Randonnée à Majorque en Espagne avec la Traversé de la Serra de la Tramuntana

par Expérience Outdoor
Randonnée à Majorque

Thierry CALLEWAERT nous partage son séjour Randonnée à Majorque avec la Traversé de la Serra de la Tramuntana sur le GR 221- Ruta de piedra en seco

Vue depuis la Trapa lors de notre randonnée à Majorque

Informations générales sur notre Randonnée à Majorque

Date

9 jours du 21/04/2014 au 29/04/2014.

Le printemps est une période privilégiée pour qui aime randonner en pleine nature. La masse touristique n’est pas encore là, et la chaleur étouffante de l’été sur les îles est encore loin. Pour autant les journées déjà longues permettent de profiter largement d’un relief varié.

Lieu

Espagne, Majorque, Serra de la Tramuntana (GR221)

La Serra de Tramuntana est le principal massif montagneux, situé au nord ouest de l’île.

L’accès au départ de l’itinéraire (Port d’Antratx) se fait facilement depuis la gare de bus de la capitale Palma. Possibilités de randonner sur différents secteurs sans être obligés d’effectuer l’intégralité de la randonnée.

Participants

Diana est colombienne et poursuit des études à Rotterdam. C’est pour elle une première expérience sac sur le dos !

Thierry est enseignant en sciences physiques et profite de son temps libre pour voyager. Passionné par les rencontres et par la nature, il alterne ses départs pour des destinations qui le conduisent plus volontiers vers les autres ou au contraire dans des lieux isolés.

Où dormir à Majorque

A Palma : vous n’aurez que l’embarras du choix dans un des nombreux hôtels de la ville, ou encore dans une chambre chez l’habitant. Nous avons choisi de faire du couchsurfing dans le but, avouons le, de réduire un peu les dépenses, mais aussi pour avoir la possibilité de rencontrer des locaux.

Pendant la randonnée : Nous avons bivouaqué chaque soir, en cherchant le petit coin de paradis pour planter la tente, parfois en forêt, parfois blotti contre des parois rocheuses.

Le bivouac est normalement prohibé sur le GR mais dans les faits, à condition de respecter les règles de base (discrétion et propreté!!!), il n’y a pas de problème pour ce mode de couchage.

L’itinéraire est découpé en 7 étapes au cours desquelles il est possible de dormir en refuges, gîte, ainsi qu’en hôtel pour certaines étapes. Il existe un camping au monastère de Luc. Attention cependant de réserver à l’avance car même en basse saison, les gîtes d’étapes peuvent être pris d’assaut, en particulier dans les secteurs touristiques.

Où se restaurer/où se réapprovisionner à Majorque

L’itinéraire traverse de nombreux villages. Il y aura donc toujours au minimum une épicerie lors de chacune des étapes. Inutile d’alourdir le sac à dos inutilement ! Prévoir au maximum 2 repas et un petit déjeuner si vous souhaitez avoir une autonomie totale, et pouvoir vous arrêtez sans avoir à gérer un problème de nourriture. Prévoir suffisamment d’eau car il n’y entre les villages aucune source qui viendra en aide en cas de nécessité (ne pas oublier qu’on est sur la route de la pierre sèche!!)

Office du tourisme de Majorque

Pour vous renseigner avant de partir : office de tourisme

Caractéristiques de l’ile de Majorque

7 jours de randonnée itinérante dans la Serra de Tramuntana

– Village de départ : Port d’Antratx – Village d’arrivée : Pollença.

Budget : Petit budget pour celui qui portera sa tente et sa popote.

Pour une nuit en hôtel, comptez au moins 60 euros/nuit/personne

Relief : Paysage méditerranéen, falaises abruptes, forêts, lacs et canaux, villages pittoresques. La variété fait de ce GR une randonnée aux paysages changeant, qui ne laissent pas de place à la monotonie. Les vue plongeantes sur la mer laissent place aux panoramas montagneux.
Climat : Chaud et sec au printemps. Nous avons ceci dit aussi eu 1 orage, et de la pluie 1 jour. Très chaud en été où il sera peut être préférable de rester plus proche des plages !

Période conseillée : Avril, Septembre pour profiter des longues journée sans souffrir de la chaleur..

Difficulté : Des problèmes de balisage qui nécessitent de savoir s’orienter et de posséder une bonne carte, en particulier dans la première partie de l’itinéraire. Ce problème tendra à s’améliorer dans l’avenir car le GR est en cours d’aménagement sur ce premier secteur.

Des étapes entre 4 et 8 heures, avec de bons tronçons de montagne : nécessité d’être en bonne forme physique.

Fréquentation : peu fréquenté en basse saison. Les touristes se trouvent dans quelques endroits particuliers mais les sentiers en sont isolés dès que l’on s’en éloigne.

Centres d’intérêt à Majorque

De la farniente sur les plages de Palma, et autres sites plus isolés, aux ballades sur les sentiers de la Serra Tramuntana. Visites culturelles à Palma ou dans les villages de l’île.

Quoi d’autres dans les environs

Valldemossa et la chartreuse où résidèrent Frédéric Chopin et Georges Sand.

Sollers et son petit train

Torrent de Pareis

Bibliographie

Un hiver à Majorque (Georges Sand)

Carte Serra Tramuntana (partie sud/partie centrale/partie nord)

Liens Internet

www.voyageforum.com : une source d’informations pratiques échangées entre voyageurs.

Randonnée à Majorque sur le GR 221-Serra Tramuntana

Je me pose aux milieux des moulins, sans y distinguer ne serait-ce que l’ombre de Don Quichotte. Les pales ne semblent pas tourner, pourtant c’est vers elles que moi je me tourne depuis le hublot de mon siège. Dès que j’ai atterri, je monte dans un bus en direction de Palma, et descend sur la place d’Espagne, à côté de la station du petit train touristique qui se faufile entre les montagnes pour gagner la ville de Sollers. Je passerai 2 jours dans une finca au milieu des orangers, à me délecter des agrumes aux saveurs incomparables.

J’avoue en avoir abusé, et pioché au pied des arbres ou dans le bac du réfrigérateur bien plus que de façon raisonnable. Comme cela ne va pas durer, je fais le plein de vitamines C. Après quelques ballades dans les quartiers pittoresques et les ruelles étroites de Palma, et au cœur de mes activités les préparatifs ultimes de la traversée à venir, je m’élance enfin sur les sentiers majorquains.

Jour1-En marche vers la Trapa

Le bus 102 part de la station centrale de la place d’Espace. Aujourd’hui est un jour férié qui s’inscrit pendant la semaine sainte de pâques, et les processions religieuses pour lesquelles je croise depuis hier des hommes et des femmes en tenue ésotériques me rappellent « La folie des grandeurs » et ses scènes cultes dans l‘Alhambra de Grenade. En un peu plus d’une heure, le bus me dépose à Port d’Antratx, village où débute le sentier de grande randonnée numéro 221, qui traverse la Serra Tramuntana au nord-ouest de l’île.

La difficulté lorsqu’un sentier n’est pas indiqué est d’en trouver le point de départ. J’ai bien une carte au 1/25000ième acheté dans un magasin de Palma, que la vendeuse à gentiment accepté d’échanger contre une carte trop imprécise achetée la veille, mais elle ne m’est d’aucun recours pour résoudre cette énigme. Après des indications hasardeuses données par un touriste étranger, je suis une route qui grimpe sur les hauteurs du village. C’est au bout de celle-ci que je croise 2 randonneurs allemands.

« El camino para Saint Elm ? »

Ils lèvent les bras en souriant, comprenant ainsi qu’ils en sont au même point que moi, à chercher l’itinéraire. Nous revenons sur nos pas, et trouverons finalement le GR. J’ai lu quelque part que lorsque plusieurs chemins se croisent il est préférable de suivre le plus large. Le conseil s’avère utile car à plusieurs reprises la direction suivie est parasitée et perturbée par plusieurs pistes qui viennent se mêler à la randonnée. Quelques ronds rouges effacés par le temps balisent superficiellement le parcours.

La montée dans une ambiance méditerranéenne est agréable, avec la mer, ses baies et ses criques qui surgissent au gré du relief. Nous arrivons à Saint Elm sans perte de route ni de temps. La promenade maritime du village est une invitation à s’asseoir sur une des terrasses qui jonchent la plage. Je succombe et prend un verre avec mes compagnons d’étape, puis ne souhaitant pas trop m’attarder dans un décor propice au farniente, je reprends mon sac à dos.

Je traverse le village avant d’obliquer sur un chemin qui s’élève en forêt. La carte me permet de garder le cap au milieu d’éboulis et de marques succinctes qui se perdent dans la rocaille. Au détour d’un roc apparaît enfin La Trapa. Un ancien monastère et des bâtiments de pierres apparaissent au milieu d’un cirque naturel sur un plateau qui culmine à 300 mètres d’altitude. Des terrasses circulaires dominent un point de vue magnifique sur la mer. Saint Elm émerge de la forêt en point de mire. J’établis mon bivouac à côté d’une petite bâtisse en pierres et de ruines en restauration, dans un espace protégé, près d’un gros cyprès.

Je vaque à quelques lectures, dîne et patiente jusqu’au coucher du soleil qui fait rougir la ligne d’horizon de mer. Je me couche, feuillette encore quelques pages, puis éteins ma frontale, sombrant dans la claire lumière nocturne d’un ciel scintillant. Couché aussi tôt que les poules, je m’éveille aux premières heures de la nuit, et tourne vainement dans mon sac de couchage, avant de sombrer enfin pour des heures profondes.

Monastère de la Trapa rencontré lors de notre randonnée à Majorque

Monastère de la Trapa

Jour2 -Dans les forêts d’Estellencs

A 8h15 je suis prêt à lever le camp, ne laissant de mon passage aucune trace sinon un compostage délicatement camouflé sous une pierre plate, seule attestation de ma santé vigoureuse ! L’unique inquiétude, étant donné la longueur de la marche à venir, est le petit demi litre d’eau en tout et pour tout que j’ai en réserve depuis hier soir. Je m’élève tranquillement sur le sentier, laissant la Trape aux prise d’autres visiteurs, et grimpe modérément jusqu’au « Basses ». Des anciennes bergeries, le chemin devient balisé de manière plus visible et se dirige vers le col de la Gramola où il rejoint la route. C’est en la longeant que j’aperçois un peu plus loin une dame affairée à arracher les mauvaises herbes qui poussent dans l’allée de sa maison.

« Es possible haber un poco de agua por favor ? »

Maitrisant son gros chien, plus bruyant qu’agressif, elle me précède jusqu’à l’entrée de sa maison et me sert un grand verre d’eau et remplit ma gourde toujours à demi pleine.

Avant le col de la Gramola lors de notre randonnée à Majorque

Avant le col de la Gramola

Rechargé en eau, je suis paré pour affronter la belle grimpée qui m’attend sur un sentier pelé de pierres et d’éboulis. Mon manque de préparation évidente fait parler d’elle. Je souffle et m’épuise, contraint de faire des pauses régulières pour gravir pas à pas un obstacle rugueux et rocailleux. Mon carburateur doit avoir un problème de réglage car je consomme plus que la normale. Les barres de céréale viennent à mon secours pour apporter les calories que je brûle aussitôt. J’avoue être un peu sur la réserve. La consultation de mon altimètre me rassure, et m’accompagne jusqu’au 850 m d’altitude du sommet.

Je m’allonge dans un rond d’herbe. Que dis-je, je m’y étale, conquérant victorieux, découvrant un panorama superbe dans lequel se déploie la vaste mer incognita aussi fascinante alors pour moi qu’elle ne l’est pour les marins aventureux! Je récupère et peux m’attaquer aux pentes descendantes avec enthousiasme, croisant les premiers randonneurs de la journée. Les versants changent, les paysages avec. D’abord exposé au chaud soleil de l’après-midi dans un décor d’éboulis et de maquis, la marche devient ombragée par les forêts. Il y fait même frai dès qu’on se refroidit lors d’une pause trop longue, mais le vagabondage y est plus plaisant. La mer, bleue turquoise, me provoque, mais qu’importe, je ne me détourne pas de mon objectif. Ma carte diffère sur les derniers tronçons de l’itinéraire que j’emprunte réellement.

Estellencs

village d’arrivée, s’écarte du tracé que j’ai en possession. Je suis les petits anneaux rouge et blanc (c’est le signal !) jusqu’à rejoindre le village où je fais le plein d’oranges.

Estellencs village rencontré durant notre randonnée à Majorque

Je musarde dans les ruelles, paresse longuement sur les bancs d’une placette du centre, m’abreuve de boissons fraîches, gazeuses et sucrées, puis reprend la route, en quête d’un lieu pour dormir. La vue sur la mer et le soleil descendant dans une ambiance de fin de journée donnent une atmosphère propice à la marche et aux rêveries. Je ne veux pas toucher l’eau mais seulement la contempler. Quittant la route et les domaines privés je m’enfile dans un sentier en lisière de forêt, sur un versant pentu.

C’est le sentier typique que j’aime emprunter, alternant pied gauche et pied droit dans les jeux d’ombre et de lumière créés par les arbres magnifiques. Au bord du chemin une petite plate forme se détache. Il ne m’en faut pas davantage pour ôter le sac de mon dos et établir mon bivouac. Petit lieu de fortune, au milieu des arbres, et face à la mer, occultée partiellement par la lisière de la forêt. Je profite des paysages, de la douceur du temps, puis me laisse aller, à la nuit tombée, démuni d’autres occupations, à plonger dans un sommeil qui ne tardera pas à venir puis à s’enfuir.

Jour3-Bivouac au col

A 2h, des bruits de pas foulent le sentier, et m’extraient d’un sommeil léger. Des lumières filtrent à travers la toile. 1, puis 2 puis 3…Ce sont les premiers coureurs du trail qui parcourt l’itinéraire que je suis, et qui soudain justifie la présence de petites balises triangulaires jaunes que je suis depuis la veille. Boules quies visées dans les oreilles je ne me préoccupe pas du défilé qui se poursuit une heure durant. Au réveil je prends mon temps, savoure les heures matinales, et la douceur qui me surprend agréablement.

Déjeuné, lecture, puis les premiers randonneurs passent et me saluent. Je lève le camp, sans hâte, et poursuis le sentier qui fend la forêt le long d’un tracé de terre et de cailloux. J’affectionne ces premiers pas, la mer en contre bas déploie son grand bleu. Un arrêté administratif indique une coupure de sentier à 4,5 kilomètres.

Végétation abondante durant notre randonnée à Majorque

Végétation abondante

Je me hasarde tout de même à poursuivre dans cette direction et me retrouve face à un grillage de 2 mètres de haut, surplombé de fils barbelés. Devant l’obstacle je me résigne à faire demi-tour. D’autres barrages de propriétaires excédés de voir les randonneurs fouler leurs terres viendront contrarier mon itinéraire. Je retrouverai plus loin le sentier GR221. Le sentier oscille dans les bois, dominant la mer à certains moments, l’occultant la plupart du temps. De nombreux VTT rebondissent sur les sols caillouteux. Je rejoints ainsi Esporles. Mon enthousiasme à y acheter des oranges pesantes et autres victuailles pour le repas du soir ainsi que le déjeuner à venir m’alourdissent le sac de manière peu négligeable.

Je regarde les cafés s’animer depuis le banc d’un espace pavé, aux heures où le rythme majorquain sort de sa léthargie. Je me replonge dans l’hiver à Majorque de Georges Sand, relatant l’inquisition et tout ce qu’elle a eu d’abominable, mettant en conflit l’histoire et l’art, la conservation d’un patrimoine religieux d’un côté et la mise en valeur d’un passé intolérant et intolérable. Je quitte le banc de la rue centrale et retrouve le GR, grimpant sans réel intérêt une piste goudronnée qui me hissera au col de la Basseta.

L’heure est plaisante, le soleil commençant à décliner, laissant les heures les plus chaudes derrière. Je quitte la piste, et coupe à travers la forêt en suivant les cairns, vigilant à ne pas trop m’éloigner d’une propriété qui semble une fois de plus avoir provoqué une rupture de balisage.

Découverte d’une chapelle

Je grimpe dans un fouillis de pierres, m’égare, reviens sur mes pas et me trouve devant une chapelle.

Chapelle visitée durant notre randonnée à Majorque

Chapelle

Ce site tout trouvé pour un bivouac ne me plaît pas. La forêt est ici encaissée, austère, et la voûte de la chapelle m’apparaît plus un tombeau qu’un lieu de protection. Je poursuis et arrive à flanc de falaise vertigineuse qui ouvre une vue sur le vide. Je rejoints le sentier et descend de nouveau en forêt. La promenade est plaisante. Je suis à présent sur un versant exposé au vent, et trouve un terrain impropre pour planter la tente. Au bas du vallon je remonte de nouveau un sentier qui doit me hisser jusqu’à un nouveau col. C’est avant de la rejoindre qu’une petite plate forme, relativement abritée, stoppe ma course. Je décide d’y établir mon bivouac.

Le vent souffle et le couché de soleil rougeoyant m’interroge sur la météo du lendemain mais je ne fixe pas la partie imperméable de ma tente. Vers 6 heures, des gouttelettes frappent sur la toile. Je sors de mon sac en quatrième vitesse, et déploie la toile imperméable de la tente pour la fixer à la va vite, de quoi assurer l’essentiel. A peine la moustiquaire intérieure a eu le temps de s’humidifier que la pluie fine cesse. Alerte sans conséquence.

Jour4-Halte à Valldemossa

J’émerge tardivement dans les sommets embrumés. Mon étape sera courte alors je traîne et profite de mon cadre sans urgence. La tente pliée et le matériel rangé, je démarre la marche pour achever la montée au col Comuna dans un décor que je juge féerique, dans une forêt d’altitude riante.

Bivouac au col Comuna durant notre randonnée à Majorque

Bivouac au col Comuna

De là une grosse descente s’amorce pour piquer vers Valldemossa qui ne se livrera qu’au dernier moment. Village de pierres encaissé dans une vallée cerclée de montagnes. En sortant de forêt le sentier est une fois de plus signalé interdit. Je n’ai pas le choix que d’enjamber les interdits, me retrouver sur un domaine privé que je franchirai en contre bas.

Valldemossa et sa chartreuse durant notre randonnée à Majorque

Valldemossa et sa chartreuse

Le premier bâtiment auquel j’accède est la chartreuse. Célèbre pour avoir hébergé Georges Sand et Frédéric Chopin l’hiver 1838, elle a valu à l’écrivain français l’écriture du livre « un hiver à Majorque » que je porte et dans lequel je me plonge depuis mon départ. Au point de mes lectures les pages rejoignent mon arrivée avec la description décrit comme idyllique. Avare en compliments concernant les majorquains, Georges Sand est amoureuse en revanche d’un site qui la touche avec sollicitude.

Je déambule, fouine, erre dans les petites rues de la ville touristique. Je prolonge les pages où G Sand parle encore du lieu et des habitations, avant d’aller les visiter le lendemain. Je repère le sentier qui demain aussi me mènera à Deia. Aujourd’hui je « breake » pour descendre à Palma à la rencontre de Diana qui arrive de Rotterdam par un avion de fin de soirée.

Café de Valldemossa durant notre randonnée à Majorque

Café de Valldemossa

Jour5-Dans les falaises

En milieu de matinée, nous faisons du stop pour retourner à l’endroit même où j’ai interrompu la marche hier. Au village nous visitons les habitations que G.Sand et F.Chopin ont occupées dans la chartreuse, dont la description détaillée est relatée dans son ouvrage. Après ce bain de culture, d’histoire, nous amorçons la montée raide vers le col de San Gallard. Une sacrée entrée en matière pour Diana qui débute la randonnée le ventre alourdie d’une paella qui lui pèse lourdement sur l’estomac.

Nous arrivons à un plateau, donnant un peu de répits à nos cuisses bouillantes. Une superbe vue sur Palma et la plaine s’ouvre. Un plateau d’altitude qui ne semble jamais en finir s’étire, alternant avec de petites montées en pente douce. Du sommet nous suivons des crêtes magnifiques, déchirées par des falaises abruptes qui barrent l’accès des villages en contre bas. Si le sentier de crête est superbe et soulève en moi des sentiments de liberté et d’allégresse, il devient peu à peu assez difficile de le suivre.

Diana sur les plateaux d’altitude (jour5)

Diana sur les plateaux d’altitude (jour5)

Des cairns balisent un itinéraire qui se perd sur le versant descendant, sur un relief rocheux. Des semblants de piste apparaissent puis disparaissent. Je perds de vue des cairns. Nous désescaladons des pans rocheux, nous heurtant chaque fois à de nouvelles barrières à pic. La direction empruntée ne peut plaît pas, et n’est pas cohérente avec la carte. Malgré tout je poursuis, suivant sans confiance des traces qui s’amenuisent. Une dernière tentative nous voit descendre de manière de plus en plus acrobatique un nouveau pan rocheux. En contrebas un goulot d’étranglement.

Malheureusement une fois atteint le goulot, le précipice nous isole de la vallée. Le jour tombe. Désormais nous n’avons plus le temps de faire demi-tour et remonter chercher un nouveau passage. C’est en remontant, contre la dernière paroi franchie, que nous trouvons une cavité protégée du vent par une végétation épaisse qui le camoufle.

Bivouac contre une barre rocheuse (jour5)

Bivouac contre une barre rocheuse (jour5)

Nous ne sommes pas les premiers à occuper cet endroit et nous passons un long moment, munies de pierres plates en guise de balais, pour nettoyer le sol jonché de crottes de moutons. Les odeurs elles persistent ! Acrobatiquement nous déplions la tente et fixons le toit tant bien que mal sur une surface trop petite. Une chose est certaine, nous serons bien abrités des intempéries le cas échéant !

Jour6-Sollers, village touristique

Ce matin je presse Diana qui resterait bien à dormir davantage sous la toile de tente. Nous déménageons les affaires de la tente, camouflés dans notre tanière rocheuse. Je ne tiens pas à traîner et nous retrouver exposés en plein soleil chaud sur ces pans de rocailles. La première difficulté consiste à s’extraire de notre repère en remontant la paroi en quelques pas d’escalade assez simple, puis ensuite à se hisser vers le sommet à la recherche du sentier égaré.

Après de nouvelles recherches infructueuses, nous trouverons finalement au changement d’étage de végétation, où la forêt remplace le pierrier, un petit sentier qui bifurque dans un couloir étroit. Nous descendons longuement en forêt avant d’atteindre le village de Deià, enfin libérés de barres rocheuses infranchissables. Laissant la montagne pour suivre un sentier bien tracé qui oscille légèrement sur les courbes d’altitude, nous admirons de beaux points de vue sur la mer, nous laissant ainsi porter jusqu’au village de Sollers.

Village de Deia (jour6)

Village de Deia (jour6)

C’est un lieu touristique réputé pour son ancien petit train qui relie la ville à Palma, empruntant un parcours pittoresque entre les montagnes qui drainent de nombreux touristes. Ici donc est rompu le silence d’altitude. C’est en suivant la route qui s’élève jusqu’au hameau de Biniaraix que nous atteignons une vallée étriquée. Des terrains privés en terrasses s’organisent autour d’un torrent qui s’écoule dans des gorges encaissées. Nous nous éloignons des habitations et trouvons un peu plus haut un espace de campement. Le soleil illumine de couleurs splendides les sommets qui entourent. Je regarde les couleurs changeantes s’assombrir dans la vallée, soleil tombant, installé sur un promontoire rocheux.

Sollers (jour6)

Sollers (jour6)

 Jour7-Sous le signe de l’eau

Déjà un groupe de randonneurs nous salue en passant devant notre bivouac encore installé. Nous attaquons l’ascension dans la gorge qui ouvre la vallée éclairée, tandis que nous progressons à l’ombre. Une véritable route inca s’ouvre en lacets, un chemin pavé large qui nous conduira sans doute vers d’autres vestiges. Pour la première fois le cours d’eau que nous suivons n’est pas tari et coule abondamment depuis les sommets, formant de belles vasques qui nous invitent à une toilette nécessaire. L’eau fraîche est régénérante, et le nettoyage, du corps et des vêtements, un vrai moment de bien être. Au col Pas de ses Lloses apparaît le réservoir de Cuber, tandis que les parois rocheuses dans lesquelles nous étions engouffrés s’érigent superbement.

Vue sur le réservoir de Cuber

Vue sur le réservoir de Cuber

Le chemin qui descend tranquillement vers la retenue d’eau nous emmène paisiblement sur les berges du réservoir, le longe et mène à un parking. De le sentier suit un canal qui chemine l’eau des montagnes vers le réservoir. Nous le longeons une grosse heure avant de quitter la lisière de forêt et de nous élever sur une belle montée qui nous verra changer d’étage de végétation vers le col le plus haut de l’itinéraire à plus de 1000 d’altitude. Le panorama offre le paysage que nous avons traversé en une vue arrière, direction sud ouest, tandis qu’au nord, nord ouest, apparaît la mer. Ici les montagnes s’aplanissent.

Longue contemplation, frappés des rayons point trop assommant du soleil. Depuis le col, il nous faut amorcer la descente vers Luc. Dans la pierre et la végétation rase, le chemin change de versant avant de remonter pour basculer derrière d’autres éperons rocheux qui barrent la route, ne laissant pas espérer un endroit pour dormir. De nouveau le sentier bascule avant de s’enfoncer soudainement en forêt que nous dévalons à coup de lacets acérés, sur un sol pierreux large et instable. La nuit gagne et tandis que les pieds de Diana souffrent d’ampoules importantes, nous repérons un recoin plat en forêt pour planter la tente et y passer une fraîche nuit.

Canal (jour7)

Canal (jour7)

Jour8-Le sanctuaire de Luc

Une étape courte se dessine. Par conséquent, nous abordons la matinée avec un rythme tranquille. Je fais une séance d’initiation à l’acroyoga, en pratiquant quelques gestes et postures sous les commandements de Diana. Il est aux environs de midi lorsque nous quittons l’emplacement. En une grosse demi-heure nous sommes au sanctuaire de Luc. C’est un vaste site dont nous visitons le jardin botanique, profitant aussi longuement des espaces ensoleillés près des porches du 16ième siècle.

Forêt au dessus de Luc (jour8)

Forêt au dessus de Luc (jour8)

J’avais imaginé un village à proximité mais Luc se résume en réalité à son centre spirituel. Lorsque nous le réalisons, l’unique boutique du site vient de fermer. Du coup le ravitaillement en nourriture nous file devant les yeux. Nous nous rabattons sur une pizza prise sur la terrasse d’un café restaurant. Le repas du soir se composera de fruits et de barres chocolatées achetés. Nous reprenons la marche pour le dernier tronçon sans grande difficulté, alternant montées et descentes dans une forêt ombragée, puis suivons un itinéraire balisé de panneaux explicatifs de la végétation locale.

Enfin rejoignons une piste qui descend en lacets entre forêt et garrigue, abandonnant dans ce relief peu propice l’espoir de trouver un bon coin pour planter une dernière fois la tente. Les possibilités s’amenuisent encore lors qu’apparaît une route goudronnée, clôturée de part et d’autre. C’est en bordure de route que nous nous arrêtons malgré tout sur un dégagement à peu prêt plat et saupoudré de glands, avant que la nuit ne tombe.

Ecole au monastère de Luc (jour8)

Ecole au monastère de Luc (jour8)

Jour9-L’orage :

J’ai eu le bon pressentiment d’attacher correctement la tente et le toit imperméable par souci de nous protéger du vent qui s’engouffre dans le corridor de la vallée dans laquelle nous sommes encaissés. Vers 3 heures du matin ce n’est pas le vent mais la pluie qui sort Diana du sommeil, en panique sous les coups de tonnerre qui grondent fortement. L’averse cesse et la dépression semble s’être dissipée. J’attends au petit matin le vent qui viendra sécher la toile. Au lieu de cela, la pluie reprend, incessante et virulente. De 7h jusque 11 h nous sommes contraints d’attendre l’accalmie. Lorsqu’enfin elle se produit, nous bondissons, rangeons les affaires, plions mouillé la toile puis partons. Nous aurons 1 heure de répits avant que la pluie ne reprenne. L’eau court sur les chemins et dégorge des fossés.

Marche humide vers Pollença (jour9)

Marche humide vers Pollença (jour9)

C’est complètement trempé que nous franchissons le panneau « Bollença », synonyme de fin d’aventure. Nous trouvons refuge dans un petit café. Le soleil en profite pour faire son apparition. Ses rayons timides nous offrirons le luxe de nous sécher, tandis que nous attendons le bus pour Palma.

Pollença sous la pluie (jour9)

Pollença sous la pluie (jour9)

Après une soirée arrosé en ville, je me lèverai tôt le lendemain, sans bruit, pour filer à l’aéroport prendre mon avion pour la France…Diana profitera encore de Majorque et de Palma pour quelques jours de repos.

 Conclusion sur notre Randonnée à Majorque

Au final la grande île des Baléares m’aura séduit par la variété de ces paysages, l’alternance des sentiers, les couleurs changeantes des crépuscules, la chaleur supportable de printemps, et la tranquillité des chemins. Un très bel itinéraire qui demandera encore quelques efforts d’aménagement dans sa première partie pour en faire un tracé magnifique qui saura séduire à court sur les passionnés de montagne, autant que les amoureux de la mer. Je pensais Majorque résumé à ses plages et ses foules de touristes, et j’ai découvert Majorque comme terrain d’exploration naturel superbe…

Matériel utilisé durant notre Randonnée à Majorque

CATEGORIE MODELE MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT CE CHOIX AU DEPART CE CHOIX A-T-IL REPONDU AUX BESOINS DE LA SORTIE SI C’ÉTAIT A REFAIRE
TEE SHIRT CARLINE LIGHT MILLET Absorption de la transpiration OUI Impec !
GORE TEX GORE TEX PERFORMANCE (ANCIEN MODÈLE) MILLET Modèle en ma possession ! MOYEN Très bon produit mais la membrane est usée et n’est plus imperméable !
PANTALON LD TREK STRETCH ZIP OFF PAN MILLET Strech confortable et transformable en short OUI Très bien
MATELAS MICRO LITE ARTIACH Confort/poids OUI Confort parfait-un peu volumineux
SAC DE COUCHAGE FREE TIME 1400 FREETIME Sac suffisamment chaud mais pas trop OUI Parfait pour la saison
CHAUSSURES RENEGADE LOWA Confort OUI Super
TENTE VEGA2 MC KINLEY Qualité/poids OUI Parfait pour les conditions
APPAREIL PHOTO + 2 BATTERIES HYBRIDE EPL2 OLYMPUS Qualité de photos et encombrement réduit OUI Très bien
FRONTALE TIKKA PLUS 2 PETZL Qualité/poids OUI Parfait
SAC À DOS FORCLAZ 70 LITRES QUECHUA Rapport qualité/prix et volume OUI Je prendrai un sac 50 L
POLAIRE FORCLAZ 50 QUECHUA Polaire légère OUI Suffisante en termes de chaleur pour la période
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