Le Bhoutan : Trekking au Pays du Dragon

par Expérience Outdoor
Trek au Bhoutan


Au Pays du Dragon

Temple du Bhoutan

Date de notre voyage au Bhoutan:

Du 11 au 30 Septembre 2013

Lieu :

Bhoutan

Participants :

Alex G./ Pauline G.

Nos passions communes : Voyages, treks, randonnées, escalade, dessin et photographie, la nature et l’environnement, profiter de la vie !

Où dormir / où se restaurer / moyens de locomotion au Bhoutan:

Le “package” pour le Bhoutan…c’est-à-dire 210$/jour/personne. Au premier abord, cela peut paraître cher pour un visa touriste. Mais il faut bien réaliser que cette taxe journalière inclus tous les repas, toutes les nuits, tous les moyens de locomotion et tickets pour les visites. Que l’on fasse un trek avec nuit sous tente et portage par mules, un périple en voiture de village en village, nuit chez l’habitant ou à l’hôtel, le prix reste le même.

Ensuite, il faut savoir que 65$/jour /personne de ce que l’on paye est directement utilisé par le gouvernement pour développer des secteurs prioritaires du pays, comme la santé, l’éducation ou encore la protection de l’environnement. Sur place, nous voyons les résultats de nos propres yeux. : de belles écoles neuves et bien équipées, même à 4000 mètres d’altitude, l’accès aux médicaments gratuit, la gestion des forêts, de la faune, de la flore…

Offices du tourisme :

Il faut obligatoirement passer par une agence reconnue par le gouvernement Bhoutanais pour obtenir le visa et un guide pour le tour. Il en existe de plus en plus, mais nous sommes passés par Footloose Bhutan.

Le « Tour Leader » de l’époque, Tashi Tobden, est très sympathique et fit au mieux pour s’adapter à notre demande.

Le « Tour Guide », Tar Tshering Lepacha, a probablement monté sa propre agence depuis ; il fut notre guide pendant le séjour. Guide polyvalent, aussi à son aise en trek que dans un monastère à nous expliquer les fresques, il aime partager sa culture, toujours avec une bonne dose d’humour.

Caractéristiques des étapes de notre Trek au Bhoutan :

Trek « Chomolhari trek » :

–  7-8 jours de marche aux alentours du « Chomolhari », ou « Jomolhari », 7314m

 

Traversée Ouest-Est du Bhoutan, de Paro Valley au Bumthang  :

–  Paro – Thimphu – Punakha – Trongsa

–  Visite des plus beaux temples du pays

–  Découverte de la culture et de l’artisanat bhoutanais

 

Trek « Bumthang Cultural Trek » :

–  Traversée des vallées reculées du pays

–  Nuits chez l’habitant

Liens Internet :

Google Earth – Google Map

Itinéraire de notre trek au Bhoutan:

Itinéraire gue alexandre

Récit du voyage au Bhoutan, au jour le jour

Introduction

Le Bhoutan, petit pays, si mystérieux qu’il ne pouvait qu’éveiller notre curiosité ! Le pays du soi disant « Bonheur Intérieur Brut », allons voir ce qu’il en est…

11/09/2013

Dragon emblème du BhoutanNous y sommes presque ! Notre avion Druk Air vient d’arriver à New Delhi Indira Gandhi International Airport. Nous avons réussi à avoir des places sur le côté gauche… si le temps se dégage, le vol risque d’être grandiose : on longe la chaine de l’Himalaya par le sud, avec au programme les plus hauts sommets du monde ! Mais l’attente à l’aéroport fut longue. Et en Inde, il semble y avoir beaucoup de monde et peu d’organisation. Nos sacs vont-ils suivre ?

Au pire, on sera au Bhoutan pour le constater, ce qui est déjà un bonne chose. Nous embarquons, les vacances commencent.

eau des montagnes de l

<= Eau des montagnes

Notre avion =>

Mont Makalu 8463 m vu depuis le Bhoutan

Le temps ne s’est pas trop dégagé pendant le vol Delhi-Paro et la chaîne de l’Himalaya est restée sous un bon paquet de nuages. Seul l’Everest fut visible, la tête hors de la mer de nuages. Mais isolé de la sorte et vu depuis 10 à 12000 mètres d’altitude, il n’est pas si impressionnant. Par contre, l’arrivée dans la vallée de Paro avec un rayon de soleil fut splendide. Les premières impressions du Bhoutan sont excellentes.

Notre guide Tshering est très sympathique et sa vision de la vie, son rapport à la nature semble être proche de la notre. Nous traversons Paro pour rejoindre l’hôtel : de belles vaches se baladent de partout dans les rues, l’architecture des maisons et des ponts est superbe et il y a des forêts et de la verdure de tous les côtés. Après seulement une demi-heure passé dans ce pays et on ressent déjà la tranquillité de la vie. Notre hôtel, le « Janka Resort », se situe à cinq minutes du ‘centre ville’, au milieu des rizières. Il y a du cannabis sauvage qui pousse un peu partout… un peu comme notre ambroisie. L’entourage des maisons est très fleuri et bien entretenu, ce qui ajoute un peu plus de charme aux lieux.

Dzong de Paro au Bhoutan

Champ de tir à l’arc…au Bhoutan

Nous descendons de l’avion. ;. Les bâtiments de l’aéroport sont tous typiques et très joliment décorés. Après les formalités, visa, bagages, guide et chauffeur, nous prenons la direction de Paro, la ville toute proche. En route, nous longeons la ‘Paro Chu’(la rivière de Paro), passons devant un des plus vieux Dzong (Forteresse pour religieux et administratifs) du Bhoutan. Il date du XVIIème siècle. Le pont qui traverse la rivière devant le dzong est superbe. Deux cent mètres plus loin, nous nous arrêtons pour regarder les locaux en pleine action dans leur jeu favori : le tir à l’arc… Mais où est la cible ???

Elle est 145 mètres plus loin !!!

Nous reprenons la voiture pour la dernière halte qui nous mène à l’hôtel Janka . Petite ballade au coucher du soleil, repas, douche et repos bien mérité.

Les rois du Bhoutan

Et les premiers drapeaux à prières au Bhoutan

12/09/2013 – Takstang Monastery –

Cet improbable temple construit au beau milieu d’une falaise surplombe la vallée 900 mètres plus bas. La légende dit que Padmasambhava, le guru qui introduit le bouddhisme au Bhoutan, atterrit en ces lieux sur le dos d’une tigresse volante. La culture Bhoutanaise est riche de ce type de légendes et Tshering se ait un plaisir de nous les raconter tout au long de la journée. Le soleil était avec nous, les touristes peu nombreux, nous avons pleinement profité de cet environnement. Ce temple est sans aucun doute le plus connu et visité du pays.

Dans le temple, nous retrouvons les couleurs, les odeurs de bougies au beurre de yak, les ambiances si particulières rencontrées au Tibet. Les moines lisent des prières avec leur voix graves, les moulins à prières tournent, la multitude de drapeaux colorés volent au vent. Quel beau pèlerinage avant le trek.

« Taktsang Monastery, bâti en 1692 à 2800 mètres d’altitude. Il brûle partiellement en 1998, en avril, un dimanche après-midi vers 14h00… avant d’être restauré et sécurisé ! »

Dessin du Bhoutan

Le repas était normalement prévu à la ‘cafétéria’ sur le chemin entre Taktsang Monastery et la voiture. Mais étant monté plus rapidement que prévu, nous allons manger à l’hôtel tenu par l’oncle de Tshering à Paro. Le menu est arrangé au goût ‘européen’ c’est-à-dire qu’ils utilisent beaucoup moins de ‘chili’ (piments).

La cuisine est variée, un mix de cuisine asiatique :Temple intérieur au Bhoutan

–          Légumes (haricots/ carottes/ choux fleur)

–          Pommes de terre au gingembre

–          Riz

–          Nouilles sautées

–          Poulet aux oignons (coupé en petits morceaux comme en Chine)

–          Soupe lentilles coriandre

… et super bon !

Après le repas, direction la banque, pour changer ou plutôt retirer des ngultrums… Sauf qu’ici impossible de retirer avec une carte bancaire internationale !

Nous partons donc en direction du dzong (forteresse) de Paro et règlerons les détails de retrait plus tard.

Le dzong est dans la ville, un peu en hauteur et du coup, nous faisons un gros détour pour y parvenir. Eh oui, le nombre de routes au Bhoutan est très limité même si le nombre de kilomètres praticable augmente d’années en années. Le dzong comporte une partie réservé aux religieux, nous en croisons d’ailleurs en train d’apprendre des danses, et une deuxième partie administrative. Retour en ville où nous visitons un petit temple. Nous traversons ensuite ‘la Grand rue ‘ de Paro et entrons dans quelques échoppes en commençant à penser aux souvenirs que l’on pourrait ramener.

A l

Point de départ de notre trekking au Bhoutan

13/09/2013 – Drukgyal Dzong – Shana (2780m) –

Première journée de trek : 5 heures de marche, 17 km le long de Paro Chu, +482 m -194m.

C’est la marche d’approche pour rejoindre la vallée du Chomolhari. On marche entre les rizières de riz rouge, les champs de millet. Les quelques fermes isolées sont toujours aussi jolies et fleuries. Bien que peu épaisse, la couche de nuage est assez basse et masque les sommets qui nous entourent. Mais depuis ce fond cde vallée, les sommets enneigés ne sont de toute façon pas visibles. Il faut encore avancer 1 ou 2 jours et monter pour qu’ils se montrent !Première habitation rencontré lors de randonnée au Bhoutan

Notre muletier, notre cuisinier et son assistant nous ont rejoints en cours de route. Il semblerait que nous ayons 4 bêtes dédiées à notre campement. Mais c’est dur à dire car il y a un autre trek (groupe de … 1 personne) qui emprunte le même itinéraire jusqu’à après- demain et du coup, on se retrouve au milieu de 18 chevaux et mules… une vraie expédition ! Notre tente, une Mountain Hardware 4 saisons/ 3 personnes est spacieuse.

Au lit entre 19h30 et 20h00, nous allons bien dormir. Réveil prévu à 6h30 demain matin. Mais la journée devrait être plus longue et éprouvante que ce premier jour. La végétation est très variée et bien qu’en automne, il y a encore de nombreuses fleurs et de très belles orchidées. Des fougères poussent sur les arbres et rendent la forêt superbe. C’est également la saison des champignons. Les bhoutanais ramassent des girolles et en exportent dans toute l’Asie. Avec les 75 % de forêt qui couvrent le pays, ils ont de quoi faire !

Shana campsite au Bhoutan

Notre équipe durant notre Trek au Bhoutan

Cuisinier : Kinley

Assistant cuisinier : Dorje

Muletier : Tobgey

Guide : Tshering

1er Campement : Shana au Bhoutan

14/09/2013 – Shana – Soi Thangthangkha (3550m) –

Au programme de ce dernier jour, 7h de marche pour 20km, toujours à longer le torrent, +988m -246m de dénivelé.

C’est une journée où il faut rester vigilant à chaque pas : le chemin est composé de boue, de racines et de rochers, propice aux glissades. Et c’est sans compter les paysages du Bhoutan qui ne cessent de nous distraire. La forêt originelle est magnifique. Jamais exploitée par l’homme, elle devait être identique il y as des milliers d’années.

Très variée, elle est composée de pin bleu, mélèzes, cyprès, genévriers, peupliers, chênes verts… Leurs troncs sont parfois recouverts de fougères jusqu’au sommet et un épais tapis de mousse couvre le sol, où de vieux troncs se décomposent. Avec tout çà, difficile de regarder où on met les pieds ! Nous traversons plusieurs fois le torrent sur des ponts de bois, toujours décorés de drapeaux à prières.

Pour se rendre compte de l’âge de cette forêt : des genévriers dont la circonférence du tronc dépasse les 3 mètres entourent notre campement.

Enfin le Chomolhari se découvre ! Visible depuis notre campement, il est impressionnant. Encore un peu loin, nous ne nous faisons pas de soucis car nous passerons la journée de demain à marcher en sa direction , pour y dormir à sa base. Son sommet à plus de 7000 mètres est un dôme plutôt qu’un pic, contrairement à son ‘petit ‘ voisin le Jichu Drakey en forme de pyramide, à 5570 mètres d’altitude.

Jomolhari - 7314 mètres Montagne du Bhoutan

Notre ‘trekking team’ du Bhoutan compte en fait 6 mules !

végétation du Bhoutan

Les 5 ou 6 autres portent pour la deuxième équipe, composée d’une dame qui vient d’Afrique du Sud. Enfin, les 8 autres (qui portaient entre autre des bidons de carburant) allaient en fait ravitailler un camp militaire Indo-Bhoutanais posté à la frontière tibétaine.

Aujourd’hui, nous avons d’ailleurs passé la bifurcation menant jusqu’au Tibet. C’est l’une des rares (voir même la seule) ‘route’ qui mène au Tibet.

Elle est encore très parcourue par les locaux qui font des affaires, pas toujours déclarées avec les voisins.

Tout cela pour conclure que ce soir, nous nous retrouvons à nouveau avec une vingtaine de mules et chevaux au campement !

Soi Thangthangkha campsite au Bhoutan

3ème jour de trek au Bhoutan

3ème jour de trek au Bhoutan

 3ème jour de randonnée au Bhoutan

15/09/2013 – Soi Thangthangkha – Jangothang (4015m) –

Réveil à 6h00 dans la brume matinale. La pluie de la nuit s’est arrêtée. Nous partons vers 8h00 car la journée est plus courte : 5 heures, 19km, +465m -0 mètres de dénivelés.

Le soleil se lève sur la forêt et les couleurs sont magnifiques. Nous passons progressivement les derniers arbres avant de se retrouver dans les hautes vallées où les yaks nous attendent. Les fleurs sont nombreuses, il y a de magnifiques Edelweiss, bien plus hautes et grosses qu’en France, proportionnelles aux montagnes où elles poussent.

Et puis les nuages arrivent et il se met à tomber quelques gouttes lorsqu’on décide de manger. Nous arrivons justement dans un petit village et nous nous arrêtons sous le porche d’un atelier de menuisier. Comme tous les midis, une soupe chaude est au menu, ainsi que du riz, des légumes, de la viande… le tout cuisiné du matin et porté par notre cuisinier en container isothermes.

Menuisier d’altitude…

Refuge au Bhoutan

C’est juste 12h00, la sortie de l’école du village, ils nous regardent avec curiosité, ils nous sourient. Je sors mon appareil photo. Ils sont tout contents et très polis, ils me souhaitent une bonne journée. Je suis admiratif.

Ils n’ont pas grand-chose, et ils sont gentils gratuitement. Les touristes ne leur ont pas encore appris à échanger un sourire contre une barre de chocolat et je ne le ferais pas. J’aurais pourtant aimé les remercier. Je leur souhaite à mon tour une bonne journée et ils repartent avec le sourire, tout comme nous. Je me dis également que s’il est possible d’enseigner l’anglais et la politesse à des enfants à 4000 mètres d’altitude au Bhoutan, il doit être possible de le faire partout !

Les enfants du Bhoutan

La pluie s’est interrompus, nous avons fini de manger et continuons notre chemin. Plus que 30 minutes de marche avant d’arriver au campement….

Et quel campement ! Au pied du de ruines de forteresses couvertes de drapeaux à prières avec vue imprenable sur le Chomolhari, au milieu des yaks ! Ils sont là, à se promener autour des tentes, à brouter tranquillement, à nous regarder avec curiosité, car finalement ici, ce sont nous les bêtes étranges. Ils sont majestueux, puissants et peu farouches. Tshering nous dit que si on en croise sur un sentier pendant les jours à venir, il faut toujours passer en aval, car s’il se sent menacé, il préfère monter.

paysage rencontré durant notre trek au Bhoutan

forteresse de Jangothang au Bhoutan

les montagnes du Bhoutan

Habitation du Bhoutan

16/09/2013 – Journée repos au pied du Chomolhari –

Petit déjeuner devant la tente, au soleil avec vu changent, à cause des nuages, sur le Chomolhari. Nous prenons notre temps, faisons un peu de lessive puis direction le pied de cette fameuse montagne. La vallée est assez encaissée, du coup nous longeons à mi-hauteur entre une multitude de fleurs souvent bleues (et même si ce n’est plus trop la saison) et les yaks. Ce sont peut être les curieux qui sont venus renifler autour de notre tente cette nuit ?

Nous continuons notre chemin pour arriver sur une plaine un peu plus large où les yaks se baignent. Dernière montée sur une moraine, d’où nous espérons pouvoir admirer le Chomolhari de plus près. Grâce aux prières de Tshering, il se découvre un peu même si quelques nuages s’accrochent. Retour au camp pour le repas,,, plutôt inattendu : une pizza Bhoutanaise !

Vu qu’il est seulement 14h00, nous décidons d’aller explorer une autre vallée. Nous passons devant un village (2 maisons !), traversons un petit pont et grimpons en direction du pied du Jichu Drake sur les traces des yaks. Là-haut, il ya une tente de nomades qui vivent à 4300 mètres d’altitude. Notre manque de connaissance de prières ne nous permettra pas de faire découvrir la montagne, nous pourrons seulement admirer son pied et son énorme glacier.

Il est temps de redescendre au camp pour le goûter.

Journée repos au pied du Chomolhari au Bhoutan

Une bonne dizaine de kilomètres, +645m   -645m de dénivelés, le tout entre 4000 et 4300 mètres d’altitude, c’est pas mal pour une journée de ‘repos’, car l’étape du jour c’était : Jangothang, journée d’acclimatation. Je crois que c’est bon, c’est fait !

Cette vallée est très vivante. Entre les yaks, les chevaux, les blue sheeps, les marmottes,,, et les habitants de la vallée, il se passe toujours quelque chose. Les quelques maisons un peu éparpillées sont très jolies, toujours très bien tenues. Bien souvent, elles ont une fontaine devant l’entrée (tirage d’un torrent voisin) que les passants peuvent utiliser. Leurs potagers sont entourés de murets en pierres sèches et d’orties (pour faire fuir les intrus ?). Les combles des toits sont ouverts afin d’y faire sécher le fourrage. Les fenêtres sont toutes petites pour une question d’isolation, car il n’y a pas de vitres, juste des volets en bois. Les toits les plus jolis, les traditionnels, sont faits de tuiles en bois (lattes) maintenues par des pierres. Très peu de clous sont utilisés pour la charpente. Les poutres sont ajustées, emboitées, calées. Ce sont de très bons charpentiers, malgré leur outillage rudimentaire. Ces maisons, qu’elles sont belles !

Les mouflons du Bhoutan

Dessin d

Les mules durant notre trek au Bhoutan

Sentier de trek au Bhoutan

17/09/2013 – Jangothang – Yaksa –

20km, 6h30 de marche et +858m – 1096m de dénivelés, avec au passage, le col le plus haut du trek, le ‘Bhonte La’ à 4890 mètres d’altitude. Pour le moment, c’est également la journée la plus pluvieuse. Depuis 11h00, la pluie ne nous quitte plus. Avec le petit vent frais du col, nous n’avons pas trainé. Sommes cachés par les nuages, les pauses photos sont rares. A la descente, nous nous posons dans une cabane de yak herders pour manger, avant de plonger dans la vallée de Yaksa.

Nous retrouvons la forêt, enveloppée dans le brouillard, un torrent en fond de vallée, une multitude de cascades,,, bref, même avec les pieds mouillés, nous sommes contents d’être là pour admirer le spectacle qui se dévoile sous nos yeux. Lorsque nous arrivons, le campement est en place : notre tente, celle de Tshering et du cuisinier, une tente cuisine, une tente toilette et une tente,,, resto ! Entre deux averses, Pô et moi partons faire un petit tour, découvrir l’entourage. Et là, surprise : sur le chemin boueux, des empreintes d’ours ! De bonne taille, il semblerait que ce soit une mère avec son ourson. Espérons qu’ils ne soient pas trop curieux cette nuit !

Empreinte dAbri de fortune au Bhoutan

18/09/2013 – Yaksa – Thombu (4120m) –

Cette nuit, la pluie s’est arrêtée… pour reprendre de plus belle vers 5h00 ce matin. Nous partons donc sous la pluie. La forêt que nous traversons est très verte, le chemin très boueux, nous apercevons de temps en temps quelques bouts de vallée d’en face, sinon c’est le brouillard. Ca à pourtant l’air vraiment magnifique, nous devons imaginer… ou revenir !

Nous passons le col à 4409 mètres d’altitude vers 11h30. Les mules ne nous ont toujours pas rattrapé et comme le temps n’est pas clément, nous continuons la descente avec en vue la prairie où nous allons camper. Arrivés en bas, trempés, nos tentes n’étant pas montées (ni arrivées) nous entrons dans une cabane de nomade. Le feu est allumé, le fromage pendu sèche dans un coin et la dame nous sort des tapis pour s’asseoir. Elle nous sert le thé bhoutanais (lait de yak + thé noir) qui est vraiment meilleur que le thé tibétain au beurre de yak salé. Plusieurs nomades rentrent eux aussi trempés. Ils viennent se sécher un peu et boire un thé chaud avant de redescendre dans la vallée. Nous mangeons notre repas, partageons quelques sucreries avec la petite fille de la maison puis il est temps de repartir pour quelques minutes et regagner nos tentes.

Vie quotidienne au bhoutan

Une journée complète sous la pluie, sans la moindre accalmie et 11km de parcourus en 4 heures, +800m -541m de dénivelés. Il est 19h30 et il pleut toujours. D’après le yak herder, cela fait trois jours que ça dure dans cette vallée… Mais ces quelques moments passés dans la demeure de ces nomades bhoutanais sauvent notre journée. L’ambiance est chaleureuse, on s’observe mutuellement, on se réchauffe. Ce sont des instants qui n’ont pas de prix. Plus tard, de retour en France, nous aurons de temps en temps une pensée pour ces gens qui vivent avec très peu de biens matériels et d’une façon tellement simple.

Afin de pimenter notre soirée, après les ours d’hier, un tremblement de terre aujourd’hui, de magnitude 6-7 sur l’échelle de Richter (suffisant pour faire des dégâts dans une ville). Mais ici, à plus de 4000 mètres d’altitude, au milieu d’une grande prairie ou broutent des yaks, c’est plutôt une expérience amusante. Il est 20h00, l’heure d’éteindre la frontale, d’écouter la pluie tomber et d’espérer que le temps soit meilleur demain… et les jours à venir aussi !

Plateau de Thombu au Bhoutan

19/09/2013 – Thombu – Shana – Gyepasang – Drukgyal Dzong (2580m) –

Thombu – Shana – Gyepasang – Drukgyal Dzong au Bhoutan

chemin de randonnée au Bhoutan

Champ de culture au Bhoutan

20/09/2013 

Réveil sous le soleil de Paro, mais les hauts sommets himalayens sont encore dans les nuages, Aujourd’hui, direction la capitale, Thimphu, à 55km. Avec ses 125 000 habitants, c’est une petite capitale, mais qui ne cesse de croître, les multiples bâtiments en construction en sont la preuve. Cette ville semble plus sale que Paro, mais toujours pas de mendiants en vue. Toute construction doit respecter un certain standard bhoutanais. Du coup, même les bâtiments récents comme un concessionnaire automobile Toyota aura ses entourages de fenêtres peints à la main. Alors qu’en France, de simples façadiers suffisent, au Bhoutan ce sont des artistes qui sont requis, aves 6 ans d’étude de l’art derrière eux !

Cet après-midi, nous sommes d’ailleurs allés visiter l’école des arts de Thimphu : sculpture, peinture, confection textile, nous entrons dans les salles de classe pendant que les étudiants ‘travaillent’ devant nos yeux, imperturbables. Nous visitons également une petite exposition de la grande diversité des plantes médicinales du Bhoutan, dont le fameux ‘Chinese Caterpillar’, représenté un peu plus tard. Les bhoutanais sont conscients de cette richesse végétale et les espèces sont préservées au sein des 25% du territoire classé en réserve naturelle !

Famille au Bhoutan

chemin d

Principal sujet de discussion du moment : Le tremblement de terre. Et c’est bien normal car ils ne sont pas habitués à de telles secousses (au moins aussi peu que les français). A la poste, une bhoutanaise a eu des mots très juste à ce sujet : ‘ Earthquakes don’t kill people, but buildings do !’ Cette phrase prend tout son sens lorsqu’en trek, sous la tente, me tremblement de terre ne nous fait pas peur, aucune construction humaine susceptible de s’effondrer aux alentours !

Dessin d

The 4 nobles friends: Peinture qui symbolise l

The 4 nobles friends :

Peinture qui symbolise l’harmonie et l’union au sein d’une famille, d’une société et évoque le respect des anciens, la coopération et la générosité

Chinese Caterpillar (Cordycep – Sinensis)

Chinese caterpillar champignon du bhoutan

21/09/2013 – Thimphu – Punakha (1350m) –

3 heures de route avant d’atteindre Punakha, l’ancienne capitale du Bhoutan. Nous perdons 1000 mètres d’altitude et la végétation change ! Nous voyons maintenant des manguiers, bananiers, papayers et toujours des rizières. Première visite de la journée, le Dzong de Punakha, ‘The palace of Great Happiness’. Ce monument, ou plutôt ce site fait parti des plus connus du pays. Cette forteresse est entourée de deux rivières, Fo Chu et Mo Chu. Un barrage hydroélectrique est en cours de construction sur Mo Chu. Le Bhoutan profite des technologies indiennes. En échange, ils leur exportent 75% de leur production électrique ! Le Dzong de Punakha est imposant, très coloré et entouré de jardins. Tshering nous explique les principales étapes du bouddhisme, les grandes idées, la vie des ‘leaders’ spirituels et l’histoire du Bhoutan. Nous visitons ensuite le temple de Drukpa Kuenley, situé sur une colline au milieu des rizières en terrasses. Plus petit que le précédent, nous y croisons surtout de jeunes moines qui récitent continuellement des prières afin de les mémoriser. Demain, nous continuons notre route, un peu plus à l’est, direction Trongsa.

Punakha au Bhoutan

Punakha

 habitation à Punakha au BhoutanPunakha au Bhoutan

22/09/2013 – Punakha – Trongsa (2200m) –

Après le petit déjeuner bruyant, un touriste américain présentait son petit film sur le Bhoutan à ses guides, nous prenons la direction de Trongsa à environ 130 kilomètres, La route est très encombrée car les camions qui transportent les pierres pour la construction de la future usine hydroélectrique empruntent cette route. Et du coup la route étroite et pas spécialement prévue pour ça est dans un état lamentable… Nous respectons donc la limite des 30 km/h. Ce qui nous permet de profiter pleinement du paysage. La végétation est très variée d’autant plus que nous partons de 1350 mètres d’altitude pour arriver à 2200m en passant par un col à 3400 mètres. Partout des maisons éparpillées dans la montagne avec alentour un jardin cultivé, ce qui donne des taches de couleurs plus vives dans le paysage.

Vers 11h15, nous nous arrêtons pour le déjeuner. Le restaurant est paré de ses plus beaux ornements car vers 13h00, le roi de retour d’une visite doit s’arrêter prendre le repas. Nous reprenons la route, nous arrêtons pour admirer le Dzong de Trongsa depuis la vallée en face, lorsque le roi et toute son escorte passe. Les officiers nous demandent de ranger les appareils photos et le convoi passe. Tshering a vu que le roi dormait… qu’un de ses amis était dans une des voitures, il connait toujours quelqu’un quelque part !

Nous arrivons enfin à Trongsa, posons nos affaires à l’hôtel et partons visiter le Dzong et le musée.

Peinture du Bhoutan

Une route à travers la forêt, d’abord subtropicale, puis continentale à montagnarde. Les arbres sont immenses. Certains servent de supports pour d’autres plantes et parasites, des fougères, des orchidées… La canopée est bien développée et singes et oiseaux peuvent y trouver refuge. Plus de 80% du territoire est couvert de forêts de tout type et le gouvernement bhoutanais compte bien la préserver. La protection de l’environnement est l’une de ses priorités, tout comme l’éducation, l’énergie et le tourisme. Par contre, il semble clair que les transports passent en second lieu. L’entretien des routes, bien souvent délabrées, est confié à des immigrés népalais et indiens, très mal équipés (claquettes au pied et balais en paille), non formés et qui vivent provisoirement au bord de la route, dans des abris de fortune. Lors de glissement de terrain, ils dégagent la route pierre après pierre, pelletée après pelletée, à la main. Mais le roi empruntant les mêmes routes que nous, ne restera pas sans rien faire tant le danger est réel.

23/09/2013 – Trongsa – Bumthang (2500m) –

Nous arrivons donc dans la région du Bumthang, composée de quatre vallées. Nous dormirons dans la seconde, dans le village de Jakar. Pour cause d’incendies successifs (3 en 7 mois), le village est en cours de reconstruction. Cette région est également al plus sacrée du pays puisqu’elle fut visitée par Guru Rimpoché (le second bouddha) qui introduisit le bouddhisme au Tibet et au Bhoutan au VIIIème siècle. Après avoir passé un col à 350 mètres d’altitude, l’arrivée dans le Bumthang est remarquable : le ciel se dégage, les montagnes moins abruptes sont couvertes de pins et sapins, les villages sont plus ‘aérés’, des jardins cultivés autour de maisons dispersées. C’est un peu la Suisse du Bhoutan. Et puis aujourd’hui, c’est jour férié et les gens se retrouvent dehors à jouer au ‘Kur ‘ (jeu de fléchettes), à tirer à l’arc, à mange, à danser. L’ambiance est festive un peu partout, et même les moines viennent en spectateurs. Nous visitons deux dzong dont celui de Jakar : ‘The castle of the white bird’.

A propos des moines…

A propos des moines…du Bhoutan

Jeune Moine du bhoutan

L’idée que nous en avons : une vie dure, faite de restrictions et privations ; des personnes humbles, respectueuses, calmes et cultivées. Après plusieurs temples et régions visitées, l’impression qu’ils nous donnent : leur vie n’est pas si dure, puisqu’ils ont souvent un téléphone portable, une voiture et à peu près tout ce dont ils ont besoin, ils participent également aux jeux (tir à l’arc, kur…). Ils semblent froids, ne nous sourient pas. Il arrive même que lorsque Tshering Moine du bhoutannous commente des peintures murales de temple, ils arrivent bruyamment, parlant fort et faisant du bruit, obligeant note guide à interrompre ses explications. Pauline à demandé à Tshering s’il avait des membres de sa famille qui étaient moines. Il lui répondit que non, que au fil du temps, les moines n’étaient pas toujours de bonnes personnes, plutôt hautains de part leur statut, prenant les gens de haut. Finalement, les personnes les moins aimables du Bhoutan, ce sont les moines. Mais leurs tenues rouges, oranges, jaunes sur fond de mur blanc des temples, cela fera toujours de jolies photos !

la vie des Moines du bhoutan

Inscription sur pierre au bhoutan

24/09/2013 – Bumthang –

Aujourd’hui c’est découverte un peu plus détaillée des monastères du Bumthang. C’est la région du Bhoutan où il y a le plus d’édifices religieux (environ 290). Du coup, nous avons appris (compris) après de nombreuses explications quelques bases du bouddhisme :

–          Premier bouddha = Shakyamuni (environ Vème siècle)

–          Deuxième bouddha = Padmasambava qui est aussi appelé Guru Rimpotché (VIIème siècle)

Premier monastère visité, très ancien datant du VIIème siècle, très vivant car beaucoup de gens viennent y prier : Jambay Lhakhang. Il fut construit contre les esprits malins qui voulaient empêcher l’expansion du bouddhisme et est dédié au bouddha du futur : Jampa, qui doit revenir sur terre lorsque les trois marches du temple symbolisant le passé-présent et futur s’enfonceront dans le sol.

Deuxième monastère visité, Kurjey Lhakhang, là où Guru Rimpotché médita et laissa son empreinte dans la pierre. Nous sommes invités par Lama Kinley, un ami de notre guide, à partager un thé bhoutanais. Ce lama gère tous les temples du Bumthang et de Trongsa au niveau financier.

Après el repas, nous partons voir le ‘Flaming Lake’ qui est en fait une gorge très étroite et assez profonde. La légende raconte qu’une personne du coin (Saint Pema Lingpa) avait des visions en rêve : des anges lui demandaient d’aller à cet endroit précis pour trouver le trésor, des manuscrits de Guru Rimpotché. Un jour, il est donc allé à cet endroit et a ramené les manuscrits au village. Le problème c’est qu’il ne pouvait les déchiffrer. Il fait un autre rêve pendant lequel les anges lui apprennent à déchiffrer les manuscrits. Cependant les villageois restent sceptiques vis-à-vis de leur confrère et décident de lui lancer un défit. Ils demandent à ce dernier de plonger dans les gorges avec un luminion et de ressortir avec ce luminion toujours allumé. Sans aucunes craintes alors que la majorité des bhoutanais a peur de l’eau, il plonge. Demi-heure plus tard… Il ressort avec le luminion allumé ! C’est donc un Guru !

Un bar au Bhoutan…

Bar au Bhoutan

Il est 15h00 à Jakar, il pleut. Tshering nous paye une bière, pour faire passer le temps. Nous entrons dans un bar, nous sommes les seuls clients. Tables basses et divans confortables, ce bar doit aussi faire restaurant. La salle est assez sombre puisque tous les rideaux sont fermés. Les poutres du plafond sont peintes, à la mode bhoutanaise. Nous nous asseyons dans un coin ; la télé est allumée à l’autre bout de la salle. La tenante du bar monte un peu le son : c’est ‘ bhutanese Idol’, saison 3 ! Tout en donnant à manger à son fils, elle regarde avec un grand intérêt. Elle nous dit qu’elle-même a participé à la saison 2, elle était dans les 10 dernières. Un candidat commence à chanter, notre chauffeur se lève, s’approche de l’écran et reconnait l’un de ces amis de Paro ! Le Bhoutan est petit ! Tshering commande une deuxième bière (toujours par bouteille de 650ml, il n’y a pas le choix). On l’accompagne, mais c’est bien pour ne pas le vexer, car de la bière pas assez fraiche en milieu d’après-midi, ce n’est pas notre truc ! Une heure trente plus tard, on ressort, sous la pluie. L’expérience fut intéressante, mais à faire une fois , pour voir, par jour de mauvais temps.

Red panda biere du BhoutanDruk 11000 biere du Bhoutan

La maison qui nous accueillera pour la nuit :

La maison qui nous accueillera pour une nuit au bhoutan

25/09/2013 – Bumthang – Ngang Lhakhang (2800m) –

Départ… sous la pluie… pour notre deuxième ‘trek’. Nous marchons 11km en 2h, +288m   -164m de dénivelés avant d’atteindre notre village ‘hôte’. Pas de tente, de mules et de cuisiniers cette fois ci, nous dormons chez l’habitant. Et enfin, nous avons la chance de vivre avec une famille Bhoutanaise. La maison est très ancienne de style traditionnel, avec le minimum requis pour le confort de la famille et des hôtes. Trois enfants vivent dans cette maison ; ils nous accueillent de façon timide, mais se sentent très vite à l’aise à nos côtés. Ils passeront l’après-midi avec nous, à jouer, dessiner… L’homme qui nous accueille vit dans la maison avec les grands-parents, son fils et deux nièces dont les parents se sont exilés aux Etats-Unis. Il nous sert le diner, qu’il a lui-même cuisiné avec les légumes du jardin, au centre de la grande pièce à vivre, où nous sommes assis par terre. Nous sommes en immersion totale et nous apprécions ! Le fils à 5 ans et s’appelle Jigme Wangyal. Les deux nièces, de 5 et 11 ans, s’appellent Yangchen Tshering Yuden et Yangchen Tshigyel Yuden.

Les enfants de la Famille dFamille d

trekking au Bhoutan

26/09/2013 – Ngang Lhakhang – Ugyencholing (2850m) –

Dernière journée de marche au Bhoutan et elle débute sous le soleil ! Malgré quelques averses, le temps restera plutôt beau, ce qui n’est pas pour nous déplaire car la journée est plutôt longue : 7 heures de marche, 20km, +990m -880m de dénivelés, le tout en forêt de genévriers, rhododendrons, bambou… Les baies et champignons sont abondants et il se peut que quelques ours rôdent dans les parages : pas d’empreintes mais des bouses pleines de graines ! Il y a également des pandas roux qui se nourrissent de bambous ! Nous ne les avons pas vus ; par contre, une empreinte fraîche semblait leur appartenir.

Nous arrivons dans la vallée, c’est la sortie de l’école. Nous marchons un bon quart d’heure en compagnie des enfants qui rentrent chez eux. Ils n’osent pas trop nous parler, mais nous suivent en nous observant et en chuchotant. Le col que nous avons franchi (Phele La : 3465m) se charge de nuages. Mais les gouttes ne nous mouilleront plus : nous sommes arrivés ! La maison d’hôte est accolée à un temple qui domine la vallée de Tang. Ambiance refuge de montagne avec les poêles à bois du Bumthang dans les chambres et les couleurs traditionnelles Bhoutanaises.

Pont suspendu au Bhoutan

27/09/2013 – Ugyencholing – Trongsa (2200m) –

Une centaine de mètres de dénivelé à descendre, 2km et c’est la fin de la ballade dans le Bumthang, Aujourd’hui, le soleil ne nous quittera pas. Et durant les cinq heures de route qui nous séparent de Trongsa, nous découvrons les quatre vallées du Bumthang sous une autre lumière. Il était initialement, prévu de passer une nuit de plus dans la région avant de rejoindre Gangtey. Mais Tshering et Tashi (le tour leader) s’adaptent à nos demandes, et notre but était de rejoindre la vallée de Phobjikha (réputée comme l’une des plus belles du pays) et Gangtey au plus tôt, afin d’en profiter un peu.

On devrait donc y être demain matin au lieu de demain soir ! Arrivé à Trongsa vers 14h00, nous retrouvons notre hôtel préféré, le Yangkhil Hotel. Puis nous partons en ‘ville’ de la taille d’un village, pour l’après-midi. Les gens sont gentils et souriants, comme si cela leur faisait plaisir que nous visitions leur pays. Des plus âgés aux plus jeunes, ils répondent à nos ‘Hello’ ou ‘Kuzu Zangpo’, par quelques mots, un hochement de la tête et un large sourire. On ressent alors ce phénomène de National Growth of Happiness, de Bonheur Intérieur Brut.

Paysage du bhoutan

28/09/2013 – Trongsa – Gangtey – Phobjikha Valley (3000m) –

Nous avons failli rester un peu plus longtemps que prévu à Trongsa car le chauffeur avait enfermé les clefs dans la voiture…

Mais tout se passe finalement comme prévu et nous partons vers 9h00. Nous reprenons la même route qu’aller, mais cette fois ci sous le soleil, jusqu’au Pellela Pass, au bord de la Black Mountain. Nous visitons le dzong de Gangtey qui est en cours de rénovation. Les nouvelles peintures sont d’une grande finesse, un travail de fourmis qui est encore loin d’être terminé !

Nous descendons ensuite dans la vallée, assez large et de plus en plus habitée et cultivée grâce à la ‘Farm Road’ qui a été construite. Auparavant cette vallée était seulement habitée l’été construite. Auparavant cette vallée était seulement habitée l’été par des nomades et leur troupeau. L’hiver (de mi-octobre à mi-février) des grues à têtes noires (black necked cranes) migrent dans cette vallée pour ensuite retourner au Tibet. Nous faisons un tour dans les hameaux autour de l’hôtel, les gens sont en train de rentrer le fourrage, quelques écoliers font classe dans l’herbe et toujours des gens souriants, des enfants qui font coucou et nous disent ‘Bye’ avec un signe de la main. Pourvu que ça dure…

Portrait d

Portrait du Bhoutan

Magnifique temple du Bhoutan

29/09/2013 – Gangtey – Paro (2250m) –

Dernier jour au Bhoutan, longue journée en voiture, mais sous le soleil ! Nous redécouvrons, le paysage, les vallées, les forêts… Les 7000 enneigés sont toujours cachés derrière un rideau de nuages. Passage à Thimphu puis Paro pour faire quelques achats. Les gens, toujours aussi gentils, discutent volontiers, nous offre un bonbon, nous sourient. Nous ne sommes maintenant plus les ‘seuls’ touristes, la première ‘vague’ de la haute saison est arrivée. Nous réalisons alors le privilège que nous avions d’avoir el Bhoutan pour nous. Sur la route entre Thimphu et Paro, nous avions prévu de retrouver Tashi, le tour leader et responsable de l’agence Footloose Bhutan, pour faire un petit bilan de notre tour : bilan excellent ! Il a pour nous un cadeau : des tissus du Bumthang, sa région natale. C’est une façon pour lui de nous remercier d’avoir choisi de lui faire confiance et de fidéliser sa clientèle. C’est une petite attention qui résume à elle seule l’amabilité Bhoutanaise.

Et on remet ça le soir, puisque l’hôtel Janka Resort à Paro nous offre une bouteille de vin, que nous partagerons dans notre chambre avec les deux Tshering (le guide et le chauffeur). Il est 22h45, les sacs sont faits, les réveils réglés à 5h15. Demain, jour de départ, avec les sentiments partagés : l’envie de rentrer en France pour faire découvrir ce pays à nos proches, retrouver notre maison… et l’envie de repartir en trek, pour 5, 10 ou 15 jours ! Nous n’avons pas vraiment le choix, et ce prochain trek nous attendra, encore quelques années.

 Dernier jour au bhoutan

30/09/2013 – Paro – New Delhi – Vienne – Lyon!  On the way back home…

Le réveil sonne à 5h15, mais il fait déjà jour. Malgré quelques nuages bas, il semblerait que la météo soit de notre côté pour profiter pleinement du vol Paro – New Delhi. Il suffit de quelques minutes après le décollage pour que les sommets du monde apparaissent. Des noms qui font rêver : Chomolhari, Kachenjunga, Everest, Makalu, Cho Oyu, Annapurnas, Kaïlash…

Pendant près de 2000km, c’est une succession de montagnes, glaciers, pics, sommets de toute forme qui défilent sous nos yeux. Nos voisins d’avion, un couple d’australiens, nous demandent si c’est possible qu’on leur envoie quelques photos prisent pendant le vol, au moins celle du Mont Everest, car ce n’est pas tous les jours qu’on voit le toit du monde.

Mont Everest durant notre vol en quittant le Bhoutan

Nous arrivons finalement en Inde et quittons les derniers bhoutanais, le staff Druk Air et leur sourire pour retrouver la froideur indienne au comptoir des transits internationaux. Nous devons y obtenir nos cartes d’embarquement pour pouvoir passer les quelques 12h00 d’attente en espace Duty Free. Après une première approche, j’obtiens une réponse assez vague : il faut attendre. 45 minutes plus tard, je reviens à la charge pour obtenir une réponse qui est loin de nous satisfaire : il faut attendre sept heures dans la zone de transit… où il n’y a rien à part une cinquantaine de sièges.

Je reste donc planté devant le comptoir un bon quart d’heure jusqu’à ce que mon interlocuteur daigne appeler le comptoir d’Austrian Air, notre compagnie, pour envisager un ‘early checking’. Résultat, le temps d’attente dans cette salle glauque passe de sept heures… à trente minutes ! Nous poursuivons donc notre attente dans la partie agréable de l’aéroport, avec les restaurants, les cafés, les magasins et les zones de détente. Et comme d’habitude, ce ne sera qu’une fois les bagages récupérés que nous pourrons dire que le voyage s’est bien passé. Pour le moment nous ne savons pas où ils attendent.

Un point négatif du Bhoutan, car il faut bien être honnête !

La majorité des bhoutanais n’a pas conscience qu’un papier de bonbon jeté par terre mettra des années à se décomposer. Résultat : les zones habitées sont sales, les bords des routes parsemées de papiers et déchets en plastique. Heureusement que le Bhoutan n’utilise pas de sacs plastiques, sinon la conséquence aurait été déplorable. La prise de conscience est progressive, les poubelles se multiplient, les guides de trek organisent des campagnes de nettoyage. Non seulement il faut éduquer les bhoutanais à ne plus jeter, mais il faut leur apprendre à nettoyer.

Ce n’est qu’une saleté visuelle : pas de mauvaises odeurs ou de rivières polluées. Pas non plus de problème d’hygiène au niveau de la nourriture. Mais il ne faudrait pas que cette pollution, pour le moment visuelle, empire. Cela n’en est pas à un point de nous gâcher une visite, la beauté des sites étant tellement remarquables. Mais on se dit de temps en temps ‘dommage, pourvu que ça évolue dans le bon sens…’ Il n’y a pas si longtemps que ça, la majorité de leurs déchets (sinon tous) était biodégradables.

Mais l’ouverture à l’importation de produits manufacturés a été assez soudaine et à l’époque, personne n’a demandé aux bhoutanais de changer leurs habitudes. Éplucher une pomme et jeter la peau, ou manger des chips et jeter le papier, en quoi est-ce différent ? Ils commencent à le voir mais une partie du mal est déjà fait. Un grand nettoyage du pays serait le bienvenu. Point positif : le Bhoutan en a les moyens ; reste à trouver des solutions efficaces.

En conclusion de notre Trek au Bhoutan

Il y a des personnes qui nous diront : «  pourquoi aller si loin alors que vous ne connaissez même pas l’Europe, même pas la France ! » C’est bien là tout l’intérêt : il y a de fortes chances que plus on s’éloigne de ce qu’on connait, plus la découverte est grande. Durant ces trois semaines au Bhoutan, outre les bhoutanais, nous avons croisé la route de népalais, indiens, coréens, japonais, chinois, américains, australiens, sud-africains… Nous avons traversé d’immenses forêts, passé des cols de l’altitude du Mont Blanc, vu des sommets bien plus hauts encore, dormi au milieu de troupeau de yaks, visité des monastères bouddhistes de plus de 1400 ans, bu le thé avec des nomades himalayens.

Finalement, c’est une fois ‘libéré’ de nos habitudes et notre quotidien qu’on se sent plus ‘vivant’. Ces deux ou trois semaines de plaisir par an nous sont nécessaires à nous déconnecter de ‘notre monde’. Alors oui, il est vrai qu’il y a certaines régions de France qu’on ne connait pas et qu’on ne connaitra peut être jamais. Mais on connait un peu plus le monde ; c’est un choix. L’engagement initial est peut être plus important lorsqu’on part à des milliers de kilomètres de ses repaires, mais en ce qui nous concerne, il en est de même pour les bénéfices d’un tel voyage : ils sont plus nombreux, plus enrichissants. Pour ces trois semaines au Bhoutan, nous avons dépensé, ou plutôt investi 8000€.

Nous ramenons dans nos bagages quelques cadeaux, des objets « Made in Bhutan », quelques photos, mais surtout des souvenirs plein la tête. Voyager, c’est ‘acheter’ des souvenirs qui n’ont pas de prix. Alors à tous ceux qui lisent ces lignes et qui ont quelques économies qui dorment sur un compte : investissez dans les souvenirs, c’est une valeur sûre

Le pays du dragon nous a conquis. Les paysages, la culture, la gentillesse des gens et l’authenticité, tout y est. L’esprit d’aventure a peut être été limité par le fait que Tshering nous guida dans son pays, le programme sous les yeux. Qu’à cela ne tienne, on verra l’année prochaine pour remédier à cela ; ce ne sont pas les idées qui manquent !

Matériel utilisé durant le Trek au Bhoutan

Catégorie Modèle Marque Pourquoi ce choix Le produit a-t-il répondu aux attentes Et si c’était à refaire
sac à dos Pauline Talon 33 Osprey Confort de portage pour charge inférieur à 10Kg Rapport Légèreté à vide (950g) et confort de portage Acheter une housse de pluie, pas incluse au sac
sac à dos Alex Exos 46 Osprey Confort de portage charge 15kg – légèreté à vide Rapport Légèreté à vide (1218g) et confort de portage Point à améliorer : armature dorsale un peu longue
paire de bâtons Pauline Makalu Leki Rapport qualité prix Ils sont solides et n’ont pas coûté très cher. La pointe en carbure de tungstène est très peu usée après 5 ans d’utilisation. Trop encombrants (66cm) et lourd (536g) la paire) hors utilisation
paire de bâtons Alex Z-Pole Black Diamond Poids (360g la paire) et faible encombrement (40cm) Pas de problème, j’ai pu les ranger dans le sac pendant les transports (avion – bus…) Tant qu’ils ne cassent pas, rien à redire sur ces bâtons!
tente + footprint Trango 2 Mountain Hardwear Matériel mis à disposition par le guide Très spacieuse.Bien étanche Peut-être un peu lourde, mais ce sont les mules qui portaient…
sac de couchage – Pauline
& Alex
Bloody Mary
Swing 700
Valandré Rapport poids (1075g – 1170g) / perf. intéressant
Possibilité de coupler ces deux sac Valandré
Rien à dire – mis à part qu’il y a toujours quelques plumes qui s’échappent… Y-a-t-il des sacs de couchage qui ne perdent pas de plumes?
sac de compression sac de compressiontaille S Sea-to-Summit Légèreté (69g) – déperlance du tissu Utilisation aisée
Usure au niveau du passage du cordon
Pas trouvé de produit plus léger et aussi efficace.
tapis de sol – Pauline
& Alex
Neo-air small jaune
Neo-air regular vert
Therm-a-rest Rapport poids / confort et encombrement intéressant Très confortable
Un peu bruyant. Qualité à revoir : deux matelas = deux fuites !
Aa voir si la garantie fonctionne. Sinon, je ne choisis plus Thermarest.
poches à eau – Pauline & Alex Widepac 2L Source Grande ouverture pour séchage/nettoyage
Robinet et bouchon
Très bon produit. Toujours satisfaits après 4 ans d’utilisation Conseil : en utilisation, toujours garder le tuyau plein d’eau -> limite la formation de bactéries.
frontale Pauline e+LITE Petzl Légèreté (46g) Grande autonomie et suffisante pour utiliser le soir, sous la tente. Très bonne lampe de bivouak. Un peu limite pour la rando nocturne.
frontale Alex NAO Petzl Légèreté (65g) et puissance ajustable Elle est puissante (rando nocturne possible) à batterie rechargeable sur port USB.
Plusieurs programmes d’éclairage possibles
Petits bugs :elle clignote de temps en temps il faut parfois débrancher la batterie pour l’éteindre…
boitier K10D Pentax Boîtier tropicalisé
Très bien noté sur tous les sites
Il a 4 ans de voyages, et aucun soucis malgré la poussière, l’humidité, les chocs… Le boitier Pentax K-5, mais seulement lorsque le mien aura rendu l’âme!
carte SD Extreme Pro – 16Gb SanDisk Capacité
Rapidité de transfert (95MB/s)
Remplace 3 cartes de 4Gb. C’est finalement plus simple d’en avoir qu’une. Rien à dire, c’est ce qu’il faut pour un voyage de 3 semaines.
trepied rando UltraPod II Pedco Poids (115g) et compacité (20cm) Pratique – petit et léger ; je le prends tout le temps. Rien de mieux pour la rando. Si c’est trop lourd ou encombrant, j’hésiterais à le prendre.
téléobjectif 200mm – f2,8 Pentax Focale fixe à grande ouverture – piqué excellent Lourd (939g) – cher (autour de 800€)…mais qualité d’image exceptionnelle! La qualité se paye en terme de poids et prix, c’est un choix que j’ai fait.
objectif polyvalent 17-70mm – f4 Pentax Objectif polyvalent – ouverture intéressante Complémentaire du 200mm. Grand angle intéressant pour les paysages. Idéal pour la photographie de paysage.
appareil compact Powershort 220HS Canon Rapport qualité / prix intéressant
Compacité et poids (151g)
Qualité suffisante pour faire des tirages A4 de très bonne qualité.
Compact => toujours dans la poche!
A cause des frottements, la peinture se décolle du boîtier. Mais on ne l’a pas choisi pour son look!
chaussures rando – Pauline
& Alex
Tibet Pro
Baffin Pro
Lowa Confort – robustesse – pare-pierres large à l’avant
Adaptées au trek avec portage
Pas d’ampoules – bonne évacuation de la transpiration et grande résistance, le pare-pierre avant limite bien l’usure. Rien à signaler.
Entretien plus facile sur Tibet Pro (Gore-Tex)
chaussures autre Fore Runner Patagonia Chaussures très légères (527g la paire) Après une journée de marche, c’est l’idéal! Rien à signaler.
veste Gore-Tex – Pauline
& Alex
LD Aerial Trail Jkt
Aerial Flex Jkt
Millet membrane Gore-Tex paclite ultralégère (305g – 486g) Fonction remplie : assez respirante, assez imperméable, bien conçue (ouvertures sous les bras très utiles en trek). Rien à dire, mais il faut la laver avec un produit Gore-Tex pour les réimperméabiliser.
paires de chaussettes rando La Double Thyo limite les ampoules Pas d’ampoules – par contre, elles mettent plus de temps à sécher du fait qu’elles soient doubles. C’est bien d’en avoir une paire en cas d’ampoule. Sinon, il vaut mieux des simples qui sèchent vite.
Tee-shirt (manches courtes / longues)
Pauline & Alex
Merino wool Quechua Pas de problème d’odeurs du polyester
Prix intéressant
Points négatifs : un peu fragile, séchage plus long que polyester. Mais sinon, que du positif! J’en ai troué deux. Mais vu le prix c’est pas bien grave et ils remplissent toujours leur fonction.
micro-polaires – Pauline
& Alex
ILLY
RONDOY
Eider Confortable à porter
Windstopper
Un peu lourde (>300g), mais si confortable.
Résistant à l’abrasion
Rien à signaler.
doudoune – Pauline & Alex Microlight Vest Rab Très compact une fois replié dans sa poche
Poids (200 – 250g)
Encombrement et poids faible => on la prend même si on ne l’en sert pas.
Et lorsqu’on en a besoin, c’est le top!
Rien à signaler.
pantalon – Pauline
& Alex
Karla Trousers
Iceland Trousers
Fjall-Raven Ultra-robuste – tissu G1000
Confortable à porter
Possibilité de l’imperméabiliser par enduction de wax
Aussi confortable assis dans un avion que sur un rocher, à marcher en ville ou en forêt, au soleil ou sous la pluie… On est pas près de le changer. Pas fait pour la randonnée ultra-légère ou conditions très chaudes. Sinon, on le prend toujours.
sur-pantalons – Pauline Surpantalon MP+ Vertical membrane imper-respirante légère Usure entre les chaussures mais fonction parfaitement remplie. Facile à enfiler. Produit pas trop cher par rapport à des sur-pantalons Goxe-Tex.
Design assez simpliste – manque de poches.
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