Randonnée dans la chaîne montagneuse du Cocuy en Colombie

par Expérience Outdoor

Tristan COMES et Cécile nous partagent leur expérience de 5 jours de Trek dans la Sierra Nevada El Cocuy
Randonnée dans le Cocuy en Colombie

Informations pour préparer un séjour de 5 jours de Trek dans la Sierra Nevada El Cocuy

Qui ?

Tristan COMES et Cécile, 23 ans chacun et étudiants en écoles d’ingénieurs au moment des faits. Le premier est parti faire sa dernière année en échange en Colombie et la seconde l’a rejoint quelques jours avant le départ. Arpenteurs de montagnes depuis peu, ils profitent d’être sur place pour profiter des Andes le plus possible.

Quand ?

Du 02 au 05 avril 2015.

Où ça ?

Colombie, Boyacá, Parque Nacional Natural El Cocuy (6°26′00″N 72°17′00″O).

Comment y aller ?Sans-titre-3

Plusieurs compagnies permettent de rejoindre Bogotá, la capitale, avec un ou plusieurs vols quotidiens : Air France, Avianca, Iberia et Lufhtansa. Avianca et Iberia permettent d’emporter deux valises de 23kg. Compter environ 1000€ l’aller-retour.
Depuis Bogotá, prenez un bus depuis le Terminal Salitre (celui au centre de Bogotá) pour rejoindre El Cocuy, le village qui donne son nom au parc. Comptez environ 60.000 pesos colombiens, soit environ 20€ à l’heure où ce récit est écrit, pour 8 à 9h de trajet. On peut faire ce dernier de nuit pour pouvoir partir directement le matin vers 6h. Pensez à acheter vos tickets de retour dès l’arrivée, en particulier lors des week-ends allongés lorsqu’il y a beaucoup de monde qui vient de Bogotá.
Pour entrer dans le parc il faut payer le droit d’entrée valable pour plusieurs jours ainsi qu’une assurance. Si vous êtes étudiants, prenez votre carte (ISIC ou non) pour avoir droit à une réduction. Tout se fait au village ou à Bogotá avant le départ (Carrera 10 # 20-30). Honnêtement, l’intérêt de l’assurance est faible puisqu’aucun réseau n’est disponible dans le parc et les secours viendront vous chercher en cheval seulement s’il ne pleut pas, mais elle est obligatoire. Par contre vous pouvez ne la prendre que pour une journée, le temps d’entrer dans le parc.
Depuis le village, partagez les services d’un 4×4 pour vous monter jusqu’au camping de Hermanos Herrera.

Où dormir ?

À Bogotá, allez à l’Explora Hostal, une super auberge de jeunesse à 7€ la nuit. Dans le même quartier il y a néanmoins une foule d’autres endroits.
À El Cocuy, plusieurs hostals proposent de vous héberger pour sensiblement le même prix.
Dans le parc, il y a des aires de bivouacs plus ou moins bien indiquées, mais elles ne sont pas difficiles à trouver. Attention, en cas de forte affluence (généralement les week-ends allongés) et pour dormir dans le gîte ou le camping de la Cabana Sisuma il faut réserver en appelant au (+57)311 255 1034 ou en envoyant un mail à aseguicoc@gmail.com. Les deux sont payants mais le camping n’est qu’à 3-4€ la nuit.

Où acheter ?

À Bogotá, on peut aller dans n’importe quel marché pour acheter tout type de fruits et légumes, en particulier à celui de Paloquemao. On peut aussi y trouver des feuilles de coca qui, en plus d’être très bonnes en infusions, peuvent se mastiquer pour faciliter légèrement la marche en altitude (vous allez dormir à plus de 4500m). Prenez aussi des bocadillos de goyava, une pâte de fruit excellente et très sucrée.
Pour de la nourriture un peu plus technique, allez à Tatoo (Carrera 14A # 82-56) où vous pourrez trouver des plats lyophilisés.
Enfin, il est possible de louer des sacs de couchages, piolets, crampons ou autre à Amarelo, un petit magasin au deuxième étage du Calle 57 # 9-29.
Si vous avez oublié des choses, tout est disponible à El Cocuy mais c’est sensiblement plus cher (en particulier les locations). On y trouve aussi des guides de haute montagne, mais d’après ce qu’on a vu, le sérieux est approximatif et il vaut mieux se renseigner sur les agences.
Attention une fois partis du village, vous serez en autonomie totale. L’eau n’est néanmoins pas difficile à trouver, surtout si vous avez un filtre.

Le trajet et le parc

Le trajet initial part du camping de Hermanos Herrera avec une première journée tranquille à faire le tour des lacs au-dessus de la Cabaña Sisuma. La seconde doit être passée à monter jusqu’à Nicho pour planter le bivouac avant de poursuivre dans l’après-midi jusqu’au Púlpito del Diablo. La troisième nous fait descendre de l’autre côté pour dormir autour de la Laguna Grande. Puis, le lendemain, c’est la longue redescente jusqu’à la Hacienda la Esperanza à travers la Valle de los Frailejones.
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Le Parque Nacional del Cocuy est situé entre 600 et 5 330 m, sommet du Ritacuba Blanco. Le trajet que nous avons effectué débute à un peu moins de 4000m et culmine à un peu plus de 4500m. Ces 500 m de dénivelé paraissent facile, mais on verra plus loin qu’il n’en est rien.
Les températures sont à peu près constantes, situées entre -2 et 10°C sur la longueur le trajet. Au niveau du temps, essayez d’y aller de Décembre à Mars pour éviter la pluie en prenant bien soin d’éviter les week-ends rallongés et surtout la Semaine Sainte, juste avant Pâques.
À ces altitudes et à cette latitude, la végétation est présente jusqu’à très haut. C’est le royaume du páramo, écosystème local dont la plante emblématique est le frailejón. C’est une plante assez grasse, plutôt belle et il y en a presque partout. Par contre elle et les autres espèces endémiques génèrent une sacrée brume. Localisez-vous donc dès que vous le pouvez, les sentiers ne sont pas toujours indiqués.
Si la randonnée s’effectue en bonne partie sur terrain rocailleux, on longe des lacs, on s’approche de glaciers, on suit des cours d’eau, on chatouille des troupeaux de vaches ou de moutons… Bref, c’est varié et ça ne ressemble pas à ce que l’on pourrait trouver dans les Alpes.
Au vue de l’exigence de certains passages, ne négligez pas l’acclimatation. Un bon endroit est la Çabaña Isuma depuis laquelle on peut faire quelques boucles à la journée. Sinon, n’oubliez pas que Bogotà est déjà à 2600m environ.
Enfin, le soleil se lève vers 6h00 et se couche vers 18h30, ce sont les horaires de marche qu’on aurait voulu suivre, au moins le matin.

Quoi d’autre dans les environs ?

En dehors de ce que nous avons fait, il y a un tas de choses dans le parc, de la marche à l’alpinisme en mixte. Il y a aussi un superbe circuit de 6 jours qui passe derrière la Sierra Nevada del Cocuy, mais il a été fermé il y a quelques années pour protéger les populations indigènes ainsi que la faune et la flore. Renseignez-vous quand même sur la possibilité de le suivre, il vaut apparemment vraiment le coup.
Depuis El Cocuy on peut rejoindre San Gil pour faire des sports de plein air (escalade, kayac, deltaplane, parapente…) ou Barichara, très joli petit village colonial pour se reposer au soleil.

Liens Internet

Il est très difficile de se procurer de bonnes cartes, mais on peut en trouver d’assez bonnes et plutôt à jour sur Nevados.org  (en espagnol).
Le site http://www.pnncocuy.com/ n’est pas officiel mais donne de bonnes informations sur le parc (en anglais).
Pensez enfin à vérifier si l’accès au parc est bien possible sur le site officiel (en espagnol).

Ça monte raide et ça descend sec

Temporisation à la colombienne

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Cécile étant arrivée au début de la Semaine Sainte pour que nous puissions partir pendant ma semaine de vacances, il y avait, évidement, beaucoup de monde au terminal de bus. D’autant plus qu’à cause d’un problème de visa nous avons retardé notre départ pour partir le mercredi soir, la veille des deux jours fériés officiels. Tant bien que mal, nous réussissons à prendre un bus de nuit pour El Cocuy. A posteriori, heureusement que nous avons un peu tardé à partir, Cécile a pu se poser un peu à 2500m, entre le niveau de la mer marseillais et les 4500m qui nous attendaient.

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L’Église del Cocuy. Le village est sympathique mais on aurait aimé y passer moins de temps.

Arrivés le jeudi au petit matin au village del Cocuy, on tente de se dépêcher pour obtenir le droit d’entrée. Avec le monde qu’il y a, on ne peut quitter le village que vers 13h en 4×4 partagée avec un groupe de 3 Colombiens pour aller jusqu’à Hermanos Herrera. On part directement pour rejoindre Cabaña Isuna le plus rapidement possible. Certaines familles, parties à la journée depuis Hermanos Herrera, sont déjà en train de redescendre. Le sentier passe dans un páramo et est plutôt joli mais sans grand intérêt puisque tout à fait plat. On peut néanmoins voir les sommets près desquels on va dormir le soir suivant, et ça nous donne l’envie de se dépêcher pour s’en approcher.

La vallée qu

La vallée qu’on traverse le premier jour. Le chemin est très facile et presque à plat.

On arrive donc vers 14h30 à la cabane près de laquelle on souhaite dormir. Manque de chance, il est déjà assez tard et il n’est plus possible de planter la tente à cause du monde. On négocie quand même, notre qualité de jeunes étudiants français parlant espagnol nous aidant beaucoup. Finalement après avoir cassé la croûte on nous autorise à bivouaquer près d’un groupe sympa qui nous avait déjà proposé de partager leur emplacement. Ça tombe bien, une pluie s’annonce et on a tout juste le temps de finir de s’installer avant qu’elle se lance vraiment. Lorsqu’elle se calme, la nuit commence à tomber et on peut enfin essayer de bouger pour aller faire le tour des lacs au-dessus et prendre quelques photos. On n’ira finalement qu’au premier à cause de l’obscurité.
Cette pluie d’après-midi va nous suivre tout le circuit et nous empêcher de faire pas mal de choses.
On se couche donc assez tôt après cet échec relatif de la première journée, prêts à se lever le lendemain à potron-minet pour en découdre avec le Púlpito del Diablo.

Ca monte raide

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Jour 2 – Une côte éprouvante

Le lendemain, on se lève aux aurores conformément à l’accord passé avec les gardiens du parc pour partir sans déjeuner. On le fera un peu plus haut, en surplomb de la vallée et des lacs. Et ça vaut la peine de sortir du chemin, ne serait-ce que pour s’isoler de la foule et parce qu’on a une bien meilleur vue sur la vallée. On y voit le lac de la veille, le cours d’eau qu’on a suivi pour monter, les frailejones de la vallée qui paraissent bien peu nombreux en comparaison de ceux au-dessus de nous.  On déjeune donc des biscotes au miel accompagnées d’une infusion de coca et on prend quelques photos de ce chouette paysage avant de repartir pour une montée qui s’annonce (très) raide. En effet, en regardant la carte d’un peu plus près, on calcule que c’est une pente d’environ 30° qui nous attend…
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Le lac et la vallée de la veille

Le lac et la vallée de la veille

Il y a beaucoup de monde qui monte pour aller toucher la neige en contrebas du Púlpito del Diablo, et presque autant qui en redescend. De tout âge, la plupart monte sans équipement. C’est donc un peu une ballade sportive en famille, et, pour une fois, nous n’avons pas été dérangés par tout ce monde puisque l’ambiance est sympathique et on ne se gêne pas pour monter. Certains, plus en forme et mieux équipés, montent avec crampons et piolets pour continuer jusqu’à Pan de Azucar, sommet un peu en amont du Púlpito. Mais tous nous regardent avec des yeux ronds à cause de nos deux sacs d’environ 50L pourtant pas si lourds, d’autant plus que presque personne ne pense à dormir là-haut.
En tout cas, la montée est difficile pour tout le monde, même pour les plus légers, et, Cécile manquant encore un peu de souffle, on s’arrête assez souvent. La montée est longue et s’achève à Nicho, un col escarpé à partir duquel on bifurque à droite pour choisir un emplacement dans l’aire de bivouac. En arrivant on découvre alors derrière une grande dalle rocheuse le Púlpito del Diablo et, plus loin, Pan de Azucar. Avec un peu de brouillard, ça vaut le coup d’être montés, ne serait-ce que pour la vue.

Même à contrejour et dans le brouillard, le Púlpito del Diablo (à gauche) et Pan de Azucar (à droite) valent le coup d

Même à contrejour et dans le brouillard, le Púlpito del Diablo (à gauche) et Pan de Azucar (à droite) valent le coup d’œil.

À l’aire de bivouac, le meilleur emplacement est déjà pris mais il y a de beaux rochers qui nous permettent de nous protéger du vent. On en évite néanmoins un à l’abri du vent mais un peu en pente et au sol légèrement humide, et heureusement.
En effet, dès que la tente est installée, la pluie se met à tomber, pas nécessairement très fort mais suffisamment pour que, mélangée au brouillard, on ne voit plus à 20 mètres. On se met donc à manger dans la tente, en espérant que ça passe. Après le déjeuner c’est l’attente, puis l’ennui, entrecoupé de petits espoirs lorsque la pluie se calme. Elle ne s’arrêtera définitivement que pendant la nuit, vers 2h. De toute façon, Cécile se sentait un peu nauséeuse et j’avais un peu mal à la tête, il n’est pas certain que nous aurions poursuivi pour les 200m de dénivelés restants.
En sortant la tête lors des accalmies, on se rend compte qu’on a bien fait de se mettre un peu en hauteur. Avec la pluie apparaissent rapidement des ruisseaux, puis des torrents et des cascades un peu partout. L’emplacement de tout à l’heure n’y coupe pas et est maintenant le point départ de plusieurs ruisseaux. Nous sommes arrivés en marchant, mais pour aller chercher de l’eau à une de ces cascades, il faut maintenant sauter par-dessus des failles dans lesquelles passent des torrents.
Assuré que la tente est bien à l’abri, on s’endort au sec, quand même un peu frustrés d’être resté sur place toute l’après-midi.

Une bonne nuit, malgré la pluie quasi permanente et le froid à l’extérieur.

Une bonne nuit, malgré la pluie quasi permanente et le froid à l’extérieur.

Cette nuit était notre première à une telle hauteur, et on appréhendait un peu le froid mais tout c’est plutôt bien passé grâce aux sacs de couchage que nous avait prêtés ma sœur, merci à elle.

Ça descend sec

Jour 3 : De la rocaille et de la pluie toute la journée

Jour 3 : De la rocaille et de la pluie toute la journée

Le lendemain, c’est la descente puis remontée jusqu’à la Laguna Grande, pour déjeuner face aux glaciers. À partir de ce jour, on devrait être presque seuls, ce versant étant beaucoup moins facile d’accès.
On entame la descente après avoir vérifié auprès d’un garde que le chemin est bien celui qui descend très sec dans un pierrier. La réponse est oui et il y a des cairns pour se repérer. Dans un environnement quasi exclusivement minéral, à l’exception de frailejones en hauteur, leur recherche s’annonce comme une activité à plein temps.
On descend donc en passant de rochers en rochers, tout en essayant de s’équilibrer. La pierre est assez rugueuse et la descente finalement plutôt amusante, même si assez usante sur la fin. On perd plusieurs fois les cairns de vue, mais d’après la carte il suffit dans un premier temps de descendre jusqu’à un petit lac.
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Des frailejones, du brouillard mais surtout beaucoup de pierres lors de cette descente quand même bien amusante.

Des frailejones, du brouillard mais surtout beaucoup de pierres lors de cette descente quand même bien amusante.

Mais une fois arrivés en bas, impossible de trouver le cairn suivant. Nous sommes dans une dépression et les nuages nous empêchent de voir le moindre point de repère. Dès que le ciel se dégage, on en profite pour se positionner mais on reste très incertains du fait d’être sur le bon chemin. En cherchant bien après avoir posé les sacs, on trouve enfin le cairn suivant, loin, petit et caché derrière des broussailles. Je le déplace de quelques mètres et en rajoute un intermédiaire bien visible avec la direction vers laquelle regarder. Puis on continue après avoir perdu une bonne heure.
L’ascension est bien plus douce que celle de la veille, et on passe successivement par plusieurs paliers, avant d’atteindre un lac asséché (il se remplira au cours des deux mois suivant), puis un delta de ruisseaux, des zones humides remplies de frailejones. Et enfin, on aperçoit le premier lac, plein cette fois, la Laguna del Púlpito. Depuis que nous sommes repartis, une pluie fine mais régulière s’est déclarée. Si elle n’est pas dérangeante pour la marche, elle est usante tant elle dure. On continue néanmoins pour la Laguna Grande à travers un champ de pierres interminable dans lequel on doit monter doucement dans un décor totalement minéral. On doit donc, comme à la descente, passer de roches en roches en faisant cette fois-ci attention à ne pas glisser.
En chemin, au bord de la Laguna del Púlpito, on croise deux hommes, qui ont l’air bien fatigués. En effet, ils viennent de faire le circuit de 6 jours, celui qui est normalement fermé. Ils nous demandent le chemin jusqu’à la Hacienda la Esperanza et nous leur apprenons qu’ils allaient dans la mauvaise direction. On leur conseille de plutôt suivre notre route qui longe la Laguna Grande. Comme ils sont trempés jusqu’à l’os, ils préfèrent couper mais partent dans la bonne direction.
La pluie tombe toujours quand, une heure plus tard, on arrive à la Laguna Grande. Mais le blanc qu’on voit n’est pas un glacier mais un épais brouillard. Il est alors 14h et nous nous ne pouvons pas nous arrêter pour déjeuner, absence d’abris oblige. On décide donc de continuer jusqu’à la Cueva del Hombre, un peu plus bas sur le chemin du lendemain, qui devrait nous permettre de nous protéger de la pluie, quitte à faire l’aller-retour le lendemain si on peut y planter le bivouac.
Quand on y arrive, on court se mettre à l’abri. Nous ne sommes pas sûrs que ce soit légal, vu que la zone est protégée et que l’emplacement n’est pas repéré comme emplacement de bivouac, mais il y a deux personnes qui ont déjà planté leur tente. Apparemment ils sont là depuis quelques temps puisqu’ils ont un beau grill pour faire la cuisine. On mange, en attendant le soir, ne sachant pas trop si on peut camper ou pas. Quand la pluie s’arrête enfin, sur les coups de 16h, les deux hommes commencent à ranger leurs affaires puis l’un d’eux se dirige vers nous et nous demande si on veut bivouaquer ici. Pas très sûrs, on lui dit que oui, si c’est possible. Ce à quoi il nous répond, alors que son compagnon enfile sa veste de garde du parc, que c’est bien sûr possible et qu’il nous conseille d’attendre qu’ils soient partis pour planter la tente là où ils ont la leur, c’est-à-dire l’emplacement le plus large, protégé du vent par des murets, facile d’accès depuis la rivière en contre-bas, plat et bien enfoncé dans la grotte, sans filet d’eau qui coule dessus. Sachez-le, l’emplacement rêvé, le palace des montagnes, le cinq étoiles du bivouac se trouve à la Cueva del Hombre.

Cécile descend du Versailles andin.

Cécile descend du Versailles andin.

Une fois installés, il nous reste la soirée pour prendre de belles photos des frailejones du páramo supérieur. Si le temps vaut le coup, on essaiera de remonter à la Lagune Grande le lendemain avant de redescendre et terminer le trek.
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Les frailejones, malgré leurs têtes, font partie de la même famille que les marguerites. 

Les frailejones, malgré leurs têtes, font partie de la même famille que les marguerites.

À travers les frailejones et les moutons

Jour 4 - Une descente par une vallée impressionnante par sa végétation

Jour 4 – Une descente par une vallée impressionnante par sa végétation

Le lendemain, on se lève un peu avant 6h pour repartir le plus tôt possible après avoir profité de la lumière pour prendre des photos. Sous la grotte nos affaires ont à peu près eu le temps de sécher, mais pas le ciel vers la Laguna Grande. Il est tout aussi gris que la veille, ça ne vaudra pas la peine de remonter voir la neige. C’est dommage mais nous aurons plus de temps dans la Valle de los frailejones.

Le matin, la lumière est très belle de ce côté-là du parc.

Le matin, la lumière est très belle de ce côté-là du parc.

Nous entamons donc la dernière journée plus tôt que prévu. Passé le premier palier, on contourne un petit lac puis un second. Les frailejones sont de plus en plus présents et nous n’avons même pas encore commencé à descendre dans la vallée. Arrivé dans une dépression remplie de plantes, on se décide à se prendre en photo. Avec le brouillard qui arrive, il faut se dépêcher pour qu’on puisse voir quelque chose. Lorsque Cécile fait les réglages tout va bien. Lorsqu’elle court pour me rejoindre aussi. Mais pas quand la photo est finalement prise, tant pis !
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Un bel arrière-plan uniforme pour cette photo.

Un bel arrière-plan uniforme pour cette photo.

Nous continuons donc sur un long bras de montagne  qui descend dans la vallée. De là on peut apercevoir notre point d’arrivée, des prairies bien vertes. Mais avant c’est la traversée de la vallée qui ne porte pas son nom pour rien.
Et en effet, plutôt qu’une simple vallée, c’est une grande plaine encastrée entre deux montagnes et remplie de frailejones. Parce qu’on est en avance pour descendre, on a tout loisir de les observer et s’apercevoir assez vite que la plante pousse comme un palmier : ce qui parait être son tronc est en fait les restes des anciennes feuilles et fleurs, sur lesquelles elle pousse. Avec un peu de cynisme on peut dire que chaque fleur pousse sur les cadavres de ses sœurs. Charmant, mais quand même impressionnant quand on est entouré de centaines de ces plantes. Malheureusement, avec la pluie nous n’avons pas pu en garder trace…
Une fois la vallée traversée on arrive à une rivière que l’on va voir grossir jusqu’à la hacienda La Esperanza, notre point d’arrivée. À partir d’ici, c’est une ballade dans la boue qui passe successivement par de la forêt puis des prairies dans lesquelles broutent des vaches et des moutons. En arrivant à la ferme par une petite descente, on manque plusieurs fois de faire les derniers mètres sur les fesses, tant celle-ci est raide et glissante.
Le fils des propriétaires, 13 ans maximum, nous accueille et nous propose d’appeler un taxi, ce qu’on accepte. En redescendant par un chemin assez boueux, alors qu’on passe devant une Vierge postée dans un virage en tête d’épingle, le chauffeur arrive à faire un signe de croix tout en tournant et en écrivant un texto. Une petite frayeur donc, pour finir ce récit. On arrive ainsi à El Cocuy en milieu d’après-midi pour attendre notre bus quelques longues heures.

La même église, de nuit cette fois-ci.

La même église, de nuit cette fois-ci.

Matériel utilisé pour ce Trek dans la Sierra Nevada El Cocuy en Colombie

Vêtements utilisé durant les 5 jours de Trek dans la Sierra Nevada El Cocuy

1ère couche

Catégorie Marque Modèle Pourquoi ce modèle ? Et à l’usage ? Si c’était à refaire
Chaussettes Mund Tramuntana Le confort et la thermicité polyvalente. Confortables. Je les tenterais une taille en dessous.
Collants Quechua Modèle arrêté, équivalent du “Collant Chaud” C’est une paire que j’utilise en hiver, je suis bien dedans. Assez vieux et usés, ils accrochent aux poils. Je prendrais des collants du même style.
Torse Quechua Techwool 190 ZIp Le confort du mérinos, sa thermicité et le prix. Parfait. Je reprendrais le même.

2ème couche

Catégorie Marque Modèle Pourquoi ce modèle ? Et à l’usage ? Si c’était à refaire
Pantalon Trespass Tico Mens Active La légèreté, le séchage rapide. Il sèche vraiment vite : à peine 1/4 d’heure après notre arrivée à la Cueva del
Hombre, il était déjà sec.
Je prendrais le même, ou peut être un pantalon un peu plus coupe-vent.
Doudoune Quechua Forclaz 700 Le rapport thermicité/prix et pour une utilisation en 2ème couche « bis ». Quelques plumes sortent. Je reprendrais la même ou une avec capuche.
Polaire Zajo Glacier Légèreté et thermicité. Confortable, surtout la capuche qui entoure bien la tête, mais le col est un peu trop serré. Je n’y ai pas réfléchi.
Tour de cou Buff Black Coupe-vent. Peu respirant. J’en prendrais un plus léger.
Bonnet Artisanat Bonnet péruvien artisanal En laine d’alpaga, très confortable. Extrêmement confortable et chaud malgré sa légèreté. Je reprendrais le même, et j’aimerais même en trouver d’autres pour prévoir son usure.

3ème couche

Catégorie Marque Modèle Pourquoi ce modèle ? Et à l’usage ? Si c’était à refaire
Chaussures Salewa Rapace GTX Le confort et le maintien. Les lacets ont tendances à sauter de leurs crochets s’ils ne sont pas bien serrés. Je reprendrais les mêmes, elles me sont très confortables.
Veste Millet K Pro GTX La protection, la durabilité. Comme beaucoup de vestes Gore-Text, elle a du mal à respirer lorsqu’il fait sec. Je me la suis fait voler sur Bogotá puis je l’ai retrouvée 3 mois plus tard, cette fois-ci je la garde !

Équipement utilisé durant les 5 jours de Trek dans la Sierra Nevada El Cocuy

Campement

Catégorie Marque Modèle Pourquoi ce modèle ? Et à l’usage ? Si c’était à refaire
Tente Vaude Taurus Ultralight Légère mais robuste et résistante au vent. Un peu basse et pas forcément facile à tendre, mais très bien quand même. Lorsqu’il sera temps de la changer, j’en prendrai une autoportante encore plus légère comme la Hubba Hubba NX de MSR (un peu pour le nom, je l’avoue).
Matelas Therm-a-rest Z-Lite Original Assez isolant et pliable donc facilement transportable. Assez fin, il faut faire attention à ne pas avoir de cailloux sous la tente. On s’est fabriqué des sacs imperméables à partir d’un poncho imperméable pour ne pas craindre la pluie. Je prendrais bien le modèle au-dessus (Z-Lite Sol) pour plus de thermicité ou un autogonflant si léger.
Sac de couchage Lestra Sport Arctic Extreme 225 La thermicité (-5°C à -11°C). Confortables et bien chaud mais un peu lourd (synthétiques). Cécile a eu un peu froid mais avec une paire de collants tout s’est bien passé. Je penche pour le Swing 900 de Valandré qui me parait être un bon compromis au niveau du prix.
Réchaud Primus Mimer Duo Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en allant en Colombie, j’ai donc choisi un réchaud s’adaptant à tout type de cartouches. Finalement ce n’était pas la peine, tous les types de cartouches sont vendus en Colombie… J’achèterais un réchaud plus compact comme l’Express ou le Power Cook de la même marque.
Popote Optimus Terra Weekend HE Cook Set Volume et rayon permettant ranger une cartouche de gaz. Présence de radiateurs en dessous pour canaliser la chaleur. En plus de ça, elle n’accroche pas et est facile à nettoyer. Je reprendrais la même.

Dans le sac

Catégorie Marque Modèle Pourquoi ce modèle ? Et à l’usage ? Si c’était à refaire
Sac Millet Khumbu 55 + 10 Le confort, le volume, l’accessoirisation. Il m’est confortable mais couine. La poche du dessous est un peu juste pour un sac de couchage synthétique. Je prendrais un sac de 50 + 10 avec une poche basse plus grande.
Lunettes Quechua Équivalentes des actuelles Orao Héliades CAT3 Catégorie 3, design me permettant de les porter en simple voyage. Confortables, elles me tiennent bien droite. Pour ce que je fais maintenant elles me vont, mais il me faudra surement changer pour des lunettes plus typées montagne (œillères).
Frontale Petzl Tikka XP3 Le prix (en promotion), la puissance et l’autonomie. La lumière rouge est pratique le matin ou le soir, et sa puissance nous été bien utile l’hiver dernier en début de nuit dans le Vercors. Bon maintien au niveau de la tête. Je reprendrais la même.
Boussole Quechua C 300 Légère et transparente. Elle met un petit peu de temps à se stabiliser mais rien de bien méchant. Je reprendrais la même.
Altimètre Ever-Trust Vieux mais semblable au No. 690 Emprunté à mon père. Il est assez peu précis, même s’il donne une bonne idée de l’altitude. J’en prendrais un plus compact et surtout plus précis.
Porte-carte Quechua M 100 Un bête porte-carte. Il est assez grand, protège bien de l’eau, mais si il était possible d’écrire et d’effacer au feutre ce serait mieux pour se positionner sans sortir la carte. J’en prendrais un sur lequel on peut écrire et effacer au feutre.
Appareil photo Nikon D90 Facile à prendre en main pour un appareil professionnel et prix raisonnable (bonne occasion). Assez lourd pour la rando mais super capteur pour des photos. Améliorer le système de portage sur l’avant qu’on avait bricolé et ajouter un objectif grand angle. Et changer le temps, le brouillard c’est gênant.

Si vous souhaitez faire d’autres randonnée en Colombie voici le récit de 4 jours de Trek en Ciudad Perdida

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