Randonnée au Maroc autour du Mont M’goun

par Expérience Outdoor

Florian Desjouis nous raconte son voyage au Maroc dans le massif M’goun.

Informations sur le massif du M’goun au Maroc

Date :

Septembre 2009

Participants :

Attia Gwendoline
Desjouis Florian
S. Olivier : 26 ans, ingénieur en géophysique, palois éperdument amoureux de son massif, les Pyrénées, dont il a fait la traversée par la haute route à 20 ans. Pratique assidûment la randonnée mais tend à évoluer, en douceur, vers un peu de polyvalence (ski de randonnée, escalade).
M. Grégory : 26 ans, interne en réanimation à Bordeaux, pratique la montagne en ski de randonnée, en alpinisme et en randonnée à pied. Grosse condition physique pour cet ancien compétiteur de haut niveau en natation, il partait souvent se rajouter quelques mètres de dénivelée après les journées de randonnée durant le trek.
C.Marie : 25 ans, interne en neurologie à Bordeaux. Une personne brillante qui excelle dans tout ce qu’elle entreprend : musique, études, sports, elle s’est consacrée successivement à ces domaines toujours avec un grand succès. Etant plus jeune, elle a pratiqué la montagne à la dure avec ses parents ce qui a pour conséquence une modification sensible de la notion de confort : un bivouac avec tente ET matelas lui semble être la quintessence du confort, c’est dire que ce trek a dû lui sembler reposant.

Lieu :

Maroc, Haut Atlas (partie centrale), province de Ouarzazate, massif du M’goun
Depuis Montpellier :
Nous avons choisi l’option Ryan air depuis Marseille (http://www.ryanair.com/fr/vol-low-cost-marseille-france-marrakesh-maroc), nous en avions eu pour 120 euros/pers pour l’aller-retour auquel s’ajoute le trajet Montpellier Marseille en voiture (1h30 l’aller, 7 euros l’aller) et le parking MP2 (parking low cost réserver à l’avance +++ !), une cinquantaine d’euros pour 15 jours. Donc par personne, l’aller-retour Montpellier Marrakech a couté 150 euros/personne.
Pour les trajets depuis Marrakech, le guide embauché (Aziz : cf coordonnées un peu plus bas) pour le trek a tout pris en charge, donc le consulter pour les tarifs.

Bibliographie :

– « Maroc : treks, randonnées, balades, culture, nature » de Vincent Geus. Informations nombreuses et fiables, très utile si l’on veut préparer un trek au Maroc.
Site internet ayant aidé :
– voyageforum.com : je l’utilise quasiment pour tous mes voyages. Une question d’ordre général ou sur un thème bien précis, vous obtiendrez certainement une ou plusieurs réponses assez rapidement en général. Chaudement recommandé.
Vous trouverez plein d’information sur le Maroc avec le guide de voyage Lonely Planet.

Séjour randonnée Guide de voyage Lonely Planet Maroc

Quoi d’autre à faire dans les environs :

Coordonnées Aziz :

Guide Organisateur Voyages & Tourisme Solidaire
Mhamid 5 N° 230 CP 40000 Marrakech
Tel Portable: 00212 668 128 545 00212 668 128 545 / 00212 661 873 544/ 00212669708585 00212669708585
Tél Fixe: 00212 524 372 002 00212 524 372 002 Skype: etoileberbere
Email: abdoutreking@yahoo.fr ou sur Msn: etoileberbere@hotmail.com
Site Web: www.voyage-randonnee-maroc.com
Sérieux et sympathique, je le recommande !

Randonnée dans le massif du M’goun au Maroc

Après notre séjour escalade à Taghia, nous allons retrouver nos amis palois pour amorcer notre trek. Nous attendons sous une chaleur accablante au milieu de nulle part, à Azilal plus exactement, débarqués par le bus qui nous a déposés sains et saufs après un trajet un peu aventureux.
Les regards des marocains sont insistants sans être agressifs : surtout de la curiosité, peut-être un peu plus car je sens bien que les yeux se dirigent plus facilement vers Gwendoline et sa tenue d’été. Un gros 4×4 conduit par notre guide Aziz arrive, déjà plein de sacs : cela ne nous effraie pas plus que cela car ces sacs, ce sont les mules qui vont les porter !
Avant d’entamer le trajet en voiture, Aziz nous invite dans sa famille pour que l’on se restaure : l’accueil est chaleureux, je ne me lasse pas de ces grands salons synonyme de convivialité. Une grande table remplie de mets variés colorés et que l’on imagine « goûtus », des banquettes confortables recouvertes de coussins etc… Il fait frais dans cette grande pièce lumineuse, je me laisserais bien aller à siroter paisiblement le thé en compagnie de cette troupe sympathique, et pourquoi pas de sombrer dans un demi sommeil.

Nous repartons

Repus pour un bon bout de temps. En effet, l’omelette aux tomates et épices, les pâtes et le melon nous ayant été servis avec générosité. Le 4×4 est confortable, nous rejoignons rapidement le départ du trek, à Aït saïd. 4 muletiers nous attendent, les mules seront rapidement chargées. Nous entamons nos quelques heures de marche avec un peu d’avance sur nos compagnons de route, en traversant de grandes étendues cultivées, sous un ciel de plus en plus menaçant. Quelques minutes plus tard, une pluie d’orage s’abat sur nous. Nous marcherons encore 2 heures sous une pluie battante, trempés jusqu’aux os, les vestes étant au fond des sacs sur les mules pour la majorité d’entre nous.
Les muletiers nous dépassent en trottinant en tong derrière leur animal respectif, pressés par la pluie. Au bout de 2 heures 30, les muletiers que nous distinguons au loin s’arrêtent en face d’une bergerie. La pluie ne s’est pas affaiblie, le montage des tentes serait vraiment pénible. Pas de problème pour le propriétaire, il accueillera les 10 nouveaux arrivants avec plaisir : bonne nouvelle. Nous nous retrouvons face à une scène digne de la bible. Un homme à la peau ridée et tannée par le soleil, et son jeune fils, se reposent au centre de la bâtisse dans une grande pièce recouverte de paille, où se retrouvent moutons et brebis. Ils sont éclairés par une lampe à pétrole dont la lumière chatoyante nuance la rudesse du lieu. L’odeur est très forte pour notre odorat sensible d’occidental, mais avec les heures l’accoutumance se fait.

Voici notre première nuit dans une auberge Marocaine - 2009 - CP. F. Desjouis - M'goun

Accueil très chaleureux des habitants – M’goun

1er bivouac: entre brebis et paille souillée

En quelques minutes, les pièces adjacentes sont recouvertes de nattes, matelas et duvets : on se serre les uns aux autres, éclairés à la bougie, l’endroit est douillet. Notre cuisinier nous prépare notre soupe et notre tajine dans de grosses casseroles reposant sur des bouteilles de gaz couvertes de rouille. Le repas est succulent, il l’est toujours après une bonne rincée ! Eux ne mangeront pas tout de suite, Ramadan oblige.
A la fin de repas, Aziz se joint à nous pour discuter, parler de lui. Il nous parle de son projet de se présenter pour une nouvelle fois au marathon des sables, son entrainement, les difficultés à trouver des financements pour une épreuve qui coûte cher. Troublante impression que celle d’un discours bien rôdé qu’il doit resservir à tous ses clients le premier soir. Pour gagner en crédibilité, pour gagner notre respect. Comme si ce respect ne pouvait passer que par le biais d’une performance. La soirée s’écoule doucement, nous n’éteindrons pas très tard ce soir.

Le lendemain

Après un réveil matinal, et un petit déj kiri/thé vite avalé, nous amorçons notre journée sous un ciel bleu d’une limpidité absolue, lavé, rincé par l’orage de la veille. Pas de stress, on se laisse guider, les sacs sont légers, on se balade le nez au vent. Aziz nous présente la région, sa faune et sa flore, ses coussins de belle-mère. Un petit arbuste tout ce qu’il y a de plus épineux. La chaine du M’goun est bien enneigée, fraichement saupoudrée, c’est magnifique. Arrivés au col, le temps se gâte, la chaîne de montagnes et ses innombrables vallons à la symétrie parfaite ont disparu dans la masse de nuages.
Nous espérons tous que cela s’arrangera demain, un peu inquiets tout de même. Nous arrivons à 13h au camp, nous ne sommes pas les premiers : ce tour est un classique, il ne faut pas rechigner à être entourés d’autres groupes. Après un repas chaud pour le déjeuner (quand on vous dit que c’était « confort »), on se prélasse dans la tente mess en compagnie d’Aziz et de nos muletiers. Entre partie de mikado, lecture, cartes, l’après-midi déroule dans une atmosphère fraiche et humide bien que conviviale. Aziz nous reparle de son marathon, nous fait passer la plaquette, nous raconte quelques anecdotes : il est certainement aussi bon athlète qu’il est commercial.

Splendide vue de la chaîne du M'goun au petit matin - 2009 - CP F. Desjouis

Splendide vue de la chaîne du M’goun au petit matin

Au petit matin de deuxième jour, la chaîne du M’goun apparait, saupoudrée de la veille.

On se lève, l'air est frais, - 2009 - CP F. Desjouis - M'goun

La plaine à perte de vue – M’goun

Notre petit déjeuner sous la tente - 2009 - CP F. Desjouis - M'goun

Avant notre montée – M’goun

2eme bivouac, au pied de la chaîne du M’goun, l’atmosphère est fraiche

Préparation du repas avec du matériel ayant déjà bien vécu.
Réveil 4h30 : impatient de voir l’état du ciel, on se lève rapidement. Il fait encore nuit noire mais on distingue de grandes nappes d’étoiles, entre 2 nuages. Le feu vert est donné. 5 h30, on amorce la montée en douceur, les filles trainent franchement derrière, Aziz leur rappelle que « aujourd’hui on ne va pas au souk mais au M’goun ».
La montée se déroule sur un sentier à flanc, aucune végétation ici, du minéral à perte de vue. Les nuages passent, s’accrochent, nous les traversons, nous les dépassons. On joue au chat et à la souris durant une bonne partie de la matinée. Au bout de quelques heures, nous atteignons les premières neiges, fraichement tombées. Le soleil perce entre les nuages, ces grands et vertigineux cirques blanchis sont simplement beaux, un peu impressionnants aussi. Nous traversons sur des crêtes en direction du M’goun pendant près de 2 heures, le froid et l’humidité ont depuis longtemps traversé les chaussures, on ne sent plus trop nos pieds.

L’altitude

Commence à se faire sentir, le palpitant s’affole au moindre dénivelé, la cadence et l’amplitude des foulées diminuent. C’est sous une lumière blafarde que nous arrivons sur le sommet du M’goun, 4068 m. C’est magnifique, les sourires sont sur les lèvres, nous sommes les premiers à arriver au sommet, dans le calme absolu. Nous savourons notre moment tous ensembles, on déguste les chouchous qu’Aziz nous sort de sa poche.
Nous redescendons ensuite droit dans les pentes à l’aplomb, dans la neige. On se laisse aller à allonger les foulées, à se doubler les uns les autres, la course s’engage entre Aziz, Greg et moi. La logique est respectée, le local gagne l’étape, de peu. Les filles sont loin derrière. Nous récupérons un sentier qui nous amènera à une petite source. Nous nous y arrêtons, le temps d’un pique nique savoureux et d’une sieste chauffée par le soleil. L’après-midi s’achèvera avec la redescente sur le camp suivant : les mules ont pris un chemin plus direct, quand nous arrivons tout est prêt, tente, matelas, thé, gâteaux… On va finir par s’empâter !
Dans la soirée, 2 mules s’enfuient : une seule est à nous. Olivier cherche à les rattraper, pense que les 2 nous appartiennent. Seul la mule étrangère à notre groupe continue sa course, l’autre rentre paisiblement. Olivier, plein de bonne volonté, s’entête à poursuivre cette mule qui l’amènera à près d’une heure du camp ! Finalement, il rentrera seul, penaud, presque honteux alors que tout le monde était resté sagement au camp où l’ensemble de nos mules paissent calmement.

C'est le matin, on peut voir la chaîne couverte - 2009 - CP F. Desjouis - M'goun

Mais cela nous arrête pas – M’goun

J3, jour du sommet, la chaine au petit matin est bien prise dans la pouasse.

Le voile de nuage a disparue - 2009 - CP F. Desjouis - M'goun

Magnifique ciel bleu – M’goun

Entre grand bleu et nuages, le temps varie sans cesse: l’atmosphère n’en est que plus belle.
Traversée des crêtes sous un temps couvert - 2009 - CP F. Desjouis

Grisaille – M’goun

Longue traversée en direction du sommet, le long des crêtes bien enneigées.
Voici le sommet de la Chaîne M'goun - 2009 - CP F. Desjouis

Sommet de la Chaîne M’goun

Le sommet en vue, entre 2 nuages: tout le secteur est largement propice (et pratiqué) au ski de randonnée à la bonne saison : très tentant.
 Nous voici enfin sur le sommet, nous savourons notre arrivée, et apprécions la vue que nous avons malgré le temps couvert - 2009 - CP F. Desjouis
Arrivée au sommet sans problème, on savoure notre solitude provisoire.

Notre descente dans les vallons de La chaîne - 2009 - CP F. Desjouis Redescente rapide dans les vallons arides

Réveil à 7h : le soleil vient nous sortir de notre torpeur durant le petit déjeuner. Une belle étape nous attend aujourd’hui. Ainsi, nous commençons par suivre le lit du fleuve, bien sec en cette période. Nous nous suivons les uns les autres, à plusieurs centaines de mètres d’intervalles, bercés par nos pensées respectives. Entourés d’immenses parois, impressionnantes bien que peu raides nous nous baladons entre les cheminées de fées et demoiselles coiffées. La terre y prend des teintes verte, violette, orangée. Nous louvoyons dans la gorge entre les petites cascades et les gros blocs charriés par le fleuve ses jours de crues. Le lit de la rivière s’élargit ensuite pour faire plusieurs centaines de mètres, le cadre est vraiment majestueux.
On aperçoit au loin une mule et son chargement au sol. Arrivés à son niveau, on retrouve Mustapha qui s’affaire pour nous préparer notre pique- nique. Digne d’un banquet. Une grande nappe colorée est étalée au sol, un grand saladier rempli de dizaines de fruits et légumes de toutes sortes nous accueille. Un régal. Des chiens errants aboient avec hargne au loin, au milieu de nulle part.  Des berbères sont installés non loin de là. Nous croiserons leur habitat, plus proche d’une grotte aménagée que d’un confortable lieu de vie. Certainement une vie des plus rustiques, étant livrés à eux-mêmes, des préoccupations quotidiennes bien différentes des nôtres. Nous poursuivons notre chemin, l’odeur des genévriers morts et humides nous exalte.

Une grande prairie à l’herbe rase nous accueille ce soir

Le déclin du soleil embrase les nuages qui persistent dans le ciel. Ce soir nous nous délecterons d’un tajine de légumes aux pruneaux et citrons confits. Pour finir, les oranges à la cannelle viendront clôturer le repas, la soirée s’achèvera par des parties de cartes endiablées, les 10 ensembles.

Chèvre entrain de brouter un coussins de belle-mère - 2009 - CP F. Desjouis
Les fameux coussins de belle-mère se font brouter, à défaut d’autres choses.
Un beau secteur qui donne envie d'escalader mais non praticable - 2009 - CP F. Desjouis

Ne rêver pas, ces belles cheminées de fées ne sont pas grimpables (c’est de la terre compactée).
Paysage marocain qui coupe le souffle - 2009 - CP F. Desjouis Paysages grandioses…

La grandeur des gorges - 2009 - CP F. Desj
 Le tonnerre gronde, l’orage nous poursuit dans ces immenses gorges encaissées.

Cette nouvelle journée commence sous un soleil de plomb. Nous avons perdu pas mal d’altitude et cela se ressent. Nous avançons tranquillement dans un cadre qui oscille entre montagne et désert, la chaîne blanchie du M’goun en toile de fond. L’atmosphère est sèche, le soleil tape fort. Nos muletiers se reposent sur le dos des mules, qui se voient dotées d’un sacré supplément de chargement. Nous croisons une famille de nomades en pleine transhumance, avec leur troupeau de chameaux, une bonne dizaine : impressionnant. Après quelques heures, nous arrivons au col qui nous fera basculer dans des régions plus hospitalières.

Le panorama

Il est fabuleux. Au milieu de cet immense désert de collines arides louvoie une coulée verdoyante en fond de vallée, suivant au plus proche le trajet du cours d’eau. La simple vue de cet immense torrent de verdure nous offre une sensation de fraîcheur. Au loin nous distinguons le village où nous bivouaquerons ce soir. Une belle surprise nous attend en cours de descente. En effet, nous retrouvons un de nos muletiers sous un immense olivier sous l’ombre duquel notre banquet est installé. Délicieux moment dont on se délecte, les facilités et le confort de ce type de tourisme sont des atouts non négligeables !
Ensuite nous repartirons repus pour rejoindre rapidement les immenses chênes qui protègent les bâtisses du premier village. Notre camp est préparé, notre retour à la civilisation se fait en douceur. La soirée est agréable, le repas agrémenté des bons légumes frais du village, seul nos genoux supportent de plus en plus mal la position en tailleur.

Nous nou trouvons dans le désert minéral, un no man land hostile - 2009 - CP F. Desjouis
Désert minéral, terres hostiles.
J5, arrivée au col avec en toile de fond les nuages qui s’accrochent aux reliefs se trouvant dans la continuité de la chaîne du M’goun.
Magnifique photo qui montre au loin la chaîne du M'goun - 2009 - CP F. Desjouis
Au loin la chaîne du M’goun.

J5, redescente du col, notre banquet nous attend sous un de ces gros oliviers.

Une nouvelle journée s’amorce, l’avant dernière du trek. L’atmosphère est très différente. Nous nous baladons entre les champs de culture de fruits et de légumes, nous traversons des petits hameaux calmes et ombragés, on se sent bien ici aussi.
Aziz nous cueille des pommes trop vertes et des noix pas assez mûres. Mais peu importe, cela nous fait sentir la richesse de cette oasis après ces quelques jours passés dans l’aridité des montagnes. La balade se ponctue de petites pauses, à discuter, à grignoter, à observer : un autre rythme. Finalement la journée s’écoule, nous arriverons tout de même en fin d’après-midi au camp, au bord d’un cours d’eau. Dernière soirée en tente du trek.

Voici Aziz notre guide, entrain de cueillir des baies - 2009 - CP F. Desjouis

M’goun

Aziz fait ses courses au marché.

Voici un contraste de lumière parmi les montagnes - 2009 - CP F. Desjouis

M’goun

Contraste et lumière de septembre.
Ruisseaux qui s'écoulent à travers les champs des plaines marocaines - 2009 - CP F.Desjouis

M’goun

Une certaine quiétude se dégage de ces champs verdoyants et de ces ruisseaux zigzaguant entre les champs.

Petite parcelle de culture verte parmi les géants gris - 2009 - CP F. Desjouis

M’goun

Les parcelles de culture illuminent les vallées.
Une étape assez semblable à la veille est au programme aujourd’hui, on déambule entre chênes, figuiers, pommiers et potagers colorés. C’est vraiment beau, tellement en décalage avec les jours passés. Le midi sera encore l’occasion d’un festin. Pâtes aux œufs et légumes mijotés, raisins et grenades en dessert, thé à la menthe sauvage en digestif. Il faut reconnaître que les fins gourmets français sont satisfaits !
C’est sous un ciel menaçant que nous repartons vers Agouti pour retrouver notre gîte. Nous profitons des douches chaudes et des salons confortables pour nous prélasser en attendant le lait frais et les pommes mixées en guise d’apéritif. Le couscous ne suivra pas loin derrière. La dernière soirée est joyeuse et le sommeil qui suivra bien paisible.

Se termine notre trekking au Maroc, l'équipe se pause pour savourer cette vue et la douceur de l'atmosphère - 2009 - CP F. Desjouis

M’goun

Tout le monde savoure cette fin de trek tout en douceur.
Magnifique contraste entre la verdure et les montagnes - 2009 - CP F. Desjouis

M’goun

Royaume des contrastes.

Le Trek

J1 : Départ d’Agouti, traversée d’Aït saïd, bivouac le long de l’Assif n Arous, vers 2100 m d’altitude.
J2 : remontée le long du Timratine, passage du col d’Aghouri est à 3350 m puis redescente sur le plateau au pied de la chaine du M’goun : bivouac à côté du refuge Tarkeddit, à 2950 m.
J3 : Ascension du M’goun (4068 m) puis redescente au bivouac au départ de l’Assif n’Oulilimt (2800 m)
J4 : On suit l’Assif n’Oulilimt jusqu’Ain Alfaffal (2250 m) : beaucoup de longueur.
J5 : Traversé du Tighremt n Aït Ahmed, passage du col Tizi n Aït Imi, puis redescente à Aït Imi où se trouve le camp.
J6 : Balade en fond de vallée, on traverse Ibaqalliwn, Rbat, puis bivouac à Ifrane
J7 : Toujours en fond de vallée, dans l’autre sens et sur l’autre rive. Traversée de Timit et dernière nuit en gîte à Agouti.
Difficulté : rien d’extrême ! La plus longue étape était celle du M’goun, nous avons marché 10 heures environ. Le reste, nous marchions entre 6/7 heures, à un petit rythme : peut se faire beaucoup plus rapidement ! D’autant plus que les sacs sont très légers.

Marrakech

Marrakech, arnakech… Tout est dit. Connaissez-vous Marrakech ? Non ? Je ne sais pas si je dois vous conseillez d’y rester … Allez si, je vous conseille, pour voir ce que l’exploitation touristique poussée à son paroxysme peut donner. Ici, n’envisagez certainement même pas ne serait-ce qu’une discussion désintéressée : un renseignement ? 3 dirhams. Tu ne demandes rien ? 3 dirhams quand même. Tu ne veux pas acheter ? Comment oses- tu, cela fait 10 min que je te présente mon produit, tu me dois bien ça. Tu veux discrètement regarder les petits concerts donnée sur la place Jamaâ El Fna ? Attends toi à ce que le concert s’arrête, que toutes les têtes se tournent vers toi, et qu’un chapeau te soit tendu. Tant que tu n’auras pas payé, cela ne reprendra pas.
Tu aimerais établir des contacts d’égal à égal ? N’y compte même pas, au mieux tu seras perçu comme une simple et unique source de revenus, au pire ce sera accompagné de mépris. Tu veux déambuler tranquillement ici et ailleurs ? Impossible tu seras hyper sollicité, en permanence hélé, viens voir ci, achète ça… Et surtout ne pas culpabiliser de refuser, de rejeter avec fermeté ces 1000 sollicitations, ne pas s’inventer de besoins. Car ces vendeurs savent qu’en insistant démesurément, le touriste ne verra son salut que dans l’achat. Ne pas céder à ce jeu là, c’est ça qui entretient cette atmosphère déplaisante. Et ne croyez pas faire une affaire, si il vous le vende, c’est que vous avez perdu. Un tableau qui doit vous sembler un peu noir, il y a certainement des nuances, mais elles ne se trouvent pas dans le centre historique. Restez y 2 jours, pas plus.

Voyage organisé

Un mode de voyage que nous n’avions jamais expérimenté : le voyage organisé. Nous avons choisi de partir uniquement avec des amis, ne pas se greffer à un groupe semblait indispensable à nos yeux (un peu trop risqué en terme d’ambiance). Ce format de voyage a plusieurs avantages :
– Une évidente simplicité d’organisation : la seule chose dont vous devez vous préoccuper est de mettre un pied devant l’autre. Itinéraire, dormir, manger, tout cela est géré par le guide et ses muletiers.
– Un confort certain : les mules portent, donc forcément, le matelas est bien plus épais, la nourriture bien meilleure, les vêtements de change plus nombreux …
– Un lien avec des marocains : cet argument dépend énormément du guide, des muletiers et de l’organisation du séjour. Nous avons eu la chance d’avoir des muletiers aimables et efficaces, sachant ne pas tomber dans une trop grande cordialité qui sonnerait faux : quelques soirées sympathiques avec eux.
– Des sacs légers qui nous rendent plus aptes à profiter de ce qui nous entoure (en comparaison au trek au Pérou où effectivement les douleurs multiples et variés vous monopolisent l’esprit)
Après, il est clair qu’il manque ce qui me plait beaucoup dans nos activités :
– L’autonomie dans l’organisation de ce genre de trek. Parce que gérer l’itinéraire, la nourriture, la forme de chacun… c’est tellement plus savoureux et beaucoup moins « passif »
– Une dose « d’engagement » dans le sens où chaque décision doit être bien pesée et réfléchie, une prise de responsabilité enrichissante et excitante. L’étranger n’est pas la France en termes de secours !
Voilà, des arguments dans les 2 cas, cela dépendra énormément des goûts et des personnalités. Pour nous, je pense que l’on alternera entre l’un et l’autre, en fonction de la destination, des informations disponibles, du trek. Je penche quand même pour la deuxième solution, moins reposante mais bien plus enrichissante à mes yeux.

 Matériel utilisé dans le massif du M’goun au Maroc :

CATÉGORIE  NOM DU MODELE  MARQUE  POURQUOI AVOIR FAIT LE CHOIX DE CE MODELE AU DÉPART  EST-CE QUE CE CHOIX A RÉPONDU À CETTE EXPÉRIENCE RACONTÉ DANS CE ROADBOOK SI C’ÉTAIT À REFAIRE  
 SAC À DOS   campack 30 CAMP  RAS – Léger – Minimaliste – Plaque – Ouverture zippée verticale plastique rigidifiant le dos – Assez fragile (tissu assez fin s’use relativement rapidement pour une utilisation importante) : pas le genre de sac que l’on garde 25 ans. Un des premiers sacs où la simplicité primait, sans perdre en fonctionnalité : par contre le dos rigidifiait par une plaque plastique est une erreur car il vieillit mal. Mais les multiples contraintes qu’il subit lui font prendre des formes non physiologiques (creux et bosses qui deviennent franchement inconfortable). Pour conclure je prendrai le sac à dos que j’ai actuellement, le stratos 24 (Osprey), un sac vraiment très bon avec un confort exceptionnel, avec ce qu’il faut de petites poches/sangles etc pour une utilisation randonnée, tourisme citadin…
T SHIRT    Technique quechua  DECATHLON RAS  RAS  RAS
POLAIRE   Winstopper (modèle 2003/2004) LAFUMA RAS – Bien taillé – Protection moyenne contre le froid – Quelle est son domaine d’utilisation ? Une polaire dont je n’ai jamais réellement trouvé l’utilisation : quand il fait froid, elle n’apporte pas grand-chose, quand il pleut, je mets ma gore tex, quand il y a du vent, ma gore tex a une meilleur protection et cette polaire ne conserve que peu ma chaleur…  Inutile.
MICRO POLAIRE    Manche longue MILLET  RAS – Confortable : un tissu strech + un intérieur assez doux : ça le rend globalement très agréable, pour grimper mais aussi pour le quotidien. – Apport de chaleur correct : me semble plus chaud qu’une R1 PATAGONIA – Petite poche au torse : juste de quoi mettre la feuille du topo, bien pratique, surtout en montagne où on peut être amener à sortir la feuille au milieu d’une longueur. – Coupe au bras au peu surprenante : on flotte pas mal. Le reste de la coupe est très correct Ainsi je reprendrai le même, c’est clair.
VESTE GORE TEX   Stratosphere THE NORTH FACE  Rien a signaler  (je n’ai pas retrouvé le modèle, une gore tex ultra classique noire d’il y a 5/6 ans) Remarque : Je ne l’ai pas utilisée durant ce trek car nous n’avons pas eu de pluie ni de vent : dans tous les cas, pour ce genre de trek, la question de son intérêt se pose, notamment avec cette problématique du poids qui nous amène à faire le maximum de double utilisation. – s’il y a du vent : une doudoune coupe très bien le vent – s’il pleut : au bout de 30 min sous la pluie avec ma gore tex, je suis trempé. Je pense qu’il doit en être de même avec pas mal de veste. En conclusion je ne la prendrai pas, et je la remplacerai par un poncho grande taille (qui recouvre le sac au passage). En outre plus léger, beaucoup moins cher, protège aussi le sac (pas besoin de transporter de housse de protection), réellement imperméable, certes moins respirant mais l’ouverture en bas fait ventiler sous le poncho.
PANTALON STRETCH  Zipp off pant MILLET R A S Atouts : – bien taillé pour les hommes fins – très confortable (stretch) et léger – 2 poches zippées – Tellement pratique de pouvoir facilement basculer du mode short au mode pantalon, que ce soit en trek comme en voyage (température très variable dans les transports=> bus, train, avion…, et ici au Pérou toujours ce fort gradient de T°C) Inconvénients : RAS A chaque fois que je pars en voyage, je redécouvre ce pantalon et il m’épate. En effet, vraiment très adapté, apporte une réelle souplesse vis-à-vis des climats et des températures rencontrés, même (surtout ?) pour un voyage touristique plus « classique » (sans trek, escalade …).
CHAUSSURE   Chameleon MERRELL  R a signaler – Confortable – Solide – Poids (pas gênant dans ce type d’utilisation mais bien plus quand on les a pendu au baudrier ! Dans ce cas-là, je prends les speed cross de chez salomon => cf compte rendu trek Pérou par Gwendoline Attia)  Ainsi je reprends les mêmes.
 BONNET BLACK DIAMON  RAS  – Chaud (doublure polaire)  – Confortable  Un bon bonnet bien chaud mais dont la protection ne sera jamais aussi bien que le High point (the North face).
BÂTON EXPEDITION   Ski pôle BLACK DIAMON Indispensable en randonnée, encore plus avec des grosses charges sur le dos : on s’équilibre, on freine à la descente, on pousse à la montée : c’est ce qui m’a permis de terminer les treks en compensant au mieux mon genou douloureux.  Atouts :
– bâton pliant : indispensable quand on voyage pour le mettre sur le sac ! – mode de serrage à clip facile et fiable
Inconvénients :
– un baton pliant est un baton fragile : pour une utilisation rando, ça va, pour du ski de rando, c’est un peu limite (une chute sur la baton avec un peu de vitesse lui serait fatal je pense). – durant ma première saison de ski avec ces bâtons, j’ai rapidement perdus une rondelle (moyen pour une marque qui se revendique d’une certaine qualité) : j’en ai commandée une autre (au Yéti), et ce n’était pas le bon calibre : je me retrouve avec un bâton qui a une rondelle très haute sur l’axe. Vraiment pas top en neige un peu profonde. Donc globalement un peu décevant.
Finalement j’achèterais des bâtons avec le même type de serrage, avec une mousse sous la poignée et pas forcément BD puisque leurs rondelles ne tiennent pas !
LUNETTE DE SOLEIL   Panoramique LOUBSOL Rien a signaler Bon rapport qualité prix -Bonne protection pour les visages fins -Fragile : l’encoche qui permet de lier les branches au reste de la lunette casse assez facilement -Des lunettes bon marché, qui sont adapté à un grand nombre de situation avec un maintien au visage très correct pour les visages fins, indispensable en escalade.  Rien a signaler
 CAMEL Back 3l  SOURCE Rien a signaler – Fuit au bout d’un certain temps… Cela fait quelques années que j’utilise des camel back, différentes marques et je n’ai pas trouvé mon bonheur car il y a toujours un moment où cela va fuir… Donc je suis revenu à la bonne vieille gourde, plus fiable.
GANTS LÉGER   Windstopper RACER RAS – Très bon rapport poids/apport de chaleur – On conserve une bonne dextérité – Confortable Des bons petits gants que j’utilise en ski de randonnée, rando, vélo en ville… polyvalent, vraiment des bons gants.
CHAUSSETTE CUP’S    Rien a signaler Des vieilles chaussettes déformées par l’usure du temps, taillé trop grand… Choisissez bien vos chaussettes, c’est aussi essentiel que vos chaussures. Autre chose…
FRONTALE  Tikka XP PETZL   Rien A signaler Atouts : – AUCUN, si ce n’est les avantages « globaux » des frontales Petzl : compact, assez légère. Défauts : – N’éclaire vraiment pas assez pour marcher de nuit avec 2 leds, suffit pour bouquiner, manger à peu près. Conclusion je prendrai le temps de retrouver la PETZL Tikka Plus, cachée je ne sais où avant le voyage ! Avec ses 4 leds elle éclaire beaucoup mieux et en plus elle a le plastique rouge amovible pour lire sans aveugler son voisin.

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