Traversée des Alpes de Salzbourg à Venise: l’Adlerweg

par Julien DEFOIS
Adlerweg Birkkarspitze

Julien Defois partage la première partie de son récit d’une traversée des Alpes de Salzburg à Venise, en suivant principalement l’Adlerweg, la voie de l’aigle, en Autriche.

Informations pour préparer le trekking de l’Adlerweg ou voie de l’Aigle

Dates:

Du 6 au 15 août 2021 (pour la traversée de Berchtesgaden à la frontière italienne)

Lieu:

Autriche (pour l’Adlerweg), Allemagne, Italie

Comment s’y rendre:

Salzbourg est facilement accessible depuis Munich. Si on arrive à l’aéroport, prendre un train pour la gare principale et une correspondance pour Salzbourg. Il est possible de partir de Salzbourg, mais j’ai préféré démarrer de Berchtesgaden car je manquais de temps. De nombreux bus de ville relient Salzbourg à Berchtesgaden, une ville allemande toute proche.

Pour ceux qui veulent faire seulement l’Adlerweg, il faut se rendre à Sankt Johann in Tyrol, en Autriche, point de départ officiel de l’Adlerweg. Cette ville est desservie par le train depuis Innsbruck ou même Munich. Pour le retour, si vous allez au bout de l’Adlerweg, à Sankt Anton Am Arlberg, le train pourra vous ramener à Munich (correspondances) ou à votre point de départ.

Participant à la traversée des Alpes sur l’Adlerweg :

trek adlerweg

Julien 42 ans. J’habite pas loin de Toulouse. Je connais bien les Pyrénées alors quand je veux j’aime aller visiter les montagnes du monde à pieds ou à skis. J’ai un gros coup de cœur pour la rando longue distance.

Où dormir sur l’Adlerweg dans le Tyrol:

La question du camping sauvage

Bivouaquer en Autriche suscite beaucoup d’interrogations pour les trekkeurs français. Alors que le camping sauvage est largement autorisé ou toléré dans notre pays en dehors des zones protégées, ce n’est pas le cas en Autriche où il est par principe interdit. Les amendes sont possibles et j’ai même été averti dans un office de tourisme que je serai dénoncé à la police si on me voyait. Rien de tel pour se démotiver et payer une chambre ou un lit en refuge.

Maintenant qu’en est-il en pratique? J’ai déjà fait une longue traversée de l’Autriche de lors ma Via Alpina en 2020 et c’est à cette occasion qu’on m’avait averti d’une dénonciation des campeurs libres. Après ces deux traversées, et de nombreux bivouacs autrichiens, je suis plus serein à l’idée de planter ma tente dans le pays de Mozart. Le bivouac n’est pas dans la culture autrichienne et ils préfèrent les refuges. Il n’y a pas vraiment de contrôle par des gardes forestiers. Préférant la tranquillité de ma tente aux bruyants refuges chargés de touristes alourdis aux litres de bière, j’ai posé ma tente discrètement à 6 reprises en Autriche, sans problème.

Alors je n’encourage pas à faire n’importe quoi: tout randonneur en bivouac s’il respecte la nature soit suivre les règles du Leave No Trace. Simplement, soyez discrets, respectueux et cela devrait bien se passer.

Les refuges

refuge parc national de Berchtesgaden

Pour les amateurs de sac léger et de confort, il est tout à fait possible de faire ce trek en refuge. L’Adlerweg est d’ailleurs conçu comme un itinéraire allant d’hébergement en hébergement. La variante que j’ai faite peut également se faire complètement en refuge ou en gîte. Les refuges autrichiens sont souvent confortables mais fonctionnent sur un modèle différent des refuges français.

Il y a les « camps de matelas », les lits les moins chers, dans de grands dortoirs (plus de 10 personnes en général), puis les chambres (partagées entre 4 à 6 randonneurs) et parfois des chambres plus intimistes, évidemment les plus chères. Les prix d’un lit en « camp de matelas » est modique, autour de 10€ avec la carte du club alpin français dans les refuges du club alpin autrichien ou allemand (le club alpin allemand gère des refuges en Autriche).

Pour la nourriture, le fonctionnement se rapproche plus d’un restaurant. Parfois la demi pension est possible, parfois il faut commander à la carte. Régulièrement les serveurs viennent vous demander si vous voulez commander, cela peut laisser penser à une incitation à la consommation. Le petit déjeuner est souvent servi en buffet et comprend pain, fromage, charcuterie, confiture, céréales. Il est possible d’en profiter pour se faire un sandwich pour le midi, ce qui justifie le prix élevé (11€ en général).

J’ai dormi à Grutten Hutte, dans le Wilder Kaiser, avec un accueil peu agréable et une nourriture très moyenne. J’ai également passé la nuit à l’auberge de jeunesse d’Innsbruck, d’un bon rapport qualité prix.

Où manger et se ravitailler sur la voie de l’aigle au Tyrol

Les refuges sont présents tout au long du chemin, il est donc possible d’y déjeuner.

L’itinéraire passe régulièrement par des villages où il est possible de se ravitailler. Les supermarchés comme Spar, Billa ou Mpreis sont assez bon marchés et disposent d’un rayon boulangerie bien fourni. Voici les villes où j’ai pu me ravitailler:

  • J2: Lofer
  • J3: Sankt Johann
  • J4: Kufstein
  • J6: Maurach
  • J8: Innsbruck
  • J9: Neustift Im Stubaital

Caractéristiques de l’Adlerweg en Autriche

Je parlerai d’abord de l’Adlerweg qui est un itinéraire à part entière avec ses spécificités, puis des autres parties de mon trek de Salzburg à la frontière italienne.

L’Adlerweg

L’Adlerweg (la voie de l’Aigle en français) se divise en une partie occidentale de 24 étapes (qui sera décrite ici) et une partie orientale de 9 étapes. Ces deux parties n’ont pas de connexion. Le tracé de l’itinéraire occidental évoque un aigle et traverse le Tyrol d’est en ouest. Son dénivelé total est de 23000m environ. C’est un trek avec des sentiers de couleur noire, c’est à dire des sentiers de randonnée difficiles et techniques. Il faut avoir le pied montagnard et ne pas avoir peur du vide. Certains passages délicats sont équipés de câbles ou d’échelles. Cela reste néanmoins de la randonnée et il n’est pas nécessaire d’avoir un équipement particulier. Attention cependant en début de saison: les pentes sont très raides par endroit et la présence de neige pourrait compliquer le passage, même avec piolet et crampons. Il se déroule toujours sur sentier balisé.

Parmi les plus beaux secteurs, il ne faut pas rater le Karwendel, un véritable joyau calcaire, et les Alpes de Lech, pas moins belles, que j’ai traversées lors de ma Via Alpina. Ce n’est pas un trek que j’ai fait en entier, mais en grande partie et en deux fois, en 2020 et 2021.

Les autres secteurs

Dans le parc national de Berchtesgaden, l’unique parc national allemand, les sentiers sont assez nombreux et de difficulté diverse. Un bateau sur le Königssee permet de se rendre dans des endroits plus reculés.

Dans les Alpes autrichiennes, même à des altitudes modérées (2000m), il est possible de se retrouver dans des sections techniques et exposées. Ici, le calcaire est dominant et érige des barrières minérales parfois difficiles à passer. D’une manière générale, les sentiers germaniques sont de bonne qualité et le balisage est excellent voire parfois surabondant. Difficile de se perdre! Côte italien, cela peut être différent mais globalement les sentiers sont bien praticables.

balisage randonnée autriche
balisage à volonté en Autriche

L’itinéraire que j’ai choisi traverse de nombreuses régions dont le Stubai ou le Gschnitztal, aux fabuleux paysages de haute montagne. Mention spéciale pour les méconnus Tribulaun, ces sommets calcaires de 3000m frontaliers entre l’Autriche et l’Italie, à la dimension majestueuse.

Quoi d’autre dans les environs

Pour les amateurs de grande randonnée en Autriche, il existe plusieurs sentiers qui traversent le pays d’est en ouest: le Nord Alpenweg, le Zentral Alpenweg et le Süd Alpenweg.

La Via Alpina fait également la part belle à l’Autriche, particulièrement dans son itinéraire violet. Mais les tracés rouge et jaune s’y attardent longuement aussi.

Les amateurs d’aventures plus courtes pourront faire le tour du Grossglockner, le plus haut sommet d’Autriche.

Les cyclistes ne sont pas en reste, l’Autriche et l’Allemagne proposant d’innombrables itinéraires de randonnée.

Office du tourisme au Tyrol

paysage tyrol

Le site de l’office de tourisme du Tyrol vous donnera toutes les informations nécessaires pour préparer votre séjour sur ce trek.

Au bout de votre marche, vous entrerez dans un autre Land, l’Arlberg, qui vaut également le coup d’oeil. Voici le site de l’office de tourisme de Sankt Anton Am Arlberg.

Bibliographie

Cicerone publie en anglais un topo guide papier de l’Adlerweg occidental.

Liens internet pour l’Adlerweg

Vous trouverez toutes les étapes de l’Adler Weg sur le site de l’office du Tourisme du Tyrol. Le site fournit des informations détaillées sur les étapes, avec carte, trace gpx, profil de l’étape, distance dénivelé, etc.

Il n’y a pas beaucoup d’informations en français sur ce trek, en dehors de cette page et du très bon travail réalisé par l’office du tourisme du Tyrol. Vous trouverez davantage de contenus en anglis et encre plus en allemand.

Pour rappel, ce récit décrit la première partie de l’Adlerweg, de Sankt Johann à Inssbruck. Dans cet autre récit, vous trouverez les dernières étapes de l’Adlerweg, à partir de Memminger Hutte avec une fin alternative à Zürs. Il y a donc toute une partie qui n’est pas couverte (on espère le faire bientôt). Mais les plus beaux tronçons de l’Adlerweg sont décrits: le Karwendel dans ce récit, la haute route des Alpes de Lech dans le récit de la Via Alpina.

Traversée des Alpes de l’Autriche à Venise par l’Adlerweg

Improvisation

C’est devenu une habitude. Quand je pars en trek solo, je ne sais pas où je vais, où je commence ni parfois quel itinéraire je vais prendre. Ce voyage ne fait pas exception à la règle. Après avoir repoussé plusieurs fois mon départ, j’ai fini par monter dans un avion à destination de l’Allemagne. Francfort, puis Munich en train. Ensuite, tout reste à écrire, à tracer. Si j’ai déjà une idée assez définie de mon tracé, de nombreux points restent en suspens. Notamment le point de départ, les premières étapes, le lieu où je vais dormir ce soir.

Le train donne ce temps de faire mûrir les choses et les voyage itinérant à pied offre toute la latitude pour changer d’avis et s’ajuster à volonté. Surtout en solitaire. Deux points de départ sont possibles: Bechtesgaden en Allemagne et Salzburg en Autriche. Ce qui va déterminer mon choix c’est la disponibilité d’un lit en auberge de jeunesse. Celle de Berchtesgaden est pleine, je me dirige donc vers Salzburg.

traversée des alpes Salzbour
Jardin à Salzbourg

Un premier coup d’oeil aux montagnes: c’est joli mais pas éblouissant. Alors que les jours me sont comptés pour cette traversée, c’est un critère important: mon attention se porte déjà sur la partie italienne de mon périple: l’Alta Via 2. Cet itinéraire m’appelle et me ravit avant d’y avoir mis les pieds. Je veux disposer du temps nécessaire pour la faire sans être pris par le temps. Quitte à sacrifier des sections moins intéressantes. J’ai 18 jours pour faire plus de 500km, soit 30km/jour. Un gros programme qui ne va pas tolérer trop d’aléas.

Berchetesgaden: début de la traversée des Alpes

Au matin, le temps très incertain me convainc d’éviter la première étape. Le départ se fera donc de Berchtesgaden à 45mn de bus de Salzbourg. Salzbourg est une jolie historique, célèbre pour y avoir vu naître Mozart. De beaux bâtiments historiques et des jardins méritent le détour. Berchtesgaden est doublement célèbre: Adolf Hitler y avait une résidence et elle accueille le parc national éponyme, unique parc national allemand dans les Alpes.

L’endroit est donc touristique et malgré la pluie battante qui s’abat sur tout ce qui n’est pas abrité, les visiteurs sont nombreux. Cette pluie est bénéfique: elle me donne du temps pour finir d’improviser, car plusieurs itinéraires s’offrent à moi. Je peux partir à pieds de la ville, moyennant un itinéraire long et pas forcément intéressant, ou prendre le bateau sur le Königssee et descendre à l’un des arrêts proposés.

Königssee Berchtesgaden randonnée

Va pour le bateau, j’irai au bout du lac pour la modique somme de 11€: il est 11h passées et je n’ai plus trop le temps de perdre du temps. Les eaux cristallines du lac sont tristes aujourd’hui: le ciel se cache et dissimule leur pureté. La pluie a cessé mais les nuages tiennent encore la place, laissant à l’imaginaire des visiteurs le soin de voir d’immenses montagnes aux murs verticaux.

Casse pieds

randonnée parc national de Berchtesgaden

Débarqué du bateau, je me ruerais presque sur le sentier. Mes atermoiements m’ont conduit à démarrer vers 12h45. Je me lance comme si j’avais la possibilité de rattraper de rattraper ces heures offertes à la flânerie et à l’hésitation. Le temps est un cadeau que l’on ne peut pas récupérer et le sentier sait me le rappeler. Abrasif, détrempé, rocailleux, exposé, raide, technique, il m’enjoint de renoncer à tout empressement. L’humidité associée à la forêt crée u sauna naturel et même s’il ne pleut pas je suis détrempé. L’exigence du sentier requiert toute mon attention vers mes pieds. Il n’est pas très agréable. De toute façon, je ne peux rien voir: la forêt dense impose ses œillères naturelles. Cette montée est longue, plus qu’interminable et sans grand intérêt. Je ne prends pas de plaisir.

traversée des Alpes parc national de Berchtesgaden

Il me faut environ 3 heures pour me libérer des limbes de la forêt et déboucher sur un haut plateau karstique frontalier avec l’Autriche. Il n’y a personne en montagne: tous les randonneurs sont déjà installés devant une ou plusieurs bières aux refuges. Merci à tous ces randonneurs germaniques qui ne trainent pas en montagne et me laissent le privilège d’une rencontre exclusive avec la montagne.

Traversée des Alpes randonnée autriche

Mon premier bivouac sera en Autriche et en toute illégalité. Interdit donc je tenterai de me cacher. Après moultes tergiversations j’en viens à monter la tente de nuit, faiblement éclairé par la lumière rouge de ma frontale. Je ne m’attendais pas à faire à ce point honneur à la discrétion.

Pied cassé

randonnée autriche

Alors que je chemin tranquillement dans les Alpages, une douleur se fait sentir dans ma cheville gauche. Rien de bien grave, j’en ai déjà connues, des petites douleurs. Les kilomètres passent, mais pas cette pointe qui prend racine et s’installe sans me demander la permission. Etrange, je n’ai rien fait subir de particulier à mon pied ou à ma cheville, mes chaussures sont éprouvées et adaptées. Même de bonnes viennoiseries ne peuvent rien y changer: c’est dire si l’heure est grave!

randonnée massif du Wehrgrubenjoch
Le Wehrgrubenjoch se cache dans ce massif

Me voilà en chemin pour passer le Wehrgrubenjoch, un col à 2218m. Altitude raisonnable pour les Alpes: si je n’y souffrirai pas du mal des montagnes, il me faudra être vigilant: les massifs locaux sont des forteresses défendues par des sentinelles de calcaire intransigeantes envers tous ceux qui auraient peur du vide. Les autrichiens ont quand même considéré que la montagne n’était réservée qu’aux chamois et ont déjoué ces sentinelles par des câbles, poignées et autres échelles.

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Mais ces passages ne sont réservés qu’aux plus motivés, qu’à ceux qui auront accepté de payer comptant (et peut être contents aussi) en sueur et en mètres de dénivelé. 1600 pour cette ascension, sous un soleil de plomb. La montagne n’est pas gratuite, elle se mérite par l’effort. Est ce encore la montagne lorsqu’on atteint les altitudes par des remontées mécaniques? N’est-ce pas une colonisation urbaine qui s’approprie les espaces sauvages? Celle que je traverse est austère, déserte et sélective: ses sentiers engagés éloignent les randonneurs: j’y suis encore une fois seul.

refuge randonnée autriche

Mon pied m’inquiète: il me fait surtout mal à la descente mais la douleur ne semble pas vouloir abandonner. Cela devient sérieux.

chamois traversée des alpes à pieds

L’invitation de la pluie: premiers pas sur l’Adlerweg

Une goutte d’eau tombe sur mon front. Puis une autre et encore une autre. Je suis dans mon duvet, sous ma tente. Mon honorable abri, fidèle compagnon de montagne depuis 2018, a des fuites. Il n’est pas 7h du matin. La pluie a fait tout son possible pour vaincre l’imperméabilité de ma Big Agnes et, au petit matin, elle s’est avoué vaincue. Je ne suis plus à l’abri dans ma tente et la fuite placée au pire endroit m’interdit de dormir. Les prévisions sont claires: il va pleuvoir toute la matinée. Mon pied et maintenant le bas de ma jambe sont encore douloureux. La pluie ne tombe peut être pas par hasard. Je vais écouter son chant, me laisser pénétrer par son murmure et accepter de revoir mon programme: je l’entends me dire d’y aller doucement, de profiter de sa venue pour marcher un peu moins aujourd’hui. D’accord.

Adlerweg massif du wilder kaiser

Me voilà donc le pouce tendu dans le petit village de Sankt Ulrich am Pillersee. Je renonce à 20km dans les Alpages, étape du matin vers Sankt Johann. Il faut préserver ce pied atteint d’un mal qui ne dit pas son nom. De là, je commence l’Adler Weg. Le massif du Wilder Kaiser sera le premier de ce chemin qui commence doucement par un itinéraire en balcon. Journée de la douceur car ce soir je dormirai dans le refuge de Grutten, au chaud et au sec. Si la qualité de l’accueil et de la nourriture me déçoivent, je suis enchanté par l’emplacement parfait du refuge, perché sur un piton: on aurait dit qu’il avait été construit pour faire plaisir aux photographes.

Fréquentation peu recommandable

Gruttenhutte adlerweg

L’Adlerweg ne rend pas hommage au Wilder Kaiser. Ce massif a du caractère, s’élance fièrement dans l’air, fait de son mieux pour que nous touchions le ciel. L’Adlerweg reste à l’écart de ce spectacle et se contente de jouer avec la lisière de forêt. Il ne tient pas le randonneur en haleine: les paysages sont monotones, la vue sur la vallée, d’abord merveilleuse, perd peu à peu de sa saveur. Alors je tente de m’évader de cette monotonie et je fais le mur en passant par dessus les forteresses de l’Empereur (Kaiser=empereur en allemand). L’étude de la carte avait laissé un espoir: l’empereur avait bien préparé sa défense mais avait un point faible. Un sentier semblait « randonnable », quand tous les autres étaient des klettersteig (via ferrata).

randonnée tyrol

J’avais pu soigner mon pied et il ne me faisait plus si mal. Je pouvais donc tenter un passage un peu engagé. Arrivé à Kopfkraxen, à 2180m, je suis rejoint par les nuages. Ils ne cachent pas le reste de mon itinéraire: un sentier improbable, qui descend dans un cirque et finit y par disparaitre, avalé par la montagne. J’hésite: je n’ai que des chaussures de trail et un équipement léger. Le sentier est exposé et non protégé. J’avance un peu et bute sur un passage équipé. L’ancrage du câble dans la pierre ne tient plus par endroit. Ce n’est pas sécurisant: je fais donc demi tour et revient à la monotonie du chemin en balcon. Ne s’évade pas qui veut. Je ne recommande donc pas cette variante!

randonnée wilderkaiser

Désobéissance utile

Avant d’arriver à Kufstein, je bute sur une autre difficulté: un sentier fermé. Cela me rappelait une blague sur les français que j’avais entendue en avril, alors que j’allais randonner en Ariège. La route était fermée à la circulation, on ne sait pourquoi. Avec mon amie, on se disait: quand les étrangers voient une route fermée à la circulation, ils font demi-tour. Quand les français voient une route fermée à la circulation, ils continuent, ils se disent que la route n’est plus fermée et que quelqu’un a oublié d’enlever le panneau de signalisation. C’était vrai: nous avons continué et nous n’avons pas compris pourquoi la route était fermée. Quelqu’un avait dû oublier d’enlever le panneau. Et là, devant ce panneau, je me rappelais cette histoire amusante, pensant à franchir l’interdiction comme si j’étais chez moi. Sauf que nos cousins germaniques n’oublient pas les panneaux et sont un peu plus sérieux.

randonnée autriche chamois
Les chemins sont surveillés

Malgré tout, je décidai de rester fidèle à mon identité nationale et bravai l’interdit. Bientôt, un son torrentiel me laissa deviner de quoi il en relevait: il me faudrait franchir un cours d’eau. D’ordinaire, il y avait un pont qui reliait une berge à l’autre. Mais ça c’était avant. Les crues du 13 juillet avaient emporté la pauvre passerelle qui se retrouvait 10m plus loin, en bon état pas inutile. Devant moi, le « dangereux torrent » qui justifiait l’interdiction: sage et cristallin, il demandait surtout à accueillir les baigneurs et je ne manquai pas de m’exécuter. Peut être qu’un jour d’orage il aurait été moins conciliant mais aujourd’hui c’était un ami doux et attentionné.

Transitions: quand l’Adlerweg visite les pâturages

Adlerweg vordethiersee

Je passe la nuit en camping à Vorderthiersee, au bord du lac. Les possibilités de bivouac autour de Kufstein étant limitées, je fais une autre variante à l’Adlerweg pour repartir depuis le camping. Le chemin de l’Aigle passe par des alpages et des sommets de faible altitude, loin des foules. C’est une étape de transition entre le massif du Wilder Kaiser et celui du Rofan.

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Transition, alpage et faible altitude ne riment pas pour autant avec promenade santé. Outre la distance conséquente que j’ai décidé de m’administrer, quelques sections noires barrent la route de sommets anodins. Il n’y a pas que ces portions techniques qui pimentent le chemin. Le soleil caniculaire brûle les corps, comme si les randonneurs étaient plongés dans des bains d’épices très fortes. La modération de l’altitude et la configuration en plateau de chemin ne permettent aucun refuge: il faudra passer dans le chaudron, pas moyen de s’échapper par le haut ou par des faces nord protectrice.

adlerweg randonnée blessenberg
Le sentier passe dans cette face

Au premier village croisé, la bière s’impose pour échapper aux griffes des températures. Il me reste 600m de dénivelé jusqu’à un endroit où j’espère pouvoir camper, au milieu de chalets d’alpage. Lorsque j’y arrive, je tente, dans un allemand rachitique, de demander à un fermier si je peux camper dans son champ plat. Je ne comprends rien à sa réponse, peut être qu’il ne comprend rien à ma demande. Il m’indique une autre ferme où je suis plus chanceux: quelqu’un y parle anglais. On m’indique un coin pour bivouaquer, dans une pente. Je crois à une blague, mais ils sont sérieux. Ah oui c’est vrai, les autrichiens ne font pas de camping, il ne savent pas qu’on doit planter la tente sur un terrain plat! Par miracle, je trouve un maigre balcon pour planter la tente.

Hospitalités

Les fermiers m’invitent boire une bière: refuser serait une offense à mes cellules vidées de leur liquide par le soleil. Et puis j’apprécie leur geste et je veux l’honorer. Nous échangeons un peu, la langue fait barrière. Ils n’ont que 18 vaches, ce qui est normal ici. Les exploitations sont petites. Tous les matins, Tyrol Milch vient récupérer le lait en camion pour en faire du fromage. Je connais d’ailleurs leurs fromages et ils sont bons!

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Vue depuis mon balcon

Je quitte pour de bon la moyenne montagne. Le massif du Rofan m’attend. Plus sauvage au nord qu’au sud, où ses pentes sont colonisées par les remontées mécaniques, il est très fréquenté, arrosé de touristes élevés en toute facilité par un téléphérique.

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Massif du Rofan

Devant moi, le joyau de cette première partie de ma traversée m’attend: le Karwendel, repéré lors d’un précédent voyage en avion. Cette couronne de calcaire aux multiples ramifications blanc, posée sur son coussin de verdure, m’avait immédiatement appelé. La chaleur accablante exigeait cependant ma patience: avant de le gagner, je baignais mes pieds dans l’eau du lac Achen, laissant au soleil le temps de calmer ses ardeurs.

refuge karwendel adlerweg

Dans le Karwendel, la verticalité règne en maître et quiconque souhaite ressentir la petitesse de l’être humain sera ici servi à volonté. Quelques nuages tentent bien d’en amoindrir la puissance, en vain. Je cherche un endroit où poser ma tente pour profiter de me sentir petit, ce qui n’est pas le cas tous les jours du haut de mon mètre quatre vingt dix. Un spot parfait se dessine devant moi: plat, en balcon, caché, une pelouse généreuse. Au dernier moment, je découvre une tente! Rapidement nous échangeons, ce sont des français sur la Via Alpina. Ils m’accueillent volontiers dans leur éphémère chez-eux et nous partageons un moment sympa.

randonnée autriche adlerweg

Là haut: au sommet de l’Adlerweg

randonnée Karwendel autriche

L’Adlerweg partage encore un moment quelques kilomètres avec la Via Alpina puis s’en affranchit, à la recherche de passages plus difficiles. La Via Alpina est un itinéraire très sage: l’Adlerweg a l’énergie de l’adolescent en quête de sensations fortes, de limites et de défis. Après avoir humblement longé les murailles blanches, je pars donc à leur assaut, pour grimper sur le sommet du massif, le Birkkarspitze à 2749m. Les douces pentes verdoyantes et arborées cèdent rapidement la place à un désert minéral d’un blanc rayonnant. Deux salles deux ambiances. Maintenant c’est la haute montagne. Ceux que je croise sont casqués, légers et équipés de chaussures d’alpinisme. Avec mes chaussures de trail, je dénote, mais je chemine bien plus vite.

Adlerweg Birkkarspitze
randonnée birkkarspitze
trekking karwendel autriche

Pour ceux qui veulent dormir non loin du sommet, un refuge sommaire non gardé et sans eau peut abriter les randonneurs 60m sous le Birkkarspitze.

Birkkarspitze panorama

Des câbles équipent la montée finale et plusieurs sections de la descente. Je n’aimerais le parcourir un jour de pluie. L’Adlerweg a l’esprit d’une haute route.

descente du birkkarspitze
Descente depuis le sommet
Adlerweg vallée du Birkkar
Le sentier se fraie un chemin dans cet univers minéral

Après l’heure c’est encore l’heure

Après avoir évité la charge d’une vache, avalé ma bière du jour et bivouaqué dans un joli coin sauvage, je pouvais entamer mon ultime jour dans le Karwendel, sur une portion de l’itinéraire partagée avec le sentier Munich Venise et donc avec pas mal de randonneurs. Le « sentier de rêve », Traumpfad en allemand, bénéficie d’une grande popularité; mon chemin en est une alternative maison.

Me voilà devant un panneau en allemand, que je ne comprends pas vraiment. Il est dit que le sentier est fermé de 10h à 15h30. D’autres choses sont mentionnées mais tout aussi obscures que des hiéroglyphes. Il faut que j’apprenne l’allemand. Il est 9h50. Je vais la jouer à la française, comme avant Kufstein. Les randonneurs qui respectent les règles, c’est à dire ceux qui ne bivouaquent pas, avaient appris des gardiens de refuge que le sentier fermait et qu’il fallait passer tôt. Les gens comme moi devaient jouer avec les limites et tenter leur chance. Quand je dis « les gens comme moi », finalement je ne cache un peu la vérité: il n’y avait que moi qui espérait passer malgré l’heure ce magnifique col aux pentes si verticales vues de loin.

En chemin, je rencontrais des randonneurs anglophones m’avertissant de la fermeture du col: ce n’était pas le sentier où je me trouvais qui fermait, c’était le col que je visais. Je venais d’obtenir la traduction des hiéroglyphes mentionnés plus hauts. C’était 10h passées, la fermeture commençait. Des travaux de réfection devaient remettre le sentier en état après les dégâts de juillet. J’allais la jouer comme Forrest Gump: puisque je suis arrivé là, pourquoi ne pas continuer un peu? Finalement, j’arrivais jusqu’à portée de voix des ouvriers, demandait à passer et obtint un sauf conduit.

Descente aux enfers

Innsbruck s’étendait dans la vallée, 1700m plus bas. J’y allais. L’opinion générale considère que les descentes sont plus faciles que les montées. C’est souvent vrai, mais pas en période de canicule. Alors que je perdais de l’altitude, je gagnais en température. La réverbération accentuait les élans du soleil et bientôt je fus à court d’eau, mais liquéfié: mes vêtements, ne pouvant supporter davantage de transpiration, criaient grâce. Je commençais à suffoquer et à céder à la divagation, accablé par le four dans lequel je marchais. Je fus sauvé par une fontaine providentielle, pas très loin de faire un malaise lié à la déshydratation.

Ma jambe n’avait pas trop aimé ces derniers kilomètres. Vous avez, cette jambe qui m’inquiétait au début du trek et dont je ne n’avais plus parlé depuis quelques temps. La douleur s’était maintenue à un niveau acceptable mais la problématique prenait une forme nouvelle: ma cheville gonflait et le bas de mon mollet aussi. Je faisais un œdème. C’était douloureux et je ne savais plus comment mettre ma chaussette. Bref, il était temps que j’arrive à Innsbruck!

Stubai: au revoir Adlerweg

Un nom peut être inconnu aux oreilles françaises, mais pourtant le Stubai est une vallée fameuse en Autriche, avec ses grands glaciers, ses hauts sommets, ses refuges et son raid à skis. De passage dans le secteur, je n’allais pas bouder ce haut lieu alpin. Au revoir Adlerweg, qui continue vers l’ouest. Pour moi, cap au sud: si j’aurais pu suivre le Traumpfad, je lui préférais le Stubai, plus grandiose, du moins d’après mes échanges avec les cartes de rando.

Après un trajet en bus – parfois s’éviter des kilomètres urbains c’est un cadeau que l’on se fait – me voilà à Grinzens d’où je me lance vers une nouvelle journée de marche, avec une jambe de Damoclès au dessus de ma traversée des Alpes: l’œdème commençait m’handicaper. Marcher ne me gonflait pas, bien au contraire et le Stubai se révélait grandiose. Pour autant, l’était de grâce que j’avais connu lors de la Via Alpina, m’échappait obstinément. Cette connexion à moi même, au monde qui m’entoure, ce sentiment de faire partie de ce tout, la joie intense du moment vécu au présent: tout cela se refusait à mon expérience. Mon corps n’était pas grisé par les journées de marche qui s’enchaînaient: les endorphines étaient parties en vacances. A cela se rajoutait une douleur à la jambe inattendue et incompréhensible.

Pourquoi continuer?

Pour reprendre encore ce cher Forrest Gump, la rando c’est comme une boîte de chocolat, on sait jamais sur quoi on va tomber. La douleur cachait peut être une blessure, le plaisir était là mais pas aussi intense que ce que j’avais connu, le sens de ma marche se cachait. Je m’interrogeais sur la pertinence de continuer: cette jambe gonflée n’était-elle pas un signe? Même si j’étais bien dans la nature, je ne ressentais pas l’envie irrésistible d’aller au bout de ce voyage, l’appel à rester immergé dans les montagnes. On peut se sentir parfaitement bien connecté près de chez soi, en lien avec la nature dans une forêt à 2km de son domicile: partir dans les montagnes n’est pas l’unique chemin vers ce qui me tient à coeur: une expérience de reliance et de conscience.

En regardant en arrière, je n’avais pas forcément vécu cette intensité dans mes autres treks: la Via Alpina avait eu une saveur très particulière, unique. Comme un cadeau fait par la vie, que je ne pouvais pas reproduire à l’envi. Un élément intéressant vint m’éclairer. Je suis quelqu’un qu’on pourrait qualifier d' »hypersensible »: les ambiances, les énergies des lieux m’affectent et colorent mon expérience. L’an dernier, pendant la Via Alpina, l’Autriche n’avait pas été le point d’orgue de ma traversée. J’avais senti une énergie rugueuse avec laquelle je n’étais pas en phase: les pays, c’est un peu comme les couleurs, certaines nous conviennent d’autres non.

Un élément détermina mon choix de continuer. Il n’était pas lié au présent, pas lié mon état de santé ni à ma forme, mais à l’avenir. L’Alta Via 2 dans les Dolomites m’attendait: j’avais ressenti fortement son appel lors d’une traversée en juillet et j’allais y répondre. Voilà le sens de ma marche à cet instant.

Les Tribulaun, gardiens des frontières d’altitude

Les grandioses vallées du Stubai ne me décevaient pas, même si la chaleur accablante les dissimulait un peu dans un voile laiteux. Je tentais de trouver en l’une d’elle pour la nuit, mon ultime nuit autrichienne. Caché au bord d’une piste dans une réserve, je me dissimulais autant que possible: le paradoxe autrichien voulait que les voitures soient autorisées sur cette piste mais que le bivouac soit interdit.

Le Stubai n’était pas si grand: une longue vallée glaciaire aux ramifications d’altitudes. Je le quittais donc rapidement pour me rendre un massif où je n’avais pas prévu de passer, les Tribulaun. Mais, perché sur un col, ces sommets calcaires aimantaient mon regard. Je leur devais une visite et j’avais donc choisi d’honorer leur majesté. Perchés à plus de 3000m, ces châteaux dans le ciel gardaient la frontière avec l’Italie. Ils ne faisaient pas pourtant barrage au passage des randonneurs. Depuis des cols d’altitude, ils toisaient ceux qui les approchaient et de leur imposante stature semblaient s’assurer de l’humilité et du courage des montagnards qui passaient d’un pays à l’autre.

Ultime passage de frontière de ma traversée des Alpes

Me voilà en Italie, pour de bon. L’air semble plus doux. Les sentiers sont différents, plus approximatifs. A l’ouest, sur le Stubai, des orages éclatent, encore lointains. Au dessus de moi, le ciel bleu donne au géant Tribulaun toute sa majesté: ce secteur, pourtant méconnu, mérite une visite.

L’heure est à la descente pour gagner la course avec l’orage qui finira immanquablement par donner un spectacle dans cette vallée de Pflersch. Malgré ma patte folle, je suis plus rapide que lui et m’offre une bonne bière en guise de trophée. Maintenant, il va me falloir camper quelque part dans cette vallée humanisée. Je ne voulais pas rester en altitude: une dégradation pluvio-orageuse très importante commençait et j’aimais autant me retrouver dans un endroit protégé.

J’élisais donc un éphémère domicile le long d’une rivière, avant de prendre le bus pour Brixen. Demain, c’était lundi mais pour le randonneur ce serait le jour du seigneur: plutôt que de marcher sous la pluie, je préférais m’offrir un jour de repos et, qui sait, recevoir une guérison miraculeuse pour ma jambe douloureuse.

Conclusion de cette première partie de la traversée des Alpes de Salzbourg à Venise sur l’Adlerweg

L’adlerweg avait été le fil conducteur de cette traversée des Alpes dans la partie nord. C’est un itinéraire original car contrairement à beaucoup de sentiers de randonnée en france celui-ci présentait une dimension technique et alpine sans pour autant rentrer dans l’alpinisme pur. Sans matériel spécifique, le randonneur, qui se doit d’être un peu aguerri quand même, pouvait donc s’aventurer dans des terrains jusque là réservés aux chamois et aux grimpeurs et s’offrir quelques sensations au passage.

Pour ma part, j’ai bien senti que l’Autriche ne me convenait pas en terme d’énergie. Pourtant ce pays est magnifique et ses montagnes ne déméritent pas. Maintenant, un nouveau chapitre s’ouvrait: celui d’une autre haute route technique, l’Alta Via 2. Traversant les Dolomites par des massifs majeurs que je ne connaissais pas, il me tardait de parcourir cette section pour laquelle mon cœur avait eu un appel très fort :

Matériel utilisé pour le trekking sur l’Adlerweg

Je suis très fidèle au matériel que j’utilise. Je n’aime pas trop changer de peur d’être déçu et parce que mon équipement est parfait. Année après année, je l’ai éprouvé et validé. Ce n’est pas un équipement ultra léger mais il convient parfaitement à mes besoins. Voici donc la liste de mon matériel pour la traversée des Alpes. Il reprend celui de la Via Alpina, à deux exceptions près: le sac de couchage et le short, que vous retrouverez en test plus bas.

Matériel bivouac utilisé sur le trekking de l’Adlerweg ou voie de l’Aigle

CatégorieModèleMarquePourquoi avoir fait ce choixCe choix a t il répondu à mes besoinsEt si c'était à refaire
tenteCopper Spur HV UL 1Big AgnesLa plus légère des tentes autoportantesTrès bonne tente, avec de bons rangements, beaucoup d'espace. Montage facile et vraiment solide. Seul bémol : l’ouverture qui n'est pas si pratique car le double toit peut avoir tendance à rentrer dans la tente intérieure en déposant un surplus d'humidité.J'aime trop ma tente pour en changer!
matelasEther Light XTSea To SummitJ'ai un grand besoin de confort et ce matelas fait 10 cm d'épaisseur ce qui est très rare. Il est aussi très léger (350g).Confort impeccable. Par contre défaut de fabrication important: le matelas a des fuites liées à une mauvaise colle ou à une fragilité. C'est récurrent sur les 2 matelas que j'ai eus (j'en ai reçu un second en garantie après les problèmes du premier).Je vais chercher un matelas aussi confortable, mais sûrement plus lourd car les matelas légers sont trop fragiles.
sac de couchageKoteka II 400Sir JosephSIR JOSEPHUn sac très léger et 3 saisons, fabriqué en Europe avec un duvet de qualité.Sac très agréable à l'usage, confortable et construit avec des tissus de qualité. Par contre un peu décevant conernant les températures de confort indiquées.Je prendrais un sac de couchage plus thermique.
oreillerAeros PillowSea To SummitTrès léger et compact.Parfaitement.Je ne changerais rien.
drap de sacThermolite ReactorSea To SummitGagner quelques degrés et protéger le sac de couchage des odeurs et de la saleté.Très bon produit!Je ne changerais rien.
réchaudMinimoJetboilTrès efficace et économe, il convient à mes besoins qui sont limités à faire bouillir de l'eau.J'adore mon réchaud, il est parfait!Je ne changerais rien.

Chaussure utilisée sur le trek de l’Adlerweg

Avoir des chaussures de randonnées confortables est très important, mais il est compliqué de faire un choix pour les choisir.

CatégorieModèleMarquePourquoi avoir fait ce choixCe choix a t il répondu à mes besoinsEt si c'était à refaire
ChaussuresSpeedgoat MidHoka One OneConfort, amorti et légèreté.Produit impeccable dans son programme, mais trop peu durable.J'ai besoin de confort donc je reste chez Hoka, mais j'aimerais un modèle plus écoresponsable c'est à dire capable de résister à plus de 800km de marche.

Vêtements utilisés sur la randonnée l’Adlerweg

Pour le short, il s’agit d’un article de la gamme L.I.M de Haglofs que vous retrouverez dans cet article où d’autres produits de la gamme ont été testés.

CatégorieModèleMarquePourquoi avoir fait ce choixCe choix a t il répondu à mes besoinsEt si c'était à refaire
ShortLIM FuseHaglofsUn short sans ceinture, assez long et légerLe cordon n'est pas très pratique pour serrer le short mais en dehors de cela c'est un très bon short, solide et pratique avec ses 3 grandes poches.Je ne changerais rien.
SurpantalonTrail RunningKalenjiUne couche imperméable légère pour les moments froids et pluvieux. Très bon marché pour un vêtement respirant.Un vêtement étonnant par sa polyvalence. Aussi bon pour tenir chaud que protéger du vent ou de la pluie.Je ne changerais rien.
T ShirtVento TitaniumAttiqA la fois solide et épais donc protégant bien du vent mais également très respirant.Impeccable. Séchage très rapide.Je ne changerais rien.
T shirt manches longuesPerformance Warm Turtle NeckOdloUne couche thermique légère et près du corps.très solide et durable, agréable à porter.Je ne changerais rien.
Veste imperméableR1 X light techR'adysUne veste très légère (300g), super respirante et très imperméable.Parfaite à tous les points de vue.Je ne changerais rien.
DoudouneIncredilite EnduranceCumulusLégère (350g) et construite avec un duvet 850cuin qui apporte beaucoup de chaleur. Tissu imperméable.Ma meilleure amie dans le froid, que ce soit le matin ou le soir au bivouac.Je ne changerais rien.
GantsG comp WarmCampDes gants modulables avec la surmoufle qui se range dans le gant et chauds.C'est ma 3ème paire et ils répondent parfaitement à mes besoins.Je ne changerais rien.
CasquetteR LightraidlightElle a un très bon bandeau absorbant et sa conception lui permet de sécher rapidement.Elle protège efficacement et absorbe très bien la transpiration. Par contre sa visière très longue limite la vue ce qui peut entraîner des chocs sur les branches ou les plafonds.J'opte pour une casquette à visière plus courte.
ChaussettesMH500QuechuaSolides et épaisses.Très bon achat: durabilité excellente, très bonne respirabilité qui évite la surchauffe des pieds et séchage rapide.Je ne changerais rien.
BoxerMT500QuechuaBoxer en laine merinos donc bonne neutralisation des odeurs et séchage rapide.Un article confortable et agréable à porter. Fragile par contre: il s'est déjà bien dégradé après 35 jours de marche.

Equipements Outdoor utilisés sur le trek de l’Adlerweg

CatégorieModèleMarquePourquoi avoir fait ce choixCe choix a t il répondu à mes besoinsEt si c'était à refaire
CouteauN°6OpinelMade in France et léger.Un produit solide et durable qui m'accompagne partout en montagne.Je ne changerais rien.
ServiettePocket TowelSea to SummitUne serviette grande et rapide à sécher.Elle sature en eau assez vite mais sèche plutôt rapidement. Par contre elle sent mauvais très rapidement et cela persiste malgré les lavages.Je cherche un modèle qui évite les mauvaises odeurs.
CouvertSport TitaniumLight My FireTrès léger et polyvalent.Parfaitement.Je ne changerais rien.
Sac à dosAtmos 50OspreySon confort remarquable.C'est mon deuxième Atmos 50 et j'en suis toujours ravi. Il convient parfaitement pour 7 jours d'autonomie car son volume est très généreux. Confort impeccable et grande pratiqcité: accès aux bouteilles d'eau, poches, accroches de bâtons sans poser le sac, etc.Je ne changerais rien.
Lampe frontaleActik CorePetzlUne frontale légère avec une batterie rechargeable et une très bonne autonomie.Autonomie incroyable, une charge suffit pour un très long trek.Je ne changerais rien.
Lunettes de soleilIsolaOraoProtection 4 et prixUn modèle qui enveloppe bien les yeux et protège parfaitement.Je ne changerais rien.
Sac de rangementLightweight Dry SacSea to summitUn sac étanche, léger et compressible.Très solide et très efficace pour compresser le matériel de bivouac.Je ne changerais rien.
Balise de détresseInReach MiniGarmintrès léger et autonomeJe n'ai jamais eu à déclencher les secours avec. Par contre la météo fournie est généralement assez fiable. Il fonctionne mieux avec l'application erathmate pour envoyer des messages. Pour moi le meilleur appareil de communication car il permet de rédiger des messages facilement en plus des messages pré enregistrés. Bémol important: l'aquisition du signal satellite peut être très long et fastidieux.Je ne changerais rien.
Gant de toiletteSamosRuby tecUn gant léger à séchage rapide.Parfait: les petits trous passe pouce permettent de le clpier facilement au sac pour le sécher pendant la journée, pas de mauvaise odeur et très solide.Je ne changerais rien.
batterie externePowercore 10000 reduxAnkerUne batterie compacte, à charge rapide et assez légère.Très efficace pour recharger mon téléphone. Par contre il faut toute une nuit pour la recharger.Je ne changerais rien.
SacocheHigh Coast Hip PackFjall ravenJe l'ai choisie car compacte mais spacieuse, elle peut accueillir mon téléphone, mes papiers et des petits équipements (écouteurs, mouchoirs, argent). Son clip est sur le côté contrairement à beaucoup d'autres: avec un clip à l'arrière, au niveau de la colonne vertébrale, le sac à dos peut venir faire un point de compression.D'une solidité impressionnante et d'un confort absolu. Je ne la quitte plus!Je ne changerais rien.

1 commentaire

Charles 17 juin 2022 - 14 h 20 min

Merci beaucoup pour ce retour d’expérience très détaillé, les photos sont vraiment jolies.

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