Randonnées sur 4 jours sur les Rees et Dart Track en Nouvelle-Zélande

par Julien DIOT

Julien DIOT partage son expérience de 4 jours de  trek en Nouvelle Zélande

Julient DIOT 1 trek en nouvelle zélande

Information pour préparer 4 jours de trek Nouvelle Zélande sur les Rees et Dart Track

  • Date :

Du 16 au 19 Janvier 2014

  • Campement

5$ la nuit en tente, 15$ en hutte. Centre Information
ou Rangers sur le parcours (prévoir du liquide)

  • Lieu :

Mount Aspiring National Park : Glenorchy, Nouvelle-Zélande

  • Participants à ce trek en Nouvelle Zélande :

Julien DIOT, Burt (Polonais)

  • Ou dormir en Nouvelle Zélande

Chez l’habitant au hasard. Il s’agit d’une technique de voyage à laquelle j’ai fait appel durant 2 mois à VTT en Nouvelle Zélande avec un unique sac à dos de 35L.

Aspects positifs : aventure, découverte, rencontre, confort, partage, amitié, bons plans

Aspect négatifs : Cela dépend de vous, de vos projets, de votre personnalité

  • Où dormir à Glenorchy

Camping Ground (1 Oban St, Glenorchy 9372):   PENSEZ A VOTRE MATERIEL DE CAMPING
Téléphone : +64 3441 0303
Glenorchy accomodation
15 $ l’emplacement de tente jusqu’à 100$ la nuit en cabine.

Aspects positifs : prix, facilité pour rentrer en communication avec d’autres randonneurs

Aspect négatifs : Ne vous attendez pas à du grand luxe

  • Où se restaurer/où se réapprovisionner

New World: Frankton (Queenstown) Hawthorne Drive (7J de 08:00 à 21:00)

Fresh Choice: Queenstown 64 Gorge Road (7j de 07:00 à 00:00)

Il n’y a pas de supermarché à Glenorchy

  • Caractéristiques

Glenorchy est un village situé à 50km au Nord-Est de Queenstown dans l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande. La route reliant ces deux lieux est absolument magnifique. Cette zone est également celle où furent tournées certaines scènes du Seigneur des Anneaux et du Hobbit pour ses paysages hors du commun.

  • Quoi d’autre dans les environs :

Le « Routeburn Track » est l’un des meilleurs treks à faire en Nouvelle-Zélande.
Ce dernier joint le village de Paradise (village au nord de Glenorchy) à Milford Sounds. /!\ FORTE FREQUENTATION: réservation recommandée.

Paradise est un lieu clé où ont été tournées certaines scènes du Seigneur des Anneaux, du Hobbit, X-men Origine et les Chroniques de Narnia : Prince Caspian.

 Les villages de Glenorchy et de Paradise proposent également un grand nombre d’activités tel que du Jet Boat dans le Delta de la Dart River, mais aussi des treks à chevaux, du saut en parachute et un grand nombre de randonnées pédestres

  • Application Android utile

Orux Maps : Cette application est à ce jour la meilleure et la plus utile pour les aventuriers et explorateurs. Elle vous permet d’utiliser des cartes topographiques précises en restant Hors Réseau tout en vous servant du GPS de votre smartphone pour vous guider ou enregistrer vos parcours. J’explique tout ici :

  • Lien internet

Muddy Creek Car Park à Dart Hut: 35km

Cascade Saddle retour: 17 km

Dart Hut à Surveyors Flat: 26 km

Vidéo Nouvelle Zélande

Tracé GPS (Google Earth est nécessaire pour ouvrir le lien)

Carte des 4 jours de trek sur les Rees et Dart Track en Nouvelle-Zélande

Trek en Nouvelle Zélande

Muddy Creek: un début d’aventure très humide !

Le réveil sonne à 6h du matin. Il faut que je m’active car je commence une véritable aventure dans moins d’une heure. Je rejoins Burt au camping mais celui-ci est toujours en train de dormir dans sa tente. Je lui avais donné rendez-vous à 06h45, mais je pense qu’il a comprit 7h15. Ce n’est pas grave, au moins je ne raterai pas le départ! C’est Michael (un randonneur qui a prit Burt en auto-stop la veille) qui nous emmènera.

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Nous partons ensemble à 7h15. Michael nous déposera au début de l’accès 4×4 qui mène au sentier qui se trouve encore à 12 km. Le fait de marcher me donne l’impression de faire du surplace maintenant que je suis habitué à rouler tous les jours pendant des heures en VTT. L’angle Terre/Soleil à cette heure nous offre un spectacle inattendu: Les sommets présents derrière la colline qui nous sépare d’eux dessinent des ombres gigantesques et dentelées dans les nuages. Je n’arrive pas à me représenter comment cela est possible mais peut importe, c’est magnifique.

35 minutes après que Michael nous ait déposé, un véhicule passe et s’arrête à la vue de nos pouces levés. Nous n’aurons pas à marcher les 2h de route restantes! Il s’agit de Clark et de sa femme Susa qui travaillent pour la conservation du Parc National de Mont Aspiring. Burt ne parle pas beaucoup, j’essaye donc de maintenir la conversation avec nos chauffeurs en expliquant comment nous nous sommes croisé sur la route la veille et comment nous en sommes venus à faire cette randonnée. Clark et sa femme ne partiront que pour une journée de marche mais connaissent très bien le parcours que nous allons faire. Nous aurons des criques à traverser ainsi que quelques marécages. Ils nous conseillent de garder nos chaussures de randonnée pour traverser les criques (risque de forts courants) afin d’avoir une meilleure adhérence.

Début de notre trek en Nouvelle Zélande

Burt et moi nous séparons de nos chauffeurs et commençons notre randonnée 1h après que Michael nous ait pris en voiture. La première étape sera la plus longue et l’une des plus éprouvantes. Nous n’avons des provisions que pour 3 nuits et 4 jours alors qu’il en faut généralement 5.

Les conditions météorologiques sont idéales au vu de l’équipement que nous possédons pour ces 4 jours. Nous sommes en short et T-shirt avec des chaussures d’été non GoreTex. Burt dispose également d’une tente premier prix afin d’éviter la forte humidité et rosée du matin. C’est limite, mais si l’ont souhaite voyager extrêmement léger, certaines concessions sont à faire.

Le décor est déjà saisissant avec au loin les « Forbes Mountains » enneigé, les criques à traverser qui sont à l’image de leur température d’un bleu glacial, les champs d’herbes jaunes et les marécages bien verts.

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Au milieu du Seigneur des Anneaux et du Hobbit

Me voici en plein milieu des lieux du tournage du Seigneur des Anneaux et du Hobbit! Je ne regrette pas du tout mon choix de dernière minute…excepté lorsqu’il faut traverser les criques. La première arrive très vite, juste 30minutes après le début du sentier. Nous en croiserons cinq au total, les 3 dernières étant longues et profondes. Je me concentre et ai une respiration profonde afin de réduire la douleur ressentie lorsque nous traversons cette eau émanant des glaciers atteignant parfois mi-cuisse.

Je commence à me demander si le sentier passe bel et bien au milieu de la Rees River. Une fois au sec je sors ma carte topographique et regarde autour de moi. Nous sommes censés marcher à droite de ces cours d’eau et non en plein milieu de ceux-ci. Je me concentre donc sur la rive droite. Il y a comme une sorte de coupure sur le flanc de la colline. Nous nous concertons avec Burt et pensons qu’il s’agit surement du véritable sentier. Je suis donc du regard cette ligne et remarque au loin un bâton noir avec à l’extrémité un embout orange fluo 300m devant nous. « Burt regarde, le sentier est là!».

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Nous commençons donc à couper en diagonal à travers un terrain marécageux celui-ci étant spongieux mais au sec. Pour ma part, je marcherai pied nu au travers des hautes herbes pour garder les chaussures sèches et pour éviter que les terribles épis s’accrochent dans le matériau respirant de celles-ci. Une fois que le terrain devient à nouveaux dangereux pieds nus, je remets les chaussures. Le chemin ne se trouve plus qu’à 200m. Nous longeons à présent un petit court d’eau magnifique, zigzagant au milieu des hautes herbes. Le tableau dessiné par la nature m’oblige à sortir mon appareil photo une fois de plus.

En direction de la Hutte

Nous coupons par la forêt pour accéder à la hutte dominant la vallée et éviter au maximum les criques et marécages. Lorsque nous descendons de l’autre côté, nous découvrons un canyon d’une beauté renversante et profond dans lequel l’eau bleue glaciale d’une clarté impressionnante s’y est frayée un chemin. Le sentier descendant la forêt est dangereux, il faut redoubler d’attention. Manque de chance, nous avons tout de même un cours d’eau à traverser. Nommé « 25 mile creek », celui-ci est peu profond et sans courant. Nous méritons bien de prendre une pause après une progression difficile qui nous prit 3h30. Nous en profitons aussi pour « faire sécher » nos chaussures après 1/3 du parcours réalisé avant « Shelter Rock Hut ».

Sur le point de repartir 20 minutes plus tard, voici qu’arrive Michael. Celui-ci à commencer le sentier une heure après nous et il se trouve déjà ici. C’est sûr, nous avons du rater le début du chemin en choisissant la voie difficile. Comme il nous a emmené, nous décidons de l’attendre. Nous lui racontons au sujet de la hutte présente au sommet de la montagne et celui-ci décide d’aller la voir…en tongs (pour traverser les criques, c’est ce qu’il a aux pieds). Une fois Michael de retour et prêt à remettre son sac sur le dos, nous partons lui, Burt et moi.

A travers le Comté

D’abord au milieu d’une prairie, nous rejoindrons un chemin très étroit et piégeur. Il faut mettre les pieds l’un devant l’autre car il n’y a pas la place pour les avoir côte à côte. J’ai même glissé par accident en raison de mon manque d’attention. Après 4h depuis le début du Rees track, le paysage a énormément changé. Nous traversons à présent « La Comté » et les petites collines du village Hobbit que l’on retrouve dan le Seigneur des Anneaux.

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D’abord sec, le terrain se transforme en marécage derrière ces « bosses ». Pour conserver nos pieds aussi secs que possible, nous coupons à travers des buissons épineux. Décidément notre progression n’est pas aisée.

Burt choisi de continuer à travers les buissons pour ne pas avoir à marché dans les 10 cm d’eau du marécage tandis que Michael nous nargue avec ses chaussures GoreTex et ses guêtres en passant droit dedans. Me concernant, je ne réfléchis plus trop. Mes pieds sont mouillés de toute façon autant couper ce marécage pour de bon et marcher sur un sol dur. Nous n’aurons du répit qu’à partir de 13h30 pour notre pause déjeuner. Enfin, nous sommes à la frontière du Parc National du Mont Aspiring dans lequel nous entrons en traversant une superbe passerelle.

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Nous voici à l’ombre, les oiseaux chantent et il y a beaucoup de mousses sur ces arbres tordus et verdoyants. Serions nous en train de traverser une forêt d’elfes ? Peut être. Un panneau nous indique que « Shelter Rock Hut » se trouve à 3-4h de marche tandis que nous venons de traverser Muddy Creek Track. Un nom qui lui correspond parfaitement!

Comme nous devons continuer notre journée jusqu’à « Dart Hut » situé 11km au-delà de « Shelter Rock Hut », je fais signe à Burt que nous devons y aller, en accélérant le pas. Je pense que nous pouvons atteindre « Rock Shelter Hut » en l’espace de 2h et non en 3 ou 4 si nous marchons vite grâce à notre équipement réduit et donc plus léger. Nous faisons signe à Michael que nous partons maintenant qu’il discute avec un autre randonneur.

Le chemin à travers la forêt est frais

Mais également pentu. Nous ne ferons que monter jusqu’à atteindre « Shelter Rock Hut ». Sur les coups de 14h30 après 30minutes de marche rapide depuis notre pause repas, j’entends le bruit des rapides de la Rees River dont l’un des affluents prend sa source au sommet de Mount Head culminant à 2585m, appartenant au Jura Glacier au sein des Forbes Mountains. Nous commençons également à nous rapprocher de la séparation arbre/buisson à laquelle la neige commence à se former durant l’hiver (appelée la « bushline »).

Julient DIOT 7 trek en nouvelle zélande5 km depuis notre pause déjeuner, je me trouve au milieu d’un décor exceptionnel en sortant à nouveau de la forêt. Je regarde la vallée que nous venons de traverser avec à ma droite la cascade prenant sa source au sein du Jura Glacier et derrière moi la chaine de montagne prenant un tournant autour d’une autre chaine de montagne. Le chemin monte toujours et alterne entre espaces couverts et dégagés. Finalement à 16h, j’aperçois le pont signalant la présence de Shelter Rock Hut. Nous n’aurons mis que 1h45 cette fois pour parcourir 9km.

Nous nous accordons une bonne pause avant d’effectuer le dernier tronçon jusqu’à Dart Hut. Néanmoins Burt s’éternise un peu et parle à nouveau avec Michael qui nous a désormais rejoint. Le lieu est sympathique il faut dire, avec une vue imprenable sur le Jura Glacier, les chaînes de montagne et la Rees River passant tout près de nous 20m plus bas.

En direction du campement

Enfin à 16h50, nous repartons pour notre dernière étape de la journée mais aussi la plus dure. De Shelter Rock Hut jusqu’à Rees Saddle, il n’y a que de la montée : 517 m de dénivelé positif sur 6km. Burt sera à bout de force 1h avant le franchissement du col et je devrais faire des pauses toutes les 20 minutes pour l’attendre et le motiver. Nous ne pouvons pas camper entre ces deux huttes après avoir été informé par un Ranger que nous croisons, insistant pour que nous arrivons jusqu’à Dart Hut afin d’utiliser les toilettes et autres services présent sur place.

Nous lui payons 5$ chacun pour camper et je lui demande en même temps combien de temps il nous reste à marcher jusqu’au campement. 45minutes jusqu’au col, 1h30 jusqu’au campement, soit près de 2h15. Le col de la vallée de Rees est vraiment raide mais cela offre un avantage : son franchissement se fera sur une courte distance. Il nous faudra 15 minutes pour le franchir en avançant très lentement.

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Après un crie de victoire et la photo prise, nous analysons la carte : la prochaine passerelle nous indiquera mi-chemin entre le col et la hutte. L’autre bonne nouvelle c’est que nous n’avons plus de montées, les courbes de niveaux et le tracé du sentier nous montrant un itinéraire descendant et même abrupte 500m avant d’arriver à « Dart Hut ». Cela redonne du mental à Burt qui partage avec moi un bout de chocolat.

Nos jambes bien fatiguées doivent encore absorber chaque pas subissant la gravité terrestre. Il y a de nombreux passages techniques mais une demie heure plus tard voici la passerelle. L’excitation monte, nous en voyons la fin après avoir commencé ce matin 11 heures plus tôt! Comme prévu 10 minutes avant d’arriver, le chemin est vraiment abrupte, glissant et dangereux. Nous prenons toutes nos précautions en avançant doucement et patiemment bien que l’envie d’arriver au plus vite se fasse ressentir.

Une fois en bas, la pression redescend et j’attends Burt en faisant tourner mes jambes sur un terrain plat après une si longue descente. Une fois que celui-ci me rejoint, nous marchons en direction de la forêt où nous apercevons les campeurs avec la hutte en arrière-plan.

Nous l’avons fait : 35km en 11h45. Nous sommes éreintés mais je dois encore faire un dernier effort : celui de m’étirer. Mes chaussures sont trempées et l’humidité se fait sentir. Je préfère rester nue pied dans le froid plutôt que dans mes chaussures humides. La bonne nouvelle c’est que ce soir il y a de la place dans la hutte et il n’y a pas de Ranger avant demain après-midi. Nous pouvons donc dormir au chaud dans un lit. Une sorte de second régal après notre dîner Riz et Saumon !

Julient DIOT 9 trek en nouvelle zélandeCascade Saddle : un point de vue inoubliable

C’est une bonne chose que nous ayons pu dormir dans la hutte après notre longue marche la veille. La nuit fut très agréable au chaud et au sec. Le réveille de groupe sonna à 6h30 du matin mais avec Burt, nous resterons dans nos duvets au chaud jusqu’à ce que 8h sonne. Je commence à parler avec les autres randonneurs encore présents et ceux-ci sont surpris lorsque je leur dis que nous avons commencé le sentier la veille alors qu’il faut généralement deux jours pour parvenir jusqu’à Dart Hut.

Après le petit-déjeuner, nous allumons le poêle afin d’aider nos affaires à finir de sécher tandis que le soleil fait son apparition au dessus de la chaine de montagne à 9h40. Sa chaleur dans mon dos m’oblige à sortir dehors pour sentir ses rayons sur mon visage. Voici une très bonne façon de commencer la journée tout en laissant à nos corps le temps de se réveiller et de se réchauffer. Cette hutte est un véritable paradis.

10h s’affiche à ma montre, il est temps de partir pour « Cascade Saddle ». Le relief devrait être assez plat excepté sur la fin d’après ce que nous avons pu voir sur la carte topographique. Deux criques à 30 minutes d’intervalle seront à traverser, mais elles n’ont rien de comparable à ce que nous avions pu connaître la veille, bien que la deuxième soit un peu plus profonde avec un peu plus de courant nécessitant davantage de précautions. Un deuxième passage technique vertical sur 5 mètres se trouve au bord de la rivière un quart d’heure plus tard, mais celui-ci n’a rien d’insurmontable. Même des personnes ayant près de trois fois mon âge y arrivent et méritent mon plus profond respect!

De cours d’eau en cours d’eau

Les prochains cours d’eau que nous traverserons se franchissent en courant-sautant, le relief et le terrain permettant une marche rapide. Le décor n’a rien de comparable à la veille et la chaîne de montagnes sur ma gauche aux pentes très raides m’impressionnent. Sur celles-ci de nombreuses cascades se sont formées sur 200-300 mètres de haut et rejoignent le court d’eau principal provenant du glacier vers lequel nous nous dirigeons, formant le début de la Dart River. La montagne est vraiment un symbole de force de la nature, de rudesse et de métrite dans mon esprit.

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Après 1h30 de marche, nous prenons un break au milieu de ce paysage lunaire gris, noir et blanc profitant d’une petite brise et d’une vue imprenable sur le col que nous devons franchir.

Nous sommes à deux pas du glacier et nous pouvons entendre celui-ci se déplacer, émettant des craquements secs. Burt ne me croit pas lorsque je lui dis qu’il faut que l’on aille en haut. Il y a 300 m de dénivelé positif sur 1km. Je pense que ça en dit long. La principale difficulté concerne le terrain très glissant composé de graviers et de roches plates se dérobant sous nos pas. Après quelques photos prises au pied du glacier, nous commençons notre difficile ascension le long d’un parcours très technique.

Entre les cairns

Les bâtons oranges indiquant le chemin ont laissé place à des petites colonnes de pierres ( les « cairns ») réalisées par les rangers afin d’indiquer le chemin. Il est difficile de suivre les traces au sol comme ce dernier se dérobe facilement sous nos pas, mais ces cairns sont de bons repères en étant assez proches les uns des autres. Je suis obligé de m’arrêter tous les quarts d’heure pour attendre Burt, mais aussi pour soulager mes jambes. C’est un véritable entrainement que nous suivons. Heureusement une heure plus tard, nous sommes presque au sommet du col. Il ne nous reste plus que 40 mètres de dénivelé positif qui s’avalerons en 10 minutes. Néanmoins je fais le choix de continuer encore un peu sur la droite du col pour faire un panoramique saisissant.

C’est seulement une fois en haut que je réalise que de l’autre côté du col. Je me trouve au bord d’un précipice de 300 m de vide. Pour une photo sensationnelle, j’approche la pointe de mon pied droit jusqu’à ce que celui-ci dépasse du bord de la falaise. Heureusement j’ai de bon appui et il n’y a pas de vent. La chute serait fatale. Je suis également heureux de ne pas avoir le vertige mais je ne m’amuse pas trop à fixer le fond de la vallée pour éviter d’y être attiré malgré moi.

La vue valait la peine de l’effort en me laissant bouche bée. Le panorama sur 270°C vous offre de gauche à droite le glacier, le début d’une chaine de montagne sur laquelle je me trouve, une autre chaine de montagne en face, une quatrième au dernier plan où deux vallées se rejoignent et enfin la cascade de 350m sur ma droite se transformant parfois en un nuage avant de retomber avec fracas sur la roche. D’autres randonneurs encore plus téméraires ont même installé leur tente pour l’après-midi à moins d’ un mètre du précipice avec une vue imprenable sur la cascade.

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Mon estomac commence à gargouiller

Cela fait quasiment 4h que nous avons quitté « Dart Hut ». Le temps est passé vraiment vite pendant mon état d’admiration. Il me faut maintenant trouver un endroit où déjeuner avant de m’offrir une sieste. Celle-ci ne durera pas plus de 20 minutes: Burt, rester un peu plus en arrière, me siffle et me fait des signes pour repartir. La descente du col de la cascade (« Cascade Saddle ») s’effectuera en moitié moins de temps en trottinant, mais nous restons très prudents. Le sol est vraiment instable et il ne faut pas prendre le risque de sauter à pied joins sur un même appui.

Nous faisons une petite pause au bord d’un bassin d’eau afin nous rafraîchir les pieds endoloris. Nous retrouvons également cette mousse végétale grise et onctueuse sous nos semelles, mais quelques montées-descentes très courtes restes à faire avant de retrouver le faux plat descendant de la vallée. Deux heures plus tard lorsque cette grande vallée déserte se termine, nous savons qu’il ne nous reste plus qu’une heure avant d’arriver au campement. C’est un soulagement car mes jambes sont vraiment douloureuses et je suppose que celles de Burt le sont également.

Cependant nous devons encore fournir quelques efforts avec les deux criques à traverser pieds nus avant « d’escalader » la cassure au bord de la rivière. Concernant les deux criques, le niveau d’eau semble plus haut car le rocher sur lequel nous avions pris appui avec notre main commence à être englouti. L’autre explication serait que la puissance moyenne (mais continue) du courant l’ait déplacée légèrement en l’espace de 6heures. Je m’amuse à continuer pieds nus comme un Hobbit.

C’est le bon endroit pour le faire puisque je suis au milieu des décors du film et il n’y a pas un seul danger provenant de la flore ou de la faune en Nouvelle-Zélande! Cette marche lente me laisse apprécier le paysage. Maintenant je remarque une séparation brusque entre le monde végétale et la rudesse de la montagne avec une démarcation franche entre le monde vivant vert et celui mort gris-noir et blanc. C’est absolument fantastique de me retrouver là.

Enfin le campement

Il est 17h17 lorsque nous retrouvons notre campement. Burt se met de suite à cuisiner. Quant à moi, j’en profite pour m’étirer. C’est un rituel très important pour donner au corps le moyen de se rétablir dans les meilleures conditions possibles. Après notre diner très basique composé de noodles (nouilles asiatiques) et de thon mais oh combien apprécié, je décide d’aller rencontrer de nouveaux randonneurs présent à l’intérieur de la hutte. A l’intérieur, je retrouve nos amis de la veille qui s’étaient arrêté à « Shelter Rock Hut » la veille. Toutefois la hutte est complète.

Si comme nous vous n’avez rien payé à l’avance, vous pouvez payez les Ranger lorsque vous en croisez un (prévoir du cash ou ils prendront le numéro de votre carte bancaire). Nous dormirons sous la tente comme nous avons choisi la formule la plus économique.

Je me prépare à une nuit fraîche en enfilant mon top thermique, deux t-shirts, mon coupe vent et deux paires de chaussettes. Je placerai également ma couverture de survie pliée en deux sous moi non pas pour me tenir chaud, mais pour éviter la condensation en dessous de mon duvet comme l’eau s’infiltre par capillarité à travers la tente. Puis, je place également mes pieds sur mon sac pour les éloigner au maximum du sol. Je n’ai rien d’autre, il faut que je m’endorme au plus vite pour bénéficier d’un peu de sommeil avant de me réveiller régulièrement durant la nuit en raison du froid.

Le Dart Track : un sentier très accessible

La nuit fut fraîche mais j’ai connu pire. Je me serais réveillé toutes les deux heures entre 2h40 et 8h17 le lendemain matin avant de quitter la tente pour me mettre au chaud dans la hutte. Et je sais que les rayons du soleil passeront au dessus de la montagne d’ici une heure. Je les attends avec impatience. Burt me rejoindra une heure plus tard. Le souvenir de la nuit précédente s’efface dès que la chaleur s’installe.

Nous lèverons le camp un peu après 11h. La marche sera longue, mais vraiment facile. Nous n’avons que 16km jusqu’à « Daileys Flat Hut » sur un parcours traversant forêts et prairies. L’une des prairies se révèlera plus difficile que les autres en raison de la grande distance à marcher sous le Soleil sans pouvoir s’en abriter ainsi que ses nombreux creux à franchir.
A l’inverse les forêts sont fraîches, humides et verte de mousse où seul le son des ruisseaux vient casser le silence qui y règne. Il y a très peu d’oiseaux où d’insectes qui chantent : cela est très relaxant.

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Nous ferons une pause déjeuner 1h30 après notre départ à l’ombre avant de traverser un vaste couloir de roches grises et une plaine en plein soleil.
Cette alternance entre prairies et forêts aura presque durée deux heures, mais nous voici à un endroit idéal pour nous rafraîchir : un petit ruisseau de montagne.

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Je me dis que je ne peux repartir de cet endroit sans m’y être baigné intégralement. J’enfile donc mon short de bain, expire un grand coup et saute intégralement dans cette eau provenant de la fonte des neiges. Autant vous dire qu’elle n’est pas chaude, même mes mains la trouve davantage froide que mes pieds. Je finis par me jeter sous la cascade en ayant plus d’adrénaline à y rester qu’en faisant un saut à l’élastique. Burt fini par se baigner aussi bien que plus hésitant. Le décor est tout simplement splendide. Ce n’est pas tout le monde qui peut s’offrir un tel point de vue par un tel temps. Nous sommes des privilégiés.

Nous ne repartons qu’une fois complètement sec.

Je ne sais pas si cette baignade a amélioré mes capacités auditives. Mais cette fois j’entends cette les oiseaux et les cigales avec leur « xixixixixixi ». Vers 16h, nous nous perdons quelques minutes en cherchant où se trouve le chemin après avoir traversé un lit de cascade technique. Il suffisait simplement de lever les yeux droits devant dès la sortie de la forêt pour apercevoir un énorme triangle orange accroché sur un arbre en face de nous. On ne voudrait pas risquer de réveiller la forêt dans laquelle nous pénétrons maintenant. C’est très relaxant d’avancer sans bruit. Le sentier finit par s’élargir peu à peu faisant disparaître la féérie dans laquelle nous évoluions. Nous comprenons que « Daileys Flat Hut » n’est plus très loin.

En sortant de la forêt, nous entrons dans un nouveau tableau de Dame Nature avec un cadre formé par les feuilles des arbres nous ouvrant sur la prairie. Nous apercevons la hutte sur notre gauche qui se situe à 500 m. Elle aussi se trouve dans un magnifique tableau avec les montagnes à l’arrière plan, la hutte et la forêt au second et finalement la prairie et ses herbes jaunes bordée par la rivière bleue grise venant compléter le premier plan.

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Mon corps est totalement détendu après cette marche reposante en forêt.

Je n’ai pas perdu de mon énergie. Nous sommes d’avis avec Burt que nous devons bénéficier de notre forme physique pour continuer quelques heures de plus jusqu’à Sandy Bluff. Nous repartons à 18h06 après un bon break. Un panneau nous indiquant que Sandy Bluff ne se trouve entre 1h30 et 2h30 de marche.

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Cependant nous savons qu’un éboulement a donné naissance à un lac il y a quelques semaines. Cela obligea les rangers à aménager rapidement un second itinéraire. Le nouveau tracé encore très récent impactera notre allure car il faut suivre les petits rubans roses accrochés aux arbres, le chemin n’étant pas encore bien délimité.

Nous commençons tout d’abord par la forêt pour quelques minutes avant de nous retrouver dans une prairie quelque peu marécageuse.

Nous voyons désormais le nouveau lac et Burt s’arrêtera pour dire « Je crois que c’est l’un des plus beaux paysages que je n’ai jamais vu de toute ma vie ». Lui qui d’habitude ne veut pas de photo m’en réclame enfin une!

Le nouvel itinéraire débute 50minutes après avoir quitter Daileys Flat Hut avec un ruban jaune et un rose barrant le chemin, ce dernier plongeant désormais dans le lac.

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Nous tournons à gauche pour commencer ce qui sera un « jeu d’enfer » pour qui aime les terrains techniques très peu tracés. Nous suivons ces rubans roses accrochés régulièrement tous les 10m. Cela peut sembler près. Mais je suis bien content de les avoir pour ne pas me perdre car il n’y a pas d’autres repères visuels. Il faut lever, baisser et tourner la tête régulièrement pour suivre ce parcours du combattant. Mes appuis sont courts, précis et rapides car le sentier est glissant, fuyant et étroit. Je dois me servir de mes mains à plusieurs reprises pour garder l’équilibre ou pour me mettre en sécurité. Ce nouvel itinéraire retombe à quatre reprises sur le sentier précédent, permettant ainsi de récupérer. Les rangers ont vraiment fait un travail phénoménal et je les en remercie.

Nous apercevons désormais l’éboulement qui s’est produit.

Un flanc de montagne entier a glissé. Nous ne nous attardons pas trop longtemps car il est déjà 20h50 : la nuit sera là dans une heure. Je commence à me demander où est ce que nous pourrons camper avant qu’il ne fasse nuit. Il semblerait que mes interrogations aient trouvées leur réponse 15minutes plus tard lorsque nous sortons enfin de la forêt pour nous retrouver sur une plaine longée par la Dart River. Il était temps. La marche initialement prévue pour 2h30 au maximum nous en aura coutée un peu plus de trois.

Un coup d’œil sur la carte nous révèle que Sandy Bluff doit être sous le lac désormais, puisque nous sommes seulement à 7km du « Chinaman Car Park ». La journée aura été décontractée. Mais nous avons quand même parcourus plus de 25km sans ressentir un effort trop intense, bien qu’un début de fatigue commence à apparaître après 10heures de marche.

Il y a beaucoup de mouches des sables ici, mais nous devrons faire avec. Une fois la tente installée, nous retournons près de la forêt où nous nous ferons moins piquer pour cuisiner. Comme je n’ai pas de pantalon, je prends avec moi mon duvet, mon top thermique et mes gants pour que la seule partie non couverte soit mon visage. Une fois ce délicieux repas pris, nous ne nous éternisons pas et courons nous mettre sous la tente à l’abris du fléau. Nous ferons la vaisselle demain matin, il fait nuit noire désormais.

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Un retour trop rapide à la réalité

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Nous voici réveillés pour ce quatrième et dernier jour. Je suis content d’y être. Je vais bientôt pouvoir manger décemment et me doucher avec de l’eau chaude. Ces terribles mouches des sables nous attendent déjà et il nous faudra 20 minutes avant de trouver la motivation de sortir en courant avec ce dont nous avons besoins pour le petit déjeuner.

A 9h47, le jet boat et ses passagers (une activité touristique du village de Glenorchy) nous confirment que nous ne sommes plus très loin. Nous levons le camp une heure plus tard en marchant à travers les hautes herbes. Pour ma part, je marche pieds nus car mes chaussures me font souffrir. Je devrais toutefois les remettre lorsque nous pénétrons dans la forêt tout en profitant d’un court d’eau pour remplir nos gourdes. A ce sujet, beaucoup de randonneurs ont simplement une tasse et non une gourde comme les criques sont par dizaines et l’eau potable. Je ne dois pas être suffisamment réveillé car je glisserai les deux pieds dans l’eau. Heureusement j’ai des chaussettes fines qui sèchent vite cette fois.

A un moment donné, un petit oiseau se met en travers de la route juste là où nous devons passer. Serait il le gardien de la forêt ou bien tellement habituer aux randonneurs qu’il n’a plus peur d’aller au plus près pour obtenir quelques portions de nourriture ? Nous ne le serons pas, mais parfois cet oiseau semblait nous foncer droit dessus. Je pense qu’il souhaitait nous retarder pour rester davantage dans la forêt car seulement 20minutes après sa rencontre, nous apercevons le parking. « Déjà !? » s’écrit Burt. Nous sommes sur notre faim après n’avoir marché que 1h30. Cependant il ne faut pas oublié que nous avons parcourus de grandes distances le premier et troisième jour. Ces quatre jours auront été magiques et pour continuer l’aventure, nous rentrerons à Glenorchy en auto-stop!

Matériel utilisé pour ce trek en nouvelle zélande

CATÉGORIE NOM DU MODÈLE  MARQUE  POURQUOI AVOIR FAIT LE CHOIX DE CE MODÈLE DE DÉPART ? EST-CE QUE CE CHOIX A RÉPONDU À CETTE EXPÉRIENCE RACONTÉE DANS CE ROADBOOK ? ET SI C’ÉTAIT À REFAIRE ?
CHAUSSURES XA 3D Ultra 2 SALOMON J’étais à la recherche de chaussures de trail running pour leur grande polyvalence et look passe partout Le renfort à l’avant du pied est bien pensé et le mélange de gomme utilisé pour la semelle associé à son design lui donne une accroche impressionnante aussi bien sur les racines humide que les roches. Toutefois elles se sont avérées fuyantes dans l’herbe humide dans la pente et le matériau respirant a tendance à accumuler et laisser traverser les graines des épis de blés. Ces chaussures seraient parfaites si seulement le matériau respirant séchait très rapidement et que les graines de épis de blés ne venaient pas s’y accrocher. J’ai vraiment apprécié l’approche de la semelle et leur légèreté, mais j’opterai pour un matériau au maillage plus serré (modèle haut de gamme GLX)
SAC À DOS 35 LITRES Only One AG SPORTBAGS Je voulais un sac à dos ergonomique prenant en compte mon équipement numérique et facile à organiser C’est à ce jour le meilleur sac à dos que j’ai eu en ma possession. Il s’adapte aisément à tout type de situation, tout est rapidement accessible et bien protégé en plus d’être bien organisé et compact. Ce fut mon seul sac à dos pendant 4 mois de voyage en Nouvelle-Zélande et Tasmanie. Ce sac convient parfaitement en été et pour ceux qui savent voyager ultraléger. Si c’était à refaire, je le reprendrais sans hésiter.Il n’y a pas de sangle abdominale mais il est rare d’en ressentir le besoin.
APPAREIL PHOTO NUMÉRIQUE (APN) Powershot SX 220HS CANON  Tout amoureux de l’outdoor devrait avoir un APN compact à grand zoom comme celui-ci.Aouts : prix, zoom x14, capteur, l’optique, qualité image/vidéo, les réglages. Défauts : autonomie de la batterie, vidéo 30 images par seconde, panoramique assisté.  Cet appareil me satisfait depuis 2 ans (sauf lorsque je dois changer la batterie au mauvais moment). Il est fiable et son traitement d’image conserve les fins détails. Cet appareil se dote même d’un caisson aquatique et d’une communauté active CHDK qui permet de repousser les limites du microprogramme.  Ce modèle sorti en 2011 dispose toujours d’une qualité d’image qui le place au niveau des meilleurs. Le SX700 HS de chez Canon est désormais son remplaçant en 2014. Celui-ci a été élu meilleur choix parmi les APN compact sur le blog Les Numériques.
CAMÉRA D’ACTION Hero 2 HDOutdoor Edition GOPRO  C’est un excellent complément à mon APN qui me permet de filmer en ayant mes deux mains libre.Son défaut : la vidéo aquatique (l’image est floue)  Ce choix a répondu à mon expérience lors des scènes où l’utilisation de ma caméra été risquée et risquée de l’endommager.  La GoPro Hero 3 et bientôt 4 sont de meilleures caméras d’action sous tous les angles. Cette mise à jour gagner en poids, compacité tout en offrant un caisson digne de ce nom pour les scènes aquatiques.
 COUPE-VENT Veste Raid Trail imperméable  QUECHUA J’étais à la recherche d’une grande capuche qui était capable de bien tenir en place et d’un matériau offrant une meilleure évacuation de la chaleur. Le prix est également un facteur clé.  Cette veste n’a pas la qualité de la technologie Gore-Tex mais son prix, ses qualités de coupe vent et son poids en ont fait un bon choix pour les conditions météorologiques clémentes rencontrées. Depuis, j’ai fait l’acquisition d’une veste utilisant la technologie Gore-Tex Pro de la marque Ozark afin de rester au sec lorsqu’il pleut.

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