Bloc à Chironico dans le Tessin

par Expérience Outdoor
Secteur Nivo Bassa

Romain THIERY raconte son trip bloc à Chironico.

Romain dans Papa Razzi – 7A durant la session bloc à Chironico en Suisse

Romain dans Papa Razzi – 7A

Information sur le bloc à Chironico dans le Tessin

Date :

Du samedi 8 au mercredi 12 septembre 2018.

Lieu :

Europe, Suisse, Chironico

Depuis Montpellier : pour arriver sur place avec un lot de crashpads, le plus pratique mais aussi le plus long est la  voiture. Il vous faudra suivre l’itinéraire suivant : Marseille, Nice, Gêne, Milan. Environ 8h30 de route, 780 kms, et quelques tickets de péage plus tard (sauf en Suisse où on peut se procurer la vignette) vous serez probablement dépaysé dans cette région calme et bien verte.

Le village de Chironico durant la sortie grimpe bloc à Chironico

    Le village de Chironico

Participants :

Trois grimpeurs, entre 20 et 30 ans : Matthias, Maxime, Romain.

Où dormir :

Nous avons choisi le bivouac étant donné la saison et les températures agréables. Les spots sont réglementés, et certains, dont les forêts, sont interdits au camping sauvage. Plus pratique et facile pour laisser les affaires, les campings les plus proches sont à Faido (camping Piantett), et surtout Chiggiogna (camping Gottardo) avec pas mal de commodités : vente du topo, boulangerie, restauration, piscine, …

Suivant le budget, il existe aussi des chambres d’hôtes, plutôt bien situées.

Où se restaurer/où se réapprovisionner :

Le choix est assez large, mais il faut de rendre à Faido, à quelques kilomètres de spots de bloc. On trouve des petites boulangeries au camping ou en ville pour dépanner, sinon plusieurs petits supermarchés sur place : Coop ou Migros. Le restaurant pizzeria gelateria pedrinis propose des plats italiens, y compris la pizza roulée sfilatino.

Office du tourisme :

Le plus complet est sans doute le Ticino Turismo situé Via Canonico Ghiringhelli 7, Casella postale 1441, 6501 Bellinzona.

Voici également les coordonnées : Tel. +41 (0)91 825 70 56, info@ticino.ch, ainsi que leur site très fourni : www.ticino.ch

Caractéristiques (falaise, massif…) :

Le Tessin se distingue par sa diversité, cette région présentant une variété incroyable de paysages : montagnes, vallées étroites et sauvages, lacs, petites villes agréables et villages montagnards traditionnels.

Niveau escalade, les blocs sont constitués de gneiss schisteux, qui ressemble au granite, mais avec une variété de préhension plus importante à mon sens. Ce n’est pas le royaume des réglettes comme sur du pur granite.

Quoi d’autre dans les environs :

La région est très montagneuse, vallonnée, alors vous pourrez trouver votre plaisir ailleurs que dans la grimpe pour les jours de repos : rando, vtt, et baignade bien sûr si les températures le permette.

Bibliographie :

Le topo qui couvre le mieux le secteur est ‘Chironico Boulder’, disponible sur place pour 40 francs suisses (environ 35€) au camping de Chiggiogna par exemple.

La sortie Bloc à Chironico en Suisse

Un créneau de cinq jours libres se profilant à l’horizon pour ce début septembre, trois grimpeurs motivés, envie d’autre chose que de l’escalade encordée, il ne restait plus qu’à trouver la destination.

Découvrir un spot inconnu est toujours excitant, encore plus à l’étranger. En Suisse je connaissais déjà Magic Woods. Quelques recherches et articles de magazine plus tard, on décide d’arrêter notre choix sur Chironico, à priori plus varié et intéressant que son voisin Cresciano.

Le site étant divisé en 2 grandes zones, nous avons décidé de consacrer 2 jours sur chacune, en essayant d’exploiter les plus beaux blocs et les classiques à chaque fois.

Jour 1 – Secteurs Boogalagga et Paese

C’est avec plein de motivation et des doigts tout neufs que nous démarrons cette première journée au hasard de notre inspiration. Au bout de 5 minutes, on commence déjà à douter sur l’itinéraire … le topo n’est pas super clair …

Le secteur Boogalagga n’est pas simple d’accès et plutôt en pente, ce qui complique l’accès avec les pads. Après une vingtaine de minutes et quelques recherches à pied, on se repère enfin au milieu de ces blocs, assez éloignés les uns des autres et on peut démarrer la session grimpe.

Premières impressions, le caillou est très agréable, mais ce n’est que le tout début de la saison et certaines lignes sont difficiles à repérer et nettoyer.

On trouve tout de même rapidement notre plaisir dans les premières lignes, en particulier sur un bloc avec un réta un peu engagé. Départ debout en 7A, assis en 7B+. Max nous défriche la ligne assez rapidement, enchaîne les deux versions, puis Matthias est alors proche de l’enchaînement de la version debout, tout en haut du réta, quand son talon zippe d’un coup. La chute est correcte mais la cheville douloureuse. Après un peu de repos et un strapping, le bilan est embêtant : la classique entorse de la cheville en bloc, avec une cheville toute bleue …

Nous passerons donc le reste de la journée à 2 grimpeurs. Quelques belles classiques le matin dont le magnifique ‘Tomahawk’. L’après-midi sera dédié au secteur Paese, qui où les blocs sont dans des zones plus denses et les réceptions plus à plat.

Certains blocs nous ont paru assez durs pour les cotations, alors que d’autres se laissent dompter un peu trop facilement.

Jour 2 – Secteur Nivo bassa

Alors que la cheville de Matthias est encore douloureuse, on décide de s’écarter un peu des secteurs de la veille pour rejoindre le ‘niveau bas’.

On attaque par un mur très vertical et très à doigts, où nous aurons du mal à venir à bout de la ligne ‘Klein ou Gemein’, qui était pourtant censée être un 6C de chauffe … Bref, une fois prêt pour en découdre sur le reste de la journée, on passe devant les blocs sans trop s’attarder car aucune ligne ne nous plaît, jusqu’à arriver en bas du secteur avec le sublime ‘Made in Norway’.

Max dans Made in Norway – 7B lors du trip bloc à Chironico

Max dans Made in Norway – 7B

On y trouve des blocs plus gros, voir des mini falaises, avec une concentration de blocs assez importante. En faisant un peu de marche, on trouvera même des voies équipées, dans le 8eme degré. Alors qu’on découvre un parking tout en bas du secteur, les premiers blocs sont donc à quelques pas seulement. Des belles lignes, esthétique, et encore quelques classiques dans le coin comme ‘Arabald’.

A quelques encablures on trouve aussi des blocs plus techniques, voire même des plats dans un style Bellifontain ! Bref, on se dit que l’on reviendra se garer sur ce parking, et que la zone la plus proche peut servir d’échauffement, car il est parfois difficile de trouver des blocs de chauffe selon les secteurs.

Secteur Nivo Bassa lors de la session bloc à Chironico

Secteur Nivo Bassa en Suisse

Jour 3 – Repos bien mérité

Ça y est, déjà 2 jours de grimpe et la peau est mise à rude épreuve et commence à couiner. On en profite donc pour faire une journée sans grimpe, se refaire un capital peau pour préparer le mieux possible la fin du trip.

Le picnic du midi se fera un peu plus en altitude, dans le village de Chironico, afin de profiter du soleil et de la baignade dans la rivière bien froide qui fera office de cryo thérapie pour soulager tous les petits muscles sollicités ces deux derniers jours. Le parking en face de l’école est bien adapté pour accéder facilement à ma rivière, le barrage étant inadapté et interdit à la baignade.

Jour 4 – Secteur  Serre moi fort

Après avoir repéré un peu le secteur à pied pendant le jour de repos pour gagner du temps, on a déjà une idée du programme pour les 2 jours restants.

La rivière bien fraîche  ayant fait un peu de bien à Matthias, il va pouvoir renfiler les chaussons et taper des essais avec nous pour notre grand plaisir.

Échauffement fait à Nivo Bassa, on s’arrêtera d’abord dans un mini secteur comprenant que quelques blocs, donc ‘Doctor Med Bent’, qui demandera un peu de calage et de patience pour se laisser dompter. Une ligne à recommander en tout cas, sans aucun doute !

Romain dans Doctor Med Bent – 7B lors de la session bloc à Chironico en Suisse

Romain dans Doctor Med Bent – 7B

Après le repas direction l’autre partie et on retourne à un bloc ultraclassique du coin repéré la veille : ‘Selection Door’, qui tombera rapidement sous les assauts de tout le monde. De quoi remettre le moral aux troupes, mais en arrivant, on a trouvé le bloc recouvert d’une multitude de traits de magnésie pour marquer les prises qui n’étaient pas là la veille. Dégoûtant ! On passera 10 bonnes minutes après l’enchaînement à tout effacer à la place des précédents grimpeurs …

On s’essaie à d’autres lignes, certaines plus dures, certaines plus engagées (à la limite du highball), et on s’éclate jusqu’à la nuit.

Jour 5 – Secteur Centrale

Déjà le dernier réveil, on a plus beaucoup de peau et d’énergie mais encore envie d’en découdre une dernière fois dans quelques blocs que l’on a repéré. Le secteur central est beaucoup plus concentré en blocs, et on trouve aussi plus facilement de quoi s’échauffer. De belles lignes nous font envie un peu partout, Max ne tient pas en place 5 minutes et tape des essais partout.

Pressés par le temps, on ne fera pas de blocs durs, mais plutôt les lignes de niveau moyen qui nous faisaient envie. ‘Papa razzi’ sera le coup de cœur du jour, et nous y jetons nos dernières forces.

Romain dans Papa Razzi – 7A durant la session bloc à Chironico en Suisse

Romain dans Papa Razzi – 7A

Conclusion de cette session bloc à Chironico

Déjà l’heure du retour mais un sentiment de trip réussi, d’une bonne ambiance et d’une satisfaction grimpesque. Les doigts ont souffert, mais pour une bonne raison. Le site nous a livré ses promesses, mais les secteurs ont chacun leur style et leur facilité d’accès. Je recommanderai ce site a des gens ayant un niveau minimum de 6B/6C, et plutôt à l’aise dans le septième degré.

La région et le cadre sont très agréables, mais des températures fraîches sont nécessaires pour une collante idéale. Privilégiez donc les saisons intermédiaires (printemps/automne), sauf si la doudoune et le bonnet ne vous empêchent pas de grimper en hiver et affronter la neige.

Matériel utilisé sur le bloc Chironico

CATÉGORIE  NOM DU MODÈLE MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT LE CHOIX DE CE MODÈLE AU DÉPART  EST CE QUE CE CHOIX A RÉPONDU À CETTE EXPÉRIENCE RACONTÉ DANS CE ROADBOOK   SI C’ÉTAIT À REFAIRE 
CHAUSSURE Terrex Scope GTX ADIDAS La gomme, l’étanchéité Au top Une paire de chaussure assez rigide, avec une semelle Stealth de chez Five Ten pour un grip inégalable
SAC DE COUCHAGE Expedition 6000 MILLET Le poids et le volume Trop chaud Pour la période printanière, un duvet confort 5°C suffit largement en camping.
MATELAS Prolite Plus THERMAREST Le poids Très confortable Je le garde à vie !
CHAUSSONS Katana scratch wmn LA SPORTIVA Pieds fins, confort Oui Un demi pointure de plus pour la grande voie
CHAUSSONS Python LA SPORTIVA Performance, souplesse, confort Oui J’en suis à ma 7ème paire …
SAC À DOS Bug PETZL Volume, praticité Oui Très bien adapté pour les grandes voies, ne gêne pas le casque
CRASH PAD Mantle III EDELRID Compacité, pad additionnel Oui Un des must même si la durabilité des mousses est limitée

Retrouvez plus de récit rédigé par Romain THIERY :

3 commentaires
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3 commentaires

Dubois 8 novembre 2018 - 18 h 48 min

Vive les ptits suisses !

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THIERY 9 novembre 2018 - 6 h 43 min

Encore une belle région à visiter…

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Lulu 13 novembre 2018 - 18 h 49 min

Merci pour les infos, je compte y aller cet hiver

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