A la conquête de Frenchmans Cap dans les montagnes du West

par Julien DIOT

Julien DIOT nous partage son expérience de son voyage Trek au Frenchman’s Cap

DIOT Julien 1 trek au Frenchman’s Cap

Information sur le Trek au Frenchman’s Cap

Date :

Du 24 au 27 Mai 2014

Lieu :

Franklin and Gordon Wild Rivers NP, Sud-Ouest Tasmanie

National Park Pass obligatoire (40$ : tous les parcs pour 2 mois)

Participants :

Julien DIOT, Eliane Speiss

Où dormir en Tasmanie:

Utilisation du site communautaire Vététiste Warmshowers puisque je voyageais en Tasmanie à VTT. Je suis également resté avec des membres de la famille d’Eliane.

Aspects positifs : facilité de rencontre, confort, partage, bons plans

Aspect négatifs : Cela dépend de vous, de vos projets, de votre personnalité

The Pickled Frog

Téléphone: +61 3 6234 7977
23$ le dortoir de 12 – 70$ la chambre unique – 100$ l’appartement pour 2 personnes

Aspects positifs : prix, amical, bien situé, la carte YHA offre une réduction
Aspect négatifs : je n’en trouve pas

Où se restaurer/se réapprovisionner :

Hobart : Woolworths, 189 Campbell Street

Nourriture déshydratée : MacPac, The North Face, Kathmandu (centre ville d’Hobart)

Office du Tourisme :

Site Web

Caractéristiques de la Tasmanie :

Frenchman’s Cap est le plus haut sommet du Sud-Ouest de la Tasmanie culminant à 1446m. Ce sommet de quartz ressemble au Bonnet Frégien porté lors de la Révolution Française d’où son nom. Le parking à partir duquel débute le parcours se trouve à 200km d’Hobart et 55km de Queenstown en suivant Lyell Highway.

Moins touristique que Craddle Mountain, il n’en reste pas moins l’une des randonnées à la fois les plus appréciées et les plus difficiles en Tasmanie. Aussi performant que peut être votre équipement, vous ne resterez jamais sec, surtout lorsque vous traverserez les « Loddon Plains »! Rare sont ceux qui comme Eliane et moi ont pu avoir une vue à son sommet, lequel est le plus souvent dans les nuages.

Quoi d’autres dans les environs :

 L’Overland Track

Très populaire. Néanmoins je ne le recommande pas en raison de sa forte fréquentation et des tarifs pratiqués. Je le recommande uniquement si vous partez à sa découverte avec des locaux.

Walls of Jerusalem : région alpine à découvrir au centre Nord de la Tasmanie.

Mount Field West : forêts de feuilles rouges en automne et saut d’un rocher à l’autre.

South Coast Track : 5 fantastiques jours de randonnées pour les plus intrépides.

 Il y a également de très belles marches sur 2-5 jours à faire sur la côte Est de la Tasmanie

Freycinet National Park : Wine Glass Bay

Tasman Peninsula : Cape Hauy et Mont Fortescue

Application Android utile :

Orux Maps : Cette application est à ce jour la meilleure et la plus utile pour les aventuriers et explorateurs. Elle vous permet d’utiliser des cartes topographiques précises en restant Hors Réseau tout en vous servant du GPS de votre smartphone pour vous guider ou enregistrer vos parcours. J’explique tout ici :

Lien internet :

Frenchman’s Cap

Frenchman’s Cap

Conquête du Frenchman’s Cap

Conquête du Frenchman’s Cap

Tracé GPS

Tracé GPS (Google Earth est nécessaire pour ouvrir le lien)

Plus d’informations

Plus d’informations

Carte de la Tasmanie (Orux Maps)

Carte de la Tasmanie (Orux Maps)

Transport Hobart-Frenchmans Cap

Transport Hobart-Frenchmans Cap

carte DIOT Julien trek au Frenchman’s Cap

Trek au Frenchman’s Cap

Éveil de nos sens endormis

DIOT Julien 2 trek au Frenchman’s Cap

Trek au Frenchman’s Cap

Salade de fruit, yaourt et Muesli, la meilleure façon de commencer une journée qui commence tôt! Nous prenons le bus 74 de 6h50 à Blackmans Bay afin d’arriver à Hobart avant 8h15 pour notre prochain départ. C’est avec TassieLink que nous irons au parking de départ-arrivée pour le sentier de Frenchmans Cap. Le ticket est toutefois cher : 55,70$ l’aller.

Nous ne prendrons donc pas de ticket retour car je pense qu’il sera facile de faire de l’auto-stop avec des randonneurs retournant au parking de Frenchman’s Cap le même jour que nous, après avoir fait connaissance dans une hutte.

Tasmani lors du trek au Frenchman’s Cap

Tasmani

4 heures de trajet nous séparent entre Hobart et le Frenchmans Cap. Au cours de celui-ci, nous aurons la chance de voir huit arcs-en-ciel qui apparaissent et disparaissent les uns après les autres. Du jamais vu. Après une escale de 30minutes au lac Saint Clair et un changement de bus, nous arrivons à 12h40 au parking, près à débuter sur le sentier.

Il fait vraiment très froid et les sommets sont enneigés. La neige finira même par tomber pour exhausser l’un de mes souhaits les plus chers depuis plus d’un mois.

Le temps est couvert et la météo digne de l’Angleterre avec des variations régulières entre la pluie, la grêle, un ciel couvert, un ciel dégagé et des rafales de vents passagères. L’humidité dans l’air accentue le froid ressentie en nous gelant jusqu’aux os. Néanmoins nous sommes parfaitement équipés et la veste Goretex emprunté à un proche d’Eliane est exceptionnelle en régulant parfaitement ma température sans avoir besoin d’enlever ou d’ajouter une épaisseur.

Une idée plus ou moins astucieuse

Elle me traversa l’esprit pendant notre escale au lac Saint Clair lorsque nous déjeunions: trouver des sacs en plastique dans lesquelles glisser nos pieds afin d’avoir une membrane entre chaussure et chaussettes. Ça vaut ce que ça vaut. Nos pieds ne seront secs que quelques minutes mais le réel avantage se présente lorsque vous devez enfiler des chaussures humides et froides jour après jour. Vous commencez avec vos pieds secs et l’eau absorbée par vos chaussures rentre doucement en contact avec vos pieds lorsque le sac se déchire. Néanmoins lorsque cela arrive, vous êtes déjà dans l’effort et ça ne vous dérange pas plus que cela.

Il nous faudra 4h30 pour rejoindre la première hutte qui se trouve à 14km du parking : 1h30 de terrain marécageux (les loddon plains situées à mi-parcours), 2h30 en pleine immersion dans la forêt et 30minutes en terrain découvert et exposé au vent. Lorsque l’on calcul la moyenne, cela ne fais que 3km/h alors que le terrain est relativement plat. La raison de cette lente progression ? Essayer de garder nos pieds secs en évitant que ceux-ci rentrent en contact avec l’eau.

Terrain hostile

Le terrain est humide, boueux, marécageux, les racines sons glissantes et nous devons nous concentrer sur chacun de nos pas. Heureusement les rangers on fait un travail formidable avec de nombreuses passerelles aux dessus des marécages ou des aménagements de terrain améliorant l’évacuation des eaux de pluie et ainsi éviter leur stagnation. Il nous faut pourtant faire vite car la nuit tombe à 18h maintenant que nous sommes passés à l’heure d’hiver. Le temps est assez particulier en changeant tous les quarts d’heure. Un coup il fait chaud, un coup il fait froid, il pleut, il fait beau…merci GoreTex ! Le paysage quant à lui est joli mais pas fabuleux.

Il est normal d’avoir cette transition, je l’ai à chaque fois. Lorsque l’on vie en ville, il faut se réhabituer à évoluer dans la nature avec un regard différent. Pendant les premières heures tout nous est invisible puis peu à peu nos yeux remarques les petites choses qui font la différence : la précision des détails d’une fleur, la lumière entre les arbres, la rivière, les ponts, la mousse, la densité de la forêt, les racines toutes emmêlées, les rochers aux formes particulières, les sons,…

Loddon River

Mon immersion devient enfin totale lorsque je traverse la Loddon River en passant sur une passerelle. Trois semaines plus tard lorsque j’écris ces lignes, je suis encore sous le charme. La rivière est orange en raison de l’huile végétale dégagée par une herbe spéciale. Cette couleur n’est pas unie et présente de multiples dégradés liés à la couleur des roches au fond du lit de la rivière. De la mousse blanche flotte à la surface de cette rivière orange après le passage de l’eau dans les rapides tandis que tout ce qui se trouve autour de cette étrange rivière est vert ou marron, recouvert de mousse.

Le mélange d’arbres, d’arbustes et de plantes tropicales est très dense. Voir des palmiers et de la neige dans le même décor est vraiment déroutant mais bel et bien réel. Tout au fond il y a cette cascade, en partie dissimulée par des arbres qui sont tombés, des racines énormes et des rochers très clairs. Jamais je n’ai vu un tel environnement auparavant. C’est certainement l’une des scènes qui me marquera plus que Frenchmans Cap lui même.

DIOT Julien 4 trek au Frenchman’s Cap

Bon timing

Maintenant que mes yeux sont débarrassés de leur voile, je profite vraiment du décor. Nous finissons par arriver sur une plaine plus ou moins marécageuse. Nous ne devons pas nous trouver bien loin de cette hutte. En effet celle-ci se trouve environ à 800m juste derrière deux bosses de terrains d’une vingtaine de mètres, à côté du Lac Vera. Je suis content d’enlever mes chaussures. A peine notre équipement à l’intérieur et dans nos vêtements de nuit sexy, nous nous retrouvons dans le noir total. Bon timing!

Avant de nous retrouver dans le noir, nous avons pu trouver une place sur l’un des « lits superposés » prévus pour dormir dans la largeur. Ainsi bien que la hutte datant de 1979 soit petite, nous pouvons y faire rentrer près de 20 personnes. La bonne nouvelle, c’est que nous pourrons rester au chaud cette nuit grâce au poêle à charbon, sans aucun besoin de monter la tente.

DIOT Julien 5

Rassemblement

Tout le monde se trouve autour du poêle avec pas moins de 16 paires de chaussures autour de celui-ci. L’idée n’est pas vraiment d’obtenir des chaussures sèches pour le lendemain, mais plutôt des chaussures pleines d’eau moins froide à enfiler. Après dîner, nous partons nous coucher sur les coups de 20h30 après la vaisselle et la toilette effectuées.

Bien que cela semble tôt, nous sommes rapidement emportés par le sommeil lorsque la nuit tombe à 18h. Demain, nous partirons pour la seconde hutte (Tahune) à partir de laquelle nous rejoindrons le sommet de Frenchmans Cap. J’espère que le temps sera radieux, chose vraiment rare ici avec 300jours de pluie par an! Certains randonneurs sont restés deux jours au pied de Frenchmans Cap sans une seule éclaircie offrant une vue depuis son sommet. J’espère que nous serons plus chanceux qu’eux.

Un environnement unique

Le réveil collectif se fait à 7h et nous ne perdons pas une seule seconde bien que je traine dans mon duvet un peu plus longtemps qu’Eliane. Elle prépare le petit déjeuner pendant que je me charge de plier matelas et duvets. L’objectif est de partir dans les premiers pour être tranquille le long du sentier, mais aussi pour être sûr d’obtenir une place dans la hutte du lac Tahune qui ne peut accueillir que 16 personnes.

Une heure plus tard nous sommes en chemin. Le ciel est couvert mais on devine des nuances de bleu nous laissant penser que ces nuages vont se dissiper. La hutte Tahune ne se trouve qu’à 5km mais comptez bien trois heures de marche car le tracé pour rejoindre la hutte est plus difficile que celui de la veille. Les premières 40minutes le long du lac Vera se parcourent assez rapidement mais en suite il nous faudra grimper jusqu’à Barron Pass pendant près de 1h15.

DIOT Julien 6 trek au Frenchman’s CapCes 1h15 sont les plus belles du parcours.Le tracé est très humide et technique, il faut donc faire attention là où l’on met les pieds. Cependant il y a une magie dans ce lieu entre les racines marron toutes tordues, la rivière orange sinueuse, les arbres verts couverts de mousses et le quartz blanc sur lequel nous marchons.

Point technique

Les rangers ont également joués un grand rôle avec des aménagements qui s’intègrent parfaitement à l’environnement: les rochers et les énormes troncs tombés sur le chemin sont façonnés dans le but d’avoir une meilleure accroche avec la semelle de la chaussure, ou font office d’escaliers lorsqu’il n’y a pas de bonnes prises pour évoluer verticalement. Impossible de ne pas être charmé. Mieux encore, la pluie qui tombe depuis ces trois derniers jours à transformer le chemin en un canal d’évacuations pour les eaux de pluie qui viennent gonfler le volume de la rivière et de ses cascades pour un spectacle dynamique et puissant.

Nous marchons au dessus de l’eau, dans l’eau et l’eau nous tombe dessus. Nous sommes trempés mais heureux d’être au milieu de ce décor inimaginable. Au passage, l’exercice physique compense facilement le froid, la pente s’accentuant de plus en plus. Nous devinons que le col de Baron Pass est tout prêt, offrant une vue imprenable sur Frenchmans Cap ainsi que les lacs et l’étendue sauvage recouverte d’une forêt dense qui nous entoure sur des centaines de kilomètres à la ronde.

Partie escalade

Mais d’abord, escaladons cette paroi rocheuse et humide qui se présente face à nous. Eliane se lance en premier pour enregistrer une nième séquence vidéo afin de réaliser un film de cinq minutes de cette sortie. Le chemin zigzag de plus en plus tandis que nos genoux montent de plus haut pour franchir les obstacles. De magnifiques escaliers taillés dans des troncs qui nous conduisent tout droit vers un ciel blanc uniforme nourrissant notre curiosité. Nous retenons notre souffle lorsque nous approchons de la fin, près à être surpris par ce que nous verrons. Trois marches nous séparent du passage du col, puis deux.

Nos yeux impatients de voir ce qui se trouve de l’autre côté du col doivent s’y prendre à deux reprises avant d’apprécier la scène. Nos pupilles se dilatent un peu dans un premier temps pendant que nos paupières se plissent pour affronter le vent. Cette fois il est bel est bien là, se démarquant du reste du paysage par ses imposantes falaises de quartz : le Frenchmans Cap. Mieux encore : le ciel est en train de s’éclaircir à l’Ouest. Il semblerait que la chance nous sourie en nous offrant une vue depuis les 1446m de ce sommet emblématique.

Barron Pass

Barron Pass est également un bon repère en terme de distance, le col étant situé à mi-chemin des huttes Vera et Tahune. Vous n’avez pas une vue unique à 360°C mais plutôt deux fois 180°C en raison des deux aiguilles rocheuses qui vous prennent en sandwich : White et Nicole needles (dont celle-ci a la forme d’un totem de l’île de Pâques). En face de vous légèrement sur la droite se trouve le Frenchmans Cap, une montagne datant du précambrien, l’une des plus vieilles formations de quartz exposée à l’air libre d’Australie.

En tournant la tête vers votre gauche, vous découvrirez les lacs Gertrude et Magdalen. Lorsque vous vous retourner pour voir d’où vous venez, vous ne verrez rien d’autre que de la végétation et des montagnes à perte de vue. N’espéré pas voir la lueur d’un village la nuit, le plus proche est Queenstown, une ville minière sans vie qui se trouve à 36km à vol d’oiseau derrière trois chaines de montagnes. Vous êtes en plein milieu des étendues sauvages du Sud Ouest Tasmanien.

La vue est magique et vous y resterez un moment. Après plusieurs minutes de pause, le froid ressenti nous incite à repartir rapidement afin de déjeuner à la Hutte du Lac Tahune. Nous longeons Nicole Needle et Sharlands peak en marchant sur d’énormes blocs de roche. Je n’aimerai pas m’y retrouver lorsque ceux-ci sont gelés. Cette partie au dessus de 900m d’altitude est également très exposée et reçoit de plein fouet les puissantes rafales de vent provenant directement de l’Antarctique, sans que rien n’est pu les ralentir depuis 5000km.

Concentration

Nous tâchons de rester concentrés afin de ne pas glisser ou perdre l’équilibre. Une fois que nous avons fini de longer cette chaîne de montagne nous découvrons à présents les montagnes du Parc National de Cradle Mountain. Là encore, nous découvrons une étendue sauvage à perte de vue. Nous n’avons pas d’autre choix de nous arrêter pour admirer cette nouvelle scène.

Repos du guerrier durant le trek au Frenchman’s Cap

Repos du guerrier

Lac Tahune

Avec Eliane, nous nous interrogeons aussi sur ces étranges arbres blanc, dernières empreintes visibles d’un feu de forêt survenues quelques dizaines d’années auparavant. Il ne nous reste plus qu’un petit col longeant une chaine de montagne aux roches noires avant de descendre pendant une bonne demie heure jusqu’au magnifique Lac Tahune et sa hutte très discrète.

En tant que premières personnes à arriver, nous sommes assurés d’avoir une place au chaud pour cette nuit. Nous demandons aux randonneurs déjà présents ici depuis la veille si ils ont pu accéder au sommet. Ceux-ci n’ont pas pu admirer la vue depuis le sommet et nous ont même avoué que ce fut relativement dangereux en raison du manque de visibilité, la neige, la grêle et les rafales. Heureusement le quartz est une roche offrant une très bonne accroche par temps sec ou humide.

Avec Eliane, nous profitons d’une table libre pour déjeuner et partons juste après qu’un nouveau groupe de personne arrive à la hutte. Le ciel est clair, la température presque agréable. Il ne nous reste que 1,5km avant le sommet, les dernières 45minutes étant technique et s’apparentant à de l’escalade. La vue sur le Lac Tahune est splendide depuis North Col. A l’approche du col ne vous trompez pas de chemin et restez sur la gauche.

Le bon chemin

C’est celui où vous avez à la fois besoin de vos pieds et de vos mains pour grimper. Nous marchons maintenant dans les premières couches de neige qui recouvrent le sol. Nous essayons de suivre autant que possible les traces de pas déjà présentes afin d’éviter les dangers recouverts par la neige. Il y a environ trois passages plus techniques que la normal qui risquent d’être difficiles si vous avez sur vous un sac de 90L car il faudra parfois vous faufiler entre les rochers (regardez la vidéo en lien). Lorsque les rafales de vents recommenceront à vous déstabiliser, c’est que vous n’êtes plus très loin, environ 10-15minutes en fonction de l’état du terrain.

Un début d’igloo en pierre symbolise le sommet de Frenchmans Cap et si vous avez autant de chance que nous, vous pourrez apercevoir Strahan et les eaux de son port, voire même l’océan du Sud si le temps est radieux. La vue à 360°C est encore plus saisissante que depuis Barron Pass. Cette fois vous êtes la personne la plus haute du Sud Ouest de la Tasmanie et rien à l’exception des nuages ne gâchera votre bonheur. Nous venons de relevé un des plus beaux défis offert par la Tasmanie en arrivant au sommet de la montagne la plus iconique d’Australie.

Sommet de Frenchmans Cap durant le trek au Frenchman’s Cap

Sommet de Frenchmans Cap

A ce sujet

Il n’est pas rare de croiser des grimpeurs transportant avec eux 28 à 30kg d’équipements dans le but d’escalader les 300m de falaises de Frenchmans Cap (Topo ici). D’autres quant à eux préfèrent aller dans l’autre direction et jouent avec la gravité en sautant dans le vide avant d’ouvrir leur parachute pour finalement atterrir dans les eaux glaciales du lac Tahune.

Nous ne ferons rien de tout cela. Pendant 20 bonnes minutes nous resterons avec Eliane à nous remplir la tête d’images jusqu’à ce que le mauvais temps refasse sont apparition. Le froid se fait sentir. Nous décidons donc de redescendre lentement avec précaution. Une fois de retour au col (North Col), nous profitons des derniers rayons de soleil jusqu’à ce que ceux-ci restent bloqués derrière un nuage. Il est déjà 16h40 lorsque nous retournons à la hutte du Lac Tahune et c’est en faisant une partie de RATZY (jeux de dés) accompagnée d’un café proposé par l’un des randonneurs que nous attendrons patiemment que la nuit tombe.

Au milieu de la tempête

Nous avons décidément fait le bon choix en allant au sommet de Frenchmans Cap la veille, tout en profitant de l’éclairci de l’après-midi. En effet, il a plut et grêlé toute la nuit. Au réveil, nous ne sommes pas plus motiver que cela pour entreprendre le chemin du retour. Nous restons donc dans nos duvets jusqu’à 8h, laissant de l’espace aux personnes qui ont eu le courage de se lever à 7h pour prendre leur petit déjeuner et partir.

Comme nous faisons cette randonnée en quatre jours, il faut dire que le programme d’aujourd’hui n’est pas vraiment physique. Avec la météo qu’il fait, c’est plutôt une bonne chose. Comme il n’y a pas de boucle retour à partir de Frenchmans Cap, nous n’avons pas d’autre choix que de prendre le même chemin pour retourner à la hutte du Lac Vera. Le chemin était déjà très humide la veille. Avec déluge de cette nuit, je pense que nous marcherons essentiellement dans l’eau aujourd’hui. Au moins le paysage semblera nouveau.

Nous quittons la hutte du Lac Tahune après notre petit déjeuner et une nouvelle partie de RATZY sur les coups de 10h. A l’abri du vent et de la grêle, nous arrivions sur le plateau à 900m d’altitude d’où nous pouvons voir Nicole Needle. Cette zone est fortement exposée tout le long du chemin jusqu’à Barron Pass. Nous redoublons donc de vigilance.

Le vent

Plus puissant que la veille et accompagné de grêle, influe énormément sur notre équilibre tout en nous offrant un peeling gratuit. J’essaye de me protéger le visage en réalisant un écran avec ma main droite tandis que je m’équilibre avec ma main gauche. J’adore ces situations extrêmes, elles me font sourire. Fort heureusement le passage dans la zone de rochers est assez abrité. Nous n’irons pas nous tordre la cheville en glissant dans un trou. Ces rochers offrent une bonne accroche et facilite notre progression par ailleurs.

Les conditions extrêmes du vent et de la grêle disparaissent lorsque nous descendons de l’autre côté du col de Barron Pass. Nous découvrons une végétation tropicale complètement couverte de neige et de billes de grêle. C’est magnifique. Le chemin bien construit a l’avantage de ne pas absorber l’eau. En revanche celle-ci suit la pente et coule tout le long. Nous marcherons donc sur un sol dur mais avec les pieds dans l’eau. Notre progression ralentie lorsque la pente est abrupte et n’offre pour seuls points d’appuis que des racines ou rochers humides. Seul les appuis courts et tangents sont permis. Soyez prudent et concentrer afin d’éviter de glisser, voire de chuter.

Une agilité de chat durant le trek au Frenchman’s Cap

Une agilité de chat

Contrôle

Chaque pas doit être contrôlé et amorti. C’est un exercice usant mentalement. Si vous voulez profiter du décor, stoppez votre progression. Plus nous descendons, plus l’eau se fait présente. Les torrents ont triplé de volume en moins de 24h, l’eau coulant le long du chemin venant les alimenter. Certaines passerelles auparavant au dessus de l’eau se retrouvent désormais 20cm en dessous. Après un certains temps passé à réfléchir où marcher, je décide de marcher dans l’eau afin de guider Eliane sous un nouvel angle afin qu’elle puisse conserver ses pieds aussi sec que possible.

Ce n’est qu’une fois le long du lac Vera que notre progression deviendra régulière et plus rapide. Dans 40minutes, nous serons à la hutte du Lac Vera au chaud et au sec pour prendre notre déjeuner.

A l’intérieur de la hutte, nous rencontrons les randonneurs croisés la veille dont un couple de tchèques. Nous leur proposons de nous joindre pour jouer aux cartes et aux dés afin de passer l’après-midi jusqu’à ce que la nuit tombe. Au court de nos parties, des australiens nous rejoignent pour jouer avec nous. En parlant avec eux, nous parvenons même à obtenir un covoiturage jusqu’à Hobart. Ainsi nous n’aurons pas à prendre le bus tard dans l’après-midi le lendemain, tout en ayant le temps de célébrer notre retour sur Hobart en partageant une bière avec Eliane, 20 minutes avant le prochain bus pour Blackmans Bay. Je suis heureux de rentrer au chaud et au sec après une aventure aussi exceptionnelle que rude !

Matériel utilisé pour ce trek au Frenchman’s Cap

Vestes utilisées pour ce trek au Franchman’s Cap

CATÉGORIE NOM DU MODÈLE MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT LE CHOIX DE CE MODÈLE DÈS LE DÉPART ? EST-CE QUE CE CHOIX À RÉPONDU À CETTE EXPÉRIENCE RACONTÉE DANS CE ROADBOOK ? ET SI C’ÉTAIT À REFAIRE ?
VESTE GORE-TEX Calvus KATHMANDOU Cette veste m’a été prêtée par un Ranger rattaché à la famille d’Eliane. J’ai aimé sa coupe, sa légèreté et son encombrement réduit. Cette veste à impulser mon choix quand à l’acquisition d’une veste Gore Tex. J’ai été grandement surpris par le confort procuré pour une large gamme de températures que je situe entre 0°C et 15°C. En dessous, il faut rajouter une couche, au dessus, il faut ouvrir voire enlever la veste. Kathmandou n’est plus une marque aussi bonne qu’avant. Si je devais acheter une vestye Gore Tex, je choisirai un modèle avec :- peu de coutures, – une grande capuche, – poches compatibles avec un baudrier d’escalade.Ex : Marmot Speedlight
VESTE THERMIQUE Alpine Light 800 FP MONT BELL Cette veste thermique très légère et compacte m’a été prêtée par mon hôte à Hobart. Celle-ci est à la fois très compact, légère et améliore énormément la chaleur ressentie dans des conditions climatiques humides et températures inférieures à 0°C. Cette veste aide mentalement à sortir de la hutte pour commencer une journée dans le froid et l’humidité, le temps que le corps monte en température.Cette veste est également agréable à porter lorsque l’on stop toute activité physique. Si c’était à refaire, je l’emmènerai à nouveau avec moi.Attention : la veste utilise du duvet d’oie. Ne pas l’exposer à la pluie, c’est une seconde couche et non une troisième.

Equipement de bivouac utilisé pour ce trek au Franchman’s Cap

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DUVET Hydrogen 30F 850 Down MARMOT Ce sac de couchage m’a été prêté par mon hôte à Hobart. Il s’agit d’un excellent sac de couchage facile à emballer et très confortable entre 10°C et 0°C, tout en pesant moins de 900g Ce choix a répondu à mon expérience pendant les 4 jours passés sur le sentier du Frenchmans Cap. Par précaution, je l’ai utilisé avec un drap thermique premier prix. Je ferais le même choix ou tout du moins avec un sac de couchage présentant des caractéristiques similaires.

Accessoires utilisés pour ce trek au Franchman’s Cap

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CHAUSSURES XA 3D Ultra 2 SALOMON J’étais à la recherche de chaussures de trail running pour leur grande polyvalence et look passe partout. Le renfort à l’avant du pied est bien pensé pour la semelle associé à son design lui donne une accroche impressionnante aussi bien sur les racines humide que les roches rencontrées au court de ce parcours. Toutefois des chaussures à tige montante Gore Tex sont plus que recommandables. Si cette sorite était à refaire je choisirais des chaussures ) tige haute, Gore Tex, et présentant une semelle offrant une excellente accroche dans la boue très liquide, sur les rochers et les racines humides ainsi dans la neige.
SAC À DOS 50+10 LITRES Act Lite DEUTER Je voulais un sac à dos ergonomique me permettant d’être complètement autonome pour 3 nuits et 4 jours. Tente et nourriture inclus J’ai énormément apprécié la connexion et le système de ventilation entre le dos matelassé du sac à dos et mon dos.Son volume est amplement suffisant et la ceinture abdominale s’adapte si bien à la taille que mes bretelles ne touchaient pas mes épaules. Le sac à dos reste à la fois étroit et contenu en hauteur. Tout en restant près du corps. C’est un très bon choix. Ce sac est vraiment bien pensé. Deuter étant une marque référence parmi celles de sac à dos.A utilisé avec des sacs étanches à l’intérieur du sac.Je le préfère à mon Osprey Aether 60 très largement.

Matériel numérique utilisé pour ce trek au Franchman’s Cap

CATÉGORIE NOM DU MODÈLE MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT LE CHOIX DE CE MODÈLE DÈS LE DÉPART ? EST-CE QUE CE CHOIX À RÉPONDU À CETTE EXPÉRIENCE RACONTÉE DANS CE ROADBOOK ? ET SI C’ÉTAIT À REFAIRE ?
APPAREIL PHOTO NUMERIQUE (APN) Powershot SX 220HS CANON  Tout amoureux de l’outdoor devrait avoir un APN compact à grand zoom comme celui-ci.Aouts : prix, zoom x14, capteur, l’optique, qualité image/vidéo, les réglages.Défauts : autonomie de la batterie, vidéo 30 images par seconde, panoramique assisté.  Cet appareil me satisfait depuis 2 ans (sauf lorsque je dois changer la batterie au mauvais moment).Il est fiable et son traitement d’image conserve les fins détails.Cet appareil se dote même d’un caisson aquatique et d’une communauté active CHDK qui permet de repousser les limites de l’appareil photo.  Ce modèle sorti en 2011 dispose toujours d’une qualité d’image qui le place au niveau des meilleurs.Aujourd’hui, Sony se positionne en tant que leader du marcher chez les compact à grand zoom. Si c’était à refaire. Je choisirais un modèle tel que le Sony HX50V ou bien comme le Canon SX700 HS.
CAMERA D’ACTION Hero 2 HDOutdoor Edition GOPRO  C’est un excellent complément à mon APN qui me permet de filmer en ayant mes deux mains libre. Son défaut : la vidéo aquatique (l’image est floue)  Ce choix a répondu à mon expérience. lors des scènes où l’utilisation de ma caméra été risquée et risquée de l’endommager.  La GoPro Hero 2 est dépassé technologiquement. Si c’était à refaire. Je choisirai entre : GoPro Hero 3+, – Sony Action Cam, CameOne Infinity

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