Traversée des Himalayas à pied sur 600 kilomètres dans les pas du Dalaï-Lama

par Expérience Outdoor
Le château de Leh

Jérémie COINON nous raconte sa traversée des Himalayas dans les pas du Dalaï-Lama.

Instant contemplation durant la traversée des Himalayas

Contemplation des Himalayas

Information  sur la traversée des Himalayas à pied 600 kilomètres dans les pas du Dalaï-Lama

Dates :

Expédition du 29 juillet au 21 aout 2017

Lieu :

Inde, Himalayas, Ladakh, Zanskar et de l’Himachal Pradesh. De Lamayru à Dharamsala

Carte du secteur envisagé durant la traversée des Himalayas

La destination vue sur une carte

Tracé de l

Itinéraire de la traversée des Himalayas

Tracé de l

Itinéraire de la traversée des Himalayas a plus grande échelle

Pour y aller :

Avion Paris – New Delhi : 400€ à 500€

New Delhi – Leh : deux options

  • Soit par un vol direct (200€ aller-retour)
  • Soit en prenant le bus pour faire l’épique route Delhi – Manali – Leh sur trois jours.

Vous passerez par des paysages grandioses, des cols à plus 5000 mètres d’altitude (Le Tanglang La culmine à 5328 m). L’inconfort est là, mais cette route est la plus haute route carrossable du monde et l’expérience en vaut la peine.

Les mini-bus privés pour Ladakh lors de la traversée des Himalayas

Sur la route Leh-Manali

Si vous avez un budget serré, choisissez les bus publics de la compagnie ISTB bus. Pour moins de 20€ tout compris vous ferez le trajet de Delhi à Leh. La route sera un peu plus longue car les bus font une halte à Keylong. Nuit sous tente de rigueur avant de passer les hauts cols le lendemain.

Autre possibilité : des minibus privés font le trajet en une journée. Ils partent vers 2h du matin et arrivent vers 22h le soir. Ambiance garantie.

Leh – Lamayru : En bus public : 6€– 4 heures : C’est l’occasion de découvrir le voyage à l’indienne.

Leh capital de Ladakh lors de la traversée des Himilayas

Le château de Leh

Participant :

Jérémie, 33 ans. Féru de montagne sous toutes ses formes. Que ce soit l’été en escalade, trail et randonnée, ou l’hiver en ski de randonnée et alpinisme, j’aime passer du temps dans ces grands espaces où liberté rime avec humilité.

Après huit ans à travailler dans le Pays Basque et à découvrir les Pyrénées, il était temps pour moi de réaliser un rêve d’enfant : partir seul à la découverte du monde. C’est ce rêve qui m’a poussé à prendre un aller simple Paris-Katmandou en octobre 2016  et à me retrouver dix mois plus tard au fin-fond du Ladakh avec un nouveau rêve : celui de traverser seul à pied les Himalayas du nord au sud pour rejoindre Dharamsala, capitale du peuple Tibétain en exil et résidence du Dalaï-Lama.

Bien entouré lors de ma traversée des Himalayas

Entouré des enfants tibétain

Où dormir dans les Himalayas :

A Leh :

Leh regorge de Guesthouses pour tous les budgets. Pour profiter de la ville mieux vaut choisir les hébergements situés plus au nord. La vue y est plus belle et on s’éloigne du trafic dense du sud de la ville. Deux Guesthouses testées au très bon rapport qualité/prix pour moins de 15€ : Mona-Lisa Guest house et Family home

Sur la traversée :

Les vallées du Ladakh et du Zanskar sont assez peuplées. On peut trouver un village tous les 20 à 30 kilomètres. Les randonneurs sont pour chaque habitant l’occasion d’arrondir ses fins de mois. Moyennant un peu moins de dix euros il est possible de manger et dormir.

L’Himachal Pradesh est beaucoup plus sauvage. Les vallées sont encaissées et les montagnes sont le royaume de l’ours et des bergers. Si vous randonnez seul je vous conseille d’avoir une solide expérience de la montagne et des bivouacs en altitude. Cependant quelques rares agences proposent de faire cette traversée depuis Mc Leod Ganj par exemple.

Le confort des maison Ladakhi durant la traversée des Himalayas

Dormir dans les maisons Ladakhi

A Mcleod Ganj :

De la même façon qu’à Leh, Hôtels et Guesthouses ne manquent pas. Une seule règle à connaître : plus vous montez, plus vous êtes tranquille. Au nord de Mcleod Ganj, les quartiers Upper Bhagsu et Daramkot sont encore quasiment piétons et les petites guesthouses succèdent aux terrasses de cultures. Pour les budgets les plus serrés, demandez une chambre chez l’habitant. Vous devriez vous en tirer pour 3 à 4€ par nuit.

En contrebas les lumières de Dharamsala lors de la traversée des Himalayas

Dernière nuit en altitude. En contrebas les lumières de Dharamsala

Où se restaurer/où se réapprovisionner dans les Himalayas :

A Leh :

Avec plus de 30 000 habitants, la capitale du Ladakh offre toutes les commodités que pourrait attendre un voyageur souhaitant préparer son trek ou se reposer après plusieurs jours passés en altitude. A commencer par la nourriture. Il y en a pour tous les goûts et tous les budgets. De la cuisine traditionnelle Ladakhi aux spécialités Indiennes et Tibétaines (Curry, Chowmein). En passant par la cuisine internationale (pates, pizzas et burgers). Tentez de déambuler le long de Main Bazaar ou partez vers le quartier plus touristique de Changspa road. Vous trouverez forcément des saveurs pour ravir vos papilles.

Sur la traversée :

L’alimentation des habitants des vallées se compose essentiellement de Dahl-Bhat. Ce plat typique des Himalaya est composé de riz accompagné d’une soupe de lentilles. L’assiette peut-être agrémentée de légumes voire d’un bout de fromage. Et si vous êtes d’humeur aventurière, demandez à goûter la Tsampa. Cette farine de millet ou d’orge grillé constitue la base de l’alimentation des peuples tibétains. Pour la manger, rien de plus simple : il suffit de la délayer avec les doigts dans un bol avec un peu de thé chaud additionné de sel et de beurre de yack. Vous obtiendrez une pâte plus ou moins ferme que vous pourrez manger agrémentée de légumes, de fromage ou de viande, ou simplement toute seule.

Pour se réapprovisionner, quelques échoppes égrènent les villages traversés. Padum constitue une ville étape où vous trouverez tout ce qu’il faut. Par contre attention à l’approvisionnement en Himachal Pradesh. Les montagnes sont beaucoup plus sauvages et il vous faudra prévoir 3 à 5 jours de vivres pour pouvoir passer les hauts cols.

Petit déjeuner Ladakhi lors de traversée des Himalayas

Chapati et thé au beurre

A Mcleod Ganj :

Siège du gouvernement Tibétain en exil et résidence du Dalaï Lama, Mcleod Ganj attire de nombreux visiteurs permettant ainsi de profiter de la variété des influences culinaires qu’offre l’Inde. Le seul conseil que je puisse vous donner : déambulez dans les rues, montez et descendez les marches et arrêtez-vous lorsqu’une devanture vous attire. Il y a peu de chances que vous soyez déçu.

Point sur le trekking au Ladakh, Zanskar et Himachal Pradesh

Le Ladakh et le Zanskar sont des hauts lieux du trekking en Himalaya. Depuis le film « Himalaya – l’enfance d’un chef » paru en 1999, cette région du toit du monde attire de plus en plus de curieux ou d’aventuriers. De juin à Septembre des milliers de randonneurs arrivent à Leh pour défier l’altitude d’une des plus hautes villes du monde. S’imprégner de la magie des lieux, visiter les monastères perdus et fouler les chemins millénaires qui conduisent dans les vallées profondes, voilà quelques raisons qui poussent le voyageur à poser ses valises ici.

Considéré comme le « petit Tibet« , la région du Ladakh/Zanskar offre des paysages désertiques déclinant une palette de couleurs allant de l’ocre au jaune en passant par le rouge. La population conserve de solides traditions et un mode de vie proche de la nature. Même si les routes se construisent de plus en plus vite dans ces vallées merveilleuses, il reste de nombreux endroits secrets à découvrir ou redécouvrir.

Randonner dans ces contrées est aujourd’hui relativement aisé. Partout dans Leh les agences de trekking vous proposeront leurs services d’une qualité plus ou moins bonne selon le prix que vous êtes prêt à mettre. Autour de Leh, de nombreuses randonnées peuvent être faites par soi-même pour qui connait suffisamment bien la montagne. Mais pouvoir bénéficier des connaissances d’un guide pour en savoir plus sur les coutumes locales, la flore, la faune et l’environnement est un plus à ne pas négliger.

Les randonnées sont variées, tant en paysages qu’en longueur ou difficulté. Vous trouverez des randonnées à la journée ou des trekkings d’une, deux ou trois semaines. Que ce soit en tente ou chez l’habitant, vous trouverez toujours de quoi vous loger. Alors pour tout amoureux de la montagne, n’hésitez pas.

Vue sur le Monastère de Stongde dans la vallée du Zanskar lors de la traversée des Himalayas

Monastère de Stongde dans la vallée du Zanskar

Caractéristiques de la traversée :

24 jours de traversée dans les Himalayas. Traversée du Ladakh, Zanskar et Himachal Pradesh sur plus de 600 kilomètres pour rejoindre Dharamsala depuis Lamayru. Randonnée en solitaire sans guide et sans tente (juste une bâche). L’objectif étant de vivre au plus près des populations locales.

Ladakh – Zanskar : 12 jours

Départ de Lamayru pour rejoindre Darcha en passant par Lingshed et Padum. Passage de cols à près de 5000 mètres d’altitude. Une partie du trekking se fait sur une piste qui avance de plus en plus profond dans la montagne, et une autre partie se fait sur de petits sentiers accessibles uniquement à pied ou avec des ânes.

Situé dans le nord des Himalayas, les royaumes du Ladakh et du Zanskar sont surnommés « le petit Tibet ». Les habitants à majorité issus des peuples mongoloïdes vivent dans des vallées perchées à plus de trois mille mètre d’altitude, entourés de sommets culminant à plus de six-mille mètres. Ils vivent principalement en autosuffisante entre les cultures en terrasses et l’élevage de yacks, mais de plus en plus d’entre eux partent tenter leur chance à Leh en tant que guide pour ramener un peu d’argent à leur famille.

La culture bouddhiste prédomine comme en témoigne la présence des monastères perchés, les nombreux Chortens qui balisent les pistes et les évènements traditionnels comme la danse des masques à Padum.

Après avoir gravi plusieurs cols pour traverser le Ladakh, on débouche sur la vallée de Padum au fond de laquelle serpente l’imposant fleuve Zanskar.

La rivière Tsarap lors de la traversée des Himalayas

Pont sur la rivière Tsarap

Himachal Pradesh : 12 jours :

Départ d’Udaipur pour rejoindre McLeod Ganj en passant par Chobia pass et Indrahar pass, deux cols sauvages et fréquentés par les bergers Gaddis et les ours.

Ces montagnes sont moins accessibles et moins connues. Les touristes occidentaux sont très rares à fouler les vallées profondes et encaissées, et les pics acérés de l’Himachal Pradesh. Mis à part quelques endroits un peu plus fréquentés, partout ailleurs c’est le royaume des bergers Gaddi et des ours. Passer du temps avec ces hommes qui vivent dix mois par ans dans la montagne est une expérience unique. D’autant plus lorsqu’on a l’occasion d’effectuer une partie de la transhumance avec eux.

Partout dans ces villages reculés l’accueil est chaleureux et on retrouve l’essence même de l’hospitalité des gens de la montagne.

Il est fortement conseillé de prendre un guide pour s’aventurer dans ces contrées, à moins d’avoir une très bonne expérience de la haute montagne et des Himalayas.

La transhumance des bergers Gaddi lors de la traversée des Himalayas

La transhumance dans les hautes montagnes

Budget : Environ 10€ par jour en comptant la nourriture et l’hébergement chez l’habitant

Difficulté : Très dur si l’on souhaite tenter cette traversée en 24 jours. Certaines étapes font plus de 40 kilomètres avec des passages de cols à plus de 5000 mètres. La traversée de Chobia pass demande d’être à l’aise sur glacier et de pouvoir poser les mains. Matériel spécifique fortement recommandé, et guide indispensable.

Fréquentation : Faible sur la traversée du Ladakh/Zanskar. Inexistante dans l’Himachal Pradesh

Quoi d’autre dans les environs des Himalayas :

 Au Zanskar / Ladakh :

La vallée de Markha :

Ce trek de dix jours permet de remonter la magnifique vallée de Markha et de découvrir les paysages et la culture Ladakhi. Passant de village en village, le sentier part de Chilling près du fleuve Zanskar pour monter jusqu’au Kongmaru La, col qui culmine à plus de 5200 mètres d’altitude et ensuite redescendre dans la vallée de l’Indus. Ambiance garantie dès le départ du trekking avec un passage au-dessus du fleuve Zanskar dans une caisse accrochée à un câble suspendu !

Les paysages sont typiques des hautes vallées du Ladakh, et la culture Ladakhi est encore très présente. Il est très facile d’organiser ce trek au départ de Leh. Les agences sont nombreuses à proposer des tours pour tous les budgets. Mais étant donné la présence de nombreuses guesthouses et le chemin bien marqué, il est également possible d’envisager ce trek seul.

Paysage minéral de la vallée de Markha lors de la traversée des Himalayas

La vallée de Markha en Inde

Visiter les monastères bouddhistes du Ladakh et Zanskar:

La vallée de Leh regorge d’anciens monastères bouddhistes tous plus beaux les uns que les autres. Je vous invite fortement à prendre une journée ou deux pour en faire le tour et découvrir ces merveilles d’histoire et de spiritualité. Parmi l’ensemble des monastères, vous pouvez aller visiter les monastères de Thikse, Hémis ou Chemre aux alentours de Leh. En vous enfonçant plus profond dans les terres, vous pourrez visiter le monastère perdu de Lingshed, habité depuis près de mille ans. Plus au sud sur la route de Padum, ne manquez pas le monastère de Phugtal fondé au douzième siècle et intégré dans la paroi d’une falaise. Ce bijou architectural s’intègre à merveille dans le paysage environnant de la vallée, et ses plus hautes habitations sont construites dans une caverne située à plusieurs dizaines de mètres du sol.

Monastère de Chemre lors de la traversée des Himalayas

Monastère de Chemre en Inde

Monter au Khardung La en Royal Enfield :

Visiter la vallée de l’Indus en Royal Enfield est un souvenir inoubliable. Pour quelques dizaines d’euros vous pourrez louer à Leh ces fiers destriers et tenter de gravir le plus haut col carrossable du monde à 5359 mètres. Du sommet, le panorama sur les Himalayas est à couper le souffle. Mais gare au mal de l’altitude !

Prêts pour un ride d

Visite de la vallée de l’Indus

Dans l’Himachal Pradesh :

Vivre la vie des bergers Gaddi dans les villages

L’Himachal pradesh est le fief du peuple Gaddi. Cette communauté tribale vit au rythme des transhumances, passant dix mois par an en altitude pour faire migrer leurs troupeaux des basses vallées vers les pâturages en été. Vivre quelques jours dans ces villages perdus vous ramènera au temps où les routes n’existaient pas et où la vie s’organisait autour de l’élevage. Les femmes encore habillées dans leurs tenues traditionnelles préparent le repas et vaquent aux champs tandis que les hommes, veste de laine sur le dos et chapeau traditionnel s’occupent des troupeaux.

Conduire le troupeau à l

Les transhumances indiennes

A Dharamsala -McLeod Ganj

Visiter la résidence du Dalaï-Lama

Perché à 1450 mètres d’altitude, McLeod Ganj abrite la résidence du quatorzième Dalaï-Lama. Ce monument peut être visité, et le lieu est propice à la méditation ou la contemplation. Plusieurs fois par an le Dalaï-Lama vient donner un « public teaching » à quiconque est intéressé, et vous pourrez profiter pendant un ou deux jours de la sagesse de cet homme d’exception.

Prendre des cours de yoga / méditation

McLeod Ganj est un village empreint de spiritualité… ou de tourisme spirituel. Mais qu’importe, il est très aisé de trouver une école de yoga ou de méditation sur les flancs du massif du Dhauladar. Il y en a pour tous les prix et tous les styles, du Hata Yoga à l’Ashtanga. Si vous voulez pousser plus loin l’expérience, McLeod Ganj abrite un centre Vipassana ou vous pourrez expérimenter la méditation en silence guidée par des maitres bouddhistes. Inscription obligatoire en avance. Plus d’informations sur http://tushita.info/

 Bibliographie :

Lonely planet Jammu et Cachemir : éditions Broché, 2017. Bonne source d’informations pour le logement, les incontournables, les transports. Mais une fois dans le pays, prenez le temps de fermer le livre et de vous laisser guider par vos émotions. Elles vous emmèneront parfois dans des endroits insoupçonnés…

Guide Ladakh-Zanskar, 22 itinéraires de trekking : éditions Broché, 2011. Une bonne source d’idées pour choisir ses trekkings dans les environs de Leh et de Padum. Assez complet mais ne reprend pas forcément les itinéraires plus sauvages et cachés.

Liens Internet :

Pour le Ladakh, Zanskar :

Un blog assez bien fait qui donne pas mal d’informations sur le trekking au Ladakh/Zanskar

Les conseils de base pour se rendre au Ladakh et profiter au mieux de son expérience sur place.

Pour l’Himachal Pradesh :

Trekkinginindia recense les treks les plus parcourus. Idéal pour se faire une première idée du coin et découvrir ces paysages incroyables et plonger dans la vie des bergers Gaddi

Maps.me – l’application du voyageur/randonneur

Durant cette année de voyage à travers le monde, j’ai eu l’occasion d’expérimenter plusieurs applications aidant le voyageur, et une seule a particulièrement retenu mon attention : maps.me.

maps.me

Avec la possibilité de charger les cartes pour en disposer hors ligne, et contenant toutes les informations et chemins répertoriés, maps.me est une véritable mine d’or du voyageur. Certains chemins extrêmement reculés dans l’Himachal Pradesh étaient même répertoriés, ce qui m’a permis de garder ma confiance lorsqu’aucune sente ne venait troubler la végétation de la vallée. Je recommande donc vivement cette application.

Traversée des Himalayas à pied – 600 kilomètres dans les pas du Dalaï-Lama

La leçon du Dalaï-Lama

Un pied puis l’autre. Gauche, droite, j’avance bercé par ces hommes et femmes qui se dirigent comme moi vers le grand stade en contrebas. La foule est déjà présente. Des milliers de familles sont venues des quatre coins du Ladakh et du Zanskar pour le voir. Confortablement installés sur leurs nattes, protégés du soleil par de grands parasols, hommes et femmes écoutent le Dalaï-Lama. Situé sur une estrade, Tenzin Gyatso, le 14ème Dalaï-Lama explique les fondements de la spiritualité et l’origine de la souffrance.

« Les pensées qui prennent possession de votre inconscient sont la clé de votre souffrance. Non maitrisées, elles vous bloquent, vous jugent et vous emmènent loin de votre présent, dans les limbes d’un passé révolu ou d’un futur incertain. Apprenez à utiliser vos pensées en pleine conscience, à les mettre à votre service et au service d’autrui, et vous verrez votre vie s’améliorer. »

Assis au milieu des touristes, un écouteur permettant la traduction en direct, je bois ces paroles pleines de sagesse et souris à mes voisins. Depuis près de huit mois j’utilise mes pensées pour briser mes limites et écouter mon cœur. Et effectivement ma vie s’est transformée, comme guidée par une force qui m’emmène vers des aventures toujours plus extraordinaires.

Fondements de la spiritualité et l

Enseignements du Dalaï-Lama

Une deuxième leçon ?

En discutant avec un Anglais assis à côté de moi j’apprends que le Dalaï-Lama donnera un nouveau « public teaching » dans un mois. Mais cette fois-ci ce sera à Dharamsala, 600 kilomètres plus au sud. Cela tombe bien je suis en voyage pour un an et je dispose de quelque chose d’extrêmement précieux : le temps. Alors autant profiter de ce que la vie nous propose et retourner écouter le Dalaï-Lama. Mais tant qu’à faire allons y avec un petit challenge : traverser les Himalayas du Nord au sud. J’ai un mois pour parcourir les 600 kilomètres qui me séparent du « Petit Lhassa ». Comment je vais faire ? Je n’en sais rien. Pour l’instant je n’ai qu’un rêve. Mais toute réalité commence par un rêve…

Du rêve à la réalité

Le sac est lourd sur mes épaules. A petits pas je m’élève au-dessus de la vallée, troquant les arbres et les plantations pour le sable et les cailloux. Ce matin, deux jours après le public teaching, j’ai quitté Lamayru et son monastère vieux de mille ans en direction du sud. Il faut dire que tout s’est passé très vite. Après avoir vu le Dalaï-Lama ma décision était prise. J’allais tenter la traversée des Himalayas à pied en solitaire et sans tente.

En fouillant sur le net et dans les librairies de Leh j’ai pu trouver une voie pour rejoindre Dharamsala à pied à travers les montagnes. Pour la première partie c’est plutôt aisé. La traversée du Zanskar jusqu’à Darcha emprunte des vallées habitées et il est même possible d’en tenter quelques variantes pour passer par des vallées perdues. C’est pour traverser l’Himachal Pradesh plus au sud que l’histoire se complique. Pas beaucoup d’infos. En fouillant bien j’ai pu dégoter d’anciennes cartes d’état-major anglais indiquant un passage par les hauts cols. Les crêtes sont indiquées par des traits rouges et les fonds de vallée par des traits bleus.

Ma bonne étoile

Il va me falloir un peu de nez pour trouver la route mais je compte sur ma bonne étoile et mon expérience de la montagne. Cela fait trois mois que je parcours les sentiers du toit du monde entre le Népal et l’Inde et je commence à me familiariser avec ces vallées profondes et ces pics inatteignables. Après avoir rempli mon sac de nourriture pour quelques jours et dégoté une bâche au cas où je doive dormir en pleine nature, un bus brinquebalant me dépose à mon point de départ. Je trouve un dernier lit confortable et profite d’une bonne douche, la suivante risque d’être dans plusieurs jours.

La vallée de l

Lamayru dans la vallée de l’Indus

Voilà maintenant trois heures que j’ai quitté le confort de la route pour m’avancer sur les sentiers perdus du Ladakh. Les descentes succèdent aux montées dans un paysage désertique où chaque brin d’herbe lutte pour sa survie. Pas âme qui vive, les seules rencontres que je fais sont des ossements de mouflons. La vie a une signification particulière dans cet endroit où extrême rime avec quotidien.

Une petite descente dans une ravine me permet de rejoindre une piste carrossable qui se transforme vite en route goudronnée. Les deux heures suivantes me permettront de profiter des progrès de l’humanité : par trente-cinq degrés le goudron chauffe terriblement et commence à me brûler les pieds. Extenué après six heures de marche dans cette fournaise j’arrive à Panjila pour y chercher à manger. Un habitant me propose de le rejoindre chez lui mais alors que je marche pieds nus pour rafraichir mes pieds gonflés par la chaleur, je glisse dans un canal et fait tomber mes chaussures. La chaussure gauche tombe dans l’eau et commence à être emportée par le courant. D’un geste prompt je la récupère.

Le mal est fait

La chaussure est remplie d’eau. Plus de peur que de mal mais le pied gauche restera humide pour les jours à venir. C’est un signe, je n’irai pas plus loin aujourd’hui, il faut faire sécher tout ça. Tant pis la journée sera un peu plus longue demain. J’engloutis un Dal-Bhat pour me remplir le ventre tout en laissant tranquillement le soleil descendre derrière les reliefs. La première journée m’a rappelé à la réalité. Je m’embarque dans une aventure unique pleine de moments incroyables mais aussi d’embûches et de difficultés. L’un ne vient pas sans l’autre et il faut savoir composer avec les deux pour apprécier le voyage à sa juste valeur.

Avancer malgré les difficultés

Le ronronnement du poêle me sort de la torpeur. Mon hôte prépare les chapatis qui feront office de petit déjeuner tandis que le soleil dort encore. J’enfile mes chaussures encore trempées et prend la route au lever du jour. Autour de moi d’imposantes parois se dressent, verticales. La route n’a pas beaucoup de place pour se frayer un chemin entre la rivière bouillonnante en contrebas et les murailles rocheuses. Ca et là d’énormes blocs sont écrasés sur le goudron m’exhortant à passer au plus vite ce défilé piégeux.

Le goudron fait maintenant place au caillou et la route s’est transformée en piste pour mon plus grand bonheur. L’humidité dans la chaussure n’est pas gênante au début, mais au fur et à mesure que la température monte le pied commence à souffrir. Bingo, l’ampoule est belle et bien formée. Le soleil cogne toujours plus et mes pieds me font terriblement souffrir. Si on m’avait dit que cette traversée allait commencer de la sorte j’aurais peut-être hésité à m’y aventurer. Mais alors que je me demande si je ne vais pas m’arrêter là, une phrase de Mike Horn me revient en tête :

« Ce qui permet à un homme de faire des choses extraordinaires, ce n’est pas son physique, c’est son mental. »

La douleur c’est dans la tête

Je décide de serrer les dents et continuer. J’essore ma chaussette trempée et repart pas après pas en direction du premier col. La piste s’élève régulièrement dans cette vallée désertique. Alors que je commence à manquer d’eau et d’énergie, j’aperçois au loin une bâche bleue. C’est l’abri du berger. Tranquillement assis sur son siège, il m’accueille avec un sourire et me sort quelques vivres. Cela fait déjà huit heures que je marche et je n’ai rien avalé depuis ce matin.

Les nouilles déshydratées sont un festin. Je repars le ventre plein, regonflé à bloc pour passer le col. Plus je monte, plus les paysages qui m’entourent sont incroyables : sommets enneigés, pics rougeoyant sur fond vert et gris. Je marche dans le décor du seigneur des anneaux seul depuis ce matin. Enfin le cairn indique le col. Un tas de pierre entouré de drapeaux de prière marque l’entrée dans la vallée de Photoksar.

Décor du Seigneur des anneaux lors de la traversée des Himalayas

Paysages de fin du monde

Direction Photoskar

Je suis heureux. Après deux jours de marche, je m’enfonce encore un peu plus dans ces coins reculés où vent et sable règnent en maître. Malgré les doutes et les douleurs de ce matin je suis heureux d’avoir continué et de me retrouver là à admirer le paysage environnant. Encore deux heures de descente pour rejoindre Photoksar : petit village perché au milieu de nulle part, mon étape pour la nuit.

Les journées se suivent. Petit à petit les kilomètres s’égrènent et je vais à mon rythme, seul avec mes pensées et le bruit du vent. Depuis trois jours et presque quatre vingt kilomètres que je marche, une piste carrossable croise mon chemin, m’obligeant parfois à la suivre, parfois à la couper. Mais à quoi bon cette piste qui lacère les flancs de la montagne au milieu de nulle part, qui dégrade le paysage et casse la magie du lieu ?

Villages fantômes

« Pour désenclaver », peut-on entendre. Désenclaver oui, mais ce que j’observe plus c’est que les villages se vident. Il n’y a plus d’homme pour cultiver. Ils sont tous parti à Leh à la recherche d’un travail. Les cadenas sont aux portes et les champs en terrasse autrefois verdoyants ne laissent plus pousser que la poussière. Ironie du sort, cette route censée amener richesse et prospérité détruit petit à petit l’afflux des trekkeurs qui empruntent cette portion en 4X4, pressés d’accéder aux paysages encore vierges de toute route. La manne financière a filé avec la piste, et la main d’œuvre aussi.

Alors quel avenir pour ces villages reliés par la piste ? Je laisse mon imaginaire me compter une histoire. Après quelques années d’entretien laborieux pour faire face aux aléas et à l’érosion, les derniers jeunes seront partis de leur village et la région délaissée des trekkeurs avides de montagnes immaculées. Comme le temps efface les cicatrices sur la peau, la piste disparaitra peu à peu sous les effets conjugués du vent, de la pluie, de la neige et des éboulements. Les vallées autrefois habitées retrouveront le calme que seule la montagne vide des Hommes sait offrir. Et cela ne serait ni mal, ni bien, ça serait ainsi.

Seul face à la nature lors de la traversée des Himalayas

Seul au monde

Monastère de Lingshed

Après quatre jours de marche je rejoins le monastère de Lingshed et m’octroie une étape de récupération. Plutôt que de marcher, je préfère aller prendre le thé dans les cuisines du monastère. Dans un anglais langage des signes les jeunes me racontent leurs histoires et leurs rêves. L’une d’entre eux est partie étudier à Dharamsala. Elle revient aujourd’hui avec l’idée de monter une association pour aider les villages alentours et éviter le dépeuplement. Quel que soit l’endroit où l’on vit, il est toujours possible de faire de belles choses pour les autres. Je lui souhaite bonne chance et repart sur les chemins escarpés du Ladakh.

S’inspirer des autres

Le lendemain soir j’arrive au pied du Parfi la, le col qui marque la fin du Ladakh. Derrière ces 400 mètres de lacets abruptes s’étend la vallée du Zanskar et son fleuve du même nom. Alors que je me prépare le repas du soir, j’aperçois un homme de bonne stature. Assis près d’un sac à dos hors d’âge, il sirote tranquillement son thé. Curieux je me rapproche pour entamer la conversation et fait connaissance de Jean. A 74 ans il est parti seul sur la traversée du Zanskar. Accompagné d’un guide et d’une mule, il rejoint Padum à pied. Ce type m’inspire. Comment se fait-il qu’il soit en train de marcher à plus de quatre mille mètres d’altitude alors que la plupart des hommes de son âge se considèrent trop vieux pour bouger ?

Belle leçon de vie

« Tout est dans la tête. Si tu te crois vieux à la retraite, tu deviens vieux et à la retraite »

Serait-ce si simple que ça ? Aujourd’hui Jean a une vie bien remplie. Consultant en environnement industriel pour plusieurs compagnies, il a décidé à 71 ans d’aller voir l’Everest, ce qu’il a fait. Et trois ans plus tard le voici ici à traverser de nouveau les Himalayas.

« C’est lorsque tu n’oses pas sortir de ta zone de confort par peur d’échouer que ta vie se transforme en enfer. Le pire qu’il puisse t’arriver en essayant et en ne réussissant pas c’est d’apprendre. Alors que si tu ne changes pas, si tu ne grandis pas, tu es condamné à mourir à petit feu. »

Les paroles de Jean résonnent dans ma tête. Si j’avais écouté mes peurs, jamais je ne serais ici. Jamais je n’aurais découvert ces gens, ces paysages et vécu ces instants magiques. Avoir peur est normal et sain. Mais savoir dépasser ses peurs et avancer coûte que coûte est la clé d’une vie riche et inspirante.

Le lendemain matin nous nous retrouvons au col pour échanger un peu d’eau et des graines. C’est avec un profond respect l’un pour l’autre que nous nous quittons, nous souhaitant bonne chance dans nos projets respectifs.

Vallée du Zanskar lors de la traversée des Himalayas

Vallée du Zanskar en Inde

La Vallée du Zanskar

En contrebas le fleuve gronde et bouillonne, n’invitant pas à la baignade. Alors que je me rapproche du pont que je dois franchir je commence à réaliser que quelque chose ne va pas. En effet, seule l’armature du pont est présente, pas de tablier. A la place quelques planches posées les unes contre les autres laissent entrevoir la possibilité d’un passage, mais le grondement sourd de l’eau trois mètres plus bas me donne des frissons dans le dos. Je n’ai pas le choix, il me faut traverser. J’avance prudemment sur les planches, redoutant à chaque instant de tomber dans le courant. Encore quelques mètres et je suis sorti d’affaire.

Le pont maudit lors de la traversée des Himalayas

Le pont suspendu au dessus du fleuve qui gronde

Douze kilomètres plus loin le village de Zangla sera ma prochaine halte. Après trois heures de marche dans le vent et la poussière, les premières maisons sont comme un havre de paix pour le randonneur fourbu que je suis. Le thé et les biscuits me redonneront l’énergie pour assister au mariage qui a lieu à quelques mètres de là. Venant de tous les alentours, les villageois sont habillés en vêtements traditionnels et attendent, assis, que l’ensemble des cadeaux pour les mariés soit listé avant de pouvoir partager le repas. Les chants et les tambours résonnent longtemps dans la nuit tandis que je m’endors pour profiter d’un sommeil réparateur.

L

Au village de Zengla en Inde

Guérir par les mains

La piste poussiéreuse s’étend le long de la vallée. Profitant de la fraicheur du matin, j’avance en direction de ma prochaine étape. Flottant dans une brume de chaleur, le monastère de Stongde se distingue au loin. La route est encore longue et je décide de m’arrêter au bord d’un ruisseau. Quelques minutes plus tard un moine me rejoint, claudiquant d’une jambe sur l’autre. Il porte la robe rouge traditionnelle du Sangha, et sa tête est recouverte de la coiffe caractéristique des moines bouddhistes Gelugpas. Ce « bonnet jaune » confectionné en laine remonte haut au-dessus de la tête et deux oreilles biscornues se redressent de chaque côté. L’homme a le visage marqué, lui aussi à l’air de souffrir. Péniblement il retire ses chaussures et profite de l’eau fraiche et revigorante pour tremper ses pieds. Dans un langage des signes il m’explique qu’il a une douleur dans la cheville.

Le moine que j

Moine bouddhiste Gelugpas

Expériences bizarres

Parmi les expériences bizarres que j’ai eu l’occasion de vivre pendant mon voyage, il en est une que je ne comprendrai sûrement jamais. Six mois plus tôt j’étais au Népal en train de récupérer d’un long trekking autour de l’Everest. C’est là-bas que j’ai rencontré un maître qui m’a initié au Reiki. Cette technique de soin japonaise basée sur l’énergétique m’avait amusé et intrigué et j’avais décidé de m’initier « pour voir ».

Plusieurs semaines après avoir reçu l’initiation et à la suite d’un entrainement intensif, j’avais commencé à pratiquer sur les gens. Contre toute attente certaines « coïncidences » sont venues troubler mes certitudes d’ingénieur. Comment se fait-il qu’une rage de dent disparaisse en cinq minutes, qu’une entorse légère ne soit plus douloureuse le lendemain ou que des douleurs au dos s’évanouissent. Tout ce que je sais c’est que les coïncidences sont belles, et je décidais donc de continuer à pratiquer sur les gens que je rencontrais. Je montre mes mains au moine et lui pose sur sa cheville. Dix minutes plus tard le moine me regarde puis me sourit. Il me prend la main pour me remercier et me dit d’aller au monastère. Il s’occupe des moines là-bas et je serai bien reçu.

Moment de vie au monastère

Dernière montée laborieuse et j’arrive à l’entrée du monastère. Juché sur un éperon rocheux, il surplombe toute la vallée et offre une vue à 180 degrés. En contrebas les champs de culture forment une mosaïque de vert au milieu d’un océan de désert. Un jeune moinillon m’emmène vers la cuisine où le responsable m’attend avec une bonne assiette de riz et de légumes. Je ne saurais jamais si j’ai aidé ce moine, mais lui en tout cas m’aura permis de partager la vie de sa communauté pendant une journée.

Le lendemain matin je retrouve l’ensemble des moines au petit déjeuner. Autour d’un verre de « salty » composé de thé et de beurre de yak, nous discutons ensemble. Eux me parlent de la vie dans ce royaume reculé, des hivers rudes et de la nature sauvage. De mon côté je leur donne des nouvelles des villages et monastères que j’ai traversé. Dans ces contrées où l’information ne circule pas encore à la vitesse de la fibre, les nouvelles apportées par l’étranger sont une denrée rare qu’il convient de déguster.

Etude des cartes duant la traversée des Himalayas

Transmission au monastère

Danse et méditation

Le calme de la grande vallée s’estompe au fur et à mesure que je me rapproche de Padum, ancienne capitale du royaume. Les jeeps se font plus nombreuses et les rues plus animées. Cela tombe bien j’arrive en pleine période du Karsha Gustor, le festival des masques. Pendant deux jours les moines de toute la vallée se retrouvent pour danser avec des costumes traditionnels portés uniquement à cette occasion. Je profite de ce moment hors du temps, bercé par le son des cymbales et tambours.

La cérémonie est présidée par un jeune enfant de huit ans. La réincarnation d’un grand Lama, maitre spirituel de la tradition Bouddhiste. A la fin de la danse les gens se pressent pour recevoir la bénédiction de l’enfant. Pour ma part j’opterai pour un autre style de récompense : alors que je fais du stop pour regagner ma guesthouse, une jeep rutilante et bariolée s’arrête. C’est la voiture personnelle du jeune Lama. Son chauffeur m’embarque et nous repartons ensemble au centre-ville. Avec ce trajet en voiture sacrée je devrais être protégé pour les douze jours qu’il me reste.

Danse des moines lors de la traversée des Himalayas

Karsha Gustor, le festival des masques

C’est reparti

De la piste, encore de la piste, toujours de la piste. Moi qui suis adepte des petits sentiers, ces portions poussiéreuses et fréquentées par quelques jeep et camions sont un vrai challenge à relever. Voilà déjà six heures que j’ai quitté Padum après avoir refait le plein de vivres et d’énergie. J’avais repéré une borne kilométrique à la sortie du village : « Anmu – 42 kilomètres ». Et comme je n’en ai jamais assez d’avoir des idées bizarres, je me suis dit qu’un petit marathon à 4000 mètres d’altitude pourrait être sympathique.

J’ai ajusté le sac sur mes épaules et je suis parti, bien décidé à rejoindre ma destination avant la nuit. Dix heures plus tard je traverse les champs d’orge qui entourent une jolie maison caractéristique. Il est seize heures et j’ai rempli mon contrat, je peux me reposer. Quelle n’est pas ma surprise lorsque je retrouve Jean, le guerrier de 74 ans. Accolades amicales et diner partagé. C’est un plaisir de retrouver un visage connu dans un périple où tout change chaque jour. Notre hôte nous sert le meilleur Dal Baht de la vallée. Son secret : un chutney aux tomates et à la menthe, un régal.

Enseignement de Bouddha

Le sentier s’enfonce dans la vallée en longeant une pente vertigineuse. Quelques centaines de mètres plus pas la rivière Tsarap illumine le paysage par sa couleur bleu laiteux. Encore une barre rocheuse à passer et le monastère de Phugtal m’apparait. Encastré dans la paroi, il fait figure de nid imprenable. Les dizaines d’habitations aux murs blancs et fenêtres rouges forment un contraste magnifique avec l’ocre de la paroi. C’est bientôt l’heure de la Puja, cérémonie bouddhiste. Une à une je gravis les marches qui m’emmènent à la salle de méditation. De nombreux moines sont assis. Jeunes et vieux commencent à réciter les mantras sacrés issus du Dharma, l’enseignement de Bouddha.  Un verre de Salty à la main, je profite du moment pour me ressourcer et apprécier la chance que j’ai de vivre cette expérience.

Monastère de Phugtal lors de la traversée des Himalayas

Monastère de Phugtal en Inde

Tribulations à 5000m

La vallée remonte vers le sud, alternant entre paysages désertiques et oasis de verdure autour des villages. Au fur et à mesure que je prends de l’altitude les températures refroidissent. Ça et là les yacks paissent tranquillement tandis que les bouses sèchent sur les murs au soleil, combustible indispensable pour l’hiver rude à venir. Pour l’instant les cultures tapissent le fond de vallée d’un vert éclatant mais dans quelques mois la neige recouvrira les reliefs, rendant la vie beaucoup plus rigoureuse.

Humanité et progrès

J’arrive au village de Kargiakh en même temps qu’un jeune qui n’a pas l’air du coin. Lunettes de soleil sur la tête, blouson en cuir et jean à la mode, Wang Tzin Tougtcha arrive effectivement de plus loin. Ce jeune tibétain de 22 ans a du fuir son pays à 17 ans pour échapper aux répressions de l’état chinois. Débarquant à Dharamsala sans argent ni connaissance, il a dû trouver de quoi se nourrir et se loger. Il vient ici pour trouver des antiquités qu’il espère revendre à bon prix dans les grandes villes. La vie de ce jeune homme me touche : ne plus pouvoir revoir sa famille restée au Tibet, et avoir le statut de réfugié politique est une expérience plutôt commune dans cette partie du monde. Mais elle n’en reste pas moins compliquée.

« Je rêve d’une chose. C’est de pouvoir un jour retrouver mes parents et les emmener voir le Dalaï-Lama. Tu sais, pour tout bouddhiste Tibétain, faire un pèlerinage pour voir le Dalaï-Lama est une action nécessaire à faire dans sa vie pour raccourcir le cycle des réincarnations. »

Les yeux de Wang Tzin brillent lorsqu’il me parle de sa famille et de son impossibilité de les voir. Je lui souhaite bonne chance dans la réalisation de ses rêves. L’Humanité a encore beaucoup de progrès à faire. La quête avide de pouvoir et de richesses conduit à la souffrance des Hommes et déchire les familles. J’ose espérer que les paroles du Dalaï-Lama résonnent de plus en plus fort et permettent un jour à Wang Tzin de revoir sa famille.

Le col de Shingo La

La bouillie de Tsampa, farine d’orge grillé mélangé à du thé, réchauffe ma gorge et me remplit le ventre ce matin. Depuis quatorze jours que je suis parti de Lamayru, j’ai adopté le régime local. Dal bhat (soupe de lentilles et riz) en journée et Tsampa le matin. Pour sûr je ne grossirai pas mais je garde suffisamment d’énergie pour supporter les longues journées de marche. Aujourd’hui la journée est longue. Plus de quarante kilomètres et le passage du col de Shingo La à 5090 mètres.

Le paysage est désertique, presque apocalyptique. Les grandes étendues de sable et de poussière font place à la moraine glaciaire où le chemin louvoie entre les énormes blocs. Dernier col de cette partie du voyage, il ne me reste plus que vingt kilomètres de piste descendante pour finir la journée. La fin du Zanskar se rapproche et c’est avec encore plus d’entrain que je rejoins Sumdo. Je pensais pouvoir y trouver quelque Guesthouse et échoppe pour me reposer, mais le bourg n’est en fait qu’un campement d’ouvriers qui construisent une nouvelle route pour passer le col. Désenclavement encore une fois ? Plutôt une stratégie militaire pour permettre à l’armée Indienne d’accéder plus rapidement aux zones frontalières du Cachemire Pakistanais et du Tibet Chinois.

Les cantonniers du Bihar

C’est ici que j’expérimente la vie de misère des cantonniers du Bihar. Ces hommes et ces femmes arrivent de l’une des régions les plus pauvre d’Inde pour construire les routes du gouvernement. Munis d’un outillage sommaire, ils cassent, déblayent et terrassent la piste d’altitude pendant plus de dix heures par jour. Lorsque le vent glacial se lève en fin de journée ils retournent dans leurs campements de fortune en bord de route.

Je m’arrête dans la seule construction en dur qui sert d’échoppe pour les travailleurs. Un homme souriant m’accueille. A l’intérieur un grand père aveugle s’occupe de deux enfants en bas âge. Affalé sur un tapis, un berger ivre cuve son vin. Pourtant malgré la misère l’ambiance est bonne. L’homme se plie en quatre pour m’offrir ce que l’on pourrait difficilement appeler un diner. Tandis que j’étale ma bâche entre les sacs de riz pour dormir, partageant la pièce avec les mulots et les rats, je prends conscience de la leçon que la vie m’apporte. Quand il ne reste rien d’autre que la simple existence dépourvue de tout confort, partager un sourire, une parole peut devenir le plus réconfortant des cadeaux.

Les cantonniers du Bihar lors de la traversée des Himalayas

Les cantonniers du Bihar en Inde

Transhumance à haut risque

 J’ai l’impression d’être en suisse. Depuis deux jours que j’ai définitivement quitté le Zanskar, les paysages sont complètement différents. Je remonte une vallée verdoyante, profitant de l’ombre des pins pour me rafraichir. En contrebas plusieurs vaches broutent paisiblement l’herbe drue et fournie. Quel plaisir de marcher à nouveau en T-shirt après tout ce temps passé au-dessus de 4000 mètres. Avec les paysages, c’est aussi un nouveau massif que je découvre. Les montagnes de l’Himachal Pradesh ressemblent plus aux Alpes. Vallées profondes et sommets escarpés.

Mais c’est aussi maintenant que l’aventure commence. Dans le Zanskar j’étais à peu près sûr des chemins que j’empruntais. Maintenant je vais devoir me fier à mon instinct. Plus en contrebas, alors que j’hésitais sur la vallée à prendre, des fermiers m’ont affirmé que le col était praticable là-haut.

« Oui ce col c’est Chobia Pass. Non je n’y suis jamais allé mais tu trouveras des bergers et des brebis »

Bon si les brebis passent je peux y aller tranquille. A ce moment je ne réalise pas combien cette petite phrase pleine de certitudes me donnera une des plus belles leçons d’humilité de ma vie.

La malédiction de la chaussure gauche

Au fur et à mesure que je m’élève les arbres laissent la place à l’herbe rase. Déjà 1400 mètres de dénivelé. Je croise trois bergers qui surveillent leur troupeau assis derrière un gros bloc. J’y suis, au royaume des bergers Gaddi. Nous échangeons un peu d’eau et quelques chapatis puis je décide de repartir. Les bergers m’enjoignent de rester avec eux mais je me sens en forme. Je m’arrêterai plus haut. 4300 mètres d’altitude, j’aurais peut-être dû rester avec les bergers.

L’herbe s’est faite de plus en plus rase puis à disparu au profit d’une moraine glaciaire. Et pour couronner le tout le temps vire à l’orage. Je cherche désespérément un recoin plat pour poser mon camp mais dans cet univers de roche et de glace pas moyen de trouver. Il est 17h30, je suis à 4600 mètres d’altitude et la pluie commence à tomber, froide et drue. J’avise un gros bloc et tend ma bâche pour me protéger de la pluie. La nuit va être folklorique mais je n’ai pas le choix. Après avoir fait bouillir quelques nouilles déshydratées je me glisse dans mon duvet en espérant que la nuit ne soit pas trop dure.

Une sensation de froid dans les jambes me réveille. Je suis dans le noir complet et le vent fait claquer la bâche tendue juste au-dessus de moi. Le bas de mon duvet est trempé et de l’eau a percolé à l’intérieur de ma chaussure gauche. Ça n’est pas la première fois que ça m’arrive mais à cette altitude c’est une autre affaire. Je protège mon duvet comme je peux avec ma goretex puis tente de me rendormir.

Les bergers Gaddis durant la traversée des Himalayas

Mes guides/sauveurs avec leur troupeau

Cinq bergers

Les premiers rayons de soleil viennent doucement sécher la toile alors que je me réveille. Le temps n’est plus aussi menaçant même s’il n’est pas parfait. Je fais le bilan de la situation : je suis à moitié perdu avec une chaussure trempée au milieu d’un glacier. Ça devient sérieux et toute erreur pourrait aggraver ma situation. Je me donne une heure de recherches pour trouver l’itinéraire avant de rebrousser chemin si besoin. Après quarante cinq minutes à marcher dans les rochers glissants, j’entends un aboiement.

Au fur et à mesure que je me rapproche je comprends que je suis sauvé.  Cinq bergers et leur troupeau de chèvres et de brebis s’apprêtent à passer le col. Je leur demande si je peux les accompagner et ils acceptent. Une fois le troupeau rassemblé nous nous engageons sur le glacier. Le rythme est bon et le troupeau suit. Mais après quelques dizaines de minutes je m’aperçois que nous avançons sur un glacier crevassé en direction d’une muraille infranchissable. Je fais confiance aux bergers, ils connaissent mieux le coin que moi.

Passage du col à haut risque durant la traversée des Himalayas

Une ascension à risque sur le col

La rimaye

Nous arrivons à la rimaye, trou béant séparant le glacier des parois rocheuses. Il nous faut passer une crevasse large de cinq mètres et profonde de vingt pour prendre pied sur une pente enneigée. L’un des bergers avise un pont de neige instable, le teste avec son bâton puis traverse. Mais tandis que nous passons le pont, quelque chose cloche. La pente n’est pas enneigée, elle est glacée. Une fine couche de neige recouvre un billard de glace à quarante cinq degrés. Impossible d’avancer plus loin sans crampons sous peine de glisser dans le trou béant que nous surplombons.

Belvindar le berger de tête m’invite alors à sortir la hache qu’il a dans son paquetage. Et comme au temps des premiers alpinistes, il commence à tailler des marches à la hache pour rejoindre le rocher. Vingt mètres plus bas la crevasse est béante. Une glissade et s’en est fini. Je respire profondément, focalisé sur chacun de mes mouvements.

De vrais guerriers

Pas après pas nous rejoignons le rocher et commençons à escalader une dalle humide et lisse pour rejoindre la brèche. Je ne suis pas à mon aise malgré mes chaussures d’alpinisme, une corde et un piolet auraient été plus que bienvenus. De leur côté les bergers marchent dans la neige et sur le rocher avec des chaussures en plastique, sorte de crocs, et ont l’air de parfaitement s’en accommoder. Ces types sont de vrais guerriers ! Ils bravent la montagne sans matériel et me donnent une belle leçon d’habileté. La brèche se rapproche.

Plus que quelques pas d’escalade et nous basculons de l’autre côté. Le ciel est menaçant et le vent froid siffle entre les rochers noirs. A perte de vue du caillou, les éboulis ne sont pas prêts de s’arrêter. Encore deux heures de descente dans un labyrinthe de roches et de falaises et nous posons le camp. A 20h30 je pourrais déguster mon premier repas de la journée. Je suis exténué mais heureux d’être en vie. Tout en regardant les bergers parler, je ne peux m’empêcher de revivre la journée. La route qu’ils prennent est dingue et je ressens un immense respect pour ces Hommes qui risquent leur vie tous les jours dans la montagne.

La vie de berger Gaddi

Le soleil descend lentement le long des parois abruptes tandis que la température remonte. Les bergers ont allumé le feu sur un petit rocher dépassant de la grande prairie fleurie dans laquelle se repose le troupeau. La nuit a été fraiche mais bonne. Nous nous sommes répartis autour du troupeau pour mieux le surveiller s’il arrivait un problème, mais heureusement aucun ours n’a montré le bout de son nez. Nous trempons les chapatis dans du lait de chèvre chaud juste sorti du pis.

La journée s’annonce belle mais longue pour rejoindre le village. Nous rassemblons le troupeau et entamons la descente. Nous passons de vire herbeuse en vire herbeuse, nous méfiant à chaque instant d’une glissade éventuelle. Quelques heures plus tard les bergers remontent le troupeau dans une pâture d’altitude, et nous nous séparons. Belvindar et moi redescendrons au village accompagnés d’un de ses amis monté pour l’occasion tandis que les autres bergers attendront la relève en gardant le troupeau.

Petit déjeuner sur l

Avant de rejoindre le village

Chobia Pass

Libéré des brebis, ces hommes qui étaient déjà des forces de la nature se transforment en chamois et il me faudra toute mon expérience de trailer – alpiniste pour réussir à suivre leur rythme infernal. Une trace d’ours par ci, un serpent dangereux par-là, un éboulis plus bas et une traversée de torrent en furie sur un tronc d’arbre. Mon cœur s’est arrêté de battre maintes et maintes fois aujourd’hui. C’est à nouveau exténué mais heureux et soulagé que j’aperçois le village en contrebas. Nous avons réussi, nous avons traversé Chobia Pass !

Arrivé à la maison nous nous asseyons en tailleur sur le balcon et tandis que je bois à petite gorgées le thé fumant que l’on m’a apporté, les jeunes du village et les femmes viennent marquer leur respect en touchant nos jambes et en portant leur main au front. Ces bergers sont des hommes d’exception, et la montagne est leur seconde maison. Aujourd’hui, parce que j’ai traversé avec eux Chobia Pass, je fais un peu partie des leurs. Mon cœur se remplit de fierté à cette idée. Un bon repas chaud vient clore les discussions et je m’endors en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Je crois que ces trois derniers jours ont été l’un des challenges physique les plus durs de ma vie.

Paquetage optimisé lors de la traversée des Himalayas

Sac fait main

Derniers moments avec mes hôtes

Lorsque j’ouvre les yeux au petit matin, Belvindar et son ami sont déjà au travail. En contrebas dans la rivière ils déplacent des blocs énormes pour reconstruire un pont. Je ne ferai que les regarder. Mon corps est encore tout meurtri des trois jours passés dans la montagne et il me reste encore un col à franchir avant de rejoindre Dharamsala. Je profite de cette journée de récupération pour visiter le village.

Perchées à flanc de montagne, les maisons traditionnelles en bois abritent de grandes familles et chacun connait les tâches qu’il doit réaliser. Au rez-de-chaussée les bêtes profitent du foin rapporté par les enfants et les anciens. Le soir venu les hommes fument le narguilé tandis que les femmes cousent et préparent le repas. L’hospitalité de mes hôtes est fabuleuse. Pas une seule seconde je ne serai considéré comme un touriste.

Le lendemain, c’est à regret que je quitte mes amis pour partir vers mon dernier défi : Indrahar pass. Merci pour ces moments de partage et pour votre bonté. Je ne vous oublierai pas.

 Nous avons tous un ange gardien

J’arrive au 21ème jour de mon voyage. Il ne me reste plus qu’un col à plus de 4000m à franchir avant de retrouver la civilisation. Trois jours de marche à travers une région sauvage, remplie d’ours et où les chemins se résument à quelques traces du passage des bergers.

En remontant la vallée en direction du col, je m’arrête à l’avant dernier village pour me désaltérer. En repartant, un jeune chien commence à me suivre. Après trente minutes de marche ensemble, je le caresse et le chien saute de joie. Depuis de ce moment, mon compagnon ne me quittera plus pendant les trois jours de ma traversée. Chaque moment d’orientation difficile, il m’a indiqué la voie à suivre. A travers les pierriers, les vires et les broussailles, il était devant, m’attendant et me montrant la voie. Avec le peu de nourriture dont je disposais, nous avons surtout lié notre amitié à l’eau fraiche. Mais il semblait heureux d’être là à mes côtés, de me montrer la voie et de prendre soin de moi.

Un soir, alors que j’installe ma bâche et mon duvet, j’en viens à me rappeler que la vallée est farcie d’ours, et que j’ai encore quelques vivres dans mon sac. L’idée de m’endormir seul dans cette vallée perdue, à la merci des ours ne m’est pas très confortable, mais je me rassure en me disant que j’ai mon chien de berger à mes côtés.

Alors que je me glisse dans mon duvet, le chien se blottit à mes pieds et plusieurs fois dans la nuit il se lèvera et aboiera… Tout ce que je sais c’est que j’étais vivant le lendemain matin.

Mon ange gardien lors de la traversée des Himalayas

Le chien/ma bonne étoile

Objectif réussi

Encore une journée harassante et nous passons le col ensemble. « Lah glayo » – « Les dieux sont avec nous » comme disent les tibétains. En contrebas la plaine s’étend à perte de vue. J’ai traversé les Himalayas, j’ai réussi ! Et ce chien m’a aidé et protégé pendant ces trois derniers jours ! Nous redescendons vers la civilisation, et c’est avec plaisir que je loue une tente pour profiter d’une dernière nuit avant de rejoindre la ville. Nous nous gavons d’une bonne plâtrée de haricots et de riz avec le chien. Repas de fête pour deux amis qui ont affronté ensemble les difficultés !

Mais comme je regardais mon chien manger, je sentais monter en moi l’angoisse du lendemain. Que faire s’il me suit en ville ? Je ne peux pas l’emmener même s’il m’est devenu plus que cher, et je ne veux pas qu’il se fasse caillasser par les gens du village ! Malgré cela nous nous endormons une dernière fois la tête dans les étoiles, le chien blotti à mes pieds.

Mon compagnon

Le lendemain à 5h30 je me réveille une première fois et vois mon compagnon toujours blotti à mes pieds. A 6h30 je me réveille à nouveau, et j’en profite pour lui faire un énorme câlin. A 7h30 je me réveille pour de bon… Et le chien a disparu. Je prends mon petit déjeuner, range mon sac, lace mes chaussures, fais un petit tour pour voir si je le trouve. Personne… Je commence alors à descendre vers le village, mais le chien a disparu !

Alors je commence à comprendre, ou plutôt à décider de croire en cette histoire : Le chien a été mon ange gardien pendant trois jours pour passer cette vallée sauvage, non fréquentée et remplie d’ours. Et lorsque je suis arrivé en sécurité, lorsque je n’ai plus eu besoin de lui, le chien a disparu comme il était apparu, ne laissant derrière lui que le souvenir d’intenses moments de bonheur partagés en pleine nature.

Les Himalayas derrière les nuages lors de la traversée des Himalayas

Dernière vue des Himalayas

Epilogue de cette traversée des Himalayas

Le secrétariat du Dalaï-Lama est catégorique : Il n’est aucunement possible d’avoir un entretien tête à tête avec sa sainteté. Même si c’est pour lui offrir une écharpe de prière qui a traversé 600 kilomètres. J’aurais du m’en douter. Je tente encore une fois ou deux, demande à un moine américain venu spécialement le voir mais rien n’y fait. Ca n’est pas grave, ce refus m’apprend quelque chose d’extrêmement important :

« L’important avec un rêve ça n’est pas d’y arriver, c’est de profiter du chemin qui nous y mène »

Et pendant vingt quatre jours j’ai vécu dans un rêve. Un rêve rempli de challenge et de difficultés, mais aussi de moments intenses et inestimables, de rencontres éternelles et inspirantes. Et quand derrière mon écran je ferme les yeux et repense à chacun de ces instants, je ne peux m’empêcher de penser à cette citation qui prend tout son sens :

« Il n’y a que deux façons de voir le monde : l’une comme si rien n’était un miracle, et l’autre comme si tout était un miracle« 

Je crois que j’ai choisi ma façon.

La fin de ma merveilleuse traversée des Himalayas

Les Himalayas dans la pénombre

Matériel utilisé durant la traversée des Himalayas

Accessoires utilisés lors de la Traversée des Himalayas

CATÉGORIE NOM DU MODÈLE MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT LE CHOIX DE CE MODÈLE AU DÉPART  EST CE QUE CE CHOIX A RÉPONDU À CETTE EXPÉRIENCE RACONTÉ DANS CE ROADBOOK   SI C’ÉTAIT À REFAIRE 
SAC À DOS Khumbu 65 + 10 MILLET Contenance/  Robustesse La contenance du sac m’a permis d’emporter tout ce dont j’avais besoin pour une traversée en haute altitude sur 24 jours. Les bretelles larges et confortables m’ont permis de réaliser des marches de plus de 10h sans souffrir. Très solide et robuste, je n’ai eu aucune crainte à le laisser trainer sur le sol poussiéreux et caillouteux du Zanskar. Néanmoins son poid peut-être un handicap et j’ai souffert lors de quelques passages de cols à plus de 5000 mètres. Si c’était à refaire je chercherai un sac plus léger du type Low Alpine TFX Kongur 65L
GANTS Soloist Finger BLACK DIAMOND Chaleur (j’ai très vite froid aux extrémités)
Technicité
Mes moufles ont encore une fois fait le travail aux moments ou j’ai eu besoin de chaleur. Rien à redire, j’ai toujours eu les doigts au chaud Je reprendrai les mêmes
SOUS GANTS Forclaz soie QUECHUA Chaleur
Finesse
Prix
Bon apport de chaleur mais sous gant trop fragile. Les extrémités des doigts s’abiment vite et font des trous. Je choisirai des sous gants de construction plus solide type Gloves Liner ICEBREAKER
LUNETTES DE SOLEIL The crush QUICKSILVER Catégorie 3 Lunettes bien enveloppantes et filtrant bien les UV. Petit hic, elles s’embuent rapidement lors d’un effort important Je prendrai des lunettes plus typées sport montagne pour éviter le désagrément de la buée (type julbo Bivouak)

Vêtements utilisés lors de la Traversée des Himalayas

CATÉGORIE NOM DU MODÈLE MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT LE CHOIX DE CE MODÈLE AU DÉPART  EST CE QUE CE CHOIX A RÉPONDU À CETTE EXPÉRIENCE RACONTÉ DANS CE ROADBOOK   SI C’ÉTAIT À REFAIRE 
COLLANT NUIT New samuel MC KINLEY Chaleur Collant qui a parfaitement rempli sa fonction : bon gain de chaleur pour dormir Je prendrai le même
T SHIRT TECHNIQUE Cold gear men’s evo mock UNDER ARMOUR Chaleur
Respirabilité
Mon under armour me suit partout depuis plus de 10 ans, m’apportant toujours chaleur et respirabilité. Il était logique qu’il me suive encore une fois Je reprendrai le même.
PANTALON RANDONNÉE ROSSIGNOL Légèreté
Technicité
Respirabilité
Ce pantalon de rando m’accompagne partout.  Pratique avec la possibilité d’en faire un short, il sèche vite et est léger. Il manque juste une ceinture et le bouton a tendance à sauter Je prendrai sûrement un pantalon du même style (avec option short) mais plus stretch
T SHIRT TECHNIQUE Techfresh 50 QUECHUA Prix Tshirt technique à un prix imbattable. Aucun problème d’irritation, sèche vite et remplit bien ses fonctions. Seul problème, le synthétique garde les mauvaises odeurs Je prendrai plutôt un Tshirt en laine (type MC TechWOOL Speed de quechua) pour éviter les désagréments de l’odeur sur un treck de plusieurs jours

Vestes utilisées lors de la Traversée des Himalayas

CATÉGORIE NOM DU MODÈLE MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT LE CHOIX DE CE MODÈLE AU DÉPART  EST CE QUE CE CHOIX A RÉPONDU À CETTE EXPÉRIENCE RACONTÉ DANS CE ROADBOOK   SI C’ÉTAIT À REFAIRE 
DOUDOUNE Ultralight down shirt PATAGONIA Lot concours « raconte ton expérience outdoor »
Légèreté
Technicité
Respirabilité
Une doudoune pour 167g ! Le rêve. En plus d’être légère elle a bien rempli son office d’apport de chaleur lors des phases de marche par temps froid Je prendrai la même.
DOUDOUNE Kelvinator Hooded MOUTAIN HARDWEAR Chaleur Il peut faire très froid dans les Himalayas et une grosse doudoune comme celle-ci est un vrai régal lorsque le soleil se couche. Avec sa capuche qui couvre bien la tête, je n’ai pas eu froid une seule seconde Je prendrai la même.
VESTE ALPINISME Trilogy GTX MILLET Légèreté
Technicité
Respirabilité
Cette veste au poids plume a parfaitement relevé le défi des températures négatives et du caractère rustique de cette traversée. En combinaison avec la doudoune, impossible d’avoir froid, que ce soit en journée ou le soir Je reprendrai la même
SOFTSHELL Solution Hoody BLACK DIAMOND Lot concours « raconte ton expérience outdoor »
Légèreté
Technicité
Respirabilité
Cette softshell est vraiment légère et chaude, avec une capuche pour ne pas avoir froid à la tête. Elle m’a accompagné pendant les 24 jours de la traversée, jour et nuit 🙂 Je reprendrai la même

Chaussures / chaussettes utilisées lors de la Traversée des Himalayas

CATÉGORIE NOM DU MODÈLE MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT LE CHOIX DE CE MODÈLE AU DÉPART  EST CE QUE CE CHOIX A RÉPONDU À CETTE EXPÉRIENCE RACONTÉ DANS CE ROADBOOK   SI C’ÉTAIT À REFAIRE 
CHAUSSURES Sherpa GV ASOLO Rigidité / Technicité De super chaussures que je porte depuis presque 10 ans. Elles m’ont suivi dans toutes mes randonnées dans les Himalayas. Par contre leur age leur fait perdre de l’accroche et de la thermicité. J’ai glissé quelques fois à des endroits où il n’aurait pas fallu. Il est temps de les changer ! Pour une randonnée technique et en altitude comme celle-ci, j’opterais pour une chaussure du type La sportiva Karakorum.
CHAUSSETTES Trekking Merino Light SIDAS Chaleur / Lot concours « raconte ton experience outdoor » Ces chaussettes ont bien fait leur travail. Chaudes et sans point de frottement, rien à redire Je reprendrai les mêmes
CHAUSSETTES Double mid SIDAS Chaleur / Lot concours « raconte ton experience outdoor » Le concept de double couche, intéressant sur le papier se révèle être une galère lorsqu’il s’agit d’enfiler les chaussettes. Pas facile de trouver l’ajustement parfait, et gare aux plis dans la chaussure ! Je les remplacerai par une seconde paire de Trekking Merino Light de Sidas

Matériel spécifique utilisé lors de la Traversée des Himalayas

CATÉGORIE NOM DU MODÈLE MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT LE CHOIX DE CE MODÈLE AU DÉPART  EST CE QUE CE CHOIX A RÉPONDU À CETTE EXPÉRIENCE RACONTÉ DANS CE ROADBOOK   SI C’ÉTAIT À REFAIRE 
BATONS Ultra distance BLACK DIAMOND Lot concours « raconte ton expérience outdoor »
Poids
système de pliage
De super bâtons ultralight qui m’ont encore suivi sur ces 12j de trek. En main on ne les sent pas, et le système de rpliage est vraiment pratique Je reprend les mêmes sans hésitation

Matériel de bivouac utilisé lors de la Traversée des Himalayas

CATÉGORIE NOM DU MODÈLE MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT LE CHOIX DE CE MODÈLE AU DÉPART  EST CE QUE CE CHOIX A RÉPONDU À CETTE EXPÉRIENCE RACONTÉ DANS CE ROADBOOK   SI C’ÉTAIT À REFAIRE 
FRONTALE Tikka 2 plus PETZL Différents modes
Puissance
Le mode lumière rouge est pratique au réveil et au petit déjeuner pour ne pas réveiller les autres. Eclairage classique suffisant pour les départs au lever du jour et en refuge Je prendrai peut être un modèle un peu plus puissant (type myo rxp) pour mieux trouver ma route dans ces grandes vallées
SERVIETTE Serviette de randonnée QUECHUA Compacité Cette petite serviette en microfibre se faisait oublier dans le sac pendant la marche, mais était bien utile pour la douche. Sèche très rapidement. Ella a le défaut de son avantage : très petite, trop petite ? Je prendrai la même, même si sa petitesse ne permet pas de tout cacher lorsqu’on sort d’une baignade sous une cascade.

Matériel multimédia utilisé lors de la Traversée des Himalayas

CATÉGORIE NOM DU MODÈLE MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT LE CHOIX DE CE MODÈLE AU DÉPART  EST CE QUE CE CHOIX A RÉPONDU À CETTE EXPÉRIENCE RACONTÉ DANS CE ROADBOOK   SI C’ÉTAIT À REFAIRE 
ALTIMÈTRE on gu’up 700 QUECHUA Fiabilité
Prix
Le même capteur que sunnto pour moitié moins cher. Pourquoi s’en passer? Cet altimètre remplit toutes ses fonctions et s’avère d’une excellente précision. Robuste et fiable, c’est tout ce qu’on peut lui demander. Je reprendrai le même
APPAREIL PHOTO RX-100 SONY Compact
Poids
Capteur de reflex
Un petit bijou cet appareil. Ouverture de 1,8 à 11, un capteur de réflex et un mode débrayable permettant de faire des photos plus belles les unes que les autres. Le must pour ceux qui recherchent une qualité d’image de reflex dans un compact robuste et léger. Très bon comportement de la batterie malgré le froid (4 jours sans recharger) Je reprendrai le même.
TRÉPIED Tripod maxi SOMIKON Versatilité
Légereté
Super trépied léger, robuste et modulable. On peut l’accrocher partout et proposer des cadrages originaux. Je reprendrai le même
0 commentaire
0

Vous pourriez aussi aimer

0 commentaire

COINON 26 octobre 2018 - 12 h 30 min

Voyage inoubliable !

Répondre

Laisser un commentaire