Coupe du Monde des Raids Aventures en Suède

par Philippe GERAL
PackRaft dans Stockholm

Philippe GERAL du club Agde Raids Aventures avec Stéphane DUMORTIER, Audrey EHANNO et Paul GALODE nous partagent leur expérience de la coupe du Monde des Raids Aventures en Suède.

swimrun archipel Aland lors de la coupe de monde de Raids Aventures en Suède

Informations pour préparer une coupe de monde de Raids Aventures en Suède

Date du Raids Aventures :

Du 12 au 18 Août 2018

Lieu du Raids Aventures :

Suède, Stockholm (pour la ville de départ)

Finlande, Turku (pour la ville d’arrivée)

Trajet Montpellier / Stockholm en avion : Norwegian AirLine, 300€ AR (3h de vol direct)

De bons prix si on s’y prend à l’avance. Nous étions chargés (Sacs, caisses à vélos…), nous ne dépassions pas le poids mais cela a été peu regardé au final…

Participants à la coupe du monde de Raids Aventures en suède :

Equipe Adge Raids Aventures à la coupe du monde en Suède en 2018

Philippe GERAL (participant au concours) : originaire de Narbonne (Aude) et passionné de sports natures (trail, escalade, VTT, course d’orientation, kayak rivière et mer, windsurf, montagne, ski). Pratique le raid multisport (sur 1 ou plusieurs jours) en compétition depuis 15ans.

Adepte également de voyages natures à pied ou en VTT (GR5, GR10, TMB, Haute route Chamonix-Zermatt, GTJura en VTT, chemin de Stevenson en VTT par exemple) ou à ski (GTJura en ski de fond). Tombé récemment amoureux du Grand Nord, envisage des traversées dans les pays nordiques en ski + pulka et bivouac.

Autres participants : Stéphane DUMORTIER (le narrateur) raideur français de l’équipe Arverne Outdoor, Audrey EHANNO raideuse française parmi les meilleures mondiale, Paul GALODE raideur français faisant parti de la même équipe que moi Agde Raid Aventures.

Ou dormir en Suède :

Nous avons été logés par l’organisation à l’hôtel Down Town Camper by Scandic au centre de Stockholm.

Superbe hôtel, cadre et accueil au top. Des buffets gargantuesques le matin et des chambres très agréables. Nos chambres étaient payées par l’orga, mais ça doit être un peu cher.

Vous pouvez gratuitement faire du kayak dans la ville en étant client de l’hôtel !

Où se restaurer/où se réapprovisionner :

Des supermarchés sont à proximité de l’hôtel (à pied). On y trouve tout ce dont on a besoin (au goût Suédois bien sûr !)

Des restaurants très accueillants et très bons se trouvent dans la magnifique vieille ville de Stockholm.

Plus d’infos sur le site de visiter Stockholm en 3 jours et sur le site guide de Stockholm

Office du tourisme :

Très bon site d’informations touristiques sur la Suède.

Très bon site d’informations touristiques sur la Finlande.

Site officiel du sublime archipel des Aland que nous avons traversé en course.

Quoi d’autre dans les environs :

Stockholm est une grande ville tournée vers le sport nature. En effet, cette nature est omniprésente et faire du vtt, du kayak, de la rando sont des activités possibles dans les environs immédiats de la ville, dans des paysages époustouflants.

L’archipel de Stockholm et celui des Aland vous tendent les bras si vous voulez être dépaysés et seuls au monde !

Des milliers d’îles vous attendent !!! On peut bivouaquer partout du moment qu’on respecte une certaine distance avec les habitations.

Que ça soit en Suède ou en Finlande, tout est fait pour faciliter les activités natures dans le respect de l’environnement et des infrastructures (cabanes ouvertes avec du bois et des équipements, pistes cyclables respectées et entretenues,….)

Vous n’avez plus qu’à construire votre voyage ! Les nordiques sont parfois un peu froids au début et sont peu extravagants ! Mais une fois le lien établi, ce sont des gens formidables qui vous rendront service sans en faire des tonnes. Simples et efficaces !!! Des gens vraiment attachants !

Lien Internet :

Le site de la coupe du monde des raids aventures

Coupe du Monde des Raids Aventures en Suède

Nordic Islands Adventure Race 12 – 18 August 2018

8h du mat’. La petite plage de Sa Fosca, au nord de Palàmos, est encore déserte de touristes. J’enfile mes plaquettes et je me glisse dans l’eau calme. Objectif du matin la bouée tout là bas que j’estime à 500 mètres. J’irai la mesurer avec le kayak car le gps en natation est moins précis. Cela fait désormais une semaine que je nage tous les jours, comme si je venais de me rendre compte qu’il y avait un objectif qui se profilait à l’horizon. Du premier jour où je nageais péniblement 400 mètres je suis passé à mes 1500 m quotidien. Certes j’utilise encore un tuba pour respirer mais déjà ça sera bien plus rapide que la brasse que j’ai montré à Polo et Phil lors de notre we d’entrainement Corrézien. J’en suis même arrivé à aimer nager, c’est dire !

Comme je ne tiens aucun carnet d’entrainement et que je n’ai pas de compte Strava ou autre je ne suis absolument pas ce que je fais et cette année j’ai vraiment l’impression d’avoir glandé comme jamais. Déjà cet hiver avec des sorties max de 45’ et l’arrêt total du vélo pendant 4 mois ce qui ne m’étais jamais arrivé. Plus l’envie de consacrer tout mon temps à l’entrainement. Le canyoning occupe désormais tout mon temps libre, une discipline technique où le chrono cède la place à la contemplation et au plaisir. Je regrette de temps à autre ce choix car quand tu aimes la compétition tu ne peux pas vraiment te satisfaire d’une ballade paisible sans enjeux mais il faut se rendre à l’évidence, pour obtenir les mêmes résultats qu’il y a quelques temps je suis désormais obligé de faire le double d’entrainement. Et ça c’est hors de question !

Entrée dans l’équipe

Alors quand Polo et Phil m’ont demandé en avril si ça m’intéressait de faire partie de l’équipe j’avoue que je n’ai pas mesuré tous ces paramètres et que j’ai juste pris en considération le fait de courir avec des gars remplis de valeurs humaines. L’entrainement on verra bien, et peut être que l’expérience peut en remplacer une partie. “Et la fille, ça sera qui ?” … Audrey la revenante, elle a disparu du circuit tout 2017 et l’idée de courir avec une nana qui est un peu une légende du raid français, même si elle n’aime pas qu’on dise ça, est très excitante. Je vérifie rapidement mon planning estival, les 70 ans de beau papa, les vacances avec Paola, bon va falloir que je marque des points pour avoir mon laisser passer mais ça devrait le faire !

L’arrêt à St Flour est rapide

Audrey est bien organisée, on sent les années 400 Team et la bourlingue à travers le monde. On repart rapidement direction le sud tout en priant pour que les voyants qui se sont allumés depuis quelques jours sur le camion ne forcent pas à un arrêt au stand. D’ailleurs ces petits coups de stress pré-course font partie de l’aventure, un plan ne se déroulant jamais sans accrocs. On retrouve Phil et Polo pour une après midi vérification du matos et achats de dernière minute. Le raid est déjà une discipline chère mais un raid aventure dans un pays nordique encore plus !

Du néoprène, des fusées de détresses, des sacs étanches, des portes bagages, tout un tas de matériels spécifiques vient se rajouter à la longue liste de matériel obligatoire édicté par l’ARWS. On essaye de passer le max de nourriture, on dirait presque qu’on part en Afrique. Et hop, un petit surplus de bagage ! On doit quand même se résoudre à laisser une partie des courses qu’on avait fait, souhaitons qu’il y ait des supermarchés en Suède.

Vol pour Stöckholm

2h30 de vol entre Montpellier et Stöckholm, ça change des vols pour l’amérique du sud ou l’afrique du sud. Ce qui change aussi c’est qu’il faut rapidement remettre la main au porte monnaie, 4 caisses à vélos ça se transporte pas en caddie. On arrive enfin au Down Town Camper, notre base de vie d’où partira le raid. Tout s’enchaine ensuite rapidement, vérif matos, photos, interviews, courses d’appoint (il faut bien racheter ce qu’on a dû laisser en france, et hoooo surprise, il y a des supermarchés en Suède !! On avait dû croire qu’ils vivaient encore sur leur drakkar 😉 Tout ça nous amène rapidement au dimanche matin, 7h00, heure de prise de carte. Heu non … prise de carteSSSSS !

Tout le monde met la main à la pâte pour le traçage, comme tout le monde oriente dans l’équipe ça facilite un peu la chose. Comme d’hab le plus délicat est le raccord des cartes entre elles. On attrape quelques sueurs froides mais on y arrive. Phil et moi faisons les sections terrestres et le swimrun, Audrey et Polo s’occupent des sections aquatiques en tirant les azimuts. On pensait que 4h de préparation serait trop mais ça suffit à peine à préparer l’itinéraire qui fait quand même 600 kms !

La carte du parcours, distances et enchainement des disciplines de la COUPE DU MONDE DES RAIDS AVENTURES EN SUEDE
La carte du parcours, distances et enchainement des disciplines

Section 1 et 2, lactique, en attendant Lac / Tique … 12h00.

23 équipiers se lancent du haut de l’immeuble en rappel. Ambiance. En bas les caméras et la foule des spectateurs. En haut dès que notre équipier est arrivé on s’équipe. Les cordes passent mal dans le reverso, forcément ils ont mis du 11, c’est pas trop un diamètre d’escalade ça.

Départ du raid en rappel au sommet de l’hôtel, au centre de Stockholm
Départ du raid en rappel au sommet de l’hôtel, au centre de Stockholm

On part en milieu de paquet sur une carte du 17ème siècle où il faut anticiper les modifications qu’il y a eu depuis: construction de ponts, extension des îlots, etc … On sait tous que ce n’est pas là que ça va se jouer mais pris dans l’ambiance de la course on court le plus vite qu’on peut. Bizarrement on assiste à un regroupement de 4 des 6 équipes françaises avec Adeorun, Petits suisses Normands, Pacaraid et nous. PSNO sont déjà dans leur tactique de course, gestion d’un premier raid aventure, et ils n’ont pas choisi le plus simple !

CO dans Stockholm
CO dans Stockholm

Section 3, Packraft on the City.

Premier gonflage, dans le vieux Stockholm, foire d’empoigne, ça se jette partout pour grappiller 10 inutiles secondes. Compo des bateaux, Polo/Steph, Audrey/Phil. Y a challenge du meilleur bateau, Polo et moi allons très vite marquer nos premiers points. Un petit seuil à franchir, on remplit déjà le bateau.

PackRaft dans Stockholm
PackRaft dans Stockholm

On se rend compte sur cette petite partie qu’on est une équipe qui pagaye, ça fait plaisir, d’habitude les français sont plutôt des quiches une pagaie à la main. Premier débarquement, il nous permet de mesurer les écarts et surtout nous pouvons vider le bateau de quelques litres et intervertir les places entre Polo et moi. J’ai les genoux sous le menton en étant devant sur un 3,20m, heureusement qu’on a pris un bateau Arverne, celui d’Agde fait 25 cms de moins, ça aurait été compliqué. Sur ce poste on récupère une pierre qu’il faudra transporter et remettre à la fin de la section swimrun, histoire de faire revivre une tradition Viking.

Les fameuses arches Red Bull
Les fameuses arches Red Bull

On se dirige maintenant vers les fameuses arches Red Bull, passage spectacle où toutes les caméras seront braqués sur nous, la com’, toujours la com’ …

Atelier red bull Stockholm
Atelier red bull Stockholm

Là c’est un peu la panique partout, il faut monter à des filets pour franchir les écluses, hisser son packraft, le remettre à l’eau, sauter avec son matos, remonter dans le packraft … ça se pousse, ça se bouscule, pour le plus grand plaisir des spectateurs mais pas encore pour le notre. Première constatation, l’eau est vraiment chaude ! Une balise à aller pointer en haut d’une piste urbaine de ski et on sort enfin de Stöckholm.

Epreuve packraft à la coupe de monde de raids aventures en Suède
Epreuve packraft à la coupe de monde de raids aventures en Suède

Apprentissage du packraft

Nous avons fait le choix de dégonfler les bateaux, on est encore en phase d’apprentissage du packraft. L’avantage est que ça nous permet de trottiner. Nous arrivons au poste suivant, ici fini la ville et commence la nature. ça y est, on y est. Le trou est fait, nous n’avons plus d’équipes collées aux baskets, ça va nous permettre de pouvoir poser notre stratégie et notre orientation. Pour se mettre rapidement dans l’ambiance, un énorme marais nous attend.

Packraft dans les marais de stockholm
Packraft dans les marais de stockholm

Nous évoluons dessus tant bien que mal, sentant que l’eau n’attend qu’une chose, nous attraper !

Les marais de la banlieue de Stockhlom
Les marais de la banlieue de Stockhlom

Le poste suivant est à aller chercher en mode stage commando Guyane, de l’eau noire jusqu’aux épaules (Philou, tu as fait comment ?? smile en suède  ).

Packraft dans les marais de Stockholm en Suède
Packraft dans les marais de Stockholm en Suède

L’impression qu’un anaconda ou un croco peut sortir à tout moment des roseaux, mais ouf, nous ne sommes qu’en Suède ! Nous poursuivons en faisant le choix de pagayer dans un petit canal encombré de nénuphars quand des équipes dégonflent et coupent en forêt.

Section 4, Vaseline mon amie.

Regroupement des équipes françaises à nouveau sur cette transition avant le gros vtt de 230 kms. Captain Polo commence à faire parler sa rigueur. Souvent le rôle du chef est juste posé sur le papier. Ici Polo n’est pas venu pour faire du napperon ou du sudoku, il remplit son rôle à merveille et booste les transitions en les organisant à la voix. Nous réussissons à repartir devant toutes les équipes qui sont arrivées comme nous. Sous la pluie.

C’est là que ça part vraiment. Cet énorme vtt de 230 kms qui ne me faisait pas vraiment peur mais qui, maintenant et après avoir vu les cartes, me met dans le doute. Des changements de cartes très fréquents, des rectos versos, certaines fois disposés en sens opposés, des changements d’échelles permanents, des loupes, des cartes spécifiques, bref, je ne vais pas connaitre la sérénité sur cette section. Pour l’heure je n’ai qu’une hâte, en faire le plus possible avant la nuit.

Paysages sur la section VTT
Paysages sur la section VTT

Les cartes ne sont pas neuves et rapidement nous nous retrouvons dans une coupe de bois qui fait disparaître le chemin sous elle. Les chemins sont en fait des bourbiers et les sous bois sont très sombres, une ambiance austère qui participe un peu plus au stress de l’orienteur. J’apprend en quelques centaines de mètres qu’une belle dalle granitique est aussi un chemin, que les singles existent également au pays des Vikings, que les bosses font 30 mètres de déniv max et qu’elles sont donc insignifiantes pour les choix. Audrey casse un rayon, petite alerte de rien du tout, l’avantage de rouler en crossmax.

La carto domptée

nous en profitons pour ouvrir grand nos yeux, les balises en bord de lac, sur des promontoires rocheux, les passerelles à traverser, ça y est, on y est, on est en Suède ! La première moitié de vtt va se passer comme ça, sur un rythme de “gestion” à l’Arverne. Un franchissement de bras de mer avec les vtt sur des matelas pneumatiques, une balise chez l’habitant qui “love” la France, on déroule.

Traversée mer avec vtt sur matelas lors de la Nordic Island
Traversée mer avec vtt sur matelas

La nuit commence à tomber, on rattrape l’équipe Tchèque, les 23. Nous ne le savons pas encore mais ils font presque partie de la famille maintenant, vu le temps que nous avons passé à jouer au chat et à la souris ensemble sur le raid.

Le rythme monte donc aussi d’un ton.

On se jauge, ils roulent plus fort que nous mais sont moins précis sur les approches de postes. Premier bac atteint, nous arrivons 20’ avant l’heure, du temps de perdu que nous utilisons pour manger et se réchauffer. J’en oublie de regarder la carte et surtout de voir qu’il y a un second bac juste après. Quelques balbutiements sur un poste situé dans une forteresse et nous ratons le bac qui nous aurait permis de prendre la poudre d’escampette. Une équipe suédoise arrive comme des avions, eux avaient bien anticipés ! Nous roulons désormais à 3 équipes et le terrain devient très roulant. Polo en a marre de la gestion Arverne et voudrait bien faire exploser un peu le paquet.

VTT au nord de Stockholm
VTT au nord de Stockholm

Nous prenons tour à tour les choses en main, Polo avec Audrey accroché à l’élastique fait bien plus que sa part, il a des cannes de fou ! Tactiquement ce n’est peut être pas le meilleur choix car nous faisons l’orientation et le rythme pour les deux autres équipes sans parvenir à les décrocher.

VTT au nord de Stockholm lors de la coupe du monde des RAIDS AVENTURES EN SUEDE
VTT au nord de Stockholm en Suède

Pire, je me met dans le rouge avec une mauvaise gestion de mon alimentation depuis le début de course. Je commence à enchaîner les erreurs stupides et nous n’avons pas la présence d’esprit de nous partager la carte. Nous laissons les Tchèques et les Suédois nous fausser compagnie et finissons cette très longue section à 1h15 d’eux et à 4h des premiers, prolongateurs de tri vissés sur le cintre vtt !

Section Swimrun, introspection garantie !

A l’arrivée du vtt nous apprenons que le kayak a été annulé, les 4/5 équipes qui se sont engagées dessus se sont fait très peur dans des creux de plus de 2 mètres en pleine mer. Une équipe a due tirer sa fusée de détresse pour se faire secourir. Bref, c’est donc Ferry et 1h30 de sommeil gratuit pour nous. Un départ groupé va être donné de l’ancienne agence postale de l’île pour cette section qui s’annonce d’anthologie.

SwimRun soleil couchant
SwimRun soleil couchant

83 kms de swimrun. C’est là le moment de vérité. Tu as le mental ou tu ne l’as pas. Nager est une chose, nager de nuit, en orientation, avec un sac de 10 kgs, après avoir fait 250 kms de vtt en est une autre. Le départ est donné. Et ça part très vite. Les Scandinaves sont tous en mode light, combi de swimrun et mini sac banane étanche avec de la nourriture pour 15h.

On mesure rapidement que nous ne jouons pas dans la même cour, des combis de bric et de broc, lourde et impossible de les garder en courant, des sacs à dos bien trop lourd, avoisinant les 10/12 kgs, nous sommes partis dans l’esprit raid, eux dans l’esprit swimrun. Polo assure le début de l’orientation et nous arrivons rapidement à la première nage. Mauvaise surprise pour nous, Polo a oublié sa combi. On lui prête des éléments néoprène mais ça risque d’être tendu quand même quand le froid de la nuit va s’installer. Les premières traversées sont jouissives.

83 kms de Swimrun au raids aventures en Suède

L’eau est bonne, le soleil couchant vient mêler ses couleurs à celle de la mer pour former une aquarelle improbable. Nous sommes seuls, confrontés à la nature, ou plutôt en communion avec elle.

Swimrun à l
Swimrun à l’archipel Aland

Pas de tresse de chantier à suivre comme sur un trail, pas de bouées d’entrée et de sortie comme en swimrun, nous sommes libres. Les mots de Staffan, le directeur de course raisonnent néanmoins: Safety first ! Certaines fois il faut le dire vite question “safety”.

SwimRun de nuit
SwimRun de nuit

La nuit s’installe petit à petit

et il faut désormais viser juste le point à atteindre. Nous avons souvent des bras de 500/600 mètres à traverser, et quand la nuit devient opaque, se retrouver au beau milieu de la mer, seul, avec un hypothétique point à atteindre sur la berge opposée, nous fait replonger dans le ventre de notre mère. L’occasion de se demander ce qu’on fait là, pourquoi on le fait, l’importance des choses, les priorités … l’élément liquide nocturne est propice à une fabuleuse introspection ! Phil commence à avoir du mal à courir, quelques ampoules et une douleur récurrente aux pieds. C’est moi qui prend la carte et je m’applique à être le plus propre possible pour gagner quelques mètres.

Des choix parfois osés de nuit mais je sais pouvoir compter sur Polo en approche de poste. Nous finissons par revenir sur nos amis tchèques et constatons qu’ils ne courent pas comme nous. Ils réussissent à courir sur les parties roulantes, nous non, mais ils perdent du temps sur les attaques de postes. C’est reparti pour le jeu du chat et de la souris. La fin du swimrun très roulante leur permet de reprendre de l’avance. La nuit a laissé place a des températures très chaudes et les entrées dans l’eau sont de plus en plus délicates, impossible d’y rentrer d’un coup, l’impression de passer une poële bouillante sous l’eau froide !

Personnellement c’est la section que j’ai préféré, qui m’a vraiment donné envie d’apprendre à nager correctement et je comprend tout à fait l’engouement pour cette nouvelle discipline. D’ailleurs ceux qui s’inscriront sur “The Race” en 2019 peuvent se préparer à nager !

Section Trek, enfin sec !

Nous arrivons enfin au bout de 21h de swimrun et changeons nos plans. Nous avions prévu de dormir avec le trek mais nous allons poser 2h de sommeil avant finalement. Dormir de jour est toujours un dilemne car il est préférable d’économiser les batteries de nos lampes et l’orientation est plus complexe de nuit, mais dans notre cas il est impératif d’avoir une chance de se refaire la peau des pieds. Nous profitons du village Viking pour nous doucher et dormir 2h. Au classement nous sommes toujours 11°, un peu décevant, mais la course est encore longue.

Dodo au coin du feu au village Viking, le seul confort du raid
Dodo au coin du feu au village Viking, le seul confort du raid

Le réveil de Polo est toujours aussi délicat et attentionné, limite il nous apporte les croissants. Bien sûr que non. “Réveiiiiiil, allez gros, on part dans 15’ !” … j’étais reparti sur la plage en France, ces quelques mots tout doux me ramènent à la réalité. Nous repartons en chaussures sèches mais bizarrement c’est comme si on m’avait glissé un menhir sous ma semelle ! Nous nous motivons tous les 4 pour repartir en trottinant et j’ai le droit à un :

“allez steph, fais nous du benjamin Monier !”

trek à l
trek à l’archipel

Sur la fin du premier VTT je ne leur en ai pas fait beaucoup du “Benjamin Monier” mais sur le poste d’après, au milieu des dalles qui réverbèrent la chaleur, je vais bien réussir mon coup en attrapant un beau coup de chaleur ! Une fièvre subite sûrement due à la grosse chaleur de la journée à courir en combi. Audrey me file un doliprane, et moi la carte à Polo. Un magnifique point de vue vient nous rappeler que nous sommes bien en Suède. Nous rentrons sur l’AT après avoir lâché le poste 59, annulé pour tous car trop risqué.

Section kayak, entre le rêve et l’angoisse.

A notre arrivée à l’AT de fin de trek deux équipes sont en train de dormir. Enfin nous commençons à grappiller quelques places grâce à une course sage et régulière. Nous sommes accueillis par Gérard et Dominique, infatigables bénévoles de l’équipe du RIF, venus pour l’occasion donner un coup de main à l’organisation Suédoise. On est un peu comme à la maison sur ce coup ! Nous réalisons une transition express en prenant bien soin de ne pas réveiller les deux équipes, les sioux sont dans la place !

Les quelques kilomètres de bitumes et de pistes larges qui nous séparent du kayak nous permettent de décompresser un peu, nous savons que nous avons passé un cap et que nous n’allons désormais plus beaucoup utiliser nos pieds. Et ça c’est vraiment une bonne nouvelle !

Nous arrivons aux bateaux et nous équipons rapidement. La nuit est vraiment noire, l’ambiance promet d’être très particulière. Phil ajuste le compas. Nous fixons les jupes et éteignons nos lampes. Polo la met en mode mini, juste pour pouvoir lire la carte. Nous quittons la plage et nous laissons envelopper par la nuit noire. Les kayaks filent dans un silence immense vers la pleine mer. Laisser notre monde terrestre pour se lancer dans la mer Baltique est tout simplement contre nature. La seule chose qui parvient à me rassurer un peu est la confiance de Polo qui est sûrement le seul des 4 à ne pas être très impressionné par la situation. Le bénévole de l’organisation nous a souhaité bon courage. Il aurait mieux valu qu’il ne dise rien …

L’équilibre est précaire de nuit

Interdiction de mettre de la force ou de la fréquence, nous devons pagayer en souplesse et surtout ne pas faire de « fausse pale » qui nous déséquilibrent à coup sûr. Phil a du mal à se focaliser sur le compas puis choisir un point au loin, avec Polo ils trouvent vite la meilleure façon de faire en n’utilisant que la carte et les quelques rares points d’appuis qui se détachent dans l’aube. De temps à autre Phil confirme au compas.
Sur notre gauche un spectacle rare. Le ciel chargé et profondément opaque semble écraser entre la mer et lui une très fine strate orangée. Par un jeu d’ombre chinoise le chapelet d’ilots situés à l’horizon ressort de façon irréelle. J’en suis convaincu, nous faisons le plus beau sport au monde. La privation de sommeil nous met dans un univers cotonneux où toutes les sensations ressortent à fleur de peau.

Ce sommeil qui ne tarde d’ailleurs pas de se rappeler à notre bon souvenir. En avançant dans l’obscurité totale notre cerveau ne comprend pas pourquoi il doit rester en éveil et il faut lutter pour ne pas s’endormir. Tout déséquilibre risquerait de nous faire nous retourner. Le « Safety first » de Staffan est bien loin, notre balise gps est au fond du sac et ne doit probablement pas émettre. Combien de temps mettraient les secours si nous devions les appeler ? j’imagine à peine une manip d’auto secours entre nous pour vider un kayak qui se serait retourné en pleine nuit ! Mieux vaut ne pas tomber !

Un bruit fort monte soudainement de notre gauche.

Comme des gens qui taperaient tous en même temps sur l’eau. Nous sentons des choses nous frôler et heureusement nous n’avons pas le mauvais réflexe d’allumer notre lampe. Un grand cri derrière moi, Polo vient de se faire percuter par un de ces « objets ». Nous venons de réveiller des centaines de cormorans et, apeurés et aveuglés par la lumière de Paul, ils nous viennent droit dessus en vol anarchique. J’ai juste le temps de frapper l’eau avec ma pagaie pour rétablir l’équilibre, nous étions à deux doigts de nous retourner. Les oiseaux amerrissent très proche de nous, et nous les dérangeons donc à nouveau.

Nous nous protégeons avec nos pagaies dès qu’ils reprennent leur vol. Ces 10’ d’interlude nous permettent de nous réveiller et, chance, un lointain phare nous donne l’azimut à tenir. Nous mettons 1h30 pour l’atteindre, cela semble interminable. Désormais il est derrière nous et nous avançons à nouveau dans un noir total.

Kayak de nuit sur la mer Baltique
Kayak de nuit sur la mer Baltique

« Mutinerie (wikipédia) :  Une mutinerie est une action collective de révolte au sein d’un groupe réglé par la discipline, les détenteurs de l’autorité étant généralement mis en cause avec vigueur ; elles surviennent donc plus spécialement dans les armées, les prisons et bagnes, par les équipages. « 

Premier poste du kayak.

Atteint en 2h30. Les paupières sont lourdes. Nous débarquons pour pointer et c’est l’occasion de parler un peu entre nous. Polo veut continuer pour aller chercher le poste 2. Audrey, Phil et moi sommes sur la retenue, la mer va commencer à se lever, il fait toujours très noir et avec la fatigue notre coup de pagaie est moins sûr. La décision à 3 contre 1 est prise de dormir sur notre bout d’île. Les naufragés. Un lichen bien moelleux nous permet de rentabiliser nos 1h30 de précieux sommeil. Ce sera l’occasion de bien rire après course sur cet épisode.

Kayak en mer Baltique lors de la coupe de monde de Raids Aventures en Suède
Kayak en mer Baltique

Comme d’habitude c’est Polo au clairon du matin. Nous sommes opérationnel et les bateaux reprennent rapidement l’eau. Le jour s’est un peu levé et avec lui, les doutes et les angoisses. Nous filons maintenant bon train. Une équipe fait le lièvre loin devant, rien de tel pour se réveiller. Nous les reprenons rapidement pour nous rendre compte que ce sont … les tchèques ! Allez, cette fois ci nous sommes sur notre terrain et nous n’allons pas les laisser filer facilement. Nous savons qu’il faut réussir à leur reprendre au moins 1h, celle que nous avons perdu sur la première partie de course. 

Kayak sur la mer Baltique
Kayak sur la mer Baltique

Maitre Polo assure une orientation de très grande qualité, je me sens bien incapable de faire ce qu’il a fait. Distinguer au loin les iles les unes des autres relève de la sorcellerie. Pour moi une immense masse de terre, mais Polo voit toutes les îles se détacher et devine les passes. Les tchèques profitent de son orientation pour le moment. Il faudra attendre la transition d’après, qui sera encore express, pour pouvoir enfin les larguer.

Section Packraft, le chantier décisif.

Avec la qualité d’orientation de Polo nous savons que nous pouvons miser sur cette section pour refaire notre retard et grappiller quelques places. Le début de la section commence par 7/8 kms à pied sur une piste pour accéder à la mise à l’eau. Phil sert les dents. Il doit deviner que c’est vraiment le dernier morceau où il utilisera ses pieds. Phil le guerrier, le sage. Avec Polo on se fait la même réflexion, on le voit s’assagir de jour en jour. Normal, la barbe blanche pousse et lui confère ce statut qu’il mérite bien. Avec toutes les épreuves qu’il a traversées celle-ci ne peut être que facile. Il suffit de serrer les dents, le reste n’est qu’une douleur mécanique que l’on apprend à gérer. Audrey reste souvent avec Phil, et comme elle commence à délirer un peu ça nous divertit bien ! Tout est bon pour rester éveillé !

Départ pour le dernier Packraft
Départ pour le dernier Packraft

Comme d’habitude les tchèques reviennent sur nous à la faveur de cette partie très roulante mais nous mettons les bateaux à l’eau bien avant eux. Nous savons qu’ils vont tenter de nous pister mais nous savons aussi qu’avec notre pagayage bourrin il va falloir qu’ils soient costaud pour rester à vue. Nous filons entre les îles, nous retournant de temps à autre pour vérifier notre avance.

L’eau : depuis le début, et nous l’avons appris sur le swimrun, nous pouvons boire l’eau de la mer. Une mer classique est chargée à 4% de sel, la Baltique c’est 0,4% ! Il suffit d’ouvrir la bouche ! Ce perpétuel petit goût salé est quand même peu apprécié et nous mettons des pastilles pour améliorer le goût. Si tout va bien nous n’aurons les problèmes gastriques qu’après avoir passé la ligne d’arrivée …

L’accostage sur cette belle dalle de granit chaud

nous rappelle les vacances, on resterait bien un peu étendu façon phoque mais non, c’est notre section et on va se livrer à fond. Nous croisons deux charmantes jeunes filles qui n’ont pas l’air trop surprises de nous voir porter les packraft en mode tortue ninja. Elles viennent de voir deux autres équipes passer devant elles. 15’ d’avance et 1h ! Chauuuuuuuud devant ! Qui ? deux équipes suédoises apparemment. On se fait nos films, ça suffit à notre bonheur du moment. On remet à l’eau et malgré le vent de face qui se lève on a l’impression de bien avancer. Pour nous aucun doute, il vaut mieux pagailler plutôt que de marcher sur les ilôts.

Nous arrivons vers la jetée et une équipe débouche devant nous ! A la couleur des packrafts nous nous lançons dans les pronostics ! Les Finlandais ? les Tchèques ? Sweco ? non, c’est Hamilton, les p’tits jeunes suédois qui avancent comme des machines de guerre. On va plus vous lâcher les jeunes maintenant ! Un îlot à traverser, les choix sont différents mais à la remise à l’eau on s’aperçoit quand même qu’ils vont plus vite que nous. Nous comprendrons à la fin de la course qu’ils sont équipés de bateaux test, avec une quille, et assez étroit, quand nos bateaux ressemblent à des mini rafts. Sur eau plate nous ne pouvons donc rivaliser. C’est donc Magic Polo qui va devoir nous sortir un lapin de son chapeau.

Ils sont déjà loin devant

Et hors de vue quand nous décidons d’accoster pour mettre nos dernières affaires sèches. Je suis frigorifié, la nuit tombe, la dernière j’espère. Je sors le poncho magique, celui qui permet de ne pas mouiller la gore tex. Pour le bas c’est couverture de survie découpée en robe. So Sexy ! Nous n’avons plus rien de sec, la prochaine nuit promet d’être une épreuve. J’économise jusqu’à ma paire de chaussettes, pied nus dans le bateau ça passe bien. Cette première partie de section est longue. Très longue. Rien de bien intéressant.

« Guillaume ! »

là c’est Polo qui délire, je m’appelle Guillaume. Audrey s’appelle Lulu, Polo s’appelle Micka, il faut se concentrer sur les prénoms, la phase délirium tremens bat son plein !

Une petite coupe à pied histoire de se refroidir (hé oui, on a bien plus chaud au fond de nos bateaux !), une petite traversée … Une nouvelle coupe à pied. Sur ma droite à flanc de falaise, un village schtroumpf. Je m’arrête et secoue la tête. Ça parait tellement réel. Je sais que je suis en train de délirer mais mon regard suit quand même la schtroumpfette qui déambule dans son village en cueillant des fleurs …

Comment à partir de quelques morceaux de bois et de mousse puis je arriver à voir ça ? la force de l’imaginaire !

KayakDernier Packraft sur la mer Baltique, archipel des Aland
Kayak Dernier Packraft sur la mer Baltique, archipel des Aland

Nous approchons de la remise à l’eau et tombons sur un chalet en construction. Sa belle terrasse en bois nous invite à poser nos sacs. Résister et continuer sans savoir ce que l’on va trouver ? céder à la tentation à 22h30 et devoir dormir jusqu’à 2h30 au risque de se faire passer par d’autres équipes ? A ma grande surprise Polo est ok pour se poser ici et pour dormir 3h30. Si ça marche on repart frais et on finit la course sans dormir, sinon on prend le risque de voir des équipes nous revenir dessus.

La fatigue finit de nous décider et l’emporte sur la course.

C’est la dernière fois que Polo me crie dans les oreilles, ce soir on devrait être dans notre lit à l’hôtel. Il faut passer d’abord par la case « je remets mes habits trempés alors qu’il fait 4° ». Surprendre son corps en permanence, le déstabiliser, lui montrer qui est le patron. Pas de doute, là c’est réussi. En claquant des dents on remet les bateaux à l’eau. C’est le dernier matin. C’est aussi le plus beau. Le ciel est complètement dégagé et l’aube orangée a jeté son dévolu sur les myriades d’îles devant nous. Une mer d’huile finalise le tableau. Une mer de pétrole. Noire et immobile.

« Vous êtes beaux ! »

ça y est, Audrey a pété les plombs !

Nous les laissons passer devant nous et devons nous rendre à l’évidence, ce bateau qui avance dans cet univers figé a quelque chose de féérique.

« vous aussi vous êtes beau ! »

bon, il est temps que le raid se termine !

Audrey a du mal à se réveiller ce matin. Même si je suis le plus éloigné d’elle de part ma place dans les bateaux j’arrive à entendre ses déraillements qui lui permettent de rester éveillée. Elle se raconte des blagues, ça n’a rien de drôle mais comme ça n’a ni queue ni tête nous rions d’un rire nerveux qui fait du bien. Il a au moins le mérite de réchauffer. Après l’épisode « Johnny Hallyday » façon Polo, c’est maintenant Audrey qui s’y met.

Packraft sur l
Packraft sur l’archipel Aland

Polo nous égrène les kilomètres restants, la fin du chantier est proche. Nous admirons pour la dernière fois ces magnifiques petits chalets en bois disséminés sur la côte, cachés dans la forêt, se fondant à la perfection dans cette nature omniprésente. L’art de vivre à la scandinave.

Dernière transition, Vtt O 91 kms.

Hyper opérationnel sur cette transition. Survoltés par le nombre de caisse vélos encore présentes qui nous permet de nous situer entre la 5 et 6ème place dans le classement. La question pour Phil et moi est de savoir comment nous allons pouvoir gérer nos échauffements qui nous accompagnent depuis le gros VTT de 230 kms. A pied tout était bon pour s’apporter un peu de confort. Phil le cul à l’air sur la route, moi les mains dans le cuissard pour qu’il ne touche pas ma peau. Mais sur le vélo ça va être une autre affaire. Nous finissons le flacon de talc en espérant qu’il fasse des miracles. Phil fait les premiers kilomètres en danseuse pour ne pas avoir à s’assoir sur la selle.

VTT sur la piste en Finlande
VTT sur la piste en Finlande

Nous sommes enfin sec et c’est un confort inestimable.

Jusqu’à rencontrer ce marais à traverser impérativement avec le VTT sur le dos !! Horrible est un mot trop doux pour exprimer cette sensation de brûlure qui nous persécute depuis les frottements du vélo et du néoprène sur la peau. Rouler vite pour sécher vite ! la section s’y prête bien et nous faisons peu de déchets en orientation. Le porte bagage nous soulage énormément les épaules et le dos, il n’est un inconvénient que lorsqu’il faut porter, donc très peu sur cette section.

Dernière transition vtt avant la CO dans Turku
Dernière transition vtt avant la CO dans Turku

Les faubourgs de Turku se dessinent enfin

Bientôt la délivrance, une ultime section co en ville sur une carte historique. Nous prenons quand même le chrono pour vérifier les écarts avec les équipes qui vont désormais arriver. Les tchèques arrivent du vtt et nous nous cachons derrière nos caisses vélos pour qu’ils n’aient pas trop envie de courir sur cette section. Ça se jouera à … 3’ ! 106 heures de courses et 3’ en notre faveur nous permettent de nous classer 6° de cette course absolument fabuleuse ! Les 5 équipes devant nous sont scandinaves et connaissent le terrain de jeu. 3 sont classées parmi les 10 meilleures équipes du monde, 1 a un ancien champion du monde dans ses rangs. Nous venions sans prétention, pour vivre une formidable aventure humaine, pour apprendre.

L’objectif est plus que réussi.

Arrivée du raids aventures à Turku
Arrivée du raids aventures à Turku

Conclusion sur notre participation à la coupe du monde de Raids Aventures en Suède

Au-delà de la course la rencontre avec les 5 autres équipes françaises a été formidable du début à la fin, l’équipe de Staffan a réussi à nous souder pour que nous puissions dire tous ensemble « on y était ». L’apothéose sur le ferry qui nous ramène de la Finlande vers la Suède avec une soirée sur le dance floor pour certaines et certains, à se faire éclater les ampoules.

Mon bilan carbone annuel est plus que mauvais avec deux déplacements en avion, on tachera de corriger le tir en 2019.

Ce raid se glisse sans hésiter dans mon top 2 avec les championnats du monde 2012 sur le RIF. J’ai déjà hâte de pouvoir retourner là haut, chez les Vikings, avancer dans les marécages avec de l’eau jusqu’aux épaules ou ouvrir la bouche sous la lune pour laisser rentrer une gorgée de Baltic Water.

Merci les copains d’avoir partagé ça, d’avoir été vous-même y compris dans les moments difficiles, je suis vraiment fier d’avoir fait ça avec vous !

Matériel utilisé lors de la coupe du monde des Raids Aventures en Suède

Equipement Kayak utilisés lors de la coupe du monde des Raids Aventures en Suède

CatégorieNom du modèleMarquePourquoi avoir fait le choix de ce modèle au départEst ce que ce choix a répondu à cette expérience raconté dans ce roadbookSi c’était à refaire
VESTE KAYAKSK500TRIBORDImperméable, coupe-ventouiFait très bien son travail même après un passage à l’eau. Très bon rapport qualité prix.
LYCRA KAYAK PROLIMITLight, suffisant sous vesteouiPar temps froid, sera remplacé par un lycra doublé polaire à manche longue de chez Typhoon.
PAGAIE ZASTERAPale creuse, lightouiParfaite pour la longue distance, carbone kevlar afin d’allier rigidité et souplesse afin d’éviter les tendinites.
PORTE CARTE ETANCHE SILVALight, transparent 2 facesouiTrès léger et permettant de voir sur les 2 faces (évite un changement de carte).

Equipement VTT utilisé lors de la coupe du monde des Raids Aventures en Suède

CatégorieNom du modèleMarquePourquoi avoir fait le choix de ce modèle au départEst ce que ce choix a répondu à cette expérience raconté dans ce roadbookSi c’était à refaire
VTTScale 910SCOTTLe mienOuiTop vtt light, idéal pour le raid
PORTE BAGAGEPack’n pedalTHULELightOuiTop pour soulager les fesses du poids du sac. Ne bouge pas même sur des chemins défoncés.
CHAUSSURES VTTAlpinaMAVICConfortOuiPermet de marcher longtemps en poussant le vtt
GANTS VTT MAVICLight, protectionOuiTop gants !
CASQUE VTTScarabKONGLéger, aéréTotalementCe casque se fait oublier sur la tête et ne tient pas trop chaud même si le soleil tape fort.

Equipement Trek utilisé lors de la coupe du monde des Raids Aventures en Suède

CatégorieNom du modèleMarquePourquoi avoir fait le choix de ce modèle au départEst ce que ce choix a répondu à cette expérience raconté dans ce roadbookSi c’était à refaire
CHAUSSURES COURSE À PIEDUltra RaptorLA SPORTIVATenu au pied, adhérenceouiJe reprendrais ces chaussures car elles ont une excellente adhérence sur rocher mouillé et un amorti très bon sur le long. Un must.
CHAUSSETTE TREKTrek lightX SOCKSConfort sur du longOuiLe must de la chaussette pour sorties longues
BÂTONS TREKCompactFIZANLight, solidesOuiLégers (158gr) et très robustes ! Prix très abordable

Equipement Swimrun utilisé lors de la coupe du monde des Raids Aventures en Suède

CatégorieNom du modèleMarquePourquoi avoir fait le choix de ce modèle au départEst ce que ce choix a répondu à cette expérience raconté dans ce roadbookSi c’était à refaire
COMBI SWIMRUNTriathéliteSPEEDOLégèreouiCoupée au jambe pour mieux courir

Autres matériels utilisés lors de la coupe du monde des Raids Aventures en Suède

CatégorieNom du modèleMarquePourquoi avoir fait le choix de ce modèle au départEst ce que ce choix a répondu à cette expérience raconté dans ce roadbookSi c’était à refaire
BAUDRIERMomentumBLACK DIAMONDConfort, légerouiLargement suffisant pour le petit rappel de départ
DESCENDEURAtcBLACK DIAMONDSimple, fiableouiCoince si cordes trop grosses

Vêtements utilisés lors de la coupe du monde des Raids Aventures en Suède

CatégorieNom du modèleMarquePourquoi avoir fait le choix de ce modèle au départEst ce que ce choix a répondu à cette expérience raconté dans ce roadbookSi c’était à refaire
VESTE ÉTANCHEAlpinism lightSIMONDLightOuiTrès compacte et efficace. Top
PANTALON ÉTANCHE RABLightOuiTrès compact, efficace, zip tout le long pour enfilage aisé.
CHAUSSETTE ÉTANCHE SEALSKINZProtection vttOuiParfait lorsqu’il pleut en vtt
SURGANT ÉTANCHES QUECHUAPrixOuiSuffisant lorsqu’il pleut pour protéger les gants

Autres équipement indispensable utilisés lors de la coupe du monde des Raids Aventures en Suède

CatégorieNom du modèleMarquePourquoi avoir fait le choix de ce modèle au départEst ce que ce choix a répondu à cette expérience raconté dans ce roadbookSi c’était à refaire
CAMERAAtc9kOREGON SCIENTIFICFull HD, étanche.moyenManque de stabilité, pas facile à allumer. Peut-être plutôt prendre une Go Pro (Héro 4 ou 5).
SACAS2OUTHERETrès pratiqueouiSac fait pour le raid, un peu lourd mais bourré d’accessoires et de rangements.
DUVETBigPackLAFUMATrès lightouiSuffisant pour des températures fraiches. Si plus froid, je m’orienterai vers un duvet performant comme le Valandré Swing 500.
LAMPE FRONTALEXeraGEMINIPuissance AutonomieouiParfaite à pied et en vtt

3 commentaires

elsa 11 novembre 2018 - 21 h 55 min

Beau récit et belles photos!!!

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Olive 11 novembre 2018 - 23 h 01 min

Bravo mon Phil !

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Valentin 3 janvier 2021 - 11 h 17 min

Merci pour ce partage, et bravo pour cette aventure, vous êtes des guerriers!

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