Trekking autour du Grossglockner en Autriche

par Emilie BRAY

Emilie BRAY nous partage son expérience de Trek autour du Grossglockner en Autriche

Marche à la fraîche durant la Trek autour du Grossglockner

Les belles lumières du matin

Informations pratiques pour préparer un Trek autour du Grossglockner

  • Date

du 13 au 20 août 2015

  • Lieu

Autriche, Länder de Carinthie et du Tyrol, massif du Hohe Tauern

  • Participants

1 baroudeur au milieu de 4 baroudeuses, tous rompus aux treks et voyages en milieu humide… un atout certain pour effectuer un trek estival en Autriche.

  • Où dormir

Pour faire le tour du Grossglockner, l’hébergement en refuge est la seule solution. Le camping sauvage en Autriche est interdit, d’autant plus que ce trek se déroule dans un parc national. Voici la liste des refuges dans lesquels nous avons dormi, par ordre chronologique :

  • Gleiwitzer Hütte (2176 mètres)
  • Berghotel Rudolfshütte (2315 mètres)
  • Sudetendeutsch Hütte (2656 mètres)
  • Stüdlhütte (2802 mètres)
  • Glocknerhaus (2132 mètres – 2 nuits)

Attention, les prix des refuges varient sensiblement en fonction du niveau de confort choisi. Nous avons opté pour la formule la plus économique, c’est-à-dire la nuit en dortoir. Il faut compter environ 40 € en moyenne pour une nuit en demi-pension. Membres du CAF, sachez qu’une remise de 50% sur la nuit vous est accordée sur présentation de votre carte de membre. Pour information, nous n’avions réservé que trois semaines avant le trek et nous avons réussi à obtenir des places en dortoir dans tous les refuges.

  • Où se restaurer/se réapprovisionner

Au cours du trek, nous ne redescendons qu’une seule fois dans la vallée, près de Kals am Grossglockner. A mon sens, il est difficile de réaliser ce trek en autonomie complète, car cela impliquerait de porter des sacs de plus de 20kg. Nous avons donc opté pour la demi-pension dans tous les refuges. De cette manière, nous n’avions que nos repas du midi à transporter dans nos sacs ; comme les petits-déjeuners étaient souvent très copieux, nous ne mangions pas énormément le midi.
Après diverses expériences de voyage (notamment de voyage dans le froid où la pause pique-nique en plein blizzard n’est pas des plus agréable), nous avons fini par adopter un style de déjeuner léger, rapide, mais riche en calories : avant de partir, nous constituons deux sachets refermables (contenance de 3 litres), l’un contenant un mélange de graines salées, l’autre, un mélange de graines sucrées. Cela procure suffisamment d’énergie pour marcher et tenir jusqu’au repas du soir, ce qui est d’autant plus vrai en Autriche où les gens mangent vers 18 heures.

  • Office du tourisme

Heiligenblut.at

  • Caractéristiques du trek autour du Grossglockner

– Trek situé au sein d’un parc national : le Hohe Tauern, créé en 1981 (c’est le premier parc national d’Autriche)
– Circuit en boucle au départ de Feirleiten, ce qui évite des problèmes de logistique
– Coût du trek : environ 300 € la semaine
– Climat : prévoir absolument des vêtements contre la pluie et le froid, même en plein été, car le trek se déroule dans un environnement alpin, avec des glaciers et parfois de hauts cols ; de fait, la météo peut changer très rapidement. Dans notre cas, nous avons rencontré toutes les configurations possibles : soleil, pluie, orage, brouillard, neige
– Difficulté : certaines étapes sont longues, en particulier celle qui relie le Gleiwitzer Hütte au Rudolfshütte. D’ailleurs, la plupart des trekkeurs effectuent cette étape en deux jours, en dormant au refuge Heinrich-Schwaiger Haus, situé à 2802 mètres d’altitude. Par ailleurs, le chemin emprunte quelques passages très aériens (trek déconseillé aux personnes souffrant du vertige)
– Fréquentation : la météo n’ayant pas été très bonne, nous n’avons pas croisé beaucoup de randonneurs sur les chemins

  • Quoi d’autres dans les environs ?

Il y a tellement d’autres massifs dans les environs qu’il est impossible de les citer tous. Sachez toutefois que, du Grossglocker, les Dolomites sont toutes proches. D’ailleurs, la traversée nord/sud du Tyrol en partant d’Autriche et en terminant au sud des Dolomites est une belle idée de trek qu’il me plairait de réaliser un jour.

  • Bibliographie

Trekking in Austria’s Hohe Tauern, Allan Hartley, Cicerone, 2010
Walking in Austria, Kev Reynolds, Cicerone, 2014
Carte n°40 Glocknergruppe – Alpenverein (échelle 1/25 000e)
Carte n°39 Granatspitzgruppe – Alpenverein (échelle 1/25 000e)
Partir en montagne avec les cartes détaillées est une évidence. Sachez néanmoins que le balisage, en Autriche, est très présent. A chaque intersection, on trouve les panneaux jaunes avec les destinations, les numéros d’itinéraire, les temps de marche. De plus, le marquage à la peinture rouge-blanc-rouge est omniprésent. Il est presque impossible de se perdre, même par temps de brouillard, car le balisage est vraiment rapproché.

  • Lien internet

Pour préparer notre trek, voici le lien vers une brochure détaillée et très bien faite (en anglais) conçue par l’équivalent du CAF en Autriche
Vous y trouverez toutes les informations nécessaires à l’élaboration de votre trek. Carte d’ensemble, profils altimétriques, détail des différentes étapes avec dénivelées, temps de marche, distances, contacts des refuges, etc.
Nous avons fait une variante de ce trek. Nous sommes partis de Feirleiten à pied, en laissant la voiture sur l’immense parking situé en amont de la route à péage. Et nous sommes revenus à notre point de départ à pied, sans avoir eu recours à un système de bus ou de navette.

Sentier proche de Rudolfshütte

Sentier proche de Rudolfshütte lors du trek autour du Grossglockner

Notre Trekking autour du Grossglockner en Autriche

Partis en congé sabbatique pendant un an en Europe à bord d’un van aménagé contenant nos « jouets » (parapente, planches à voile et VTT), nous avions à cœur de ne pas briser les liens avec nos familles et nos amis pendant cette période. De fait, le choix de voyager en Europe permettait plus facilement à celles et ceux qui le souhaitaient de nous rejoindre pour faire un bout de chemin avec nous. L’Autriche, à l’autre bout de l’arc alpin, était terra incognita et nous intriguait.
Nous nous sommes penchés sur une carte et nous avons vu que le plus dur serait de choisir parmi tous les massifs que compte l’Autriche. Notre choix s’est finalement porté sur le tour du Grossglockner au cœur du parc Hohe Tauern. Car nous avons vu un topo qui semblait correspondre à nos critères. A savoir un trek d’une semaine environ, avec de belles étapes et la possibilité de dormir en refuge. Il n’y avait plus qu’à trouver des dates qui convenaient à tout le monde.

parc national Trekking autour du Grossglockner en Autriche

Panneau signalant les limites du parc national Hohe Tauern

Retrouvailles

Parking de Feirleiten, sur la route du Grossglockner, mercredi 12 août à 17h25 : nous retrouvons Flo, Alex et Annik au milieu d’un flot impressionnant de voitures et de camping-car. Feirleiten est le point de départ d’une route panoramique **** qui permet, par beau temps, de voir le Grossglockner, les sommets environnants et de s’approcher d’un immense glacier, moyennant tout de même la coquette somme de 34,50 €. Pour nous, Feirleiten est le point de départ de notre trek qui, en sept jours, décrit une grande boucle autour du point culminant de l’Autriche, en passant par de hauts cols et à proximité de beaux sommets et de nombreux glaciers.
7h, le réveil sonne, nous voulons partir le plus tôt possible afin d’éviter les grosses chaleurs. Néanmoins, un curieux personnage retient notre attention. C’est un homme qui, selon toute vraisemblance, à passer la nuit dehors, et qui s’affaire autour d’un magnifique tracteur vert. Nous l’invitons à partager notre petit-déjeuner pantagruélique. Il nous raconte qu’il profite de sa retraite récente pour mener à bien quelques projets dont celui-ci. Faire un tour d’Autriche à bord de son tracteur (vitesse maximum, 12 km/h !). Et pour transporter ses affaires, il tracte une petite remorque qui lui sert de coffre et de lit le soir venu. Nous passons un bon moment avec lui et nous finissons par nous mettre en route. Un peu plus tard que prévu.

Refuge de Gleiwitzer

Cette première étape, jusqu’au refuge de Gleiwitzer constitue une bonne mise en jambes. 1200 m de dénivelées plus tard à travers forêts et alpages, nous arrivons à destination. Il y a déjà pas mal de monde là-haut. Nous trinquons à notre première étape, avec les traditionnelles pintes de bière et les non moins traditionnels « holunderblüten sirup » – entendez par là « sirop de sureau », boisson très répandue en Autriche. Comme il est encore tôt, nous profitons des chaises longues pour lire un peu et admirer le paysage. Le repas du soir est typique de la gastronomie locale : pommes de terre et beignets de viande. Dans mon for intérieur, je prie pour que les repas à venir ne soient pas tous dans cette veine, car la charcuterie et la viande en général ne sont pas vraiment mon fort.

Lever de soleil depuis le refuge Gleiwitzer durant notre trek autour du Grossglockner en Autriche

Lever de soleil depuis le refuge Gleiwitzer

Au petit-matin, le spectacle du lever de soleil sur les montagnes nous met de belle humeur pour commencer la journée. A ce moment-là, nous ignorons encore qu’il nous faudra marcher 12h30 pour rejoindre le refuge de Rudolfshütt ! En réalité, le topo sur lequel nous avons basé notre itinéraire, réalisé par une agence de voyage rhône-alpine, est complètement faux. Les mesures de dénivelées indiquées sont erronées et largement sous-estimées. Ainsi, au lieu des 1385 mètres de dénivelées annoncées, ce sont plus de 1800 mètres qui nous attendent.

Grandiose

Cette petite surprise passée, il faut reconnaître que l’itinéraire est grandiose. Loin d’être de la « montagne à vaches », le sentier prend des airs de via ferrata dolomitique et même de course d’arête facile jusqu’à un col situé à 3095 mètres d’altitude d’où la vue sur des lacs et des glaciers est éblouissante. Je vous éviterai la description détaillée de cette très longue journée que l’on pourrait résumer simplement en une succession de montées et de descentes. Bref, le concept même de la randonnée en montagne. Notons tout de même que le ciel bleu du début de journée laisse progressivement la place à de gros cumulus virant du blanc au gris foncé qui finissent par crever au-dessus de nos têtes en déversant une pluie bien froide.
A 19h30, le souffle court, les pieds en état de décomposition avancée et les genoux en vrac. Nous pénétrons dans cet étrange refuge qu’est le Rudolfshütt. En réalité, c’est un immense hôtel *** avec mur d’escalade, piscine et sauna dont les clients ressemblent davantage à des citadins bien comme il faut qu’à des trekkeurs crottés de boue et fatigués après une longue marche (ça, c’est nous !). La bonne nouvelle, c’est que le repas consiste en un énorme buffet… la mauvaise, c’est qu’il ne nous reste plus que 30 minutes pour en profiter car à 20h, les plats sont desservis.

La pluie n

La pluie n’est pas loin

Atmosphère bretonne

Comme les prévisions l’annonçaient, la météo s’est bel et bien dégradée, et même plus vite que prévu puisque nous avons terminé l’étape de la veille sous la pluie. A ce propos, le concept du parapluie fixé au sac de randonnée est testé et validé. En plus, ça marche aussi pour se protéger du soleil. Là, en l’occurrence, c’est la pluie et le gris qui vont nous accompagner jusqu’à la fin du trek qui se déroulera toujours dans une ambiance humide et cotonneuse parfois perçée par quelques éclaircies.
Malgré cette atmosphère bretonne, nous ne sommes pas trop gênés par la pluie qui a l’élégance de tomber en trombes chaque nuit et qui nous gratifie seulement de quelques ondées plus ou moins longues en journée. Dans ces circonstances, nous ne sommes pas étonnés de la timidité du Grossglockner qui persiste à se draper de nuages. Mais qui se dévoilent pourtant pour de furtives apparitions.

Variété

La variété des paysages nous surprend. Ce sont tantôt des lacs et des glaciers, tantôt des cols rocailleux, des gorges profondes ou bien des alpages accueillants recouverts de myrtilles. Les refuges, eux aussi, sont très différents, tant dans leur architecture, leur taille que dans leur fonctionnement et les repas qu’ils proposent. S’il fallait désigner le meilleur refuge du trek, ce serait sans hésiter celui du Stüdlhütte, situé au pied du Grossglockner, car c’est un refuge isolé et ceint de belles montagnes. Et parce que les repas, du soir comme du matin, sont excellentissimes ! A cette altitude, on n’est pas habitué à un tel luxe ! Au petit-déjeuner, ce ne sont pas moins de cinq types de céréales différentes qui sont proposées ! Et pour les amateurs de salé, il y a aussi de la charcuterie, des œufs, du fromage… difficile de se mettre en route après un petit-déjeuner si copieux.

Passage aérien lors de la 2e étape lors du trek autour du Grossglockner en Autriche

Passage aérien lors de la 2e étape

Chaos de bloc menant à un col - trek autour du Grossglockner en Autriche

Chaos de bloc menant à un col

Vue depuis un col lors du trek autour de Grossglockner

3000 mètres d’altitude – Grossglockner

Côté faune, nous étions plein d’espérances, mais ce n’est qu’au bout du troisième jour que nous apercevons notre première marmotte, toute dodue. Par la suite, nous en apercevrons bien d’autres ainsi que quelques bouquetins. Des vaches et des moutons aussi, mais ça ne compte pas vraiment, non ? Pour une immersion de sept jours en montagne, c’est peu. En revanche, côté flore, il y a de quoi ravir les botanistes de tout poil. Et pour les gourmands, à cette époque de l’année, c’est Byzance. Nous trouvons partout des myrtilles et des framboises à profusion !

le long du chemin lors du trek autour de Grossglockner

Cueillette de myrtilles – Grossglockner

Pause gourmande ! lors du trek autour de Grossglockner

La réponse à la question du livre sur la photo ! – Grossglockner

Au fil des jours se mettent en place de véritables rituels. A l’arrivée au refuge, certains aiment à s’étendre pour une sieste (plus ou moins longue), d’autres préfèrent s’interroger sur des questions existentielles comme « Pourquoi grimper sur les montagnes ? », ce à quoi j’ai trouvé la réponse en sirotant un chocolat chaud surmonté d’une montagne de crème, d’autres encore accordent une importance capitale à respecter une hygiène corporelle minimum en s’adonnant à une rigoureuse toilette de chat. Bref, chacun vaque à ses occupations jusqu’au repas du soir, servi vers 18h30. Où tout le monde se retrouve autour de la table, bien décidés à faire honneur à la cuisine locale.
Après cela, la digestion et les efforts de la journée aidant, la fatigue s’abat généralement sur nous sur les coups de 20h30. Et munis de nos précieuses boules Quiès, accessoire indispensable pour dormir en refuge, nous regagnons notre dortoir à pas de loups d’où s’élèvent parfois déjà des respirations sonores disgracieuses.

Vue sur le glacier Pasterze lors du trek autour de Grossglockner

Vue sur le glacier Pasterze

Glocknerhaus

Après cinq jours de marche, nous arrivons enfin au Glocknerhaus, dernier refuge avant la descente vers Feirleiten. Comme nous l’avions prévu initialement, nous y restons deux jours car nous voulons monter au Fuscherkarkopf. Un sommet à 3331 mètres, pour l’anniversaire de Flo. En plus, les prévisions annoncent une fenêtre météo sans pluie avec de belles éclaircies en milieu de journée. Cela nous décide définitivement à tenter cette ascension au lieu de terminer le tour du Grossglockner.
Du Glocknerhaus, nous rejoignons le Franz Joseph Haus, immense infrastructure touristique d’où l’on peut admirer sans peine le glacier Pasterze. Le plus long d’Autriche. Et les sommets environnants, en particulier le Grossglocker, la star locale. A propos de ce glacier, comme pour beaucoup d’autres dans les Alpes, le recul est proprement incroyable. L’un des panneaux pédagogiques montre en photo le recul glaciaire sur une période de 15 ans seulement. Entre 2000 et 2015 et le résultat est malheureusement effrayant. A 7h du matin, les lieux sont déserts, uniquement animés par quelques marmottons en vadrouille. Un réseau de tunnels aménagés, avec scénographie associée sur le thème de l’extraction de l’or, rejoint un sentier qui permet aux promeneurs de s’approcher au plus près du glacier.

Fusherkarkopf

Nous quittons le sentier principal pour prendre pied sur l’arête sud menant au sommet du Fusherkarkopf. L’itinéraire ne comporte pas de difficultés particulières mais mieux vaut avoir le pied alpin. Car il s’agit plus d’une randonnée aérienne que d’une promenade dominicale. Le plafond nuageux, aux alentours de 3000 mètres, laisse planer le mystère sur les géants qui nous entourent. Parfois, une trouée laisse entrevoir notre sommet couronné de ciel bleu, mais se referme aussitôt.
Nous parvenons sur l’arête sommitale en fin de matinée. Autour de nous, tout est blanc et cotonneux et bientôt la neige se met à tourbillonner ! Décidément, les prévisions météo, en montagne, sont à prendre avec des pincettes. Le sommet du Fuscherkarkopf n’est plus très loin. Mais l’arête qui y mène n’est pas très engageante. Aussi décidons-nous de nous arrêter quelques instants sur la petite plateforme qui s’offre à nous. Tant pis pour le sommet, nous ne voulons pas prendre de risque. Un peu de thé bien chaud, des biscuits en guise de gâteau d’anniversaire accompagnés d’un petit cadeau pour Flo. Quelques photos et hop, c’est parti pour une descente dans les rafales de neige.
Plus bas, des bouquetins nous regardent passer avec curiosité, indifférents à la neige qui tombe dru en ce 18 août 2015. Il est 12h30, nous retrouvons le chemin et ses tunnels, cette fois-ci encombrés de marcheurs encapuchonnés dans des capes de pluie colorées. A Franz-Joseph Haus, l’ambiance est bien différente de celle du matin. Les parkings sont remplis.Les magasins de souvenirs tournent à plein régime. Cette atmosphère de parc d’attractions contraste avec le caractère désolé et sauvage de notre escapade en altitude.

Arrivée sur l’arête sommitale du Fusherkarkopf lors du trek autour de Grossglockner

La tête dans les nuages

Pour la dernière étape de notre trek, la météo est annoncée exécrable. Nous sortons du refuge tout carapaçonnés sous nos capes de pluie ou nos parapluies, prêts à affronter les éléments déchaînés. En réalité, il n’en est rien, car il s’arrête de pleuvoir à l’instant où nous franchissons le seuil du refuge ! La pluie ne reviendra que pour la dernière heure de marche, peut-être une façon de mieux nous faire apprécier le chocolat chaud célébrant la fin du trek.
Cette dernière journée de marche, après un ultime col à passer, est une longue descente qui nous fait traverser tous les étages montagnards typiques. Environnement minéral au col, descente scabreuse le long d’un glacier – enfin, ce qu’il en reste – immenses alpages, forêts clairsemées avec les premiers chalets et, pour finir, marche bucolique en fond de vallée le long d’une rivière où l’on croise des randonneurs à la journée et des promeneurs en… voiturettes électriques ! Sans oublier les troupeaux de vaches paisibles, broutant nonchalamment ou s’invitant à notre table, l’air de rien.

Arrivée au dernier col de notre trek autour de Grossglockner

Dernier col de notre trek

Si les étapes, bien plus longues que prévues, ont mis nos corps à rude épreuve les premiers jours, force est de reconnaître que l’on s’habitue incroyablement vite à l’effort. C’est là que l’on s’aperçoit que nous disposons tous de ressources insoupçonnées et que le corps humain est une belle mécanique davantage destinée à l’effort physique qu’à la sédentarité croissante induite par notre mode de vie actuel. Malgré des conditions météo difficiles, nous avons bien apprécié ce trek. Même si nous aurions aimé mieux apercevoir le Grossglockner.
La qualité des refuges joue pour beaucoup dans l’appréciation générale d’une longue marche comme celle-ci. La plupart des refuges autrichiens sont dotés d’un confort qu’on ne retrouve pas toujours chez leurs homologues français. L’exemple le plus caractéristique est la présence de douches dans tous les refuges où nous sommes allés, du plus « modeste » refuge de montagne à l’hôtel d’altitude Rudolfshütte. Autre détail : les porte-chaussures chauffant qui certes, dégagent une odeur pestilentielle. Mais qui permettent de remettre ses chaussures sèches avant de partir pour une nouvelle journée de marche.
En temps normal, nous préférons l’ambiance rustique et simple des cabanes de montagne mais, dans ces conditions humides, je dois avouer que nous avons apprécié ces « luxes ». Enfin, l’ambiance grandiose, très « haute montagne », rendue grâce à la présence de tous ces glaciers, fait de ce trek un voyage d’altitude inoubliable.

Bilan en chiffres

  • 7 jours de marche (dont un pour aller à un sommet)
  • 8150 mètres de dénivelés positifs
  • 7h30 de marche en moyenne par jour (pauses incluses)

Matériel utilisé sur le Trek autour du Grossglockner

Petite précision : bien que ce trek se déroule au milieu d’un paysage de glaciers, il n’est pas nécessaire d’emporter du matériel d’alpinisme. Tout du moins pas au mois d’août, période de notre randonnée.
Au fil des ans et des différentes expériences de voyage, à force d’erreurs aussi, nous sommes parvenus à trouver des produits qui nous apportent un niveau de confort tout à fait appréciable dans presque toutes les conditions. A mon sens, seul l’aspect imperméabilité, que cela concerne les vêtements ou les chaussures, laisse encore à désirer. Mais peut-être n’ai-je pas encore testé les bons produits.

Le parapluie, notre meilleur ami à Grossglockner

Le parapluie, notre meilleur ami !

Equipement utilisé sur le Trek autour du Grossglockner

CATÉGORIE MODÈLE MARQUE POURQUOI CE CHOIX ? BILAN ET SI C’ÉTAIT À REFAIRE ?
SAC À DOS Guide 35+ BLACK DIAMOND Confort de portage Rien à redire sur l’aspect portage Ce sac est presque parfait. A mon sens, l’accessoirisation est juste trop faible. L’idéal serait d’ajouter une poche au niveau de la ventrale et un filet latéral pour glisser une bouteille d’eau.
BÂTONS Distance Z-Pole PETZL Ultra-légers et pliables Impeccable Je ne peux plus me passer de ces bâtons en montagne. Il faudrait simplement que les dragonnes soient plus résistantes, car elles ont tendance à s’effilocher au fil du temps
FRONTALE Tikka OPINEL Encombrement faible Bien suffisante pour s’éclairer en refuge Pour plus de sécurité, je prendrai certainement une lampe plus puissante, juste au cas où la rando s’étire jusqu’à la nuit par exemple.
COUTEAU n°8 SALOMON Classique parmi les classiques Rien à redire Ce couteau est le fidèle compagnon de  nos sorties en montagne et nos voyages
LUNETTES DE SOLEIL Travel SALEWA Catégorie 3, polyvalente et légère Etant donné la très faible luminosité accordée par Dame Nature au cours de ce trek, je dois avouer que je n’ai pas beaucoup porté ces lunettes Indispensables, même pour un trek en Autriche. Sur un malentendu, on ne sait jamais.. on peut apercevoir le soleil !

Vêtements utilisés sur le Trek autour du Grossglockner

CATÉGORIE MODÈLE MARQUE POURQUOI CE CHOIX ? BILAN ET SI C’ÉTAIT À REFAIRE ?
PANTALON Texel Dst Pant ICEBREAKER Prix Agréable à porter la plupart du temps, mais pas adapté par conditions chaudes Pour encore plus de légereté dans le sac, j’opterai peut-être pour un pantalon zippé avec short intégré
T-SHIRT MC Aero Crewe W MAMMUT Léger, respirant, il ne sent pas mauvais au bout d’une journée de marche, comme la plupart des T-shirt techniques Parfait, comme toujours chez Icebreaker J’en achèterai un deuxième !
T-SHIRT ML Go Dry Longsleeve EIDER T-shirt léger conçu pour les activités estivales. Il protège parfaitement bien les bras, le cou et le décolleté, il est donc parfait pour les peaux claires intolérantes au soleil Très agréable à porter, on ne le sent presque pas A reprendre sans hésiter car cela évite d’avoir à se tartiner de crème solaire
DOUDOUNE Olan JKT W CRAFT Compressible, excellent rapport poids-chaleur, réversible Hiver comme été, cette doudoune m’accompagne partout en montagne. Par contre, elle est trop chaude pour être portée en activité Elle est aussi indispensable en fond de sac que l’Opinel. Malheureusement, après bien des aventures, elle commence à montrer des signes de fatigue (décoloration, multiples trous contenus grâce au tissu autocollant d’un kit de réparation pour serre-volant).
SHORT Active bike SALEWA Conçu pour le vélo mais convient très bien pour la rando. Acheté pour son côté fluide, léger, très agréable à porter par temps chaud Parfait pour le premier jour de marche sous la chaleur. Après cela, il est resté au fond du sac Vu son poids, je le reprendrai sans hésiter
VESTE Dome Pac Goretex Snow W DÉCATHLON Légère, fine et compressible Je n’ai pas été mouillée, mais le mérite revient plus au parapluie qu’à ma veste Gore-Tex ! Trop peu résistante en cas d’intempéries sérieuses

Accessoires utilisés sur le Trek autour du Grossglockner

CATÉGORIE MODÈLE MARQUE POURQUOI CE CHOIX ? BILAN ET SI C’ÉTAIT À REFAIRE ?
CHAUSSETTES Kalenji TEVA Prix imbattable Aucune ampoule à déplorer Elles me conviennent très bien
CHAUSSURES Kimtah Mid Event BLACK DIAMONDS Chaussures de montagne tige mid, légère et imperméable. Je les ai choisies pour leur polyvalence voyage/montagnes Agréable à porter mais pas tellement satisfaite sur le côté imperméable. J’ai eu les pieds humides à plusieurs reprises. Je suis toujours à la recherche de chaussures de marche légères, robustes et surtout vraiment imperméables
GANTS Midweight BUFF Légers et chauds Pour un trek estival comme celui-ci, ces gants conviennent parfaitement
FOULARD Multi-fonctions Rien à redire. Chez moi, deux utilisations principales : en foulard sur les cheveux ou en protection contre le vent et le froid sur le visage Le Buff est un accessoire vraiment pratique et qui me manque vraiment quand il m’arrive de l’oublier !
PARAPLUIE Nous n’avions pas de cape de pluie et l’idée de prendre un parapluie s’est imposée assez naturellement. Par chance, j’ai trouvé un parapluie abandonné à Zug en Suisse. Il s’est avéré ultra léger (manche en carbone) et hyper résistant au vent ! Expérience très concluante. Le parapluie est toutefois un peu gênant en montée car il cache une grande partie du paysage. Pour des treks où le risque de pluie est important, je le reprendrai sans hésiter. A mon sens, c’est plus efficace qu’une cape de pluie. Car la ventilation n’est pas coupée, donc on ne transpire pas et on reste sec.
2 commentaires
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2 commentaires

Pech Christiane 7 février 2019 - 12 h 28 min

bonjour
c’est trop beau je pense m’y rendre au mois d’aout 2019
pouvez vous me dire ou vous avez trouvé les cartes de montagne neccessaires

sportivement
Christiane

Répondre
Emilie 22 février 2019 - 18 h 14 min

Bonjour Christiane,

Merci pour votre commentaire. Pour répondre à votre question, j’ai trouvé la carte dans un magasin de montagne à Grenoble (le Vieux Campeur).

Bon trek à vous,
Emilie

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