Plume ou synthétique ? Comment choisir entre le duvet et la fibre synthétique ?

par Expérience Outdoor
Plume ou synthétique ? Comment choisir entre le duvet et la fibre synthétique ?

Plume ou synthétique ?

Maintenir la chaleur du corps afin d’économiser de l’énergie dans des conditions froides est essentiel. La diversité des offres dont on dispose actuellement dans le commerce, mérite un petit décryptage afin de déterminer le produit dont on a réellement besoin. Que ce soit pour un sac de couchage ou une doudoune, il est essentiel de faire un point sur ses activités outdoor et ses besoins sur une année complète. En effet, le but de cet article est de savoir choisir plume ou synthétique, et favoriser la compréhension des éléments qui constitue les sacs de couchage et les doudounes ; De disposer d’assez d’élément afin d’acquérir le produit qui nous ressemble, celui qui couvrira notre cadre d’utilisation le plus adapté.

Il y sera question de fibres naturelles et synthétiques, des différences que l’on peut retrouver entre elles, des pièges à éviter et de repaires chiffrés afin que votre achat soit le plus judicieux possible.

La plume

Définition de la plume et du duvet

Plume : nf. Tige garnie de duvet, qui couvre le corps des oiseaux.
Duvet : nm. Ensemble des petites plumes qui couvrent le ventre des oiseaux.

Espèces animales sources de la plume

L’eider

Les eiders sont de gros canards vivant principalement sur les côtes de Groenland, du nord de l’Islande. Son duvet est recherché pour ces grandes qualités isolantes. Surement la meilleure quali…

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Le canard

Le canard commun est le plus connu des palmipèdes, très courant, il en existe de nombreuses espèces vivantes dans bon nombre de pays. Il produit également un duvet de qualité mais reste en dessous face à l’eider et l’oie mais pour un prix d’achat plus bas. Son duvet vient généralement d’animaux élevés pour la viande. Certaines espèces vivant sous des climats froids produisent un duvet de grande qualité (l’eider) mais vous ne retrouverez qu’une qualité moyenne dans le commerce.

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L’oie

Bien connu en France, les oies font parties de ces animaux qui produisent un duvet de grande qualité. Quelles soient grises ou blanches, elles sont principalement élevées pour la viande. On la retrouve également dans beaucoup de pays et de nombreuses espèces ont étaient élevées depuis des centaines d’années pour ses qualités gustatives, son duvet mais également comme animale de garde pour la bassecour (car plutôt lunatique et agressive)

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Fonctionnement : de la science à la production

Le CU/IN

Le CuIn est le pouvoir gonflant du duvet. Il est calculé pour un volume de 16,39 cm3 pour une once de duvet (28.35g). C’est un élément essentiel afin de se donner une idée de la chaleur générale. Il ne faudra pas oublier de l’ajouter à la masse totale de duvet que contient la veste ou le sac de couchage ainsi que le volume des compartiments.

Meilleur est la qualité de plume, plus le gonflant est important et plus il occupera de la place, meilleur sera donc l’isolation.

Par exemple : pour un duvet 800 CUIN, une once occupera 800 cube inche. Vous retrouverez parfois un « + » après la valeur en CUIN, cela signifie que la valeur est le minimum certifié.

La mesure du fill power (pouvoir gonflant) ce fait en laboratoire. Une quantité de duvet est placé dans un cylindre comme celui de la photo ci-dessous. Un poids de forme cylindrique et plat, de même diamètre du contenant est posé sur le duvet. Le duvet reprenant son gonflant commence à repousser le poids vers le haut. Une fois celui-ci au maximum de son gonflant, l’indice mesuré indique la qualité du duvet testé.

ATTENTION : Avec la mesure l’Europe et les États-Unis. En effet les cylindres utilisés aux US sont d’un diamètre inférieur à ceux utilisés chez nous. D’une marque américaine, il faudra enlever environ 100 CUIN pour avoir son équivalent européen

Avant de choisir entre fibre ou synthétique, ci-dessous vous remarquerez le pouvoir gonflant différent en fonction de la qualité du duvet. Le récipient ainsi que la masse du duvet sont les mêmes.

-qualite du duvet

Traduction de gauche à droite : Duvet bon marché, 1er prix / qualité supermarché / très bonne qualité de duvet / qualité de duvet exceptionnelle / la plus haute qualité de duvet

Qualité : différence entre le travail artisanal et industriel

Voici un point très important à aborder. En effet, il existe de grandes disparités entre les différents produits proposés à la vente. Tous les duvets ne se valent pas, on différenciera le producteur de foie gras d’oie grise du Périgord qui est dans la filière plume (artisanat), aux marques (industries) achetant en gros des plumes issues de volatile (souvent du canard) abattu jeune pour la viande.

En effet, une plume de bonne qualité sera issue d’animaux ayant atteint l’âge adulte et dont la typicité du duvet offrira une isolation de premier choix. Il est important aussi de considérer l’environnement dans lequel l’animal a vécu. Plus sont habitat naturel est froid et humide, plus l’animal se couvrira d’un duvet épais. Évidemment, un animal ayant vécu à l’air libre et ayant eu une alimentation adaptée à ses besoins et pouvant s’épanouir sans stress offrira sans nul doute une qualité de duvet excellente.

S’il est difficile de trouver des sacs de couchage en duvet d’Eider, l’utilisateur se tournera vers l’oie afin de disposer d’un rapport qualité prix plus « abordable ». Comme je le citai plus haut, la qualité du duvet et sans comparaison entre des produits de manufacture artisanale et ceux issu de l’industrie.

Cette matière première, dans l’artisanat, peut être trouvée directement par les constructeurs auprès de « coopérative » alimentées par des producteurs. Le rôle de ce coopérateur est de trier et nettoyer les plumes et duvets des différentes sources de production. Chaque production est traitée par lot séparé afin de laisser le choix aux acheteurs en fonction de la qualité qu’ils recherchent.

Le travail artisanal du coopérateur

Quand la production arrive elle est triée. Cela consiste à mettre les plumes dans une grande machine composé de quatre chambres ou les plumes sont brassées par ventilation. La sélection se fait ainsi naturellement par densité, ce qui permettra de dissocier plumes, plumettes, plumettes duveteuses et pure duvet (flocon). Ce tri se fait sous contrôle visuelle permanent d’un opérateur, dont la charge et de régler le débit d’air qui régule le passage entre chaque chambre, en fonction du taux d’humidité des plumes. Une petite simulation présentée par triplezero ou encore une autre présentée par interplume

Lorsque le tri est terminé, le contenu de chaque chambre est aspiré (la meilleur qualité à ce moment-là est autour de 90% de flocon, le reste étant les plumettes duveteuse) puis placé dans de grande machine à laver où elles subiront plusieurs lavages et rinçage et l’ajout de dégraissant, bactéricides, assouplissant, selon les prescriptions des normes sanitaires européenne ou internationale en vigueur. Le duvet est sain naturellement à 100%, les normes sanitaires assurent une garantie supplémentaire.

S’en suit un essorage permettant d’enlever le maximum d’eau puis un séchage minutieux dont la température est montée progressivement afin de ne pas « saisir » le duvet.

En dernier lieu les plumes sèches sont aspirées et brassées puis passées dans un cylindre garni de très petite perforation afin d’éliminer la poussière contenue dans l’air lors de l’aspiration servant au tri en début de cycle.

Enfin, en fonction de leur nature (plumes, plumettes, flocons…), elles seront stockées en attendant les acheteurs du monde entier.

Ces méthodes ne représentent qu’une partie de la production mais comme souvent, la qualité du produit fini est réelle et pas souvent aussi chère que l’on pourra le croire.

N’oublions pas qu’artisanat n’est pas toujours synonyme d’éthique, en effet, dans certains pays les oies sont plumés vivante toutes les six semaines avant d’être abattue pour la viande. Je vous laisse méditer sur ce point…

Le duvet industriel

Un duvet issu de l’industrie sera de moins bonne qualité de par la nature première de l’animal (souches, espèces…) souvent abattue trop jeune pour la viande, élevés en batterie et nourri de complément alimentaires. Les plumes en résultante sont de qualité comparable aux soins apportés aux animaux… De plus, les volatiles sont souvent ébouillantés afin de les plumer plus facilement. Ces plumes mouillées sont stockés en tas. Il est important de rappeler que la plume et le duvet déteste l’humidité et les entasser tremper dégrade de manière irrémédiable la qualité (entre 20 et 30% des propriétés isolante sont perdu).

Attention quand même de ne pas trop généraliser car il existe de grandes marques capables d’offrir des sacs de couchage contenants du duvet de très grande qualité comme le propose par exemple Mountain Equipment avec la série Xero ou encore Rab et sa gamme de sacs Neutrino.

Ne disposant pas de toutes les informations me permettant d’enrichir le côté « industriel » du traitement des plumes et duvets, je vous invite à consulter régulièrement cet article qui sera enrichie et actualisé dès la réception de nouvelles informations.

Les allergies liées à la plume

“Je suis allergique à la plume ! ” Beaucoup de personnes croient que les duvets en plume et flocons provoquent des allergies. De nombreuses études prouvent que les taux de personnes réellement allergiques est très faible. Ces études ont d’ailleurs démontré que les cas d’allergies découverts l’étaient seulement sur les duvets et plumes non traités. La majorité des produits trouvés dans le commerce (sac de couchagedoudoune) proviennent de manufacture où les plumes ont été traitées et stérilisées suivant des normes rigoureuses (voir ci-dessus le chapitre” différence entre le travail artisanal et industriel“).

Les tissus utilisés dans la conception des sacs de couchage et des doudounes  sont beaucoup plus étanche que les tissus utilisés à l’époque de nos grands-mères et de sa bonne vieille couette dans laquelle vous avez toujours éternué… Ne seriez-vous pas plutôt allergiques aux acariens ? Les nouveaux matériaux servant d’enveloppe pour la confection des sacs de couchage est une bonne barrière quasi infranchissable contre ces petits invités indésirables. En effet, quand la porte est fermée, il est plus difficile d’entrer.

Les personnes allergiques et/ou sensibles aux acariens pensent de manière raccourcie que se sont aux plumes et aux duvets d’où vient leur mal. En réalité, c’est aux déjections d’acariens que nous sommes allergiques. Ils nous entourent et font partis de notre quotidien, même s’ils ne sont pas voyants à l’œil nu. Comme toutes espèces vivantes, ces petits organismes ont besoins de se nourrir. Ils la trouvent dans la poussière, les squames de peau (animaux compris). Une plume ou un flocon traité (ne veux pas obligatoirement dire qu’un processus chimique a été employé) ne présente aucune utilité pour les acariens car il n’y a rien à manger.

Trois conditions sont à remplir afin que les acariens se développent

  • Une absence de lumière
  • Un degré d’humidité entre 70% et 75%
  • Une température° comprise entre 20 et 25 degrés

Voici un petit résumé d’une étude mené en Allemagne que j’ai trouvé sur le net

“…Le professeur Dr. Hans Jürgens, de l’institut d’Anthropologie industrielle à l’Université de Kiel en Allemagne, a réalisé une étude dans différents pays européens. L’étude avait pour but d’examiner si les édredons et oreillers en plumes et duvet fournissaient un environnement favorable à la prolifération et à la survie des acariens. Cette étude a démontré que les articles en plumes et duvet n’offraient pas un environnement de prédilection pour les acariens.
Une seconde étude réalisée par le même professeur consistait à examiner des oreillers et des couettes utilisées par dans des conditions de vie journalière. Le panel d’articles analysés comportait :

  1. Des oreillers et couettes neuves qui n’avaient pas encore été lavés durant la première année de leur utilisation.
  2. Des oreillers et couettes utilisés pendant plusieurs années sans jamais avoir été lavés.
  3. Des oreillers et couettes très sales utilisés durant 15 ans minimums sans jamais avoir été lavés ou nettoyés.

Dans les articles des deux premiers groupes, une très faible quantité d’acariens ont été trouvés. Dans le dernier groupe contenant les articles les plus sales, il y avait une légère présence d’acariens mais la population était inférieure à 10 acariens pour 0,1 gramme. Cette valeur après le nombre d’année d’utilisation des articles est tout à fait acceptable suivant les normes internationales actuelles.
D’autres études effectuées dans différents pays confirment également les résultats allemands. En conclusion, sur base de ces différentes études, on peut dire qu’il n’y a pas de risque pour les allergiques aux acariens s’ils dorment avec de la literie en plumes et duvet.”

La fibre synthétique

Matériaux du synthétique

La concurrence est rude chez les fabricants d’isolant synthétique. Chacun revendique des propriétés inégalées. Il est clair que ces matériaux sont très polyvalents et concurrentiels. Il n’en reste pas moins que le choix de tel ou tel garniture sera à prendre en compte en fonction de vos utilisations. Il existe néanmoins moins de différences d’isolation entre chaque marque qu’entre un cuin de 500 et 800 pour le duvet.

Quelques grands fabriquant en détail du synthétique

Thermoball THE NORTH FACE

Thermoball de The North Face que l’on retrouve dans leur petite doudoune Thermoball Hoodie Jacket

Primaloft utilisé chez Sea to Summit

Primaloft utilisé chez Sea to Summit dans leur sac de couchage entre le duvet et le tissus extérieur (Ap2, Tk 1,2,3)

Polartec Alpha utilise par Eider dans la veste Blow Alpha

Polartec Alpha utilise par Eider dans la veste Blow Alpha

Coreloft d’Arc’teryx utilisé dans les doudounes Atom LT et SV

Coreloft d’Arc’teryx utilisé dans les doudounes Atom LT et SV

Ne disposant pas de toutes les informations me permettant d’enrichir la partie « matériaux synthétiques », je vous invite à consulter régulièrement cet article qui sera enrichie et actualisé dès la réception de nouvelles informations.

Propriétés de la fibre synthétique

A l’inverse du duvet naturel, le synthétique possède également ses propres propriétés techniques. On pourrait facilement dire qu’il est « moins bien » mais cela serait réducteur. On dira plutôt qu’il a des fonctions différentes. Un sac de couchage synthétique sera moins compressible, plus lourd, moins gonflant. Par contre, il a la capacité de garder ses propriétés thermiques même par temps très humide. Un point de plus et pas des moindres le prix d’achat du produit fini sera bien en dessous d’un produit en duvet.

On ne calcul pas la densité du garnissage synthétique en CUIN comme pour le duvet mais en gr/m². Plus le grammage est élevé et meilleur sera l’isolation. Les matériaux synthétiques sont construits en panneau, c’est-à-dire que le constructeur achète l’isolant en rouleau qu’il découpe ensuite à sa guise. Le gros avantage est que si vous veniez à percer ou déchirer votre sac de couchage, la thermicité ne sera pas mise à mal (ou peu) contrairement au duvet, qui lui se videra de ses compartiments…

Cloisonnements de la fibre synthétique

Voici différents types de construction ayant des caractéristiques différentes. Les cloisonnements ont pour but de maintenir le duvet en place et lui permettre de prendre tout son gonflant.

13-cloisennement

  1. Le cloisonnement simple est utilisé dans les sacs et vestes légères. Léger et économique, l’isolation ne sera quand même pas très bonne du fait des coutures traversantes.
  2. Le double cloisonnement est utilisé dans les sacs les plus chauds car l’isolation est très bonne. Pas de point froid mais un poids accru dû à la masse importante de tissus utilisé.
  3. Le faux double cloisonnement est muni d’une couche de tissus synthétiques (exemple primaloft) isolant. Pas de points froids mais un poids accru dû à l’épaisseur du tissu utilisé. Il a l’avantage de créer une barrière à l’humidité sans nuire aux caractéristiques techniques de la plume comme certain sac de chez Sea to Summit.
  4. Le cloisonnement compartimenté. C’est la construction la plus répandu car elle est économique en tissus, assez légère, il n’y a pas de points froids et permet au duvet de rester en place dans les compartiments et de développer son gonflant.
  5. Le système de cloisonnement en « V » n’est plus trop d’actualité.

Auteur : Mathieu B.

Maintenant que vous avez les éléments en main, peut-être vous vous posez la question suivante : Comment choisir son sac de couchage ? et Comment choisir sa doudoune ? Pour cela, on vous invite à lire l’article suivant :

1 commentaire

Blog du Yeti – Le blog de votre spécialiste montagne et voyage au nord de Montpellier » Comment choisir son sac de couchage ? 20 novembre 2013 - 18 h 11 min

[…] « Comment choisir entre la plume et la fibre synthétique ? […]

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