Ascension du kilimandjaro sur les neiges éternelles d’Afrique

par Expérience Outdoor

Avis et informations concernant l’ ascension du kilimandjaro par Arnaud BUREL

Le fameux panneau encore enneigé ascension du kilimandjaro

Ascension du kilimandjaro

Renseignement pour préparer son ascension du Kilimandjaro

Où et quand ?

Le point culminant de l’Afrique se trouve en Tanzanie, pays d’Afrique de l’Est. Le parc national du Kilimandjaro est situé près de la ville de Moshi, capitale administrative de la petite région de Kilimandjaro. A noté que vous pouvez aussi effectuer l’ascension du Mawenzi (5149 m) et bien évidemment le Kibo (pic Uhuru, 5892m).
Une ascension qui s’est déroulée sur 6 jours, à compter du 10 décembre 2016. Cette période correspondant à la fin de la saison des pluies, il s’agissait d’une des premières ascensions de la saison, la première de l’année proposée par l’UCPA.

Où dormir pour l’ascension du Kilimandjaro?

Durant les nuits de l’ascension du kilimandjaro, nous avons dormi sous tente, aux camps de chaque étape, mais il est possible de dormir dans les refuges des rangers en fonction des étapes et des disponibilités.
Le jour avant le départ et au retour d’expédition, nous avons séjourné au Babylone lodge Á de Marangu, ou de nombreux hôtels sont le point de ralliement de groupe d’alpinisme. Le confort d’avant et d’après expédition de l’hôtel était le bienvenu pour tous. Il est aussi possible de dormir dans la ville de Moshi plus proche de la réserve.

Où se restaurer/où se réapprovisionner ?

Pour une expédition dans le parc national du Kilimandjaro de toute sorte, le gouvernement tanzanien oblige tout alpiniste a à être accompagné au minimum un guide et un cuisinier. Celui-ci vous préparera vos 3 repas quotidien lors de l’ascensiondu kilimandjaro.

Comme pour le logement, vous pouvez vous restaurer et vous réapprovisionner a de multiples restaurants/hôtels et points de ventes dans les villes de Marangu et Moshi. Un dernier recours est possible à l’entrée du parc national, ou un magasin pourra vous fournir en réapprovisionnement, mais à des coûts exorbitants.

Bière locale; Kilimanjaro ascension du kilimandjaro

Bière locale Kilimanjaro

Comment y aller ?

L’aéroport international le plus proche est Kilimandjaro aéroport (JRO). KLM a un vol direct depuis Amsterdam, Turkish Airways propose un vol depuis Dublin et Qatar Airways propose un vol depuis Paris avec escale à Doha vers Kilimandjaro aéroport.
Personnellement, je suis monté sur Paris de Montpellier avec la Sncf. Nous avions un vol Paris-Amsterdam, Amsterdam-Dar Es Salaam-Kilimandjaro aéroport. Le cout du billet d’avion varie en fonction de la période et de la compagnie, mais en moyenne le billet revient à 600/700 euros.
Depuis Dar Es Salaam, on peut prendre un bus vers Arusha ou Moshi (20 $ aller simple, environ 8h de route). Depuis le Kenya, l’Aller-Retour coûte environ 400 $. Il y a également des bus (35 $ aller simple, 6h de route).
Le prix du visa est compris entre 40 et 50$, en fonction du douanier.

Participants

Je suis parti en réservant le séjour auprès de l’UCPA, qui a composé un groupe de 14 personnes. Randonneur depuis plus de 8 ans, je pratique également l’escalade. Je voulais me lancer dans la randonnée de haute altitude et l’alpinisme. Avant de débuter ce périple je n’avais aucune idée de mes aptitudes ni de ma réaction à l’altitude. Je suis adepte du « voyager léger » et de tout ce qui est attrait à la montagne.

Site internet

Voici le lien vers le séjour UCPA que j’ai effectué. L’UCPA passe elle-même par une agence locale, qui organise les deux semaines. Ce séjour, s’est avéré pour moi le bon compromis entre mon envie d’ascension du Kilimandjaro, toit de l’Afrique, et l’envie de découvrir le pays et les fabuleux parcs et réserves tanzaniens. L’organisation a été au top.
rhymesofwilderness.com pour un safari je vous conseille vivement ce guide fort sympathique, parlant français.
Pour l’anecdote, ce guide est l’un des rares à avoir effectué l’ascension avec une personne en fauteuil roulant, l’amenant au sommet pour réaliser son rêve.
Pour les bus en Afrique

Ascension du Kilimandjaro, les neiges éternelles d’Afrique

L’ascension du Kilimandjaro ne nécessite aucune connaissance d’alpinisme. Celle-ci n’est pas du tout technique. On parlera plutôt ici de randonnée glaciaire en haute altitude, Malgré la disparition probable du manteau neigeux du volcan d’ici quelques années. Ce fut pour moi l’une de mes principales motivations de cette expédition, pouvoir observer les neiges éternelles, qui n’auront bientôt que le nom d’éternelles, du continent africain.

Préparatifs pour l’ascension du Kilimandjaro

Après un copieux petit-déjeuner à l´hôtel, le nécessaire et l’équipement pour notre expédition préparés, nous voilà embarqués dans un mini bus direction le parc national du Kilimandjaro. C’est ici que commencent les formalités administratives de l’expédition à la Marangu park gate. Tout d’abord notre guide, Franck Boniface, effectue des démarches concernant le groupe, cela prend plusieurs minutes, la règlementation du parc est stricte et les rangers sont semble-t-il pointilleux avec les règles. Ensuite, viens le moment de nous enregistrer et de payer l’accès au parc ; 780 $ en décembre 2016. Le tarif varie tout le temps, difficile de se fier à ce que l’on peut voir dans les différents points d’informations.
Néanmoins, s’est plus ou moins entre 750$. Avant de partir, j’avais bien prévenu ma banque que j’aurais une grosse dépense en Tanzanie, pour éviter toutes mauvaises surprises. C’est la gorge serrée que je scrute le terminal bancaire, et c’est avec un ʺoufʺ de soulagement que le paiement est autorisé. Voilà je peux enfin profiter pleinement de ce qui m’attend. Mes craintes étaient justifiées puisqu’une des personnes du groupe c’est vu refuser son paiement. Il faut savoir que la plupart des pays d’Afrique sont sur listes noires des banques, et les paiements en carte peuvent être refusés.

Dernier passage

Une fois les formalités achevées, un dernier passage par le magasin de location, pour les derniers équipements manquants. Sur place, un marchant peut vous louer de la simple gourde, à la veste gore tex. Un point important, aucune bouteille en plastique n’est autorisée dans le parc, c’est ainsi que plusieurs personnes du groupe se retrouve à acheter ou louer des gourdes. Est-ce une vraie règle ? Ou seulement à fin commerciale ? Difficile a dire, mais le gouvernement tanzanien fait tout pour préserver la beauté des lieux et c’est tant mieux.
Le groupe fin prêt, nous voilà embarquer pour un trajet de 3h sur piste, mélangeant poussière et chaleur tropicale qui viennent titiller tous vos sens. La chaleur ici est pesante, ce qui n’empêche pas les locaux d’être en pull et de porter des bonnets ! Il fait environ 28º. Durant ces trois heures, nous observons dans un silence religieux, les cultures de maïs et les forêts de conifères, avec par moment une vue magnifique sur le Mawenzi, par contre le Kibo se fait désirer. Nous rejoignons ainsi le départ de la voie Rongaï.

Départ de la voie Rongaï, à travers les forêts de conifères lors de l

Départ de la voie Rongaï, à travers les forêts de conifères – ascencion du Kilimandjaro

La voie Rongai

Elle aborde l’ascension du Kilimanjaro par le versant Nord de la montagne, elle longe la frontière entre le Kenya et la Tanzanie. Cette voie reste une des plus préservées et sauvages des six voies officielles. Elle est peu fréquentée et l’ascension se fait en 6 jours, permettant une bonne acclimatation à l’altitude pour entreprendre l’ascension du Kibo. Cette voie rejoint la voie Marangu avant l’étape finale et permet d’attaquer le sommet (Gillman’s point), par un chemin bien tracé. Le retour se fait par le même tracé que la voie Marangu.
Petit briefing avec notre guide, les porteurs sont déjà là et commence à se répartir les charges. Les plus expérimentés porteront environ 20 kilos, les nouveaux, autour de 15 kilos. Nous déjeunons sur le pouce avant de nous lancer dans le treck, alors que les premiers porteurs commencent déjà leur ascension. Il y a environ 2 porteurs pour 1 personne, Ce qui fait passer notre expédition à un total de 60 personnes. Étrangement, durant tout le temps de l’expédition, je n’ai jamais ressenti  le poids de ce nombre de gens avec nous. Les porteurs sont discrets et nous côtoyons seulement notre guide et les guides assistants qui sont aux nombres de 6.

1ere étape de l’ ascension du Kilimandjaro : Rongaï (1600 m) – camp de Cave 1 (2700 m)

Départ du trek au village de Rongaï à 1600 m d’altitude. Nous voilà au milieu des dernières cultures d’altitude et nous commençons lentement notre ascension. Pas besoin de se presser pour cette première étape de 3h de marche. J’en profite pour en prendre plein les yeux, culture de patate et de maïs, observation de singe au loin dans les forêts de conifères. Après deux heures de marche, nous avons l’occasion de tester l’étanchéité de nos ponchos. Une averse tropicale Vient déjà ternir le tableau, mais rien de bien méchant. Le camp de Cave 1 se situe à 2700 m d’altitude dans les bruyères. Si le temps le permet, à ce stade de l’ascension vous pouvez apercevoir les 3 fameux sommets du Kilimandjaro : le Shira à l’ouest (3962 m), le Mawenzi à l’est (5149 m), le Kibo (Uhuru Peak, 5895m).
Une fois le refuge de la 1ère étape atteint nous devons nous enregistrer dans un registre. On s’exécute, avant de nous rendre compte que notre camp est déjà monté. Il y a avec nous un couple d’anglais en plus de notre groupe. Nous ne les reverrons plus après cette étape. L’organisation de la soirée se fait par une petite toilette, nous avons à notre disposition des petites bassines d’eau chaudes. Nous avons encore le courage de nous laver entièrement, mais celui-ci va s’estomper au fil des étapes et de l’altitude, le froid se faisant de plus en plus sentir. Le temps n’est pas au beau fixe et le repas du soir s’effectue dans la tente mess sous une pluie diluvienne.

Les repas

La soupe est la bienvenue, surtout qu’il est conseillé de boire énormément d’eau durant tout le long de l’ascension. Les repas sont composés de fruits et légumes, riz, salades, soupes, et un peu de viande… c’est assez varié. Tout dépend des talents de cuisinier de votre chef, nous n’avons pas eu à nous plaindre. Vous pouvez toujours prévoir quelques barres, un peu de chocolat et des fruits séchés pour votre quotidien. Cela fait toujours plaisir, mais ce n’est pas l’essentiel.
Le repas se termine par du thé qui vous réchauffe les mains et le moral. Cette première et dernière nuit sous l’averse va marquer certaines personnes. L’inondation de leur tente les a obligés à se réfugier dans le refuge des rangers pour dormir au sec. Pour ma part rien à déclarer, pas la meilleure nuit de ma vie, mais ça ira en espérant que le temps change au fil de l’ascension.

2ème étape de l’ ascension du Kilimandjaro : 1st Cave (2600m) – Kikelewa Cave (3600m)

Un petit-déjeuner complet pour bien commencer la journée, le trek continue avec le Kibo en point de mire. Le temps est clair, mais la température a chuté. Nous partons pour 5 à 6h de marche, histoire que le groupe se soude un peu plus. Nous nous connaissons maintenant depuis 10 jours (nous avons passé une semaine ensemble avant l’ascension), et nous marchons tranquillement jusqu’à la pause déjeuner. La bonne ambiance est revenue et certaines affaires sèchent sur les sacs. Une avalanche de coton et de couleurs. Une fois passée le  “Second Cave” (3450m), le paysage s’ouvre et on découvre une ambiance de  “haute montagne” à travers le moorlands (bruyères courtes) et de la végétation d’altitude (immortelles).
Dans l’après-midi, on atteint “Kikelewa Cave” à 3600 mètres d’altitude. Les porteurs s’empressent, tels des fourmis, pour dresser le camp. Je pose mon sac. J’observe la rapidité de l’exécution. Je n’ai rien à faire, juste à attendre d’être servi, tel un pacha. Ils sont la pierre angulaire de l’ascension d’expédition, travaillant dans des conditions difficiles, méprisés parfois par ceux qui les emploient et payés une misère. Dans leurs yeux, si vous les croisez, vous y lirez fierté et détresse, souffrances et rêve d’une vie meilleure, mais surtout de la bienveillance.

La pierre angulaire de l’expédition, les porteurs ascension du kilimandjaro.

La pierre angulaire de l’expédition, les porteurs ascension du kilimandjaro.

Caisson hyper bar

Après notre toilette, nous assistons à la présentation de ceux-ci, ainsi qu’à une démonstration de l’utilisation du caisson hyper bar. Cette présentation me fait prendre conscience que j’avais chassée de mon esprit la dangerosité de la longue ascension qui nous attend d’ici quelques jours, bien que ce ne soit qu’un trek peu technique, il ne faut pas prendre à la légère les dangers liés à l’altitude. Pour le moment je ne ressens pas vraiment les symptômes dus à l’altitude. La soirée fut très agréable et nous avons pu observer le Kibo sous un magnifique ciel étoilé. En contre bas, nous pouvons observer le Kenya, sur lequel s’abat un orage, nous sommes déjà au-dessus des nuages.

Présentation des porteurs et du caisson hyperbar.

Présentation des porteurs et du caisson hyperbar.

Sous le regard des étoiles et de la lune, impassibles spectatrices ascension du kilimandjaro.

Sous le regard des étoiles et de la lune, impassibles spectatrices ascension du kilimandjaro.

3ème étape de l’ ascension du Kilimandjaro : Kikelewa Cave (3600 m) – Mawenzi Tarn camp (4330m)

Une étape courte nous attend aujourd’hui, la météo est au beau fixe. Nous en profitons pour effectuer le petit-déjeuner en extérieur et prendre notre temps. L’objectif de la journée, arriver au pied des tours de rochers du Mawenzi, pour s’acclimater à l’altitude. Toute végétation disparait au moment d’atteindre le “Mawenzi Tarn”. L’après-midi se passe à s’acclimater et à découvrir ces paysages lunaires. Nous en profitons pour gravir un peu le Mawenzi et nous passons les 4500 mètres d’altitude.
Personnellement un léger mal de tête se fait ressentir, mais rien de bien méchant et je suis agréablement surpris de voir que tout se passe pour le mieux me concernant. Tout se passe à la manière du “Polé, polé” signifiant “doucement, doucement” en swahili. C’est une expression que nous avons entendu en continue au cours de la marche, comme un disque rayé, mais cela reste le meilleur moyen de garantir une bonne acclimatation et la réussite d’atteindre le fameux sommet. Ce soir je n’ai que peu d’appétit, on me force à manger, je ne me sens pas fatigué, on ne marche que 4h a 5h par jour, mais quelque chose ne va pas. On se couche-tôt, une longue journée nous attend demain, sachant que la suivante commencera à minuit. Les choses sérieuses arrivent.

Petit déjeuner à 3600 m d’altitude ascension du kilimandjaro.

Petit déjeuner à 3600 m d’altitude ascension du kilimandjaro.

4ème étape de l’ ascension du Kilimandjaro : Mawenzi Tarn camp (4330m) – Kibo hut (4700m)

La nuit fut compliquée et trouver le sommeil fut difficile. Le temps s’est gâté et de la neige a fait son apparition. On se réveille au pied du Mawenzi enneigé, alors qu’hier on gambadait sur de la rocaille. Le fond de l’air est frais, les toiles de tentes humides, mais le soleil ne tarde pas à faire disparaitre les preuves du mauvais temps nocturne. Je me réveille, un peu plus fatigué que la veille, le petit déjeuner est succinct, toujours en manque d’appétit.
On continue l’ascension vers la face Est du Kibo. La végétation a disparu pour laisser place à un désert. Il est indispensable de se forcer à marcher lentement, ainsi que de profiter de l’atmosphère grandiose des déserts de haute altitude et du paysage. Je ne suis pas au mieux de ma forme, mais le soleil nous réchauffe, tout le monde pense à demain, ou plutôt à ce soir. Soudain, au milieu de nulle part, une porte d’avion, posée là, au milieu du paysage grandiose et désertique, comme s’il s’agissait d’une œuvre contemporaine, l’explication ne se fait pas attendre et va donner un peu plus de charme à la voie Rongaï.

Anecdote

Un couple de néerlandais aurait fait appel à un pilote Tanzanien pour survoler cette zone du Kilimandjaro afin de réaliser un film. Les conditions météo ont eu raison du petit coucou. Le couple est décédé dans la catastrophe, tandis que le pilote, qui y avait survécu, a succombé peu après son arrivée à l’hôpital….
Plus loin, on découvre l’épave de l’engin, c’est une sensation étrange qui nous ramène vite les pieds sur terre. La vie ne tient pas à grand-chose. Après notre petite anecdote type “Tintin au Tibet”, nous progressons lentement vers le refuge de Kibo Hut, et viens le moment ou tout le monde se pose des questions pour l’ascension qui va se dérouler dans la nuit : Aura-t-on le beau temps, pourra-t-on partir, est ce qu’on aura le mal des montagnes, est ce qu’on sera assez reposé ? Le repas se déroule à 18H, et j’ai compris bien après l’ascension, que durant les 4 premiers jours, le guide nous a discrètement fait manger et dormir de plus en plus tôt… Je réussi à dormir vers 19h après un maigre repas.
Épave d’un petit coucou à 4300 m d’altitude.

Épave d’un petit coucou à 4300 m d’altitude.

Épave d’un petit coucou à 4300 m d’altitude – ascension du Kilimandjaro

Déserts-de-haute-altitude.-En-fond-le-Kilimandjaro-ascension-du-kilimandjaro

Déserts de haute altitude. En fond le Kilimandjaro – ascension du Kilimandjaro

Cérémonie silencieuse

Réveil à 23 heures après une courte, très courte nuit. Pas superbement bien dormi d’ailleurs, cela dût au stress qui est venu perturber les courtes phases de sommeil difficile à trouver. On s’habille chaudement, chacun enfile son costume pour le bal glacé, prépare le sac, on met le nez dehors. Cérémonie silencieuse, sous le regard des étoiles et de la pleine lune, impassibles spectatrices. Un peu de vent, mais pas un nuage à l’horizon.
Rendez-vous pour le petit déjeuner, pour tout repas, un dernier thé chaud et quelques biscuits grignotés à la va-vite. Je mets une barre de chocolat dans ma poche, geste heureux que je ne regretterai pas une fois atteint le Gillman’s point. On croise des regards, des yeux hagards, des visages impatients. On s’étire, on respire, on attend. Quelques mots d’encouragements s’échangent contre quelques hochements de tête. Le guide nous appelle, énumère chaque nom un à un dans un ordre bien précis, puis nous prenons place. Tout est allé si vite. Comme un claquement de doigts. Le départ est donné, sous le rythme si familier du polé polé.

5ème étape de l’ ascension du Kilimandjaro : Kibo hut (4700m) – Uhuru Peak (5895m) – Horombo hut (3720m)

La pente est raide et régulière, l’ascension proprement dîtes commence. Nous voilà marchant lentement, chaque pas nous rapproche du but de ce voyage. Durant la première heure, tout se passe à merveille, hormis le temps et la température. Il fait froid (environ -10º), et des rafales de vents s’invitent parmi nous. Les guides chantent en swahili, nous donnant du courage. La pleine lune nous éclaire le chemin, de ce fait j’éteins ma frontale qui ne m’est d’aucune utilité.

Première pause, à 4800 mètres.

Nous voilà quasiment à hauteur du Mont blanc. Après cette pause, arrive la première fracture du groupe. Un groupe de 10 personnes part en tête, tandis que 4 restent en retrait. Je m’invite dans le groupe de tête, mais au bout de quelque temps le rythme est insoutenable, mes forces ne me permettent pas de suivre ce rythme et je me suis fatigué bêtement. Je me retrouve seul, avec un assistant guide. Me voilà complètement piégé, je demande au guide si on peut attendre le groupe plus bas, il refuse catégoriquement.
On ne s’arrête pas plus que quelques secondes. Heureusement pour moi, nous rejoindrons une autre personne du groupe de 10,  et nous finirons l’ascension à trois. Le froid devient très intense et fait geler l’intégralité de mon Camel back. C’est difficilement que notre duo parvient à passer le cap des 5300 mètres d’altitudes. Nos visages sont très fatigués, je souffre physiquement et mon compagnon d’ascension a du mal à reprendre sa respiration.

Notre guide

Le guide nous propose une pause et nous remonte le moral en nous disant, vous venez de passer les 5300 mètres, soit le sommet du Mawenzi. Il nous encourage et nous repartons. Notre ascension va être hachée, j’ai l’impression que nous nous arrêtons tous les 10 mètres. Le guide nous interdit de nous asseoir, alors que tout mon corps me supplie de me laisser tomber contre le flanc de la montagne. Je me surprends même à m’endormir durant nos pauses de 30 sec, et je ne peux lutter. Le guide me réveil et prend soin de nous. Il s’appelle Steeve, et si j’arrive là-haut je lui devrai une fière chandelle.
Tout est confus dans mon esprit et je ne sais par quel miracle mais nous arrivons à la fin de ce mur en atteignant le premier sommet c’est-à-dire le bord du cratère, Gillman’s point. La pancarte a été déneigée par le groupe de tête et nous pouvons lire enfin que nous touchons au but. À ce moment-là je me dis c’est gagné. À l’abri du vent nous prenons une longue pause. Steeve me force à manger la barre au chocolat que j’ai préalablement emportée. Cela me fait un bien fou et je retrouve un semblant de force. Je souffle à mon duo, « courage, on a fait le plus dur, dans une heure c’est fini ».

Froid de canard

Il cède son sac au guide, et nous repartons pour Stella point, le second cap du sommet carré du Kilimandjaro. J’ai froid aux mains, mes doigts ont un peu gelés à cause d’une étourderie, qui aurait pu être fatale. J’ai enlevé un gant pour récupérer ma barre au chocolat, grossière erreur, je ne sens plus deux de mes doigts et j’ai du mal à les bouger… je regarde le thermo-hydromètre que j’ai apporté avec moi, -22º, et le vent s’intensifie. Je mettrais 3 semaines à récupérer la sensibilité dans le bout de deux doigts de ma main droite.

Stella Point à 5800 mètres

On continue donc pour une nouvelle étape : vers Stella Point à 5800 mètres environ. Nous atteignons notre objectif en 30 minutes, le sommet n’est maintenant qu’à 30 minutes de marche et ça ne monte plus beaucoup. Le guide nous congratule, on se félicite, on est heureux, c’est fort comme moment…
Sur le chemin pour le sommet nous croisons le groupe de tête, il nous encourage et nous explique que le sommet est à 10 minutes. Ils nous avoueront plus tard, que nos têtes faisaient peur tellement nous étions rongés par la fatigue et le froid. La pente est vraiment très modeste maintenant, puis on la voit… au loin la pancarte tant attendu, celle qui symbolise le sommet, le toit de l’Afrique… elle est là devant nous… à 5 minutes de marche… On atteint finalement le sommet à 6h20min, peu après le lever du soleil. Celui-ci nous réchauffe et finit de combler notre bonheur d’avoir atteint notre objectif.
Les neiges éternelles du Kilimandjaro.

Les neiges éternelles du Kilimandjaro.

Les neiges éternelles du Kilimandjaro – ascension du Kilimandjaro

Le fameux panneau encore enneigé ascension du kilimandjaro.

Le fameux panneau encore enneigé ascension du kilimandjaro.

Ascension du Kilimandjaro

Ascension du Kilimandjaro

Le guide ne perd pas sa lucidité, nous prend en photo et nous impose de repartir. Je n’ai aucune idée de combien de temps nous sommes restés au sommet. 5min, 10 min ..? Ce que je sais c’est que maintenant il va falloir redescendre et ça ne va pas être une mince affaire. Peu après notre départ le groupe de 4 personnes arrive non loin du sommet, nous les encourageons, leur souhaitons bonne chance, encore un dernier effort et elles y seront. Leur visage est tiré par la fatigue. Je suis ravi qu’elles y arrivent également. Elles le méritent. Je remarque que le guide principal ne porte pas de gants… impressionnant…

La descente s’enchaîne

Je découvre sous la lumière du jour là où nous avions erré quelques heures plus tôt. Sans la nuit, tout parait plus simple. La descente s’effectue tranquillement jusqu’à Stella Point, des images plein la tête et un bonheur intense en mémoire. On en profite pour prendre des photos. Nous repartons par la voie Marangu, on s’engouffre pour surfer sur cette descente faite de gravillon et de roche pour retourner au camp que l’on a quitté 6 heures plus tôt. Les jambes ont du mal à tenir le coup. Mon matelas m’appelle. Après 2h de descente, je m’effondre sur mon sac de couchage.
A 12h, tout le monde se rejoint dans la tente mess, pour notre avant dernier repas ici, sur le Kilimandjaro. En effet nous repartons dans la foulée pour Horombo hut. La descente est clairement laborieuse… après l’ascension, la fatigue accumulée et la pause c’est difficile de se remettre en route.

6ème étape de l’ ascension du Kilimandjaro : Horombo hut (3720m) – Marangu Gate (1980m)

Descente tranquille vers le point de départ du trek, en passant par Mandara Hut. Nous croiserons quelques groupes en routes pour le dernier camp de base. Nous sommes arrivés à Marangu Gate 5 heures plus tard. Le point de départ de toute cette aventure.
En conclusion, c’est fini, déjà. Je me dis, tout haut, satisfait, Voilà, c’est fait. Moi, comme tant d’autres, j’ai atteint mon premier sommet. J’ai atteint le toit de l’Afrique. J’ai atteint le sommet du Kilimandjaro… alors comme Hemingway le disais “Vaste comme le monde, immense, haut et incroyablement blanc dans le soleil, c’était le sommet carré du Kilimandjaroʺ.
Cette aventure fut peu évidente car, nous avons eu des conditions assez difficiles et mon corps n’a pas très bien réagi à son premier passage au-dessus de 5000m. Je ne regrette aucun de mes choix, car ceux-ci m’ont permis d’en apprendre plus. Les guides ont été superbes et je remercie Steeve et Franck sans la bienveillance duquel, je ne serais jamais arrivé là-haut. De plus j’ai effectué des rencontres incroyables, et garder des contacts avec un bon nombre de mes coéquipiers pour, qui sait, de futurs sommets.

Matériel utilisé pour l’ascension du Kilimandjaro

Sac à dos et bivouac pour l’ascension du kilimandjaro

CATÉGORIE NOM DU MODÈLE MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT LE CHOIX DE CE MODÈLE AU DÉPART? EST-CE QUE CE CHOIX A RÉPONDU À L’EXPÉRIENCE RACONTÉE DANS CE ROADBOOK ? SI C’ÉTAIT À REFAIRE
SAC À DOS TALON 22 OSPREY  C’est mon sac à dos le plus petit, et le plus adéquate a une journée de treck. Parfaitement En réalité, je ne me rendais pas compte à quel point les porteurs ont porté toutes nos affaires, de ce fait en journée nous ne portions quasi rien. Je me tournerais vers sac compact comme un 15L qui aurait largement suffit pour chaque étape!
SAC DE COUCHAGE TSIII SEA TO SUMMIT Achat spécialement fait pour le Kilimandjaro, choisi pour son faible poids, volume et ses capacités de conforts. Excellent pour une première utilisation. RAS, ce sac va me suivre pendant de nombreuses autres années.
Trek Serie TK2
SAC À VIANDE Drap-poly SARCOPHAGE COCCON Permet d’éviter de salir son sac de couchage. Oui, un sac à soie basic, léger et compact. RAS CHAUSSU-RES LOWA Mes premiers amours, je ne les quitte plus tellement ce sont des chaussons pour moi. Parfaitement, même si je devrais surement me résigner à les changer car elles se font veilles. RAS, je ne peux m’en séparer malgré leur poids et leur usure.
GOURDES 1L NALGENE Fiable dans n’importe quelle circonstance. Oui, malgré le gel de mon eau. A été d’un grand secours, après que mon camelback est gelé.
GOURDES 2L Camel – back PLATYPUS Généralement fiable et robuste. Oui, hormis la dernière étape. Inutilisable au bout de 2H lors de la derniere etape. En altitude, je ne prendrais plus de camel-back ou je le protègerais plus.

Vêtements et accessoires utilisés pour l’ascension du kilimandjaro

 GANT Montana THE NORTH FACE Gants avec dragonne, confortable et qui permet une résistance aux froids. Alors oui et non, je ne m’attendais pas des températures si basses. Malgré tout ils ont tenu le coup. Ajouter des sous gants à ma paire de gants, je pense sincèrement que ces gants ont fait l’affaire.
TEE SHIRT Dry Stripe HH Robuste et chaud. Oui Pareil, depuis je les trimballe partout et hésite à m’en acheter d’autre. Le seul point négatif c’est qu’ils sont sensibles au velcro.
MANCHE LONGUE ET COURTE
DOUDOUNE + VESTE M’s Ukiah Down Hybrid Jacket PATAGONIA Double couche, chaud et résistant. Oui RAS, a part que j’avais oubliai ma capuche qui se rajoute, elle ma manquait.
POLAIRE Forclaz QUECHUA Simple et peu chère. Oui J’investirais dans une polaire un peu plus chaude et plus technique.
PANTALON QUECHUA Guêtre intégrée, aération, un vrai pantalon de compète. Peu chère Oui, excellent surprise. RAS. Acheté en promo, ce fut une de mes meilleures affaires de ces dernières années. Rapport / qualité excellent. Excellent produit.
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CHAUSSETTEX2 Forclaz 500 QUECHUA budget Oui RAS
CHAUSSETTECHAUDE X2 SH500 QUECHUA budget Oui RAS
BONNET / CACHE COL Je possédais déjà Oui A l’avenir j’investirais dans des produits plus techniques pour le froid.
FRONTALE Spot noir BLACK DIAMOND Je possédais déjà Oui RAS
TENTE Fourni Oui RAS
VETEMENT Tee shirt basique / short de rando Oui RAS
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