Trekking dans les montagnes du Kaçkar au Nord de la Turquie

par Expérience Outdoor

Emilie nous partage son expérience de Trekking dans le massif du Kaçkar en Turquie

Arrivée au village de Amistal Y durant notre Trekking dans le massif du Kaçkar

Informations pour préparer un Trekking dans le massif du Kaçkar

La meilleur période pour un Trekking dans le massif du Kaçkar

Mai-juin

Situation du massif du Kaçkar en Turquie

Au nord-est de la Turquie, au bord de la mer Noire, se trouve le massif des Kaçkar. Le sommet le plus haut, le mont Kackar, culmine à 3932 mètres d’altitude. Au nord, les portes d’entrée de ce massif sont les villages de Camlihemsin et de Ayder. Ce massif merveilleux dévoile parfois entièrement ses charmes en abandonnant l’auréole de brumes et de nuages qui l’habille si souvent en été. Le climat, particulièrement humide en cet endroit de la Turquie, a permis le développement d’une végétation dense et variée. L’eau, omniprésente, dévale joyeusement en torrents, lacs et cascades.

Participants au Trekking dans le massif du Kaçkar

Emilie et Lucas, dévorés par la curiosité d’aller voir à quoi ressemblent les montagnes ailleurs qu’à Grenoble.

Où dormir dans le massif du Kaçkar ?

Nous avons essentiellement bivouaqué car c’est ce que nous préférons par-dessus tout lorsque nous voyageons, surtout en montagne. Par ailleurs, à cette période de l’année, la plupart des pensions et des refuges ne sont pas ouverts. Au cours de notre périple, nous avons aussi dormi chez l’habitant, suite à des rencontres particulièrement sympathiques avec des Turcs.

Pour plus d’informations sur des lieux d’hébergement dans le massif des Kaçkar, vous pouvez consulter le lien ci-dessous qui dresse un panorama complet : Kaçkar Mountains Trails 

Où se restaurer dans le massif du Kaçkar ?

C’est à la fois compliqué et facile : compliqué parce qu’il n’y a pas tant de petits villages dans lesquels vous pouvez trouver de la nourriture. Vous pourrez en trouver à Ayder (petite épicerie) ou à Camlihemsin. Facile parce qu’en Turquie, la générosité est inscrite dans le patrimoine génétique des habitants. Aussi avons-nous sans cesse reçu des marques de bienveillance qui se traduisaient très souvent par des invitations spontanées à venir manger avec les gens que nous croisions en chemin.

Offices du tourisme

A ma connaissance, il n’y a pas d’office de tourisme au sein du parc naturel du Kaçkar. En revanche, il y en a un dans la ville de Trabzon où vous pourrez trouver toutes les informations dont vous avez besoin si vous prévoyez de faire de la randonnée dans les Kaçkar.

Autre point d’intérêt

Les sources chaudes de Ayder : à dédaigner les guides touristiques, nous sommes complètement passés à côté !

Bibliographie sur le massif du Kaçkar

  • Guides

The Kaçkar : trekking in Turquey’s black sea mountains de Kate Klow et Chris Gardner, 2013
Eastern Turquey de Diana Darke, guide Bradt, 2011

  • Cartes

En Turquie, les cartes détaillées de randonnée sont inexistantes. Vous pourrez toutefois utiliser la carte insérée dans le topoguide de Kate Clow évoqué ci-dessus bien que l’échelle soit quelque peu fantaisiste !

TerraQuest a publié une carte intitulée Turkey, the highest peaks à l’échelle 1/100 000 mais c’est assez difficile à utiliser sur le terrain, par manque de détail et de précisions.

Trekking dans les montagnes de Kaçkar

En route pour les montagnes du Kaçkar

Arrivés en avion à Trabzon, une centaine de kilomètres nous sépare encore des montagnes du Kaçkar. Nous découvrons un pays extrêmement bien desservie en moyens de transport public. Beaucoup utilisent les dolmus, taxis collectifs qui ne coûtent pas grand chose. C’est ce que nous prenons pour nous rendre à la gare routière de Trabzon. De là, nous montons dans un bus pour Pazar, puis à nouveau un dolmus jusqu’à Ayder, porte d’entrée du massif. Les paysages qui nous entourent nous fascinent. Du littoral de la mer Noire bordé par l’autoroute et par des agglomérations urbaines, nous nous enfonçons dans le territoire du thé : sur la route, des femmes et des hommes transportent d’énormes ballots en tissus remplis à craquer de feuilles. Plus on s’enfonce dans le massif, plus la brume s’installe. L’arrivée à Ayder sous une petite bruine, suivie d’une forte pluie, nous inquiète un peu. Par moment, la brume se déchire et laisse entrevoir… la neige, à une altitude qu’on estime à environ 2500 mètres. La traversée du massif s’annonce plus difficile que prévue.

 Forêts embrumées au-dessus d'Ayder dans le massif du Kaçkar

Passage délicat d’un col enneigé à 3000 mètres
La pluie de la veille n’est qu’un lointain souvenir : ce matin, le soleil brille et dévoile un paysage magnifique. Depuis Ayder, nous prenons la direction d’Asagi Kavron Y puis nous remontons une grande combe dont les pentes d’herbes laissent peu à peu place à des broussailles piquantes, puis à la neige. Les 300 derniers mètres sont raides et nous demandent un peu de concentration, surtout pour franchir la corniche sommitale.

Le col est là et derrière, la vue est splendide : le village d’Amistal Y est posé sur la neige 400 mètres plus bas, les montagnes enneigées tout autour et la mer Noire en arrière-plan. La contemplation s’arrête néanmoins lorsque notre regard se fixe sur des empreintes étrangement grandes : un ours ! Aïe ! Les traces sont récentes et se dirigent vers les maisons du village. Et dire que l’on va bivouaquer ici ! Inutile de vous préciser qu’il a été bien difficile de trouver le sommeil.

Col enneigé à 3000 mètres d'altitude sur le massif du Kaçkar en Turquie
Bivouac dans le village déserté de Amistal Y dans le montagnes du Kaçkar en turquie

Bivouac durant notre Trekking dans le massif du Kaçkar

7h30 de marche
D+ 1500 m
D- 380 m

Rencontres inattendues

Nous redescendons vers le village d’Amlakit Y. Après la neige, nous sommes contents de retrouver les verts alpages. Au bout d’une heure de marche, le village est en vue. Il semble désert. De très veilles maisons partiellement écroulées côtoient des chalets modernes. Soudain, un coup de feu retentit ! On aperçoit alors un homme au loin, entouré de deux autres personnes. Nous les saluons prudemment :

« İyi günler ! » – « bonjour »

un des rares mots turcs que l’on sait prononcer correctement ! Bien que de forte carrure, ils ont l’air plus gentils qu’inquiétants ! Pour engager la conversation, nous sortons la carte topographique. Nous leur montrons d’où nous venons et où nous aimerions aller. Visiblement, ils nous dissuadent d’un tel projet : « Kar ! Cok Kar ! », ce qui signifie qu’il y a de la neige, et même beaucoup de neige. Pas très engageant. Abdullah, l’auteur du coup de feu, nous invite sur sa terrasse. Pour communiquer, nous avions fabriqué des petites cartes sur lesquelles étaient représentées des choses qui nous paraissaient utiles pour ce voyage : des montagnes, un feu de camp, de l’eau… Lorsqu’ils arrivent à l’image représentant un ours, on leur montre la photo des traces vues la veille dans la neige.

A la question :

« Y a-t-il beaucoup d’ours dans les parages ? »,

de son index, il parcourt les montagnes :

« Cok cok ! », « Beaucoup ! beaucoup ».

On continue d’une voix moins assurée :

« sont-ils dangereux ? ».

En guise de réponse, il dévoile l’air grave un revolver attaché à sa ceinture. Pas besoin d’un traducteur pour comprendre qu’il vaut mieux se méfier ! Abdullah nous offre alors quatre pétards visiblement destinés à effrayer les ours. Pour nous montrer leur fonctionnement, il en fait exploser cinq d’un coup. Le bruit généré est assez impressionnant comparé à la taille de l’objet ! On croirait un fusil de chasse gros calibre. A chaque explosion, la montagne nous renvoie une longue série d’échos. C’est cette détonation que nous avions prise pour une attaque à la carabine en pénétrant dans le village !

L’été, Amlakit est occupé par une centaine d’habitants auxquels il faut encore rajouter une cinquantaine de touristes répartis dans les trois pensions existantes. Aujourd’hui, ils sont seulement cinq au village. Nous comprenons qu’ils sont arrivés la veille à pied, en passant par Hazindak Y. Ils seront là quelques jours entre amis dans leurs maisons de famille respectives.

Ils nous invitent à partager leur repas. On hésite entre accepter et continuer notre route. C’est ce moment précis que choisit le premier éclair d’un orage puissant pour s’abattre sur la montagne… Le choix est fait. Le repas sera donné dans une des pensions appartenant à Ufuk et contacté par radio. A peine étions-nous installé chez lui que la tempête se déchaîne. Pluie, éclairs, tonnerre : nous mesurons notre chance d’être au sec. C’est un véritable festin qui nous attend : soupe de haricots frais, salade de crudités, viandes, pommes et bien d’autres choses encore. Finalement, nous resterons toute la journée en leur compagnie et seront invités à dormir chez Abdullah. Entre-temps, une petite partie de pêche nous dévoilera la richesse des eaux poissonneuses du Kaçkar.

Partie de pêche dans le massif du Kaçkar en turquie

2h30 de marche
D+ 100 m
D- 650 m

Changement d’itinéraire

Le lendemain, après avoir passé une vraie bonne nuit sans pensé aux ours qui rôdent, nous rejoignons nos hôtes pour le petit déjeuner. Fidèle à leur générosité, la table est dressée juste pour nous : elle regorge de victuailles toutes plus appétissantes les unes que les autres : omelette, fromage, ramequins de framboise et de miel, beurre, pain, et, comme toujours en Turquie, du thé ! Pendant que nous mangeons, nous pensons à la suite du périple. Nous souhaitons rejoindre Elevit par un col passant à près de 3000 mètres mais ce n’est pas prudent. La neige, encore bien présente en ce début de mois de juin, nous fait changer d’itinéraire. Nous choisissons de repartir vers le nord en direction de Pokut Y. Nous quittons Abdullah et ses amis presque à regret, après avoir passé de si bons moments avec eux.

Le chemin se déroule dans la forêt, tantôt montant, tantôt descendant. On croise de nombreux torrents dont certains sont véritablement déchaînés. Après 1h45 de marche, on atteint Hazindak Y, un magnifique village posé sur un petit coin d’alpage entouré de forêts ! Le chemin se poursuit sur une piste à 4×4. D’après notre carte, on aurait dû prendre un petit sentier qui suit la ligne de crêtes mais on ne l’a jamais trouvé. De nombreuses coulées d’avalanche chevauchent la piste par endroit. Il faudra attendre encore un peu avant qu’elle soit de nouveau praticable pour les véhicules. De nouveau, des traces d’ours apparaissent dans les flaques. Pour ne pas surprendre un ours grincheux qui viendrait en sens inverse, nous avons pris l’habitude de signaler notre présence par des « Yép ! Yép ! » sonores.

A Pokut, nous avons le choix entre continuer sur la piste mais ça promet d’être long et ennuyeux, ou continuer plein nord sur un ancien sentier suivant la ligne des crêtes. On a beau scruter les alpages : pas de traces de ce sentier. Mais l’éventualité de rejoindre çamlihemsin par la « brousse » nous semble un choix plus pertinent. On commence donc par couper à travers bois en s’aidant de la carte et de la boussole. Le chemin tarde à apparaître. Le ciel se couvre par l’ouest. Le tonnerre gronde… Puis soudain, voilà une ancienne piste – presque effacée mais une piste quand même. Un peu plus loin, une magnifique clairière ! On monte la tente en vitesse pour y passer la nuit.
5h de marche
D+ 600m
D- 630m

 Chalets en bois du hameau de Hazindak Y en turquie dans le massif du Kaçkar

Perdus dans la forêt

Le sentier trouvé la veille est de plus en plus tortueux. Heureusement, on doit suivre la ligne de crête, chemin ou pas chemin, on ne se perdra pas ! La végétation luxuriante nous donne l’impression d’être au beau milieu d’une jungle quasi tropicale, si dense qu’il n’est pas rare que nous soyons obligés de ramper pour nous frayer un chemin. La machette aurait été utile ! Pendant un instant, on s’imagine explorant des contrées inconnues et cela nous plaît bien. Seulement voilà, au bout d’une heure de marche sans une seule trace de sentier, on commence sérieusement à déchanter. On ne s’improvise pas aventurier… La forêt est toujours aussi raide et dense. Il n’y a toujours pas de chemin. Cela fait 4h que l’on avance tant bien que mal. Alors que nous croyons avoir trouvé un chemin, il nous mène à un nouveau cul de sac.

Un peu plus loin, un autre chemin. Il ne part pas dans la bonne direction mais semble emprunté et descendant ! On ne sait pas où il va nous mener mais on décide de le suivre. Sûrement la fin de difficultés pour aujourd’hui. Un peu plus bas, on croise enfin une petite rivière. L’eau est un peu stagnante mais notre soif est plus forte que la peur des micro-organismes. Il faut juste que l’on résiste encore 30 minutes le temps que le comprimé de Micropur fasse un peu d’effet. On en profite pour se faire une toilette et une lessive dans l’eau bien froide. Ouf ! on souffle un peu.

On marche à peine 500 m avant de tomber sur un petit hameau. Six vieilles dames sont là à tricoter ou à fendre du bois. Instantanément, on se retrouve assis avec elles ; à boire un jus d’orange bien froid et à manger un succulent gâteau comme les grands-mères savent si bien les faire. L’hospitalité turque est simplement incroyable. Nous reprenons la route en direction de Camlihensin. En chemin, nous croisons des pêcheurs qui, eux, nous offrent un verre de racki, un alcool incroyablement populaire en Turquie.

Cheminement difficile au milieu d'une végétation dense dans les montagnes de Turquie

Trekking dans le massif du Kaçkar en turquie dans une végétation dense

Emprisonnés ?

A Camlihensin, nous souhaitons trouver un dolmus pour rejoindre Cat mais il est trop tard. Nous décidons de faire du stop mais nous nous faisons embarquer par la police ! Arrivés à la caserne, on nous conduit dans le bureau du commandant. On le découvre assis derrière un large bureau en bois, une carte militaire au mur derrière lui. A sa droite, un militaire pianote sur un ordinateur portable. Au milieu de la pièce, une table basse avec des canapés en cuir. C’est là qu’on nous fait asseoir. On dit bonjour en turc pour montrer que nous sommes de gentils touristes tout à fait inoffensifs. Nous avons d’abord droit à plusieurs questions d’usage comme : d’où on vient puis des plus difficiles comme :

« pourquoi voulez-vous aller à Cat ? »

 « comment comptez-vous y aller ? »

 « où pensiez-vous dormir ? », etc.

Il nous laisse un instant pour passer des appels. Le silence s’installe. On est un peu mal à l’aise dans nos fauteuils en cuir où la meilleure position serait de s’avachir complètement. Peut-être le commandent s’en rend-il compte. Pour briser la glace, il nous propose des cigarettes, de l’alcool et des chocolats ! De nombreux soldats ou officiers frappent à la porte pour venir prendre des ordres. Tandis qu’ils se mettent au garde-à-vous, on est tranquillement installés la bouche pleine de chocolat. La situation est d’autant plus cocasse que, il faut le dire, nous ressemblons davantage à des vagabonds qu’à des touristes proprets.

Suite à un dernier appel, le commandent nous fait lever puis nous demande de le suivre. On traverse à nouveau la caserne en direction de la sortie. Nos sacs sont toujours là ; ainsi qu’un 4×4 chargé à ras bord et toute une famille à l’intérieur. On réalise enfin la situation : alors que l’on attendait en haut, les militaires avaient organisé un barrage routier. Ils ont arrêté toutes les voitures passant par cette route pour leur demander leur destination. Quand il ont enfin trouvé une voiture montant à Cat, ils leur ont demandé de nous y emmener ! La route jusqu’à Cat est épique car il s’agit en réalité d’une piste défoncée sur 25 km. On roule tantôt à droite, tantôt à gauche d’un torrent en furie. Les passages sur les ponts sont très impressionnants et permettent de mesurer le débit monstrueux de la rivière.

Au bout de 15 km environ, alors que l’on croise un camion, le chauffeur nous avertis de son klaxon que quelque chose ne va pas. On s’arrête et on constate avec effroi que cela fait plusieurs kilomètres que le sac de Lucas, retenu par le mousqueton attaché à la ventrale, traîne tête en bas sur la piste bien boueuse par endroit. La tête est déchirée. Les projections des pneus l’ont crépi de boue. Avec les chocs et les frottements, une bouteille d’eau s’est ouverte et il s’en est fallu de peu pour que le jus d’abricot dans une brique en carton en fasse de même. Le tapis de sol, traîné par sa sangle un peu plus loin est dans un état lamentable. Par miracle, la tente sort indemne de cet incident.

Chalets sur pilotis de Cat croisé durant notre Trekking dans le massif du Kaçkar

7h de marche
D+ 280 m
D- 1820 m

Le retour de l’ours

De Cat, nous voulons rejoindre Elevit puis Hacivanak Y. Un large chemin long de 7km mène au premier village. Elevit est un joli village d’alpage situé au croisement de deux torrents. On prend la direction de la vallée qui part vers le sud-est. La route continue, un peu moins raide. Notre objectif est de rejoindre Hacivanak Y pour y dormir et repartir le lendemain avec un sac léger pour la marche afin d’aller au col Hodacur Geçiti et pourquoi pas jusqu’au sommet Elyak Geçiti à 3329 m. Encore une fois, nous allons devoir changer nos plans. Sur la route, nous croisons quatre hommes habillés en treillis militaire et portant d’énormes fusils à lunettes. Ils nous dissuadent de poursuivre notre chemin et nous explique qu’un pêcheur vient de se faire attaquer par un ours. La mort dans l’âme, nous décidons de faire demi-tour. Nous avons l’impression que les sommets du Kaçkar ne veulent pas nous laisser entrer dans leur royaume.

Mais, comme toujours, la magie turque opère. En retraversant le village de Elevit, on se fait héler par une joyeuse troupe réunie pour le weekend. On se fait littéralement gavés tandis qu’ils nous assaillent de questions. Cette rencontre s’achèvera sur une photo de famille à laquelle nous sommes conviés. Encore un bien bon moment de convivialité qui nous font largement oublier la tristesse d’avoir dû faire demi-tour.
7 h de marche
Environ 20 km
D+ 900 m
D- 850 m

Camion livrant des marchandises à Elevit en turquie

L'accueil turc dans toute sa splendeur

A la recherche du village de Ziyirmat Y

Notre choix de randonnée du jour se porte sur une montagne qui culmine à 3458 mètres. Bien entendu, nous n’irons pas au sommet car la neige est trop présente mais nous voulons quand même aller explorer ce flanc de montagne, après l’échec cuisant de la veille. Impossible de trouver le départ du chemin qui mène au village d’altitude de Ziyirmat Y. On monte en sous-bois dans une pente bien raide. 800 mètres de dénivelés plus loin, on débouche enfin dans les alpages. De là, on a une belle vue sur les sommets environnants. En revanche, pas de trace de Ziyirmat Y. Il y a bien quelques ruines dont la dernière occupation doit dater de plus de 20 ans mais même cela ne constitue pas vraiment un village… Nous prenons le chemin du retour après avoir cherché en vain des traces de la faune locale. Mais où sont les chamois, bouquetins et autres bestioles des montagnes ?
5h de marche
D+ 1000 m
D- 1050 m

Un des magnifiques anciens ponts en pierre qui enjambent la rivière dans les montagnes de Turquie

Retour vers Camlihemsin

Cette nouvelle journée nous fait redécouvrir la piste que nous avions prise quelques jours plus tôt. Dans ce sens, nous nous laissons glisser tranquillement vers Camlihemsin. Nous croisons des ouvriers déployés tout au long de la piste pour transformer ce parcours sinueux en route pavée. Plus on s’approche de Camlihemsin, plus on croise de monde sur la route : une famille d’agriculteurs qui chargent du foin, de gros camions charriant vaches vers les alpages ou gravas pour les chantiers… On arrive à hauteur du château médiéval de Zilkale. Ce point caractéristique permet de nous positionner sur la carte dont on a de moins en moins confiance. Il semblerait que les distances d’est en ouest ne soit pas identiques à l’axe nord-sud !
5h de marche
22km environ
D+ 130 m
D- 920 m


Le château médiéval de Zilkale dans son écrin de verdure en Turquie

Fin du voyage dans les montagnes du Kaçkar

Ce dernier jour au pied des montagnes du Kaçkar nous fait retraverser le village de Camlihensim. De manière assez surprenante, nous y recroisons la plupart des personnes que nous avions rencontrées un peu plus tôt dans notre voyage. Un brin de nostalgie nous étreint alors que nous sommes sur le point de quitter ces montagnes mystérieuses et leurs habitants si attachants.

Conclusion sur notre Trekking dans le massif du Kaçkar

Pourquoi visitez-vous les montagnes du Kaçkar ?

C’est la question récurrente que nous posaient tous les Turcs que nous avons rencontrés, comme s’ils n’avaient pas conscience de vivre dans un environnement à la beauté exceptionnelle.

Et pourquoi pas ?

Ces montagnes sont superbes. La région offre un dépaysement incroyable : montagnes qui se mirent dans la mer Noire, plantations étagées de thé partout, superbes forêts, lacs et cascades, villages de montagne authentiques et surtout des gens admirables, d’une grande curiosité et animés d’une bienveillance infinie. Ce voyage nous aura comblé du début à la fin. Même si la période n’était pas la plus propice pour découvrir le massif des Kaçkar, nous ne regrettons pas d’avoir choisi ce moment pour y aller car notre voyage n’aurait peut-être pas eu la même savoir si nous étions venus en été.

Aujourd’hui, nous n’avons qu’une hâte : y retourner !

Traces d'ours dans la neige dans le massif du Kaçkar

Traces d’ours dans la neige : mieux vaut ne pas avoir peur des plantigrades si vous voulez découvrir les montagnes du Kaçkar !

Matériel utilisé pour ce Trekking dans le massif du Kaçkar

 Catégorie
Nom du modèle
Marque
Commentaire
 Sac à dos Lucas  Storm 35  Lowe Alpine
 Le sac à dos a été acheté pour faire de l’alpinisme. Il se prête très bien aussi au trekking. Son plus est de pouvoir accrocher plein de choses à l’extérieur du sac. Le produit a parfaitement répondu à nos attentes. Il a même été plus résistant que ce que nous avions imaginé.
 Rain cover
   Quechua  Housse imperméable jaune. Pas très esthétique mais protège assez bien le sac de randonnée.
 Sac à dos Emilie
 Ultralight  Quechua  Sac à dos Emilie Ultralight Quechua Léger, grand, assez confortable : ce sac était parfait. Je referai un autre trek sans hésiter avec.
 Tente  Big fat frog
 The North Face
 Nous avons choisi cette tente car il y a une grande abside pour cuisiner en cas de mauvais temps. Et puis, elle est belle ! Le seul bémol : un peu trop de condensation à l’intérieur à notre goût.
 Sac de couchage
 Warm’n light
 Lafuma  Nous l’avions choisi pour son encombrement relativement faible. Mais les nuits sont froides en altitude dans les Kaçkar et nous aurions dû prendre des duvets plus chauds.
 Matelas de sol
 Prolite plus
 Thermarest  Confortables et peu encombrants, ils ont parfaitement répondu à nos attentes. Ils nous accompagnent désormais dans tous nos bivouacs.
 Réchaud  Gravity II EF
 Primus  Excellent réchaud, léger, performant, et qui sait se faire tout petit dans le sac. Mais on ne s’en est pas servi car il était impossible de trouver les cartouches de gaz correspondantes sur place ! On a dû faire la cuisine au feu de bois pendant notre Trekking dans le massif du Kaçkar mais peut-être est-ce interdit…
 Couteau  N°8  Opinel  Rien à dire, c’est LE couteau qu’on amène partout.
 Frontale  Tikka XP  Petzl  Légère et largement assez puissante pour servir le soir au bivouac.
 Boussole  Expedition  Silva  Boussole à plaquette très complète.
 Chaussures Lucas
 Typée route (modèle inconnu)  Asiics  Etant donné les conditions de neige, ce choix n’était pas très bon. Nous aurions dû choisir des chaussures type marche d’approche
 Chaussures Emilie
 Xodus
 Saucony  Idem
 Veste Lucas
 Carbon Shell
 Merell  Légère et bien compressible dans le sac. Néanmoins, pas suffisamment imperméable pour supporter les grosses pluies. Du coup, la prochaine fois, on repartirait plutôt avec une Gore-tex plus performante.
 Veste Emilie
 Dome pac Gore Tex Snow Woman  Salewa
 Pantalon Lucas
 Corona climbing
 The North Face
 Résistant, léger, respirant, c’est un pantalon confortable qui n’entrave pas les mouvements. Parfait !
 Pantalon Emilie
 Pantalon d’alpinisme (modèle inconnu)
 Millet Pantalon d’alpinisme avec des renforts au niveau des genoux et des mollets, il convient aussi très bien pour le Trekking dans le massif du Kaçkar. Néanmoins, la couleur, entre le beige et le vert de-gris, est un peu trop salissante à mon goût !
 T-shirt Lucas et Emilie
 T-shirt respirant de base
 Quechua  Léger, pas cher, et en plus il sèche rapidement. Le look n’est pas très étudié mais en montagne, ce n’est pas ce que l’on recherche.
Polaire Lucas  R2  Patagonia  Très confortable, très jolie, légère et assez chaude. Que du bon !
 Polaire Emilie
   Patagonia  Je l’avais choisie car elle était fine, légère et avait une capuche. Elle s’est révélée être confortable mais pas assez chaude. Pour une prochaine fois, je choisirai une polaire à poils qui procure un meilleur apport thermique.
 Altimètre  Core  Suunto  Un peu gros au poignet mais vraiment très pratique quand on est montagne. C’est devenu un outil de sécurité, au même titre que la boussole et la carte. Et puis, ça nous permettait de connaître avec précision tous les cumuls de dénivelés de la journée.
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