3 jours, elle ira donc faire son business ensuite sans sa fille, elle est basée à Livingstone, aime bien cette ville, je lui demande un nom de bar sympa pour sortir le soir, « waterfront », ok, je note…Je compte passer quelques jours à Livingstone après mon trip à vélo.
Pendant la nuit je me caille ! Je dors par à coups, je ne suis pas assez équipé pour la nuit, il fait plus froid que prévu ! J’avais vu sur internet, 13-14°C la nuit, mais c’est plutôt du 8-10 degrés ! Merde…En plus la fille m’avait proposé une couverture mais j’avais refusé comme un con, et maintenant ils dorment, je ne peux pas les réveiller. Je finis par remettre mon cuissard autour des jambes, mes pieds dans une sacoche, ma serviette sous mon pull. Vers 6h-7h, le soleil apparaît et commence tout doucement à chauffer, je me rendors jusqu’à 8h30, heureusement.

Mercredi 12 août 2015

Je prends quelques photos de l’endroit au réveil, la lumière est bonne. La fille me propose le petit déjeuner mais je décline, bêtement, mais je veux manger mes céréales et tester mon nouveau réchaud multi-combustibles : il ne marche pas bien, je comprime l’essence en pompant mais l’essence sort de manière discontinue, liquide, je galère, l’essence prends feu, petite frayeur…Je parviens finalement à chauffer mon eau pour mon thé, ça a été laborieux. Je remballe, prends une photo avec la fille, sa fille et ses 2 frères :

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Je lui donne l’équivalent de 4 euros environ, elle me guide ensuite jusqu’au chemin que je dois prendre pour aller à « Sejumba », le prochain village par où je dois passer, c’est à 2 heures d’après elle…
Premier carrefour, premier doute, pas de panneau bien sûr, juste un mec arrive à vélo, nickel, il m’indique la direction à prendre, autre carrefour, on m’a dit de suivre les empruntes de camion mais il y en a sur les 2 pistes ! Je prends à gauche, je demande confirmation à des femmes dans une hutte juste après, « les 2 routes se rejoignent de toute façon», je continue donc, puis à d’autres huttes on me dit que je me suis trompé, mais coup de chance, un vieux à vélo me propose de le suivre, il va m’indiquer comment rejoindre la route. Un jeune nous suit à vélo également, single track, traversées de rivières asséchées, c’est ensablé, on pousse les vélos. Ils quittent le chemin, me disent de continuer le chemin, hautes herbes de chaque côté, seul, je ne suis pas très serein…
Un single track pendant longtemps, quelques huttes de temps en temps, je demande à chaque fois ma route. Il fait chaud, je n’ai plus beaucoup d’eau, j’en demande à un mec dans sa hutte, il refuse, je suis un peu dégouté mais je peux comprendre, mais plus loin un type m’en donne, heureusement je commençais à en manquer, et il fait chaud, au moins 30°C, un petit vent de face (je l’aurai toujours de face jusqu’à la fin !) qui assèche bien la gorge.
Après 2 bonnes heures voir 3, enfin Sejumba ! Je traverse un terrain de foot, l’école est vide, un groupe de femmes et un autre d’hommes sont assis sous un grand arbre, à l’ombre.
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Je commence à parler aux femmes, elles ne comprennent pas l’anglais, elles rigolent, un type s’approche et m’explique vers où est mon prochain village. Je fais une pause, quelques courses dans un shop, pas grand-chose dedans mais pour moi c’est le top : jus de fruit, biscuits. J’étais avant à l’eau et au biltong (viande séchée sud africaine), d’ailleurs, très efficace le biltong, il donne de l’énergie rapidement, des protéines ! Je discute avec les gars sous l’arbre pendant ma pause, en savourant mon jus de fruit (100% sucre, 0% fruit).Ils veulent voir ma carte, l’observent attentivement, discutent entre eux à propos de la carte, sont très curieux. En fait il n’existe pas de carte « détaillée » de cette région, ils reconnaissent les noms des villages que j’ai placés grossièrement sur la carte, sont impressionnés ! Le gars (qui a une main et un poignet complètement déformés par la poliomyélite je pense) me fait plaisir en me confirmant que pour aller au lac Kariba, il faut bien faire le détour que l’on m’a conseillé, il y a un chemin plus direct, mais seulement à pied, pas en vélo. Déjà que le mien ne peut même pas se faire en 4×4… Cette région est vraiment isolée !
Je repars, 2 types m’escortent à vélo, pendant 5 minutes, ensuite je dois suivre le même chemin jusqu’à Kanyanga, plus loin que prévu d’ailleurs, ça monte un peu, zone assez boisée. Je reprends des jus de fruits à Kanyanga, il y un bâtiment en construction, village perdu, un gars m’indique la route pour aller à Mooka, je le reverrai à là bas d’ailleurs le soir même. J’arrive à Mooka après un long chemin ensablé, j’ai le nom d’un prof du village, Mr Siakanungu, merci Andrew du musée de Livingstone, il m’avait donné le nom de plusieurs professeurs dans les villages que je traverserai, je pourrais camper d’après lui chez eux, au moins ils parleront anglais et seront contents de me rencontrer.
Un type m’emmène chez le professeur, je le rencontre, je lui explique qu’un certain Andrew m’a parlé de vous, je lui demande si je peux camper pour la nuit chez lui, il accepte direct : « tu poses ta tente où tu veux », je la plante juste devant chez lui, sur du sable, 2 jeunes de 20-30 ans m’aident. D’autres gars sont assis devant chez lui, sous un arbre, le prof coupe les cheveux de l’un d’eux avec une tondeuse électrique (il y a un panneau solaire sur le toit).Au début le professeur ne me parle pas beaucoup mais m’apporte rapidement une bassine d’eau chaude et une d’eau froide, pour me doucher, m’explique où se trouve la « salle de bain », dehors dans un petit enclos fait en paillote, parfait. Le puits du village se situe à 30 mètres de chez lui, ça tombe bien. Il m’apporte un seau remplit de braises pour faire bouillir mon eau pour cuisiner. Il m’avait demandé « what about the food ? » je lui avais dit que j’avais la mienne et m’avait répondu « parfait », je ne mangerai donc pas avec lui et sa famille mais il viendra discuter avec moi le soir près du seau de braises, 2 autres gars seront là aussi pour me rencontrer, l’un est le directeur de l’école et est curieux de me voir. On discute, sympa, ils sont 4 profs à l’école pour 700 élèves, des classes de 75 élèves ! Je leur demande s’il y a des rivières sur ma route le lendemain, ils me répondent :

« Oui, bien sûr »
« Mais avec de l’eau ? »
« Ah non. »

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Ensuite, je fais bouillir mon eau en discutant avec un voisin toujours autour du seau de braises, (il fait nuit à 18h30), puis mange seul mes pates chinoises, on m’a apporté une chaise et une table d’école près de ma tente pour poser mes affaires, le mec m’a prêté une couverture (je lui en avais demandée une pour la nuit), l’endroit est propre, nuit étoilée comme tous les autres soirs d’ailleurs, je suis au top ! Je pisse blanc, enfin ! Je rédige mon carnet de bord, je devrais mieux dormir cette nuit. J’aperçois une petite araignée mais avec de longs crochets à mes pieds, je l’écrase direct avec ma tongue. Il est 21h30, je me couche.

Jeudi 13 août 2015

Mieux dormi cette nuit avec la couverture qu’il m’a prêtée, réveillé tôt par les pintades, sales bêtes ! L’endroit est vraiment sympa, le prof me donne de l’eau chaude pour « me laver la figure », sa femme m’apporte un seau de braises pour chauffer mon eau pour thé, elle parle anglais mais ne me parle pas beaucoup, timidité ou fait culturel ? Les femmes doivent-elles rester en retrait lorsqu’un visiteur est de passage ? Je répare mon pneu crevé, un gars m’aide, ça devient normal ici j’ai l’impression. Je me rends compte que mes 2 tubes de colle à rustine sont secs et vides ! Erreur de débutant ! Bien vérifier avant de partir la prochaine fois… Un gars me vend son tube de colle, petite photo de groupe avant de partir, de groupe, oui car pendant mon paquetage, ce sont bien 7 personnes qui m’observent.
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Je remplis mes gourdes au puits, y versent mes pastilles de chlore comme à chaque fois, pour assurer je filtre en plus l’eau à l’aide d’un petit filtre acheté dans un magasin de randonnée à Johannesburg, très pratique, ça a la forme d’une grosse paille, donc peu encombrant, et léger, j’en suis très content.
Je repars donc après avoir donné au prof la même somme que la veille, environ 4 euros, un gars m’accompagne à pied les premiers mètres pour m’indiquer la bonne piste à prendre pour aller à Kabanga, à 2 heures à vélo d’après eux…
Piste plate, roulante, ensablée par endroits, je croise un jeune à vélo, on roule ensemble finalement une bonne heure, on prend des raccourcis, très bon, jusqu’à Kabanga, là où pour la première fois depuis Livingstone, je rejoins une piste qui apparaît sur les cartes ! Je fais une pause à Kabanga, il fait chaud, toujours ce petit vent très sec , je m’achète un Fanta, un régal, de l’eau en bouteille (première fois que j’en trouve, le chlore et le filtre c’est sympa, mais ça laisse quand même un goût…), des gâteaux frais pas mauvais, sorte de beignets natures, du riz (je n’ai plus mon diner de secours) et une chambre à air de secours. Je discute avec 2 jeunes, on parle de foot notamment de l’ex-entraineur français de la Zambie (Hervé Renard ?), avec qui ils ont gagné la coupe d’Afrique il y a 2 ans, une première pour ce pays, c’est un héros maintenant en Zambie.
Je trace sur la « grande piste », assez roulante, j’avance bien, le vent est de côté maintenant, un type à moto me guide à un moment, je traverse peu voir pas de villages, c’est moins folklorique, vallonné, je descends pas mal, ça va vite, quelques petites frayeurs, je reste bien concentré, j’arrive à un grand village, avec une vraie rue principale commerçante, il y a du monde, tout le monde me regarde comme d’habitude, des types bourrés dans un bar m’appellent, je leur fait salut mais je ne m’arrête pas, il y a trop de monde, je le sens pas. On m’avait parlé d’un village « Siameja » avec un lac où l’on peut se baigner, sans crocodile ni hippopotame, je décide d’y aller, je demande à combien de kilomètres il est, j’entends 15, 25, 5, ok, je verrai bien, je commence à sentir mes jambes, je grignote, ça va mieux, mais il est temps d’arriver. Parti vers 10h ce matin, à 17h me voilà à Siameja, je croise des voitures et des camions pour la deuxième fois depuis 3 jours (j’avais croisé un camion à Mulindi le premier soir), la route est en travaux par des chinois, c’est bruyant, pas mal de déchets autour des huttes, le village est assez grand, ça a beaucoup moins de charme que les jours précédents.
Je rencontre le chef du village, vieux, semble très pauvre, habits troués, pas du tout une allure de chef ! Il fait même un peu pitié, parait bien moins éduqué que le prof de Mooka, il parle anglais quand même, mais difficilement. Il accepte direct de me laisser camper chez lui, je laisse une sacoche, ma tente et mon matelas chez lui et je pars au lac me baigner. A 400m du village, j’atteins le lac, joli mais quelques plastiques sur les bords, un troupeau de vaches reste au bord d’un côté du lac et y laissent plein de bouses, je vais donc plutôt me baigner de l’autre côté, des gamins s’y baignent, ils me regardent tous en rigolant. Le fond est vaseux, mais l’eau relativement propre, j’apprécie mon bain, je suis mort, grosse journée de vélo aujourd’hui. Je reviens au village à vélo, après avoir été me laver, prendre de l’eau à l’un des puits du village à la tombée de la nuit, monté ma tente, le chef me propose de manger avec lui, un de ses fils de 23 ans (il a 12 enfants) et 3 de ses petits enfants qui sont de passage chez lui ce soir. On discute, il a 66ans, son père était mineur à Kimberley, une mine de diamants en Afrique du sud, lui est paysan, son fils a arrêté l’école au grade 9 (l’équivalent de la 3ème en France) par manque d’argent, il travaille pour les chinois maintenant à construire les routes. Les chinois sont sans pitié avec les ouvriers, si tu es malade et que tu ne peux pas venir travailler, tu n’es pas payé, ils ne veulent rien savoir.
On mange « okra » et des « pumkins », les 2 sont sous forme de bouillie, ça ressemble un peu à des lentilles gluantes, c’est baveux, pas très appétissant mais l’un est meilleur que l’autre, il y a un peu de poulet et le fameux nshima (sorte de pap, farine de maïs qui mélangé à de l’eau ressemble à de la purée de pommes de terre). On mange avec les mains bien sûr, dehors accroupis tous autour des plats, dans le noir si je n’avais pas eu ma lampe frontale ! Le chef me fait laver les mains avec une carafe d’eau, on prie avant de manger, je fais « amen » encore comme tout le monde à la fin de la prière à voix haute du chef, je n’ose pas leur dire que je ne suis pas vraiment croyant… A la fin du repas, je m’aperçois que les gamins mangent les os que j’ai laissés dans un plat ! Je pars écrire près de ma tente, sur la chaise en bois que l’on m’a prêtée spontanément. Les femmes ont mangé à part, en fait la maison se résume à plusieurs huttes, certaines servent de grand placards pour y entreposer du matériel de cuisine, d’autres des habits, d’autres pour y dormir… Il y a un feu en commun, chaque groupe y prend quelques braises pour cuisiner. Après avoir mangé, femmes et enfants se retrouvent autour du feu, ils sont à 10 mètres de moi, ils discutent, rigolent entre eux, j’aperçois une fille qui semble avoir 14 ans, enceinte, en train de se caresser le ventre à l’air. Pas mal de déchets jonchent derrière les huttes, j’ai toujours du mal à comprendre pourquoi ça ne les dérange pas, même s’il n’y a pas de camions poubelle, ils pourraient au moins les rassembler dans un coin, voir même les brûler…
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Vendredi 14 août 2015

Les coqs m’ont fait chier pendant la nuit, j’ai encore eu froid finalement malgré l’altitude plus faible, il me faudra donc bien se procurer une couverture les autres nuits. Groupe électrogène en marche près du shop, des camions qui passent, bref bruyant dès le matin, c’est clair, je mange et je pars direct. Quelques photos, la lumière est bonne. Petit déjeuner parmi les cochons, cailles, canards puis des mecs arrivent, dont un professeur, il parle bien anglais, est curieux de me rencontrer, type très sympa et souriant. On discute puis me dit qu’il y a un petit village de pécheurs pas loin, Kamba, au bord du lac Kariba, un joli coin d’après lui, alors que « Jordan’s place » the place to be apparemment (j’en entends parler depuis 2 jours) est à 40 km, à Siansowa, je suis fatigué, c’est le fameux 4ème jour de vélo, ça commence à tirer, je décide donc de m’arrêter au village de pécheurs pour au moins une nuit avant d’atteindre « Jordan’ place ». Je resterai finalement 2 nuits dans ce village.
Je me prépare, remballe mes affaires devant une 15aine de personnes ! Ils ne disent rien mais m’observent attentivement, en souriant. Petite photo, de groupe finalement, avec le chef bien sûr, il doit être à côté de moi sur la photo, je remarque que c’est important pour lui, je lui donne un peu d’argent, me remercie, une poignée de main et je trace.
Route en travaux, pas encore goudronnée mais elle le sera bientôt je pense, je croise un mec à vélo, on fait un bout de chemin ensemble :
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Quelques baobabs, il me dit qu’il y a des singes ici, dans la forêt dans les collines avoisinantes. A Ndengeza je prends à droite comme prévu, direction est, tout droit vers le lac Kariba ! Il me reste 5-10 kilomètres, petite piste caillouteuse, zone assez aride, il fait chaud, je traverse une rivière asséchée, un troupeau de vaches sur le lit de la rivière, des palmiers, piste escarpée, sablonneuse, le lac se fait attendre. Je croise un berger avec ses vaches, il me confirme que le lac est infesté de crocodiles, pas moyen de s’y baigner, merde !
J’arrive enfin, petit village au bord du lac, boisé, cadre vraiment sympa. Le lac est grand, on ne voit qu’une partie du lac, il fait plusieurs centaines de km du nord au sud, en face c’est le Zimbabwe et ses parcs naturels tout le long du lac, avec éléphants, lions, rhinocéros, girafes, etc…La totale. Mais côté zambien, pas de parc naturel, zone encore habitée, une série de petits villages de pécheurs isolés, à l’ancienne, longent la côte. Des petites îles en face. Je passe au shop prendre 2 limonades, 4 tomates, des beignets frais, des biscuits, de l’eau à boire dans un seau. Je discute avec un jeune qui parle anglais, il me fait visiter le coin et m’emmène à un endroit où je peux me reposer et être tranquille pour l’après midi : sous un arbre, face au lac, un peu à l’écart, pas de serpent d’après lui, nickel, je vais pouvoir faire une sieste, je suis mort. Avant il me montre le « port » façon de parler, 4 bateaux à moteur sont amarrés directement sur la berge avec des cordes. Ils pêchent tous les « kapinta », petits poissons du lac, et appartiennent tous au même propriétaire, qui possède la seule maison en briques blanches dans le coin, un peu sur les hauteurs, je l’ai vue en arrivant.
Je me pose sous l’arbre en face du lac toute l’après midi, picnic, sieste, scotche devant le lac, je suis ko, super décor. J’observe la vie du village, les femmes vont prendre de l’eau au lac, des gamins courent et braillent, des chèvres et des vaches paissent partout, jusqu’au bord du lac, un pêcheur sur sa pirogue installe son filet dans l’eau. J’apprends plus tard qu’il y aune ou deux attaques de crocodiles sur des personnes par an dans ce village, chaud. Un homme s’est fait arracher le bras il y a quelques mois, il a survécu. Les bateaux à moteur partent le soir avant la tombée de la nuit pêcher jusqu’à 4h du matin, il y a un abri sur le bateau, ils se relaient pour dormir. Attirés par la lumière au dessus du filet horizontal, les poissons se regroupent et ils relèvent d’un coup le filet.
En fait il y a des centaines de bateaux sur le lac la nuit, 18 nuits de pêche-10 nuits de break (durant la pleine lune)-18 nuits de pêche -10 nuits de break-etc… Au Zimbabwe, une personne peut posséder au maximum 2 bateaux, en Zambie il n’y a pas de contrôle, kermesse. Les petits pécheurs en pirogue vont vendre leurs poissons à Maamba au marché, certains y vont à vélo, ça prend 3 à 4 heures l’aller, ils font l’aller-retour dans la journée !
Je me lave vite fait avec mes 2 gourdes au bord du lac là où 2 gamins me conseillent de prendre l’eau, et oui, attention aux crocodiles… Je retourne au shop en fin d’après midi. Je retrouve le jeune qui m’a fait la visite, je le dépanne avec ma colle à rustine pour réparer son vélo, la réparation prend une heure, 5 à 10 personnes autour, il n’utilise pas de rustines, il découpe un bout de vieille chambre à air, le frotte avec un couteau avant de le coller, il ne démonte même pas la roue. Il me dit ensuite que finalement il part à vélo avec un copain au village où j’ai dormi la veille, il part de nuit et sera de retour demain matin, me dit que demain je pourrai dormir chez sa famille mais pas ce soir, sans lui c’est compliqué, « ils ne sont pas habitués à voir un blanc (« mzungu »), « ils auront peur », et me conseille de demander au gars avec qui j’ai déjà parlé, il parle anglais, juste à côté du shop. Entre temps, plusieurs jeunes essaient mon vélo, ils adorent mon vélo, forcément…
Je vais donc le voir et lui demande si je peux planter ma tente près de sa maison pour une nuit : « pas de problème, où tu veux ». On mange ensemble finalement, tous les 2, nshima aux kapintas séchés avec des tomates à la poële, avec les mains, très bon finalement. Il s’appelle Rixon, 49 ans, type intelligent et intéressant, il vient d’un village à côté un peu dans les terres, pécheur de nuit sur les bateaux de « kapinta » pendant 10-15 ans, il a réussi à s’acheter 2 bateaux, il ne va plus sur l’eau maintenant, ils paient des gars , il gère son business. Rixon a 3 femmes, la dernière a 18 ans et lui 49 ! Son grand père était mineur aussi en Afrique du sud, à l’époque de la Rodhésie du nord (Malawi et Zambie) et celle du sud (Zimbabwe), me raconte des histoires de mecs qui traversent encore aujourd’hui la frontière Zimbabwe- Afrique du sud clandestinement en traversant le fleuve le Limpopo, à pied, l’eau à mi-cuisse et certains se font bouffer par des crocodiles !
Il a payé des mecs pour rendre praticable en camion ou en 4×4 la piste qui relie le village à la principale piste d’où je viens, ça a pris 4 mois, sans l’aide du gouvernement qui lui en a voulu après d’ailleurs, mais cela aurait pris des années sinon. Un mec très paisible et respecté dans le village, je suis très content d’être avec lui. Deux filles de Lusaka débarquent près du feu pendant le diner, elles sont soeurs, achètent des kapintas, les sèchent puis les vendent à Lusaka, la capitale. Elles n’ont pas l’air claires, on doit les revoir demain, ne sont là que pour quelques mois. Il y a de la prostitution dans le village, comme partout me dit-il. Je pars me coucher, il m’a prêté une couverture mais comme chez lui, dans sa maison d’une pièce de 15 mètres carrés, le tiers de la surface est rempli de poissons séchés, sa couverture est fortement imprégnée d’une odeur de poisson ! Ma tente empeste le poisson du coup… L’odeur ne le dérange pas chez lui, il s’est habitué, pas moi…

Samedi 15 août 2015

Réveil vers 8h, session photos dans le village, la lumière est bonne, Rixon n’est pas là, je pars vers le lac, des pêcheurs reviennent, j’achète un gros poisson à un gars, pour le manger à midi avec Rixon. Je reviens au camp, je fais un feu pour mon thé, je galère un peu, 2 gars débarquent, un peu de produit inflammable (colle à rustine je crois) et hop ça prend feu, le mec me sourit puis repart, je le remercie.
Petit déjeuner seul, beignets nature, thé et thé au lait (j’ai du lait en poudre), ça le fait. Des gars me disent salut en passant je donne pour ainsi dire sur la « place du village » : près du shop et de la machine à moudre le nshima (le pap) où chaque villageois vient quand il veut avec son gros sac moudre son grain, bref il y a du passage. Des vaches, chiens, poules et chèvres se baladent aussi. Rixon arrive, je lui montre le poisson, et devient furieux quand il apprend que je l’ai payé 2 à 3 fois plus cher que le prix normal, je l’ai payé moins de 1,50 euros… Et il y en a pour 2 personnes facilement… « C’est un voleur ! » qu’il me dit.
Je pars écrire à l’ombre d’un arbre, face au lac. Je reviens pour préparer le poisson, Rixon l’a déjà écaillé, vidé, lavé et commencé à cuisiner. Cela prend des plombes, un mec cuit d’abord des kapintas, ensuite on attend la poële, cuisson du poisson découpé en 3 morceaux dans un bain d’huile, il frit des tomates, puis prépare le nshima. J’ai faim, il fait chaud, j’attends sous l’arbre avec des amis à Rixon qui discutent entre eux, je m’impatiente sans rien dire, je voudrais faire quelque chose pour aider Rixon et m’occuper mais il n’a pas besoin de mon aide. Puis enfin on mange, il me donne mon assiette avec un bout de poisson, des kapintas et des tomates frites, les autres se servent directement dans les plats, on mange avec les mains, tout le monde, moi compris, se sert avec la main dans le plat du nshima, c’est très bon, je m’explose le ventre !
Je pars ensuite me balader, un gars m’accompagne, il va voir sa fille vers là où je vais, le long du lac, côté nord du village, je vois des parcelles cultivées là où il y de l’eau en saison des pluies, la terre est fertile à ces endroits, grâce au lac. Deux enfants aident leur père à labourer une parcelle avec 2 boeufs, du maïs pousse, je vois des empruntes d’hippopotames, le soir ils sortent de l’eau pour aller brouter de l’herbe sur les berges, des gens viennent vivre sur ces terres pendant la saison sèche pour y cultiver puis reviennent ensuite dans leur village pas loin. Je croise un homme, on discute, il habite plus haut dans la forêt, « c’est calme là haut et il y a un ruisseau pour boire et se laver, pas comme en bas où l’on boit directement l’eau du lac et c’est bruyant» C’est vrai que je n’étais pas serein au départ de boire l’eau du lac, mais chlorée et filtrée ça l’a fait. Un homme sympa, souriant, et étonné de me voir ici :

« Que fais tu là ?!! Tu es là pour un business ? »
« Non, juste là pour découvrir votre région, votre mode de vie »

Il apprécie beaucoup ma démarche, m’interroge sur l’Afrique du sud, « est-ce vraiment si développé ? Cultivent-ils comme ici ? Ici Dieu nous a donné le lac pour nous permettre de vivre ». Je lui demande s’il y a des serpents dans la forêt, non pas en saison sèche, ok.
Je fume une clope à l’ombre d’un arbre près du lac, boit une limonade et pars m’allonger dans ma tente, coup de barre.
J’avais fait savoir à plusieurs personnes que j’aimerais faire un bout de côte vers le nord en bateau avec toutes mes affaires et mon vélo, un mec vient me voir avant ma sieste, on négocie mais me demande trop, l’équivalent de 30 euros pour une à 2 heures de bateau, trop cher, pas grave. Rixon me confirmera que c’était trop cher, m’avait assuré après le lui avoir demandé, que je ne risquais rien avec eux, il les connaît bien, je suis son hôte, ils ne se permettraient pas. Au départ, il proposait de partir avec eux toute la nuit sur le bateau (galère, moteur bruyant tout le temps) puis ensuite de passer me prendre vers 5-6h du matin, je préférais ça.
Le soir, je remange avec Rixon, il me propose de remanger nshima avec kapintas, c’est ce qu’il mange pratiquement tous les jours je présume, je lui propose mon riz avec ma sauce « knorr » au bacon, il accepte, c’est donc moi qui cuisine ce soir, on est que tous les 2, à manger autour du feu, dehors bien sûr, c’est ça que j’aime aussi, on est toujours dehors, les températures sont supportables, pas comme en saison des pluies d’après lui où il fait vraiment chaud et c’est infesté de moustiques, même Rixon se plaint, il est obligé de dormir dehors avec une moustiquaire.
On discute bien, il a donc 3 femmes, il leur a imposé ça bien sûr, il a 12 enfants, sa 3ème femme de 18 ans est plus jeune que son 1er enfant qui a 26 ans ! Officiellement il n’a qu’une femme (surtout qu’il est chrétien et sa religion l’interdit), mais les 3 cohabitent dans sa maison principale à Ndengeza, le village d’où il vient. Cela se passe bien tant qu’il donne autant à chacune. Il dort 2-3 jours avec une, puis 2-3 jours avec une autre et ainsi de suite, quand il est là. Ici à Kamba, ce n’est qu’un camp de base pour gérer la pèche. Je trouvais ça bizarre aussi… Il y a un village pas loin où les pêcheurs s’y arrêtent la nuit, il y a plein de femmes qui vivent sans homme, et se prostituent, les gars les paient en légumes, poissons…Ils fument tous de l’herbe à bord, ils font pousser dans le coin. Si les flics te chopent tu peux faire plusieurs années de prison, des gens peuvent te dénoncer, en échange les flics leur donnent de l’argent.
Un gamin arrive pour transmettre un message à Rixon : un camion (qui appartient au riche du coin, qui est devenu riche à 25-30 ans grâce à ses parents qui sont morts) passera me prendre à 4h du matin pour me déposer pas loin de Siansowa, là ou il y a le fameux « jordan’s place »), j’ai la flème de remonter la piste à vélo, dans le sable, jusqu’à la route
principale. Le camion arrivera finalement à 2h30 du mat, je refuse c’est trop tôt et ce n’était pas prévu à cette heure là, ce n’est pas grave, j’irai à vélo comme prévu initialement.
Les gamins du village ne vont pas à l’école, il n’y a pas d’école mais 3 églises de religions différentes, mais toutes chrétiennes. Je réalise que les jeunes garçons jouent au foot tous les jours, pêchent pour s’amuser, alors que les jeunes filles, dès 4 ans, aident leur mère au bord du lac à faire la vaisselle, à laver les couvertures, les habits, à cuisiner, à porter de l’eau du lac à leur hutte…

Dimanche 16 août 2015

Réveil vers 8h, petit déjeuner, 2 gamins me regardent préparer le feu, je leur fais signe qu’ils peuvent m’aider en leur donnant mon briquet, ils sont contents de m’aider et ça m’arrange… Paquetage encore devant 6-7 personnes, en fait à chaque fois, ils sont surpris de voir que toutes mes affaires déballées rentrent bien dans mes 2 sacoches et à quel point mes 2 sacoches à l’arrière et ma sacoche sur le guidon sont faciles à installer. Système de clips, merci Ortlieb et Rixen Kaul (2 marques allemandes), c’est vrai que je ne ligote pas le tout à l’ancienne avec des cordes ! Je donne 7-8 euros à Rixon, je suis resté 2 jours, il est très content, me remercie, photo traditionnelle avant de partir, Rixon me dit qu’un camion peut m’emmener, il va bientôt partir, mais bientôt ça veut tout et rien dire ici, je décide de partir, je le croiserai en route et monterai avec lui si j’en ai envie.
Revenir à la piste principale se fait finalement assez facilement, un petit serpent agonisant sur la piste, il ne bouge plus, sauf sa bouche. A la grande piste, petit coup d’huile sur la chaine, j’achète 3 beignets et je chope de l’eau, l’eau à boire venant des puits se donne toujours, ça ne se vend pas. C’est roulant mais vent de face, toujours ce vent de nord du mois d’aout parait-il, toujours pas de goudron, les gens me saluent du bord de la route, des
baobabs, un chinois refait un petit pont ou plutôt une cuvette en béton avec des ouvriers locaux, je fais un bout de route avec un gars qui transporte une chèvre sur son porte bagage ! « Ce n’est pas lourd  » qu’il me dit.
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Le camion me rejoint, me propose de monter, je décline, pas de raison de monter, je roule bien, mes jambes sont de retour, ce break de 2 jours m’a fait du bien, et au moins j’aurais tout fait à vélo depuis Livingstone, petite fierté personnelle. Des grandes lignes droites, peu de huttes, piste assez large, personne, c’est ennuyant et monotone, je commence à me prendre en photo tout en roulant histoire de m’occuper. Je chope de l’eau à une église, la messe vient de finir, les gens sortent, puis j’arrive au fameux carrefour, je prends à droite direction le lac et « Jordan’s place » en fait ça s’appelle « Kariba Bush Club ». Le temps de boire de l’eau à l’intersection, en 2 minutes, 5-6 gamins arrivent et s’assoient sur le bord de la piste en face, me regardent en rigolant, leur rire finit par me faire rire aussi. Plus loin je m’arrête encore 2 minutes pour grignoter et boire, pareil, direct des gamins viennent me voir, un peu plus âgés cette fois ci, on essaie de parler, sont très timides, il y a des filles parmi eux, ils finissent par parler un peu, ça fait marrer leurs parents au loin. Piste sablonneuse, j’ai hâte d’arriver, on m’a dit qu’il y a une piscine, j’en rêve !
Kariba Bush Club : gros domaine clôturé électriquement, dans un petit village, c’est une ferme de crocodiles , ils vendent la viande et les peaux, il y a des lodges, un petit camping, une piscine. C’est grand, plusieurs baraques à l’intérieur du domaine pour les employés, lodges avec des toits de chaume, cuisine en commun toute équipée sous une paillote dans un joli jardin près de la piscine, ça donne sur le lac, belle vue, je vais être bien ici, je pense rester 2 ou 3 nuits.
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Les gérants, un couple de sud africains blancs de Johannesburg, 40-45 ans, des allures d’afrikaners, le mari, short chemise kaki, blond, gros ventre cheveux courts avec une mèche sur le dessus, un peu rustre à première vue, fume beaucoup, la femme blonde également, la voix rauque, un gros accent sud africain afrikaner, des bonnes cernes. Les 2 ne mettent pas de gants pour me parler mais sont sympas finalement, arrangeants. 10 euros la nuit en camping par personne, pas donné mais pour ce que c’est et pour le cadre, ça va. Je me prends direct une grosse bière windhoek avec une clope, je fais quelques courses dans leur petite épicerie, j’achète du boeuf, des corn flakes, des pâtes, des oeufs, des tomates, un coca frais et une bouteille de rosé ! J’ai un frigo à disposition.
Je pars manger ma salade de tomates avec des oeufs durs à la salle à manger du camping, avec une terrasse et une superbe vue sur le lac, je reviens au camping, je reconnais le 4×4 qui m’a doublé sans ralentir avant d’arriver au village, me laissant dans un nuage de poussière, salaud ! Il appartient à un jeune sud africain, avec sa copine, pas très causante, un peu coincée, pas l’air très décontractée, le jeune vient me voir, gêné, et j’apprends que des chèvres ont fouillé dans mes sacoches et ont mangé une partie de mes médicaments dont mes anti-hystaminiques ! Mais heureusement il en reste, c’est le plus important à avoir, en cas de morsure de serpent je dois prendre un cachet immédiatement. En fait, il y a des chèvres, des zèbres, des phacochères, des antilopes et des singes ( « velvet monkeys ») qui se baladent en liberté dans le camp.
Je monte la tente sous un arbre, les autres campeurs sont un couple de retraités namibiens en « camion camping car 4×4 » énorme, et un 4×4 loué en Afrique du sud par un couple de français, quarantenaires, dont le mari vient de Pont Aven ! Il a reconnu que je venais du Finistère grâce (ou à cause ??) de mon accent !
Le soir, je me fais un barbecue, seul, beef stew, pâtes, vache qui rit, chips et rosé ! C’est la fête ! Bonne bouffe, je suis mort maintenant, mais le français croisé dans les douches ne me lâche pas, on reste discuter. Ils se baladent en 4×4 pendant un mois de Johannesburg, au Botswana, en Zambie et en Namibie, vont dans les game reserve, ils adorent ça. Il est
impressionné de voir ce que je fais, seul à vélo, dans le bush, à camper chez l’habitant. Il ne pourrait pas le faire « à cause de la poussière » !
Avant de manger, j’étais descendu au bord du lac, pour regarder le coucher de soleil et prendre quelques photos, de belles couleurs sur le lac, des bruits d’hippopotames au loin sur les petites iles en face, nuit étoilée comme d’habitude, un super cadre.

Lundi 17 août 2015

J’avais demandé une couverture au gardien de nuit, ça m’a fait matelas-couverture, mieux dormi. Au réveil je pars au bord du lac, à la recherche des crocodiles, le matin on m’a dit qu’ils sortent de l’eau pour prendre le soleil. Encore des belles couleurs sur le lac, mais j’ai oublié de prendre mon appareil photo, je finis par voir un gros crocodile au bord, 2 à 3 m de long, à 10 mètres de moi ! Grosse montée d’adrénaline, j’ai une pierre à la main au cas où, mais ils n’attaquent jamais en courant hors de l’eau, seulement en surgissant de l’eau au bord et partent sous l’eau avec leur proie. En restant à 5 mètres du bord, il n’y a aucun risque d’après ce que j’ai entendu dire, mais je reste à 8-10 mètres du bord quand même…Je l’observe plusieurs secondes sans bouger, puis il repart subitement dans l’eau, énorme ! Pour moi, comparé à en voir un dans une game reserve, sans pouvoir sortir de sa voiture, à 20 mètres, ça n’a rien à voir ! Ici, hommes, crocodiles et hippopotames cohabitent, comme ça l’a été depuis des siècles, c’est authentique ! On n’a pas apporté les animaux et viré les habitants comme dans beaucoup de game reserve, et ça au profit de fonds européens ou américains la plupart du temps…
Des singes squattent au bord du lac. Petit déjeuner, corn flakes avec mon lait en poudre, thé, biscuits, ça le fait. Séance d’écriture, lessive puis lunch, salade de riz, tomates, vache qui rit, sel poivre, huile d’olive, très bon. Puis sieste sur un transat près de la piscine, il n’y a personne.
Je pars ensuite faire un tour dans le village, gros contraste avec Kariba bush club, retour à la réalité, c’est bruyant, il y a du monde, plusieurs petites boutiques, j’achète des tomates et des oignons. Petit tour au lac juste derrière le village, puis je reste regarder un match de foot d’adultes, un type qui s’échauffe me propose de jouer avec eux, sympa, mais je reste regarder, des gamins qui regardaient le match également viennent me voir, ils s’assoient près de moi rapidement, certains parlent anglais, on discute un peu, ils sont marrants, certains me prennent la main sans rien dire, ils ont entre 4 et 10 ans je dirais, à la fin on prend une photo ensemble. Avant que le soleil se couche, un gamin m’amène à un shop où je peux trouver des oeufs, on traverse le village par des petites cours, des petites allées en sable, les gens me sourient. « Mzungu ! » (le blanc !). Je me rends compte plus tard que le peu de touristes qui sont dans le camping et dans les lodges ne vont jamais dans le village, trop dangereux ? Trop sale ? Trop bruyant ? Bon c’est vrai que débarquer avec une famille entière dans le village c’est pas évident, mais en couple, à 2, en journée, ils pourraient et devraient! Ou peut être qu’ils ont déjà vu et que ça ne les intéresse plus…Mais j’en doute.


Je reviens au camping, me douche puis dîne, pâte sauce « knorr », tomates, oignons, oeufs à la poële devant le foot anglais (il y a le satellite), avec le gardien de nuit, on discute. Il y a 2 semaines un pécheur sur son canoë, installant son filet s’est fait attaquer par un crocodile, on a retrouvé son corps, une main en moins, le ventre dévoré…Les funérailles étaient hier
dans le village. Chaud. Je discute ensuite avec un jeune écossais d’une vingtaine d’année, bénévole dans l’humanitaire avec sa copine allemande, ils aident une école à s’équiper, ils seront dans ce village 5 mois, de juillet à décembre ! J’aurais du mal…
Avec du recul, ça tombait bien de faire du « roots » au début du voyage, puis finir et récupérer dans un endroit plus luxueux comme ici, l’inverse aurait été dur !
Le gardien me parle d’un lodge sympa où il y a surement moyen de camper, à Maamba, là où j’ai un bus pour revenir à Livingstone, je pense peut être y passer 2 nuits avant Livingstone, voir une autre ville que Livingstone peut aussi être intéressant.

Mardi 18 aout 2015

Réveillé vers 6h30, pas bien dormi, mal au dos, le sol est trop dur. Je pars au bord du lac, lever de soleil, pas de crocodile au bord malheureusement, juste un petit dans l’eau, sa tête dépasse à peine de l’eau.
Petit déjeuner sur le transat au bord de la piscine puis j’écris. Le grand père de la famille hollandaise arrivée hier vient discuter avec moi, il a su que je suis professeur de mathématiques, j’avais discuté rapidement avec sa fille la veille. Il venait pendant 10-15 ans à Stellenbosch près de Cape Town, plusieurs fois par an, former des enseignants sud africains, équiper des écoles. Il dit que l’enseignement en Afrique du sud est bidon, mauvais, dans le secondaire : l’année avant celle du bac (« matric »), la moitié des élèves ratent l’examen de fin d’année, et ensuite seulement 60% des élèves de terminale obtiennent le bac. Dans les campagnes, certains professeurs sont enseignant juste parce que le gouvernement donne à manger à l’école : ils mangent à l’école et repartent parfois sans même avoir enseigné. A kayelitsha, le plus gros township de Cape Town, il y a des gangs au sein même des écoles.
Il me cite des chercheurs français soit disant connus des années soixante, j’en connais aucun ! Je lui dis rapidement que je n’ai pas étudié les maths mais la physique chimie, histoire d’être plus crédible … Il me dit qu’un professeur de mathématiques doit juste donner les outils aux élèves afin qu’ils puissent ensuite par eux même découvrir et comprendre les maths, c’est l’idéal pour lui.
Pour leurs 50 ans de mariage, ils font un voyage en Zambie avec leur fille, leur gendre et 2 petits fils dont un a été adopté en Zambie, au sud ouest du pays, une zone désertique. Ils sont revenus dans son village natal, c’est une bonne démarche je pense, l’enfant de 12-13 ans maintenant peut voir et mieux comprendre son histoire, cela lui donne des repères. Le vieux ne me lâche pas, je lui dis que je dois aller voir les 2 volontaires humanitaires à l’école où ils travaillent.
Petit bain dans la piscine puis je vais à l’école : petite école, carreaux cassés, ils font un sondage auprès des gens afin de mieux connaître leurs besoins. Peu de gens viennent ce jour là, je leur dis d’aller au match de foot, il y a plein de monde !
Petit bain dans la piscine puis je vais à l’école : petite école, carreaux cassés, ils font un sondage auprès des gens afin de mieux connaître leurs besoins. Peu de gens viennent ce jour là, je leur dis d’aller au match de foot, il y a plein de monde !
Je reste ensuite regarder des gamins jouer au foot près de l’école, je me ballade à vélo dans le village puis m’arrête à un shop, je discute avec 2 gars sympas, le vendeur prend mon numéro de portable, il voudrait acheter un minibus Toyota en Afrique du sud, pour faire taxi, il me parle d’un lodge sympa avec piscine, izuma lodge, ça confirme ce que me disait le gardien de nuit, je décide donc d’y aller après Siansowa. Les 2 types me racontent que leur président est mort il y a un an, des élections ont eu lieu dans la foulée, mais n’étaient pas réglementaires, le même parti politique a gagné, celui qui a le soutien de Mugabe, le dictateur voisin du Zimbabwe.
Je reviens au lodge, lunch, puis sieste sur un transat face au lac, au réveil je me sens encore fatigué, petit bain dans la piscine pour me réveiller. Je répare un pneu crevé, 3 trous ! Puis repars à vélo sur la pointe, après le village, c’est très joli, plusieurs petites iles juste en face, des pêcheurs de kapintas se préparent sur leur bateau, quelques huttes, de l’élevage et des champs cultivés. Au retour, je m’arrête au marché, j’achète un poisson d’1,2 kg, congelé malheureusement, il n’y a pas de frais.
Je le fais au barbecue, un festin ! Je l’écaille, le gardien de nuit m’aide à le vider et je le lave. Les hollandais me donnent leurs restes : des patates douces, salades, avec la fin de mon rosé c’est royal !

Mercredi 19 août 2015

Ce coup ci j’ai emprunté un des matelas de transat entassés dans la salle à manger commune, pour dormir dessus dans ma tente, mieux dormi, j’aurais dû faire ça dès le début !
Petit déjeuner sur la terrasse de la salle à manger, avec vue sur le lac, sympa mais bruyant à cause de la pompe à eau en contrebas au bord du lac. Ecriture, bain dans la piscine puis je remballe mes affaires, il n’y a plus que moi dans le camping.
Je pars vers 10h30, j’ai 36 km à faire avant d’arriver à Maamba où je compte passer 2 nuits dans le fameux lodge dont j’ai entendu parler. Retour au carrefour avec la route de Siameja, ensuite davantage de voitures et de camions, des paysages pas terribles, il fait chaud, je m’arrête à un shop sur la route, une limonade et 4 beignets (toujours les mêmes mais ils ne sont pas mauvais). Attroupement de jeunes, ils me regardent sans rien dire, un type me dit tout content qu’il m’a vu sur la route il y a quelques jours, il connaît mon nom ! Quelqu’un le lui a dit. Mon passage dans la région a surement fait un peu de bruit chez les villageois, la nouvelle s’est propagée rapidement je pense. Je repars, il fait chaud, ça monte un peu, quelques collines autour, je m’enfonce dans les terres, c’est assez aride. Je rejoins une route goudronnée, la première depuis Livingstone, à 6 km de Maamba.
Maamba, petite ville sans intérêt particulier, des petites boutiques et des étalages le long de la route, de la musique assez forte par endroits, c’est sale, poussiéreux. Des camions transportant du charbon de la mine de Maamba laissent derrière eux de la poussière noire sur la route. Je me suis arrêté à un shop à l’entrée de la ville, prendre un coca et des informations sur la ville avec la vendeuse, sur Izuma lodge, sur des bars sympas où il y a du monde le soir…

J’arrive à Izuma lodge

en fait c’est réservé pour les employés de la mine ! La piscine est même réservée au directeur de la mine. Les gardiens me proposent d’aller demander à la mine, c’est compliqué. Ils me parlent d’un autre lodge avec piscine (j’en veux une !), « Evelyne lodge », je suis passé devant en arrivant dans la ville. J’y vais, ils sont complets, il y a un séminaire, mais ils acceptent de me laisser camper où je veux dans le jardin mais ce n’est pas terrible, peu d’ombre, ce n’est pas joli, tout près de la route. Je prends un coca en discutant avec la serveuse, c’est la fille du propriétaire, elle aide ici, vient de Lusaka. Je sens la fille de classe aisée de Zambie, snob, très apprêtée, elle me parle de « golf club », un endroit très bien d’après elle, il y a une piscine, des zèbres, un bar sympa, elle pense que je peux camper n’est pas sûre, mais il y a des lodges.
Je décide d’aller voir ce que c’est : l’entrée est payante, ça permet de filtrer les gens j’imagine, le gardien me dit que les tongues sont interdites, je lui montre un type à l’intérieur en tongue, il me laisse finalement entrer. En fait ce n’est qu’un petit golf avec 3 zèbres et 2 antilopes qui se baladent, pas de lodge ni de piscine, un pauvre bar, le bar « classe » de la ville où les riches de la ville se retrouvent entre eux. Un groupe de jeunes arrivent en voiture, lunettes de soleil, chemises et pantalons un peu « fashion », me disent à peine bonjour, le bar est vide, la musique est forte, pas de décoration, c’est froid, bref c’est nul. Les gardiens à l’entrée me parlent d’une guest house à côté, je ne bataille pas, j’y vais, je frappe à la porte. Une femme assez âgée finit par m’ouvrir, c’est un peu moins de 15 euros la nuit, la chambre est basique mais ça le fait c’est propre, et je suis mort. Je me douche, fait ma lessive en même temps, puis m’allonge sur le lit, la chaleur m’a fatigué.
Le soir je pars à pied dans le centre de la ville, vers le marché, je cherche un endroit pour manger et boire une bière. Je me prends une bière à une terrasse où 3 types jouent au billard. Ils me proposent de jouer, sympa, l’un est flic, je lui demande où je peux prendre un bus pour Livingstone, car c’est sûr, je ne passerai finalement pas 2 nuits dans cette ville. Je cherche un endroit pour manger, l’autre type m’y emmène, juste en face du bar, il fait nuit noire maintenant. Je me prends un beef stew (du boeuf en ragout avec plein de sauce) avec des frites et un coca, la serveuse est souriante et désolée, c’est un peu froid, il n’y a plus d’électricité, mais ce n’est pas mauvais.
Je pars fumer une cigarette dans un bar à côté, grande terrasse couverte, musique à fond, des gens picolent un peu, jeux de lumières, 2-3 filles dansent, une me propose de danser avec elle, je décline. L’endroit est un peu glauque, je reviens au 1er bar après la cigarette, le flic allait partir, il n’y a plus que lui, m’a vu arriver et est donc resté. Il me propose une partie de billard. Je fais ensuite une autre avec le barman. Une fille arrive et donne un bout de papier au barman, le lit, sourit et me le montre, c’est pour moi !
Sa copine aimerait me rencontrer, il y a son numéro ! Je lui dis de dire à sa copine de venir, car je n’ai pas de téléphone, je suis curieux de voir qui c’est. Elle arrive, une gamine de 20 ans, on discute un peu, pas grand-chose à lui dire, elle n’est pas très intéressante, elle me raccompagne jusqu’à ma guest house avec sa copine. Les rues sont sombres mais il y a du monde. Le chef du flic avait débarqué au bar, il me disait qu’il y a plein de cambriolages dans les maisons, des vols de bétail, la jeune me dit aussi que c’est chaud la nuit dans les rues sombres. Donc ça confirme bien ce que je pensais, dès que l’on est dans une ville même petite, il faut faire attention la nuit, dans les petits villages, c’est différent.

Jeudi 20 août 2015

Réveil vers 7h, pas très bien dormi, mal au cou alors que c’est ma 1ère nuit dans un lit depuis que je suis parti à vélo !
La maison est simple, en dur, il y a plusieurs pièces, dont une avec un salon, fauteuils, canapé, télévision, peu de meubles et de décoration, mais je vois bien que pour la Zambie, c’est la classe aisée qui habite dans ce genre de maison.
Petit déjeuner dans la salle à manger, pendant que la femme de ménage (ou la fille de la propriétaire ?) se vernit les ongles des pieds. La propriétaire ne connaît pas les tarifs en bus jusqu’à Livingstone, ça confirme bien qu’elle appartient à la classe aisée de Maamba, l’autre fille sait. Le fils travaille à la mine, mais pas comme simple ouvrier, il a un 4×4 au nom de la compagnie d’exploitation de la mine.
J’arrive à la gare des bus de Maamba, près du marché, un bus va directement de Maamba à Livingstone, super ! Je pensais devoir changer à Batoka. Je suis le premier passager, c’est un bus de taille intermédiaire entre un grand bus et un mini bus Toyota. Les gars du bus (le chauffeur et 2 autres gars) m’aident à mettre mon vélo et mes sacoches dans la soute, les 2 autres gars boivent de l’alcool de sucre de canne (une sorte de rhum bas de gamme) en petite bouteille en plastique, ont le regard vitreux, il est 9h du matin. Un des gars me dit qu’il m’a vu sur la route, à vélo, il y a quelques jours, il est tout content ! Je leur parle de Kamba, le village perdu de pécheurs où je suis resté 2 nuits, de Rixon qui m’a hébergé, ils le connaissent, cela les fait marrer ! Je leur dis de lui passer le bonjour, ils l’aiment bien aussi.
La jeune de hier arrive aussi pour me dire au revoir, le bus est maintenant rempli, des gens sont même assis dans la rangée du milieu, des gros sacs de poissons séchés occupent les places du fond, ça pue un peu mais heureusement je suis prêt d’une fenêtre. Les mecs du bus s’embrouillent entre eux, ils recomptent plusieurs fois l’argent donné par les passagers du bus, ça prend des plombes. On part finalement, je parle un peu avec mon voisin, un jeune de 19 ans, il est content de me parler mais j’ai du mal à le comprendre…
A Batoka, on rejoint la grande route Lusaka-Livingstone, j’achète par la fenêtre du bus, des bananes et des oranges, à Choma, le bus s’arrête au marché, je m’achète un plat de riz à emporter avec du poulet et un coca, à une indienne souriante. On repart, il n’y a plus que moi et une dame dans le bus, je m’allonge au fond du bus pour faire une sieste.
Plus tard à une station essence, le copilote me réveille pour me dire que finalement, ils ont acheté un billet pour moi dans un autre bus, qui part maintenant, eux ne partiront que dans 5 heures, ils attendent des passagers. Me voila dans l’autre bus, un grand bus, je regarde la fin du film qui passe, un film d’action américain, je l’ai déjà vu dans un bus en Afrique du Sud. Vers 16 heures, on arrive à Livingstone, je suis parti à 10 h, on m’avait dit que le trajet durerait 2 heures… Je n’y croyais pas…
Je me pose au backpackers, le gardien à l’entrée me reconnaît, me demande alors comment ça s’est passé. En quittant le backpackers il y a 10 jours, je le trouvais sceptique quand je lui racontais mon projet : rejoindre le lac Kariba depuis Livingstone, en coupant à travers le bush, seul à vélo. Je vois dans son visage maintenant une sorte d’étonnement et de respect à mon égard. Et oui, je l’ai dit, je l’ai fait et ça a été un succès ! Je suis assez fier de moi finalement. Je me rappelle d’entendre plusieurs collègues français du lycée, me demander :

« Et si tu tombes malade ? Et si tu te fais mordre par un serpent ? Et si tu te perds ? Et si …. »

Bref, et si l’on manque d’optimisme, alors on reste chez soi et l’on ne fait jamais rien, on regarde la télé qui nous rend encore plus parano !
Je commande un beef stew avec des frites et des légumes, je mange devant le foot anglais avec un américain de San Francisco de 50 ans, qui voyage depuis 23 ans ! Il a travaillé en Irak en 2003, vendait de l’eau à l’armée américaine là-bas.
A 21 heures, je pars dormir dans le dortoir que je partage avec 3 filles, une française et 2 anglaises.

Matériel utilisé durant mon voyage VTT au Zambie

Catégorie Le nom du modèle Marque Pourquoi avoir fait ce choix de départ ? satisfait ? Et si c’était à refaire ?
VTT semi suspendu Avalanche 1,0 GT robuste, prix intéressant, cadre classique 100,00% je prendrais un modèle similaire plus léger
fourche avant suspendue Dart 3 Rock Shox robuste, prix intéressant oui sauf pour le système de blocage de la fourche qui  se débloque tout seul je changerais le système de blocage de la fourche
porte bagage arrière Tubus robuste, adaptable sur tous les  types de cadre 100,00% je reprendrais le même
roues speed disc WTB robuste oui je reprendrais les mêmes
pneus 26*2,0 Fast Trak grid pneus polyvalents oui je reprendrais les mêmes
sacoches arrières 2*20L Ortlieb solides, bien imperméables, faciles à clipser sur le porte bagage 100,00% je reprendrais les mêmes
sacoche  sur le guidon Rixen Kaul solide, bien imperméable, facile à clipser sur le guidon, facile à ouvrir en roulant 100,00% je reprendrais la même
tente 3 season hiking, light weight 2, «  tunnel » 360 degrees Assez légère pour 2 personnes (1,6kg), bon rapport poids/prix oui mais pas facile à bien tendre sur un sol non plat je prendrais un modèle similaire plus léger, pour 1 seule personne
matelas auto-gonflant Mc Kinley bon rapport confort/prix un peu lourd et encombrant je prendrais un modèle similaire plus léger
sac de couchage micro bag Décathlon Très léger, peu encombrant trop juste en dessous de 10°C sinon oui Très bien pour des climats assez doux

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