Pour quelques noisettes de plus : un voyage à vélo en Italie à la recherche des meilleures noisettes du monde !

par Emilie BRAY
Les routes des Langhe superbes et presque désertes

Emilie BRAY nous partage son voyage à vélo en Italie .

Paysage typique des Langhe en Italie

Paysage typique des Langhe

Informations pour préparer un voyage à vélo en Italie

  • Date du voyage à vélo en Italie

Du 27 au 30 août 2018

  • Lieu

Italie, Piémont, province de Coni

Notre itinéraire à vélo en Italie

Notre itinéraire à vélo en Italie

  • Participants au voyage à vélo en Italie

Annik, Patrick et Emilie

Emilie BRAY est aussi l’auteure de :

Il y a différentes possibilité d’hébergement dans cette région. La plus populaire est probablement les agriturismi, sorte de vacances à la ferme.

Il y a également les plus classiques B&B. En revanche, il existe peu de campings dans la région des Langhe, hormis un du côté de Barolo.

Nous avons fait le choix de dormir en bivouac « autorisé », dans le sens où nous avons toujours cherché à signaler notre présence et à demander la permission de monter nos tentes pour la nuit auprès des habitants, ce qui nous a permis de faire de belles rencontres chaque soir et de dormir dans des endroits pour le moins insolites.

  • Où se restaurer/se réapprovisionner ?

Impossible de dresser la liste exhaustive de tous les endroits où l’on peut manger sur le parcours, il y en a bien trop car, même si on ne traverse que des petits villages.

On trouve partout des petites épiceries ainsi que des restaurants. Nous faisions de petites courses chaque jour, en fin de matinée pour le repas du midi et en fin d’après-midi pour le repas du soir et on n’a jamais manqué de rien.

Si vous avez un budget plus extensible, évidemment, je vous conseille de tester les restaurants et les caves, nombreuses dans la région pour déguster toutes les merveilles culinaires du coin.

  • Office du tourisme en Italie

http://www.langheroero.it : site multilingue (italien, anglais, allemand, français)

  • Caractéristiques de la région de notre voyage à vélo en Italie

Le paysage viticole du Piémont : Langhe-Roero et Monferrato , telle est l’appellation de la région dans laquelle nous avons fait ce voyage. Cette appellation a été donnée par l’UNESCO qui a inscrit ce site comme un « paysage culturel ».

Cette région est donc mondialement connue pour ses vins réputés : Barolo, Barbaresco, Moscato.

Les vignobles des Langhe en Italie

Les vignobles des Langhe

Mais c’est pour une toute autre spécialité que nous sommes allés là-bas : la Tonda Gentile delle Langhe ou plus simplement noisettes du Piémont. Pour la petite histoire, c’est ici, à Alba précisément, qu’est née la marque Ferrero et sa (trop) célèbre pâte à tartiner.

Les noisettes du Piémont

Les noisettes du Piémont

Slow Food : le mouvement Slow Food a été initié par Carlo Petrini dans les années 1980. Au départ, il s’agissait d’un groupe de militants qui souhaitaient défendre les traditions régionales, une alimentation bonne, le plaisir gastronomique et un rythme de vie lent.

La philosophie de Slow Food peut se résumer à trois grands principes :

  • Bon : des aliments frais, savoureux et de saison, en mesure de satisfaire nos sens et qui sont en accord avec notre culture et notre identité locale.
  • Propre : une production et une consommation alimentaire qui ne nuit pas à l’environnement, au bien-être animal ou à la santé humaine.
  • Juste : des prix accessibles pour les consommateurs et une rémunération et des conditions de travail justes pour les producteurs.
  • Bibliographie/Cartographie

Pour créer l’itinéraire de ce voyage à vélo, j’ai passé plusieurs heures sur Internet à la recherche d’informations, de voyagistes proposant des circuits dans le Piémont, de récits de voyageurs solitaires ayant roulé là-bas, etc.

J’ai trouvé très peu d’informations, ce qui laisse à penser, soit, pour les optimistes, qu’il y a des itinéraires à créer, soit, pour les pessimistes, que l’Italie à vélo est une quête suicidaire étant donné la dangerosité de la plupart des conducteurs italiens.

J’ai fini par explorer en détail le site Wikiloc. Pour ceux qui ne connaissent pas, Wikiloc est un site internet collaboratif où découvrir et partager des itinéraires de pleine nature pour les activités que nous adorons : la randonnée, le cyclisme, le VTT, etc.

  • Lien internet

Voici le lien vers l’itinéraire suivi sur le site Wikiloc

Pour quelques noisettes de plus…

Genèse du voyage

Le point de départ de notre itinéraire se situe tout près du splendide château de Pollenzo qui abrite en son sein l’Université des Sciences Gastronomiques. C’est un clin d’œil amusant, nous qui allons nous mettre en quête des meilleures noisettes du monde, les fameuses noisettes du Piémont.

Le château de Pollenzo en Italie

Le château de Pollenzo durant notre voyage à vélo en Italie

Ce voyage mi-sportif, mi-gastronomique, me trottait dans la tête depuis un bon moment. Réunir dans un même périple mon goût pour les voyages à vélo, ma gourmandise pour les noisettes et mon amour inconditionnel pour l’Italie, c’était pour moi le voyage de rêve.

Et, par chance, ce rêve était à portée de main. Il existe en effet, de l’autre côté des Alpes, à une soixantaine de kilomètres au sud de Turin, une région bénie des dieux : les Langhe.

Les paysages y sont si beaux qu’ils sont même inscrits au patrimoine mondiale de l’UNESCO. De la plaine du Pô émerge un îlot de collines coiffées de charmants petits villages et recouvertes de vignes et de noisetiers à perte de vue.

Cela crée un paysage géométrique incroyable, très esthétique, surtout lorsqu’à l’ouest, les Alpes apparaissent en arrière-plan, avec le Mont Viso en figure de proue.

Jour 1 : Pollenzo-Monforte d’Alba

Les premiers kilomètres sur la SP7 me font craindre le pire. En fil indienne, bien serrés à droite de la route, on se fait doubler et raser par des voitures et des camions filant à toute allure.

J’ai l’impression d’être comme ces animaux qui traversent la route à la nuit tombée et que l’on découvre aplatis au petit matin. Ce « jeu » de roulette russe ne m’amuse pas du tout et je prie pour que cela ne s’éternise pas.

village de la Morra

Heureusement, après un peu plus de 5 kilomètres, nous quittons cette route infernale pour commencer l’ascension de notre première colline – la première d’une longue série – au sommet de laquelle se trouve le village de la Morra.

Autour de nous, c’est un paysage champêtre qui nous tend les bras. Premiers champs de noisetiers. Je n’en avais encore jamais vu une telle densité. Ici, c’est l’arbre roi, et la variété produite, la noisette du Piémont voit sa renommée s’étendre bien au-delà des frontières italiennes.

J’en salive d’avance, mais le chemin est encore long avant d’arriver à Gala Nocciole, l’exploitation agricole que nous allons visiter près de Mango.

Noisetiers du Piémont

Noisetiers du Piémont

Un paysage à couper le souffle

Après la Morra nous attend notre première descente. Habituellement, j’aime rouler vite, mais le paysage qui s’offre à nous est tellement incroyable qu’on s’arrête immédiatement pour mieux en profiter.

On comprend mieux pourquoi ces paysages sont inscrits au Patrimoine Mondial de l’Unesco.

Partout, des collines vertes, patchwork de vignes, ponctuées d’une multitude de villages photogéniques. Cela fait un peu penser à la Toscane, les cyprès en moins.

Annik « croque » le panorama sur son carnet tandis que Patrick et moi croquons dans une belle grappe de raisins.

Le paysage viticole des Langhe du côté de La Morra

Le paysage viticole des Langhe du côté de La Morra durant notre voyage à vélo en Italie

La journée avance, les kilomètres s’enchaînent à un rythme tranquille, comme pour mieux savourer l’environnement qui nous entoure. Je m’extasie devant la beauté des potagers entretenus avec soin et qui, en retour, fournissent des fruits et légumes à foison.

village de Monforte d’Alba

En fin de journée, nous arrivons au village de Monforte d’Alba, notre objectif du jour.

Nous nous arrêtons dans la petite épicerie du coin pour acheter de la nourriture. Il y a là plein de spécialités aux noisettes : je craque pour un gâteau qui fera un parfait dessert pour le soir.

Nous quittons le village, les sacoches remplies de victuailles.

Peinture sur la devanture d

Peinture sur la devanture d’une épicerie

Premier bivouac chez l’habitant

Il est temps de trouver un lieu pour notre premier bivouac. Nous descendons tranquillement la côte, regardant attentivement autour de nous pour déceler la perle rare.

Annik suggère de suivre une petite route gravillonnée en contrebas de la route principale qui permet d’accéder à l’exploitation agricole d’un viticulteur.

Nous sommes accueillis par deux jeunes chiens un peu méfiants, mais qui nous laissent tout de même nous approcher de la maison. Un vieil homme, alerté par les aboiements, se tient dans l’encadrure de la porte.

Annik lui explique que nous cherchons un endroit où poser la tente pour la nuit. Il accepte immédiatement. A cet instant, nous rencontrons son fils qui nous indique un endroit plat, juste à côté de ses vignes.

avec de la compagnie …

On s’installe et les deux chiens, moins farouches, viennent chercher les caresses et passent même la soirée avec nous. Visiblement heureux de cette compagnie inattendue.

A plusieurs reprises, le vieil homme vient nous voir, avec son fauteuil roulant électrique, pour s’assurer que nous ne manquons de rien. Il nous offre des noisettes, du raisin et nous propose même une bouteille de vin.

Un chaton curieux et surexcité s’invite aussi à notre repas. Entre les chiens tout fous, le chaton 100 000 volts et l’attaque des moustiques tigres, on a bien du mal à manger.

L’obscurité arrive, je regagne ma tente. Malheureusement, la nuit ne sera pas de tout repos. Le chaton n’a pas l’air de vouloir dormir. Il est plutôt décidé à lacérer ma tente toute neuve. S’amusant à attraper une ficelle en haut de la tente et à se laisser glisser sur la toile.

Il y a aussi les chiens qui, dans leurs courses-poursuites, ne voient pas ma petite tente verte et font des roulés-boulés tout sauf délicats. Quant toute cette ménagerie se calme enfin, vers 23h, j’entends s’élever de la musique disco. Bien que cela paraisse improbable, une boîte de nuit doit se trouver quelque part dans les environs. Chouette !

Le chaton qui aimait les tentes Ferrino

Le chaton qui aimait les tentes Ferrino durant notre voyage à vélo en Italie

Jour 2 : Monforte d’Alba-Camo

Au matin, après cette trop courte nuit de sommeil, j’émerge avec difficulté. Annik et Patrick sont déjà debout et commencent à plier le camp.

On croise Giorgio qui vient nous saluer avant d’aller travailler dans ses vignes. En partant, nous laissons près de la porte un petit paquet contenant un sachet de graines bio de différentes variétés de tomates pour remercier Giorgio et son père de leur accueil.

Cette idée n’est pas de moi. Je l’ai empruntée à Antoine Boisselier, un parapentiste qui, lors d’une traversée de l’arc alpin en vol bivouac, avait emporté des graines pour remercier ses hôtes.

Aujourd’hui une grosse journée de vélo nous attend, avec environ 40 km et 800 mètres de dénivelés. Ces chiffres ne sont pas si impressionnants, mais Annik et Patrick sont très chargés et cela rend les côtes plus difficiles à gravir.

bikepacking

De mon côté, j’ai fait le choix du « light ». Je suis partie avec un vélo de route à cintre plat que j’ai équipé avec des sacoches de voyages à vélo classiques et une sacoche de selle de bikepacking. Et je suis bien contente de mon choix car mon vélo reste très maniable. Et du coup très plaisant à rouler.

Patrick sur sa monture bien chargée durant notre voyage à vélo en Italie

Patrick sur sa monture bien chargée durant notre voyage à vélo en Italie

Une belle côte, heureusement à l’ombre d’une forêt étonnamment luxuriante, nous occupe un petit moment. L’avantage des montées, à vélo, c’est qu’on a vraiment le temps d’admirer le paysage et toute la vie qui grouille un peu partout sans qu’on s’en aperçoive en temps normal. C’est ainsi que j’ai le plaisir d’observer un geai tranquillement posé sur une branche d’arbre. Une énorme chenille traversant la route.

La chenille inconsciente qui traversait la route

La chenille inconsciente qui traversait la route

Un rapace jouant au croque-mort en bord de chaussée.

Plus loin, c’est un mûrier sauvage qui attire notre attention. Ici, la campagne est généreuse. Nous faisons sans arrêt de petites pauses pour glaner ça et là des fruits sauvages : mûres, mirabelles, pommes… Pas d’hypoglycémie en vue, ça c’est sûr !

La rivière aux noisettes

Après une longue descente aux allures de col de montagne, nous décidons de faire une petite pause au bord d’une rivière, avant d’attaquer l’ascension d’une nouvelle colline. En descendant sur les berges, on constate, héberlués, que les rives sont littéralement jonchées de noisettes !

La rivière qui charriait des noisettes

La rivière qui charriait des noisettes

Je n’en crois pas mes yeux !

Même les rivières charrient des noisettes dans cette région. On en profite donc pour en ramasser plusieurs kilos en un rien de temps puisqu’il n’y a qu’à se baisser pour les saisir par poignées.

Ragaillardis par un petit goûter au bord de la rivière, on reprend les vélos pour attaquer la dernière difficulté de la journée : la montée jusqu’au village de Camo.  Sur ma carte, j’aperçois des lacets serrés, ça promet ! D’autant que la chaleur se fait toujours pesante bien qu’il soit déjà 17h.

village de Camo

Après une bonne journée de vélo sous un chaud soleil, Annik épuise ses dernières forces. Arrivée un peu plus tôt au village, j’attends tranquillement sur le trottoir, observant une dizaine de chats près d’une maison. Un homme en sort et commence à me parler. Annik et Patrick arrivent.

Dans l’intervalle, il est allé chercher du Chinotto bien frais et nous en sert un verre à chacun. Le Chinotto est une boisson gazeuse sicilienne au goût très particulier, préparée à partir d’extraits d’oranges de chinotto. Cela nous requinque un peu. Nous le remercions et reprenons la route car le soleil commence à décliner et il nous faut trouver un bivouac.

Autoportrait avec le village de Camo en toile de fond

Autoportrait avec le village de Camo en toile de fond

Un bivouac insolite

Je prends un peu d’avance et demande à un viticulteur, dans le village juste après Camo, s’il connaît un endroit où l’on pourrait passer la nuit. Il passe quelques coups de fil.

Finalement, nous retournons à Camo où nous attend un de ses amis. Il nous montre notre « maison » d’une nuit : le musée à ciel ouvert de Camo !  Voilà un lieu surprenant. Au pied de l’église, on installe donc nos tentes sur une pelouse verte et moelleuse, entre deux sculptures !

Musée à ciel ouvert de Camo

Musée à ciel ouvert de Camo

Jour 3 : Camo-Valdone

Visite de l’exploitation agricole Gala Nocciole

De Camo à Mango, la route serpente tranquillement, puis s’élève pour atteindre le village. De toute façon, c’est bien simple, sur toutes les collines, au sommet, se trouve un village perché.

Le village de Mango en Italie

Le village de Mango durant notre voyage à vélo en Italie

A Mango, on rallonge l’itinéraire pour rejoindre Gala Nocciole, l’exploitation agricole que j’ai contactée avant de partir en voyage. On est accueillis par les filles de Nadia qui, en l’absence momentanée de leur maman, nous proposent de commencer la visite par le meilleur : la dégustation !

Cela ne nous pose pas de problème évidemment. Sur la table, des plateaux regorgent de produits issus de la transformation des noisettes : « bacci di Dama » ou « baisers de la dame », biscuit aux amandes et noisettes avec un fourrage Gianduja au milieu, noisettes toastées nature ou recouvertes de sucre, pâtes à tartiner, … bref, la noisette sous toutes ses formes.

Inutile de préciser que je suis au paradis !

Visite de l’atelier de transformation

Nadia arrive et prend le relais pour nous faire visiter les champs de noisetiers et l’atelier de transformation. En italien, elle nous explique tous les secrets de la culture du noisetier.

La cuisine où sont concoctées toutes les merveilles à base de noisettes

La cuisine où sont concoctées toutes les merveilles à base de noisettes

Elle nous emmène ensuite voir les différentes machines nécessaires au tri, puis celles qui permettent d’enlever la coque et de séparer les noisettes en fonction de leurs tailles. Il y a également un four qui permet de toaster 20 kilos de noisettes à chaque fournée. Au terme d’une heure de visite, nous passons par la petite « boutique » pour faire le plein de bons produits.

Je dois prendre sur moi pour ne pas trop acheter. L’avantage d’être à vélo, c’est que je suis forcée d’être raisonnable, par la taille réduite de mes bagages.

Finalement, je ne repars qu’avec 3 kilos de noisettes toastées, 1 kilo de purée 100 % noisettes et 2 pots de pâte à tartiner noisettes/chocolat noir. Ce n’est déjà pas si mal !

Coup de chaud

La matinée est déjà finie. Il faut penser à se remettre en selle car j’aimerais arriver vers Valle Dei Lunghi d’ici la fin de la journée.  Nous continuons à franchir de petites collines, toujours entourées de ces paysages si typiques de vignobles. Nous perdons progressivement de l’altitude pour retrouver la plaine, écrasée de chaleur.

A cet endroit, nous devons emprunter une route fréquentée. Nous traversons la rivière Tanaro, puis reprenons la route des hauteurs, presque déserte. C’est reparti pour une belle montée sous le soleil. Nous faisons des pauses régulières car la chaleur est accablante et nous coupe les jambes.

Coup de chaud sur la route !

Coup de chaud sur la route !

La pente se raidit encore pour atteindre le village de Madonna dei Cavalli. L’horloge de l’église indique 16 heures, l’heure du goûter, parfait !

Nous trouvons un café ouvert, avec une grande terrasse surplombant le paysage vallonné, c’est exactement ce dont nous avons besoin. Le serveur est au petit soin. Nous succombons avec délice à une bonne glace, servie généreusement.

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L’antidote à la chaleur : la glace italienne… à la noisette évidemment !

On aurait envie de rester là plus longtemps, mais il reste encore une petite dizaine de kilomètres à parcourir avant d’arriver à l’objectif du jour.

Bivouac à l’église San Michele

Sur la route, juste avant d’arriver à Valle dei Lunghi, on aperçoit une jolie petite église perchée. On décide d’aller installer notre bivouac là-haut si cela est possible. Cette dernière montée, bien raide, avec nos sacoches chargées se fait sentir. Mais on fait confiance au feeling d’Annik.

On abandonne les vélos au début du petit sentier qui mène à l’édifice. Puis on arrive à l’église, l’endroit est parfait pour le bivouac. On retourne à nos vélos et on entame la conversation avec une dame sur sa terrasse.

Comme d’habitude, on souhaite s’installer en toute « légalité » et, encore une fois, la glace est vite brisée. Elle nous conseille de demander à son voisin, qui s’occupe de l’église et de son entretien.

On obtient rapidement le sésame… et même une bouteille de vin « maison » qu’Annik et Patrick acceptent avec enthousiasme. Le site est joli et de là-haut, on a une vue superbe sur les collines qui s’étirent comme un ruban de dunes.

Vue depuis l

Vue depuis l’église San Michele durant notre voyage à vélo en Italie

Pendant le repas, on entend fourrager dans les bois en contrebas. Finalement, c’est un chat tigré qui jaillit des buissons et qui semble bien content de trouver de la compagnie et, plus encore, de la compagnie qui mange !

La bouteille de vin ne résiste pas au repas. Annik et Patrick semblent même dépités de voir la bouteille déjà vide ! Avec la fatigue accumulée des kilomètres à vélo et de nuits pas si reposantes, je m’endors rapidement d’un sommeil réparateur.

Bivouac au pied de l

Bivouac au pied de l’église San Michele

Jour 4 : Valdone-Pollenzo

Le lendemain, je m’extirpe de la tente à 7h, réveillée par le doux tintement de la cloche de l’église ; difficile de ne pas l’entendre puisqu’on est à 10 mètres du carillon.

Le lever de soleil est superbe, je suis contente de m’être levée tôt pour assister au spectacle.

Lever de soleil depuis notre lieu de bivouac en Italie

Lever de soleil depuis notre lieu de bivouac durant notre voyage à vélo en Italie

Derniers kilomètres de notre voyage à vélo en Italie

Avant de partir, on prend soin de retourner voir notre bienfaiteur de la veille, pour le remercier et lui rendre sa jolie bouteille… vide. Il est ravi d’entendre qu’on a dégusté son vin avec délice. Nous lui donnons un petit sachet de graines de tomates. Comme beaucoup d’Italiens habitant dans la campagne, il possède un grand potager qu’il cultive avec soin. Ce petit cadeau lui sera donc utile la saison prochaine.

Sur les routes, étonnamment, nous ne croisons pas d’autres voyageurs à vélo. En revanche, nous voyons beaucoup de cyclistes. Il faut dire que les routes vallonnées des Langhe sont idéales.

L’itinéraire que nous suivons a d’ailleurs été réalisé par un cycliste qui l’a bouclé dans la journée : 160 km et plus de 2500 mètres de dénivelés ! Et, chose que je n’avais vu nulle part ailleurs, des zones aménagées avec un point d’eau et une table de pique-nique se trouvent régulièrement au bord des routes.

Air de pique-nique

Chaque jour, on croise deux ou trois de ces petites aires aménagées dans un coin de nature, en pleine campagne. Aussi ne manque-t-on jamais d’eau, malgré les 30°C que nous avons tous les jours depuis le début de notre voyage.

Aire aménagée avec point d

Aire aménagée avec point d’eau et table de pique-nique durant notre voyage à vélo en Italie

Les derniers kilomètres nous ramènent peu à peu vers la plaine. On traverse des paysages inédits, avec de belles forêts de vieux châtaigniers. Une dernière côte, une petite pause à la chapelle du village et il n’y a plus qu’à se laisser descendre vers Pollenzo.

Jolie route pour cyclotouriste en Italie

Jolie route pour cyclotouriste

Bra et le Slow Food

On ne pouvait pas terminer ce voyage sans aller se promener dans la petite ville de Bra, berceau du mouvement Slow Food. Et ça tombe bien parce qu’on y arrive vers midi. Après avoir pédalé pendant plus de 3 heures, nos estomacs sont tout à fait disposés à travailler !

On se met à arpenter les rues du centre piéton, très agréable. A plusieurs reprises, on aperçoit le fameux escargot rouge, logo de Slow Food. Une vitrine attire mon attention. C’est une boutique dédiée au mouvement.

Restaurant Naturalmente dolci

Je découvre que Slow Food a également créé sa propre maison d’édition. Je reste un moment à feuilleter les livres. Il y a évidemment des livres de cuisine, mais c’est loin d’être l’essentiel de leurs publications. Ils éditent également des guides touristiques sur différentes régions d’Italie, des essais, etc. Je ressors de la boutique, un livre sous le bras, intitulé « Naturalmente dolci ».

Un peu plus loin, sous un porche, on aperçoit des tables dressées sous de grands parasols et à l’entrée, la plaque Slow Food. Parfait ! C’est exactement ce que nous cherchions : un petit endroit tranquille et de la nourriture de qualité. Je craque pour des gnocchis assaisonnés d’une sauce tomate, pesto et huile d’olive… simple, mais excellent.

gnocchis assaisonnés d

Miam !

L’osteria Boccondivino est vraiment une adresse à retenir. En sortant du restaurant, nous ne résistons pas au plaisir de déguster une dernière glace avant de reprendre la route pour Grenoble.

Conclusion de notre voyage à vélo en Italie

Encore une bien belle expérience en Italie ! Mais attention, l’organisation d’un voyage à vélo en Italie ne doit pas être sous-estimée. En voyage, j’aime la spontanéité, les surprises, l’inattendu, mais en Italie, sur les routes, mieux vaut anticiper son itinéraire de manière précise sous peine de vivre un véritable enfer !

Les routes des Langhe superbes et presque désertes durant notre voyage à vélo en Italie

Les routes des Langhe superbes et presque désertes durant notre voyage à vélo en Italie

En effet, les pistes ou itinéraires cyclables sont pour ainsi dire inexistants. Les routes sont donc très dangereuses et les automobilistes peu attentifs aux cyclistes. Les cartes au 1/100 000 n’existent pas (à ma connaissance) et celles au 1/200 000 sont inexploitables.

J’ai donc passé beaucoup de temps à regarder les traces GPS sur le site Wikiloc, à la recherche d’un itinéraire adapté en termes de kilomètres, de dénivelés et surtout de densité automobile !

C’est un sacré pari en regardant uniquement des cartes avec des vues satellites, mais ce voyage a été une vraie réussite. Sur un parcours d’environ 170 kilomètres, nous n’avons eu que 10 kilomètres désagréables à cause du trafic. Tout le reste s’est déroulé dans des paysages bucoliques à souhait.

Chaque jour, nous avons rencontré des gens adorables et nous avons pu bivouaquer « chez l’habitant ». Au gré des rencontres, on nous a offert du raisin, des noisettes, de la limonade sicilienne bien fraîche et même une bouteille de vin « maison » le dernier soir ! L’hospitalité italienne a encore tenu toutes ses promesses.  Viva Italia !

Matériel utilisé durant notre voyage à vélo en Italie

Equipement vélo utilisé durant notre voyage à vélo en Italie

Catégorie Modèle Marque Pourquoi ce choix  ? Ce choix a-t-il répondu à cette expérience  ? Et si c’était à refaire  ?
VÉLO DE ROUTE Metrix 40 SCOTT Bon compromis entre un vélo de course et un VTC Oui, complètement. Je reprendrais le même
SACOCHE DE GUIDON Aquabox VAUDE Vaude est l’une des références haut de gamme des sacoches de voyage à vélo : robuste, bien conçue et étanche, elle est parfaite… Oui, complètement. Elle est solide, robuste et surtout elle offre une grande contenance, ce qui permet de ranger beaucoup de choses. Je garderais la même
SACOCHE DE CADRE 520 2L B’TWIN DÉCATHLON Praticité de la sacoche car tout est à portée de main Rien à redire  ! Le volume, de 2L, est suffisamment important pour ranger des barres, clés, petit matériel de réparation… Il y a même un support intégré pour smartphone Je reprendrais la même
SACOCHE DE SELLE COLOMBUS Grande capacité (18 litres) J’étais sceptique et finalement, j’étais ravie. J’ai pu mettre tous mes vêtements et mon tapis de sol. Sur le dessus, il y a un filet qui m’a permis aussi de caler mon sac à dos, plié et une petite veste. Je garderais la même
CASQUE Miuro CRATONI Léger, mollette réglable Bon casque, rien à redire Je garderais le même
SAC À DOS Cliff 20 II SIMOND Pour avoir un sac à dos léger avec une bonne contenance Parfait pour ce voyage à vélo en Italie. J’avais plié le sac de sorte qu’il ne prenne pas de place. En plus, il est très léger. Et lorsque j’en ai eu besoin, il a été agréable à porter Attention : à  utiliser avec une housse de protection en plus en cas de pluie car le système de fermeture fait qu’il reste un peu ouvert sur le dessus.
CHAUSSURES Whisper W Beet KEEN Gagné au concours Yeti 2017 Totalement. En voyage à vélo en Italie , l’été, le choix des sandales me paraît pertinent car il évite de porter des chaussettes (et de prévoir du change). De plus, ces sandales protègent très bien le bout du pied, il n’y a donc pas de risque de blessure en cas de chute. Je reprendrais les mêmes

Vêtement utilisé durant notre voyage à vélo en Italie

Catégorie Modèle Marque Pourquoi ce choix  ? Ce choix a-t-il répondu à cette expérience  ? Et si c’était à refaire  ?
MICROPOLAIRE W Caliber Hoody ARCTÉRYX Légère, chaude, jolie coupe C’est un modèle « increvable » qui m’accompagne dans toutes mes sorties montagne Je reprendrais le même type de micro-polaire.
T-SHIRT T-shirt jaune fluo, parfait pour la visibilité à vélo Niveau visibilité, c’était parfait. Mais le synthétique n’est pas la matière que je préfère porter. Je prendrais plutôt un T-shirt en laine mérinos en faible grammage parce qu’ils sont très agréables à porter et qu’ils ne sentent pas mauvais au bout d’une journée de sport.
SHORT Trail flow loose SCOTT Joli et confortable Parfaitement Je garderais le même
LUNETTES DE SOLEIL MH 120 W QUECHUA Look, verre polarisant, grande couvrance Très bien pour ce voyage à vélo en Italie Je reprendrais les mêmes

Matériel camping utilisé durant notre voyage à vélo en Italie

Catégorie Modèle Marque Pourquoi ce choix  ? Ce choix a-t-il répondu à cette expérience  ? Et si c’était à refaire  ?
COUTEAU DEEJO Léger et fonctionnel Oui, complètement. Je reprendrais le même
COUVERTS Spork LIGHT MY FIRE Léger et fonctionnel Parfait. Ne raye pas le revêtement du Jetboil Je garderais les mêmes
FRONTALE Bindi PETZL Légère Oui, complètement. Elle ne prend pas de place, éclaire bien. Elle dispose de plusieurs modes d’éclairage et se recharge par USB Pour du voyage à vélo ou à VTT où le poids compte, c’est cette frontale que j’emporterais.
TENTE Sintesi 1 FERRINO Tente 1 place ultra-légère Achetée spécialement pour ce petit voyage à vélo en Italie , elle s’est montrée parfaite. Je ne suis pas fan du coloris kaki, mais c’est vraiment pour critiquer. Pour un voyage en solo, je reprendrais cette tente. Sinon, je prendrais la Big Fat Frog de The North Face qui nous accompagne dans tous nos voyages et qui est increvable.
MATELAS DE SOL NeoAir THERM-A-REST Gagné au concours Yeti Ultra-léger et compact. Petits bémols  : le tissu a tendance à zipper et à faire un peu de bruit quand on bouge Je reprendrais le même
DUVET Lightech 800 FERRINO Chaud et léger (moins d’1 kilo) Parfait. Je n’ai jamais eu froid Je reprendrais le même

0 commentaire

Nate Machicoane 8 novembre 2018 - 23 h 23 min

Super récit très détaillé! 🙂

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METZ 9 novembre 2018 - 6 h 43 min

Un très beau récit et voyage……….Bravo.

Répondre
Magnin 9 novembre 2018 - 8 h 28 min

C’est une gourmande et chouette idée mais c’est surtout très très habilement raconté et mis en image… Bravo à l’autrice du reportage !

Répondre
COUSIN V et F 10 novembre 2018 - 7 h 50 min

Superbe récit qui donne envie de partir sur les routes à la rencontre de ce beau pays.. et chouettes photos qui l’accompagne.. Merci Émilie !

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Alessandro e Rossella 10 novembre 2018 - 10 h 52 min

Nous aussi aurions aimé participer! …

Répondre
Bray Elisabeth 11 novembre 2018 - 9 h 00 min

Le plan du site est très organisé et sur chaque paragraphe il y a beaucoup de détails techniques très utiles.
Le sujet est bien choisi et bien explicité( sans faire trop de prosélytisme) ce qui donne vraiment envie d’aller voir ces noisettes et la pratique du slow food.

Répondre
Bray Elisabeth 11 novembre 2018 - 9 h 06 min

Le plan est bien organisé et détaillé il donne les caractéristiques techniques utiles.
Belle écriture , donne envie d’aller voir les noisettes et la pratique du slow food.

Répondre
Daniel Zanichelli 11 novembre 2018 - 13 h 39 min

Superbe description des « Langhe » que je connais bien pour l’avoir visité… en voiture…des paysages magnifiques que l’on apprécie le mieux certainement en bicyclette mais avec des mollets jeunes. Ce récit montre bien l’hospitalité des habitants et aussi en plus de la culture des noisettes décrit le berceau du mouvement « slow food » qui manque tellement à la France au patrimoine gastronomique pourtant très riche.
Je rajouterais que les « Langhe » ont donné naissance à trois écrivains magnifiques, Cesare Pavese, David Lajolo, Beppe Fenoglio.
« Non è passato un giorno in cui la mente non sia ritornata al pesco sul bricco di San Michèle, ai prati delle Sette figlie, ai boschi della Sarmassa, ai filari conchigliosi di Montedelmare. » Davide Lajolo

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Laurence Raievski 11 novembre 2018 - 22 h 16 min

Mamma mia,
superbe récit qui donne envie d’aller là-bas; les photos sont somptueuses – un bacchio

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Braas-Jooris 12 novembre 2018 - 14 h 46 min

Un super roadbook, bien détaillé et qui donne envie d’aller déguster les noisettes.

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Anneso 13 novembre 2018 - 21 h 10 min

Magnifique reportage! Viva Italia!!!

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Bray Denis 17 novembre 2018 - 14 h 26 min

Super reportage sportif et gourmand
Très beaux paysages

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Pierre-Yves 4 décembre 2018 - 23 h 30 min

Génial ! J’adore les randos vélo, celle-ci fait rêver et nous transporte sous le soleil italien. Merci !
Bravo aussi pour avoir relevé et réussi le défi de trouver de petites routes agréables pour les cyclos en Italie.

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