Séjour randonnées au Pérou sur les traces des Incas: visite de Arequipa, Puno, Lac Titicaca, Cusco et Huaraz

par Expérience Outdoor

Avis et informations pour ce Trek au Pérou par Camille SEGUY .

Informations pratiques pour ce trek au Pérou sur les traces des Incas

trek au Péroutrek au Pérou

trek au Pérou

  • Date du trek au Pérou

3 semaines, du 02 juillet 2011 au 23 juillet 2011

  • Lieu

Pérou : Arequipa, Puno/Lac Titicaca, Cusco et Huaraz/Cordillère Blanche

  • Depuis Montpellier

Vol 2 escales Montpellier-Lima (un peu plus de 1 000 euros le billet aller-retour, compter une bonne journée de voyage)
Avion, train ou bus pour se déplacer entre les villes.

  • Participants

Camille et Antoine
En couple depuis environ dix ans, nous sommes animés tous les deux par la même passion du voyage, l’envie de découvertes, d’aventure et de choc des cultures !
Adeptes des activités de plein air, nous pratiquons le VTT, l’escalade et la randonnée. Nous pratiquons depuis peu l’alpinisme, et nous nous y sommes initiés dans nos chères montagnes pyrénéennes. Au cours des voyages, Antoine pratique la photographie et Camille immortalise les souvenirs dans des carnets de voyage.
Nous avons tous les deux la trentaine et habitons à Toulouse.
Le Pérou est un pays qui nous a conquis, et nous projetons de repartir en Amérique du Sud, pourquoi pas en Patagonie.

  • Où dormir au Pérou

Arequipa : Casa de Avila Hôtel ***, Av San Martin 116 Vallecito
– Auberge bien située au calme à quelques minutes à pied du centre historique
– environs 25€ la chambre pour 2 avec WC privatif
– De succulents petits-déjeuners fait maison et un personnel accueillant
– un cadre sympa, jardin et vue sur le volcan Misti
Puno : Totorani Inn Hotel, La Torre, n° 463;
– Environ 26 euros la chambre double, avec salle de bains privative
– personnel accueillant et disponible
– proposent et organisent différentes formules de périples sur le Lac Titicaca à des tarifs intéressants
– transfert gratuit depuis/vers l’aéroport ou la gare
Cuzco : Amaru Hostal I, Cuesta San Blas, n°541
– au calme dans le quartier haut en couleurs San Blas
– personnel accueillant et cosmopolite
– à deux pas de la place principale de Cuzco
– 33 euros la chambre double avec salle de bains privative
– transport gratuit depuis/vers l’aéroport ou la gare
– petit déjeuner inclus
– propre et bien entretenue
Lima : B&B de Kiké, Famille Manchego-Raya, Los Olivos,
– chez l’habitant, au calme, maison très propre, et couple très accueillant même pour une seule nuit
– 30 euros la chambre double avec salle de bains privative
– petit déjeuner inclus
– transfert gratuit à l’aéroport

Huaraz : Hotel Galaxia, Jr. Juan de la Cruz Romero n°638
– environ 18 euros la chambre double avec douche privative
– à proscrire selon nous : eau du robinet marron, néons de la chambre qui ne s’éteignent pas, bruyant et plutôt sale
Huaraz : Hostel El Tambo, Av. Confraternidad Oeste, n°122
– environ 20 euros la chambre double avec douche privative
– auberge de jeunesse très vivante, bonne ambiance
– trouvée sur place, pas besoin de réserver
– personnel dévoué et efficace pour trouver un médecin après intoxication alimentaire (!)
– peuvent mettre en contact avec des guides pour organiser des treks dans la Cordillera Blanca
– marielafm@yahoo.com
Humacchuco (Cordillera Blanca): Sueño Verde, Asociacion Turismo Familiar
Carretera Yungay Llanganuco, km 16
– environ 23 euros par personne : hébergement et pension complète
– Tourisme solidaire avec une communauté Quechua, logement chez l’habitant, fonds directement reversés à la communauté
– Randonnée à la journée jusqu’à la Laguna 69 dans la Quebrada Llanganuco (parfait pour l’acclimatation avant un trek)
– turismo familiar_2008@hotmail.com

  • Hébergement pendant le trek dans la Cordillera Blanca

Bivouacs libres déterminés par le guide et le muletier, pas d’emplacements déterminés, pas de réservation nécessaire.

  • Où se restaurer/où se réapprovisionner :

Toutes les villes citées ci-dessus possèdent des supermarchés/ échoppes/ marchés où l’on peut s’approvisionner.

Une mention particulière pour les marchés , très typiques, où l’on trouve à la fois du petit artisanat local, des fruits et légumes atypiques (plus de 500 variétés de pommes de terre !) et de très bons petits plats à emporter comme les succulentes « empanadas ».
Voici les restaurants qui ont retenu l’attention de notre estomac:
À Cuzco : La Bodeguita cubana, petit restaurant familial succulent dans le quartier San Blas, petits prix et assiettes copieuses, une super soupe de quinoa.
À Huaraz : Cafe Andino, Lúcar y Torre 530, ambiance cosy, très bons petits-déjeuners/desserts, internet et beaucoup de docs au sujet des treks à faire dans le coin. Un peu cher.

  • Office du tourisme

Infos et liens Internet pour les offices du tourisme de chaque ville
– Lima
– Cusco
Puno
– Arequipa
– Huaraz
Pérou en général

  • Bibliographie/ Liens internet

– le Routard Pérou et Bolivie 2011
– Lonely Planet Pérou
– Carte Topo procurée par le guide de notre trek
– Vols internes : compagnie Peruvian Airlines, réservé à l’avance depuis la France
– Bus : Compagnie Cruz del Sur

 Trek au Pérou

La destination de ce voyage ayant été tenue secrète pour Antoine jusqu’au dernier moment, et c’est avec grand bonheur qu’il a découvert quelques jours avant le départ la destination, le Pérou – vaste pays- et le programme qui allait avec.
Visiter un pays si grand et si varié en 3 semaines a forcément nécessité des choix. C’est pourquoi nous avons laissé tomber (pour cette fois !) la partie amazonienne et équatoriale du Pérou, pour consacrer la première partie de notre voyage à la visite des grandes villes , berceaux de la civilisation Inca puis de passer la seconde partie dans la Cordillère des Andes. Nous avons donc organisé un trek accompagnés d’un guide dans la région de Huaraz.

La première partie du voyage : Rencontre avec la civilisation Inca

Arequipa, Lac Titicaca et Cuzco
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Arequipa

Après quelques déboires dans les différents aéroports, des retards et des changements, nous arrivons enfin à Lima. Heureusement, nous ne ratons pas notre correspondance pour Arequipa, première vraie destination de notre voyage.
Nous foulons le sol de l’aéroport d’Arequipa, avec déjà un décor très atypique : un désert de cailloux bruns, une ville au milieu d’une minuscule plaine où serpente une rivière sortie d’on ne sait où, et encerclé par de hautes montagnes -des anciens volcans- le vénérable Misti et le Chachani. Petit aéroport au milieu de nulle part, ville tranquille au milieu d’un rude désert… Nous sommes prêts à partir à la découverte du Pérou, malgré les 7 heures de décalage horaire.

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Le monastère Santa Catalina sera notre première visite : ville dans la ville, ce monastère a été crée par les espagnols au XVIème siècle qui y envoyaient les filles de bonne famille pour vivre en recluses. Le dédale de ruelles, qui dessert les habitations, lieux de prière, fontaines, cuisines et jardins, témoigne de la vie de cette époque, une vie en autarcie, assez dévergondée aux dires de certains… les murs bleu vif ou rouge vermillon rendent le lieu très photogénique, pour notre plus grand plaisir !
trek au Pérou
Les gens que nous rencontrons à l’auberge de jeunesse, dans les taxis, les restos ou dans les rues sont très accueillants et attentionnés.
Nous visitons un marché couvert comme un musée ethnographique, appareils photos et dictionnaire à la main, comptons les multiples variétés de patates et achetons des fruits inconnus : « pepinos », « granadillas », mais aussi bananes et anones.
Fou rire avec un vendeur, quand on veut en savoir plus sur ces fruits, pour eux si banals : « Que hay dentro ??! » (Qu’est-ce qu’il y a dedans ??).

trek au Pérou
Le centre ville d’Arequipa est très animé ; taxis, voitures et piétons fourmillent autour de la « Plaza de Armas », qui ressemble étrangement à une plaza major espagnole avec ses arcades, ses fontaines, sa cathédrale et son format carré.
Les espagnols ont laissé leur marque dans cette ville péruvienne, comme dans beaucoup d’autres d’ailleurs… La langue la plus parlée est bien sur l’espagnol, mais le quechua, la langue des Incas, est toujours bien présent.
Pour ma part, je suis ravie de connaître suffisamment l’espagnol pour pouvoir dialoguer avec les locaux.
En fin de journée, direction Sachaca et son mirador qui permet de dominer la ville, son embrun de pollution et de toiser le superbe Misti. Le soleil se couche sur Arequipa.

trek au Pérou

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Nous quittons le fourmillement d’Arequipa pour aller à Chigualta, un petit village à 30 km de là. Nous prenons un « collectivo », bus d’une dizaine de places, qui contient en réalité plus de 15 personnes sans compter les enfants !
C’est le moyen de transport le moins cher, le plus convivial et le plus typique…Peut-être pas le plus sûr, mais on ne peut pas tout avoir !
La première impression est la même que quand nous avons survolé la zone en avion : c’est très sec !
On se demande comment la vie a pu s’installer ici. Le sol est aride, il ne pousse que des cactus et quelques eucalyptus, et les cours d’eau sont rares, minces et très sales…
Là encore les gens sont très accueillants, en particulier un villageois un peu éméché qui nous serre 5 fois la main, et que nous avons du mal à comprendre, ou encore cette femme avec ses trois enfants qui traverse le village pour rentrer chez elle.
Nous quittons Arequipa pour Puno, à bord d’un bus tout confort de la compagnie « Cruz del Sur ». Nous traversons le grand plateau andin, l’Altiplano et ses paysages désertiques à couper le souffle.

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Puno

Puno est une ville pauvre, aride mais tellement vivante. C’est le point de départ péruvien pour le lac Titicaca. La ville borde l’immense lac avec ses routes en béton, ses maisons en briques rouges apparentes (et pas celles de Toulouse !) et ses toits non finis avec ferrailles apparentes… si on économise assez, on construit un étage de plus…
Au milieu de tout ça, il y a des immeubles avec façades couvertes de verre, qui leur donnent un aspect un peu plus « luxueux ». D’un côté on voit le lac qui s’étend à perte de vue, de l’autre la ville est vallonnée et étend sur les collines avoisinantes ses maisons ocres et poussiéreuses… drôle de sensation.
Nous passons la fin de journée à boire des matés de coca, planifier les visites du lendemain et nous nous reposons pour nous acclimater à l’altitude (3 800 mètres).
Le mate de coca est une infusion de feuilles séchées de coca,

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directement arrivées de la « selva » (la jungle). C’est revigorant, mais selon nous ça a un goût de foin !
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Aujourd’hui, c’est croisière sur le lac Titicaca en compagnie des Uros !
Les Uros sont un peuple ancien qui vit sur le lac Titicaca, il a la particularité de construire des iles flottantes à partir des « totora », les ajoncs qui poussent sur les bords du lac. Les Uros utilisent les racines et les mottes de terre comme flotteurs, qu’ils arriment au fond de l’eau avec des cordes, et recouvrent le sol de roseaux.
Cela donne des iles artificielles, moelleuses et humides, et très écolos ! Les ajoncs sont la base de leur culture: ils fabriquent leurs iles mais aussi leurs maisons, leurs bateaux, les décorations qu’ils vendent aux touristes, ils mangent même l’intérieur de la plante et s’en servent de remède. Bien que les vrais Uros n’existent plus, des habitants de Puno perpétuent la tradition et accueillent continuellement des touristes pour expliquer ce mode de vie si original. C’est le lieu de pèlerinage des touristes, qui se retrouvent pour acheter un souvenir en « totora » et prendre une photo sur les bateaux de paille. Ici, bien qu’il faille savoir faire abstraction du monde, je ne regrette pas d’être venue sur le plus haut lac navigable du monde !

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Nous avons poursuivi notre exploration du lac Titicaca, avec un bateau rapide, et nous avons accosté sur l’ile de Taquilé. Cette ile compte 2 800 habitants, qui vivent en communauté de manière autonome. Nous avons appris sur ce peuple et ses traditions si caractéristiques, grâce à un guide amical.

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La vie est très codée à Taquilé : un homme marié ne porte pas le même bonnet qu’on célibataire ou qu’un veuf ! Nous avons appris que les bonnets à moitié colorés et à moitié blancs sont ceux des célibataires, car leur vie est à moitié remplie, il leur manque un toit et une femme. Ceux qui sont colorés jusqu’au bout sont ceux des hommes mariés… donc comblés ! Les veufs portent à nouveau le bonnet des célibataires (jusqu’à ce qu’ils se remarient !).
De même la position du pompon sur le bonnet a une signification : à droite, heureux et disponible ; à gauche, soucieux ; en arrière, pensif et occupé ; en avant, ça ne se fait pas donc « borracho » (bourré) ! Plus les nattes des femmes sont longues, plus elles sont symboles de beauté, s’il y a des pompons accrochés au bout, elles sont mariées. La taille des pompons symbolise aussi la beauté, mais qui détermine la taille des pompons… ? Le mystère reste entier !
Le repas a été magnifique, en plein air, face à la mer, enfin au lac, qui est tellement grand qu’on ne voit pas toujours les rives ! Nous avons dégusté une excellente soupe de quinoa, et une truite entière fraiche sans arrêtes… Au loin, nous apercevons la Bolivie.
Pour l’anecdote, les péruviens disent à propos du lac Titicaca qui est à demi péruvien, à demi bolivien, que la partie péruvienne est « titi » et la partie bolivienne est « caca »… la blague marche aussi en français !
Mais déjà, il est temps de partir. Nous quittons Puno en bus pour rejoindre Cusco.

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Cuzco

Nous en avons pour 7 heures de route dans un bus encore hyper confortable. Les paysages deviennent moins arides, la végétation gagne à mesure que nous descendons. Nous traversons des villages en pleine période de récolte : du maïs principalement, qui sèche sur des grandes bâches dans les cours de terre battue des maisons.
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Les campagnes sont toujours aussi  vivantes mais aussi très pauvres.
Nous visitons Cusco au coucher du soleil, en nous laissant aborder par les petits marchands de la ville. Les étudiants de la ville défilent en convois de chars colorés, ils sont déguisés et jouent de la musique, on suppose qu’ils fêtent la fin des cours.
Cusco est une belle ville, agréable, et en particulier le quartier ou nous logeons : San Blas. C’est un quartier vallonné, les ruelles sont étroites et grouillent de vie : touristes, locaux et alpagas s’y mêlent.
Cette ville accueille beaucoup de touristes mais aussi des expatriés occidentaux, il y a de nombreuses échoppes d’artisanat, on ne se lasse pas de parcourir ces petits marchés et d’essayer bonnet et autres bracelets.
trek au Pérou

En déambulant dans la ville et en lisant notre guide touristique, nous réalisons les ravages qu’ont fait les espagnols en s’accaparant le pays : ils ont pillé toutes les richesses, ont détruit le patrimoine et les lieux publics, ont anéanti la culture Inca.
Il en résulte une architecture de type espagnol ; sur des soubassements incas. Dans la rue de la fameuse pierre à 12 angles, on reconnaît d’une coté les murs incas impeccables et de l’autre ceux construits par les inca…pables ! (dixit un cusquenien !). Édifiant : l’original est toujours parfaitement droit, alors que la copie est proche de l’effondrement…
On dit que les Espagnols ont pillé au Pérou l’équivalent de 5 millions d’euros actuels en pierres précieuses, or et argent…
trek au Pérou

Nous avons enfin gouté le « cuy », ou cochon d’Inde, entier cuit au four. Le goût est particulier, la chair est parfumée mais un peu sèche et caoutchouteuse. Il faudrait l’essayer cuisiné d’une autre façon.
C’est un met de choix pour les péruviens, et il vaut son prix au restaurant. Servi entier dans l’assiette, le souvenir restera gravé dans nos mémoires !
La soupe de quinoa est toujours aussi exquise… Et le Pisco Sour, cocktail local à base de Pisco et de blanc d’œuf ne nous a pas convaincus.
Nous n’avons pas fini d’être surpris avec la cuisine péruvienne, tant mieux !

La ville de Cusco est elle aussi organisée autour d’une Plaza de Armas carrée, et d’une cathédrale imposante.
Il y a plus de 5 cathédrales dans cette ville qui compte 360 000 habitants.
La ville possède de nombreuses petites échoppes où il fait bon négocier les souvenirs.
Ici, les prix sont plus bas qu’en Europe mais plus élevés qu’en Asie. La qualité parait quand même mieux, c’est souvent de l’artisanat très local : bonnets tricotés à la main, en laine d’alpaga, ceintures tissées, boucles d’oreilles en cuir d’alpaga. C’est très coloré et toujours de bon goût !
Les femmes arborent toujours un chapeau, deux nattes tressées très longues, et des jupes qui semblent épaisses et lourdes. Les nuits sont froides en altitude !
Nous quittons Cusco le temps de rejoindre Pisac à 30km dans un bus « collectivo ». Pissac est un village calme, construit autour d’une Plaza de Armas qui accueille un marché très coloré, à l’ombre d’un arbre majestueux. C’est surtout un site inca très bien conservé, qui apprend beaucoup sur la culture inca, mais qui paradoxalement accueille très peu de touristes. Nous en sommes ravis, et nous supposons que le Macchu Picchu draine surement la majorité du flux de visiteurs, mettant d’ailleurs en péril sa conservation. Le site de Pisac fait partie de sites de la vallée sacrée des Incas et est le deuxième site le mieux préservé après le Macchu Picchu.

Ce site est perché sur des falaises qui dominent le village de Pisac, à une heure trente de marche ou 20 mn de taxi : nous choisissons l’option marche, persuadés – à juste titre – d’être plus tranquilles !
Cela en vaut la peine… Au cours de notre ascension, nous sommes rattrapés par Alberto, un ado de 14 ans, très sympa qui nous en apprend un peu plus sur ce site majestueux.
Le site est construit en étages, se succèdent les terrasses, les lieux de provisions, le Temple de la Lune et enfin, culmine le Temple du Soleil, qui est l’endroit le plus marquant du site.
Ces constructions incas et pré-incas qui datent pourtant du XIIIème siècle sont d’une impressionnante solidité… les terrasses en à-pic des falaises sont encore cultivées ; le système de drainage et d’arrosage fonctionne à merveille et le cadran solaire est toujours impeccablement droit.
Les incas étaient des experts en construction, et rien n’a bougé dans cette zone pourtant réputée sismique. Pour la première fois depuis le début du voyage, nous essuyons un orage, et une pluie chaude bienfaisante lave ces pierres millénaires. Le ciel gris laisse place à un bel arc en ciel ; avec le Temple du Soleil au premier plan c’est assez exceptionnel… Même la pluie est belle au Pérou !

Une telle ballade à 3 500 mètres d’altitude, ça creuse ! Nous terminons notre périple dans un petit resto ou plutôt chez une grand-mère amicale qui nous sert de délicieuses « empanadas » au poulet et au fromage sorties d’un grand four à pain… Dans un coin de la cour, des cochons d’Inde trottent dans une grande cage, on sait où ils vont finir !
Les péruviens sont amusés de savoir qu’en France, les cochons d’Inde sont des « mascotas », c’est-à-dire des animaux de compagnie qu’on ne mange surtout pas mais qu’on offre en cadeau aux enfants !
Cusco et ses environs nous ont vraiment séduits. Retour en avion à Lima, qui n’est qu’une étape de notre périple. Nous prenons ensuite le bus (8 heures de route) qui nous amène au nord du pays, dans la cordillère Blanche, à Huaraz où nous attend notre guide Léo pour le trek de 6 jours.

Le Trekking dans la Cordillère Blanche

Arrivée à Huaraz en fin de journée, nous avons traversé des zones très variées : la cote pacifique désertique et la panaméricaine, les plantations de canne à sucre, les cultures de maïs, les villages isolés de la montagne, jusqu’à Huaraz, « Katmandou » des Andes, comme certains la surnomment. Huaraz est en effet le point de départ de nombreux treks, et est très occidentale par certains aspects.
Avant d’entrer dans le vif du sujet du trek, nous partons deux jours nous acclimater à Humacchuco.
Humacchuco est un petit village à 2h30 de route cabossée de Huaraz ; nous y allons pour nous habituer à l’altitude (3 200 mètres) mais aussi pour faire connaissance avec sa communauté de 130 habitants. Nous serons accueillis chez l’habitant – Jesus – et nous ferons une randonnée à la journée avec lui avec l’espoir d’apercevoir le Huascaran et le Huandoy, deux sommets « prestigieux » de la Cordillera Blanca.
L’accueil est chaleureux et sincère malgré notre retard, les maisons sont rudimentaires et propres, elles sont organisées autour d’une cour en terre battue qui dessert les 4 pièces : cuisine, et 3 chambres. Je suis gênée, je ne sais pas si je dois demander « Où sont les toilettes ? » ou « Y a-t-il des toilettes ? »… Ouf ! Elles sont dehors, dans le jardin, dans une petite cabane en bois minuscule. Pour toute cuvette, un moellon cylindrique en béton et pour toute chasse d’eau, une tasse de sciure… C’est sommaire, mais c’est mieux que de se cacher entre deux maisons !
Tout autour, des petits champs cultivés et des bêtes qui paissent tranquillement. Les habitants vivent de l’agriculture, et ce n’est pas toujours facile, ils sont tributaires de la météo, et les champs sont de moins en moins fertiles. C’est pourquoi ils se tournent progressivement vers le tourisme avec l’aide de partenaires locaux. Ils en sont à leurs débuts, et je leur souhaite que ça fonctionne, et qu’ils restent dans cet état d’esprit.
Les environs sont assez sauvages, il y a des petits lacs et des vestiges incas. Le Huascaran est caché dans les nuages, nous ne voyons que le Huandoy, pyramide presque parfaite, vu sous cet angle, il est très photogénique.
Au menu, truite frite hyper fraiche, riz et betteraves en salade, puis soupe de blé concassé aux légumes, tout est local, nous sommes repus.

trek au pérou

La nuit a été froide, nous avons entassé les lourdes couvertures. On se sentait comme deux huitres dans leur coquille !
De bonne heure nous prenons un petit déjeuner calorique : une boisson chaude au quinoa et à l’ananas, et des galettes de blé cuites à la poêle. Nous sommes prêts pour monter à la Laguna 69, notre « échauffement » avant le trek.
Le seul bémol est la météo, le temps est couvert depuis le début de la journée, et il se met à pleuvoir quand nous arrivons à la Laguna, ce qui nous empêche de voir le paysage, et notamment le glacier qui tombe dans le lac… la pluie est froide, nous mangeons au pas de course, Antoine est content de redescendre car il a mal au crane, c’est le « sorroche », mal des montagnes, de plus il s’aperçoit que le maté de coca n’arrange rien, voire empire les choses une fois le coup de fouet passé.
Nous quittons nos hôtes en leur promettant de faire de la publicité à leur commerce touristique naissant, nous les remercions chaleureusement et nous rentrons à Huaraz en collectivo, par la même route cabossée qu’à l’aller. Parfois, c’est mieux de ne pas être aux premières loges dans un collectivo… on voit moins la route !!
Pour l’hébergement, nous avons choisi la facilité : l’hôtel où travaille notre guide. Nous en sommes contents, il est « barato » (bon marché), convivial et très cosmopolite. C’est un peu une auberge espagnole !
Nous rencontrons notre guide, pour faire le point avant le départ. Léo a l’air très sympa et ouvert, il semble bien connaître la montagne, il a déjà fait une trentaine de fois le tour qu’on doit entreprendre.

Enfin le 14 juillet, jour du départ de notre trek

6h du matin, il va faire beau, les nuages du petit matin se dissipent, et la journée va être belle aux dires du muletier, Enrique, qui habite au pied des montagnes, joint par téléphone. Un autre couple de français nous rejoint pour faire le périple.
Pour entrer dans le parc protégé du Huascaran nous avons du payer 65 soles (environ 17 euros) par personne. La première étape de marche est assez courte : seulement 300m de montée et un premier bivouac à 3 600 mètres… nous entrons dans le vif du sujet !
Enrique le muletier nous rejoint, en compagnie de 2 ânes et un cheval chargés des caisses en bois et de nos sacs à dos…le premier bivouac donne le ton : une tente verte, petite et discrète, une tente jaune, tout aussi compacte mais plus voyante, et une grande tente haute et pointue grise sont arrimées à une terrasse à flanc de montagne. Le sol est pentu. Nous surplombons la vallée cultivée en terrasses, le village au loin, tandis que l’imposante Cordillera Negra nous barre l’horizon. Nous, nous partons explorer la Cordillera Blanca, sa jumelle.
Le premier soir avec Enrique et Léo est très agréable, ils préparent une succulente soupe avec plein d’ingrédients.
Nous sommes un peu gênés d’être si bien traités, et en même temps heureux d’être là avec deux inconnus qui vont nous guider pendant 5 jours dans les montagnes péruviennes. Leur tente est douillette, leur complicité certaine.

Pourquoi Cordillère « Blanche » et « Noire » ?
Les deux chaines de montagnes sont quasi parallèles, orientées dans l’axe nord-sud, elles se rejoignent en cordillère centrale au nord. Les deux cordillères culminent à environ 6 000 mètres, mais la Cordillère Blanche est beaucoup plus enneigées, ce qui lui vaut son nom : elle reçoit en effet de fréquentes précipitations venues de l’est, de l’Amazonie, et fait donc écran à la Cordillère Noire, non moins haute mais pourtant très rarement enneigée. Les précipitations venant de l’ouest – de l’Océan Pacifique- sont à l’inverse très rares car la mer est très froide et l’évaporation faible.

Deuxième jour de trek, la journée s’annonce rude

+1300m, – 350m de dénivelé, passage d’un col à 4850m (plus haut que le Mont Blanc !) et bivouac à 4 500 mètres d’altitude…
Le petit déjeuner est copieux, nos guides se montrent toujours aussi attentionnés.
Nous passons au bord de la Laguna Cullicocha, continuons à monter, le paysage devient plus rocailleux, nous passons le col à 4850m (enfin, 5010 mètres selon le GPS de Léo, donc on croit le GPS !puis nous entamons la redescente jusqu’à un ruisseau, où est établi le campement.
La journée a été belle, tant par la météo que par les paysages. Niveau physique, la rareté de l’oxygène est très perceptible et nous impose un rythme de marche très lent et très régulier. Les paysages sont magnifiques, les sommets environnants sont dentelés comme des couteaux, les sommets sont enneigés. Arrivés au campement, Enrique a déjà installé la « salle à manger ».
Le principe est le suivant : chaque matin, nous partons les premiers avec le guide après avoir mangé et rangé nos affaires tandis qu’Enrique démonte la grande tente et boucle les affaires sur le dos des bestioles. Il nous rattrape en cours de route, parfois très vite, parfois quand on s’arrête pour manger. Il ne s’arrête pas car le poids du chargement fatiguerait trop les bêtes statiques, il continue donc jusqu’au prochain campement défini au préalable avec Léo et monte la tente « Alpamayo » en nous attendant. Quand on arrive, nous n’avons plus qu’à monter notre tente, délasser nos chaussures et manger du pop corn salé bien au chaud… le luxe !

Arrivés au campement, Antoine a toujours mal à la tête. Léo et Enrique ne sont pas du tout inquiets, ils pensent – à juste titre- que la nuit de sommeil sera réparatrice. Antoine lessive ses chaussettes avec du savon bio en attendant d’immortaliser le coucher du soleil. La fraicheur tombe, les couleurs rougeoient, nous vivons des instants uniques…
Au menu ce soir, après la fameuse soupe, des truites fraiches frites ! On ne penserait pas à emporter ce genre d’aliments dans nos sacs à dos…et nous ne sommes pas au bout de nos surprises ! Les truites sont succulentes, accompagnées de riz vapeur de d’ocas. Les vêtements de trek ont une odeur de friture peu habituelle !
Nous avons vraiment de la chance d’être tombés sur de tels compères de route : Léo et Enrique sont des gens formidables : ouverts, serviables, de bonne humeur, et pleins d’humour, on rigole tous les jours. Le soir, sous la tente, en préparant le repas ou après manger, ils racontent les anecdotes des expéditions passées, en espagnol, je n’en perds pas une miette (j’essaie du moins !).
Quand on pense qu’Enrique marche parfois en sandales sur ces chemins accidentés, et une fois chez lui, il doit cultiver ses champs pour nourrir sa famille, je pense qu’il ne connaît pas les trente-cinq heures ! Leur vie est incroyable, ces hommes ne se plaignent pas, ils font des exploits tous les jours, sans la moindre fierté, sans la moindre médaille…

Troisième jour de trek

Comme prévu, Antoine va mieux après la nuit de sommeil, il s’est acclimaté ! La journée sera plus facile que la précédente : +600m, – 400m de dénivelé ; mais plus longue en kilomètres.
Nous commençons par une montée un peu raide juste au dessus du campement.
Nous passons un col puis redescendons dans une pente sinueuse puis nous longeons un ruisseau qui mène au village « Alpamayo », du nom du sommet que nous allons voir. Incroyable, ce village est composé de quelques habitations en pierre, les habitants vivent de leur maigre récolte et vendent au marché le plus proche, à 2 jours de marche de là ! Cela parait invraisemblable à notre époque !
Enfin, nous remontons la vallée pour arriver au campement très connu de Jancarurish, par chance, il n’y a personne. L’Alpamayo nous offre le privilège de se dévoiler quelques instants avant de se laisser recouvrir à nouveau par de gros nuages blancs. Il est magnifique, pyramide parfaite d’un blanc immaculé, qui semble se laisser désirer pour mieux se faire apprécier.
Le replat de Jancarurish est le camp de base avant l’ascension de l’Alpamayo. Très peu pour nous, ce genre d’ascension ne s’improvise pas. Il culmine à 5 947 mètres.

trek au Pérou

Ce trek est vraiment super… dépaysant, enrichissant, éprouvant parfois aussi ! A cet instant, je souhaiterais aussi inviter Léo et Enrique en France, pour leur faire découvrir notre pays et en particulier nos modestes montagnes, les Pyrénées (dont nous n’avons pourtant pas à rougir !).

Quatrième jour de trek

Au moment de nous coucher, l’Alpamayo s’est enfin dégagé, ce qui nous a permis de faire des photos de nuit, avec les étoiles qui tournaient… « Peut-être la plus belle montagne du monde ? », s’interroge le routard, en tout cas les clichés sont superbes !
6h du matin Départ pour une montée de 600 mètres de dénivelé, qui nous amène au col le plus venté de toute la randonnée, le « Paso Cara Cara », à 4850m selon notre altimètre. Pour moi, c’est le col le plus impressionnant car le chemin serpente raide en zigzag dans les éboulis et se termine par une crête ventée plutôt hostile… Il caille ! Léo porte seulement sa veste polaire et son bob vissé sur sa tête tandis que je bénis mon coupe-vent!

Nous descendons vers une plaine verdoyante ou coulent des ruisseaux et ou paissent des vaches solitaires.
Partout autour, on voit des sommets.
Nous sommes fatigués, la montée au col a été laborieuse.
Nous faisons la pause déjeuner près d’un petit ruisseau ferrugineux, il y a à nouveau de l’herbe au sol et des fleurs.
Au loin nous apercevons des condors qui tournoient près des falaises. Nous longeons la plaine un moment pour monter ensuite à nouveau vers un petit col beaucoup moins venté, qui nous offre un panorama magnifique : en bas, une plaine et un ruisseau, et face à nous, des montagnes qui se dressent tel un miroir.
Aussi, nous descendons dans la plaine herbeuse, nous arrivons sur une piste, signe que la civilisation est proche, qui s’élargit ensuite en une vaste prairie ou broutent paisiblement des familles d’Alpaga. Alors nous scrutons ce grand espace qui s’ouvre à nous jusqu’à apercevoir la tente Alpamayo, la bien nommée !
L’option de rallonger vers une Laguna est écartée pour cause de fatigue.

Nous apercevons des maisons en pierre à 500 mètres de notre campement, c’est surement là qu’habitent les propriétaires des lamas que nous avons vus.
L’odeur du pop corn grillé nous attire dans la tente principale. Nous prenons notre courage à deux mains pour une toilette -plus ou moins sommaire selon les individus… bien que l’eau du torrent soit à peine à 10°, ca fait du bien de se laver, et d’aller ensuite se réchauffer dans la tente avec une tasse de maté à l’anis et des « palomitas de mais » (pop corn). Fou rire dans la tente avec nos deux compères, nous avons le même sens de l’humour, mais aussi une langue commune, l’espagnol, qui facilite les échanges.

Cinquième et dernier jour de marche

Leo et Enrique ont été réveillés en pleine nuit, lorsque la tente s’est affaissée sur eux… On ne sait pas exactement ce qui s’est passé cette nuit-là mais le mat de la tente a été tordu et même cassé à un endroit, ce qui les a obligés de réparer en pleine nuit. Enrique ne pense pas que c’était un animal ; dans ce cas, l’animal aurait foncé droit devant et aurait endommagé la toile de la tente.
Il soupçonne les fermiers d’être venus à dos de cheval, d’avoir attrapé le haut du mat de la tente avec un lasso et d’avoir tiré pour faire affaisser la tente, et montrer par là-même que nous n’étions pas les bienvenus sur leur « territoire ». Enrique est sur de lui, à cet endroit il ne gêne personne, et malgré les intimidations, il installera à nouveau son campement à cet endroit.
Aujourd’hui, c’est notre dernier jour de marche, il consiste comme presque à chaque fois, en une montée jusqu’à un col (« paso ») à 4750mètres d’altitude, puis une grande descente dans une vallée, avec le campement au bout.

trek au Pérou

Ce dernier jour est difficile pour moi, alors qu’Antoine est en forme. Je suis contente pour lui, c’est bon pour le moral. Même les ânes d’Enrique trainent la pate aujourd’hui, la montée jusqu’au col est herbeuse et ils s’arrêter constamment pour brouter, Enrique doit pousser des cris toutes les trois minutes pour les faire avancer… pas facile quand la pente est raide et le souffle court ! Mais Enrique assure.
Le col est minuscule et la redescente est aussi raide que la montée.
Nous descendons dans une vaste plaine cernée de montagnes, des vautours tournoient haut dans le ciel, on semble les déranger, nous comprenons bientôt pourquoi : une vache est morte depuis peu, c’est un festin assuré ! Mais tant que nous sommes dans les parages, pas question pour eux d’approcher.

En attendant, un faucon se régale. Nous piqueniquons au bord d’un superbe lac, deux canards andins viennent se bécoter.
Tout autour, il y a de magnifiques arbres au tronc rouge, leur écorce orangée ressemble à celle d’un résineux, ces arbres majestueux poussent très lentement, seulement entre 4000 et 4500 mètres d’altitude.
Après le repas, nous descendons encore, il n’y a plus de sommets enneigés aux alentours, nous pensons quitter pour de bon la cordillère, nous entrons dans une forêt luxuriante presque équatoriale, quand tout à coup, au détour d’un chemin nous nous retrouvons face à des sommets enneigés et un énorme glacier qui nous domine et se déverse dans un cirque majestueux. C’est au pied de ce superbe panorama que nous allons camper, pour notre dernier bivouac… nous n’en attendions pas tant !
Nous sommes donc au hameau de Jancapampa, au pied du superbe massif du même nom.
Pour atteindre le campement, il faut encore une fois traverser un torrent, mais celui-là est glacé, il descend tout droit du glacier et son débit est très rapide, il semble très profond. Pas question de le traverser comme la fois précédente, à pied ! Cette fois ce sera en équilibre sur des troncs d’arbres, la chute est interdite ! C’est un succès, cap sur le campement.
A notre arrivée, nous apercevons non seulement la tente d’Enrique, mais aussi deux autres petites taches colorées… Notre muletier bienveillant a monté nos deux tentes en nous attendant. Quelle gentille attention ! Une flopée de villageois nous attend aussi, assis devant la tente pour nous vendre bières et coca tièdes. Retour brutal à la civilisation !
A ce moment, je me demande ce que ces gens pensent de nous, comment ils nous voient… ils doivent se demander pourquoi des étrangers viennent de si loin pour marcher dans des montagnes si hostiles. Je me demande même s’ils trouvent beau ce panorama face auquel ils se sont toujours levés…

trek au pérou

La situation de notre campement nous permet d’assister à des scènes de vie, au milieu de cette plaine de Jancapampa : les paysans terminent leur journée de travail, ils ont fauché les champs toute la journée et ceux des villages voisins repartent à pied avec leurs outils sur l’épaule. Les enfants jouent et trainent derrière.
Une partie de foot s’improvise près de notre campement, quelques cailloux délimitent le terrain. Des adolescents s’amusent à embêter une fille de leur âge, les autres filles plus jeunes semblent vouloir la protéger, ce jeu semble plaire à tout le monde… les plus jeunes regardent amusés. Un petit garçon joue avec un chiot, un autre avec les bouteilles qu’ils vendent.

trek au pérou

La nuit a été froide à Jancapampa, le sol est gelé. Nous nous levons tôt et plions rapidement le campement.
Un taxi nous descend au village le plus proche, tandis que le muletier repart avec ses 3 bêtes.
11h : départ du bus pour Huaraz, nous avons 9 heures de trajet. Léo déteste le bus, et celui-là en particulier : c’est long, poussiéreux et la piste est très cabossée. Mais la vue est superbe, on devine la Laguna 69, et la route en lacets est indescriptible : 30, 40 épingles, nous ne les comptons même plus.
Nous arrivons de nuit à Huaraz, nous déchargeons les caisses du bus sur un trottoir minuscule et très encombré de Huaraz. Ca fourmille toujours dans cette ville !
Le trek est maintenant derrière nous, des images plein la tête, et encore enivrés par les hauteurs, nous allons nous coucher. Nous pensons déjà que c’était une superbe expérience… Nos guides étaient super, l’effort physique adapté, les paysages magnifiques et l’ambiance bon enfant. Le professionnalisme des guides, le confort des bivouacs et la météo clémente ont rendu ce trek agréable, presque facile. Je suis prête à repartir !

trek au pérou

Le lendemain est une journée libre. Léo, Antoine et moi décidons d’aller faire du VTT dans la Cordillera Negra. Panorama superbe (nous voyons la Cordillère Blanche, où nous avons passé 5 jours), descente technique mais pas trop, vélos plutôt biens ! « De frente ! », nous dit un paysan (« tout droit ! »)… Dans les hameaux de la cordillère, ils ne voient pas souvent des vélos, le terrain est trop escarpé. Ici on se déplace à pied et les animaux servent de brouettes ! On est accueillis par des sourires et des « holà ! », on nous pointe du doigt en riant.

trek au pérou

Le soir, Léo nous fait l’honneur de nous inviter à manger la Pachamanca chez ses parents. La Pachamanca est un plat traditionnel péruvien, « Pacha » signifiant Terre et « Manca » signifiant Four, qui, comme son nom l’indique se cuit dans un four de cailloux et de terre.
C’est une façon traditionnelle et très répandue au Pérou de faire cuire les aliments, à même le sol, à l’étouffée comme dans une cocotte minute naturelle.
Il est déjà temps de rentrer, prendre le bus pour Lima, puis l’avion du retour jusqu’en France, des images plein la tête.

Conclusion

Nous disons « Adieu » au Pérou, ou plutôt « Au revoir ». Ce pays magnifique nous a conquis, par la beauté de ses paysages, par son histoire souvent douloureuse, par la gentillesse de son peuple.
Le fait de pouvoir communiquer en espagnol avec les gens, les locaux, semble nous avoir rapprochés, nous a permis de nous intégrer et de réellement partager avec certains d’entre eux.
Cela change mon optique et mon envie de voyager : pour apprécier un endroit, il faut s’immerger et aller au contact de ceux qui y vivent. C’est valorisant à la fois pour celui qui accueille et pour celui qui est reçu…
A aucun moment, je n’ai ressenti l’insécurité décrite dans différents livres, forums ou sites internet. Est-ce parce que nous avons évité certains endroits, en particulier Lima ? Est-ce parce que nous voyagions à 2 ? Parce que nous parlions leur langue ? Est-ce parce que les officiels se doivent d’être prévenants, voire alarmistes dès qu’on parle d’un pays « pauvre » ?
Le Pérou m’a en tout cas marquée à vie… et donné envie d’y retourner.

Matériel utilisé pour ce voyage trek au Pérou

CATÉGORIE  NOM DU MODÈLE   MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT LE CHOIX DE CE MODÈLE AU DÉPART   EST-CE QUE CE CHOIX A RÉPONDU À CETTE EXPÉRIENCE RACONTÉE DANS CE ROADBOOK    SI C’ÉTAIT À REFAIRE…
 SAC À DOS CAMILLE  Air-Contact 50+10  DEUTER  Sac à dos Femme – dos réglable Confort de portage pour charge d’environ 15Kg  Un peu lourd à vide Adapté aux charges de portage  A refaire, j’opterais pour un sac à dos un peu moins lourd à vide. le volume 50+10 est assez confortable et permet un usage polyvalent (week-end avec bivouac/ trek de plusieurs jours)
 SAC À DOS ANTOINE  Alpine 45+ Guide  DEUTER  Confort de portage Robustesse  confortable même chargé au maximum praticité du grand compartiment  Bon compromis encombrement/volume intérieur, un peu lourd à vide Polyvalent, bien que plus adapté à l’alpinisme
 BÂTONS DE RANDONNÉE CAMILLE  Quechua Forclaz 500 light  QUECHUA DÉCATHLON  Rapport qualité prix Poids plume solides – peu encombrants une fois repliés – pas très cher – poignée mousse confortable  Ces bâtons sont satisfaisants pour l’usage que j’en fais (rando, raquettes), je ne souhaiterais pas en changer à moins de trouver plus légers au même prix.
 BÂTONS DE RANDONNÉE ANTOINE   ???  ???  premier prix du magasin Vieux Campeur télescopiques poignée mousse confortable  encore une paire de bâtons qui a cassé rapidement, trop fragiles. Depuis, Antoine a acheté des Leki Adventure, un peu plus chers à l’achat mais plus robustes.
 TENTE  Taurus 2P  VAUDE  tente ultralégère (1,8kg) 2 places + abside  tente relativement spacieuse Facile à monter (intérieur clippé à la toile extérieure) L’intérieur reste au sec en cas de montage sous la pluie Bonne étanchéité  S’il y avait une critique à faire, cela concernerait l’abside un peu petite en cas de mauvaises conditions météo prolongées. Antoine étant plutôt grand (1m90) et Camille plutôt petite (1m50), sa configuration en « sarcophage » est adaptée mais serait beaucoup moins confortable pour deux personnes de grande taille.
 SAC DE COUCHAGE CAMILLE  Bloody Mary  VALANDRÉ  On me l’a offert !  Grand confort dû au duvet d’oie. sac très compressible Entretien un peu délicat du duvet d’oie collerette anti-froid efficace  Etant plutôt frileuse, je suis ravie de posséder ce sac de couchage, que j’utilise autant pour les nuits froides que les nuits chaudes. Je ne changerais que pour un sac de couchage plus compact et plus performant, mais il est très satisfaisant pour mon usage actuel.
 SAC DE COUCHE ANTOINE  Arctic 400  CAMP  léger compact collerette anti-froid  léger très chaud très compressible  Antoine a eu froid, durant les nuits les plus froides en altitude, ce qui a finit de le décider à acheter un sac plus performant en duvet d’oie, le Petit Astazou de Triple Zéro.
 TAPIS DE SOL CAMILLE  Prolite 4 women  THERMAREST  rapport qualité/prix intéressant bonne isolation au sol taille au choix  Très confortable Pas bruyant Plutôt encombrant une fois replié dans le sac à dos  Auto-gonflage très pratique en cas de souffle court à 4500 mètres d’altitude ! J’étais tentée par le matelas Néo-air de Thermarest et son encombrement minimal, mais les mauvaises expériences répétées de mon entourage avec ce matelas me font préférer le Prolite, plus encombrant mais aussi plus résistant et donc plus fiable.
 TAPIS DE SOL ANTOINE  Neo-air regular jaune  THERMAREST  Rapport poids/confort encombrement minimum  Très confortable Un peu bruyant Gonflage complet à la bouche  Une fuite irréparable, matériel trop fragile. A refaire, j’opterais plutôt pour un Prolite, plus encombrant mais plus robuste. Demande un effort non négligeable lorsqu’on doit le gonfler à plus de 4 000 mètres d’altitude, après une journée de marche éprouvante.
 RÉCHAUD  Pocket Rocket  MSR  Légèreté (88g) encombrement minimum prix  Efficace et fiable – aucun problème.  OK! Eprouvé en toutes circonstances (froid, humidité, chaleur) et approuvé à chaque fois !
 SET DE CUISINE  Popote aluminium+ 2 bols plastiques + 2 fourchettes alu+ 2 cuillères alu+ 1 poignée plastique (+2 assiettes creuses non prises)  DÉCATHLON QUECHUA  Set polyvalent, modulable, bon marché et très fonctionnel facilité d’entretien  Les bols en plastique permettent de boire chaud sans se bruler facile d’entretien  un peu lourd, à changer, j’opterais pour une popote antiadhésive
 POCHE À EAU CAMILLE   Widepac 2L  SOURCE  Grande ouverture pour nettoyage/séchage Etanchéité parfaite du tuyau (position ouvert ou fermé)  Très bon produit l’ouverture souple permet de remplir quelle que soit la configuration, (robinet court, source, torrent, …)  OK ! La seule poche à eau qui ait tenu aussi longtemps ! Près de deux ans, avec usage intensif toute l’année (rando, trek, vtt à la journée)
 POCHE À EAU ANTOINE  2 Litres  PLATYPUS  prix intéressant, fonctionnel  peu résistant à l’usage, puisqu’il a finit par se percer au niveau d’un pli de la poche.  A refaire, j’achèterais une poche à eau à ouverture plus large et un plastique plus souple et résistant.
 FRONTALE CAMILLE  Tkkina verte  PETZL  Légère (80g) compacte  bonne autonomie et suffisante pour utiliser le soir, sous la tente. 2 intensités d’éclairage  Bonne lampe de bivouac. Je ne rachèterais pas forcément du Petzl car ma lampe Petzl précédente présentait des défauts d’éclairage (variations de lumière), pourquoi pas une Led Lenser SEO3 (bon rapport qualité/prix et garantie fabricant).
 FRONTALE ANTOINE  Tikka bleue  PETZL  Légère puissance ajustable  bonne autonomie  RAS, lampe perdue et remplacée par un modèle équivalent de la même marque
 CHAUSSURES DE RANDONNÉE CAMILLE  Lima GTX  HANWAG  Confort robustesse petite pointure disponible (36) Adaptées au trek avec portage  Pas d’ampoules – bonne évacuation de la transpiration et bonne résistance à l’eau très bonnes semelles Vibram  Je souhaiterais remplacer ces chaussures par le même modèle mais ma pointure n’existe plus (36). Pourquoi les fabricants suppriment-ils les petites tailles ? Entretien facile
 CHAUSSURES DE RANDONNÉE ANTOINE  Tibet Pro  LOWA  pare pierres large à l’avant intérieur au choix synthétique ou cuir  chaussures confortables très bonnes semelles Vibram  Antoine a depuis remplacé ses Lowa Tibet par des chaussures plus adaptées à un usage alpinisme, des Sportiva Nepal Top, qu’il utilise aussi sur des treks similaires à celui du Pérou.
 CHAUSSURES AUTRE CAMILLE  Elios Trail Women basses  SALOMON  Chaussures légères et très confortables extérieur cuir semelles Ortholite en promotion  idéales pour arpenter les rues de bitume autant que les chemins poussiéreux résistance à l’humidité, gardent les pieds au sec relativement longtemps, très confortables,  J’ai dû les remplacer récemment car je ne pouvais plus courir avec (semelle tassée), j’ai choisi des Salomon XA-3D-Ultra2 en Goretex.
 CHAUSSURES AUTRE ANTOINE  Trail 875  NEW BALANCE  Chaussures adaptées au trail Confortables  répondent aux attendes d’une chaussure de trail  à refaire, je les rachèterais avec une pointure de plus, pour le confort sur longue distance et en descente
 VESTE COUPE-VENT CAMILLE  Infinity, stretched women  VAUDE  membrane Event légère et efficace aération sous les bras (fermeture à glissière)  veste stretch très confortable, bonne résistance au portage du sac à dos wind et rain stoppeur  super, si ce n’est la couleur (orange fluo !), cela dit en montagne, il vaut mieux être trop visible que pas assez entretien exigeant pour réimperméabiliser. super membrane qui ne perd pas en efficacité suite aux lavages successifs contrairement au Goretex
 VESTE GORE-TEX ANTOINE  Alpine  THE NORH FACE   membrane Gore Tex  Parfaite en montagne légère et efficace  RAS
 PAIRES DE CHAUSSETTES DE RANDO CAMILLE  X-Static  THYO chaussettes intermédiaires  fils d’argent qui limitent la propagation des bactéries et donc des mauvaises odeurs
facilité d’entretien
très bonne qualité, bonne résistance à l’usage, bonne longueur au niveau de la cheville

Brassière de sport Camille
Evolution Z-Bra
Zsport grand confort
grand maintien
solidité
fermeture par zip à glissière avant
soutien-gorge ultra résistant (plus de 10 ans d’utilisation !) et maintien toujours aussi efficace je n’ai jamais essayé d’autres marques, je suis conquise par celle-ci.
Paires de chaussettes de rando Antoine
La Double
Thyo Limite les ampoules
Pas d’ampoules – mais il faut bien les enfiler pour ne pas avoir de plis gênants dû à la superposition des 2 chaussettes Chaussettes confortables, et large choix de tailles/coloris en magasins. T-shirt manches courtes Camille
– Salomon bonne résistance à l’abrasion du sac à dos
séchage rapide (100% polyamide)
aération sous les bras
t-shirt ancien (plus de 4 ans d’utilisation intense !) qui a gardé sa forme, sa couleur.
séchage rapide, ne garde pas les mauvaises odeurs en particulier sous les bras
t-shirt noir qui garde la chaleur, à refaire, j’achèterais une couleur claire
T-shirt manches longues Camille
– Lowe Alpine
bonne résistance à l’abrasion du sac à dos
séchage rapide
ne garde pas les odeurs
bonne résistance, légèreté,
facilité d’entretien
RAS T-shirt manches courtes Antoine
– Quechua Décathlon  Petit prix
T-shirt synthétique
Pas de problème d’odeurs
bonne résistance à l’abrasion des brettelles du sac à dos
Très bon rapport qualité/prix, aux vues de l’utilisation intensive de ce t-shirt (plus de 6 ans !)
Micro-Polaire Camille et Antoine
Vector Grid Po Millet Confortable et Wind stopper très bonne résistance du textile au portage du sac à dos,
et aux lavages successifs,
facilité d’entretien,
très bonne durabilité
ouverture du zip à glissière jusqu’en bas qui permet une très bonne modularité en fonction de la température
Deux polaires qui ont fait leur preuve au cours du temps.
Un seul regret pour ma part, qu’elle ne soit pas munie d’une capuche.
Antoine a depuis remplacé la sienne par une Patagonia Polartec Piton Hybrid.
Pantalon Camille
– Trangoworld robuste
Confortable à porter
Idéal petites tailles (XS)
bon rapport qualité/prix
pantalon très confortable, quelles que soient les températures, bonne coupe, facilité d’entretien. Je changerais éventuellement pour un pantalon modulable, short/pantalon. Pantalon Antoine
Apex summit series
The North Face
robuste
renforts
usage polyvalent (alpinisme, rando, escalade)
bretelles amovibles
guêtres intégrées très pratiques
renfort genoux et malléoles non superflus
Sur-pantalon Camille
Fitz Roy full zip pant  Millet membrane imperméable et respirante,
Sur-pantalon léger  Protection efficace Facile à enfiler grâce au zip tout le long des jambes Bonne utilisation, manque simplement de poches sur les cotés. Bonnet Camille
Odlo « Kid »
Odlo bonnet en polaire
peu encombrant  bonnet taille enfant pourtant adapté à la taille de ma tête ! RAS Gants en soie Camille  Gants Forclaz en soie Quechua peu encombrants
bon rapport chaleur/encombrement
utilisables en tant que gants ou sous-gants selon les besoins ces sous-gants se trouent asse vite, mais vu le prix, ça n’est pas très embêtant.

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