Un mois entre les cimes des Pyrénées

par Expérience Outdoor
Vue sur Respomuso dans les Pyrénées

Morgane nous partage son expérience de voyage à pieds dans les Pyrénées , en solitaire sur les crêtes.

Informations pour préparer son voyage sur les crêtes des Pyrénées

Date:

Du 7 Juillet au 7 Août 2017

Sur les hauteurs des Pyrénées Atantiques avec du ciel bleu

Quand partir :

Juillet m’a été conseillé car moins d’orages (là, je crois que je me suis faite avoir…) et peu de névés ou de passages de neige.

Où ça :

En France, sur la Haute route des Pyrénées ( HRP ) , le Gr10 et Gr11 la Senda , depuis Hendaye jusqu’à Benasque. 350 Kilomètres avec – 24001 mètres et + 24007 mètres de dénivelés cumulés.

Comment se rendre dans les Pyrénées :

En train jusqu’à Hendaye ou en covoiturage. La gare d’Hendaye (Les deux Jumeaux) étant toute proche de la plage.

Participants :

Ben juste moi (ce qui est déjà pas mal) et les quelques personnes croisées en chemin, sans qui le voyage n’aurait pas été le même !

Ou dormir dans les Pyrénées :

Hébergements des Pyrénées Atlantique :

  • Camping Azipan ( Sous le col d’Ibardin à la sortir de Hendaye )
  • Bivouac au col de Lizarietta
  • Hébergée chez l’habitant à Elizundo (les hôtels n’étant pas dans mon budget, environs 80 euros la nuitée).
  • Auberge de Jeunesse des Aldudes (Environs 12 Euros la nuit, tout le confort nécessaire, dortoirs de plusieurs lits)
  • Camping municipal de Saint Jean Pied de Port
  • Bivouac en amont du Chalet Pedro, alors fermé (sinon, une aire de bivouac et parking se trouve 500 mètres plus loin) – Attention ! Feu interdit.
  • Camping Ixtila à Larrau (formule voyageur à pieds, superbe emplacement et accueil chaleureux, sans compter le papier journal pour faire sécher les chaussures !)
  • Camping Ibarra, Caserne Sainte Engrâce (grands emplacements, calme et propriétaire sympathique)
  • Refuge Jeandel à la Pierre Saint Martin (tarifs très raisonnables, confortable et propre, une salle de douche impeccable et surtout un jeune couple de gardiens très accueillants)
  • Camping du Lauzart à Lescun (définitivement fermé, mais de toutes manières, je ne l’aurai pas conseillé pour des randonneurs, car le prix et le champ réservé au bivouac ainsi que l’accueil n’étaient pas agréable du tout)
  • Auberge Aysa (Lit en dortoir très abordable et équipe sympa, petit déjeuner copieux !)
  • Repos au camping municipal de Laruns (Pratique en cas de coup de mou ou d’orage, un bus rejoint ensuite le sentier de la Hrp au niveau du Caillou de Soques)

Hébergements des Hautes Pyrénées :

  • Refuge de Respomuso (Equipe sympathique mais refuge blindé en saison à cause de la route de Saint Jacques de Compostelle qui y passe, le bivouac est autorisé à côté et la cuisine est bonne)
  • Aire de Bivouac près du refuge Wallon (Ils ont du beurre demi-sel ! Attention la zone de bivouac est humide, il vaut mieux se mettre juste à côté en périphérie.)
  • Aire de bivouac près du refuge des Oulettes de Gaube (Gros coup de cœur pour cet endroit et ce refuge, l’équipe est fantastique, l’ambiance s’en ressent et la cuisine offre même des solutions végétariennes excellentes… Un vrai bonheur !)
  • Camping Bergerie à Gavarnie (Propriétaire sympa et emplacements peu chers)
  • Refuge des Espuguettes (Nuitée très abordable, accueil sympa, au calme avec une vue magnifique)
  • Auberge de la Munia à Héas (Très joli camping champêtre, accueil sympa, prix très abordable)
  • Bivouac au-dessus de la cabane de Barrossa (un emplacement qui n’est pas idéal mais pour lequel j’avais mes raisons ! la source est juste en dessous du col côté Barroude, préférez un bivouac au bord du superbe lac de Barroude, côté col)

Hébergement en Aragon :

  • Camping de Bielsa (Très bien si vous devez vous y arrêter une nuit, mais loin du sentier)
  • Camping El Forcallo (Accueil sympathique et repas chaud le soir le tout pour un prix très abordable, les emplacements sont arborés et paisibles)
  • Camping Aneto au-dessus de Benasque (Un peu cher…mais j’étais crevée ! Au-dessus il y a un camping plus nature et beaucoup moins cher, le camping Ixeia)

Logement dans les Pyrénées Orientales :

  • Camping Era Yerla à Artigues (Rien à redire, sources sulfureuses juste à côté)
  • Camping Porté Puymorens (ni épicerie, ni papier toilette…)
  • Camping Huttopia à Font Romeu (cher et très touristique, le choix de la facilité).

Ravitaillement :

Il y a plusieurs services de postes restantes sur la route, comme à Gavarnie. Il y a également des magasins de montagne à Gavarnie, c’est cher mais ça peu dépanner. Sinon, dès que vous passez à proximité d’un village, pensez à en profiter pour faire quelques courses basiques.

Biblio :

  • Le Trek des Pyrénées – Rando Editions – 19,90 Euros
  • 4 Cartes Michelin au 1 :150000 pour la préparation
  • Gps de randonnée Etrex touch 35X à 250 Euros.
  • Fahrenheit 451 de Ray Bradbury … Aucun rapport avec la randonnée !

Liens internet :

*** Pour cause de gros problèmes techniques avec ma GoPro, lors de cette randonnée, je n’ai pas de photos pour les premiers jours ni pour les derniers ***

Mars 2014 – Des crêtes sous le ciel rouge

Après un mois passé dans l’hiver chaud des ruelles de Barcelone, je retourne vers le Finistère et ses embruns. Le train laisse derrière lui les montagnes pyrénéennes sous un ciel crépusculaire.

Les cîmes enneigées s’abreuvent du rouge vif qui incendie le ciel. Sur les crêtes qui ondulent au loin, dans un balais immobile et hypnotique, une idée prend racine.

Mars 2017 – Le trek de la traversée des Pyrénées

Sur une étagère de la librairie, je trouve « Le trek de la traversée des Pyrénées ». 770 Kms sur la haute route pyrénéenne. Au fil des pages, les paysages respirent l’isolement et la beauté d’un monde encore à l’abri du notre.  Mon contrat de travail prendra fin en Juin… C’est le moment où jamais d’aller rencontrer cette vision fugace, qui m’a fait rêver à travers la vitre usée d’un train à grande vitesse. Vient ensuite le temps des préparatifs, du choix du matériel, des étapes et du millier de questions qui les accompagnent et puis sonne l’heure du départ.

07 Juillet 2017 – Passage de relais

Je plante ma tente au camping au milieu des bungalows. A côté de moi, il y a une autre petite tente et un vélo. Vient la nuit quand je croise sa propriétaire. Elle vient de terminer un périple en solitaire depuis la Vendée. Son point d’arriver sera mon point de départ, un passage de relais.

Jour 01 – 08 Juillet – Le sable d’Hendaye

Le lendemain matin, ciel gris et atmosphère humide. Je veux fouler le sable de l’Atlantique avant de grimper vers l’inconnu. S’ensuit un dédalle de rues, un tour en rond, puis les premiers champs verdoyants, les chants d’oiseaux, les premiers silences…

L’objectif du jour est d’atteindre le col de Lizuniaga au premier soir mais le département est en alerte orange et attend de gros orages. Le temps et les pas, sont lourds. Par crainte de l’orage je m’arrête dans un camping où il n’éclatera qu’en demi-teinte.

(14 Kms – 277 m et + 328 m)

Jours 2 – 09 Juillet –  Dans la nuit électrique

Je reprends la route le lendemain, direction le col d’Ibardin.

Sur un chemin forestier je dépasse un vieil homme et son chien, la pente est prononcée. A leur niveau on engage alors la conversation, puis l’on s’arrête, parce que quand même, ça grimpe…

Le vieil homme, qui vient ici tous les dimanches, me conseille un chemin pour rejoindre le col. Il me confie que lui et sa compagne se retrouvent chaque dimanche midi au même endroit et qu’il serait ravi que je les accompagne. Je n’avais pas vraiment prévu de faire une pause resto sur la route… Mais j’accepte.

Une fois au col, nous faisons connaissance et on embarque au restaurant. Je leur précise quand même qu’il ne faut pas que je mange trop, mais c’est sans compter sur l’engouement suscité par ma présence à table. La reprise va être dure mais tant pis, j’ai l’impression d’être en famille avec ces deux-là. On rigole, on mange, on se raconte nos vies et le temps passe, sans faire de bruit.

Après avoir échangé nos numéros, nos routes se séparent. On ne se défait pas aussi facilement de l’humanité qui nous affleure.

Un dédale de sentiers secs m’attend. Une ancienne voie de contrebandiers sur laquelle moi et mes crevettes frelatées, passons côté espagnol.

Le chemin serpente inlassablement sous un ciel bleu écrasant de chaleur. J’atteins finalement le col de Lizuniaga. Il y a une route, un hôtel restaurant et pas vraiment d’endroit pour planter une tente. Je commande un perrier, fais le plein d’eau et repars vers le col suivant. Dans cette zone, les traces de chasseurs se confondent avec les chemins, je me félicite d’avoir pris un Gps de randonnée à la dernière minute… Mais j’aurais sans doute dû lire le mode d’emploi.

Au col de Lizarietta pendant mon voyage à pieds dans les Pyrénées

Quelques passages de forêts plus tard, j’arrive au col de Lizarrietta. Les bâtisses sont désertes. Non loin des arbres, une petite tente orange est déjà plantée. Je me place un peu à l’écart des fois qu’un gros ours mal léché n’en sorte. En face de moi, le taureau m’indique par ses coups de sabots, à quelle distance de la clôture poser ma tente.

Un coup de fil rapide à la famille pour dire où je me trouve. Mon père, alors reconverti en bulletin météo, m’avertit d’une alerte orages violents. De toute façon c’est trop tard, la tente est plantée et il me semble qu’il y ait suffisamment de parafoudre autour, dont mon nouvel ami à cornes. Une soupe et au lit.

La foudre me réveille en sursaut vers minuit.

Le ciel lourd et gonflé d’une chaleur humide, lâche tout ce qu’il a retenu depuis trop longtemps.

La foudre claque et fait vibrer les montagnes. L’air électrise la peau, les os, l’esprit. Pour me rassurer je compte le temps entre éclair et tonnerre. Les secondes s’amenuisent. Il fait presque jour et le bruit est assourdissant. 1…2… tonnerre.

Quand arrive le moment, où une seconde ne suffit plus à contenir la rage électrique qui s’abat autour de la tente. Le cœur s’emballe et la sueur ruisselle. Je sens l’orage me chercher à tâtons dans la nuit, puis décide de penser à mon souffle et rien d’autre. Il faudra bien dormir un peu, alors je mets mes bouchons d’oreilles qui atténuent l’orage et amplifie le son lourd des battements de mon cœur. Je me recouvre les yeux et parvient à m’endormir de temps en temps, entre deux fracas. L’orage durera jusqu’au petit matin.

(19 Kms – 722 m et + 1069 m)

Jour 3 – 10 Juillet – Direction Elizundo

Je n’ai qu’une hâte, partir d’ici. La pluie sur les hauts plants de menthe sauvage fera office de douche. Heureusement, l’endroit est désert.

Je prends la direction de Elizundo, bien décidée à semer l’orage. Les forêts s’épaississent et les tours de chasse à la palombe bordent le chemin. Enfin le silence après la fureur de la nuit. Mes paupières sont comme le ciel, grises, basses, lourdes.  Vive les vacances ! Les croisements de chemins sont nombreux et je béni le Gps qui remplace mes neurones en pause syndicale depuis la veille.

Passé le Col de Nabarlatz, je bascule pour de bon côté espagnol. J’avais prévu un bivouac mais la nuit a été tellement bruyante et éprouvante… Tant pis, je vais voir cette adresse donnée dans mon guide à Elizundo (prix non indiqué… bah oui, c’est pour l’effet de surprise).

Après une marche qui m’a paru interminable j’aperçois le village. Pour y descendre, il y a la route bitumée, ou, les pentes de terre ruisselantes. J’alterne les deux car à ce stade, tout ce qui dure plus de 10 minutes m’agace. 26 Kms après Lizarietta j’atteins enfin la ville. Je veux une douche et un lit.

Une chaise contre la porte

Je me renseigne alors sur les prix quand on m’annonce 80 euros pour une nuit. Ben oui, la pension une personne on ne connaît pas, il faut donc payer une chambre double. Ah ce bon vieux dictat du « A deux c’est mieux ». J’emmerde la douche et le lit, je veux une bière, voire deux ou douze. Je m’échoue alors à la terrasse d’un bar et appelle mon frère. Surtout ne pas laisser parler la fatigue. Retenir les larmes, les faire glisser en même temps que les bulles.

Par hasard, je me fais inviter à passer la nuit dans l’appartement d’un vieux du coin. Je placerai tout de même une chaise contre la porte, aux vues de l’état un peu éméché du bonhomme au moment de dormir. Quand on n’a pas de thunes, on a des chaises contre les portes.

Je m’endors de fatigue et de lassitude.

(26 Kms – 1351 m et + 1148 m)

Jour 04 – 11 Juillet – Dormir… enfin !

Le lendemain, je fais quelques courses et repars vers la montagne. Finalement, entre les hommes et la foudre, toujours choisir la foudre.

J’ai une soixantaine de kilomètres dans les pattes et je n’ai toujours pas eu de vraie bonne nuit de récupération depuis 2 jours.

Pour le moment c’est galère-land, orage, pluie, taons, mecs chelous et chiens moisis qui gardent les fermes. Je grimpe puis redescends ces sentiers qui me narguent dans un paysage inlassablement vert. Seule consolation, le soleil qui parfois me fait grâce d’un peu de chaleur sèche. En bord de chemin, je croise deux gros chiens placides qui viennent renifler mon sac puis se rouler par terre pendant que je leur gratte la tête sous le regard souriant du fermier.

En fin de journée, j’aperçois Les Aldudes.

Une rivière coule sous le vol des libellules. Je savoure mon arrivée dans un cadre aussi paisible. L’auberge de jeunesse est parfaite, j’ai une chambre pour moi seule et au prix d’une personne … Oui parce qu’une randonneuse solitaire, ce n’est pas comme un gremlins, même mouillée, ça ne se dédouble pas. Après m’être faite cuire des pâtes et chauffer une tisane, je m’endors sur un lit, d’un sommeil de plomb à 21 h, sans chaise contre la porte.

(18 Kms – 1105 m et + 1285 m)

Jour 05 – 12 Juillet – La tendinite et le pèlerin

8 heures du matin … J’ai dormi 11 heures ! Je suis enfin en forme mais, mes orteils me font souffrir dès que je soulève le pied.

La pharmacie la plus proche est à 25 Kms à Saint Jean pied de port. Un nom tout apprêté. Je lève le pouce et m’arme de patience. Quelques heures plus tard j’y suis enfin … Le stop en Pays Basque c’est une affaire de patience et de persévérance.

Je plante ma tente au camping et passe la porte de la pharmacie. Verdict, mes chaussures taille 35 sont trop grandes malgré les semelles et les grosses chaussettes. J’ai donc une tendinite des orteils. Les conseils de la pharmacienne ne m’étant d’aucune utilité, je règle mes anti inflammatoires et part jouer les touristes de passage.

Saint Jean pieds de port c’est le creuset d’un monde qui me paraît flou. On y croise pèlerins en sandales à la recherche du tampon de Compostelle, familles qui déambulent, camping-caristes branchés au câble, saisonniers et randonneurs paumés.

Quitte à être une touriste, je voudrais bien une terrasse et un repas gras.

Jour 06 – 13 Juillet – Les pieds dans la boue, la tête dans les nuages

Le lendemain, retour du pouce levé et une demi-journée sous la pluie d’orage à attendre qu’une voiture daigne s’arrêter. Je saute une étape, j’ai ma dose de vertes collines ruisselantes.

Des touristes s’arrêtent, puis deux sœurs basques m’embarquent pour le dernier tronçon dans une ambiance qui réchauffe l’humeur.

Me voilà au pied de la source de la Nive. La forêt gorgée d’eau me guette de loin et je m’y enfonce en cherchant la sortie la plus proche. Après un certain temps passé à glisser dans la boue, je sors des arbres pour m’enfoncer dans les herbes hautes, gorgées d’eau. Je suis trempée de la tête au pied et les gouttes dégoulinent dans mes chaussures qui font maintenant un bruit de vieux siphon. Les taons ne me lâchent pas et piquent à travers le t-shirt. J’ai l’impression d’être dans Apocalypse now version low coast et sans suspense. Toute cette nature me sort par les yeux. Il n’y a pas de chemin et il faut s’aider des bâtons pour découvrir la flaque qui sert de trace. La pente se fait plus raide. Au loin, j’aperçois deux silhouettes.  Je ne suis donc pas la seule à parcourir cette galère verte.

Un couple un peu désemparé m’alpague, ils sont paumés et en ont ras le casque. Je sors mon Gps pour vérifier la direction et ils m’emboitent le pas.

Le col d’Errozate nous apparaît comme la sortie tant espérée. On se pose un peu pour enlever nos chaussures remplies d’eau et essorer nos chaussettes. Les points de confort gagnés sont sommaires, mais bons à prendre.

Les joies de l’orientation

La route serpente vers les crêtes d’Urkulu. Un croisement me fait face, il faut grimper tout droit malgré la pente raide et l’absence de trace. Une fois en hauteur j’aperçois mes compères qui m’observent en contre-bas et décident de suivre la route goudronnée. Je m’évertue à trouver un passage au milieu des vaches et des pentes abruptes pour finalement renoncer et reprendre la piste. Abattue, je suis la route sous une chaleur lourde pour retrouver le couple au milieu d’un nuage, sous le sommet d’Occabé, dans une visibilité quasi nulle.

Le soir je plante ma tente proche de la route sur la seule zone qui me paraît plane. Mes compères feront de même, eux aussi sont épuisés. Juste à côté de nous il y a les traces d’un âtre. Je décide d’allumer un feu malgré la bruine pour tenter de faire sécher un peu des affaires, ou du moins réchauffer notre motivation. Après avoir bataillé, les flammes s’élèvent et me chauffent les mains. Derrière moi, une camionnette s’arrête et deux gardes forestiers en sortent. Il est interdit de faire des feux même sous ce temps déplorable. Ils prennent ma carte d’identité, l’amende avoisine les 150 euros. Heureusement, ils sont sympas, en voyant mes affaires trempées, ils m’accordent une heure pour faire sécher ce que je peux, avant d’éteindre et d’enterrer ce feu.

Allongée dans la tente, je sens des mulots ramper et grignoter le tapis de sol pour essayer d’atteindre la nourriture que je stocke avec moi. J’enferme le sac de bouffe dans mon imperméable et ils me laissent enfin dormir en paix !

(24 Kms – 1133 m et + 1799 m)

Jour 07 – 14 Juillet – Le feu du 14 Juillet

Je reprends la route seule, le lendemain, laissant mes compagnons de la veille à leur journée de repos. Quelques centaines de mètres plus loin le long de la route, il y a une grande aire de bivouac, aussi fréquentée par les camping-caristes.  Le chemin s’enfonce en forêt pour finalement retrouver le bitume.

C’est un peu monotone, mais mes pieds restent au sec. J’atteins mon objectif de la demi-journée : les chalets d’Iraty. L’équipe m’accueille avec un grand sourire et allume un feu dans la cheminée. « Un feu le quatorze Juillet ! Jamais vu ça !» me lance un des gars de l’équipe. Ils m’invitent à sécher mes chaussettes et chaussures pendant que je reprends du carburant avec une bonne omelette. Le bonheur le plus total ! Les familles arrivent et remplissent la salle, aucun autre randonneur solitaire à l’horizon. Sous les conseils du patron, je redescends dans la vallée vers Larrau car les crêtes sont toujours cachées dans d’épais nuages. La route voit défiler plus de cyclistes que de marcheurs et il faut bien garder à l’esprit le côté de la chaussée où l’on marche.

A Larrau, je trouve un camping absolument parfait. Mère et fille m’accueillent et me montrent l’endroit. Je sais que cette nuit, je pourrais récupérer comme il se doit ! La patronne me donne du papier journal pour absorber l’humidité de mes affaires et abrite mes chaussures dans la chaufferie. Je peux même faire une lessive et me sécher les cheveux après la douche. Je dormirais cette nuit-là, avec la sensation douce et enveloppante du confort et de la sécurité.

(17 Kms – 1268 m et + 869 m)

Jour 08 – 15 Juillet – Retour au sauvage

Le lendemain, je prends la direction de la passerelle D’Holzarte. L’endroit est joli mais très fréquenté.

Pyrénées en passant Holzarte

Puis le sentier sillonne à travers les forêts denses qui dévalent des gorges luxuriantes.

L’impression de hauteur me démange la nuque pour la première fois.

Mon allure, ma solitude et mon chargement font visiblement de moi une attraction ambulante. D’où je viens ? Où je vais ? Combien pèse mon sac ? Est-ce que ce n’est pas trop lourd pour moi ? J’ai envie de leur demander s’ils me posent cette dernière question parce que je suis une femme.

La forêt me libère enfin de son emprise.

Je laisse les groupes de touristes avec une impression délectable de liberté retrouvée qui me caresse l’échine. Le sentier s’élève et je me retourne pour admirer cette vue qui échappe au plus grand nombre. Je me dis que finalement, ne serait-ce que pour cet instant-là, les derniers jours de galères en valaient la peine.

Perchée sur mon petit promontoire sauvage, je tourne le dos à ces yeux qui se demandent peut-être vers où part ce sentier, puis ferme les miens et profite du silence et du vent qui balaye cet océan vert.

J’atteins plus tard le col des trois Croix, avec une furieuse envie d’évacuer mes 2 litres d’eau. Qu’importe, ici il n’y a personne et je m’offre le luxe, bien trop rare, de soulager ma vessie face à une vue à 360 degrés avec un sourire niais et assumé.

Roadtrip et transhumance pendant mon voyage à pieds dans les Pyrénées

Plus bas je croise une bergerie et surtout la chienne du berger qui me saute dessus en remuant la queue. J’en profite pour poser mon sac et lui offrir les gratouilles réclamées. Les bergers proposent de me redescendre en camionnette dans la vallée mais je refuse poliment et reprends mon sac à dos.

Les gorges de Kakouetta me font face pendant la descente de cette piste bordée de fleurs et de vaches. Une heure plus tard, j’entends la Jeep du berger arriver derrière moi.

Pyrénées au bord de Kakuetta

Cette fois-ci, j’accepte le road trip à fleur de falaise. Le conducteur impassible et souriant face aux précipices qui bordent la route me dépose à Sainte Engrâce en un temps record.

Une fois au camping (Ibarra), une présence observe mon installation avec insistance. Je sympathise avec la fillette au regard vif et curieux qui m’apprend qu’on s’était croisée la veille à Larrau.  Elle me pose un tas de questions, mais, pas une seule fois elle ne me demandera si mon sac n’était pas un peu lourd pour moi. 

(20 Kms – 1400 m et + 1700 m)

Jour 09 – 16 Juillet – Le temps d’un paysage

Pour repartir, il faut longer la route un certain temps avant de s’enfoncer de nouveau dans la forêt.

Juste avant de quitter la piste, une biche s’arrête sur le chemin à quelques mètres. Elle reste là, à m’observer, dressant fièrement son museau et ses narines, pour enfin disparaitre derrière les arbres, silencieuse. Le chemin encaissé au milieu des roches abrite une atmosphère particulière, une impression de calme et de mystère. Le sentier sort de l’ombre, pour aller retrouver les pâturages verts et les fleurs qui se courbent sous le vent. En approchant du col, on distingue les roches sèches et brutes qui annoncent une progression, un changement.

Le paysage confie parfois, à qui sait prendre le temps de l’écouter, sa propre temporalité du voyage.

Dans les Pyrénées arrivée à la Pierre Saint Martin

Dans une lumière doucement crépusculaire, j’observe la fine mer de nuages danser autour des hautes plaines et des chevaux.

La station de la Pierre Saint Martin est presque déserte. Je rejoins le refuge et les gardiens m’indiquent qu’il leur reste une place, à l’écart des dortoirs. Il ne m’en fallait pas plus pour dormir mon compte.  

(14 Kms – 406 m et + 1570 m)

Jour 10 – 17 Juillet – La vallée des marmottons

Au matin je grimpe en direction du Pas d’Azun. Le ciel gronde encore et semble bien décidé à laisser tomber sa colère jusqu’ici. Je presse le pas en dépassant les remontées mécaniques à l’arrêt et les pelotons de marmottons en pleine activité.

la vallée aux marmottons dans les Pyrénées

Toujours à l’affût des grondements et gouttes de pluie j’atteins le pas de l’Osque et ses cordes qui permettent d’accéder à l’autre versant.

On m’indique que plus loin, il faut traverser une dalle de pierre, à éviter en cas de pluie. Je la cherche des yeux espérant l’atteindre avant mon harceleur céleste. Une fois dessus, je me concentre sur chacun de mes pas, quand, au-dessus de moi j’entends : « Excusez-moiiii ??? » à deux reprises. Non mais, il y a vraiment des gens à qui il manque un gros grain dans le citron ! Je réponds rapidement à la demoiselle en détresse d’attendre 2 minutes, puis une fois sur le chemin, prends le temps de l’écouter.

Elle me demande par où il faut aller… visiblement dans son immense sac elle n’a pris ni bâtons de randonnée, ni sens de l’orientation. Je lui indique qu’il faut qu’elle redescende sur le sentier où je me trouve et l’observe avec angoisse dévaler la pente d’un pas lourd et peu assuré. Elle ne terminera pas dans le ravin et reprendra sa route l’air de rien.

Sous le pas d'azun lors de mon séjour dans les Pyrénées

Les retrouvailles

Le chemin vers Lescun est bon mais comme toutes les descentes, il est un peu long.

Une fois au camping (fermé depuis), je me dirige vers la « prairie » dédiées au bivouaqueurs. Une zone à l’herbe grossièrement coupée et au sol bosselé, constellé de fourmilières.

Non loin de ma tente, je reconnais un petit dôme orange qui me semble familier. Mes voisins du jour s’avèrent être le couple qui bivouaquait près de moi sous l’orage à Lizarrietta.

On se raconte nos heures de vol autour d’un verre en attendant le camion à pizza, au nom de Pedro (décidément !), annoncé pour le soir. Patrick et Sandrine font une pause bien méritée et indispensable au vu du genou de Patrick qui semble avoir doublé de volume. Il marche à l’aide de ses bâtons de randonnée, telles deux béquilles et la douleur se lit sur ses traits. Je lui fais don de mes anti-inflammatoires restants en espérant que la nuit leur apporte sommeil et apaisement.

(16 Kms – 1396 m et + 608 m)

Jour 11 – 18 Juillet – Orage à Somport

Malheureusement le lendemain c’est à peine mieux. Je pars devant et ils prendront doucement ma suite.

L’orage est encore annoncé pour le soir même. Dans les pentes raides, Patrick grimpe comme un cabri, mais en descente nous l’attendons avec Sandrine. Sa démarche est assez pénible à observer, mais il s’accroche et se paye même le luxe de faire de l’humour.

Au vu de la météo annoncée et des genoux de Patrick, on prend tous les trois la direction de Borce, chacun à notre rythme.

En route vers Borce dans les Pyrénées

Le village minuscule aux murs de pierres et aux balcons fleuris, abrite une fontaine bien fraîche. Nous attendons le bus qui nous conduira au col de Somport où se trouve un refuge au plus près de notre route.

Le car longe la Gave D’Aspe et ses anciennes fortifications accrochées à fleur de falaise. La conductrice se fait une joie de nous commenter le paysage qui défile et je l’écoute, le regard perdu par-delà les vitres.

Le bus nous amène jusqu’à Canfranc, où l’on reste songeurs devant l’immense gare abandonnée, aux allures de vaisseaux fantôme.

Au refuge du col de Somport, nous avons le droit à un dortoir entier. Après avoir mangé, je rejoins la terrasse pour apprécier la vue des éclairs qui s’abattent avec violence, faisant trembler la roche qui gronde. Je m’endors sans peine, bercée par le bruit d’un ciel qui se déchaine dehors. Là, où je ne suis pas.

(16 Kms – 1280 m et + 1099 m)

Jour 12 – 19 Juillet – En longeant le Pic du Midi d’Ossau

Après un petit déjeuner bien fourni, il est temps de grimper le col des moines. Juste avant d’y arriver nous longeons un lac ridé par les vents.

Puis en basculant par-delà le col, le Pic du midi d’Ossau se dresse sur un ciel chargé de nuages parsemé de bleu azur. Face au Pic, assis dans l’herbe, nous reprenons quelques forces avant d’entamer la descente. Plus on avance, plus Patrick semble serrer les dents à chaque pas. Il est temps pour lui de trouver une pharmacie.

Face du midi D'ossau dans les Pyrénées

Dans la vallée, je dois me décider, soit partir en direction du refuge de Pombie par le Col de Peyreget et ses éboulis, malgré les nouveaux orages annoncés pour les prochains jours, soit redescendre au lac avec Patrick et Sandrine, pour se poser plus bas dans la vallée, en attendant que le ciel nous laisse enfin en paix.

A ce moment, j’en ai marre des orages interminables et je n’ai pas très envie de quitter mes nouveaux copains avec qui, malgré cette sombre histoire de genou, on rigole plutôt bien. Direction Bious Artigues, où leur voiture est garée. Dans quelques jours, Sandrine doit reprendre le boulot et Patrick compte poursuivre la route, si cela lui est possible.

Arrivé à Laruns, nous confions le patient au pharmacien du coin, qui grimace un peu en voyant la mine du dit genou.

Les tentes sont plantées pour un peu de répit au camping local.

Revanche sera prise sur la pizza tant rêvée, le soir même en terrasse.

(14 Kms – 947 m et +750 m)

Jour 13 – 20 Juillet – Le soleil est Espagnol

Le lendemain en un tour de voiture on passe prendre le soleil côté espagnol… C’est donc là qu’il était depuis tout ce temps. Faux frère, va.

Après ce jour de repos, on apprend qu’il y a fenêtre météo le surlendemain, pour repartir vers les hauteurs. Malheureusement, le lendemain Patrick doit se résoudre à rentrer, pour faire soigner son genou.

On se prend dans les bras, on échange nos numéros, je les salue en regardant la voiture s’éloigner avec, il faut bien l’avouer, la gorge un peu serrée.

Jour 14 – 21 Juillet – Cap sur le passage d’Orteig

Au matin, ma solitude sous le bras et mon sac sur le dos, je monte dans la navette qui me dépose à la cabane du caillou de Socques. Sous un ciel toujours gris, j’avance vers les crêtes.

Devant moi, quelque part là-haut, m’attend le passage d’Orteig au-dessus du lac d’Arrémoulit.

Passage d’Orteig en vue

Il constitue à lui seul, dans ma tête de néophyte, un genre de fantasme personnel.

J’ai prévu une cordelette au cas où, ainsi que deux mousquetons. Par temps sec, il suffit de se concentrer et de ne pas oublier de profiter de la vue spectaculaire.

Le passage accroché à la falaise, est suspendu au-dessus d’un lac azur, caché au creux des pentes rocheuse où s’attarde encore un peu de neige. Un regard en arrière et j’ai la bête fierté d’avoir accompli une étape personnelle.

Arrémoulit dans les Pyrénées

Je rejoins la terrasse du refuge pour m’y reposer quelques instants avant de repartir.

On m’indique que le chemin est bon et assez simple… Pour résumer, s’ensuit une longue galère au milieu des gros cailloux, durant laquelle je dois sans doute avoir autant de grâce qu’une baleine sur un tricycle. Et encore, ce n’est pas sympa pour les baleines.

Quitter Arriel pour Compostelle lors de mon voyage à pieds dans les Pyrénées

Après une première phase de montée assez laborieuse j’atteins le col d’Arrémoulit puis redescends dans les pentes raides et glissantes en direction des lacs d’Arriel. Pour ceux qui ne l’on pas encore perdu, le panorama est à vous couper le souffle.

Cet enchainement de lacs, discrètement lovés dans les rides de pierres que les montagnes abritent, a quelque chose d’hors du monde. Comme les Daltons, on passe du plus grand au plus petit avant de laisser derrière soit cet écrin de silence que seules les montagnes savent offrir à ceux qui daignent se donner la peine d’y entrer.

Pour rejoindre le GR11 la navigation est un peu délicate et il faut rester attentif. Le sentier devient bien meilleur quand il rejoint celui de Saint Jacques de Compostelle.

C’est le retour des pèlerins en goguette.

Malgré les conseils reçus, je décide de braver la foule des marcheurs au coquillage et d’aller demander un lit dans le refuge. Le propriétaire, avec qui je baragouine 2 ou 3 mots d’espagnol, est souriant et sympathique, pour un peu que les clients du jour aient la décence d’être polis.

Je suis effarée par le consumérisme et l’arrivisme de ces papys et mamies en quête de spirituel ou juste d’un album de photos souvenir tel un tableau de chasse des choses accomplies. Pas de formule de politesse, des sanitaires dans un état pas franchement charitable… Bref, je prends ma bière et me pose à l’écart, dehors.

Vue sur Respomuso dans les Pyrénées

Le gardien me garde le repas au chaud et me le servira une fois la salle vidée de ces groupes.

Le repas était bon, la nuit sera calme.

(14 Kms – 937 m et + 1625 m)

Jour 15 – 22 Juillet – Haute solitude sur névé penché

Après avoir souhaité bon courage à l’équipe de ce refuge, qui en saison prend des allures d’autoroute à Compostelle, je marche en direction de Campo plano doublée par des groupes de sportifs bariolés.

Enfin seule de nouveau. C’est là que réside tout le paradoxe, la solitude choisie vaut toujours mieux que la proximité forcée.

Campo Plano dans les Pyrénées

Campo Plano est déconseillé pour le bivouac car très venteux et humide, mais cette étendue plane et ruisselante est magnifique sous les rayons du soleil.

Le sentier s’élève en direction du col de la Fache, la végétation diminue pour laisser place à un univers minéral. La montée se poursuit sous une chaleur implacable. Après cette première quinzaine passée sous la pluie et les orages, j’apprécie de suer sous un soleil de plomb.

J’aperçois le col et surtout, un névé déversant qui termine sa course dans un lac en contrebas.

Je n’ai jamais traversé de pente de neige et l’obstacle me paraît insurmontable malgré les traces.

Attention, sol glissant

Il y a la possibilité de le contourner, mais il faut redescendre et faire un sacré détour. Je prends ma respiration et pose un premier pas sur la neige, en faisant défiler dans ma tête, l’intégralité des scénarios catastrophe.

La pente se fait plus raide, je sens mon cœur qui bat sans que j’arrive à me raisonner. Je me trouve ridicule de paniquer sur une pauvre pente de neige. J’ai pris la précaution de détacher les sangles avant de mon sac, si je glisse, je ne veux pas couler au fond du lac. Les bâtons de randonnée me rassurent un temps et je finis par atteindre «la terre ferme » où je m’assoie. C’est à ce moment que je prends conscience de la vue qui m’avait échappé jusqu’alors. Grandiose.

Le névé de l'angoisse pendant mon séjour dans les pyrénées en solitaire

Après ça, le passage du col ne sera qu’une formalité, avant de redescendre vers cette autre vallée. D’autres névés m’attendent sagement planqués dans l’épaisse brume qui dégouline le long du versant Est.

Je prends mon temps et rêve de l’arrivée.

La descente sera longue et fastidieuse, mais une fois en bas je peux profiter du soleil au milieu des cours d’eau qui bordent le refuge Wallon. J’entreprends de me laver dans un petit ruisseau chauffé par les rayons de l’après-midi, quand j’y trouve une sangsue. J’opte alors pour le torrent froid, qui fera très bien l’affaire.

près du refuge Wallon dans les Pyrénées

Aux dernières lueurs du jour, je plante ma tente et profite du milliard d’étoiles en plongeant le nez dans les vapeurs fumantes d’un bol de tisane.

(10 Kms – 1030 m et + 803 m)

Jour 16 – 23 Juillet – Du beurre salé, au Vignemale

Le petit déjeuner dans le refuge m’offre la surprise la plus fantastique qui soit : du beurre salé ! Béatitude. Merci ô toi, refuge Wallon, pour avoir mis de l’iode dans mes tartines.

En direction le col d’Arratille, je croise un randonneur qui suit une section de la HRP et me dépasse systématiquement dans les montées. Un peu plus haut, il se fige. Je le rattrape pour première fois, ce qui est tout sauf normal. Un troupeau de brebis barre le chemin et nous devinons que les pastous ne sont pas loin. Il me confie ne pas être rassuré. Au moment d’y aller, il me demande si j’accepterai de passer devant.

Je me délecte de cette petite victoire intérieure.

Aucun pastou ne nous mordra les mollets et le col d’Arratille est à portée de foulée. Quelques petits névés subsistent en amont du col. Mon acolyte propose de m’attendre et je refuse poliment. Il galope de nouveau et s’éloigne. En passant le col, il faut rester vigilant pour bien lire la trace et éviter de se mettre en danger. Deux amies m’indiquent un petit « pas d’escalade » mais il n’en est rien, la trace contourne la roche, il faut juste prendre son temps.

Le chemin forme un arc à flanc de pierrier en pointant sur le col des Mulets. Par moment, des marmottes viennent se planter au milieu du chemin avant de déguerpir en sifflant. A part cela, aucun bruit, juste le vent qui balaye le fond de la vallée.

Le chant du glacier

Une fois en haut, la vue plonge vers cette vallée devant laquelle trône le Vignemale.

La descente est assez longue mais ne présente pas de difficulté, hormis l’impossibilité totale de faire une pause pipi sans se faire siffler par une marmotte.

J’atteins les Oulettes de Gaube, petite vallée nichée au pied du géant dont les craquements du glacier résonnent jusque dans les os.

Je pose ma tente dans la superbe zone de bivouac et décide de réserver une place à la table du refuge pour le soir. L’ambiance y est très conviviale malgré la salle bondée.

La petite maison se remplit des voix et des rires de tous ces gens qui ne se connaissent pas. Les bivouaqueurs sont installés à la même table. Nous passons une soirée mémorable dans cette atmosphère unique qu’offre certains refuges de montagne. La cuisine n’est pas en reste, loin de là.

Une des meilleures adresses de montagne où j’ai trainé mes « Crocs ».

Chemin lors de mon séjour dans les Pyrénées
Non, moi c’est Morgane
À Oulettes de Gaube dans les Pyrénées près du Vignemale

Retour au bivouac dans une ambiance familiale, entre le bruit des pierres qui dévalent les pentes et le grondement sourd du glacier qui chante.

(10 Kms – 684 m et + 970 m)

Jour 17 – 24 Juillet – Par-dessus les nuages

Au matin, les premiers rayons du soleil embrasent la cime du Vignemale. Je profite encore quelques instants de l’endroit, au charme envoûtant, avant de reprendre la route. Je laisse les Oulettes disparaitre derrière le voile laiteux de la mer de nuages, qui ondule entre les roches escarpées.

La mer de nuages sous le Vignemale

Le chemin rejoint le col Hourquettes d’Ossoue qui borde le petit Vignemale puis le refuge de Baysselance, avant de redescendre dans une suite de zigzag sans fin.

Probablement la descente la plus interminable à mes yeux.

De petit névés, presque fondus, coupent le chemin en laissant derrière eux des pentes de terre meuble. Une chute, puis deux. La patience réduite à néant, je termine la descente en râlant.

Une fois à Gavarnie, je passe récupérer le colis en poste restante envoyé par mes parents.

Les touristes grouillent, dans ces rues bordées de marmottes synthétiques, qui sifflent à tout va. Les chevaux ne galopent plus sur des plaines sauvages, ils regardent leurs sabots en attendant le chaland, attachés les uns à côté des autres.

L’ambiance m’oppresse, avec ces bruits, ces gens et toute cette vie qui m’entoure sans que j’y trouve ma place.

Je sens les larmes couler en découvrant le mot de mes parents, glissé au milieu des rations de pâtes. Une grosse déprime, comme un coup dans la gueule. J’essaye de me ressaisir au moment de les appeler pour leur donner des nouvelles. Je ne reste pas longtemps, la gorge serrée, je raccroche avant de rejoindre ma tente au camping.

(12 Kms – 1340 m et + 920 m)

Jour 18 – 25 Juillet – Gavarnie : quitter la ville

Le lendemain matin, je découvre devant ma tente, posé sur un caillou plat, des jetons de douche laissés à mon attention par mes voisins rencontrés la veille et déjà repartis. La noirceur me lâche enfin. Je savoure la douche chaude avant de m’en aller, moi aussi, retrouver les hauteurs et la nature plus rêche qu’elles abritent.

J’ai besoin de ralentir le rythme et décide de m’arrêter au refuge des Espuguettes. Il reste un lit et la nuitée est très abordable. Je passe l’après-midi au soleil, à lire quelques pages de Farenheit 451, entourée des ânes et chevaux, sans entrave, qui dévorent toute nourriture laissée sans surveillance plus de 5 secondes. Retour au calme.

Journée aux Espuguettes dans les Pyrénées

Cette nuit, allongée dans un vrai lit, sous un velux ouvert sur la voûte étoilée, sera plus que salutaire.

(4 Kms – 33 m et + 631 m)

Jour 19 – 26 Juillet – Le berger et son veau

Je prends la route au milieu des ruminants, en direction du col Hourquette d’Alans. Au-dessus de moi, une vache entreprend de descendre sur le chemin où je me trouve.

Emportée par son propre poids, elle perd l’équilibre et dévale la pente à toute allure. Je pique un sprint sur quelques mètres pour la voir arriver lourdement juste derrière moi. Elle me jette un regard à la fois bête et fier, avant de tourner les sabots. N’ayant pas envie de finir primée dans les Darwin awards dans la catégorie accident bovin, je me presse pour laisser derrière moi le troupeau. Je rejoins alors le col, puis le Gave d’Estaubé.

la vallée du berger dans les Pyrénées en France

Le long de la rivière, j’aperçois un berger avec ses vaches. Entouré d’un enclos de pierres, il observe avec insistance une de ses bêtes. Intriguée, je quitte le chemin pour le rejoindre.

Fragments d’alpage

Une vache vient de mettre bas. Le berger m’explique que le jeune veau est très mal en point. Il tire la langue et respire difficilement. D’un air triste, l’homme poursuit en me disant qu’il n’y a rien à faire d’autre qu’attendre et espérer. Il me pose ensuite quelques questions sur ma présence ici, mon voyage, mon parcours. Je lui demande à mon tour ce qui arrive aux vaches, dont je trouve les carcasses en bord de chemin. « Foudroyées !»  Me répond-il. Avec leur corps et le pont que forme leurs pattes, elles attirent plus facilement la foudre. « Si vous vous trouvez en plein orage avec des vaches autour, la foudre tombera sur elles et pas sur vous !» qu’il me lance d’un air amusé en voyant ma mine sidérée. Après quelques instants, je le salue, lui souhaite bon courage et le meilleur pour ses bêtes. Il me sourit, alors que je que je retourne à mon chemin. Un peu plus tard, il y a le barrage des Gloriettes, où familles et amis se baignent sous le soleil d’été.

Quelques kilomètres me séparent encore de l’Auberge de la Munia et de sa jolie aire de camping champêtre.

Une fois sur place, je fais la connaissance d’un homme qui réalise le même trajet entre Hendaye et Banyuls. Il pose sa tente à côté de la mienne et on discute un peu de nos traversées respectives. A ce moment, je le trouve plutôt sympa et espère juste qu’il ne se fait aucun plan sur la comète à mon égard.

Il propose de m’attendre le lendemain matin. Polie, je lui indique que je compte prendre mon temps et que ce n’est pas la peine de m’attendre …

(13 Kms – 1140 m et + 611 m)

Jour 20 – 27 Juillet – La « loose » aux trousses

A peine réveillée, je bouge un peu dans mon sac de couchage, quand soudain mon voisin me lance un « T’es réveillée ?!»

Misère… Je déteste que quelqu’un s’invite dans ma zone de confort sans autorisation mandatée, signée et mûrement réfléchie de ma part.

Je pars prendre une douche en lui réexpliquant qu’il ne doit pas m’attendre et que l’on se recroisera peut-être plus tard.

Ainsi, je décide d’attendre une heure avant de prendre sa suite, laissant ainsi un peu de distance. Le sentier suit le ruisseau des Aguilous vers sa source et je finis par me perdre sur le replat avant la montée au col.

De longues minutes plus tard, j’aperçois des randonneurs sur le bon chemin. L’ascension vers le col Hourquette de Héas se fait par un chemin dans des éboulis de pierrailles.

J’atteins enfin le col, quand soudain ! « Heyyy, salut !» me lance le gars qui m’a attendu, alors même que le vent est à décorner les bœufs.

Je commence à m’agacer. La situation est inconfortable, voir désespérée. Je n’ose pas l’envoyer bouler de peur qu’il se vexe et ne puisse en devenir mauvais. On ne sait jamais sur qui on tombe dans ce genre de cas. Il repropose de m’attendre au prochain col. Je lui réponds que je marche seule et que je ne souhaite pas que l’on m’attende. Merci, mais non merci. Il finit par s’en aller. Je laisse de nouveau de la distance entre nous, espérant que cette fois-ci, il capte enfin le message.

L’échappée pathétique

Dans la descente, j’angoisse. Je crains qu’il ne m’attende encore quelque part en route. Son insistance pour le moins lourde, me gâche la randonnée alors même que le décor est sublime.

Je passe ensuite par l’Hourquette de Chermentas en direction du lac de Barroude. L’ancien refuge a malheureusement brûlé l’année précédente, mais je prévois de planter ma tente près du lac.

Vers le col de Barroude dans les Pyrénées

Il est temps que j’arrive, car je commence à être à court d’eau.

Enfin, j’aperçois le lac émeraude, tapis dans ce cirque glacière. Le panorama est aussi magnifique que paisible.

Au détour d’un chemin, je vois le même gars agiter les bras dans ma direction. Je me rappelle alors que la veille, je lui avais parlé de mon projet de bivouaquer près du lac. Il a posé son sac et commencé à sortir ses affaires. Il m’indique les différents emplacements où « on » pourrait poser « nos » tentes.

J’enrage.  Je lui explique que j’ai changé d’avis et que je vais poursuivre plus loin.

Ni une ni deux il reprend son sac sur le dos. J’hésite alors entre l’angoisse et la colère.

Vers le col du Port de Barroude

Il va falloir que je me débarrasse de lui d’une manière ou d’une autre. Je lui dis de partir devant et de ne pas m’attendre. Je lui indique également ma zone « prévue » de bivouac, à savoir la cabane de Barrosa, plus loin en contre-bas.

Heureusement pour moi, il y a une source près du chemin qui monte au col du Port de Barroude. Je fais le plein, en attendant que mon harceleur du jour ne disparaisse derrière le col.

Une fois au col, foulant un sol rouge ocre dans un paysage magistral, je ne peux m’empêcher de profiter du spectacle avec un peu de Bowie dans les oreilles. Je me rends compte que je suis épuisée et que mes pas ne sont plus très sûre. Mais tant pis, je suis décidée. La nuit tombe quand j’atteins un replat herbeux. Je n’ai pas vu le bonhomme au loin depuis un moment.

Je pose mon réchaud de manière à ce que la flamme ne soit pas visible et savoure enfin ma liberté retrouvée. Me faire poursuivre par un type en pleine montagne, ça je ne l’avais pas prévu !

Dans les Pyrénées en solitaire , libertad

(20 Kms – 1710 m et + 2050 m)

Jour 21 – 28 Juillet – Retour à la normalité

Sur le sentier, après une demi-heure de marche, j’aperçois un groupe d’hommes arriver dans ma direction. «Heyyyyy Morgaaaannne !» me lance l’un d’eux en rigolant. Il m’explique qu’ils ont bivouaqué vers la cabane de Barrosa en compagnie du fameux bonhomme qui n’a cessé de leur parler de moi. Ne me voyant pas arriver, il est même parti à ma recherche de nuit. Le gars avec qui je discute lui avait pourtant dit de me laisser seule. Il me rassure en m’indiquant que le bonhomme a quitté le campement de bonne heure.

Je le remercie et leur souhaite bonne route, avant de reprendre la mienne.

En longeant le Rio Barrosa, des Isards traversent le chemin à une quinzaine de mètres de mon regard fasciné.

Enfin, je plonge dans l’épaisse forêt silencieuse, puis descends au camping de Bielsa sous un soleil de plomb. Une fois au camping, un randonneur pose sa tente près de la mienne. J’angoisse à l’idée que la malédiction se poursuive mais Florent est tout ce qu’il y a de plus normal, à l’exception d’un appétit gargantuesque. Nous mangeons passons la soirée au restaurant à manger tout ce que l’on peut.

Le lendemain nos routes se séparent, il part vers l’Ouest et moi vers l’Est.

(7 Kms – 787 m et + 164 m)

Jour 22 – 29 Juillet – La course contre l’orage

Il faut longer la route et faire du stop pour passer un tunnel, avant de retrouver le GR11 direction Biados.

La piste grimpe à travers la forêt. Une fois sortie des arbres, le profite un peu du soleil dans l’herbe grasse.

Je fais une pause car me sens plus fatiguée que d’habitude. J’envisage la possibilité d’une sieste avant d’entendre l’orage éclater juste derrière la montagne. Pas le temps de lambiner, il faut que je passe le col avant lui.

Je fais donc la course avec les nuages noirs qui envahissent le ciel en faisant vibrer l’air.  Arrivée au col, j’ai l’impression d’être Eddy Merckx, enfin presque. Je contemple ma victoire sur l’orage, qui ne me rattrapera pas pour cette fois. Sur ce col décharné par les vents, la petite cabane del Paso de los Caballos, se dresse seule face aux éléments.

La piste s’enfuit vers un autre versant et le sentier de montagne refait surface. Un peu plus bas, parmi les arbres, je trouve une source d’eau ferrugineuse. Le goût est infect, mais j’ai soif.

Une fois dans la forêt, la piste redevient monotone et les paysages aussi. La fatigue se fait sentir de plus belle. Un écureuil roux traverse juste devant moi et je manque de lui marcher dessus. Il s’enfuit en criant, ce qui a le mérite de me réveiller un peu. Entre deux arbres, j’admire le Pic d’Espadas et ses lignes multicolores qui détonnent dans le paysage.

La fin de journée approche quand je pose enfin ma tente au paisible camping El Forcallo, non loin du refuge de Biados.

(20 Kms – 1030 m et + 1483 m)

Jour 23 – 30 Juillet – Heidi et le Schtroumpf savant

La sensation de fatigue me colle au cerveau. Une fois le refuge derrière moi, je découvre une montagne en forme de pain de sucre qui se découpe dans le ciel bleu. Le sentier surplombe un torrent qui rugit dans le creux de la vallée.

C’est alors que je croise un énième monsieur randonneur-baroudeur expérimenté qui me dit que mon sac est trop gros pour moi en terminant sa phrase par un petit « mademoiselle » semi-condescendant.

Je lui demande alors quel tronçon il parcourt et où il dort, 150 Kms le tout, hébergé en refuge… Ah bah oui ! Là, forcément c’est facile d’avoir un petit 45 litres tout mignon.

Nous entrons dans la phase où le monsieur essaye de démontrer que, de toute manière, il détient la vérité.

Il m’explique de long en large pourquoi je ne devrais pas continuer sur le GR11 puisque ce n’est pas la vraie HRP. Ce à quoi je lui réponds, que si je marche seule en montagne, c’est justement pour suivre mes propres envies et pas les fantasmes des autres. Je crois que j’ai fait planter son système binaire. Il ne parle plus et me regarde d’un air vide.

GR11, un chemin de traverse

Espérant tout de même qu’il n’a pas fait un avc, je m’éloigne sur le GR11 en direction du col sous le Pic Chistau. Cette lutte permanente pour prouver sa valeur quand on est dépourvue de testicules et munie d’un vagin à parfois tendance à m’épuiser.

Une fois le col passé, le chemin bascule vers la vallée et le refuge d’Estos où je me repose un petit quart d’heure au soleil avec de remettre mon sac sur le dos.

La vallée d’Estos, alors pleine de fleurs et de marmottes dodues me paraît effectivement moins fastidieuse que les pentes de neiges des Gourgs blancs. Je sens qu’il faut que je m’économise.

J’atteins le camping Aneto en fin d’après-midi.

Mes tendinites ne me lâchent plus, j’ai tout le temps faim. Je décide d’y passer deux nuits pour me reposer.

(22 Kms – 1791 m et + 1452 m)

Jour 24 – 31 Juillet –Benasque, un grand jour de rien

Mon jour de repos, à Benasque, fût consacré aux siestes, au gras et aux cartes postales.

Jour 25 – 1er Août – Apprendre à renoncer

Ne me sentant toujours pas très vaillante, je décide de continuer via le GR11 pour contourner le Tuc de Molière, étape redoutée pour ma part. Je prends la direction de la Puente de Coronas dans le but de retrouver la Hrp un peu plus loin.

Quand je quitte la piste pour grimper dans la forêt j’ai ce mal de tête qui me lance et la fatigue qui m’assomme.

Dépitée, je redescends vers la route et décide de faire du stop jusqu’au bout de la vallée.

J’ai repéré un passage sur la carte vers el Punto de la Picada.

Je reprends donc la marche sous un vent soutenu.

En chemin je croise plusieurs randonneurs qui redescendent m’assurant que le vent est très fort une fois en haut. A mesure que j’avance, je commence à sentir que je n’y suis plus trop. La fatigue prend le dessus et l’esprit décroche.

Je me résous à faire demi-tour le cœur lourd. Je n’irai pas plus loin, pourtant je vois le col à portée de pas. J’ai ce goût âpre de l’échec qui me racle la gorge, une gorge qui se serre à mesure que les larmes de rage s’échappent sans que je puisse les retenir.

Renoncement

J’en chiale de renoncer. Il fait beau les gens se baladent en famille sous le soleil et je maudis mon propre corps.

Je reste un long moment à contempler la vallée avec la déchirure au fond du cœur de regarder vers le bas plutôt que vers le haut. Savoir renoncer, c’est aussi se faire violence pour se préserver.

Je mettrai longtemps à redescendre mais je ne passerai pas une nuit de plus ici.

Je grimpe dans la première voiture qui veut bien m’embarquer et j’avale les kilomètres en direction de Vielha puis Arties que j’atteins en fin d’après-midi après de nombreux pouces levés.

(15 Kms – 1237 m et + 1397 m)

Conclusion de mon voyage à pieds dans les Pyrénées : suite et fin, au sommet du Carlit

Je passe deux jours dans ce petit village à profiter des sources d’eaux sulfureuses et à réfléchir à la manière d’avaler enfin cette maudite pilule de l’échec.

Il faut au moins que je profite de la vue, depuis le sommet du Carlit.

Après quelques péripéties, un peu de route, un bel orage et des grêlons encore imprimés sur ma toile de tente, j’atteins le sommet quelques jours plus tard. Ce jour là, j’ai rencontré une jolie famille un peu rêveuse sur les bords. Serge doit s’arrêter avant le sommet, le souffle court. Je continue avec Victorine et ses trois enfants dont Romane 8 ans.

On atteint le sommet tous les 5, avec une vue dégagée et le sentiment d’avoir vécu une journée particulière. Romane, du haut de ses 8 ans, vient de gravir 2921 mètres avec la fierté des premières fois, quant à moi, je trouve que la vision qui m’entoure, à ce moment précis, vaut toute la route parcourue.

Au sommet du Carlit dans les Pyrénées

(15 Kms – 976 m et + 955 m)

Selfie dans les pyrénées suite et fin

Total du parcours:  350Kms – 24001 m et + 24007 m.

Matériels de bivouac utilisés pour mon voyage à pieds dans les Pyrénées

CatégorieModèleMarque Pourquoi ce choix Ce choix a-t-il répondu à l’expérience de voyage à pieds dans les Pyrénées ?Si c'était à refaire 
TENTE 2 PERSTaurus Ultra-lightVAUDE 1800 GROn peut tenir accroupi dedans et patienter aisément sous la pluie.
Encombrement réduit dans le sac.
Rapidité et simplicité de montage.
Tenue au vent.
Hyper rapide à monter puis à ranger et ce, même toute seule, sous le vent, ou sous la pluie (car on monte l’extérieur et l’intérieur en même temps).
Hyper solide au vent et orages (pluie, grêle soutenue etc.)
Seul critique, la condensation dans la tente au matin dans certaines condition météo fraîches
J'en suis littéralement amoureuse. Malgré les cicatrices de grêles (de la taille d'oeufs de caille), les trous fait par des rougeurs au niveau du tapis de sol. Je ne peux pas me résoudre à m'en séparer.
Je rachèterais la même ! <3
SAC DE COUCHAGECat’s MeowNORTHFACE 1300 GRLe prix (acheté 120 euros en 2014).
Résistance à l'humidité.
Limite niveau isolation dès qu'on approche du 0, ce qui est vite arrivé !
Un peu lourd.
Par contre la résistance à l'humidité est bonne.
Le nerf de la guerre! avec plus de sous, j'en prendrais un plus léger et qui descend en confort -5 ou -10
MATELAS GONFLABLENeoair XlightTHERMAREST 377 GRUn très bon rapport qualité prix ! (80 euros en 2014. )Très confortable, même en dormant sur le côté et bien isolant même en conditions humides et jusqu'à -5°C.
L'encombrement me semble minimal et le matelas est toujours opérationnel après de nombreux bivouacs.
Hyper léger et résistant : utilisé plusieurs fois à la belle étoile, il à même survécu à des températures de véritable fournaise proche d'un poêle à bois qui s'était un peu emballé, je le dégonfle systématiquement le matin pour limiter les écarts thermiques.
Je reprends le même ainsi que sa version hiver, pour les expéditions plus engagées !
RÉCHAUDPocketRocketMSR
85 GR
Léger et encombrement minimum.
Le prix - Oui je me répète ! (environs 35 euros)
Facile et rapide à utiliser et à ranger.
Ne prend pas de place avec son étui facile à ranger dans le sac.
Un bon rendement calorifique, pour un peu qu'on l'abrite bien du vent.
Je reprends le même pour son poids et son volume minimum.
Sac de RandonnéeAlpamayo 75Lowe Alpine
2320 grammes
Conseillé pour les petits gabarits comme moi (1m60 et 58 Kilos) et le portage au long cours.Les nombreuses poches et l'ouverture sur l'avant sont très pratiques quand le sac est couché à côté de soi ou l'abside de la tente, on trouve vite ce que l'on cherche sans avoir à tout vider.
L'inconvénient reste bien sûr le poids ainsi qu'un dos un peu chaud sous le gros soleil.
Là aussi, j'en suis fan et ce malgré son poids.
Il repose bien sur mes hanches et pas sur les épaules, reste mobile sur le dos et accompagne bien les mouvement grâce au dos articulé.
Je reprendrais également le même pour ce périple !
CHAUSSURES DE RANDONNÉERenegadeLOWA
513 GR
J'ai encore le droit de dire « le prix » ? (150 euros en 2014)
La pointure 35, pas si fréquente.
La cheville pourrait être un peu plus maintenue, mais c'est à l'appréciation de chacun.
Pour le prix, je ne vois pas de réel inconvénient hormis cette histoire de pointure, toujours trop grande dans mon cas.
Maintenant j'ai également des Salewa Rapace (cramponnables) en pointure 35 pour les courses estivales en montagne. J'ai vraiment des pieds minuscules (pointure 34.5 !) et les Salewa me tiennent mieux le pied que les Lowa.

Matériels électroniques utilisés pendant ce séjour

CatégorieModèleMarque Pourquoi ce choix Ce choix a-t-il répondu à l'expérience de voyage à pieds dans les Pyrénées ?Si c'était à refaire 
LAMPE FRONTALETikkinaPETZLModèle « de base » acheté dans une grande enseigne.Pas de mode lumière rouge, pratique pour la discrétion en bivouac et pour ne pas être éblouis pour pouvoir observer étoiles ou animaux.Depuis j'ai acheté une Black Diamond Spot Headlamp 2018 qui est plus compacte et possède un mode lumière rouge.
BALISE DE SECOURS ET SUIVISpotgen3SAVE BY SPOTUne doléance de ma mère.
Envoi de message aux secours avec coordonnées GPS.
Réception GPS efficace même par temps couvert.
Envoi de messages pré-enregistrés réussi (une mère rassurée).
Envoi de positions GPS manuellement avec une touche (suivi sur une carte).
Légère et résistante.
Configuration sur internet qui demande un peu de temps.
Je n'ai jamais réussi à mettre en place le tracking automatique. Impossibilité de mettre l'abonnement en pause (il faut en avoir usage plusieurs fois par an)
Au vu du prix des autres moyens d'assistance et de secours, souvent plus lourd et plus cher, je reprendrais la même balise.
GPS DE RANDONNÉEEtrex Touch 35GARMINAchat de dernière minute en grande surface.
Pouvoir se situer sur la carte en cas d'égarement
La prise en main assez simple (malgré le survol express du mode d'emploi)
Réactif malgré des conditions météo difficiles.
Utile pour trouver les distances qui me séparaient du prochain refuge.
La batterie s'use vite, il faut l'allumer pour vérifier sa position puis l'éteindre.
Le mode avec courbes de niveau pour les cartes, n'est pas prédéfini au démarrage.
Le choix de la facilité, car vendu en grande surface. Je n'ai pas d'avis tranché sur la question
CHARGEUR EXTERNERugged Adventure 10 000 mAhX-MOOVE
225 GR
Assez léger pour 4 recharges complètes de téléphone.
Résistant et waterproof.
Sur secteur, charge un peu lentement à mon goût.
Assez léger pour 4 recharges complètes de téléphone.
J'aime ce qui est simple et résistant c'est le cas de cette batterie.
Je reprendrais la même, car la nouvelle version est un peu plus lourde.
5 commentaires
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5 commentaires

Jeanne 30 juin 2019 - 18 h 50 min

Merci Morgane pour ce récit plein d’humour et d’émotions! Les photos sont magnifiques et je me prends à rêver de mettre mes pas dans les tiens malgré toutes tes mésaventures et les difficultés de ce chemin… Bravo!!!

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PAULINA WISNIEWSKA 1 juillet 2019 - 11 h 22 min

Me voilà touchée par ce récit si simplement honnête dont la lecture accapare jusqu’au bout.
Je note, un peu affligée mais guère étonnée, que même entre les cimes il faut défendre son droit à être femme. Ou peut-être encore plus là-haut…?

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Grégoire 2 juillet 2019 - 11 h 35 min

Comme quoi on peut en faire des choses avec des petites jambes !

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François 3 juillet 2019 - 14 h 06 min

Du dénivelé, des orages, des vaches cascadeuses et une bonne dose d’humour… Du renoncement? Surtout du courage et de la détermination! Donc bravo!

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Raphaël 7 août 2019 - 0 h 16 min

Heyyyy, salut Morgaaannne !!!! j’ai enfin retrouvé ta tente. Don’t panic, je ne suis qu’usurpateur.
Chouette récit, belle aventure un peu trop humide à mon goût ( j’comprends pas il fait toujours beau dans les Pyrénées, autant au Pays Basque qu’en Bretagne). J’attends avec impatience la suite de cette histoire : Heyyyyy Morgane quand-est ce que tu arrives à Banyuls !!!!

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