Le tour du massif du Canigou et du Haut-Vallespir

par Frédérick - Occitanie Rando
Le sommet du pic du Canigou - Pyrénées-Orientales

Frédérick nous partage son expérience de 6 jours de randonnée en montagne sur le Tour du massif du Canigou et du Haut-Vallespir dans les Pyrénées-Orientales.

Comme chaque année, je m’organise un séjour en solo afin de me ressourcer et profiter des grands espaces. Après le chemin de Stevenson, l’Aubrac, le chemin de Saint-Guilhem et le Queyras, je me suis attaqué cette saison au massif du Canigou qui culmine à 2784 mètre d’altitude.

Au programme sur ce massif pyrénéen (Pica del Canigó en catalan), 6 jours de randonnée, 2 jours en total autonomie, 108 kilomètres, 5885 mètres de dénivelé positif et 5936 mètres de dénivelé négatif et une altitude max de 2784 mètres. Je peux le dire maintenant, le Canigou se mérite et ne doit pas être pris à la légère. Je vous livre dans ce témoignage le parcours choisi par mes soins, toutes les étapes de mon séjour ainsi que les erreurs commises lors de ma randonnée 😊.

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Localisation du massif du Canigou

Situé à l’extrémité orientale de la chaîne des Pyrénées, le Canigou (montagne sacrée des Catalans) est situé face à la mer Méditerranée et au cœur de vieilles civilisations, ce qui lui donne une aura particulière sur toute la région. Les marins de l’antiquité grecs et romains se servaient du Canigou comme un repère pour commercer sur ces côtes. Jusqu’au XIXe siècle, sa masse imposante et son profil qui ne laisse personne indifférent ont laissé croire qu’il était le point culminant des Pyrénées. En fait, c’est le pic d’Aneto en Espagne avec ses 3404 mètres d’altitude qui est le point culminant des Pyrénées.

Depuis 2002 et la création du Syndicat mixte Canigó, une politique de développement durable a été menée par l’ensemble des parties prenantes afin d’optimiser la gestion des flux touristiques et minimiser leurs impacts sur l’environnement du massif. Les actions menées à travers cette politique a permis au massif du Canigou d’obtenir en 2012 le label « Grand Site de France ».

Informations pour le tour du massif du Canigou et du Haut-Vallespir

Date

Du jeudi 30 juin au mardi 05 juillet 2022

Quand partir ?

Tout d’abord, il est préférable d’éviter les jours précédents les feux de la Saint-Jean le 23 juin car de nombreux grimpeurs y amènent des fagots de sarments et des bûches. En effet, la meilleure période est pour moi fin juin et début juillet car les températures sont vraiment clémentes et les jours assez long, ce qui permet de réaliser de belle journée de randonnée.

Lieu

Cette boucle démarre au col de Jou et suit le parcours du GR de Pays « Tour du Canigó ». Il emprunte également en partie le GR de Pays « Tour du Haut-Vallespir ». En fin de compte, pour rejoindre le parking du col de Jou, il faut passer Vernet-les-Bains, Casteil puis ensuite prendre la route goudronnée qui mène au Col de Jou. Là un parking permet de laisser sa voiture durant sa randonnée.

Comment s’y rendre ?

Il est possible  de se rendre dans la région en avion via l’aéroport de Perpignan (www.aeroport-perpignan.com), 1h40 de vol depuis Paris.

La SNCF propose également des billets pour se rendre à Vernet-les-Bains (www.sncf-connect.com), compter 3h30 depuis Montpellier (34).

En voiture, si vous partez de Montpellier, compter environ 2h30 de trajet via l’autoroute A9 (environ 207 kilomètres –  coût aller 38,17 €  : péage 15,20 € + Carburant 22,97 €.

Participant de cette aventure pyrénéenne

Frédérick Desenzani d'Occitanie-rando sur le massif du Canigou et du Haut-Vallespir sur le massif du Canigou et du Haut-Vallespir

Frédérick DESENZANI, j’anime des randonnées pédestres, sportives et itinérantes au sein d’une association de randonnée en Occitanie depuis maintenant 6 ans : « Occitanie-rando ». Ancien coureur à pied sur route et trail et randonneur assidu, j’ai l’objectif de faire découvrir notre belle région d’Occitanie au travers d’activités sportives et nature.

J’aime le sport et tout ce qui touche à l’activité physique. C’est pourquoi je complète mes activités de randonnée en faisant du canicross avec Pepsy mon « ado » Berger australien de 3 ans. Le canicross consiste à courir avec son chien qui est attaché à la ceinture par une laisse élastique et un baudrier. Je cours essentiellement sur des chemins et sentiers avec la Team canicross du club « Jecourstoujours à Gignac ». Cette pratique renforce notre complicité et permet à Pepsy de se dépenser sainement.

Un peu d’histoire…

Le massif du Canigou fascine depuis très longtemps. Riche de nombreuses anecdotes, il est intéressant d’en découvrir son histoire. À lire sur le site du refuge des Cortalets | Histoire du massif du Canigó

Où dormir dans le massif du Canigou ?

Cabane non-gardée Arago sur le parcours du pic du Canigou

Ainsi, durant mon séjour sur le massif du Canigou, j’ai opté pour deux jours en autonomie complète puis ensuite des hébergements en refuges et gîte communal.

Où manger et se réapprovisionner ?

Pour les deux premiers jours de mon aventure, j’ai opté pour deux cabanes non-gardées dont la description sur le site Refuge.info semblait correcte. Pas d’accueil, pas d’électricité et confort très spartiate donc il est nécessaire de prévoir son repas (sachets déshydratés), sa popote et son réchaud (voir « Point 2 de ma conclusion).

Les quatre jours suivants, sont plus « confortables » car j’ai prévu d’être hébergé et restauré dans des refuges gardés. Comme je ne souhaitais pas porter avec moi les déjeuner du midi, j’ai réservé à chaque fois un panier pique-nique. En dehors des refuges, il existe très peu de points de ravitaillement durant ces 6 jours de randonnée. Seul point de réapprovisionnement, la supérette à Py qui est tenue par des propriétaires très sympathiques, accueillants et qui permet de faire quelques emplettes | Alberg de Pi de Conflent – 24 Carrer Major, 66360 Py.

Office du tourisme du Canigou

Caractéristiques du tour du Canigou

L’itinéraire de mon périple emprunte 3 GR de Pays, le « Tours du Canigó », le « Tour du Haut-Vallespir » et le « Tour des Réserves Naturelles ». Pour préparer mes étapes je me suis inspiré  des parcours proposés dans le topo guide édité par la Fédération Française de Randonnée Pédestre « Tours et Ronde du Canigó en Pyrénées catalanes ».

Il existe de nombreux parcours et variantes autour du massif du Canigou. De ce Fait, il est donc possible d’adapter son séjour en fonction de sa condition physique, du nombre de jours dédiés à la randonnée et du temps de marche souhaité. Pour ma part, je me suis une limite de 20 à 25 km maximum par jour ce qui m’a permis de faire le tour complet du Canigou et du Haut-Vallespir. Donc, j’ai planifié mes étapes grâce à OpenRunner, un éditeur de parcours très complet que j’utilise pour chacune de mes sorties (www.openrunner.com).

Quoi d’autre dans les environs ?

Randonnée autour du Canigou

VTT et cyclotourisme

Les sites et monuments | https://www.tourisme-canigou.com/organisez/des-vacances-en-toute-serenite/activites-et-sites-touristiques-garantis-serenite/sites-et-monuments-garantis-serenite

Bibliographie sur le massif du Canigou

Liens Internet

6 jours de randonnée itinérante sur le massif du Canigou et dans le Haut-Vallespir

Parcours complet du tour du massif du Canigou et du Haut-Vallespir – 6 jours
  • Jour 1 | Col de Jou / Cabane de Bonne Aigue
    Distance 20 km | durée env. 7h | dénivelé + 1684 m | dénivelé – 1080 m
  • Jour 2 | Refuge de Bonne Aigue / Cabane de l’Estanyol
    Distance 15 km | durée env. 6h30 | dénivelé + 500 m | dénivelé – 835 m
  • Jour 3 | Cabane de l’Estanyol / Refuge Sant Guillem
    Distance 24 km | durée env. 8h30 | dénivelé + 1298 m| dénivelé – 1486 m
  • Jour 4 | Refuge Sant Guillem / Refuge Les Conques
    Distance 22 km | durée env. 7h30 | dénivelé + 1152 m | dénivelé – 805 m
  • Jour 5 | Refuge Les Conques / Py
    Distance 22 km | durée env. 8h00 | dénivelé + 1005 m | dénivelé – 1587 m
  • Jour 6 |Py / Col de Jou
    Distance 5 km | durée env. 1h30 | dénivelé + 247 m | dénivelé – 142 m

Jour 0 | Vernet-les Bains | Veille du départ

Comme la première étape n’est pas simple, j’opte pour passer une bonne nuit de sommeil avant de démarrer mon périple. C’est pourquoi, je décide de loger à l’Hôtel « Le mas Fleuri » de Vernet-les-Bains. Mon sac est prêt, je suis prêt, le départ sera donné demain matin après le petit déjeuner pour ma première étape Col de Jou / Cabane de Bonne Aigue. En bref, seulement 20 km mais 1684 m de D+ tout de même et 15 km de montée jusqu’au pic du Canigou. Avec un passage obligé par la cheminée pour atteindre le sommet (sinon ce n’est pas marrant 😊 !).

Jour 1 | Col de Jou / Cabane de Bonne Aigue

Distance 20 km | durée env. 7h | dénivelé + 1684 m | dénivelé – 1080 m

Jour 1 – Tour du Canigou – Col de Jou / Cabane de Bonne Aigue

Jour 1 | Le départ du col de Jou

Il est 6 heures, le réveil sonne et je suis dans les starting-block pour mon premier jour de randonnée. Direction le petit-déjeuner pour bien démarrer. Je profite d’un buffet très copieux et de qualité. Étant donné que je me suis fixé 8 heures pour démarrer mon périple du col de Jou j’ai encore un peu de temps et j’en profite pour une dernière vérification de mon sac à dos. Il est complet, je n’ai rien oublié. J’ai simplement opté de ne pas prendre mon duvet car les températures sont élevées même sur mon lieu d’hébergement à la cabane Bonne Aigue (1746 m d’altitude). Malheureusement, je vais rapidement le regretter ☹ (voir « Point 1 de ma conclusion).

Il est 7h15, direction le parking du col de Jou, juste après Casteil. Aucun problème pour se garer à cette heure-là. Depuis 2020, l’ONF a décidé de fermer la piste forestière qui permet d’accéder au refuge de Mariailles car la piste se dégrade trop du fait du passage des voitures et 4 x 4. Cependant, ce n’est pas un problème car le sentier qui y mène est plutôt sympathique et quasiment totalement en sous-bois.

Je m’engage sur le prestigieux GR10 Pyrénées et il me faut presque 5 kilomètres et 600m de dénivelé positif pour atteindre le refuge Mariailles. Dès le début, ça grimpe bien mais cela se fait bien en y allant pas à pas et tranquillement. La pente s’adoucit, un replat et j’aperçois au loin le refuge. Apparemment, ce dernier semble très accueillant et je note de faire une halte afin de profiter d’un moment de détente lors de mon retour. Je ne m’éternise pas car il me reste pas mal de chemin et pas mal de dénivelé 😊.

L’ascension du pic du Canigou par la cheminée

Après le refuge, je sors du GR10 et j’emprunte le sentier qui me mène au pic du Canigou par la cheminée du versant sud. Je poursuis mon ascension et passe le col Vert. Peu avant le 10-ème km, près du Roc de Cadi je me dirige à l’Est en direction du refuge Arago pour une première pause. Je ne croise personne sur ma route, c’est un grand moment de quiétude et de plénitude.

Je traverse le Pla de Cady jonché de pierres et de rocailles. J’aperçois au loin le sommet du Canigou à 2784m. J’ai hâte d’y arriver ! Le sentier se raidit et monte en lacets jusqu’à la jonction du Porteille de Valmanya. Je continue ma progression et aperçois au loin la brèche Durier (2696 m). Vu que le vent souffle en rafale, je dois me couvrir car la température a fortement baissé depuis le début de la journée. Devant moi, un groupe d’une 20aine de personnes monte au sommet du Canigou par la cheminée. Par conséquent, je décide de les dépasser afin de pouvoir avoir le champ libre et monter à mon rythme.

Je débute l’ascension de la cheminée tranquillement. C’est sans compter les rafales de vent qui se renforcent. Il faut donc être prudent afin de ne pas perdre l’équilibre avec le sac à dos. Le sentier est bien balisé et l’ascension est accessible pour quelqu’un avec un peu d’expérience. Heureusement, les prises sont simples, quelques hautes marches mais rien de bien vraiment difficile.

Attention aux chutes de pierres

Le seul danger est la chute de pierres déclenchée par les randonneurs situés au-dessus de vous. Finalement, je me retourne à mi-chemin afin de profiter du spectacle qu’offre cette ascension. C’est tout simplement fantastique ! Aller encore quelques dizaines de mètres et je suis au sommet. Personne devant moi, le groupe n’a pas encore démarré son ascension et est loin maintenant. Une dernière marche, une dernière rafale de vent et me voici au sommet du Canigou à 2784m ! Je suis ravi !

C’est le moment de la séquence photos pour immortaliser l’instant.

L’arrivée à la cabane Bonne-Aigue

En définitive, je profite de l’endroit pour déjeuner tranquillement même si le vent ne faiblit pas et me gêne un peu. Il me reste environ 5 km pour atteindre mon hébergement, la cabane Bonne-Aigue. J’emprunte le sentier de la face nord du Canigou pour rejoindre le pic Joffre et le GR10. Encore 2.5 km et je suis arrivé à la fin de cette longue étape.

Le refuge est rustique un poêle à bois, un couchage en bois et une petite table dans l’entrée qui peut servir pour le repas. De surcroît, ce n’est pas le luxe mais cela me convient tout à fait. Je déballe mes affaires et me prépare pour faire un brin de toilette car j’en ai vraiment besoin. Heureusement, une source est présente juste à côté de la cabane pour me laver.

Peu après, je suis rejoint par une randonneuse espagnole qui parle quelques mots de français. Nous échangeons un peu mais mon espagnol datant de la 3ème, je ne peux vraiment pas suivre une discussion. En fin de compte, elle est fatiguée et s’installe également au refuge pour la nuit. Je dine avec un plat déshydraté au diner devant le poêle à bois puis c’est extinction des feux 😊.

Pourquoi n’ai-je pas pris mon duvet en plumes pour mon séjour dans les Pyrénées ?

Vous pourriez croire à une blague ou à une erreur de débutant en lisant la suite de mon compte-rendu tellement tout ne tient vraiment qu’à un fil. En fait, il faut remonter à la préparation de mon sac avant le départ. Je commence à charger mon sac LOW ALPINE Cerro Torre 65:85 et je me rends compte que je ne vais pas vraiment le remplir. J’opte alors pour un sac plus petit le DEUTER 45 litres. Je charge donc contentieusement mon sac. Il est vraiment plein à craquer. Très bien, au moins la place est totalement optimisée.

Une fois le chargement terminé, je m’aperçois que j’ai oublié d’y intégrer mon sac de couchage même s’il est d’un encombrement très faible, il ne rentrera ni dans , ni en dehors de mon sac. Je réfléchis un instant (certainement pas assez…) et décide de ne pas le prendre en m’appuyant sur les températures du moment qui sont assez élevées et de mon équipement contre le froid (parka, doudoune, bonnet, gants, polaire, etc.).

Ce que je n’avais pas intégré dans ma réflexion est l’humidité très importante des cabanes qui ne sont pas chauffées régulièrement. Ceci ne pose pas de problème en journée mais lorsque le soleil décline, l’humidité vous enveloppe et vous refroidit tout le corps.

Même si la température ne baisse pas trop durant la nuit, l’humidité cumulée à cette baisse de température entraine immanquablement une sensation de froid qui est accentuée par la fatigue et une mauvaise alimentation. Par conséquent, la leçon à retenir ici est que si vous devez être hébergé dans un refuge ou une cabane non-gardée prenez en compte le fait que l’humidité y sera très présente et qu’un duvet est nécessaire même si les températures extérieures sont clémentes. Fin de l’aparté et retour au compte-rendu.

Jour 2 | Refuge de Bonne Aigue / Cabane de l’Estanyol

Distance 15 km | durée env. 6h30 | dénivelé + 500 m | dénivelé – 835 m

Jour 2 – Tour du Canigou – Refuge de Bonne Aigue / Cabane de l’Estanyol

Certes, le réveil est un peu rude vers 5 heures lorsque j’ouvre un œil. Je sors rapidement du refuge pour me dégourdir les jambes et me réchauffer avec un bon petit-déjeuner chaud préparé par mes soins et composé de lait déshydraté, de céréales et de sucre en poudre. Je me régale et dévore ma portion en un temps record. Nettoyage de la gamelle, préparation du sac à dos et me voici sur le départ à 7 heures.

J’opte pour un changement de programme après la nuit catastrophique que je viens de passer. Je décide de ne pas réaliser la boucle initialement prévue qui me faisait passer par la crête du Barbet (25,5 km et 1860 D+) mais de rejoindre la cabane de l’Estanyol via le col Joffre et le refuge des Cortalets.

Jour 2 | Départ de la cabane Bonne-Aigue

Normalement, cela devrait être une petite journée. Seulement 15 kilomètres m’attendent et 500m de dénivelé positif. Du refuge Bonne Aigue, je reprends le GR10 et rebrousse chemin en direction du pic Joffre. Bien entendu, la belle descente d’hier se transforme aujourd’hui en une montée 😊. Heureusement, le temps est frais et je suis la sente à travers les genêts. La rosée matinale me rafraîchit les jambes à chaque passage. Pas un bruit, la brume se lève tranquillement avec les premiers rayons du soleil. Je passe tranquillement sur les pierres qui jonchent le sol.

J’arrive à une grande capitelle (La Castella) qui surplombe la vallée. Deux kilomètres plus loin, c’est la jonction au pic Joffre avec le GR de Pays Tour du Canigou qui me mène tout doucement au lac de l’Estanyol non loin du refuge des Cortalets. Le refuge des Cortalets fût l’un des premiers refuge construit dans les Pyrénées en 1899. Il est une des étapes de la traversée des Pyrénées (GR 10 et HRP). Au premier abord, il en impose tellement il semble immense avec ses pierres  de taille. De toute évidence il est idéalement placé, entouré d’une forêt d’où on peut apercevoir le Canigou et le pic Barbet.

Le refuge des Cortalets

Une longue pause, assis sur un rocher, au soleil pour profiter du calme et des odeurs du matin. Hélas, il faut y retourner et je dois me faire souffrance pour redémarrer sur le GR10 en direction du sud-est et du Ras de Prat Cabrera. Finalement, je suis le sentier du balcon du Canigou sur environ 13 kilomètres alternant les montées et les descentes dans un paysage verdoyant malgré la saison.

La découverte du Haut-Vallespir

Sur le chemin, de nombreuses sources permettent de s’hydrater et se rafraîchir très régulièrement. Ici, le terrain change très souvent, passant d’un sentier étroit à flanc de colline à un large pierrier puis à un chemin verdoyant de fougères et de rhododendrons. Tantôt sous un ciel bleu azur, tantôt dans les nuages et le brouillard, je me régale seul.

Après quelques kilomètres, me voici dans la forêt du Haut-Vallespir, non-loin de la cabane du Pinatell. Cependant, pas de halte ici car la cabane semble infestée de punaises. J’opte donc plutôt pour la maison forestière de l’Estanyol en meilleur état (https://www.refuges.info).

Conseil : lors d’une randonnée itinérante et quelle que soit la région visitée, si vous prévoyez d’être hébergé dans des refuges gardés ou non ou des cabanes, n’hésitez-pas à consulter le site www.refuges.info afin de vous informer de l’état de votre hébergement, de son équipement, du nombre de places disponibles etc. Vous y trouverez de nombreuses informations qui peuvent s’avérer utiles pour préparer votre séjour.

La cabane forestière de l’Estanyol

Comme pour ma précédente étape à la cabane de Bonne Aigue, le confort est minimaliste. Je m’installe, vide mon sac à dos, prépare mon couchage et part à la recherche de la source qui doit être proche de la maison forestière. Elle est située juste à côté de la cabane mais hélas elle est à sec et je dois me contenter d’une toilette de chat grâce à ma poche à eau.

Après la toilette, le chauffage ! Je cherche du bois afin de faire grimper la température de la cabane et chasser l’humidité ambiante. Heureusement, une hache est à disposition et une énorme buche m’attend dans l’abri à bois. Je tape, je coupe, je tranche à la hache et me voici avec un bon petit tas de bois que je m’empresse de déposer dans la cheminée. Je récupère des brindilles pour lancer le feu et hop c’est parti, les flammes sont déjà là et réchauffent instantanément la pièce. Enfin, je me pose face à l’antre pour profiter de la chaleur et du spectacle.

Vers 18 h, je prépare mon repas qui sera constitué ce soir d’un sachet déshydraté de pâtes au jambon façon carbonara. En quelques minutes mon repas est prêt et je le « déguste » au coin du feu. La chaleur du feu et le repas chaud me font beaucoup de bien. Je me réchauffe petit à petit. Le repas est copieux même si les sachets déshydratés ne sont vraiment pas mon kiff.

À réfléchir pour mon prochain périple…

Mieux préparer les repas afin de disposer d’un repas au niveau côté gustatif et calorique. En effet, les sachets ne me conviennent pas du tout et je dois réfléchir pour acquérir un déshydrateur et une machine à vide d’air. Ceci me permettra de préparer moi-même mes repas en utilisant des ingrédients de qualité (voir « Point 3 de ma conclusion »).

Il est maintenant 8 heures et je n’ai qu’une envie c’est d’aller dormir pour être en forme le lendemain pour une étape assez longue et difficile. Je m’installe donc sur ce qui me servira de lit et tente de m’endormir. Malheureusement, comme la veille, dès que le feu faibli, la pièce se rafraîchit et l’humidité reprend ses droits ☹. J’ai vite froid et dois me couvrir comme une journée d’hiver. Tee-shirt manches longues, polaire, parka, gants, bonnet…autant vous dire que la nuit fut courte et agitée. Dès 4 heures du matin, je suis déjà réveillé. Je me prépare un café, mon petit déjeuner et me réchauffe en mangeant le plus chaud possible. Hum, que ça fait du bien de sentir la chaleur irradier mon corps une fois le petit-déjeuner ingurgité !

Quoi qu’il en soit, je me presse de préparer mon sac afin de pouvoir marcher rapidement. À 6 heures du matin, je suis déjà sur le GR de Pays en direction de Batère et ses anciennes mines de fer. De toute manière, j’aime marcher le matin très tôt lorsque le soleil pointe à peine le bout de son nez. Tout est calme, les températures sont douces, les bruits de la forêt accompagnent chacun de mes pas. Après cette seconde nuit pas très zen, me voici à nouveau apaisé par l’environnement qui m’entoure et la solitude.

Jour 3 | Cabane de l’Estanyol / Refuge Sant Guillem

Distance 24 km | durée env. 8h30 | dénivelé + 1298 m| dénivelé – 1486 m

Jour 3 – Tour du Canigou – Cabane de l’Estanyol / Refuge Sant Guillem

C’est encore une belle étape qui m’attend aujourd’hui. Je quitte momentanément le Parc Naturel Régional des Pyrénées Catalanes pour découvrir le Haut Vallespir, le territoire le plus au sud de la France continentale.

Le GR de Pays « Tour du Haut Vallespir » offre une boucle d’environ 100 kilomètres et 6000 mètres de dénivelé positif au départ d’Arles-sur-Tech. Ce parcours peut se faire en 5 ou 6 jours. Ce GR de Pays traverse les communes de Corsavy, Le Tech, Prats-de-Mollo-la-Preste, Lamanère, Serralongue, Saint-Laurent-de-Cerdans, Amélie-les-Bains-Palalda. Le Haut Vallespir.

C’est donc au petit matin que ma journée débute. Finalement, c’est un début de parcours tout en descente qui m’attend pour le moment jusqu’au Roc de l’Os. Comme à son habitude, le sentier est parcouru de nombreux cours d’eau. C’est vraiment un régal de pouvoir se rafraîchir et j’en profite pour remplir ma gourde à ras bord.

Je quitte la forêt, pour atteindre le col de la Cirera. Je passe devant une ancienne mine de fer et rejoins le refuge de Batère qui était un ancien bâtiment des mines qui a été réhabilité en gite d’étape. Rencontre avec les premiers randonneurs de la journée. Le gite est accessible en voiture et offre un accès à une multitude de randonnées en étoile ou à la journée. Refuge de Batère (ouvert du 27 mai au 2 octobre)

Côté météo, je suis servi car pour le moment, c’est une météo très clémente qui m’accompagne. Le soleil tape déjà fort ce matin, il va faire très chaud aujourd’hui je pense. Un arrêt sur une aire de pique-nique pour mettre de la crème solaire et me poser quelques instants et c’est reparti.

La découverte de la forêt du Haut-Vallespir

Je poursuis ma descente dans la vallée jusqu’à atteindre le cours d’eau la Ribéreta en plein cœur d’une forêt dense de sapins qui font de ce lieu une atmosphère sombre et inquiétante. De plus, je suis seul, personne dans les environs et je décide donc de faire un brin de toilette à l’abri de la forêt. L’eau est fraîche et me fait du bien. Moment de détente et de rafraîchissement !

Je le sais, la suite du parcours ne va pas être de tout repos, 5 kilomètres de montée à 14 % de moyenne à travers la forêt du Haut Vallespir. Heureusement, les arbres me protègent du soleil et heureusement car la chaleur s’amplifie au fur et à mesure que les heures passent. En revanche, je décide de poursuivre ma route avant de déjeuner car je ne me vois pas m’arrêter avant la fin de cette montée interminable. J’arrive enfin « au bout du tunnel » et je traverse une partie rocailleuse et exposée au soleil. La transition est rude et je dois m’abriter un moment pour souffler et manger une barre. En effet, je n’ai pas d’appétit et décide donc de manger léger (grossière erreur !).

Au bout d’une 20 aine de minutes et 2 barres de céréales englouties, je reprends mon chemin, j’alterne les passages en crêtes et les talwegs au sein desquels coulent des sources toujours bienvenues. Je rejoins la Barraca del Faig et le GR de Pays Tour du Haut Vallespir rattrape celui du tour du Canigou pour n’en former qu’un. Au loin, j’aperçois un troupeau en liberté de taureaux et de vaches accompagnées de leurs veaux. Je trouve le spectacle assez sympa, le tintement des cloches, les animaux qui paissent tranquillement, etc.

Le passage du troupeau de vaches

J’observe le troupeau en me rapprochant et d’un coup, une question : comment je vais pouvoir passer à travers ce troupeau très dense ? Je m’approche encore un peu plus en espérant qu’elles ne soient pas sur mon chemin…C’est perdu, elles occupent tout l’espace.

Mon expérience me dit qu’il faut se méfier de la réaction que pourraient avoir les vaches surtout lorsqu’elles sont accompagnées de leurs veaux. Pour commencer, je tente une approche discrète et décontractée, accompagné d’une voix douce pour tenter de les amadouer mais rien n’y fait, elles ne bougent pas et pire, elles m’observent et me dévisagent du regard.

Ensuite, après quelques essais, elles bougent enfin mais s’engouffrent sur le chemin que je dois emprunter…me voilà maintenant pris dans le troupeau à marcher lentement, très lentement avec des mamans pas vraiment ravies qu’un intrus se fasse passer pour un de leur petit. Ça meugle, ça piétine des sabots, ça court, bref je ne suis vraiment pas rassuré. Je fais un point rapide, je marche à moins d’1km/h, il me reste encore 8 kilomètres à marcher et mes compagnons de route ne sont des plus sympas. Il faut que je trouve une solution, une échappatoire pour contourner le troupeau.

La course effrénée !

À droite, un talus très raide et des genets assez touffus. Par conséquent, je peux peut-être grimper par-là, courir parallèlement au chemin, les doubler puis redescendre sur le sentier. Je tente le coup, je grimpe, les buissons me lacèrent les jambes, je cours avec mon sac à dos, il fait chaud, on dirait un fou qui ne sait plus trop où il va. Bref, au bout de 50 m je suis bloqué, pas moyen de passer par là, la végétation est trop dense. Je redescends donc près de mes amies et cherche une autre opportunité.

Deuxième essai, la végétation est moins dense, les arbres clairsemés et la pelouse a remplacé les broussailles. Go, go, go je me lance, je cours à nouveau tout semble bien parti mais plusieurs vaches et veaux ont eu la même idée que moi et ont grimpé dans la forêt, je râle, j’accélère, je les houspille pour pouvoir passer devant les premières bêtes. Je tourne la tête et ne vois plus rien devant moi, je crois que j’ai réussi ! Je retourne sur le chemin, ouf elles sont maintenant derrière moi, yes !

Enfin le refuge de Sant Guillem

Au col de l’Estanyol, je retrouve mon calme et reprends le chemin qui me mène au refuge de Sant Guillem. Plus que 4 kilomètres heureusement. De surcroît, la fin de cette étape est très difficile car je suis d’un coup très fatigué, certainement le contre-coup de cette cavalcade sous un soleil de plomb, complété par mon repas très frugal composé de 2 barres de céréales. Le sentier alterne les descentes dans des talwegs et les montées. Par conséquent, je dois faire attention car je ne suis pas très attentif et par plusieurs fois je manque de chuter. Heureusement, j’aperçois au loin la chapelle de Sant-Guillem-de-Combret, la fin de mon étape est proche 😊.

Enfin, le refuge Sant Guillem est là devant moi. C’est un très beau bâtiment qui est tenu par Nathalie. J’ai de la chance, je suis le seul ce soir et je profite de ce moment pour prendre une douche, faire ma lessive et déguster le délicieux repas concocté par mon hôte. Un repas constitué uniquement avec des produits bio et de la région. Même le poulet est de la ferme d’à côté. Avant tout, je constate que l’ensemble des gardiens de refuge sont très vigilants sur la nourriture et offrent essentiellement des produits naturels et de proximité. Une bonne nuit de sommeil et la boucle sera bouclée.

Refuge de Sant Guillem : www.refugesantguillem.com

Jour 4 | Refuge Sant Guillem / Refuge Les Conques

Distance 22 km | durée env. 7h30 | dénivelé + 1152 m | dénivelé – 805 m

Jour 4 – Tour du Canigou – Refuge Sant Guillem / Refuge Les Conques

Comme à mon habitude, je suis levé aux aurores et me réveille tranquillement de ma nuit. Après la dure journée d’hier, j’ai vraiment l’impression que mon cerveau a positionné l’interrupteur sur OFF du coucher à mon réveil. Aucun souvenir de ma nuit, ni rêve, ni réveils nocturnes, bref le blackout complet.

Je saute de mon lit frais comme un gardon, toute trace de fatigue a disparu. Je pense que cela est dû au fait que mon corps a assimilé les 3 premiers jours de trekking et que j’ai perdu quelques kilos superflus. Les débuts de journée se ressemblent terriblement, pliage des vêtements, rangement des affaires et du matériel dans le sac à dos sans rien oublier. Dès 6h30 je suis prêt. Le petit-déjeuner m’attend déjà dans la salle à manger. Je déjeune copieusement et me régale de tout (je pense que mon corps a besoin de calories 😊). En définitive, je suis sur le départ à 7 heures et chausse mes chaussures de randonnée, règle mes bâtons et fait un dernier tour afin de m’assurer de n’avoir rien oublié.

Une nouvelle journée sous le soleil

C’est le go du départ, je me dirige vers la chapelle Sant-Guillem-de-Combret avant de rejoindre le GR de Pays Tour du Canigou pour 22 kilomètres environ et un peu plus de 1100 m de dénivelé positif. Ça démarre par 6 kilomètres de montée assez douce dans la forêt du Haut-Vallespir en direction du Puig Dels Sarraïns. J’atteins le col de Serre Vernet tranquillement. Je retrouve un grand troupeau de vaches qui paissent non-loin de la cabane pastorales des Estables.

À partir de là, ça grimpe à nouveau, je passe de 1600m d’altitude à plus de 2000. C’est raide et pas simple du tout, je passe le roc de la Descarga puis je sors de la forêt. Il est maintenant venu le temps de manger ! Finalement, pas deux fois la même erreur, même si l’appétit n’est pas encore là. Je m’installe donc tranquillement à l’ombre. Une petite brise rafraîchit bien l’atmosphère et je profite du panier pique-nique de Nathalie et scrute le paysage magnifique qui s’affiche devant moi.

Je prends une longue pause d’une heure. Je rencontre les premiers randonneurs de la journée. On ne peut pas dire que ça se bouscule de ce côté-là ! Je démarre une portion très dégagée, à flanc de colline sur une sente très étroite et très caillouteuse. Le soleil cogne dur, heureusement de nombreuses sources sont là pour me rafraîchir. Je bois beaucoup (entre 3 et 4 litres par jour) car il fait chaud. Je passe la cabane des Cums et rejoins la forêt clairsemée de Prat-de-Mollo-la-Preste et frôle le col de Bise. Aucun problème sur ce parcours qui est vraiment très beau, peut-être un des plus beaux de mon périple.

Au bout du chemin, le refuge des Conques

Au col des Basses le GR de Pays se transforme en une piste DFCI qui tranche fortement avec les paysages et l’ambiance depuis ce matin. Exposée en plein soleil, cette piste sans intérêt doit me mener au refuge des Conques. Après vérification c’est confirmé, c’est bien 5 kilomètres de sentier dénué d’intérêt qui m’attendent. Très très dur en fin de parcours mais pas vraiment le choix car il n’existe pas d’autres sentiers.

J’arrive enfin au refuge des Conques qui ne ressemble pas vraiment à un refuge classique. Le bâtiment a été créé au milieu du siècle dernier dans les années soixante pour héberger les services de la station de ski «Els Forquets». Le projet était de d’unir les villages de Prats-de-Molló-la-Preste, de Py et de Mantet au sein d’une station de ski commune. Mais ces deux derniers n’ont jamais mené à bien leur partie du projet. En 2015, les remonte-pentes ont été démontés et le bâtiment a été reconverti en refuge de montagne.

crédit photo : Refuge les Conques

Un accueil et une soirée au top !

Xavier, le gérant est vraiment très accueillant et son établissement invite au farniente et au repos. Je profite du moment et bois une boisson fraiche sur la terrasse en attendant de prendre ma douche et de m’installer dans le dortoir. JE suis seul pour le moment, yes ! De nombreux randonneurs viennent au refuge pour se restaurer ou boire une boisson. Le lieu s’y prête vraiment. Tout le confort y est, le wifi est là et les chambres, sanitaires et toilettes sont très propres.

Douche OK, installation du couchage OK, il ne me reste plus qu’à profiter d’un bon moment de détente et de calme. Je bouquine et prépare mon étape du lendemain sous un ciel qui s’assombrit et devient rapidement noir et très menaçant. Les gouttes commencent à tomber, ça sent l’orage…Xavier qui connait bien l’endroit me rassure et confirme que l’orage ne concerne que le village de Mantet situé non-loin de là. En effet, quelques minutes plus tard, le ciel se dégage et les nuages sombres disparaissent comme par magie.

Je suis donc seul à manger ce soir et Xavier me gâte par son repas préparé en direct. En entrée, d’excellentes pâtes à la carbonara agrémentées de lardons. Bien entendu, je ne laisse aucune miette et pense avoir terminé mon repas quand il m’amène le plat de résistance, des boulettes de viandes et ses petits légumes. Un délice ! Un dessert pour terminer et me voici repus et prêt à partir rejoindre Morphée dans le dortoir…Je me prépare pour la nuit et hop je suis déjà somnolent sur mon lit. Aller extinction des feux et bonne nuit mon petit 😊.

Jour 5 | Refuge Les Conques / Py

Distance 22 km | durée env. 8h00 | dénivelé + 1005 m | dénivelé – 1587 m

Jour 5 – Tour du Canigou – Refuge Les Conques / Py

C’est déjà l’heure de partir. Après un petit-déjeuner copieux, je quitte le refuge des Conques bien reposé. Le ciel est dégagé ce matin et il devrait faire à nouveau très beau aujourd’hui. Top ! il y a beaucoup de sentiers au départ du refuge et je dois être attentif afin de ne pas m’engager vers une mauvaise direction. Direction le col de Baix, via le GR de Pays. De là, 4 kilomètres de grimpette m’attendent pour atteindre la barre rocheuse « Les Esquerdes de Rotjàs » à la limite entre les communes de Py et Prats-de-Mollo-la-Preste.

Je traverse la réserve naturelle et là, juste avant le sommet, un nouveau troupeau de vaches me barre la route. Impossible cette fois-ci de contourner l’obstacle car la pente est trop raide et dangereuse. J’observe le troupeau et me résous donc à m’improviser vacher, à jouer des bâtons pour pouvoir faire avancer gentiment tout ce petit monde. Après un moment d’étonnement, ces charmantes dames et leurs veaux comprennent et avance tranquillement avec moi sur le sentier qui heureusement s’élargit. Après quelques minutes de guidage, je décide de laisser le troupeau paitre à nouveau tranquillement et le dépasse pour atteindre le sommet de la barre rocheuse.

Le GR de Pays – Tour des réserves naturelles

Je poursuis ma route sur le GR de Pays Tour des réserves naturelles et quelques kilomètres plus loin c’est un troupeau de juments et leurs poulains qui se reposent tranquillement sur mon passage. Je reste discret et marche lentement pour tenter de passer à travers cet imposant troupeau mais au lieu de s’écarter pour me laisser passer, le troupeau se met en marche avec moi, m’escortant sur plusieurs mètres.

Heu, j’aime les chevaux mais là c’est impressionnant tout de même. Je me déplace de gauche à droite et sors de ce troupeau qui est vraiment magnifique. C’est un moment propice pour immortaliser cet instant avec quelques photos souvenirs.

Je prends ensuite la direction du refuge de Pla Guillem sur une ligne de crête assez plane jusqu’au col de « Roques Blanques » à 2 252 m d’altitude où des panneaux m’informent que des élevages pastoraux sont présents et que des chiens de berger veillent au grain. Gloups, je ne suis pas très à l’aise avec les chiens de berger mais bon, pas le choix, je dois avancer.

Ma rencontre avec les chiens de berger

Je poursuis tranquillement mon chemin en veillant à être le plus discret possible. J’aperçois un troupeau de brebis juste au-dessus du sentier, en hauteur sur un talus. Je marche d’un pas léger, en toute discrétion, pas de bruit…et passe le troupeau sans encombre, ouf, je souffle un peu. Je poursuis mon chemin et juste après un virage sur la droite, surprise, deux énormes patous dorment tranquillement 20 mètres devant moi. Gloups !

Bien entendu, aucune chance de passer inaperçu et ils se réveillent instantanément dès qu’ils sentent ma présence. Ils se lèvent rapidement, aboient et se dirigent droits sur moi…je n’ai que quelques secondes pour réfléchir et trouver une solution de repli. Je regarde à droite, un talus infranchissable, je regarde à gauche et là, miracle un énorme pierrier. Ni une ni deux, je me lance à escalader les blocs de pierre afin de me mettre à l’abri. Les 2 molosses sont déjà là tout près de moi mais heureusement, ils ne peuvent (ne veulent) pas me rejoindre. Je souffle, fais redescendre la pression et traverse le pierrier avec mes deux compagnons qui me suivent et aboient sans discontinuer.

Ainsi donc, je sors enfin du pierrier et je dispose de quelques mètres d’avance qui suffisent pour ne plus inquiéter mes deux amis. Ils abandonnent leur « chasse à l’homme » et me laissent poursuivre tranquillement ma route. Au final, j’accélère le pas et jette un regard vers eux de temps en temps afin de m’assurer qu’ils n’ont pas changé d’avis.

Enfin la pause tant attendue

Ravi de cette rencontre, j’arrive au refuge de Pla Guillem qui est vraiment perdu sur une vaste étendu plate. Le refuge est propre et « confortable » pour un refuge non gardé. Je décide de faire une pause gouter avec un randonneur allemand qui marche depuis plusieurs mois déjà ! Je suis impressionné car randonner sur le long terme est vraiment très difficile je trouve. Surtout lorsque l’on est seul et sans vraiment d’objectifs précis.

La pause terminée, je poursuis ma route et profite du paysage offert par ce point culminant. Je passe non-loin du Pic de la Roquette à 2273 m d’altitude et poursuis la découverte du Parc Naturel Régional des Pyrénées Catalanes. Commence alors une descente d’environ 10 kilomètres jusqu’au refuge de Mariailles. Au col de la Roquette, direction plein Est pour descendre dans la vallée jusqu’au torrent de Torrent de la Llipodera. Bref, ça descend sec mais le sentier est agréable et ensoleillé. Je rejoins le refuge de Mariailles sans aucune difficulté, ni rencontre importune…

Comme je suis en avance et qu’il ne me reste plus que 8 kilomètres pour atteindre Py, je décide de faire une longue pause au refuge. Je déguste un café sur la terrasse et profite du temps qui passe. Je sors ensuite mon panier repas et le déguste accompagné d’une limonade artisanale délicieuse et fraiche. Une heure et demi plus tard, je sens qu’il faut que je reprenne la route sinon je risque de m’installer ici pour la nuit.

Le gite communal « Casa Sant Pau »

La fin de cette étape se déroule dans le calme, pas de troupeaux, ni de chiens de défense, juste une piste forestière plate qui fait du bien et me permet de dérouler tranquillement ma foulée sans fatigue. Une dernière descente dans la réserve naturelle pour atteindre le charmant village de Py où m’attend le gite « Casa Sant Pau ».

Enfin, j’arrive à Py et traverse le village, paisible et tranquille. Je prends place dans le gite, nous serons 3 ce soir. En fin de compte, je partage donc la chambre, prends ma douche rapidement et file au bar du village afin de me rafraichir avec une très bonne bière artisanale en attendant le repas. Il tombe quelques gouttes et ça gronde au loin. La météo ne semble pas très favorable demain sur Mantet avec de gros orages de prévus dans la journée. Hum, je scrute les applications météo et toutes donnent les mêmes informations. Les conditions météorologiques vont vite se dégrader demain. Bon, je me laisse un moment de réflexion et déguste une seconde bière pour aider à la réflexion 😊.

Nous dinons au gite avec mes camarades d’étape. Un diner parfait, copieux et fin à la fois. Nous passons une très bonne soirée chargée de retours d’expérience et de témoignages. Bon, il n’est pas très tard mais déjà le repos nous appelle dans le dortoir, je suis repu et fatigué donc je me couche et déciderai demain de la suite de mon périple.

Jour 6 | Py / Col de Jou

Distance 5 km | durée env. 1h30 | dénivelé + 247 m | dénivelé – 142 m

Jour 6 – Tour du Canigou – Py / Col de Jou

J’ai beaucoup de mal à m’endormir, je tourne en rond dans mon lit. Mes deux acolytes dorment déjà comme des loirs. Je passe une partie de la nuit dehors à scruter les étoiles dans l’espoir d’y voir plus clair. Ça n’a pas vraiment marché. Je retourne me coucher en espérant pouvoir m’endormir mais rien n’y fait. Je me résigne donc et attend le petit matin.

Dès le lever du soleil je suis sur les applications météo. Même si le ciel est bleu et dégagé ce matin, les orages sont confirmés pour aujourd’hui. Ce ne me tente pas vraiment car j’ai une grosse étape normalement aujourd’hui avec 23 kilomètres et un peu plus de 2 000 mètres de dénivelé positif. Je réfléchis, je tergiverse et décide en fin de compte de ne pas tenter cette étape. Les orages prévus dans la journée, la difficulté de l’étape et aussi certainement la fatigue ont eu raison de moi 😊. J’ai pour habitude d’écouter mon intuition, peut-être à tort mais généralement comme je suis d’une nature prudente (certainement trop), l’avenir me donne souvent raison.

Je regarde rapidement la carte pour rejoindre le col de Jou de Py. J’opte pour un sentier utilisé lors des estives et qui suit le GR10 jusqu’au col de Jou. Peu de distance 5 kilomètres et peu de dénivelé. Ça tombe bien car la décision de raccourcir l’étape m’a ôté le dynamisme et le peps qui faisaient parties de chacune des étapes de mon périple.

Retour au bercail

Ainsi, je suis donc le sentier qui s’élève doucement en balcon et me permet de découvrir la vallée qui s’ouvre à moi. En définitive, la fin de l’étape se passe en forêt, il fait frais et au fur et à mesure que les kilomètres passent, je me réjouis de retrouver mes pénates et mes proches. Un dernier kilomètre plutôt raide comme pour me rappeler mes 6 jours passés dans ce massif. Un dernier effort et me voici à nouveau au col de Jou. Je profite du moment et contemple sur la carte les étapes de mon périple. Je regarde d’un œil amusé un groupe de randonneurs accompagnés d’un guide qui se prépare pour démarrer leur journée. Au final, pour moi, c’est la fin, je pose mon sac, change de chaussures et reprends la route non sans une certaine tristesse à l’idée de quitter un environnement aussi féérique.

J’ai déjà dans ma tête le séjour que je vais proposer aux adhérents la saison prochaine, les étapes sont là, les kilomètres et le dénivelé également. Reste plus qu’à organiser tout ça pour passer 4 jours au cœur des Pyrénées catalanes !

Conclusion sur mon périple dans les Pyrénées catalanes

Je conclurai en 4 points importants qui me serviront lors de mes prochaines sorties.

Point 1 – ANTICIPER son périple

Soigner au maximum la préparation de son sac. Ceci afin de bien réfléchir au matériel en fonction du type de randonnée (itinérance en boucle ou en étoile), de l’hébergement (bivouac, refuge, cabane, chambre d’hôtes, etc.), de son alimentation (nourriture lyophilisée, demi-pension, pension complète, etc.), de la météo du moment. En effet, poser très en amont de son départ son matériel et ses vêtements sur le sol permet de prendre le temps de la réflexion et d’affiner ses besoins. Ceci m’aurait certainement évité, je pense, de faire l’impasse sur mon duvet et de le regretter quelques jours plus tard.

Point 2 – SE NOURRIR correctement

Se nourrir convenablement est tout aussi important que la préparation de son sac. J’avoue avoir souvent négligé ce point et m’être dit, « bah, je peux me contenter de plats lyophilisés industriels…». Dans les faits, l’alimentation est primordiale. C’est d’autant plus vrai qu’en montagne, la dépense énergétique est bien supérieure à la moyenne. Attention, car peut-être que d’autres personnes seront moins sensibles sur ce point. Classiquement, lorsque je randonne en autonomie durant plusieurs jours, je choisis des plats lyophilisés à réhydrater avec de l’eau chaude. J’apporte un grand soin dans le choix de mes plats en privilégiant une production BIO et des plats que j’apprécie lorsque je déjeune ou dine chez moi.

Je pense que cette stratégie n’est pas la bonne car en choisissant des plats que je connais, mon cerveau attend à retrouver un visuel, une composition et un goût qui s’approche des bons petits plats dégustés à domicile. Hors, je suis (ou plutôt mon cerveau) est toujours déçu du résultat et chaque repas devient de plus en plus difficile à ingurgiter, ce qui a pour conséquence une sous-nutrition, un manque d’appétit qui joue ensuite sur ma condition physique. Je devrais certainement compléter mon alimentation avec des aliments « plaisirs » comme du saucisson, des oléagineux, du lait concentré, etc.

J’ai donc pris la décision en rentrant chez moi de ne plus me nourrir avec des sachets lyophilisés lors de mes randonnée itinérantes mais de réaliser moi-même mes repas en investissant dans un déshydrateur et une machine à vide d’air. J’opte donc pour la préparation de barres céréales et de repas fait maison avec des aliments que je choisirai et qui me feront du bien. Je vous donnerai plus de détail sur ce nouveau challenge lorsque ma réflexion aura avancé sur le sujet.

Point 3 – ÊTRE PRUDENT lorsque l’on randonne seul en montagne

Même si ce principe semble assez logique et peut s’apparenter à du bon sens, une chute sur une sente étroite, technique et jonchée de racines et de pierres peu vite devenir très graves surtout si elle se situe à flanc de colline ou de massif.

Je me suis arrêté plusieurs fois afin de réfléchir à la conduite à tenir et aux conséquences d’une chute sur ce type de passage. Et ce, même si ce ne sont pas des passages engagés ou vertigineux mais simplement des endroits ou la chute est interdite sous peine de se blesser gravement ou pire encore. Lors de nos randonnées sportives sur les massifs du Caroux et de l’Espinouse, j’essaie de sensibiliser mon groupe au danger d’une chute et de la conduite à tenir si cela devait se produire. Ceci les rassure et me rassure en même temps ! 😊

Point 4 – CONTEMPLER son environnement

Prendre le temps de se poser pour observer un troupeau de vaches tranquillement installées avec leur progéniture ou simplement un point de vue sur une ligne de crête. Lors de ces moments de quiétude, propices à la contemplation, j’ai débranché mon cerveau et fait le vide pendant quelques instants.

Voilà, j’espère que ce retour sur mes 6 jours de randonnées vous apportera quelques éléments pour préparer votre propre périple où qu’il soit. N’hésitez-pas à commenter et à me poser des questions si vous souhaitez des précisions. Je tenterai d’y répondre rapidement.

Matériel utilisé pour réaliser le Tour du Canigou

Lorsque j’ai préparé ma randonnée itinérante, j’ai commencé par remplir mon sac de 65 litres. Mais j’ai vite réalisé qu’il ne serait pas complètement rempli. J’ai donc opté pour un sac de plus petite taille DEUTER 45 + 10 litres.

Matériel général utilisé

CATÉGORIEMODÈLEMARQUEEXPLICATION DU CHOIXADAPTÉ ?À REFAIRE ?
MATELAS MOUSSEMatelas mousse de trekking pliableDÉCATHLONLéger et facile d’utilisationPas très confortableJe vais investir dans un matelas gonflable pour améliorer mon confort de couchage.
RÉCHAUDCrux LiteOPTIMUSRéchaud gaz ultra-léger, ultra-compact, et puissant (3000 W).
Puissant pour faire bouillir de l’eau ou réchauffer un plat pour un poids très light (74 gr)
Conforme au besoin
POPOTETerra SoloOPTIMUSEn aluminium anodiséJ’ai adapté la casserole en y ajoutant un couvercle en aluEntièrement satisfait, assez grande pour contenir la cartouche de gaz
FRONTALEKISKA 2STOOTSPerformante (1000 lumens), compacte, polyvalente et légèreLampe très adaptée pour la randonnée et le trail.Rien à changer car parfaitement adaptée à mon utilisation
SAC À DOSACT Lite 40+10 LitresDEUTERFaible encombrement et suffisant pour 4 jours d’itinéranceParfait pour 4 jours de randonnéeCe sac me convient tout à fait. Modulable, léger et de nombreux rangements.
BÂTONS DE MARCHEBlack Diamond Distance Carbon ZBLACK DIAMONDBâtons légers et pliables en 3 brinsLégers et robustesIdéal pour la randonnée pédestre et sportive, la qualité des matériaux fait de ces bâtons un must
LUNETTESSPECTRE 26CIMALPLégères et confortablesProtection maximale contre le soleilAdaptées à ma pratique de la randonnée.
POCHE A EAUHYDRAPAK FORCEHYDRAPAKContenance de 2 litresFacile d’utilisation et faible encombrementOpter pour une poche de 3 litres en cas de forte chaleur.
PARAPLUIESwing handsfreeEUROSCHIRMProtège de la pluie et du soleilOuiJe prends mon parapluie à chaque randonnée itinérante.

Vêtements utilisés pour 6 jours d’itinérance

CATÉGORIEMODÈLEMARQUEEXPLICATION DU CHOIXADAPTE A CETTE EXPÉRIENCE ?À REFAIRE ?
PARKAVeste Ultrashell étanche ultra-respiranteCIMALPParka légère et bien imperméableProtection contre la pluieJe l’utilise depuis plusieurs années et elle remplit très bien sa mission.
PANTALONPantalon de montagne LAOS 4CIMALPLéger et adapté à ma morphologieLargeur des cuissesPantalon pas très épais. Me convient bien car je crains la chaleur.
SHORTAllos 2CIMALPLéger, court et comporte 2 poches latéralesOui adaptéNe rien changer
CHAUSSURESChaussures de randonnée ZG TREK GTXSCARPAConfortable et adhérentesPlus légères et adaptées que le modèle Marmolada pour la randonnée sur des sentiers pas trop techniques.Fervent utilisateur des chaussures SCARPA, j’ai testé pour cette saison le modèle ZG TREK GTX à la place du modèle MARMOLADA PRO.
CHAUSSETTESChaussettes de randonnée techniques avec laineCIMALPConfortables même après plusieurs jours d’utilisationTout à fait adaptéesElles sèchent rapidement après lavage.
GILETGilet en duvet synthétique Primaloft® Black Thermoplume®CIMALPRéchauffe le torse mais laisse les bras libresOui pour les températures fraiches du matinConfortable, ni trop chaud, ni trop froid. Idéal pour la demi saison.
T-SHIRTST-shirt ultra-léger et respirant technologie CIMAFRESH®CIMALPLégers et respirantsTrès respirantsLégers et respirants, ils sont idéaux pour randonner plusieurs jours même sans lavage.
BONNETBonnet en laine Mérinos trekkingDÉCATHLONChaudAdapté pour la saisonBonnet basique mais qui fait le travail.
GUÊTRESGuêtresDÉCATHLONLégères et faciles à mettrePassage en forêt très humide avec de belle flaquesFaciles à installer, légères, elles font le job.

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