De Toulouse au Vignemale en train-vélo-ski

par Expérience Outdoor
Il n'y a plus de neige au détour de la crête qui descend du petit Vignemale

Julien nous partage son expérience d’expédition au Vignemale en train, vélo et à ski.

Information pour préparer l’expédition de Toulouse à Vignemale

Dates :

30 et 31 mars 2019

Lieu :

France, Hautes  Pyrénées, massif du Vignemale

Coût du trajet depuis Toulouse en train : 22 euros AR, et un nombre impressionnant de coup de pédale !

Participants à cette expédition au Vignemale :

Thomas et Julien, en vélo + ski ; en voiture + ski : Philippe, Pierre, Manu, Lorena, Alexis, Jérôme, Camille, Anna et Cédric. Tous membres du CAF de Toulouse

Où dormir :

Ces deux refuges disposent de confortables partie hiver quand ils ne sont pas gardés.

Où manger en France pour cette expédition:

Dans les refuges !

Office du tourisme :

Vous pouvez vous adresser à celui de la vallée des Gaves ou à celui de Cauterêts.

Caractéristiques :

La vallée des Gaves qui héberge la première voie verte est très large et relativement plate, parfaitement adaptée pour le vélo sans grands efforts. Pour monter vers Cauterêts, la vallée se transforme en gorges au milieu desquelles la voie verte se fraie un chemin. La présence de village tout au long du parcours garantit un accès à l’eau et à un ravitaillement. Le massif du Vignemale, au cœur du parc national des Pyrénées, est très diversifié. Son approche par une large vallée granitique, la vallée de Gaube, est longue et peu pentue (650m de D+ pour arriver au refuge).

Quelques avalanches sont possibles depuis les flancs surplombant l’itinéraire. La vue sur la face nord du Vignemale est sublime. Après le refuge de Gaube, les pentes sont plus soutenues jusqu’à la partie finale du glacier (qui n’est pas exposé au risque de chute en crevasse). La dernière pente montant à la Pique Longue (150m de D+) est très raide et exposée aux chutes de pierre : casque indispensable + crampons piolet si il y a de la neige.

La course depuis le refuge des Oulettes

Quoi d’autre dans les environs

Il est possible de faire un mini raid à ski en reliant les 4 refuges du secteur gardés en hiver : Marcadau et Oulettes côté français, Respomoso et Bachimana côté espagnol. Les possibilités de ski dans ce massif sont innombrables, à la journée ou sur plusieurs jours.

La face nord du Vignemale fait partie des légendes de l’alpinisme pyrénéen au travers de courses comme le couloir de Gaube ou la face nord classique.

Cauterets abrite une station de ski bien enneigée et ouverte tardivement dans la saison. La petite station du Pont D’Espagne est quant à elle destinée au ski familial, à la raquette ou au ski de fond.

Liens internet

Voie verte des gaves
Voie verte Pierrefitte Cauterets

De Toulouse au Vignemale

La genèse du projet

Cela faisait un moment que j’envisageais de me lancer dans l’aventure de la mobilité douce. Pollueur du dimanche, j’avais envie de voir s’il était possible de faire autrement, au moins une fois.

Les options n’étaient pas légion si l’on n’avait pas envie d’attraper un cancer des poumons dû aux gaz d’échappement avant d’arriver au départ de la rando. Le printemps et son enneigement plus élevé réduisait les courses. Celle qui s’était imposée à moi depuis le départ était le Vignemale, plus haut sommet des Pyrénées françaises. Emblématique à souhait, il proposait également une des plus belles courses de ski-alpinisme du massif, par la diversité des paysages, l’ampleur des espaces, la majesté de sa face nord.

A mon humble goût bien évidemment. Et puis surtout, son approche en vélo était des plus plaisantes : une voie verte pour monter de Lourdes à Cauterêts, puis les 8 derniers kilomètres sur une route bitumée classique mais pas aussi fréquentée que la rocade toulousaine à 17h30 en semaine.

Je décidai de proposer cette sortie au CAF de Toulouse où j’encadre en ski-alpinisme.

Le bon moment

Un créneau météo s’offrant à nous le week-end précédant la date de la sortie, j’avançais donc celle-ci d’une semaine : la prévision à 10 jours annonçant du très mauvais pour le week end suivant, j’avais pris la bonne décision, car la météo déversa des dizaines de centimètres de neige lourde sur les Pyrénées ce week-end-là. De plus, la ligne de train venait de rouvrir dans la semaine après des mois de fermeture pour travaux. Timing parfait.

Au CAF, les gens sont raisonnables. Ils ne lancent pas dans des projets insensés, comme par exemple approcher le Vignemale à vélo depuis Lourdes. Seul Thomas, qui m’avait déjà accompagné sur un voyage au Japon, accepta de relever le défi. Une dizaine d’autres cafistes préféraient une solution plus classique.

Matos embarqué dans le train pour notre expédition

Embarqué dans le train, samedi 30 mars, j’ai 1h30 pour répondre aux questions que je me pose déjà. J’avais eu la bonne idée de changer mon pneu arrière en grand besoin de repas la veille au soir. Au prix d’une bonne galère (les pneus Schwalbe Marathon ne se laissent pas faire) mais avec succès. Du moins c’est ce que je croyais. En me rendant à la gare, je sentais que mon vélo secouait : une hernie témoignait que le pneu n’était pas bien mis…Vu les énormes difficultés de la veille pour le mettre en place, je décidai de ne rien faire et de monter jusqu’à Cauterêts comme ça où je le ferai voir dans un magasin spécialisé.

Première vue sur la montagne

C’est parti

Le train arrive à l’heure à Lourdes. Il faut le souligner quand même. Sur le quai, je mets en place les skis sur mon vélo, au moyen d’un système que j’avais pensé mais jamais testé. Oui, j’aime bien les improvisations risquées. J’utilise des colliers de serrage pour fixer les skis sur le cadre et le porte bagage, en longueur. A première vue ça tient bien ! On va voir ensuite…

Sur le quai à Lourdes avec notre matos
Fixation avant sur mon vélo
Fixations arrières sur le vélo pour l'expédition au Vignemale

Il ne faut pas longtemps pour que l’on retrouve la voie verte qui déroule une vingtaine de kilomètres de bitume vers Pierrefitte Nestalas pour nous échauffer. Pas vraiment de vent, grand ciel bleu, piste plate : le tapis rouge de la vallée des Gaves est de sortie pour nous accueillir.

Entrée de la vallée des Gaves

L’approche très douce des montagnes me plait beaucoup. Même si je connais très bien cette vallée, je la redécouvre grâce à la lenteur du vélo qui me permet de prendre le temps de regarder autour de moi, de m’imprégner des paysages, mais aussi de m’immerger dans la nature. La voie verte reste souvent éloignée des routes et permet un parcours très agréable.

Selfie vélo lors de notre expédition

C’est quand même étonnant comment le fait de prendre le temps change complètement l’approche d’un paysage.

Une montée sans forcer

Entrée de la voie verte de Cauterets

Pierrefitte. Il nous faut chercher un peu pour rejoindre la seconde voie verte : celle qui relie Pierrefitte à Cauterêts. Pierrefitte étant un peu plus petit que New York, nous ne peinons pas trop. Maintenant, les choses sérieuses commencent : le plat laisse la place à la pente, le bitume laisse la place à une piste en terre.

Vue sur Pierrette dans les Pyrénées
À vélo dans les Pyrénées sur du bitume pour cette fois
Parfois il y a du bitume

Changement de vitesse ! Pourtant cela reste assez doux. Il faut dire que cette voie verte a été construite sur le tracé de l’ancienne voie ferrée, et les trains, ils n’allaient pas dré dans l’pentu ! Et cela me va, je n’ai fait du vélo en montagne qu’une seule fois dans ma vie : passer un col avec 700m de dénivelé. Cette fois, il me faudra passer la barre des 1200m de dénivelé, avec une charge très très légère de 17kg…

Cascade dans les pyrénées désaltérante

Pour le moment ça roule bien. Parfois il y a un peu de bitume, parfois juste un sentier qui nous oblige à mettre le pied à terre. Mais ça passe bien dans ces gorges où les voitures ne sont jamais bien loin.

Quand ça casse

Trajet en voiture qui va plus vite pendant l'expédition au vignemale

Tout allait bien jusqu’à ce que ça aille mal. D’un coup, mon pédalier faiblit. Changé en janvier, il était victime d’une insuffisance de serrage de la part du mécanicien. SI bien que mes deux manivelles, au lieu d’être alignées, sont maintenant l’une à côté de l’autre. Pas facile de pédaler comme ça ! Thomas avait eu la bonne idée d’apporter un outil, si bien que je peux remettre en place la manivelle en attendant d’arriver à Cauterêts maintenant tout proche. Je me demande si je ne vais pas devoir abandonner là mon projet fou de monter sans moyen motorisé au Vignemale depuis Lourdes…

Heureusement, nous frappons au hasard à la bonne porte au village. Le propriétaire du magasin Skilys s’est montré d’une gentillesse et d’une disponibilité mémorables : il m’a gracieusement réparé mon pédalier et m’a conseillé de faire attention avec mon pneu arrière à la descente pour éviter qu’il ne sorte de la jante. C’était une bonne nouvelle partielle, parce que ça fait quand même peur de savoir qu’on peut déjanter à la descente d’un instant à l’autre…

Grosse suée

Thomas à vélo pendant notre séjour dans les Pyrénées
Me voilà à vélo en direction du vignemale
Me voilà, encore facile

On repart. Nous sommes maintenant un peu en retard sur l’horaire prévu et les copains motorisés nous dépassent, goguenards. La voie verte est finie : la route est bien plus implacable pour les jambes et le souffle. Il reste 8km jusqu’ au pont d’Espagne et 600m de D+. Je souffre. Thomas, bien plus léger, part devant. J’ai tout à gauche sur mon pédalier mais ça ne suffit pas : il manque encore des pignons. Il me faudrait aussi le rythme, mais je n’ai que le mental. Je souffle, je cherche de l’air, je suis à mon maximum : j’ai l’impression que je ne vais pas y arriver. Les lacets s’enchaînent et ne me libèrent pas de la montée. Je réalise combien je suis fou de m’être lancé dans cette aventure sans entraînement à vélo.

Dans la montée lors de notre aventure en direction du Vignemale
Quand ça devient dur
Thomas pendant le séjour dans les Pyrénées arrivant sur son vélo
Thomas arrive
Arrivée sur le plateau lors de notre aventure dans les Pyrénées
Je le suis à quelques minutes

Pourtant, pas le temps de faire la sieste : il est 14h30 et nous devons être au refuge à 18h. Je me change en vitesse, puis nous rangeons à l’improviste les vélos dans les voitures. J’ai monté 2kg de cadenas pour le « plaisir »…

Suée bis

Départ skis au pied au départ du pont d'espagne

Au pont d’Espagne, la neige tombée en abondance en février n’a pas encore quitté le plancher. Nous chaussons donc à 1500m. Honorable à cette saison dans les Pyrénées. Le groupe est maintenant bien plus important : de 2 nous sommes passés à 11. Alors que les premières pentes arrivent sous nos skis, je me rends compte à mes cuisses défraîchies que j’ai laissé des plumes sur le vélo. Je ne vais pas galoper jusqu’au refuge…

Nous prenons le chemin qui passe par la petite station de ski, fermée et plus enneigée que le laborieux chemin d’été. Il nous faut quand même régulièrement déchausser, notamment autour du lac de Gaube. A cette heure chaude, on a envie de voir s’il peut rééditer l’exploit de Jésus il y a 2000 ans.

Partie un peu enneigé proche du lac de Gaube
Skis aux pieds sur les sommets enneigés dans les Hautes-Pyrénées
Sur la route menant au refuge Oulette de Gaubepartiellement enneigé
Vue sur le lac de Gaube

Je reste un peu derrière pour me préserver. Le chemin est évident, le risque avalancheux très faible et je laisse partir les plus vaillants devant. Mais, apparemment, ce n’est pas trop dans mon ADN d’y aller doucement, alors je fonce vers le refuge, poussé par la perspective certaine et alléchante d’une bonne bière.

Vue sur La Face Nord du Vignemale
Arrivée au refuge Oulette de Gaube dans les Pyrénées

Régénération

Arrivé au refuge, je me rends compte que nous n’allons pas être seuls : il va déjà falloir trouver de l’espace pour poser ses chaussures…

Collection de chaussures de ski

Pourtant, même si le refuge semble plein, on nous attribue privativement un dortoir de 30 places. Un soupçon de luxe dans cet îlot surchargé d’humain.

Du monde au refuge Oulette de Gaube

Il ne faut pas longtemps avant que je me dirige vers le comptoir pour faire valoir mon dû à un désaltérant breuvage. Le temps pour les autres d’arriver…Il leur faudra près de 30mn quand même. La suite sera une abondance bienfaisante de biscuits salés arrosée avec modération.

La vue depuis le refuge Oulette de Gaube dans les Hautes-Pyrénées
Ravitaillement pour notre expédition au Vignemale
Ravitaillement au refuge dans les Hautes-Pyrénées

Heure d’été, tu me fais mal aux paupières !

Îlot de lumière provenant du refuge près du Vignemale

Le dernier week end de mars est traditionnellement celui du passage à l’heure d’été. Et cette année ne fait pas exception. Ce qui nous complique un peu la tâche, parce qu’il va falloir qu’on se lève à 4h30 ancienne heure, 5h30 nouvelle heure. J’avoue que j’aurais volontiers pris une heure de plus au lit, mais la SNCF ne décale pas ses trains d’une heure pour cause de passage à l’heure d’été. Et il nous faudra donc être à 18h30 à Lourdes pour rentrer à Toulouse. C’est l’inconvénient de prendre son billet (à bon prix, certes) en avance.

Comme prévu le réveil aurait pu être plus amical, mais la bonne nuit l’ayant précédé en aura atténué l’insolence.

Le groupe au réveil avant de partir pour le Vignemale

Vers 6h30, heure de départ prévue, nous voilà dehors. Enfin, pas tous. Nous allons perdre un précieux quart d’heure en attendant que tout le monde. Je commence déjà à regarder le sablier égrainer les minutes : nous avons 12h pour monter au Vignemale, redescendre au parking, prendre les vélos et revenir à Lourdes. Autant dire qu’il n’y a pas vraiment la place pour le farniente et que je pars déjà en comptable scrupuleux du temps qui passe, revêtant par moment un costume de contremaître pour veiller au rythme du groupe.

Équipement à la frontale pour l'ascension du Vignemale avant le lever du jour
Face Nord du Vignemale qui émerge de la nuit

Devant nous, le Vignemale perce la nuit et nous surplombe de sa masse tranquille.

Monter vers l’aube

Pause pour évacuer le trop-plein de vêtements avant l'arrivée au Vignemale

Nos frontales dansent dans la nuit, se baladant de droite à gauche au rythme des skis qui avancent sur la neige. Le bruit strident des couteaux qui laminent la neige dure interdit toute conversation. D’ailleurs, personne n’a trop envie de parler, dans ce temps perdu entre la nuit et le jour, où les silhouettes oniriques des montagnes alentour invitent encore au rêve. Je pars vite, pour rattraper le retard : le réveil musculaire est violent.

Vue sur la vallée de Gaube

Bientôt, les lampes s’éteignent alors que la face du Vignemale s’allume sous l’effet des premiers rayons du soleil.

Le Vignemale s'illumine dans les Hautes-Pyrénées
Arrivée à la hourquette d’Ossoue

Hourquette d’Ossoue, 2734m. Gavarnie apparait sous nos yeux, sous les traits hésitants des montagnes que le jour n’a pas encore complètement séparées de la nuit. Plus bas, le refuge de Baysselance, qui semble avoir été occupé cette nuit.

Vue sur Baysselance dans les Hautes-Pyrénées

Le soleil bien timide a laissé la neige de glace et nous ferons donc la première descente sur une neige très dure qui ne manquera pas de bien nous secouer. Comme à chaque fois que je fais ce sommet au printemps d’ailleurs. Parfait pour ceux qui n’étaient pas complètement réveillés.

Il n'y a plus de neige au détour de la crête qui descend du petit Vignemale

Au détour de la crête qui descend du petit Vignemale et qui nous sépare du glacier d’Ossoue, c’est la stupeur : je bute contre l’herbe ! Je n’ai encore jamais vu ça à cette saison. Le vent et les faibles chutes de la saison auront eu raison de la plus dangereuse section de la course. La traverser au retour lorsque la neige est pourrie m’a déjà valu quelques frayeurs, car les pentes sont très raides et très longues…

Portage imprévu de nos skis dans la descente du vignemale dans les Hautes-Pyrénées
Chaussage des skis pas facile dans la descente du Vignemale

Le glacier

Le glacier du Vignemale qui descendait presque à notre altitude dans les Hautes-Pyrénées

Le soleil est maintenant plus vigoureux. Nous progressons à pieds vers les langues de neige qui, il y a encore peu de temps, auraient recouvert le glacier. 10 ans après mon premier Vignemale, je constate l’effacement de son plus grand glacier avec un pincement au cœur.

On fait une pause avec pour fond le Gavarnie

Nous montons sur des pentes ni trop douces ni trop raides, toisés par les parois abruptes et impressionnantes de la crête qui relie le petit au grand Vignemale. Ce décor, je le connais bien, mais il m’impressionne toujours autant.

Les murailles du Petit Vignemale
Montée sur le glacier au pied de la face de la Pique Longue

Nous allons au plus vite afin de respecter l’horaire : 11h30 au sommet, donc 11h au pied de la face de la Pique Longue, nom donné au sommet du Vignemale. Très vite, je comprends, à la vue des écarts importants qui se creusent rapidement, que tout le monde ne pourra pas faire le sommet. J’aurais préféré qu’il en soit autrement, car je n’aime pas confondre montagne et précipitation. Mais aujourd’hui, nous avons des contraintes.

Surprise

Dans la face finale du sommet du Vignemale

Arrivés au pied de la face, à 10h30, je constate à mon plus grand étonnement l’absence de neige. J’en ai déjà vu plus en été…Nous allons devoir renoncer à la skier et progresser en crampons sur ce rocher délité.

Les premiers se lancent vers le sommet, alors que j’attends qu’en gardien du temps je reste en bas pour monter avec les derniers qui seront dans les temps. Seuls 3 personnes n’iront pas au sommet.

Alexis et Cédric finissent l'ascension du Vignemale et on aperçoit en bas ceux qui ne sont pas montés
Jérôme arrive au sommet du vignemale

La montée en crampons sur le rocher demande parfois un peu de délicatesse mais la montagne est de bonne composition et nous passons sans encombre.

Le groupe heureux d'être arrivé au sommet du vignemale

Au sommet, je savoure ce panorama toujours grandiose et goûte le privilège d’un instant suspendu à cet endroit où la terre a tenté de toucher le ciel.

Juste un instant alors, parce qu’on a un train à prendre ! Ce temps qui se dérobe trop vite nous précipite vers nos skis, poussés par mes rappels sur l’heure tardive…

Soleil, tu n’es pas en forme aujourd’hui ?

Déjà, les premiers ont entamé la descente vers le refuge.

Descente du vignemale avec nos skis en direction du refuge Oulette de Gaube

Le soleil qui brille sans partage n’a pas bien travaillé ce matin. La neige n’est pas transformé et reste dure. La faute aussi au changement d’heure…Par moments, nos skis se délectent d’une neige presque bonne, qui a au moins l’attention d’être douce sous nos spatules.

Descente des pentes enneigés du Vignemale
Tentative de virage carte postale

Les virages s’enchaînent sans traîner et le blanc se décide enfin à devenir soyeux alors que l’on atteint la barre des 2500m d’altitude.

Descente à ski cherchant de la neige fraîche au Vignemale
Remontée vers Ossoue dans les Hautes-Pyrénées

Retour à la hourquette d’Ossoue, le refuge des Oulettes (et la pause déjeuner !) sont tout proches. Deux ou trois personnes du groupe prennent un temps interminable pour enlever les peaux et mettre les skis en position descente. Après 10mn, je commence à m’agacer un peu, surtout que je suis déjà un peu descendu et que je les vois pas. Décidément, ce chronomètre implacable fait tout son possible pour mettre ma patience à l’épreuve. Je regrette quand même cette pression qui me fait faire des choses inhabituelles.

Cédric aux pieds de la face Nord du Vignemale

Ce n’est qu’au-dessus du refuge que la neige se résout à être agréable et je profite avidement de ces bons virages. Avant de profiter tout aussi avidement de mon pique-nique au refuge.

Séparation

De gauche à droite : Philippe, moi, Lorena, Jérôme, Camille, Cédric, Manu, Alexis, Thomas (caché en jaune derrière Alexis), Anna

Avec Thomas, nous laisserons là le groupe pour foncer sur Lourdes. Il est 14h30 et nous devons aller du refuge des oulettes à Lourdes en 4h sans moyens motorisés. Un défi dans le défi. Je suis pessimiste.

Ski dans les Hautes-Pyrénées dans le Vignemale

Heureusement, l’enneigement pas trop bon mais pas trop mauvais permet de glisser longtemps et de parcourir vite ce qui nécessite à pieds 2h30. Nous laissons le lac de Gaube à notre droite, mais le groupe tentera avec succès de le traverser.

Thomas en finit avec le ski, nous partons en direction de Lourdes

En une heure de temps, nous arrivons aux vélos. Finalement, 3h pour aller à Lourdes, soit 37 km de vélo, ça semble jouable.

Rush vers Lourdes

On se rééquippe pour aller vers Lourdes
Préparation des vélos pour aller à Lourdes

Je remets les skis sur le vélo, les chaussures sur le porte bagage, le sac sur dos et le short à la place du pantalon. La descente n’est pas sans enjeu : 1) la survie de mon pédalier 2) la survie du cycliste à un éventuel déjantage. Pour faciliter le tout, nous restons sur la route et évitons la voie verte entre Cauterêts et Pierrefitte.

Entrée de la voie verte à Pierrefitte
Panneau de balisage et d'information de Geu

Pierrefitte : jusqu’ici, tout va bien. Nous prenons même le temps de lire les nombreux panneaux jalonnant le parcours, permettant aux cyclistes de mieux comprendre l’histoire et la géographie du lieu.

Arrivée à Lourdes

Miracle : réussite d’un projet promis à plusieurs reprises à l’échecs. C’est à 18h que nous arrivons en gare de Lourdes, soit 30mn avant le départ du train. Je me relâche. Il n’aurait pas fallu qu’il nous arrive un problème…20h30, Toulouse, fin du voyage, pari gagné !

Conclusion de cette expédition au Vignemale en train, vélo et à ski

Le point négatif : la pression du temps. Il vaut mieux ne pas prendre son billet à l’avance pour se laisser porter par le temps.

Pour tout le reste, c’est un excellent souvenir. Je connais bien le Vignemale, ce n’était donc pas une découverte, mais c’est un de mes sommets préférés du massif. L’approche en train et en vélo m’a également beaucoup plu. Certes trop difficile et contraignante pour être rééditée à chaque sortie, elle est pourtant très belle car elle donne à contempler la montagne, très relaxante car le train est un endroit où on peut se détendre et aussi économique, car finalement cela ne revient pas plus cher qu’un covoiturage pour la même destination. Mais surtout, c’est un petit geste, très modeste mais symbolique, pour le climat, la nature, qui a en plus l’avantage de pousser un peu plus nos capacités sportives. A refaire encore !

Vêtements utilisés pour cette expédition au Vignemale

CatégorieModèleMarquePourquoi avoir fait ce choix au départ ?Ce choix a-t-il répondu à mes besoins pour cette expédition au Vignemale?Si c'était à refaire
GantsG Comp WindCampModularité et chaleur avec la surmoufle qui se range dans le haut du gantParfait. Très bonne protection dans toutes les situations.Je ne changerais rien.
DoudouneNeutrino EnduranceRABApport thermique pour les moments statiques. Pertex quantum Endurance imperméable.Très chaude, solide, une grande amie par temps froid lorsque je reste statique.Je ne changerais rien.
GiletD+VerticalApport thermique et coupe-vent près du corps. Légèreté et centrer l’apport thermique sur le buste.Parfait.Je ne changerais rien.
VesteSanti SummitVerticalRobustesse, stretch, imperméabilité. Parfaite !Très bonne imperméabilité.Je ne changerais rien.
Sous-gantsTrekking 500QuechuaGagner quelques degrés à l’intérieur du gant principal.Parfaitement.Je ne changerais rien.
T Shirt MLWarm Turtleneck ZipOdloChaleur, poids et stretch.Parfait. Il ne sent jamais mauvais.Je ne changerais rien.
PantalonWindy SpiritVerticalPantalon dédié au ski de randonnée : imperméable, stretch, avec des aérations et très solide.Je recommande ce pantalon à tous les pratiquants du ski de randonnée ou des treks en conditions hivernale. Le stretch est un vrai plus et la protection thermique est réelle.Je ne changerais rien.

Matériels de ski utilisés

CatégorieModèleMarquePourquoi avoir fait ce choix au départ ?Ce choix a-t-il répondu à mes besoins ?Si c'était à refaire
ChaussureMaestrale 2.0ScarpaRigidité, confort, légèreté, 4 boucles.C'est un grand plaisir de skier avec ces chaussures ; même la marche est agréable !Je ne changerais rien.
SkisMythic 97DynastarSki large, léger, très polyvalent et tolérant.Pour les skieurs moyens comme moi, rien de mieux, il va bien en toutes neiges. Un peu fragile quand même au niveau de la semelle, qui se troue facilement.Je ne changerais rien.
FixationIon 12G3Fixation à inserts avec une très bonne sécurité (élasticité de la butée arrière) . On peut mettre les couteaux sans déchausser.J'ai parfois du mal à passer du mode marche au mode ski car la butée arrière est très difficile à tourner. Parfois elle tourne intempestivement à la montée et je dois déchausser. Insertion très compliquée.Je pensais que les Diamir Vipec première génération étaient problématiques, celles-ci sont pires encore. Je reprendrais des Diamir Vipec, en version evo.
PeauxMix BlackGeckoessai d'une peau sans colle.Satisfait dans l'ensemble mais elles nécessitent un soin important lors des sessions de peautage/dépeautage : il faut veiller à ce qu'il n'y pas la moindre trace de neige sur la partie intérieure de la peau pour maintenir le collage.Je prendrais des peaux à colle en complément .

Équipements utilisés lors de cette expédition au Vignemale

CatégorieModèleMarquePourquoi avoir fait ce choix au départ ?Ce choix a-t-il répondu à mes besoins ?Si c'était à refaire
Sac à dosSpindrift guide 35MammutLéger, grand espace à l'intérieur, des accessoires intéressants (accès latéral) et surtout une grande poche frontale qui accueille crampons et matériel de sécurité.Je suis ravi de ce sac. On peut même l'utiliser en raid.Je ne changerais rien.
Détecteur de victime d’avalancheElementMammutEfficace en mode multivictimes, mode contrôle de DVA pour le groupe, fiabilité.Jamais utilisé en conditions réelles, ce DVA fait des merveilles en exercice.Je ne changerais rien.
SondeTour ProbeBlack DiamondC'est un cadeau.Généralement efficace, mais sa taille de 1.9m est un peu courte.Je passerais sur un modèle de 2.4m.
PellePro AluOrthovoxC'est un cadeau.Son manche télescopique permet de gagner beaucoup de puissance, le métal à la place du plastique est bien plus performant pour la neige dure et la possibilité de la transformer en pioche est un vrai plus.Je ne changerais rien.
Casque09-octGiroProtection et aération.Le revêtement plastique est un peu fragile. Sinon ce casque est tellement confortable que je l'utilise en alpinisme estival.Je ne changerais rien.
Lampe FrontaleStormBlack Diamond.Puissance, étanchéité, rechargeable, dispose d'une fonction de verrouillage.Parfaite. Son régulateur de puissance est un vrai plus pour adapter facilement la luminosité. Cependant, même verrouillée, elle peut s'allumer dans le sac à cause de pressions d'autres objets.Je prendrais une boîte pour la protéger et éviter qu'elle ne s'allume intempestivement.
MasqueOriginalCoreuptDouble écran anti buée, vendu avec un écran beau temps et un écran mauvais temps.L'écran rose livré avec le masque n'est pas aussi efficace qu’un écran jaune. Sinon ce masque est solide, le changement d’écran se fait facilement et la ventilation aussi.Je prendrais un écran jaune.
Drap de sacThermolite ReactorSea to SummitGagner quelques degrés et protéger le sac de couchage des odeurs et de la saleté.Très bon produit, même si je n'ai pas eu à utiliser les capacités de ce drap de sac pendant ce voyage où nous avons tout le temps dormi à l'intérieur !Je ne changerais rien.
LUNETTES DE SOLEILIsolaOraoProtection 4 et prix.Un modèle qui enveloppe bien les yeux et protège parfaitement sur neige.Je ne changerais rien.

Vélo utilisé

CatégorieModèleMarquePourquoi avoir fait ce choix au départ ?Ce choix a-t-il répondu à mes besoins ?Si c'était à refaire
VéloSub Sport 10ScottVélo très bien équipé pour le quotidien : éclairage, garde-boue, porte bagage.Très satisfait après 2 ans d'usage intensif. Mais il est vraiment lourd (17kg), ce qui est handicapant pour rouler en montagne. La cassette arrière d’origine ne prévoit pas assez de dents sur le plus grand pignon.Pour un trip comme celui-ci, je prendrais un VTT.
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