Traversée de l’Olan en alpinisme et redescente en parapente

par Expérience Outdoor
Traversée de l’Olan en alpinisme et redescente en parapente

Arnaud PASQUER nous partage son ascension, une traversée de l’Olan un sommet du massif des Écrins en alpinisme et en descente en parapente.

Informations pour préparer la traversée de l’Olan

Date

8 Août 2016

Lieu

France, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Hautes-Alpes, La Chapelle en Valgaudémar (05800)
Depuis Montpellier : 4h, 350km, 22 e de péage

Participants

Arnaud Pasquer, Jean-Luc.
Passionné de montagne mais surtout d’alpinisme, j’ai eu envie de me mettre au parapente pour combiner les deux activités, gagner du temps à la descente et ajouter du fun et de l’esthétisme à certaines de mes ascensions.

Où dormir

Refuge de Font Turbat
Refuge de l’Olan

Où se restaurer/où se réapprovisionner

Au Village de La Chapelle en Valgaudémar, épicerie, boulangerie, restaurants et même une boucherie !

Office du tourisme

Syndicat d’Initiative de La Chapelle en Valgaudemar
Tél : 04 92 55 28 80
Horaires d’ouverture été : Ouvert du 15 juin au 15 septembre
10h – 12h30 & 15h – 19h

Caractéristiques (falaise, massif …)

l’Olan culmine à 3564m et est un sommet connu et redouté du massif des Ecrins, notamment par sa face Nord-Ouest, imposante et austère !
Quelques alpinistes célèbres y ont ouvert des voies difficiles, notamment en hiver tel que René Desmaison, et le rocher y est réputé fragile (granit en bas et gneiss sur le haut)

Quoi d’autre dans les environs

La vallée du Valgaudémar est une vallée tranquille et relativement peu connue malgré un essor du tourisme estival. On peut y pratiquer l’escalade, le kayak ou le raft dans la rivière de la Séveraisse, la pêche, le VTT et bien sûr la randonnée.
Au niveau de l’alpinisme, certains sommets faciles sont accessibles tels que le pic Jocelme, la cime du vallon, les Rouies, ou d’autres plus exigeants comme le Sirac, les Bans.

Bibliographie

« Escalades en Valgaudémar » de Rémy Karle
« Les 100 plus belles des Ecrins » Gaston Rébuffat
« Sommets des Ecrins, les plus belles courses faciles » de Chevaillot, Grobel, Minelli

Lien internet

Syndicat d’initiative du Valgaudémar
Itinéraire des voies d’alpinisme de montée et de descente de l’Olan
Refuge de l’Olan et de Fond-Turbat

Récit de la traversée de l’Olan 

Alors l’idée initiale était d’effectuer la traversée de l’Olan avec ma partenaire de cordée.
On avait décidé de laisser la voiture à la Chapelle en Valgaudemar et monter au refuge de Fond Turbat par le col Turbat (et non par le trajet normal depuis le Désert en Valjouffrey) pour récupérer la voiture facilement.
Les sacs sont lourds, mais nous mettrons moins de 5h ce qui est correct. Le col Turbat est un itinéraire de montagne, ça se désescalade bien mais ce n’est déjà plus de la randonnée. Nous le passerons dans la brume, en apercevant certains morceaux des 2 avions de chasse écrasés 30 ans auparavant ici.
Voilà ce que ça donne vu du refuge le lendemain (col au milieu) :

Le col Turbat vu du refuge

Le col Turbat vu du refuge

Réveil à 3h le lendemain et ma partenaire est fiévreuse, je ne lui mets pas la pression, c’est une longue course à ne pas négliger, alors on se recouche … Repos toute la journée mais je cogite le plan B :
je peux raccompagner ma partenaire sur Grenoble, assister au mariage d’un pote le samedi puis revenir ensuite seul en laissant cordes mousquetons etc ici, car le copain de la gardienne me propose de faire la course ensemble. La météo annonce un créneau le lundi.
J’envisage alors de monter avec ma voile et de la laisser de l’autre côté de la montagne pour le retour ! Sur la papier c’est chargé, mais ça peut le faire avec de la bonne motive. La donne a changé, c’est désormais une belle combinaison alpinisme et parapente que je vise ! L’idée me plait !
Il faut d’abord redescendre le lendemain matin (Vendredi) mais il ne sera pas possible de repasser par le col Turbat puisqu’un orage a déposé de la pluie pendant la nuit sur la paroi, il va donc falloir faire un grand grand tour en redescendant la vallée du Valjouffrey, repasser un col pour rejoindre la vallée du Valgaudemar et finir à pied ou en stop les 5 derniers kilomètres. On mettra 9 et 10h au total !
Dimanche : coucher tard dans la nuit, réveil difficile … Une douche, je prends mon sac de parapente et direction la Chapelle en Valgaudemar à nouveau. Arrivée à 14h30 à la Chapelle, j’hésite à laisser mon parapente ou pas, cela me fait faire un bon détour, et je vais devoir cavaler pour arriver avant la nuit or j’ai besoin de sommeil … Allez, je le tente ! Rapidement je prends un très bon rythme, et mon corps suit, ça me rassure, désormais je suis dans mon trip. 1h15 pour monter au refuge de l’Olan au lieu des 3h annoncés, j’y dépose ma voile et je fonce vers le pas de l’Olan, je mettrai 3h45 au total pour rejoindre l’autre refuge, à l’heure pour le repas, niquel !!
Lever 3h30 pour récupérer un peu, je me sens bien, et je suis content que pour l’instant mon plan se déroule comme prévu.

Regard en arrière au début de l’ascension

Regard en arrière au début de l’ascension

La traversée se passera sans encombres, nous avançons à un bon rythme, et malgré le fait que c’est la première fois que nous faisons de l’alpinisme ensemble nous nous complétons parfaitement. Derrière une autre cordée (un guide et son client) parti 15min nous suit à bonne distance, nous serons donc seuls sur toute la traversée, génial.

Brèche sous le sommet

Brèche sous le sommet

Cette course n’est pas trop dure, même s’il faut être vigilant et ne pas la prendre à la légère, y compris la descente, certains y passent un certain temps …

Sommet

Sommet

Dans la traversée pendant la descente

Dans la traversée pendant la descente

Vers la fin de la descente, Olan derrière nous

Vers la fin de la descente, Olan derrière nous

On atteint le refuge plus tôt que prévu, il est midi, une bonne brise de 15km/h m’incite à décoller mais j’avais prévu de ne décoller que le lendemain matin pour passer la nuit là afin de les remercier de m’avoir gardé mon parapente, ça me gène d’annuler.  D’un autre côté je ne sais pas comment est le vent en vallée, si ça se trouve ça ronfle… mieux vaut être prudent !
Pour viser l’atterro (renseignement pris au refuge, le copain de la gardienne est parapentiste), il faut regarder le grand champ à gauche du village, au milieu il y a une sorte de petit rectangle cultivé, et de là un chemin Ouest-Est rejoint le village. Il faut atterrir sur ce chemin.
Le lendemain matin, le mauvais temps est prévu pour la mi-journée, je compte sur une légère brise au déco. Perdu, le soleil n’arrive ici qu’à 10h environ, et le vent est léger arrière. Je prévois d’attendre un peu mais je vois les 1ers nuages arriver dans la vallée, alors je file me préparer. Brise descendante (peu propice au décollage), les nuages avancent, je saute dans ma sellette. J’ai 5 min pas plus pour me décider, ensuite je ne verrai plus l’atterro…  Arghh, je rumine de ne pas avoir décollé hier midi, non, je n’ai pas fait tout ça pour ça, je vais y aller malgré le vent arrière.
Les randonneurs se sont arrêtés pour me regarder. Et puis je sens d’un coup comme une légère baisse de vent, 2 secondes après ma voile est au-dessus de ma tête et c’est parti. Le déco est assez facile, ça vole, bonheur !! Avec tout le matos que j’ai dans le sac à dos (cordes, mousquetons, fringues, piolet, crampons, etc) j’augmente mon poids total volant et n’ai jamais volé aussi lourd, j’ai l’impression que ma voile va bien plus vite même si je ne descends pas plus que d’habitude. Le vol est calme, j’en prends plein les yeux.  Par contre je n’avais pas prévu le fait que mon sac me tire en arrière et me déséquilibre, mes reins couinent !
Et je ne suis pas bien positionné pour la réception. Je sors de ma sellette et me tient debout, tenus aux suspentes pour me soulager un peu. Vallée en vue, atterro en vue, peu de vent, je pose juste au bout du chemin, à 50m de la voiture, niquel, un peu en glissade arrière mais je suis HEU-REUX ! Retour à Grenoble en début d’après-midi. Tout cette virée s’est passé comme prévu et même davantage, quel pied !! Et cerise sur le gâteau, c’était un vol qui célébrait pile poil ma cinquième dizaine de vols

Prêt à décoller

Prêt à décoller

La Chapelle en Valgaudemar et la zone d’atterrissage sous mes pieds

La Chapelle en Valgaudemar et la zone d’atterrissage sous mes pieds

Conclusion sur la traversée de l’Olan

C’était ma 1ère vraie mise en pratique des 2 activités ensemble et cela oblige à penser et organiser différemment une ascension. D’autres paramètres (vent, poids, …) entrent en ligne de compte.
Voilà le tracé complet pendant ces quelques jours :

Le tracé complet sur carte IGN de l

Le tracé complet sur carte IGN

En rouge le trajet à pied par le col Turbat pour rejoindre le refuge du même nom (1600D+,4h45).
En jaune le long trajet de redescente à pied (2400D-,1300D+, 20kms, 9h),  ainsi qu‘en bleu le trajet à l’horizontal effectué en stop
En marron le trajet à pied 2 jours plus tard pour aller déposer le parapente puis rejoindre le refuge de Fond Turbat par le pas de l’Olan et le col Turbat (2000D+, 3h15)
En bleu clair, le trajet en alpinisme du lendemain matin pour faire la traversée de l’Olan (4h30 pour le sommet, total 8h)
En violet le trajet en parapente pour retrouver la voiture (20 min)

Matériels utilisés pour cette traversée de l’Olan en alpinisme

CATÉGORIE  NOM DU MODÈLE   MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT LE CHOIX DE CE MODÈLE AU DÉPART  EST CE QUE CE CHOIX A RÉPONDU À CETTE EXPÉRIENCE RACONTÉ DANS CE ROADBOOK   SI C’ÉTAIT À REFAIRE 
 CRAMPONS Air Tech GRIVEL Polyvalence, solidité Adapté. Pour moi Grivel est la meilleure marque de crampons. Toujours fiables.  Là encore, n’importe quelle paire pourrait suffire vu le peu de passage en neige. Au vu des conditions, une paire en aluminium aurait pou suffire mais choix risqué car le rocher les abîme vite donc il faut être sûr de ne rencontrer aucun passage même court en mixte.
 PIOLET Sum tec panne PETZL Sa polyvalence  Ce piolet est simple d’utilisation, pour des courses allant de la course facile à difficile. Mon choix quand je ne dois prendre qu’un seul piolet (pas besoin de piolets traction).  Un piolet plus léger peut faire l’affaire car il s’agit quasiment exclusivement d’une course de rocher. Pour les gens à l’aise, un bâton peut même suffire.
VESTE Softshell MILLET  légèreté  Veste que j’avais choisi pour sa légèreté, en fond de sac pour la grimpe ou pour cette ascension estivale peu élevée où la météo était sûre, juste pour protéger du vent, sans apport de chaleur, et pour des pluies légères. Déception. Le revêtement intérieur au niveau du cou n’a pas duré longtemps (quelques sorties) et n’est plus étanche. Peut-être qu’une veste peu chère et coupe vent de type Featherlite smock de Montane pourrait faire l’affaire (mais avec capuche)
PANTALON SIMOND Agréable à porter, peu chaud (au contraire de pantalon de ski ou déperlant), je le réserve pour des ascensions estivales sans précipitations, principalement des courses de rocher. Oui. Mais il existe des pantalons un peu légers dans la même matière. Tout autre pantalon d’escalade aurait fait l’affaire. Comme par exemple le M Axiom Jean de Prana présent dans la boutique que j’avais déjà testé.
SAC À DOS Guide 30+ DEUTER  Confortable quand il est chargé, c’est son principal avantage. Je m’en sers très souvent en alpinisme en toutes saisons. Oui. Vu le peu de matériel que j’avais, j’aurais pu prendre un tout petit plus petit. Mais ça se joue à pas grand chose !
DRAP DE SOIE Traveller SEATOSUMMIT pour les nuits en refuge ça ne pèse rien ! Essentiel car ça ne pèse absolument rien et c’est tellement confortable sous une couverture. Obligatoire d’ailleurs dans de plus en plus de refuges.
GANTS PowerStrech Glove NORTH FACE Je ne prends ce type de gant que quand je pourrais me passer de gants Fragiles… mais niveau température c’était parfait. Je cherche toujours un compromis entre solidité et légèreté. Les sous-gants Warm de la marque  Odlo mériteraient à être testés, je les crois un peu plus résistants.
MICROPOLAIRE M Coefficient Jacket BLACK DIAMOND Bon compromis entre avoir un sous-vêtement et une polaire légère ou une micropolaire faisant office des 2 Oui, et je garde un tee shirt léger en fond de sac s’il fait trop chaud. D’autres modèles existent, comme la M Discovery MidLayer de Salomon.
TEESHIRT basique mais léger en cotton légèreté Oui, sert aussi comme pyjama ! On peut s’en passer pour gagner 100g mais c’est tellement agréable de pouvoir passer un tee-shirt propre après la course (ou à la descente).
CHAUSSURES D’ALPINISME  GT GARMONT Chaussures typées rocher Non. Je continue à les utiliser pour des courses d’alpinisme en rocher mais j’en suis mécontent. Elles se sont révélées fragiles et non étanches (dès la 1ère sortie !) Je viserais une paire de chez Scarpa ou La sportiva, mais une paire de chaussures de marche d’approche comme la TX3 de La Sportiva ou la Sticky Boulder de Garmont peut convenir si on fait attention un peu à ne pas prendre de choc sur le côté.
COINCEURS Camalot BLACKDIAMOND Fiabilité Oui, c’est important d’avoir confiance en ses coinceurs ! Ils sont assez solides aussi en comparaison avec d’autres Les 4CU de Cam feront aussi l’affaire. Ne prendre que 2,3 coinceurs petits à moyens suffit.
SANGLES PETZL Indispensables dans ce type de courses Oui, bon nombre choisi (5,6) surtout que ça ne pèse rien. J’aurais pris les mêmes. Ne pas prendre la petite taille mais la taille moyenne et en garder une grande si besoin. D’autres marques peuvent faire l’affaire mais ne pas les prendre trop larges (moins pratiques à utiliser et moins poylvalentes)
DÉGAINES Photon Fil CAMP 3,4 suffisent Oui, mais privilégier les dégaines à rallonge D’autres modèles peuvent être utilisés. Personnellement je ne suis pas adepte de modèles très légers comme les Ange de Petzl pour des courses d’alpinisme. On peut aussi utiliser de simples mousquetons combinés à de petites sangles et se fabriquer soi-même des dégaines à rallonge. En alpinisme, j’utilise plus de ces dégaines que des dégaines vendues toutes faites (plus lourdes)
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