90 jours de randonnée sur la Via Alpina

par Expérience Outdoor

  Christophe DUMONTIER nous partage son expérience de 90 jours de randonnée sur la Via Alpina
Laetitia et Christophe durant leur randonnée sur la Via Alpina

Informations pour préparer un séjour de 90 jours de randonnée sur la Via Alpina

Date :

Du 09 juillet 2013 au 09 octobre 2103

Lieu :

Cette traversée a débuté en Slovénie, puis a traversé l’Autriche, l’Italie, l’Allemagne, le Liechtenstein, la Suisse et enfin la France. Notre fil conducteur a été le tracé de la Via Alpina circuit rouge (90 premières étapes) puis l’intégralité du circuit bleu (61 étapes)

Participants sur la Via Alpina:

Nous avons voyagé en couple, Laetitia et moi. Randonneurs depuis plus de 20 ans, nous pratiquons également la course à pied, le trail, le vélo de route, le VTT. Avant de nous lancer dans ce périple, nous avions déjà effectué des randonnées d’une à trois semaines dans les Alpes. Nous sommes adeptes du bivouac, du hors sentier, et du « voyager léger ».

Où dormir sur la Via Alpina :

Durant les 90 nuits de notre périple, nous avons dormi (très) souvent sous notre tente, dans quelques abris trouvés en cours de route, rarement en refuge (lorsque nous sommes en altitude, nous préférons le confort de notre tente !), et plus souvent en Bed & Breakfast (ou hôtel) lorsque nous étions en fond de vallée.

Où se restaurer/où se réapprovisionner sur la via alpina:

La gestion du ravitaillement est essentielle lorsqu’on se déplace en autonomie. Afin de limiter le poids de notre sac, nous avions prévu un maximum de 3j d’autonomie en nourriture. De fait, nous avons profité de toutes les ressources trouvées en chemin (refuges, auberges, chalets d’alpage) pour nous substanter. Les gros ravitaillements se faisaient dans les alimentations de village. A noter qu’à partir de début septembre, de nombreux points de ravitaillement ferment, notamment en montagne, obligeant à plus de vigilance dans la gestion dudit ravitaillement.

Office du tourisme :

Le site incontournable pour en savoir plus sur la Via Alpina et ses différents tracés :

Caractéristiques de notre randonnée sur la Via Alpina :

Le tracé de la Via Alpina emprunte essentiellement des sentiers de Grande Randonnée des différents pays traversés. Nous avons effectué quelques variantes hors tracé, mais sommes toujours restés sur des sentiers balisés. Les massifs traversés sont très divers et offrent une multitude de paysages, toujours renouvelés.

Attention, certains massifs sont encore bien enneigés en début de saison. Notamment le Triglav en Slovénie, dont la traversée en juin est souvent impossible en « simple mode randonneur ». La gestion de l’eau doit être également prise en compte, certains massifs étant plus secs que d’autres, et encore plus en septembre-octobre !

Quoi d’autre dans les environs :

L’itinéraire offre quantité d’occasions d’approfondir sa culture personnelle sur la vie en montagne au fil des âges, sur les différentes populations ayant colonisé ces milieux hostiles, sur leur utilisation en temps de guerre. Bref, un itinéraire où la marche est prétexte à plein d’autres activités plus culturelles !

Bibliographie sur la Via Alpina :

Pas ou peu de livres sur la Via Alpina. Le mieux est se référer au site officiel de la Via Alpina, qui regroupe les références des différents ouvrages et des liens vers différents sites de via-alpinistes où l’on trouvera multitudes d’informations pratiques et autres compte-rendus.

Liens Internet :

Le lien de la Via Alpina :
Les liens pour la cartographie en ligne :
– Austrianmap
– map.wanderland
– geoportail
Le lien pour alléger son sac
Le lien de Notre Via Alpina

Notre randonnée sur la Via Alpina en 90 jours au fil des Alpes

Le projet : la traversée des alpes par la via Alpina

Difficile de dire quand, où et pourquoi nous est venu cette idée de randonnée au long cours au fil des Alpes.  Nous pratiquons avec Laetitia, la randonnée depuis de nombreuses années, nous avions déjà effectué des randonnées de quelques semaines (3 au max) dans le passé, mais jamais une telle aventure. Et depuis quelques années, nous étions plutôt tournés vers le trail, voire l’ultra-trail pour lequel nous nous entraînions chaque année avec un ou deux gros objectifs annuels.

Et puis, avec nos deux enfants encore jeunes (8 & 9 ans), il était difficile d’envisager une si longue absence. Ce type de traversée était donc pour nous, plus du domaine de l’imaginaire, du rêve que de la réalité. Et un jour, un projet professionnel qui tombe à l’eau, une disponibilité d’un an de prise, des grands parents tout juste retraités et partant pour s’occuper de nos « petits », bref un ensemble de circonstances qui font que ce rêve va pouvoir devenir réalité : la traversée des Alpes, c’est pour cette année !

Les préparatifs à cette traversée des alpes

Pour nous, l’improvisation n’a pas réellement sa place dans ce type de périple. Alors nous allons passer les premiers mois de l’année 2013 à nous renseigner, à nous documenter sur le parcours, sa difficulté, les pays traversés, les retours d’expérience de ceux qui l’ont déjà fait …

Quelques mois où nous allons devoir définir le cadre de cette aventure :

  • Quel parcours allons-nous effectuer ?
  • De quelle manière allons-nous voyager : d’hébergement en hébergement, ou en totale autonomie, et en corollaire quel équipement à prévoir ?
  • Combien de jours nous accordons-nous loin de nos enfants ?
  • Quelle solution pour la cartographie ?
  • Quelle préparation physique suivre pour arriver au bout ?

Et tout un tas d’autres questions auxquelles nous avons du répondre avant la date fixée du départ, début juillet 2013.

Le matériel et le sac pour la via alpinaLes parcours de la via alpina

Le tracé rouge comme fil conducteur

Au final, nous aurons opté pour un parcours suivant le tracé rouge en première partie (90 des 166 étapes officielles du tracé) puis le tracé bleu en intégralité (61 étapes) car nous connaissions déjà bien la partie française du tracé rouge, Nous nous sommes fixés également une durée pour effectuer cette traversé, soit 90j pour parcourir les 2300km et 130 000m D+ (environ) du parcours. Ce qui implique d’enchaîner des journées de 25km et 1450m D+ et D-. Bien que ces derniers chiffres nous aient plus incités en début de réflexion à partir sur un mode « trail » et d’évoluer de refuge en refuge, nous avons au final décidé de rester fidèle à notre envie d’autonomie, synonyme pour nous de liberté : pas de contrainte au jour le jour de trouver un hébergement, de devoir pousser un peu plus loin pour pouvoir dormir à l’abri.

Et puis également, ne le cachons pas, pour une histoire de coût financier : dormir à deux en refuge, hôtels et autres gîtes pendant 90j représentent une somme bien rondelette que nous ne pouvions nous permettre. Ce sera donc une traversée en autonomie, mais avec un effort prononcé sur l’optimisation de l’équipement : nous allons devenir de véritables MUL (Marcheur Ultra Léger) ! Le choix et le test de l’équipement emporté a donné lieu à quelques réflexions et compromis pas toujours évident à faire (voir le bilan en fin de CR).

Le choix de l’orientation pour la Via Alpina

Concernant la cartographie, nous opterons pour une solution électronique : pas de carte papier, uniquement une cartographie numérique (cartes au format jpg) embarquée sur notre smartphone et notre appareil photo.

Trouver et générer l’ensemble des cartes de cette traversée nous a occupé de longues soirées, mais au final, cette solution nous donnera entière satisfaction. A noter toutefois, que pour l’Italie, il est quasi impossible de trouver sur le web de la cartographie utilisable : nous avons donc acheté des cartes papiers au 1/50 000 que nous avons scannées.

Quant à la préparation physique

Nous n’avons rien changé par rapport aux années précédentes, et nous nous sommes préparés comme si nous devions courir un ultra-trail montagnard : notre seule inquiétude était de savoir comment notre corps allait supporter au fil des semaines cet enchaînement de journées bien chargées (pour rappel, 25km et 1450m D+ et D-) avec un sac à dos, bien qu’optimisé, pesant tout de même 10-11 kg …

Le départ pour cette grande trandonnée sur la Via Alpina

Nous avons fixé notre départ à Idrija, petite ville de Slovénie, Pour nous y rendre, nous prendrons le train de nuit Dijon-Venise, puis un train pour Trieste, puis un bus, puis un train, puis un bus … pour enfin arriver à Idrija, où nous logerons à l’auberge de jeunesse. Nous sommes le 8 juillet. Le lendemain, nous nous lèverons à l’aube, comme d’ailleurs tous les matins qui suivront tout au long de notre traversée. Nous sommes de ceux qui pensent que la montagne appartient à ceux qui se lèvent tôt !

Donc, tous les matins, c’est réveil à 5h, préparatifs (petit-déj, refaire le sac à dos, plier la tente) et à 6h tapante, nous commençons notre journée de marche. Cela nous permet de marcher à la fraîche, d’être au plus près de cette nature qui s’éveille, et surtout de finir notre journée relativement tôt (vers 15-16h) ce qui nous permet d’éviter les différents désagréments orageux estivaux et montagnards !

La Slovénie durant 5 jours

En ce 9 juillet, 6h, nous commençons notre traversée de la Slovénie, qui durera 5j. Ces premiers jours se dérouleront sous un temps clément avec, quelques orages en fin d’après midi, et nous permettrons de nous régler, de nous rassurer sur notre forme, sur nos choix d’équipements, … Nous espérions également pouvoir gravir le sommet de Slovénie, le Triglav, mais une météo peu propice et surtout un enneigement encore bien présent au dessus de 2000m, peu compatible avec notre équipement typé trail, nous incite à abandonner cette option.

Entrée en Autriche

Les Tre cime durant notre randonnée sur la via alpina Nous quittons donc assez rapidement la Slovénie pour entrer en Autriche, pour ce qui sera notre plus long parcours de crêtes : de Thörl-Malglen à Sesto, nous allons suivre la frontière austro-italienne sur plus de 150 km et gravir pas moins de 10 000m de D+ ! Ce cheminement montera progressivement en altitude avec trois dernières journées au fil des arêtes entre 2000 et 2600m. C’est d’ailleurs sur cette portion que nous franchirons le plus de sommets lors de notre périple.

En effet, la Via Alpina étant une traversée, le parcours ne côtoie pas les sommets, mais enchaîne montées de col et longues descentes en fond de vallée. Mais le plus remarquable lors de ce parcours frontière, ce sont les vestiges de la première guerre mondiale … Massif du Zillertal durant notre randonnée sur la via alpinaCe sentier est, de nos jours, appelé « le sentier de la liberté ».

Il faut savoir que même s’il n’y a pas eu de grandes batailles alpines sur cette ligne frontière, les deux belligérants ont redoublé d’audace (mais pour quel prix humain ?) pour fortifier et sécuriser leurs frontières. Et il est étonnant, voire émouvant, de déambuler pendant des kilomètres le long de tranchées à quasiment 2000m d’altitude, tranchées construites dans la douleur à bras d’hommes.

Il faut également savoir que cette frontière était occupée tout au long de l’année, et on a du mal à imaginer aujourd’hui l’enfer subit par les soldats dans leur baraquement en bois et pierre à 2500m d’altitude en plein cœur de l’hiver. Nous recommandons vivement la visite à Sesto du musée mémoire dédié à cette période : on y apprendra par exemple, que le nombre de morts par avalanche a été estimé à … 66000 décès … un chiffre à peine imaginable.

Entre les frontières

PouPassage de frontière durant notre randonnée sur la via alpinar revenir à notre périple, ce long parcours frontalier s’est effectué sous un temps très clément, à la fois sec et chaud. Plus de neige sur les sommets, ce que nous craignions après notre passage en Slovénie. Coté équipement, rien à signaler, tout comme au niveau physique. Nous consacrons tout de même notre 14ème jour de traversée à une journée de repos, à Sesto.
La semaine suivante sera elle aussi bien remplie. En effet, nous allons d’abord effleurer durant deux jours, le mystique massif des Dolomites : nous passerons tout de même au pied des Tre-Cime, haut lieu touristique, mais dont la majestuosité n’est pas légendaire ! Le lever de soleil sur la Croda Rossa sera lui aussi mémorable et nous donnera vraiment l’envie de revenir visiter plus profondément ce massif. Par la suite, nous rejoindrons le Zillertal où nous côtoierons nos premiers glaciers et nos premiers hauts Le triglav durant notre randonnée sur la via alpinasommets à près de 3500m !
Nous en profiterons pour nous offrir quelques variantes alpines hors tracé officiel : Pfunderer et Berliner höhenweg. La chaleur s’est nettement accentuée, et nous marchons en tee-shirt de 7h du matin à notre arrêt en milieu d’après midi. Le corollaire à cette chaleur est bien entendu un temps très orageux en fin de journée. Nous essuierons quelques beaux éclairs et belles averses, fort heureusement toujours à l’abri dans notre tente.

Nuit éclairée

Personnellement, je garderai en mémoire cette soirée, où après un endormissement rapide vers les 20h, je me réveille vers les 22h en ayant l’impression que quelqu’un s’amuse au dehors, avec sa frontale, à éclairer notre tente … Je passe la tête au dehors, et c’est un festival d’éclairs qui m’accueille, là-bas, à l’horizon, sur les Dolomites … Pas de tonnerre, nous sommes trop loin du festival de lumières, mais des impacts d’éclairs incessants qui illuminent notre ciel (lui aussi bien couvert !). Cela va durer pendant une bonne heure, où je ne pourrai retrouver le sommeil, me demandant si cette tempête d’éclairs va se diriger vers nous … Finalement, non, nous resterons au sec, et à 3h du matin le ciel est à nouveau tout étoilé.
Sur le chemin de la liberté durant notre randonnée sur la via alpinaBivouac à 2300 m durant notre randonnée sur la via alpina

Premier accroc

Après le Zillertal, nous rejoignons la vallée de l’Inn, à Schwatz, à 40km d’Innsbruck. La chaleur grimpe encore, on dépasse allègrement les 30° en vallée. En arrivant dans la vallée de l’Inn, Laetitia souffre d’une tendinite naissante de son jambier/releveur droit. Il faut dire que quelques jours avant, elle s’était amusée à descendre comme une flèche le col Riensenfernerh…et l’a payé « cher ». Nous profitons des infrastructures de la ville pour faire confirmer le diagnostic par un médecin : bilan, repos de quelques jours, glaçage et massages.
Malgré le doute qui s’installe sur la poursuite du voyage à deux, nous réfléchissons à la meilleure manière de vivre ce premier accroc, et nous décidons de nous séparer pour quatre jours : je continuerai seul sur le parcours de la Via Alpina et nous nous rejoindrons plus loin sur le tracé, où Laetitia m’attendra dans un B&B, tout en soignant son releveur.

Un peu de solo sur la Via alpina

Pluie brouillard parapluie durant notre randonnée sur la via alpinaJe passerai ces quatre jours à traverser le massif du Karwendel, massif frontalier avec l’Allemagne, et butant sur le plus haut sommet de ce pays, le Zugspitze (2950m). Quatre jours placés sous le signe de la canicule, avec une température ayant atteint 35° à l’ombre à 1500m d’altitude. Quatre jours où je croiserai de très nombreux randonneurs et vttistes, car le massif du Karwendel est très prisé des vacanciers allemands, eux mêmes étant des pratiquants assidus de la montagne. Ce haut massif calcaire est impressionnant par ses hautes faces rocheuses, contrastant avec des alpages verdoyants.

Et pour la première fois depuis le départ, j’aperçois au loin de vastes plaines, signe que nous sommes arrivés tout au nord du massif alpin. Mais le voyage solitaire n’a pas la même saveur que le voyage partagé et c’est avec joie que je retrouverai Laetitia, à Bibervier. Ces quatre jours lui auront permis de se reposer, de se soigner, et de faire du tourisme avec la visite d’Innsbruck !

Retrouvaille

Au coeur de la silvretta durant notre randonnée sur la via alpina
Nous repartons à nouveau ensemble de Bibervier, pour une nouvelle incartade en Allemagne, via Obersdorf, puis en nous dirigeant vers le Liechtenstein, le 5ème pays que nous allons traverser. La tendinite est toujours bien là, mais avec soins quotidiens et prudence, le plaisir reviendra peu à peu et les doutes finiront par s’envoler!

Durant cette portion, nous allons (enfin ?) avoir droit à notre premier vrai jour de pluie, celui où nous arrivons le soir, trempé jusqu’aux os, malgré tous nos équipements modernes et soit-disant imperméables ! Nous sommes le 9 août, un mois jour pour jour après notre départ. Fort heureusement, l’étape se terminait à Obersdorf, où nous nous offrirons un bon B&B !

Fin du 1er mois de randonnée sur la via Alpina

L

Un mois après notre départ, nous avons parcouru environ 750km et 40 000m D+ pour 38 000m D-. Nous en sommes donc au tiers de notre parcours, et globalement tout va bien ! Au niveau équipement, je me suis personnellement délesté de quelques centaines de grammes (renvoi de chaussures light qui devaient être utilisées au bivouac, d’un pantalon long ainsi que d’un short). La tente, les duvets, les matelas, la popote, le réchaud, tous remplissent plus qu’honorablement leur fonction, et au final, nous facilitent bien la vie.

Le zugspitze durant notre randonnée sur la via alpina
Signalons que depuis notre départ, nous avons majoritairement dormi sous la tente, la météo et la chaleur aidant. Toutefois, nous avons également fréquenté les refuges autrichiens et allemands, et contrairement aux B&B où l’accueil a toujours été très chaleureux, l’accueil en refuge nous a laissé quelques fois bien perplexe … Nous avons eu plus à faire à des hôtels d’altitude qu’à des refuges de montagne, au sens français du terme.
Beaucoup de refuges ont été récemment réhabilités, tous ont un accès par piste 4×4 ou par monte-charge, il est difficile de planter la tente aux alentours, peu ont une salle hors sac, et comble pour nous montagnard-lève-tôt, le petit déjeuner est servi à 7h, pas avant … Bref, nous étions bien contents d’avoir notre tente et de dormir où bon nous semblait !

En route pour le Liechsteinten et la Suisse

La portion Bibervier-Feldkirch a été délicate à gérer pour que la tendinite de Laetitia ne se réveille pas : tout bon ruisseau était prétexte à un bain de pieds rafraîchissant (équivalent à un bon glaçage) et si certaines fins d’étapes furent limites, le mal a été contenu et disparaîtra pour de bon jusqu’à notre arrivée.

La descente sur Feldkirch n’étant pas très intéressante (au point de vue randonnée), nous n’avons pas hésité à utiliser les moyens de transport moderne (stop et bus) pour y arriver.

De Feldkirch, le tracé rouge oblique à nouveau en direction de l’Est et du Sud et se rapproche ostensiblement de la Suisse. Nous traverserons le Liechsteinten en deux petites journées. Le parcours étant par endroit assez aérien mais bien aménagé et bien équipé, et offrant de superbes vues sur la vallée du Rhin. La suite nous verra faire quelques incursions en Suisse et nous rapprocher d’un nouveau haut massif, la Silvretta.Massif de l

Bivouac en colère

Nous aurons aussi droit à notre deuxième (tentative) d’expulsion de bivouac : après avoir remonté un long vallon par une piste 4×4, nous trouvons un lieu idéal de bivouac, au bord d’un ruisseau. Comme d’habitude, à 20h nous sommes couchés, et c’est alors que nous entendons un 4×4 arriver, stopper … des bruits de pas et une grosse voix s’exprimant en allemand. A l’intonation (verbotten), nous comprenons vite que le monsieur, habillé en chasseur avec le beau chapeau tyrolien, n’est pas content de nous trouver là … Il veut nous faire déménager sous prétexte que notre tente ferait fuir les animaux (sic).

Nous n’osons pas lui faire remarquer que son 4×4 est sûrement plus dérangeant pour la faune que notre petite tente … On parlemente, et on finira finalement par rester où l’on est en promettant de lever le camp avant 6h (il doit soi-disant revenir sur ce lieu pour chasser avec d’autres personnes). Le lendemain, nous quittons notre emplacement, finissons de remonter ce long vallon pendant plus d’une heure, nous retournant pour guetter la horde de 4×4 remontant la piste … en vain, à 7h30, nous basculons sur l’autre versant sans avoir vu le moindre pot d’échappement, ni entendu la moindre détonation …

Chance avec la météo durant notre Via Alpina

La météo est toujours aussi clémente, hormis une petite averse matinale. Mais il est vrai qu’avec les moyens modernes de communication, il est aisé de nos jours d’avoir un bulletin météo local et précis depuis son smartphone. Cela nous a permis d’adapter notre déplacement, nos étapes à ces prévisions. Comme nous le ferons en arrivant à Scuol, bourgade suisse vers les 10h du matin, de trouver un B&B et de passer l’après midi au sec à voir tomber la forte pluie annoncée … Ou bien de nous offrir un petit extra hors tracé, avec l’ascension facile d’un sommet à plus de 3000m !

Massif de la bernina durant notre randonnée sur la via alpina

Cap au Sud et à l’Ouest, l’Italie !

De Scuol, le tracé de la Via Alpina repart vers l’Ouest et se rapproche à nouveau de la frontière italienne. Ce début de tracé va nous offrir deux superbes journées durant lesquelles nous effectuerons notre plus haut bivouac et notre traversée de crêtes la plus aérienne. En partant de Scuol, on longe le Parc National Suisse puis on bascule en Italie avant d’entamer une belle et longue montée au Pic de Chavalatsch (2763m, hors tracé officiel depuis le Ritair Scharte, 2455m). Du Pic, la vue offre un 360° allant de la Silvretta à l’Oertler en passant par la Bernina et bien d’autres hauts massifs. Le point de vue est magique. Et chance (?), au sommet se trouve une petite cabane adossée à … un relais téléphonique.

Et cette cabane est largement assez grande pour nous accueillir : nous y monterons même notre tente à l’intérieur, histoire de gagner quelques degrés car la nuit s’annonce étoilée et très fraîche. Le seul hic, c’est l’absence d’eau … Nous ferons avec pour ce soir. Comme prévu, dès le coucher du soleil, la température dégringole et on se réfugie très vite dans notre cabane-tente. Et comme d’habitude, vers les 5h30, nous sommes réveillés, autant par l’habitude de se lever à cette heure là, que par des voix sorties droit du jour naissant.

Et notre surprise ne va pas s’arrêter là, car au fil des minutes, ce sera une bonne dizaine de randonneurs qui arriveront au sommet pour voir le lever de soleil ! Adieu solitude, mais le spectacle est si grandiose que rien ne pourrait le troubler … Il a fait froid cette nuit, de la gelée blanche est présente sur les herbes du sommet.

Retour sur la via alpina

Nous finissons par repartir, pensant rejoindre assez rapidement le tracé officiel situé quelques 400m D- plus bas. Mais au final, nous ne rejoindrons ce tracé qu’en début d’après midi, au Stilfser Joch, après avoir suivi pendant 6h les crêtes/arêtes frontalières, récemment balisées, qui nous feront à nouveau franchir la barre des 3000m au Piz Costainas : un parcours aérien, heureusement équipé de chaînes et cordes. Nous ferons une longue pause pour faire fondre de la neige de névés car nos réserves d’eau sont épuisées. A partir du Stilfser, nous reprenons le tracé rouge, qui nous réservera le lendemain une belle surprise … la plus longue piste totalement plate que nous n’ayons jamais rencontré en montagne : 17km de piste à une altitude variant entre 1895m et 1905m ! Nous croiserons pas mal de VTTs que nous envierons pour leur vitesse de déplacement …

Par la suite, la météo va devenir plus capricieuse, et si nous échappons toujours aux rincées orageuses, le ciel est souvent couvert, les sommets pris, ne laissant entrapercevoir les hauts massifs traversés (Bernina notamment). Nous passerons toutefois quelques cols en dessus de 2800m, la température étant toujours clémente, la neige ne tombant qu’au delà des 3000m. Dans ces moments là, nous nous réconfortons en (re)lisant le CR d’un via alpiniste ayant effectué ce même parcours en 2005 et pour qui la météo n’avait pas été aussi clémente : son récit de journées entières passées sous la pluie, voire à marcher dans 15 à 20cm de neige fraîche en plein mois d’août à 2400m nous fait pleinement prendre conscience de notre chance !

Les journées vont alors s’enchaîner

Les paysages changent, la montagne se vide : nous approchons la fin de l’été, les chalets d’alpage sont quasi tous désertés, nous retrouvons une quiétude que nous apprécions au plus haut point.

Toujours en jouant à saute-frontière entre l’Italie et la Suisse, nous passons près de Saint Moritz, et coupons bon nombre de vallées frontalières orientées nord-sud, bien encaissées, nous offrant quelques beaux dénivelés. Les sommets sont toujours aussi hauts: Monte del Forno, Piz Platta, Piz Ferre, Piz di Pian, … la liste est longue de tous ces sommets dépassant allègrement les 3000m.

Le 1er septembre, après une belle descente de plus de 2000m, nous arrivons à Biasca, le point bas de notre traversée à 300m d’altitude. Et là, gros coup de chaud, il fait plus de 30° sous un soleil de plomb !

Vers la jonction tracé rouge-tracé bleu

Après une petite matinée consacré au shopping (recherche gaz désespérément !), nous partons avec une météo confiante pour les prochains jours, vers le point de jonction des tracés rouge et bleu, situé à Riale, à moins de 100km de Biasca. Nous mettrons trois bonnes journées pour rejoindre Riale, sur un parcours sauvage, aux dénivelés toujours costauds et dans la solitude la plus totale. C’est au cours de ce trajet que nous ferons notre bivouac le plus insolite, la tente étant simplement posée sur une dalle rocheuse, le seul endroit plat trouvé en montant au passo di Redorta ! Fort heureusement, pas de vent, pas d’orage ce soir là !

randonnée sur la via alpina en coupleEt le 5 septembre, à 8h30, nous entrons dans le petit hameau de Riale, où nous nous offrons un petit déjeuner gargantuesque (buffet rempli de pâtisseries maison). Pour nous ce jour est important. Voilà déjà un bon bout de temps que nous comptons, estimons les journées nous séparant de cette jonction. Pour nous, quitter le tracé rouge et bifurquer sur le tracé bleu signifie « que nous sommes presque arrivés ».

Vers la Méditerranée

Nous entamons la folle descente vers la Méditérranée. Et pourtant, en regardant notre roadbook, il faut bien se rendre compte que nous ne sommes pas au bout de nos peines … Nous avons parcouru en un peu moins de 2 mois 1400km et gravi 75 000m D+ sur les 93 premières étapes du tracé rouge (87 étapes en fait car nous sommes partis à la 7ème). C’est bien. Mais notre topo nous indique qu’il nous reste environ 900 km et plus de 50 000m D+ à couvrir pour atteindre notre « graal » ! Pas une mince affaire au final. Et ce tracé bleu va se révéler à la fois de toute beauté, mais également très exigeant physiquement parlant. C’est sur ce tracé que nous allons effectuer nos plus longues et plus grosses journées de marche.

Massif du Mont rose durant notre randonnée sur la via alpina en coupleA noter également que ce tracé bleu de la Via Alpina suit le même fil conducteur qu’un autre grand itinéraire de randonnée, la GTA piémontaise, à savoir rejoindre la Méditerranée en restant le plus près possible, coté italien, des frontières suisses puis françaises. Si nous avions jusque là suivi assez fidèlement le tracé rouge de la Via Alpina, hormis quelques extras comme l’ascension de petits sommets ou le parcours de sentiers balcons plus que ceux de fond de vallée, nous allons être plus infidèles sur cette deuxième partie au tracé bleu officiel et emprunterons tour à tour GTA et/ou Via Alpina.

Plusieurs raisons nous ont amenés à ce choix : des raisons de logistique (ravitaillement, refuges fermés), des raisons éthiques (éviter les fonds de vallées, rester au plus près des sommets) et des raisons personnelles (rallier au plus vite la mer !).

Le tracé bleu

Nous débutons ce tracé bleu par une première infidélité au tracé officiel. Et décidons de suivre d’entrée le parcours de la GTA, afin de rester plus près des sommets. Nous passerons donc le passo di Neffelgiu à 2583m plutôt que par Canxa (1420m) pour rejoindre le lago Vannino (2194m). Nous sommes surpris en passant le col de voir encore une flore abondante pour un début septembre. Et nous profiterons d’une bergerie d’altitude pour faire le plein de bons fromages frais. Bonne option !

Les jours suivants, les changements d’itinéraire vont nous être imposé par une météo capricieuse : nous voulions tirer droit vers le Simplon Pass, en côtoyant le Monté Leone (3553m) via la botta d’Aurona, mais les orages puis un temps bouché nous obligeront à choisir une variante « fond de vallée », suivant la GTA. Ue soir, au bivouac, nous aurons droit à nos deux plus beaux couples « éclair-tonnerre », qui nous ont cloué dans nos duvets : à chaque fois, l’éclair, et le coup de tonnerre associé, nous sont tombés dessus simultanément, illuminant et faisant trembler notre petite tente plantée dans un alpage à 1800m.

Où est tombée la foudre … certainement pas très loin sur les épicéas bordant l’alpage ! Mais le plus étonnant est que ces deux manifestations, espacées d’une ½ h ont été uniques, aucun autre éclair-tonnerre n’étant venu rompre le ronron (assourdissant) de la pluie frappant notre toile de tente entre-temps …

Les jours suivants seront plus calmes

Le soleil revient, la neige furtivement apparue au dessus de 2500m disparaît en un clin d’œil, les heures de marche s’enchaînent. Nous entrons dans le territoire des Walser, un peuple germanophone qui, au moyen-âge, s’est installé dans de nombreuses vallées alpines de Suisse et d’Italie notamment. Ce peuple a colonisé des vallées d’altitude jusqu’alors inhabitées et y a développé un savoir-faire, un savoir-vivre, une culture et une langue propre (Walsertitsch, toujours parlé de nos jours). Nous traverserons de nombreux hameaux et villages Walser et seront toujours surpris par les moyens mis en œuvre et les solutions trouvées par ce peuple pour vivre à l’année dans ce milieu montagnard.

Nous profiterons également de ce début d’automne pour réaliser quelques festins de myrtilles et de framboises ! Et ces journées en pays Walser nous rapprochent irrémédiablement du massif du Mont Rose, que chaque col franchi nous dévoile un peu plus … Nous frôlerons ces très hauts sommets (4609m pou le Mont Rose) en passant à Alagnan puis Gressoney Saint Jean (Val d’Aoste).

Météo capricieuse

Et nous en profiterons pour attraper notre deuxième journée de vrai pluie … Trop confiants ce coup-ci dans le bulletin météo annonçant une amélioration dans l’après-midi, nous avons poursuivi notre route depuis Gressoney … et avons été « rincés de chez rincés », la pluie redoublant d’intensité et ne s’estompant finalement en toute fin de journée. Nous finirons cette journée en prenant un bus, faute d’avoir trouvé de lieu adéquat pour bivouaquer (et pas vraiment envie). Nous atterrirons dans un hôtel à Véres, tenu par un couple dépassant largement l’âge de la retraite (75 ans), toujours très alerte et très chaleureux !

Levé du soleil durant notre randonnée sur la via alpinaC’est lors de ces journées moroses que nous nous rendons réellement compte de la chance que nous avons depuis le départ avec la météo, et nous nous demandons vraiment (aujourd’hui encore) comment nous aurions réagi si nous avions du affronter quelques jours de pluie continue. Marcher, bivouaquer au sec est une chose, marcher, bivouaquer en étant trempé, en est une autre … et la répétition de ces désagréments agit immanquablement sur le mental.

Et si le fait d’être deux peut être un atout, chacun pouvant réconforter l’autre, l’effet boule de neige négatif peut aussi survenir. Je sais que personnellement, je ne suis pas très combatif devant l’adversité … en trail, dès que le plaisir, l’envie n’y est plus, je n’hésite pas à rendre mon dossard. Laetitia est beaucoup plus tenace, et c’est sur elle en fait, que repose toute la réussite de notre entreprise si les choses venaient à se gâter !

L’aventure continue

Mais pour l’instant, la situation ne s’est pas présentée, le moral est bon , le physique aussi, et l’aventure continue.

Après le massif du Mont Rose, le parcours se dirige droit sur un autre « grand » des Alpes, le Grand Paradis, en empruntant une partie de la Haute Route du Val d’Aoste. Nous franchirons là notre plus haut col, le col d’Ariétaz à 2939m, recouvert d’une bonne dizaine de centimètres de neige fraîche. Nous avions prévu une variante alpine à travers le massif du Grand Paradis, mais cette fois-ci, c’est notre cartographie qui nous joue des tours : les sentiers portés sur nos fonds de carte n’existent pas sur le terrain ! La décision est vite prise de rejoindre une nouvelle fois le tracé officiel et de continuer notre plongée vers la méditérranée !

Et plus les jours passent, plus les paysages rencontrés nous rappellent des souvenirs : nous côtoyons à présent la frontière française, la Haute Tarentaise, la Haute Maurienne et ses sommets et cols que nous avons déjà foulés ou seulement approchés, mais dont les images sont dans notre album interne !

Le Mont Viso

Puis un jour arrive où nous voyons le Viso, sommet emblématique qui marquera notre entrée définitive dans les Alpes du Sud. Avant d’y arriver, nous nous offrirons un nouvel extra, avec l’ascension du Rocciamelone à 3528m. Et toujours le soleil, que dis-je, l’été indien. Nous bénéficierons sur cette partie d’une longue période de temps estival (du 16/09 au 27/09), nuit douce qui permette des bivouacs d’altitude (> 2000m) et des journées claires, sans cumulus. Col du Mont Cenis, Col du Clapier, Parco Naturale di Gran Bosco, Parco Naturale Val Toncea, tous nous rapprochent du Queyras.

La fin du périple approche à grands pas, mais nous sommes encore assez inquiets, non pas sur notre capacité à atteindre la mer, mais sur le trajet à suivre pour l’atteindre. Notre topo indique un nombre impressionnant de cols à plus de 2600m à franchir, et fin septembre, il suffit d’une perturbation pour les rendre infranchissables, surtout avec notre équipement « light ». Et même si nous avons complété celui-ci par des gants chauds, des bonnets, des sous-vêtements techniques chauds, nos pieds, eux, resteront dans des « baskets » …

Nous nous rendons compte aussi que depuis quelques temps, notre fonctionnement est devenu basique, et que nos seules préoccupations sont de trouver à manger, de l’eau et un endroit pour dormir. Le reste du temps nous marchons, nous dormons, nous pensons … Notre corps s’est totalement adapté aux efforts quotidiens que nous lui demandons, nous vivons dans une sorte de bulle où nous nous sentons bien.

Une rencontre

rencontre durant notre randonnée sur la via alpinaPeu avant d’atteindre le Viso, nous faisons la rencontre d’un randonneur, Igno, hollandais travaillant au Luxembourg, et parti pour une chevauchée solitaire tout au long de la GTA. Nous repartirons ensemble du refuge du Lago Verde et au final, marcherons ensemble une bonne semaine, avant qu’un problème de dos le contraigne à l’arrêt. Cette rencontre nous a permis de sortir de notre isolement, notre solitude (tout relative). Nous partageons la même passion pour la montagne, Igno pratique également l’ultra-trail et est un vrai MUL (marcheur ultra léger) ultra bien équipé.
Une complicité s’établit très vite entre nous, et nos longues journées sont passées à discuter de tout et de rien, et rompent vraiment avec le rythme adopté depuis plus de 2 mois qui nous a vu marcher des centaines de km en couple, tout en passant d’innombrables heures seuls dans nos bulles respectives … Et l’on se rend compte alors, que même sur des randonnées aussi longues, la routine guette chacun de nos pas !

C’est également sur cette fin de parcours que nous allons accélérer le rythme, enchaînant de nombreuses journées à plus de 2000m D+ et D- (un max de 2450m et 2630m, D+ et D- respectivement). Cette accélération est facilitée par le terrain, car le parcours piemontais impose des dénivelés imposants pour franchir des cols toujours plus hauts (Col Sellière, 2850m, Passo di Vallanta, 2811m, Col di Bellino, 2804m, Passo di Forcellina, 2801m) et redescendre dans des vallées toujours plus basses (Vallée di Chianale, 1420m, Vallée di Bellino, 1340m).

Et puis, comme déjà dit, la météo clémente nous permet d’ajouter une heure ou deux de marche par jour, nos corps n’y rechignant pas ! Et puis, nos appels quasi quotidiens à nos enfants nous font bien sentir que pour eux aussi, le temps, la séparation commence à être longue … Alors nous mettons tout en œuvre pour respecter notre objectif de 90j et arriver à Menton pour le 9 octobre !

This is the end …

La période de beau temps touche à sa fin, mais une fois de plus, la perturbation annoncée n’est pas très active et surtout ne laisse son chapelet de neige qu’au dessus des 3000m !

Nous longeons à présent la Haute Ubaye et son cortège de forts, bunkers et autres amas de fil barbelés rouillés, abandonnés là depuis 70 ans … Tout comme lors de notre parcours du « sentier de la Liberté », nous sommes impressionnés, ou plutôt abasourdis, par ce que l’homme a pu réalisé comme « aménagements » (piste, bunker à chaque col, même à 2800m) pour (seulement) préparer la guerre, car au final peu de batailles auront lieu dans ses montagnes …

Depuis le Viso, nous avons quitté le tracé bleu de la Via Alpina (qui repasse en France), rejoint à nouveau le tracé rouge (qui lui repasse en Italie), suivi le tracé GTA, pour terminer ce voyage par le GR52 traversant le Mercantour. Nous avons retenu cette dernière option, car le tracé rouge, 100% italien offre une logistique plus complexe, avec des refuges fermés, des « locale invernale » peu souvent présents, et des ravitaillements loin du tracé.

Coté français, nous sommes plus à l’aise et nous finirons même luxueusement notre parcours par trois nuitées en refuge gardé (refuge de la Cougourde, de Nice, des Merveilles) et une nuit en gîte-auberge (Sospel). Ces dernières soirées nous offrirons de longs échanges avec les gardiens et les rares randonneurs présents, la plupart étant comme nous des randonneurs au long cours. Malgré une météo alarmante, nous passerons encore au travers, nous offrant au passage un dernier sommet, le Mont Bego à 2808m, et atteindrons Menton, le 8 octobre au soir. Altitude 0m, la plage. Fin du périple.

Fin de notre grande randonnée sur la via alpina

Conclusion de nos 90 jours de randonnée sur la Via Alpina

Avec un recul de près d’un an, nos esprits sont encore pleins d’images, de moments vécus lors de cette traversée. Et bien sur, nous ne pouvons que recommander à ceux qui auraient un tel projet, de se lancer dans l’aventure. Certes, partir 3 mois n’est pas forcément aisé, mais si l’occasion se présente, il ne faut pas tergiverser et partir !

Nous sommes revenus de ce voyage convaincu que nous avions trouvé là un mode vie, l’itinérance, qui correspondait pleinement à nos aspirations. D’ailleurs, nous avons enchaîné cette traversée par un autre périple de 8 mois (pas à pied toutefois) avec nos deux enfants, autour de la méditerranée (blog). Ce genre d’aventure permet de se détacher notablement du mode de vie consumériste de plus en plus en vigueur dans notre monde. Mais de se rendre également compte que la mondialisation avance à marche forcée sur toute la planète … Et surtout de remettre certaines pendules à l’heure sur les priorités à donner dans sa vie. On ne vit qu’une fois.

Concernant le parcours lui-même, la Via Alpina est un tracé permettant de découvrir les multiples facettes des Alpes. Les paysages sont toujours changeant, l’occupation de la montagne différente selon les région, marqué plus ou moins fortement par l’Histoire. Marcher sur la Via Alpina n’est pas seulement une randonnée au long cours, mais un réel moyen de découverte, d’immersion dans le milieu montagnard.

Toutefois, il faut savoir que sur une telle traversée, il y a des portions pas toujours très montagnarde, des parcours en fond de vallée, des kilomètres de piste carrossable, très peu de sommets gravis. Mais libre aux via-alpinistes de faire des entorses au tracé officiel, comme nous n’avons pas hésité à le faire.

Personnellement, nous avions ajouté à ce voyage, une composante un peu sportive, avec cet objectif de 90j. Mais honnêtement, cette composante physique est un peu obligatoire pour qui veut parcourir l’itinéraire complet en un été. En effet, le tracé est praticable de la mi-juin (voire fin juin dans le Triglav) à … la première grosse chute de neige, donc rarement après la mi-octobre, soit 4 mois plein au mieux.

Pour nous, cette traversée a été 100% positive, et nous sommes arrivés à Menton, sans aucune lassitude, nous sentant capables de poursuivre l’aventure encore de longues semaines (dans l’absolu !). Pas de blessure, pas une seule ampoule, pas de fatigue.

Nous attribuons ce bon déroulement essentiellement à deux éléments :

–      le premier, et surement le plus important, a été la météo en cet été 2013. Au final, en 90j, nous ne sommes jamais partis un seul matin sous la pluie. Nous n’avons eu que deux vraies journées de pluie. Nous avons su également géré notre avance par rapport aux prévisions météo, et nous le répétons jamais assez, en été, parti au lever du jour permet de bonnes journées de marche et d’éviter les orages estivaux. Et faites comme nous, pliez la tente humide, et faites la sécher à la pause de 10h !

–      Le deuxième concerne le choix de notre déplacement avec un sac à dos léger (11kg au max), permettant d’enchainer de bonnes journées tout en nous préservant physiquement. Vous trouverez , un article expliquant un peu plus l’utilité de voyager léger.

–      Alors, pour ceux qui cherchent un peu d’aventure sans aller au bout du monde, pensez à la Via Alpina !

Le matériel utilisé durant 90 jours de randonnée sur la Via Alpina

Le choix de notre matériel a été basé en premier lieu sur le rapport poids/efficacité/solidité. Nous avions déjà un équipement testé depuis de nombreuses années sur différentes randonnées, et qui commençait à vieillir. Cette traversée a été l’occasion, l’opportunité de donner un coup de jeune à notre équipement, et de profiter pleinement des avancées technologiques des dernières années, portées par le développement du trail. Nous nous sommes également inspirés des conseils et astuces trouvés sur le site des MUL. Et encore plus de précisions sur Notre Via Alpina.

Le matériel porté par Christophe (8.5kg, hors eau et nourriture)

SAC À DOS ULTRALIGHT 50L DÉCATHLON Qualité/prix imbattable 100% satisfait, aucune couture n’a lâché On prendrait le même !
DUVET LAFUMA WARM LIGHT 800 LAFUMA Rapport poids/prix/ performance Satisfait, mais serait devenu limite en cas de gelée Je prendrais le même duvet Pyrenex que Laetitia
MATELAS SYNMAT UL 7.5 EXPED Confort/poids. Nous avons opté pour l’option pompe à main. Confort et, isolation du sol sont impressionnant. Mais grande fragilité, à n’utiliser que dans la tente ! Voir si des modèles plus résistant existent, mais sinon c’est le gros plus pour passer de bonnes nuit de récupération.
TENTE HUBBA HUBBA HP MSR Très bon rapport poids/ habitabilité/ fiabilité 100% satisfait : aucune condensation dans la tente intérieure et imperméabilité sans faille du double-toit. La présence de 2 entrées et 2 absides est un plus indéniable L’investissement de ce voyage. Le choix s’est fait après prise de conseil auprès de nombreux utilisateurs. Des modèles plus légers existent mais pour une résistance moindre.
RÉCHAUD SUPERFLY PIEZO MSR Rapport poids/prix RAS sur le réchaud, mais faire attention au ravitaillement en gaz (cartouche à valve) pas forcément évident à trouver. Problème. Piezo capricieux, sensible à l’humidité. Peut-être partir sur un autre choix : réchaud avec cartouche à percer (on en trouve de partout !) ou alors réchaud à essence, alcool.
POPOTTE ETAPOWER 1,7L PRIMUS Poids/efficacité de chauffage Le dessous de la popotte est composée d’ailettes diminuant le temps de chauffe de 30%, et c’est vrai ! Donc économie de 30% de gaz ! Par contre le fond de la popotte n’est pas adaptée au trépied du réchaud -> instabilité. Le problème d’adaptabilité du fond au réchaud a été résolu (au retour …) par le perçage de 3 petits trous en phase avec le trépied. Donc on reprend la même. 1,7l est suffisant pour 2.
VESTE HELIUM DÉCATHLON Poids/prix Voir Christophe Voir Christophe
TEE SHIRT MC TECHNIQUE DÉCATHLON Prix 2 tee shirt techniques trail manches courtes. Porté alternativement, aucun souci d’usure , de couture. 1 tee shirt échangé le dernier mois contre un ML (voir ci-après) Rien à redire, du bon matériel.
TEE SHIRT ML TECHNIQUE HELLY HANSEN Efficacité Un sous-vêtement (très) chaud. Un rescapé de notre vieil équipement d’il y a 10 ans … Au final, porté uniquement en bivouac. Fait parti du fond de sac, au cas où. D’autres marques doivent faire aussi bien.
TEE SHIRT ML TECHNIQUE DÉCATHLON Prix/poids Echangé contre 1 MC en fin de parcours. Utilisé uniquement le matin, pour la mise en route. Simple, costaud, pas cher. On dit bis repetita.
BAS ¾ TECHNIQUE DÉCATHLON Prix Idem que pour les tee-shirt, sauf que porté pendant 90j non-stop !Usure normale, vu l’utilisation Idem tee-shirt
SURPANTALON DIOZAS RAID DÉCATHLON Prix/poids Mis une seule fois. Résistance à voir. Fait partie du fond de sac.
CHAUSSETTES DIOZAS RAID DÉCATHLON Habitude puis celles trouvées en cours de route Je porte des Diosaz en trail depuis toujours, toujours satisfait. Un peu chaude toutefois avec notre météo. Les Salomon trouvées en route étaient plus légères et séchaient plus vite. Le seul équipement que nous avons eu à renouveler (avec les chaussures). Choisir un modèle séchant rapidement.
CHAUSSURES TRABBUCO GTX ASICS Habitude Chaussures de trail que j’utilise en trail (courses) depuis plusieurs années. La membrane Gore-Tex est illusoire. Je ne repartirai pas avec ces chaussures : de véritables chaussons, mais s’usent vite et stabilité limite avec notre sac à dos. HS après 1000km et remplacées par les Lafuma.
CHAUSSURES SKY RACE LAFUMA Habitude Chaussures de trail également, utilisée plus à l’entraînement sur des parcours montagnards. Plus adaptées que les Asics pour la Via Alpina. Le bon choix, stabilité, protection et résistance. Une chaussure montagnarde tige basse. A voir maintenant les chaussures trail des marques montagnes : Meindl, Millet, La Sportiva …
GANTS, BONNETS, CASQUETTES, BUFF, SERVIETTE, … 0 Habitude Le petit matériel fond de sac. On change rien.
PLUIE SWING LITEFLEX EUROSCHIRM Poids / efficacité Pas de cape de pluie. Mais un parapluie incassable. Pour : bonne protection, ventilation (pas de transpiration).Contre : diamètre limite, efficacité amoindrie en cas de fort vent+pluie. Cape ou parapluie ?Parapluie + capote à sac pour nous. Peut-être à revoir. Mais comme il a fait beau en 2013, ce choix nous a satisfait.
NUMÉRIQUE CINK PEAKS WIKO Prix Un smartphone Android permettant de visualiser notre carto numérique (fichier jpg), de faire office de GPS, de prendre quelques photos/vidéo, de mettre à jour le blog, et de téléphoner. Avec 2 batteries, en mode avion, 12j d’autonomie pour visualiser les cartes. Amplement suffisant. Tout smartphone avec un écran 5’ mini fait l’affaire.
BÂTONS ONE WAY Habitude Des bâtons de Nordic Walking, nos compagnons les plus utiles de ce parcours. Légèreté, solidité, efficacité, pour peu que l’on soit initié à la technique du NW. Peu importe la marque, mais ces bâtons nous ont surement permis de supporter certaines longues portions de pistes, de montées ou de descente. Bref la polyvalence totale.

Le matériel porté par Laetitia (7.5kg, hors eau et nourriture)

SAC À DOS ULTRALIGHT 50L DÉCATHLON Qualité/prix imbattable 100% satisfait, aucune couture n’a laché On change rien
DUVET ALPINE 900 PYRENEX Rapport poids/performance 100% satisfait. Confort, solidité, et français, tout y est. On change rien
MATELAS SYNMAT UL 7.5 EXPED
VESTE HELIUM DÉCATHLON Poids/prix Membrane novadry efficace. Légèreté. Un peu fragile peut-être. Pour moins de 100€ on trouve pas grand chose … et cette veste a parfaitement rempli son rôle. On garde la même.
VESTE QUECHUA INUIT STRETCH HOODY M DÉCATHLON Prix imbattable Une veste en duvet synthétique, compressible, et suffisament chaude pour les bivouacs estivaux A servi encore pendant 8 mois après la Via Alpina, et tjrs OK. On reprend la même.
TEE SHIRT MC TRAIL RUNNER SALOMON Prix / habitude Tee shirt technique de trail, séchant ultra-rapidement, un plus ! Rien à redire, du bon matériel.
TEE SHIRT ML CARLINE MILLET Efficacité / habitude Un sous-vêtement chaud. Très bien pour le bivouac et les matinées fraîches. Rien à redire, du bon matériel.
TEE SHIRT ML ESCAPE 1/2 ZIP M / UNDER ARMOUR Efficacité / habitude Tee shirtl ML léger. Costaud. Rien à redire, du bon matériel.
BAS LONG QUECHUA PANTALON RT 40 DÉCATHLON Poids/prix
BAS COURT CUISSARD RT M DÉCATHLON Prix
SURPANTALON DIOZAS RAID DÉCATHLON Prix/poids
CHAUSSETTES SALOMON Habitude puis celles trouvées en cours de route Je porte des Diosaz en trail depuis toujours, toujours satisfait. Un peu chaude toutefois avec notre météo. Les Salomon trouvées en route étaient plus légères et séchaient plus vite. Le seul équipement que nous avons eu à renouveler (avec les chaussures). Choisir un modèle séchant rapidement.
CHAUSSURES XA PRO 3D MID GTX SALOMON Habitude Chaussures trail tige Mid. 2 paires utilisées. Confort. Membrane Gore-Tex illusoire. Le bon choix, stabilité, protection et résistance. Choisir un modèle éprouvé et adapté à son pied.
GANTS, BONNETS, CASQUETTES, SERVIETTE, … Le petit matériel fond de sac. On change rien.
PLUIE SWING LITEFLEX EUROSCHIRM Poids / efficacité
BÂTONS ONE WAY Habitude Des bâtons de Nordic Walking, nos compagnons les plus utiles de ce parcours. Légèreté, solidité, efficacité, pour peu que l’on soit initié à la technique du NW. Peu importe la marque, mais ces bâtons nous ont surement permis de supporter certaines longues portions de pistes, de montées ou de descente. Bref la polyvalence totale.
CHAUSSETTES RUNNING NEW BALANCE TRAIL SALOMON NEW BALANCE Habitude puis celles trouvées en cours de route Séchage (et usure) rapide ! Le seul équipement que nous avons eu à renouveler (avec les chaussures). Choisir un modèle séchant rapidement.
TOUR DE COU BUFF Le petit matériel fond de sac. On change rien.
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