Les cascades de glace au Canada

par Expérience Outdoor

Récit de son expérience Les cascades de glace au Canada du (03/03/14 – 27/03/14) par Yoann FOULON membre de l’Equipe Nationale Alpinisme FFME

Lieu :

Canada – Rocheuse Canadienne. Nous avons atterri à Calgary, puis nous sommes allés grimper dans la région de Canmore.

Nous devions concentrer notre séjour dans cette zone mais les conditions de neige de la dernière semaine nous ont obligé à descendre plus au sud jusqu’aux Etat Unis dans le parc national du Grand Téton.

Hébergement :

Au Canada nous avons logé dans un gîte très bien équipé (Cuisine complète, salle de bain, toilette, canapé, télé, jacuzzi, billard…) à Canmore : « Roockies mountain ».

Aux Etats-Unis dans la ville de Jackson nous avons dormi dans plusieurs hôtels.

Participants : Yoann Foulon et l’équipe nationale d’alpinisme masculine

Caractéristiques : Des cascades de glaces de gros volume (hautes et larges). Des paysages immenses et une nature sauvage inhabituelle pour des Européens comme nous.

Les spots à retenir :

  • « Hafner creek », secteur de couenne. Parfait pour se mettre en jambe, ou pour les journées de mauvais temps. Possibilité de faire de la glace, du dry et du mixte.
  • « Gohst valley », vallée sauvage avec plusieurs cascades d’ampleur : « Rainbow serpent », « Fear foot symetrie », ….
  • « Icefield Parkway North » le secteur regroupant « Polar circus », « Weeping wall », “Cineplex”…
  • « Mount Rundle» le secteur surplombant la vallée de Banff avec les mythiques voies de « Terminator » et « Sea of vapor »
  • Le massif du « Grand Téton national parc » aux Etats-Unis, un beau petit paradis pour le ski et quelques belles faces nord.

Bibliographie :

– « ICELINE Select Waterfalls of the Canadian Rockies », une belle sélection de cascades de glace autour de Banff et Canmore.

– « Mixed climbs in the Canadian Rockies », idéal pour trouver les itinéraires mixtes.

– “Waterfall Ice: Climbs in the Canadian Rockies”,

– “A climbers guide to the Teton Range”, pour trouver des projets dans le massif du Grand Téton.

Vous trouverez plein d’informations sur le Canada avec le guide de voyage Lonely Planet.

Sortie cascade de glace au Canada Guide de voyage Lonely Planet Canada

Lien internet :

Chloe Graftiaux

Gravsports-ice

Canmore Rocky Mountain inn

Cascade de glace, mixte et autres plaisirs dans l’Ouest Canadien

Ce troisième stage avec l’équipe nationale d’alpinisme se déroule au Canada, après l’escalade traditionnelle et les « big wall », celui-ci a pour thème l’escalade sur glace. C’est au mois de Mars que nous nous retrouvons dans les rocheuses Canadiennes pour gravir les belles cascades gelées du Pays. Cette période de l’année permet d’avoir des conditions météorologiques moins froides que les mois précédent présageant une escalade plus agréable. Nous atterrissons à Calgary sous une température en dessous -20°C, cela nous choque et les doudounes sont vite sorties du sac. Rien de te tel que la plume pour apporter de la chaleur. Nous louons une voiture à l’aéroport puis nous faisons route vers Canmore, une charmante petite ville située au pied des montagnes à 1 heure de Calgary. Les Paysages gigantesques rappellent les Etat Unis. La route est bien gelée et notre passage soulève des nappes de neige poudreuse qui avec les couleurs du soir offrent un spectacle féérique. A Canmore, nous passerons le séjour dans un petit gîte fort mignon et très bien équipé, nous avons même droit à un jacuzzi!

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Premier jour :

Le décalage horaire aidant, nous nous levons tôt pour aller découvrir la glace nord Américaine. Il s’agit d’un premier jour d’acclimatation au froid, de remise en jambe et de re-faire le point sur les aspects techniques et sécuritaires de la pratique de l’escalade sur glace. Le spot de «Hafner creek »  semble tout adapté à cette première journée. Une courte approche permet d’accéder à un canyon ou une multitude de voies nous y attendent. Ce secteur haut d’une vingtaine de mètres offre des voies de glace, de mixte et de dry. Nous reprenons nos sensations sur la glace tout en nous rendant compte que le froid n’est pas si piquant que ce que nous pensions.OUF !

Deuxième jour :

Il est temps d’attaquer les hostilités, place aux belles et grandes cascades… Le topo «« ICELINE Select Waterfalls of the Canadian Rockies » présente tant de belles lignes dans la région qui nous a fallut plusieurs quart d’heurs avant de jeter notre dévolue sur la «  Ghost Valley ». Un endroit sauvage et magnifique que nous atteignons après une bonne demi-heure de 4×4 sur des pistes enneigées. Le 4X4 s’avère indispensable si on souhaite quitter les quelques zones urbanisées de l’Ouest Canadien.

Le début de la cascade convoitée se passe dans un « ruiseling » ou quelques murs raides nous obligent à grimper dans les méandres d’une rivière gelée. Des approches comme ça : c’est un régale. La cascade se déroule en deux parties : une première cascade en grade 5 qui s’appelle « Aquarius » permet d’accéder à un cirque suspendu d’où part deux belles cascades bien verticale et fortement sculptées : « Rainbow serpent » et « Fear foot symetry » toutes les deux en grade 6. « Rainbow serpent » offre une escalade atypique. Le cheminement se fait au travers de méduses de glaces donnant une sensation de surplomb, c’est un pur régale à grimper. « Fear foot symetry » est plus fine, la structure de la cascade nous semble nettement plus fragile, nous grimpons donc avec douceur, nous utilisons de simples crochetages lorsque nous pouvons nous le permettre. C’est une belle journée, nous avons pris de belles images plein les yeux et de bonnes sensations. Le voyage débute bien.

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Troisième jour :

Nous voulons aller voir la fameuse cascade de « Weeping wall ». Cela faisait des années que je voyais des photos de ce mur de glace, mais quand nous sommes arrivés au pied, j’ai halluciné. Il est large, il est haut, il est raide et surtout il est beau. A l’heure ou nous sommes arrivés, 3 cordées grimpaient déjà l’impressionnante cascade. Bien que large, nous ne pouvons pas nous permettre d’y grimper à quatre cordées de plus. Une autre cascade de glace se situe à 15min de voiture. Dimitri, Eric Antoine, Philippe et moi nous dévouons pour délaisser le beau mur de « Weeping wall » pour aujourd’hui. Nous allons planter nos piolets dans la glace de « Custing call ». Cela fait un beau mur de 100m de haut plutôt bien vertical. C’est encore un régale de grimper, la glace nous offre des passages uniques et des sculptures qui ne resteront qu’éphémères. Le Paysages est grand, en Europe nous n’avons pas l’habitude de voir de tels espaces sauvages. Nous nous situons dans le parc des glaciers, et j’imagine très bien la beauté qui doit en ressortir l’été, j’y reviendrais un jour sur la période estivale, c’est sur.

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Quatrième jour :

Nous choisissons une cascade plus proche de Canmore, 1h seulement de voiture nous permet d’arriver au parking, ce qui est plutôt rare. En revanche nous devons continuer une bonne heure à ski sur une AUTOROUTE. Une autoroute fermée en hiver pour raison de neige bien sur. Passer devant les panneaux routiers à ski fait vraiment bizarre, d’autant plus que comme la ville suivante est loin, ils indiquent des distances hallucinantes.

La cascade une fois de plus s’accède par un « ruiseling » joli mais néanmoins éprouvant à cause des grosses accumulations de poudre de neige qui rendent la progression lente et pénible, heureusement que Philippe armé d’une pelle à neige devient un véritable chasse neige. Nous croisons dans cette gorges une cordée de grimpeur Autrichien que nous avions déjà croisé au Yosemite à l’automne dernier, le monde de l’Alpinisme est vraiment petit… La cascade est plutôt courte, elle fait 80m. La glace de la deuxième longueur est translucide, nous pouvons voir l’eau qui coule dessous, c’est esthétique. La longue approche à ski se fait presque oublier dans cette longueur.

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Cinquième jour :

La cascade de « Weeping wall » nous attend toujours, et le récit de nos amis qui y ont grimpé deux jours avant, nous motive à y retourner pour tenter notre chance à notre tour. Au pied du mur nous nous sentons vraiment petit. Nous avons la sensation d’être perdu au milieu d’un océan de glace. Cette chute d’eau gelée présente deux parties : la premier se fait en 3 longueurs et présente du grade 5 à 6 (c’est elle que nous appelons « Weeping wall »), la deuxième s’escalade également en 3 longueurs mais est plus raide que la précédente (elle se nomme « Weeping pillar »). C’est vraiment agréable de partir pour de telles longueurs on a vraiment le temps de se sentir grimper. Les larges murs permettent de choisir son propre itinéraire on a une belle sensation de liberté, un peu plus qu’en escalade rocheuse. Nous avons grimpé plus rapidement que prévu, à midi nous sommes à nouveau au parking à savourer nos sandwichs.

Maintenant place à la fiesta ! Nous passons une très bonne soirée dans un des PUB de Canmore ou nous recroisons nos amis Autrichiens.

Des amis, de la glace, des bières et de la musique que demander de plus. Je me rends compte à quel point j’ai de la chance de me retrouver là.

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Sixième jour :

Celui-ci est consacré au repos, nous passons la journée à manger, dormir, lire et regarder quelques films.

La belle vie je vous dis…

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Septième jours :

Un des autres objectifs de ce stage est de faire des voies plus « Alpines », nous décidons donc de commencer à repérer quelques itinéraires. Aujourd’hui nous allons grimper sur la cascade de « Curtain call ». Elle présente l’intérêt d’être située face à de très beaux sommets qui surplombent des faces nord gigantesques. Nous restons de long moment à repérer les itinéraires possibles et nous commençons à planifier les cordées en fonction des motivations de chacun. Le seul hic pour le moment est l’enneigement, en effet, il a beaucoup neigé ces dernières semaines et il y a une grosse dose de poudreuse partout, le risque d’avalanche est par conséquent très élevé, il faudra être patient et attendre que le manteau neigeux se stabilise, ce qui devrait être le cas si les températures continuent à monter.

Pendant ce temps, une cascade de glace nous attend… elle est très large et offre une escalade au soleil sur une très belle glace bleutée. Nous grimpons deux belles lignes en savourant la caresse du soleil sur nos vêtements.

Sur le retour nos esprits sont à nouveau hypnotisés par ces belles faces nord…. Patience.

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Huitième jour :

La « Gost valley » nous appelle de nouveau, certains veulent aller grimper les deux belles cascades de « Rainbow serpent » et « Fear foot symétry » alors que nous (Eric, Dimitri, Antoine, Kevin et moi) voulons aller faire la petite cascade de « Wicked panda ». Elle ne fait que 60m mais présente de belles sculptures de glace, le relais du milieu se fait dans une grotte de glace. La deuxième longueur présente un petit plaquage sympathique. N’ayant que cette cascade à faire nous profitons du reste de la journée pour savourer l’aspect sauvage d’un tel espace. Nous essayons de nous aventurer plus profondément dans la vallée avec le 4X4 afin d’essayer de découvrir d’autres cascades mais il est difficile d’avancer avec la neige et nous bloquons la voiture dans la neige. Nous sommes contraints de sortir les pelles pour la dégager. Une heure après, nous arrivons à faire demi-tour et prenons la sage décision de rentrer.

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Neuvième jour :

Nous souhaitons aller découvrir un autre secteur connu, celui de « French reality ». Là aussi l’approche se fait en ski, il y a une telle quantité de neige que si nous sautons des skis, nous coulons… Pendant la monté nous avons une belle surprise, nous entendons sous nos spatules un « WOOF », il s’agit de la neige qui est instable et qui se tasse sous notre passage. Plusieurs « WOOF » nous font signe que nous ne sommes pas au bon endroit au bon moment et qu’il vaut mieux rebrousser chemin, si nous ne voulons pas finir sous 4m de neige.

Tant-pis, nous retournons à la voiture et allons chercher un autre secteur plus sécurit.

Nous choisissons d’aller voir une petite cascade à Lake Louise. Lake Louise c’est un peu le Megève de chez nous, dans le sens que c’est une station balnéaire pour des gens qui ont les moyens. Si on met à part les constructions urbaines, le paysage est féerique. Un grand lac gelé s’étend dans une vallée au bout de laquelle de grandes falaises représentent le socle de glaciers suspendus. La cascade que nous souhaitons grimper se situe au bout du lac, nous avons évité la marche d’approche en nous faisant prendre en stop par une moto-neige…Le luxe.

Sur la partie droite de la cascade nous avons pu faire quelques voies de Dry-tooling avant d’escalader en mode éclaire le mur de glace. La cascade étant au soleil, elle était très tendre et nous appelons cela une glace sorbet.

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Dixième jour :

La veille, une partie de l’équipe est allée grimper la célèbre cascade de « Sea of Vapor » au secteur du « Mont Rundle », ils nous conseillent vivement d’aller y grimper. L’approche est un peu longue, nous marchons 30min sur une route verglacée, puis nous prenons un sentier qui monte dru dans la pente (verglacé lui aussi). Nous surplombons l’immense vallée de la «Bow river ». Nous allons en prendre plein les yeux aujourd’hui. Nous y sommes montés à deux cordées et comme nous ne pouvons pas être à deux cordées dans la voie, nous irons chacun notre tour. Antoine et Renaud partent en premiers. Il fait froid et pour ne pas trop nous refroidir, nous construisons une sorte d’igloo pour nous protéger du vent. Un thermos de thé plus tard nos acolytes sont en train de descendre, il est temps d’y aller… La ligne est vraiment belle, cela fait un beau et maigre plaquage sur 200m de haut. Un passage au milieu en mixte nous demande un peu de concentration. Le « gaz » est omniprésent, avec l’immensité du paysage derrière nous, nous avons presque la sensation de voler. La troisième longueur se passe dans un mur lisse et vertical très esthétique à escalader. Nous pouvons utiliser les encrages que nos amis ont déjà utilisé afin d’éviter de trop taper et casser la glace fine. La quatrième et dernière longueur est un peu moins belle, et la glace plus fragile nous demande un peu plus d’attention mais nous sommes tout en haut de cette cascade qui donne l’impression de dominer toute la vallée. C’est vraiment une très belle voie.

Comme pour ajouter un peu plus de magie à cette journée, nous rencontrons à la descente un groupe de cervidés.

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Onzième jour :

Journée de repos. Nous visitons les petites villes de Canmore et de Banf.

Douzième jour :

Nous souhaitons aller grimper une voie mixte (glace et rocher) qui s’appel « Auto de feu ». La voie se situe sur une belle paroi accessible en ski. Nous sommes encore surpris par la quantité de neige. Le départ de la voie est au dessus et en dessous de pentes de neige qui nous semblent instables. Nous jugeons les conditions trop avalancheuses et préférons faire demi-tour.

Il est déjà tard, nous n’avons pas beaucoup de choix pour trouver un « plan B ». Nous décidons d’aller découvrir un petit site de « Couenne » en vallée qui présente des voies de Dry et de glace. En arrivant sur le parking le thermomètre indique 5°C… ce n’est pas bon. Nous faisons tout de même l’approche. Deuxième déception de la journée : Plus de glace du tout et les voies de Dry-tooling ne sont pas très attirantes. C’est une mauvaise journée, il vaut mieux rentrer réfléchir à ce qu’on fait les prochains jours.

Treizième jour :

Nous partons dans le secteur de « Weeping wall » pour faire une cascade courte, facile mais très jolie : « Nothing but the breast ». Quelques autres cascades de glace sont présentent mais les conditions d’avalanche trop marquées ne nous permettent pas leur accès ou nous expose un peu trop à d’éventuelles avalanches en amont.

Nous allons dormir dans un petit gîte de la vallée ou nous avons la chance de profiter d’un sauna.

Quatorzième jour :

Il y a quelques années j’avais vu un film présentant la cascade de glace au canada dans lequel D. Dulac grimpe une voie de drytooling dont le profil très déversant laisse imaginer une escalade très difficile. Il s’agit de « Musashi », une voie côté M12 dans le secteur du « Cineplex ». Aujourd’hui nous allons découvrir ce secteur.

L’accès est original, il faut faire deux rappels dans un canyon de glace se terminant en fil d’araignée et offrant au dernier moment l’arène dans laquelle nous devons grimper. Nous commençons par la voie « Cineplex », très belle voie de mixte nécessitant l’élaboration de quelques méthodes pour parvenir à dompter la gravité. Le profil très déversant met nos bras, nos abdos et nos jambes à l’épreuve.

Il est impensable de partir sans essayer la célèbre ligne de« Musashi ». Dégaines après dégaines nous arrivons à trouver des méthodes et même d’oser tenter un essai qui finira par fatiguer pour de bon nos petits bras. On reviendra…

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La sortie se fait par le même accès que la descente, nous grimpons donc deux belles longueurs de glace, permettant ainsi de finir sur une note plus douce.

Quinzième jour :

Repos et prise de décisions collectives. Nous souhaitons orienter la fin du séjour sur des voies « plus montagne ». Au Canada les conditions d’avalanche sont très mauvaises et nous ne pouvons pas espérer voir une amélioration avant la fin de notre séjour.

La solution s’avère être de tenter de descendre plus au sud. Au Etats-Unis la quantité de neige semble moins importante, et laisse présager des conditions exploitables dans le massif du « Grand Téton ».

Seizième jour :

En route pour les « States » ! 13h de route…

Dix-septième jour :

Prise d’informations auprès des locaux choix de projets et repérage des faces.

Avec la construction de nouveaux projets, la motivation est revenue à grand pas au sein de l’équipe. Cependant quand nous avons vue les belles faces nord du « Grand Téton » plaquée de neige nous la perdons de nouveau. Rien de très excitant nous semble réalisable en ce moment. Un enième « plan B » doit être trouvé. Nous choisissons d’aller grimper un itinéraire moins technique mais qui semble au moins éviter le « but » : la face sud du « Grand Téton » par la voie normale.

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Dix-huitième jour :

Nous nous préparons pour passer trois jours en montagne. Aujourd’hui nous réalisons une longue approche à ski. Nous traversons une plaine, un lac, une forêt, des pentes de neige bien raides pour arriver au point de bivouac sous le col sud à 3400m d’altitude. Le froid est bien présent et nous nous activons rapidement pour construire des abris à vent et un igloo. Cela nous réchauffe et nous permet de faire un dîner dans des conditions presque confortables sous cette température de -20°C. Autant dire que j’apprécie ma bonne grosse doudoune RAB et mes chaussures Phantom 6000 de chez SCARPA. Sous ces températures le seul réchaud réellement efficace est le Reactor sz MSR qui nous permet de faire fondre de la neige relativement vite. Nous ne traînons tout de même pas à entrer dans nos sacs de couchage ou je retrouve une véritable sensation de chaleur.

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Dix-neuvième jours :

Nous décollons de notre camp de base à 8h00. Nous avions fait 3 cordées de 3. J’étais avec Philippe et Renaud. Sur la marche d’approche, Philippe repère une goulotte qui semble être en bonne condition et présenter de belles longueurs de glace. Nous décidons de laisser tomber l’idée du sommet du « Grand Téton » pour essayer d’aller grimper cette goulotte.

La première longueur est constituée d’une partie en rocher pas facile à protéger, suivie d’une section de glace très fine et cassante, nous mettons deux heures à la gravir après quelques passages d’artif. La longueur suivante présente une glace plus solide et passe sur un petit tube très agréable à grimper suivi d’une belle dalle de glace au soleil. La suite de la goulotte est un mélange de neige, glace et rocher, et permet d’arriver à un col duquel nous décidons de nous arrêter. Il aurait fallut partir avec le matériel de bivouac pour continuer vers le sommet, ce qui aurait fait une voie absolument magnifique.

En rentrant au camp de base nous constatons que nos amis ont plié bagage, ils ont du arriver au sommet puis décider de re-descendre. Nous plions bagage à notre tour, puis commençons la longue descente en ski.

Un gros burger Américain nous attend dans la vallée.

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Vingtième jour :

Tourisme dans la ville de Jackson.

Vingt unième jour :

Retour au canada et bonne fiesta à Calgary

Vingt deuxième jour :

Retour en France.

 

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Merci à RAB, BLACK DIAMOND, PETZL, ICEBREAKER, SCARPA, BEAL, VAUDE et GARMIN pour le matériel de qualité.

Merci à Jade de toujours me soutenir.

Matériel testé :

Matos Nom Marque Premier sentiment Remarques
Doudoune Chaude Batura jacket RAB Grosse veste très confortable avec beaucoup de poches. Les fermetures semblent permettre une isolation totale aux éléments extérieurs. La membrane extérieure résistante à l’eau donne l’impression d’être très résistante. Elle semble parfaite pour affronter les pires conditions de la montagne. Seul bémol, elle est un peu volumineuse mais nous ne pouvons pas tout avoir… Une vraie doudoune d’expédition, je ne vivais pas le froid de la même manière avec. Même avec du -25°C je sentais qu’elle m’apportait de la chaleur. Je n’ai pas eu l’occasion de la tester trop de fois (uniquement pour la sortie sur le « Grand Téton », pour les journées cascades de glace en vallée elle présentait un peu trop d’encombrement par rapport à la réelle nécessité d’un tel apport de chaleur. Je la testerai mieux sur l’expédition prévu en 2015 en Himalaya.
Salopette Goretex Down Patrol  BLACK DIAMOND Une salopette qui semble bien isolante, à la fois rigide laissant présager une bonne robustesse surtout pour le bas du pantalon ou les coups de crampons peuvent être fréquents. Sa coupe permet une aisance de mouvement qui devrait être agréable pour grimper. Très bonne imperméabilité et isolation à l’air. Elle est effectivement agréable à porter. Une poche napoléon permet d’avoir son stock de barres énergétiques en accès facile. Elle présente deux ouvertures latérales le long des jambes qui se rejoignent dans la partie fessière, se qui présente l’avantage de (1) pouvoir aérer le pantalon lors des efforts intenses (notamment les marches d’approches) et (2) faire ces besoins sans avoir à enlever baudrier et pantalon (une révolution). Les bretelles tiennent très bien. Seul point négatif : la guêtre ne se fixe qu’avec un crochet (prévu pour les lacets) donc sur des chaussures types « Phantom 6000 », le maintien dans la neige est limité.
Caleçons   Icebreacker Sceptique sur le confort de la laine: peur que cela gratte Au final, très confortable, et cela limite grandement les odeurs: si tout le monde était habillé de la tête aux pieds en laine Mérinos, les dortoirs des refuges sentirais meilleurs…
Baudrier Adjama PETZL Dans le magasin je l’ai trouvé plus confortable que les autres baudriers, pour un harnais réglable je le trouve assez léger et compact Vraiment très confortable, c’est la première fois que je fini une course en montagne (rocher) sans marques du baudrier sur le corps. Réglable aux cuisses, 4 portes matos, porte caritool, léger, compact et confortable l’Adjama est un vrai baudrier d’alpinisme, il n’y a rien à en redire…
Casque Sirroco PETZL Casque léger, je m’interrogeais sur sa résistance et au vu de ses sangles fines j’avais un peu peur qu’il soit inconfortable Sa légèreté est exceptionnel, on ne le sens pas sur la tête, les sangles fines se calent correctement le long du vissage, elles n’apportent donc aucunes gênes. Un aimant permet de clipper facilement le casque (même avec des gants). Contrairement à d’autres casques celui-ci ne se marques pas, des tests indiquent qu’il est plus résistant que les casques Elios.
Chaussure Phantom 6000 SCARPA Grosse chaussure, mais étonnamment légère. Mon pied est très bien englober, j’ai la sensation d’être dans une pantoufle. C’est une chaussure très chaude, je n’ai jamais ressenti de froid avec. En plus du poids qui est surprenant, la « Phantom 6000 » offre une bonne précision pour la grimpe. Le système de laçage est également très pratique même avec des gants (cordons de serrage pour le chausson interne et zip pour la guêtre externe). Le fait d’avoir un chausson qui se sépare facilite le séchage et permet en bivouac de garder seulement le chausson pour entrer dans le duvet.
Polaire Coefficient jacket BLACK DIAMOND Elle semble légère, elle est proche du corps et est agréable à porter, on ne la sent pas. Par contre j’avais peur que le niveau thermique ne suffise pas pour la Canada Finalement elle s’est avérée efficace en apport de chaleur, avec un sous vêtement en laine merinos en dessous et une veste (gore tex ou softshell) au dessus ça allé très bien. En plus elle est bien respirant et elle sèche rapidement. Je voulais la porter tous les jours. Un élastique en bas des manches permet de bien isoler les bras, il faut juste penser à mettre la montre par-dessus si non on ne peut pas regarder l’heure.

Echantillon du matériel présent pour la course :

Catégorie  Nom du model   Marque Pourquoi avoir fait le choix de ce model au départ  Est ce que ce choix a répondu à l’expérience racontée dans ce roadbook   Si c’était à refaire 
Doudoune chaude Batura jacket Rab Doudoune très chaude mais avec un bon pouvoir de compression. Elle est imperméable. Oui, très appréciable lors de la course sur le « Grand Téton ». Elle possède plein de poche d’on deux qui sont très grandes (idéal pour ranger les moufles) Si je pars dans des conditions sous -20°C je la reprendrais sans hésitation
Doudoune M vega jkt Mountain Equipment Très bon compromis entre légèreté, compacité et chaleur (vérifié, je l’emmène partout, c’est plus chaud que n’importe quel autre vêtement et en plus elle prend tout juste la place d’une petite polaire) Oui, attention toutefois à deux points, (1) à la fragilité du produit : résistance à l‘abrasion réduite, donc à éviter dans les cheminées et autres étroitures(2) au pouvoir imperméable limité, produit seulement dé perlant

Se comprime dans un petit sac permettant de l’accrocher au baudrier pendant les longueurs

A garder
Veste imperméable Crestone jacket Vaude Imperméabilité, respirabilité, légèreté Oui, ultra compact elle tient facilement dans la tête d’un sac.Seule inconvénient : elle peut être un peu fragile… Parfait en veste « fond de sac » Les poches sont grandes et bien placées, très bien pour ranger les gants et les moufles
Veste softshell Men’s Sardona jacket Vaude Coupe vent, respirabilité, capuche très proche de la tête (parfait pour le casque), et le maintient des manches Elle est bien coupée, on ne la sent pas dans les mouvements. Elle isole bien du vent et offre tout de même une bonne déperlance. Un passant pour le pousse au bout des manches permet un bon maintien lors de la grimpe. L’élastique des manches a tendance à se détendre avec les lavages. Je l’emmène avec moi dans toutes mes sorties escalade (cascade, rocher) et ski par temps sec
Première peau (haut) M BF260 ls tech half zip Icebreacker Un bon apport de chaleur avec une bonne régulation thermique et la tenue des manches par des passants de pouces Oui, en plus l’ouverture du col permet d’ajuster en fonction du ressenti de température. On ressent moins l’humidité de la transpiration qu’avec des modèles en synthétiques A continuer
Première peau (pantalon) Men’s Seamless tight Vaude Apport thermique avec le minimum d’encombrement Très bien pour mettre sous un pantalon en Gore tex ou softshell Je garde
Pantalon Softshell ? Vaude Très souple et collant (limite les coups de crampons dans le bas) Bonne imperméabilité au vent, et très léger. A mettre dans des conditions sèches
Salopette Gore tex Down Patrol Black Diamond Une salopette qui semble bien isolante, à la fois rigide laissant présager une bonne robustesse surtout pour le bas du pantalon ou les coups de crampons peuvent être fréquents. Sa coupe permet une aisance de mouvement qui devrait être agréable pour grimper. Très bonne imperméabilité et isolation à l’air. Elle est effectivement agréable à porter. Une poche napoléon permet d’avoir son stock de barres énergétiques en accès facile. Elle présente deux ouvertures latérales le long des jambes qui se rejoignent dans la partie fessière, se qui présente l’avantage de (1) pouvoir aérer le pantalon lors des efforts intenses (notamment les marches d’approches) et (2) faire ces besoins sans avoir à enlever baudrier et pantalon (une révolution). Les bretelles tiennent très bien. Seul point négatif : la guêtre ne se fixe qu’avec un crochet (prévu pour les lacets) donc sur des chaussures types « Phantom 6000 », le maintien dans la neige est limité. Je la remettrai la saison prochaine, peut-être plutôt pour le ski
Pantalon Goretex Aletsh pant II Vaude Imperméabilité Très bonne imperméabilité mais je l’ai trouvé un peu trop rigide (la fermeture éclaire latérale est protégée par une doublure qui rigidifie la structure du pantalon) A renouveler dans des conditions hivernales
Gants Aletsh sympatex glove Vaude Dextérité et chaleur Bonne dextérité mais un peu limite pour des températures très négatives (<-10°C). Mais bonne tenu et surtout au point sur la robustesse se qui est rare sur des gants de cascade de glace Je les gardes pour l’hiver prochain
Moufles Mercury Black Diamond Chaleur Bon apport de chaleur et suffisamment spacieux pour les enfiler avec les sous gants. Parfait pour les relais, les bivouacs ou les temps d’attente un peu long dans le froid A avoir toujours dans son sac en montagne hivernale
Sous Cagoule Sous cagoule Warm Odlo Chaleur et le minimum d’encombrement Très agréable quand la température descend un peu trop bas. Elle se porte facilement sous le bonnet et sous le casque A garder dans la poche
Duvet Phantom 0 Hard wear Chaud et léger Oui, 4ans que je l’utilise, même en dormant sur la neige avec un thermomètre affichant -20°C je n’ai jamais eu froid A refaire sans hésitation
Matelas léger Prolite 3/4 Thermarest Ultra léger et ultra compact Prend peu de place A refaire
Réchaud Optimus Providus Légèreté Oui, Parfait pour des courses ou le poids est un élément important A refaire, mais le « Reactor » s’est avéré beaucoup plus efficace pour faire fondre de la neige sous -20°C.
Sac à dos Minimaliste 15 Vaude Légèreté. Je doutais sur sa suffisance en volume. Très confortable et la contenance est suffisante pour toutes les voies à la journée que nous avons grimpé A refaire
Sac à dos moyen volume Jorrasse 40 Simond Pour des courses en montagne de quelques jours, et sa légèreté Oui, son volume est limite, il faut vraiment bien choisir l’essentiel et le confort de portage est moyen Je partirai plutôt sur un sac de 45 à 50litre maximum
Harnais Adjama Petzl Compromis entre légèreté, compacité et confort Oui, surpris du confort, c’est la première fois que je n’ai pas la marque du baudrier après des grandes voies A refaire
Mousquetons Jumbo HMS Simond Grande ouverture, confortable pour les manips Oui A refaire
Mousquetons Attache 3D Petzl Forme poire de taille moyenne. Model léger Oui, le seul point négatif est sa visserie qui a tendance à s’ouvrir facilement. A refaire
Poulie traction Micro traction PETZL Indispensable pour réaliser un secours en crevasse ou la remonté sur corde Oui A refaire
Corde à double Ice line 60m golden unicore Beal Corde fine, fluide et légère. Voyons sa résistance sur 3 semaines de grimpe intensives… Très agréable à manipuler, même avec les gants ou les moufles. Le traitement limite considérablement l’infiltration de l’eau dans la corde et évite d’avoir une corde toute raide à cause du gèle. Après 3 semaines de grimpe la corde ne parait pas user. A voir la résistance à l’usure dans le temps, pour l’instant j’en suis très satisfait
Corde à simple Joker Unicore Golden Dry 70M Beal Corde d’attache fluide, légère, de faible diamètre avec un bon dynamisme et un traitement de protection à l’eau Oui et le nouveau process unicore semble la rendre plus robuste qu’avant à l’abrasion Je continu à grimper avec pour le à vue ou les grandes voies
Chaussure Alpi Phantom 6000 Scarpa Chaussure Chaude Oui, très bien pour la chaleur, je n’ai pas ressenti de froid au pied du séjour. Dans le style de chaussure je les trouve légère et bien précise A refaire
Chaussette Extra heavyweight expedition TEKO Chaude et confortable Oui Je les gardes pour des conditions froides
Montre alti Fenix Garmin Altimètre, GPS Très bien, peu volumineuse pour tout ce qu’elle apporte : heure, Altitude, géo-localisation, marquage de point, traçage, vitesse… Une vraie station d’information, une aide précieuse pour la montagne
Frontale Tikka 2 plus PETZL Bon éclairage et différents modes d’éclairage (puissance) Oui Oui
Broches Laser speed PETZL Elle semble offrir une bonne prise en main Oui, et l’amorçage est très facile, c’est une révolution, en plus il existe un affuteur pour les affuter soi-même Je vais en prendre un jeu complet
Coinceurs CamalotC3/C4 Black diamond Stabilité, bonne amplitude d’ouverture et robustesse (même sur les petites tailles) Oui A continuer
Coinceurs CamalotX4 Black diamond Souplesse Oui, en plus ils offrent un meilleur compromis de souplesse contrairement aux Aliens qui sont un peu trop souples (difficiles à placer) Un jeu à avoir
Dégaines Anges Petzl Très lègères Oui Un peu cher
Porte broche Caritool PETZL Faciliter la pose et la prise des broches sur le baudrier Oui A refaire
Assureur Reverso PETZL Assurage du leader et du second avec corde à double Oui, en revanche la matière s’use assez rapidement A continuer
Sangle Fin anneau 60 PETZL Pratique pour rallonger les points de protections (spits, pitons, coinceurs…) Oui A refaire
Sangle Fin anneau 120 PETZL Pratique pour faire des relais Oui A refaire
Casque Sirroco PETZL Légèreté Oui, et très bonne tenue sur la tête, le clip aimanté permet une mise rapide du casque même avec des gants Je continue avec lui
Crampons Lynx PETZL Possibilité de modulé les pointes avants, les rentrés, bi-pointe, bi-pointe décallée, monopointe. Très bon crampon Je les garde
Piolet Quark PETZL Piolet polyvalent, montagne, glace et dry. Bonne ergonomie Oui, attention toutefois aux profils plus raides ou il peut désancré plus facilement que des piolets plus techniques comme le Nomic Satisfait
Arva Evo 3+ ARVA Simple d’utilisation, indication au son, indication de la direction et de la distance dès 40m Oui Oui
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