Trek en Bolivie en autonomie autour du massif de l’Illampu dans la Cordillère Royale

par Expérience Outdoor
vallée de Cocoyo

Emilie Guilleman nous partage son expérience de 15 jours de trek en Bolivie autour du massif de l’Illampu. Elle nous partage les lieux de bivouac et ses avis sur le matériel pour cette randonnée.

vallée de Cocoyo

vallée de Cocoyo

Informations pour préparer un trek en Bolivie

Date de notre trek en Bolivie

Du 1er au 15 septembre 2016

Lieu

Point de départ et d’arrivée du trek : Sorata, Bolivie
Depuis Montpellier (ou plutôt Lyon !) : en avion jusqu’à La Paz (via Madrid et Lima, une vingtaine d’heures en tout, escales comprises), puis en minibus jusqu’à Sorata (4h) et de là, à pied !

Participants au trek en Bolivie

Caroline : rencontrée lors d’un trek au Népal en 2013, elle est devenue mon binôme de course à pied et d’escalade depuis. Elle voulait partir en Amérique du Sud, mais pas toute seule… C’est elle qui m’a proposé un trek « roots » en Bolivie : elle avait frappé à la bonne porte
Moi (Emilie) : je rêvais depuis longtemps d’un trek en autonomie dans un pays lointain, mais je n’arrivais pas à motiver mon chéri pour ce genre de défi (pas de sommet à gravir, pas intéressant pour lui). L’idée de Caro ne pouvait donc pas mieux tomber !

Où dormir durant le trek en Bolivie

A la Paz : Histoire d’arriver en douceur et avant d’affronter des nuits plus rugueuses en altitude, nous avons choisi un hôtel bien situé et assez confortable pour nos 2 premières nuits à La Paz : la Casa de Piedra. Le personnel y est très accueillant, et les indications du gérant nous ont bien aidées pour finaliser nos préparatifs sur place. Possibilité de leur demander d’organiser un transfert depuis / vers l’aéroport (80 à 85 BOL aux heures indues de nos vols, un peu moins si c’est en journée). Bagagerie gratuite (bien utile si le trek n’est qu’une étape du voyage).
Pendant le trek : Sous la tente

A Sorata : Arrivées en milieu d’après-midi à Sorata à la fin de notre trek nous avons préféré dormir sur place avant de reprendre le minibus pour La Paz. Sans chercher très loin nous avons opté pour l’hôtel Panchita, sur la place principale. Après 10 nuits sous tente, la simple présence d’un vrai matelas et d’une douche chaude suffisait à notre bonheur ! Quant au bruit incessant de la rue, nous l’avons à peine entendu…

Où se restaurer / où se réapprovisionner en Bolivie

A La Paz :

  • Gaz (bouteilles pour réchaud à vis): Pratiquement toutes les boutiques outdoor de l’avenue Illampu en vendent.
  • Alimentation : On trouve tout ce qu’il faut au supermarché Kétal (rue Almirante Grau), en particulier du fromage et de la viande (chorizo ou rôti en tranches) qu’il aurait été risqué de tenter d’importer. Les rues de La Paz fourmillent par ailleurs d’étals en tous genres.
  • Restaurants : celui de l’hôtel (Pan de Oro) fait un excellent Lomo Montado, sinon un peu plus haut à droite dans la rue à l’angle Genaro Sanjines et Ingavi, le restaurant Angelo Colonial sert d’excellentes soupes (ajiaco, soupe andine) et de très bons jus de fruits. Nous avons également mangé de délicieux salteñas vendus un peu partout dans les rues.
découverte de la cuisine locale en Bolivie

découverte de la cuisine locale en Bolivie

les rues de La Paz, un immense marché

les rues de La Paz, un immense marché

A Sorata :
On trouve des boissons et un peu d’alimentation dans les boutiques autour de la place principale, mais mieux vaut faire ses « grosses » courses à La Paz.

Office du tourisme

Une multitude d’agences proposent leurs services à La Paz. Il y a également un bureau des guides à Sorata, mais il n’y avait personne lorsque nous y sommes passées.

Caractéristiques sur le Massif de l’Illampu

Situé à vol d’oiseau à 80 km au nord de la Paz, le massif de l’Illampu fait partie de la Cordillère Royale qui sépare l’Altiplano (à l’ouest, plus sec) des Yungas (à l’est, bordant l’Amazonie donc plus arrosés). On y trouve de très nombreux sommets de 6000m, parmi lesquels l’Ancohuma (6427m) et l’Illampu (6368m). Même si les itinéraires d’alpi sont légion, la logistique peut être problématique : il n’y a pas de refuges (et encore moins de secours héliportés) et en dehors de Sorata et Cocoyo les points de ravitaillements sont inexistants. La saison sèche, la plus favorable pour une visite, s’étend d’avril à septembre.

Quoi d’autre dans les environs

Alpinisme : nombreux sommets à 6000m, plus ou moins techniques (Illampu, Ancohuma, Chachacomani, …).
Trek / randonnée : bien d’autres circuits possibles au départ Sorata, en particulier la transcordillère N>S qui vous ramène à une trentaine de kilomètres de La Paz à vol d’oiseau, mais qui nécessite a priori d’organiser un transport privé pour redescendre jusqu’à la capitale.
VTT : les amateurs de sensations fortes peuvent se faire un shoot d’adrénaline en descendant la célèbre route de la mort reliant Coroico à La Paz, l’occasion de s’enfoncer un peu dans les paysages tropicaux des Yungas.

Bibliographie et liens internet

Ouvrage dédié : Cordillère Royale – Treks et alpinisme en Bolivie, Anne Bialek et Patrick Espel (Editions Glénat, 23€). C’est de ce livre, dont Caro et moi avions chacune un exemplaire dans nos bibliothèques, qu’est née l’idée du trek. Il regorge de renseignements utiles et propose de très nombreux parcours, tant pour des treks d’acclimatation que pour des courses plus engagées sur les 6000 de la Cordillère.

Cartes :

Cordillera Real Nord (Illampu) 1 :50000, Alpenvereinskarte (12,80€, envoi en quelques jours pour une commande directement sur le site du Deutscher Alpenverein) cartes topographiques au 1/50.000ème, téléchargeable gratuitement en pdf (un peu fastidieux à assembler si on n’a pas de tireuse de plan, mais donne une bonne idée du parcours). La carte de l’Alpenverein reste indispensable pour bien appréhender le terrain car ces cartes pdf ne donnent aucune précision sur le micro-relief (barres rocheuses notamment) et les sentiers n’y figurent pas. Carrés utiles pour notre parcours : 5846-I Sorata, 5846-II Warizata et 5946-III Amaguaya.

Une appli GPS pour iPhone qui donne accès aux cartes topographiques OpenStreetMap du monde entier et permet de les  télécharger à la demande (pour une région ou un pays) de manière à pouvoir les consulter même loin de tout réseau (moyennant une participation unique d’une dizaine d’euros). Cette appli est un complément utile des cartes papier : elle permet de lever un doute sur sa localisation, de s’orienter plus facilement par jour blanc, d’enregistrer la position des bivouacs, etc.

cartes de Bolivie au 150000ème plus ou moins précises, celle de Alpenverein en haut et celle téléchargée sur internet en bas

cartes de Bolivie au 150000ème plus ou moins précises, celle de Alpenverein en haut et celle téléchargée sur internet en bas

Guides touristiques pour préparer un trek en Bolivie

Vous trouverez plein d’information sur la Bolivie avec le guide de voyage Lonely Planet.Voyage en Bolivie Guide de voyage Lonely Planet BolivieInformations utiles pour élargir le séjour aux parcs nationaux, celui de Sajama en particulier.

15 jours de trek en Bolivie

Au jour le jour

Jeudi 1er septembre 2016, 6h du mat, aéroport Lyon Saint Exupéry : ayé, nous y voilà, après plusieurs mois de patience et de préparation minutieuse nous partons enfin ! Parcours, équipement, bouffe, pharmacie : un trek en autonomie totale entre 3500 et 5000m ne s’improvise pas.
Malgré toutes nos précautions, nous partons avec 2 inconnues de taille : l’acclimatation et la sécurité. Sur la 1ère nous sommes assez vite rassurées : même si la tête tourne un peu en sortant de l’avion (El Alto est à 4000m), nous passons 2 bonnes nuits à La Paz sans souffrir de l’altitude. Pour la 2ème inconnue, difficile de faire abstraction des nombreux récits et mises en garde concernant le racket de trekkeurs sur les bords du lac San Francisco où nous devons justement bivouaquer… Mais à la veille de nous élancer, nous avons d’autres préoccupations : boucler nos sacs à dos !

Contenu du sac à dos pour le voyage en Bolivie

Contenu du sac à dos pour le voyage et trek en Bolivie

chargement minibus pour Sorata

chargement minibus pour Sorata

Jour 1 de la randonnée en Bolivie

Après avoir laissé une partie de nos affaires à la bagagerie de l’hôtel, nous nous rendons à pied au terminal de minibus et prenons 2 places pour le départ de 9h (20 bolivianos par personne, soit environ 2,5 €). Le trajet dure 4h (sans pause pipi !) et le plus long semble être de sortir de La Paz… Mais bientôt les constructions laissent place aux grandes étendues de l’Altiplano et au loin l’Illampu se distingue déjà.

premier aperçu sur le massif de l’Illampu

premier aperçu sur le massif de l’Illampu

Arrivées en tout début d’après-midi à Sorata, nous pique-niquons sur la place principale très animée en ce samedi. Puis nous nous mettons en route en direction du sud-est et prenons doucement de la hauteur… le poids de nos sacs nous empêche de toutes façons de nous élever rapidement !
« Rentrer » dans la carte au 50000ème n’est pas sans difficulté, d’autant que les pistes et chemins se sont multipliés depuis l’établissement de la carte de l’Alpenverein… en 1987 !

nous nous éloignons peu à peu de Sorata par un sentier puis une piste traversant plusieurs hameaux et s’élevant au milieu des terrasses cultivées

nous nous éloignons peu à peu de Sorata par un sentier puis une piste traversant plusieurs hameaux et s’élevant au milieu des terrasses cultivées

Notre objectif est de faire la moitié de la 1ère étape de l’itinéraire proposé dans le livre d’Anne Bialek de façon à passer une nuit supplémentaire à plus de 3000m (la 3ème depuis notre arrivée en Bolivie). Sur les conseils d’un guide local croisé en chemin, nous plantons notre 1er camp au fond d’un vallon après le village de Pampa Ckolani à environ 3200m.

emplacement de notre 1er bivouac, à 3200m

emplacement de notre 1er bivouac, à 3200m

Jour 2 de notre trek en Bolivie

Après quelques errements dans la brume au milieu des potagers, nous retrouvons un bon sentier et suffisamment de visibilité pour nous situer sur la carte.

montée au-dessus des nuages, en compagnie d’un adorable spécimen de la faune locale

montée au-dessus des nuages, en compagnie d’un adorable spécimen de la faune locale

Nous rejoignons ensuite une piste dont les lacets en pente douce nous rapprochent lentement mais sûrement du lac Chillata. Ici et là des paysans s’affairent dans les champs et même à près de 4000m d’altitude chaque parcelle accessible est minutieusement exploitée.

Nous atteignons le lac Chillata en milieu d’après-midi et y installons notre second bivouac. Rattrapées par la mer de nuages, nous devons faire un effort d’imagination pour nous figurer le panorama qui nous entoure.
Un peu éprouvées par le dénivelé de la journée, nous nous calons dans nos duvets pour une petite sieste réparatrice… mais faute de réveil, nous n’émergeons que 2h plus tard, bien après la tombée de la nuit et sans avoir dîné ! Pas le courage de ressor

parcelles cultivées à 3800m

parcelles cultivées à 3800m

tir sous la pluie pour allumer le réchaud : Caro se motive pour grignoter un peu tandis que je me rendors en rêvant du petit déjeuner… C’est peu dire que les tartines et le thé seront les bienvenus au sortir de la tente !

lac Chillata

lac Chillata

Jour 3 de trek en Bolivie

Nous commençons la journée au-dessus de la mer de nuages. Au programme : 800m de crapahute sur les contreforts de l’Illampu. Il n’y a quasiment plus de sentier, nous nous fions donc au relief et aux marquages éparses (mais parfois très insistants) pour nous orienter.

marquage itineraire insistant

marquage itinéraire insistant

Un des rares endroits où l’itinéraire est marqué… avec un peu trop d’insistance pour le coup !
Nous trouvons bientôt la « brèche à 4400m » indiquée dans le topo et redescendons à flanc vers un camp minier avant de remonter une pente plus abrupte qui doit nous mener au lac Glaciar.

descente sous la fameuse « brèche à 4400m »

descente sous la fameuse « brèche à 4400m »

raide montée après le camp minier dont on distingue les toits colorés

raide montée après le camp minier dont on distingue les toits colorés

Deux alpinistes allemands croisés à cet endroit redescendent de l’Ancohuma : ils ont trouvé les conditions difficiles cette année, le glacier est très sec et faute de piolets techniques pour franchir un assez long passage en glace, ils ont dû renoncer 100m sous le sommet… Voilà qui enterre toute velléité de nous attarder dans le coin après le trek pour un peu d’alpi ! De toute façon nos crampons sont restés à Paz 😉

Un peu plus loin, un passage dalleux nous rappelle durement que, même s’il améliore a priori l’adhérence de nos pieds sur le rocher, le poids de nos sacs n’est pas le meilleur ami de notre équilibre ! Et ce n’est pas la dernière fois que nous devrons « poser les mains » sur le parcours…

petit passage dalleux

petit passage dalleux

petit passage dalleux

petit passage dalleux

Nous déjeunons dans un décor de rêve, confortablement installées sur une terrasse à 5000m où vient mourir le glacier du pic Schultze.

terrasse à 5000m juste sous le lac Glacier

terrasse à 5000m juste sous le lac Glacier

Nous nous attardons sur notre perchoir autant que l’horaire nous le permet, histoire d’activer nos fabriques à globules. J’en profite pour mémoriser la descente et l’emplacement théorique du prochain campement. Et bien m’en prend ! Après avoir longé la crête de la moraine et dévalé plusieurs étages de dalles, nous nous retrouvons en effet dans la purée de pois…

repérage de la suite du parcours

repérage de la suite du parcours

Redescendues vers 4300m nous parvenons à localiser la belle étendue plate du campement Venado et y plantons la tente.

descente moraine

descente moraine

campement venado

campement venado

Jour 4 de trek en Bolivie

Au petit matin nous sommes à nouveau au-dessus de la mer de nuages, mais cela ne dure pas et nous vaut de jardiner un peu dans un terrain plus escarpé que prévu avant de trouver un semblant de chemin.

campement Venado au lever du jour

campement Venado au lever du jour

Ce dernier suit en fait le parcours d’une conduite d’eau récemment ré-enterrée… Et lorsque la conduite s’enfonce carrément dans la roche, nous devons désescalader pour passer en contrebas.

cheminement chaotique sur le parcours d’une conduite d’eau enterrée

cheminement chaotique sur le parcours d’une conduite d’eau enterrée

Environ 300m avant d’arriver au bout de la conduite (où le chemin se termine également), il faut repérer une sente qui monte à droite vers un collu d’où on prend pied sur un  flanc dalleux (très pratique pour étendre nos affaires encore humides).

le flanc dalleux après le collu, un séchoir idéal !

le flanc dalleux après le collu, un séchoir idéal !

Nous continuons ensuite plein sud, sous la ligne de crête, jusqu’au col qui surplombre la mine de Susana. Celle-ci est encore en activité : nous croisons quelques mineurs sur la piste de descente qui nous saluent d’un tonitruant et néanmoins très amical « Good morning ! ».
Photo 23 :

le col au-dessus de la mine Susana, au pied de l’Ancohuma

le col au-dessus de la mine Susana, au pied de l’Ancohuma

piste d’accès à la mine de Susana

piste d’accès à la mine de Susana

Nous remontons de l’autre côté du ruisseau, droit dans la pente, le poids de nos sacs menaçant à nouveau notre frêle équilibre. Or à cet endroit mieux vaudrait ne pas chuter…

remontée scabreuse sur le versant opposé

remontée scabreuse sur le versant opposé

Sitôt après un col, nous découvrons le magnifique lac Khota Pata, et après une marche à flanc qui nous paraît interminable nous arrivons enfin au camp Lojena.

lac Khota Pata

lac Khota Pata

Nous profitons des derniers rayons du soleil pour faire une petite toilette au bord du ruisseau et nous régaler d’une bonne ration de polenta.

bivouac au camp Lojena

bivouac au camp Lojena

Jour 5 de notre trek en Bolivie

Petite appréhension au moment de quitter le bivouac : ce soir nous serons au lac San Francisco, où les bergers sont paraît-il hostiles et prompts à détrousser les touristes… Or les autochtones croisés jusqu’à présent nous ont plutôt fait bon accueil, espérons que cela continue !

Les paysages quant à eux ne cessent de nous émerveiller. Le terrain est maintenant beaucoup moins accidenté et c’est tout l’Altiplano qui s’étend à nos pieds. Nous voyons parfaitement l’immense tâche bleue du lac Titicaca et distinguons même l’île du Soleil où nous avions initialement prévu de passer quelques jours pour nous acclimater.

vue panoramique sur l’Altiplano et le lac Titicaca depuis le col Salluyo

vue panoramique sur l’Altiplano et le lac Titicaca depuis le col Salluyo

Nous alternons montées et descentes pour franchir plusieurs crêtes, nous éloignant peu à peu de l’Ancohuma.

vue sur le massif de l’Ancohuma depuis la crête Chotan Loma

vue sur le massif de l’Ancohuma depuis la crête Chotan Loma

L’étape se termine par une descente dans la vallée du Rio Uma Jalanta qui sépare l’Ancohuma du Kasiri et alimente les eaux turquoises du lac San Francisco.

le massif du Kasiri (culminant à 5857m)

le massif du Kasiri (culminant à 5857m)

descente vers le lac San Francisco (4476m)

descente vers le lac San Francisco (4476m)

A part quelques chevaux et bovidés bien inoffensifs, nous ne croisons pas âme qui vive. Nous nous installons pour la nuit sur les rives du lac.

5ème bivouac, au bord du lac San Francisco (4476m)

5ème bivouac, au bord du lac San Francisco (4476m)

Jour 6 de la randonnée en Bolivie

La tente est toujours là, et aucun bandit ne nous attend quand nous nous en extrayons au petit matin. La mauvaise réputation de l’endroit est finalement bien exagérée ! Après notre rituel thé / tartines crème de marrons, nous plions néanmoins promptement bagages et nous élançons pour un ambitieux programme. 3 cols à près de 5000m nous attendent, mais après débat, nous optons courageusement pour le contournement des 2 premiers J

1er contournement du col Cuchilo (au centre de la photo)

1er contournement du col Cuchilo (au centre de la photo)

2ème contournement du col Aman Pata (au centre de la photo)

2ème contournement du col Aman Pata (au centre de la photo)

Et au final la montée traitreusement sableuse jusqu’au 3ème col nous suffit amplement !

montée au col Huari

montée au col Huari

vue panoramique sur l’Ancohuma et le Kasiri depuis le col Huari

vue panoramique sur l’Ancohuma et le Kasiri depuis le col Huari

Changement de décor après le col Huari : nous voici en plein désert, dans un paysage quasi lunaire !

vers le sud après le col Huari

vers le sud après le col Huari

vision apaisante que ces dunes colorées

vision apaisante que ces dunes colorées

Nous nous enfonçons vers le nord est, entre le Kasiri et le Calzada, dans une vallée abritant plusieurs lacs d’un bleu profond. Une bergère et son chien veillent sur un troupeau de lamas. Accueillies par des aboiements peu engageants, nous restons assez haut sur le flanc du vallon, histoire de conserver nos mollets hors de danger !

vers le lac Chojna Khota, au pied du Calzada

vers le lac Chojna Khota, au pied du Calzada

Encore une fois, nous ne sommes pas déçues par la vue au bivouac ! A 4745m ce sera le plus haut du parcours… un des plus difficiles aussi.

le lac Carrizal, au pied du Kasiri

le lac Carrizal, au pied du Kasiri

Il nous faut chercher un peu pour trouver un emplacement où enfoncer les sardines, les rives du lac Carrizal ne s’y prêtant guère. Nous avons bien fait de prendre cette précaution plutôt que de faire un arrimage léger sur des cailloux car il a soufflé un vent d’apocalypse toute la nuit !

6ème bivouac entre les lacs Carrizal et Chojna Khota

6ème bivouac entre les lacs Carrizal et Chojna Khota

Jour 7 de trek en Bolivie

Finies les difficultés d’orientation ! Nous n’avons qu’à suivre la piste jusqu’au col Calzada (5045m). Le ciel bien dégagé nous permet d’apprécier toutes les nuances de bleu du glacier.

lac Carrizal et glacier du Kasiri

lac Carrizal et glacier du Kasiri

au col Calzada (5045m)

au col Calzada (5045m)

Le col franchi, nous faisons une pause pour grignoter et sécher nos affaires.

petite pause séchage

petite pause séchage

Notez la pierre négligemment posée sur mon Thermarest pour éviter qu’il ne s’envole : une grave erreur qui me coûtera le confort des 3 dernières nuits !

La descente sur la piste s’éternise jusqu’à ce qu’enfin « l’autoroute » s’arrête et laisse place à un sentier qui slalome entre d’énormes blocs au fond d’un étroit vallon. Quand les versants s’écartent à nouveau, un replat se découvre : la prairie idéale pour un bivouac.

bivouac chajolpaya

bivouac chajolpaya

Jour 8 de la randonnée en Bolivie

Nous descendons de notre perchoir en direction du village de Chajolpaya, où nous attend notre première vraie frayeur. Un chien accourt vers nous, tous crocs dehors ! Heureusement ses maîtres ne sont pas loin et le molosse se désintéresse bientôt de ses 2 proies tétanisées. Ici comme dans les Alpes, le crux de l’étape c’est décidément le patou !

la vallée de Chajolpaya

la vallée de Chajolpaya

Chajolpaya

Chajolpaya

Revenues à nos esprits, nous reprenons notre ascension vers le col Sarani (4500m) et basculons ensuite dans une vallée qui nous mène à Cocoyo, petit bourg minier établi à 3500m.

vue du col Sarani, avant la descente vers Cocoyo

vue du col Sarani, avant la descente vers Cocoyo

jour de lessive à Cocoyo !

jour de lessive à Cocoyo !

Nous nous éloignons du village pour établir notre camp à l’abri des regards et raccourcir autant que possible le trajet du lendemain. Comme chaque soir nous dînons avant la tombée de la nuit, d’une (ou 2) soupe(s), puis au choix de polenta, purée, coquillettes ou semoule, le tout agrémenté de fromage.

Jour 9 de trek en Bolivie

Nous avons perdu de l’altitude par rapport aux jours précédents, et la température s’en ressent considérablement ! Nous transpirons allégrement sur les 1000m de dénivelé qui nous séparent du col Ckorawasi (4480m). Nous ne sommes pas au bout de nos peines : pour rallier Sorata en 2 jours nous devons un peu allonger les dernières étapes.

vallée de Cocoyo

vallée de Cocoyo

descente du col Ckorawasi au village d’Ancohuma

descente du col Ckorawasi au village d’Ancohuma

arrivée à proximité du village d’Ancohuma

arrivée à proximité du village d’Ancohuma

Nous traversons presque au pas de course le hameau désert d’Utjana Pampa, en amont du village d’Ancohuma et entamons la montée vers le col de l’Illampu.

poursuite de la montée vers le col de l’Illampu

poursuite de la montée vers le col de l’Illampu

Nous nous arrêtons à 4260m, pour un dernier bivouac à la hauteur des 8 précédents.

ultime bivouac, à 4260m

ultime bivouac, à 4260m

Jour 10 de notre trekking en Bolivie

Nous terminons l’ascension commencée la veille et arrivons en 1h30 au col de l’Illampu (4741m). De là nous mesurons le chemin parcouru des 9 derniers jours pour faire le tour de l’imposant massif. La vue est magnifique.

le massif de l’Illampu vu du col

le massif de l’Illampu vu du col

à partir de là il n’y a plus qu’à descendre !

à partir de là il n’y a plus qu’à descendre !

Du col nous avons encore 2000m à descendre pour rejoindre Sorata. Il nous faudra près de 6h pour en venir à bout ! Nous ne prendrons donc finalement pas le minibus le soir même, préférant faire la route de jour après avoir passé une bonne nuit à l’hôtel.

Sorata n’est plus très loin

Sorata n’est plus très loin

Conclusion de notre trek en Bolivie

Belle émotion lorsque nous retrouvons les bancs de la place principale d’où nous sommes parties il y a 10 jours ! Nous sommes fin heureuses d’avoir réussi à concrétiser notre projet préparé de longue date et surtout que, à l’exception de nos matelas, tout ce soit passé de la meilleure des façons, sans accroc particulier. L’altitude et le poids des sacs ne nous ont finalement pas tant handicapées, et même si nous avons perdu quelques kilos dans la bataille nous avons bien tenu le choc physiquement.

Fin du trek en Bolivie

Fin du trek en Bolivie

La première étape du voyage est ainsi terminée, place à la suite des festivités : après une étape logistique à La Paz, nous allons faire route vers le parc naturel de Sajama et tenter de gravir notre premier 6000m ! Récit à venir dans un prochain roadbook

emplacements bivouacs en Bolivie

emplacements bivouacs en Bolivie

Nos 5 raisons de vous encourager à y aller (au mois de septembre) :

  • Les bivouacs 10 étoiles : aujourd’hui encore nous sommes bien en peine dire lequel nous avons préféré !
  • Les paysages variés et grandioses au pied des grosses meringues glacées que sont l’Illampu, l’Ancohuma et le Kasiri
  • Le challenge d’un trek en autonomie à 4000m d’altitude
  • Les conditions climatiques relativement clémentes pour cette altitude, comparé à d’autres régions du globe aussi élevées
  • L’assurance d’être assez tranquilles

On peut regretter que la seconde partie de la boucle (à partir du col Carrizal) soit un peu moins sauvage, les pistes défigurant parfois le paysage, mais au final cette aventure a imprimé pour longtemps de très belles images dans nos mémoires.

Matériels utilisés pour ce trek en Bolivie

CATÉGORIE  NOM DU MODÈLE  MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT LE CHOIX DE CE MODÈLE AU DÉPART  EST-CE QUE CE CHOIX A RÉPONDU À L’EXPÉRIENCE RACONTÉ DANS CE ROADBOOK   SI C’ÉTAIT À REFAIRE 
TENTE Power Lizard Sup 1/2 VAUDE Achetée pour les raids d’orientation, en raison de son faible poids (à peine plus d’1kg pour 2 places), et de son encombrement réduit dans le sac Comme elle n’est pas autoportante, on ne la plante pas n’importe où : il faut un sol assez meuble pour planter les sardines ou au minimum de gros cailloux pour l’arrimer. Cela ne nous a toutefois pas posé de problème sur notre parcours. Si j’avais pu charger discrètement le sac de mon binôme, j’aurais peut-être pris un modèle autoportant comme la Hubba Hubba de MSR ou la Ghost Sky 2 de Mountain Hardwear qui sont aussi un peu plus larges (avec 2 gros duvets nous étions un peu serrées) et ont 2 entrées (plus pratique pour les sorties pipi au milieu de la nuit). Mais comme Caro avait déjà la popote, le réchaud et les 2/3 du gaz, la Power Lizard était parfaite J
DUVET Swing 900 VALLANDRÉ Chaleur (-8 à -16°C), faible poids et très bonne compressibilité J’ai même eu un peu trop chaud ! Mais il valait mieux ça que trop froid… Non seulement c’est une valeur sûre, bien adaptée pour les treks en altitude, mais il reste assez polyvalent pour être réutilisé toute l’année dans les Alpes. C’est moins le cas d’un duvet plus chaud typé expé comme le Shocking Blue par exemple.
MATELAS Prolite THERMAREST Faible poids, isolation Je mets quand même un bout de tapis de sol dessous, au niveau des hanches, pour le protéger et pour améliorer le confort. Ne pas oublier le kit de réparation… j’en ai fait les frais après avoir bêtement posé une pierre un peu saillante dessus pendant que je le faisais sécher ! Bilan 3 nuits par terre 🙂 Caro n’a pas eu beaucoup plus de chance avec son Neoair XLite, sauf qu’une fois décédé il était plus léger à porter que le mien…
RÉCHAUD Pocket Rocket MSR Taille et poids réduits, modèle éprouvé Il a parfaitement rempli son office, y compris à 4700m. Rien à redire !
CANTINE Spork Titanium LIGHTMYFIRE Solidité J’ai pris soin de laisser Caro touiller la soupe avec sa Spork en plastique, pour ne pas rayer sa popote 😉 Un opinel, un verre en plastique et un tupperware Ikea ont complété mon service. Certes 2 fois plus lourde que l’originale, mais après en avoir cassé pas mal d’exemplaires…
TRAITEMENT DE L’EAU Steripen Adventurer Opti STERIPEN Efficacité, faible encombrement A utiliser avec une gourde à large goulot (type Nalgene), équipée ou non d’un pré-filtre (vendu par SteriPEN). Comme on a toujours trouvé de l’eau limpide je n’ai pas eu besoin de filtrer. Testé sur plusieurs treks, je maintiens que c’est le top : pas de perte de volume dans la gourde (au contraire des filtres) ni de mauvais goût (au contraire des pastilles type micropur). Bien penser à changer les piles avant de partir cependant…
PANTALON Courmayeur advanced pants MAMMUT Confort (stretch) C’est un pantalon assez polyvalent, très agréable à porter en rando comme en escalade. Bien adapté pour les températures rencontrées (pas trop chaudes en journée). En cas de grand froid j’avais pris aussi un caleçon chaud pour mettre en dessous, évitant ainsi de prendre un 2ème pantalon plus épais. C’est aussi un très bon pantalon d’alpi estival, mais attention au bas un peu large qui peut poser souci avec des crampons…
T-SHIRTS BodyFit 150 ICEBREAKER Première couche en matière naturelle et qui limite les odeurs Indispensable pour un trek sur plusieurs jours. Pour les 10 jours j’en ai pris 2 à manches longues (pour me protéger du soleil) + 1 à manches courtes (qui a surtout servi pour le voyage en minibus). Je ne reviendrais aux t-shirts synthétiques pour rien au monde ! C’est un peu plus fragile cependant (surtout en 150g), il faut faire attention quand on passe dans des buissons ou contre un rocher…
POLAIRE Lofoten Warm2 NORRONA Polaire chaude Sous une veste gore tex elle apporte presque autant de chaleur qu’une mini doudoune. Je rachète la même les yeux fermés ! Contrairement à la WR2 de Patagonia je ne me retrouve pas les poignets et les hanches à l’air quand je lève les bras !
VESTE Adamello MAMMUT Légèreté (370g), résistance et compressibilité (3 couches) Elle me suit sans broncher dans toutes mes activités montagne depuis 4 ans, et j’espère pour encore longtemps Si je devais la remplacer, j’opterais pour un modèle si possible aussi léger mais avec des poches plus hautes pour être accessibles sans avoir à détacher la ceinture du sac à dos (et je ne parle même pas du baudrier !), la LD TRILOGY V ICON de Millet par exemple.
DOUDOUNE Biwak MAMMUT Tissu déperlant, chaleur, look J’ai encore une fois grandement apprécié ses petits manchons avec passe-pouces et le fait qu’elle descende assez bas dans le dos. C’est la seule doudoune qui ne vous fait pas ressembler à un bonhomme Michelin
GANTS G Hot Dry CAMP Pas trop épais et malgré tout assez chauds, et coupe-vent On n’en a pas vraiment eu besoin, mais c’était sécurisant de les avoir en fond de sac. J’avais aussi une paire de gants plus fins (Touch de Decathlon). On ne lutte pas trop pour tenir les bâtons (ou serrer les piolets), mais ils s’usent assez vite. Attention à prendre la bonne taille.
CHAUSSURES LD Sikkim GTX MILLET Gore Tex J’y suis comme dans des chaussons ! Surtout depuis que j’y ai ajouté la semelle moelleuse de ma vieille paire de runnings. Il manque juste un système pour maintenir le serrage de l’avant du pied quand on veut desserrer le haut. Les semelles de ma paire achetée il y a 3 ou 4 ans commençaient à se désintégrer alors que les chaussons étaient encore en très bon état. Un ressemelage express chez Canin juste avant de partir m’a évité de finir le trek pieds nus. Cerise sur le gâteau elles sont désormais cramponnables… avec des crampons automatiques J
CHAUSSETTES Hike + Lite et Hike + Heavy ICEBREAKER Chaleur de la laine (même mouillée), matière antibactérienne 3 paires suffisent pour tout le trek : une paire sur soi, une paire propre dans le sac et une paire fraîchement lavée en train de sécher sur le sac 😉 Comme les t-shirts
BÂTONS Trail Flicklock BLACK DIAMOND Solidité, confort de la poignée (mousse sur 30cm) Tellement solides qu’ils me servent aussi en ski de rando. Caro avait l’air de bien apprécier la légèreté de ses Distance FLZ (200g de moins que les miens).
SAC À DOS Frontera 65+15 LOWE ALPINE Résistance, confort de portage Acheté il y a près de 10 ans, je le sors assez rarement (la dernière fois c’était en 2008 pour traverser la Réunion !). Je le trouvais assez lourd (2,5 kg vide), mais je me suis rendue compte que les sacs d’aujourd’hui n’étaient pas beaucoup plus légers pour le même volume. Du coup je n’ai pas réinvesti. Caro a craqué pour un Deuter AirContact 50+10 juste avant de partir : elle en a été très contente, même si pour tout faire tenir dedans elle a logiquement lutté un peu plus que moi
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3 commentaires

Anonyme 18 novembre 2016 - 20 h 30 min

Belle aventure!
Merci pour la qualité du récit

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Marco 18 novembre 2016 - 20 h 34 min

Merci pour cette évasion!
Ça donne envie!

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Sébastien 15 mai 2019 - 14 h 10 min

Hola!
J’étais allé à la laguna glaciar en 2006, et à l’époque la laguna san fransisco était un lieu super craignos.
3 frangins armées d’une grosse mitrailleuse y dépoullaient les touristes, de nombreux cas on été signalé.
13 ans plus tard il se sont peut-être fait vieux, la police a enfin fait son travail, où ils ont autre chose à faire.
Mais mon guide m’avait bien dit qu’il avait eu à faire à eux avec des israéliens et que la police était potentiellement de mèche, ou se moquait de régler cela.
La Bolivie il y a 13 ans devait être différente.
Je retourne voir ça cet automne!

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