Grandes randonnées sur le circuit du O au Parc National Torres Del Paine en Patagonie Chilienne

par Expérience Outdoor

Valentine LOUSTAU nous partage son expérience de trekking au Torres Del Paine

Informations pour préparer un trekking au Torres Del Paine : le « O symétrique » en Patagonie chilienne

  • Date

13 Octobre 2011 – 19 Octobre 2011

  • Lieu

Chili, Patagonie, Parc National Torres Del Paine.
Depuis Montpellier : TGV Montpellier Paris, Vol Paris-Buenos Aires, vol Buenos Aires – El Calafate, bus El Calafate – Parc National Torres Del Paine

  • Participants au trekking au Torres Del Paine

Titine : Apprécie les grands itinéraires de randonnée itinérante où elle se distingue par son endurance et sa capacité à limiter le poids de son sac à dos. Très bon paratonnerre à moustiques, elle maîtrise depuis peu la traversée des torrents sans y chuter…
Tifou : Passionné de sport outdoor, se rend chaque week-end dans son « jardin » de Fontainebleau pour s’entraîner en bloc ou pousser la machine en préparation trail. Profite de l’été pour réaliser de belles courses mixtes ou rocheuses dans les Ecrins, et vient de découvrir le kayak de mer (sur gonflable !) en Bretagne nord. Ambitionne de se lancer dans le parapente à très court terme… Chronophage tout ça, vous avez dit ?

  • Où dormir sur le trekking au Torres Del Paine

Notre choix et recommandation : A El Calafate, chambre d’hôte Las Cabanitas, tenue par Gerardo.
Bon rapport qualité-prix, relativement bon marché, propre, et proche du centre. Gerardo est un amoureux des grands espaces (Hielo Continental Sur) et de la cuisine italienne. Sinon, la palette de logement est très large, de la chambre d’hôte sordide à l’hôtel de luxe… mais il vaut mieux éviter de venir en pleine saison (décembre-février) si on veut pouvoir avoir le choix.
Mais aussi le Parc National Los Glacieres, Auberge de Jeunesse Condor de Los Andes à El Chalten.

  • Où se réapprovisionner en Patagonie

Supermarché à El Calafate (à la sortie de la ville au nord, 20min de marche dans une zone délabrée), ou sur l’artère principale en centre ville.

  • Où se restaurer

Le restaurant La Tablita propose les fameuses grillades de bœufs et d’agneau patagonien (asado) pour un prix abordable (un conseil : ne pas faire l’économie d’une bonne bouteille de Malbec pour accompagner le plat, vous ne le regretterez pas !).

  • Quoi d’autre dans les environs

Parc National Los Glacieres : randonnée au pied du Fitz Roy et des sommets satellites (Cerro Torre, aiguille Saint Exupéry…).
Raid autour du Cerro Torre avec passage sur le Hielo Continental Sur : engagé, nécessite du matériel (location possible à Viento Oeste, au nord de El Chalten) et de l’expérience (orientation, encordement, capacité à enchaîner les km si la météo se détériore, car il n’y a aucun échappatoire possible au milieu du Hielo…). Les agences locales proposent le circuit avec guide mais le prix est prohibitif (1500 USD à 2000 USD par personne selon la taille du groupe)
Glacier Perito Moreno et son célèbre barrage de glace
Réserve des flamants roses à El Calafate (Laguna Nimez)

  • Bibliographie pour préparer le trekking au Torres Del Paine

Lonely Planet sur Argentine
Carte au 1/50000 & 1/100000 « Torres del Paine », Edition Viachile
Trek en Argentine Guide de voyage Lonely Planet ArgentinePatagonia : History, Myths and Legends, Roberto Hosne, Editions Kel
Terre des Hommes, Antoine de Saint Exupéry, Editions Folio, cf. chapitre « Punta Arenas »
Magellan, Stefan Zweig, pour une description de la découverte du canal éponyme, et des rudes conditions rencontrés par les explorateurs en Patagonie.

6 jours de Trekking au Torres Del Paine

Patagonie:
Ce mot teinté d’un parfum d’aventure et de grands espaces avait depuis longtemps suscité notre fascination.
En descendant du bus en provenance d’El Calafate, nous savons que la réalisation de notre rêve patagonien ne tient désormais plus qu’à nous. Sept jours d’autonomie complète dans la nature brute de ce bout du monde. Une étape dans la connaissance de nous-mêmes et de nos propres limites ?

J1 : Premiers pas dans la sauvagerie patagone

Chargés des victuailles pour une semaine, nos sacs paraissent bien lourds en ce début de périple. Heureusement, c’est le soleil qui nous accueille à la porte du Parc (Laguna Amarga), et une piste évidente nous mène en 7km au pied des premières difficultés pour rejoindre le Campamento de los Torres. A ce moment, la réputation de rigueur du climat patagon nous ferait presque sourire, tant il nous paraît clément !

trek au Torres Del Paine

Beau départ, le soleil est au rendez-vous à proximité de l’Hosteria Las Torres

Et pourtant, la réalité nous rattrape bien vite : alors que nous progressons sur le flanc d’un raide coteau, le vent se lève et se renforce soudainement. Bientôt, nous ne pouvons plus tenir debout ; nous sommes obligés de nous plaquer au sol pour ne pas basculer dans la pente… Recroquevillés, à plat ventre sur le sentier, nous attendons une accalmie ; des graviers, du sable fouettent nos visages. Plusieurs minutes passent. Tentatives de progression à quatre pattes, entrecoupées de pauses sur le ventre. Enfin nous débouchons dans une zone moins ventée, et nous nous empressons de fuir vers un secteur moins exposé.

trek au Torres Del Paine

Là-haut, Eole ne fait pas dans la demi-mesure…

Le vent de Patagonie, ce vent redouté, ce vent évoqué dans tant de récits d’explorateurs et de navigateurs, nous venions d’en faire la connaissance. Il nous accompagnera désormais partout.
[…]
Ce soir, au bivouac, je retire des gravillons de mes oreilles… Titine, qui a serré les dents en grimaçant, a des grains de sable entre les incisives… Bienvenue en Patagonie !

trek au Torres Del Paine

Bivouac de los Torres : Titine se remet des émotions de la journée

J2 : Aléa climatiques

Afin de pouvoir profiter des lumières du matin, nous décidons de monter au belvédère des Torres de bonne heure, en effectuant un aller-retour depuis le bivouac. Bien que la montée soit courte (35 minutes), elle sollicite bien nos muscles endoloris ; mais nous savons que la vue qui nous attend là haut est splendide et nous avons hâte d’y être.

trek au Torres Del Paine

Les Tours du Paine : un beau défi pour grimpeurs

Le ciel est limpide, et nous nous réjouissons de notre chance car cela est rare ici ! Il ne doit pas faire plus de 5 degrés et le lac est encore gelé en ce début de printemps.

La découverte des Torres est l’occasion de nous remémorer les exploits des alpinistes qui eurent l’audace d’ouvrir dans ces parois ; j’essaie d’identifier l’endroit où Bonington, glissant sur une plaque de neige à la descente, échappa de justesse à la mort en se stoppant in extremis à quelques mètres d’une barre.

De retour au bivouac, nous prenons la direction du camp des Italiens, niché au cœur du massif, à l’entrée de la vallée des Français. Le sentier bien marqué longe la berge du lac Nordenskjold, et ça déroule bien car il y a peu de dénivelé.

trek au Torres Del Paine

Le lac Nordenskjold que l’on longe sur plusieurs km

La météo se révèle très changeante, avec des zones ventées au soleil aussi bien que des zones où le ciel se charge sans un souffle… cette grande variabilité journalière de la météo s’est d’ailleurs confirmée sur l’ensemble de notre périple, et nous obligera à de fréquents changements vestimentaires (système 3 couches indispensable).

trek au Torres Del Paine

Le soleil cède momentanément la place aux nuages d’altitude

J3 : Vallée des Français et longue marche vers le Glacier Grey

Comme la veille, nous décidons d’effectuer un aller-retour au bout de la vallée des Français en abandonnant le bivouac au camp des Italiens. 600 mètres de dénivelé nous attendent, et à mesure que nous nous enfonçons dans la vallée, le ciel se charge. Bientôt la température subit un net refroidissement et nous assistons à notre première chute de neige patagone !
L’austérité du lieu est sensible. La neige tombe doucement. Tout semble s’apaiser, et le calme n’est troublé que par les chutes des séracs auxquels nous assistons.

trek au Torres Del Paine

Chute de séracs dans la vallée des Français

Comme la vue semble bien bouchée plus haut, et nous décidons de battre en retraite. Direction le glacier Grey, via les rives du lac éponyme. Nous contournons alors les Cuernos, ces tours de granite coiffées d’un chapeau de grès !

trek au Torres Del Paine

Les Cuernos, presqu’un symbole du Parc de Las Torres !

Plus loin, nous passons le socle du Paine Grande (3050m), dont nous apprendrons que seulement la 3ème ascension a été réalisée par des alpinistes chiliens quelques jours auparavant. Et pour cause : les conditions climatiques sur le champignon de glace sommital sont dantesques (vent, bouchons de neige, précipitations fréquentes…) presque 365 jours par an !

trek au Torres Del Paine

Le Paine Grande veille sur notre progression…

C’est avec une vive émotion que nous découvrons alors nos premiers icebergs détachés du front du glacier Grey. Poussés par le vent de nord qui s’engouffre dans la vallée, ils dérivent sur ce lac gris-vert (couleur due aux nombreux sédiments charriés par le glacier).

trek au Torres Del Paine

A droite, Icebergs : on est bien sous les 40èmes rugissants…

trek au Torres Del Paine

A gauche, Titine : on est bien proche des 50èmes hurlants

Certaines zones mieux protégées sont peuplées par les petits cousins de Woody Wood Pecker : les pics de Magellan endémiques de la région ! Ils sont terriblement marrants à taper dans les troncs comme des dingues ! On les entend de bien loin et ils sont peu farouches avec les visiteurs. On comprend désormais mieux la caricature des Cartoons !

trek au Torres Del Paine

Pic de Magellan mâle : un personnage de Cartoons !

L’arrivée au Campamento de Los Guardas est une délivrance, car nous venons d’enchainer une étape de 27 km. La récompense est cependant à la hauteur des efforts consentis car le front du glacier Grey nous offre un spectacle extraordinaire.

trek au Torres Del Paine

Front du glacier Grey, 3km de large : démesure de la nature

Nous entreprenons de faire un feu pour nous réchauffer, mais notre tentative est vite abandonnée car les rafales menacent de propager les flammes. Ce soir, la chaleur de nos duvets nous apporte un réconfort appréciable !

J4 : Coup d’arrêt et route au sud

Aujourd’hui nous prévoyons de passer le col Gartner qui nous fera basculer sur la partie nord du trek, une zone très isolée. Nous savons que l’accès en est protégé par des passages exposés, et nous quittons vaillamment le camp à l’assaut de ces obstacles.
Après une heure de marche, nous butons sur un raide couloir, terreux et raviné. Ce couloir plonge vers le glacier, 200 mètres plus bas. Une chute à cet endroit est interdite. Je tente quelques pas sur la sente effondrée, le vent souffle par rafales et me déséquilibre. Conciliabule : « Titine, on se botte les fesses ? »
– Souviens-toi, les locaux nous ont dit que le col est encore enneigé là-haut. Peut-être un mètre d’épaisseur résiduelle…
– Vrai, c’est le printemps austral, on a choisi précisément de venir tôt en saison pour être peinard…
– On n’a pas de corde pour s’assurer, et pas de crampons
– …
– On n’a pas droit à l’erreur ici. Tu le sais bien.
– Ok, on déclare officiellement le but. Faudra qu’on change d’itinéraire

trek au Torres Del Paine

En direction du Paso Gartner : pour nous ça ne passe plus sans corde…

Demi-tour. Grosse remise en cause. Nous décidons de boucler notre circuit par le Sud. Un circuit non référencé, mais l’aventure continue.
Nous découvrons un bivouac très confortable au bord d’une rivière, la zone étant très protégée du vent. Nous apprendrons plus tard qu’il s’agit du « camp de base » utilisé par les alpinistes pour rejoindre le sommet du Paine Grande : la végétation est tellement dense sur le socle que la voie d’accès passe dans le lit de la rivière !…

trek au Torres Del Paine

Un bivouac 100% abrité du vent !

C’est pour nous l’occasion d’une douche (très) froide, et d’une petite lessive salvatrice !

trek au Torres Del Paine

Lessive au savon de Marseille (biodégradable)

J5 : Des steppes et des lacs

Cap au sud. Nous nous accordons une pause sur la rive du lac Péhoé et en profitons pour admirer notre terrain de jeu des derniers jours et les Paines que nous laissons derrière nous.

trek au Torres Del Paine

Emerveillement au bord du lac Péhoé : les Paines nous offrent leur plus belle configuration

Nous nous éloignons alors des montagnes et la configuration des paysages change radicalement. Nous découvrons l’immensité de la steppe patagone ; la monotonie de la progression est propice à la méditation : on se met dans un rythme et on peut laisser son esprit divaguer librement au gré de la marche (lire Sylvain Tesson et bien d’autres à ce sujet…)

trek au Torres Del Paine

Immensité de la steppe

Des lacs émaillent le paysage. Nous éprouvons un vrai sentiment de liberté dans ces espaces où l’on peut parcourir des km sans rencontrer personne.

trek au Torres Del Paine

Into the Wild

Enfin, nous profitons de l’arrivée au camp pour monter une barrière anti-vent. La zone est jonchée d’arbres morts que nous assemblons en une structure solide.

trek au Torres Del Paine

Au Campamento de Las Carretas, se protéger du vent, toujours…

J6 : Orientation et tempête nocturne

Nous n’avons pas identifié précisément notre destination du jour : à l’usage, la carte s’est révélée peu précise et notre étape d’hier nous l’a encore confirmé. Nous ajusterons donc notre trajectoire au feeling.
Des collines succèdent aux collines et chaque vallon possède son lac, ce qui rend l’orientation délicate.

trek au Torres Del Paine

Lagunes et collines : la Sierra Del Toro reste très sauvage

En milieu de journée, le temps se dégrade, et nous cherchons vainement une zone abritée du vent. Une averse nous laisse du répit, et nous découvrons une petite falaise au pied de laquelle nous échappons au vent de nord. Les alentours sont jonchés de cranes de guanacos (lamas), ce qui indique la présence de pumas, et cela ne nous rassure guère lorsque nous allons chercher de l’eau au bord du lac Sarmiento tout proche.

trek au Torres Del Paine

Lac Sarminento : ambiance fin du monde…

Autre souci : nous savons que le lac Sarmiento a un pH basique, mais nous ne savons pas ce que nous risquons à en boire l’eau. Je me dévoue comme gouteur, et comme je ne sens pas mon estomac se dissoudre (!), nous en concluons que les lyophilisés pourront être mangés sereinement !

trek au Torres Del Paine

Notre camp, provisoirement à l’abri du vent de nord

Pourtant cette nuit restera pour nous deux la plus longue de notre existence. Le vent se renforce et tourne pendant la nuit. Lorsqu’il s’engouffre entre 2 collines toutes proches, nous avons l’impression d’entendre un poids lourd lancé à pleine vitesse nous croiser. Toute la nuit le vent cogne en rafales contre la toile de tente. Nous nous disons que nous ne pesons rien contre les éléments. Nous nous recroquevillons dans nos sacs de couchage en espérant que la situation n’empire pas. Et nous ne fermons pas l’œil de la nuit, essayant de ne pas céder à une panique inutile.

J7 : Faune et chute de neige

Au petit matin, nous n’avons pas l’air fier mais le vent est retombé. Nos sentiments sont mitigés : nous somme heureux de boucler notre périple, mais nous éprouvons aussi de la nostalgie à revenir à la « civilisation ».
D’ailleurs, cette dernière journée va nous réserver son lot de surprises : nous croisons le chemin d’un putois, d’un renard, et de nombreux guanacos surveillés par des condors…

trek au Torres Del Paine

Guanacos

Plus loin, nous avons droit à une ultime chute de neige et le froid mordant nous donne une bonne raison de presser le pas.

trek au Torres Del Paine

La limite pluie-neige était bien basse cette nuit et encore ce matin !

trek au Torres Del Paine

Après l’épisode de neige, le soleil revient à proximité de la Laguna Amarga

Après 20km, nous touchons au but : nous nous embrassons avec joie pour fêter la fin de cette aventure que nous avons menée avec succès. Nous avons encore progressé dans nos automatismes et dans notre capacité à gérer un trek. Nous nous projetons déjà dans d’autres projets islandais de plus grande envergure… affaire à suivre !

trek au Torres Del Paine

Notre parcours d’une semaine dans le Parc National Torres Del Paine

Conclusion de notre trekking au Torres Del Paine

Un trek adapté d’un grand circuit classique de Patagonie (le fameux « W »), et qui révèle une grande variété de configuration dans des paysages somptueux. C’est un défi physique qui nécessite une grande rigueur dans la progression (orientation, longueur des étapes, gestion de la nourriture) si on opte pour une réalisation en autonomie totale. Mais en contrepartie, on éprouve une réelle satisfaction à ne compter que sur ses propres moyens avec un esprit d’aventure bien présent en condition printanière. L’aléa météorologique ajoute de l’engagement et nécessite un équipement adapté. Noter que le Chili reste le pays le plus cher d’Amérique du Sud, donc opter pour le sac et la tente est une bonne solution pour limiter les dépenses.

Contrairement à beaucoup de trekkers, nous n’avons absolument pas subi la sur-fréquentation du Parc telle qu’elle existe en été (novembre – février) : à part nous, 1 autre tente au 1er bivouac, 3 autres tentes au deuxième bivouac, et jamais personne ensuite…. En contrepartie, nous avons eu des températures bien fraîches (jamais supérieures à 14°C), mais rien d’extrême si le vent ne se met pas de la partie (sinon, effet Windchill garanti…).

Autre singularité de notre voyage : pas de passage par Puerto Natales, mais une arrivée directe depuis El Calafate via le bus d’excursion de la compagnie « Always Glaciers »  (350 pesos aller-retour, box déjeuner inclus, ):

  • Normalement, cette compagnie propose un circuit en bus autour du Parc Torres Del Paine sur une journée (5 heures aller) ; or nous avons négocié de nous faire déposer à l’entrée du Parc et de nous faire reprendre 7 jours plus tard au même endroit (vers 13h). Attention : en tout début de saison, pas de passage quotidien, il faut donc respecter le jour de reprise (et être ponctuel), sous peine de devoir se débrouiller tout seul au milieu de nulle part…
  • Noter aussi que cette option se traduit par le passage d’un poste frontière très isolé, avec une fouille des sacs en bonne et due forme. Or il est spécifié que le passage de nourriture (fraiche) d’Argentine au Chili est strictement interdit. Nous avons tenté le coup avec nos sacs plein de nourriture (lyophilisés, fruits secs, biscuits…), et nous avons bien angoissé lorsque nous avons du présenter tout le contenu de nos sacs. Le douanier a semblé un peu dubitatif quant à l’attitude à adopter. On a bien serré les fesses. Ouf, c’est passé !… Je ne recommande pas forcément ce coup de poker (des amis ont eu moins de chance l’année précédente), mais nous nous sommes dit que c’était un bon présage pour la suite des aventures !

Matériel utilisé pour ce trekking au Torres Del Paine

Vêtements/Chaussures pour le trekking au Torres Del Paine

CATÉGORIE NOM DU MODÈLE  MARQUE  POURQUOI AVOIR FAIT LE CHOIX DE CE MODÈLE DE DÉPART ? EST-CE QUE CE CHOIX A RÉPONDU À CETTE EXPÉRIENCE RACONTÉE DANS CE ROADBOOK ? ET SI C’ÉTAIT À REFAIRE ?
 VESTE DE PLUIE  QUECHUA  Veste de pluie Quechua Destiné à protéger de la pluie et du vent, pas du froid, et sans frottements sur le rocher. Poids réduit. Rapport qualité/prix intéressant  Parfaitement adaptée. RAS  Les caractéristiques techniques indiquent une limite en atmosphère très humide (RET = 5000). Des membranes plus fines seraient plus adaptées, mais elles sont aussi plus fragiles
 VESTE CHAUDE  Veste chaude Type veste de ski (achetée il y a plus de 15 ans…)  DÉCATHLON  Décathlon Testée sur une traversée du Vercors solo en hivernal, elle avait donné satisfaction. Pas légère du tout, mais en tissu synthétique et robuste, je ne crains pas d’y faire des accrocs  Moyennement adaptée. La capacité à retenir la chaleur est moyenne. Le poids est assez important (800g), et c’est surtout très volumineux. A refaire, j’investirais dans une doudoune en synthétique nouvelle génération pour gagner du volume dans le sac (économie d’une veste ET d’une polaire), permettant de prendre plus de nourriture
 POLAIRE  Polaire Modèle épaisseur 200  En complément de la veste de ski pour le repas du bivouac, et pour me constituer un oreiller confortable  Adapté  Gain de poids et de place potentiel en remplaçant le couple [veste de ski + polaire] par une doudoune nouvelle génération type Microlight Alpine Jacket de RAB
 PANTALON  VERTICAL  Pantalon en membrane MP+, doublure intérieur, grande ouverture le long des jambes, bretelles pour un bon maintien  Adapté. En condition chaude, l’ouverture des jambes permet d’aérer. En condition froide, la capacité coupe-vent et la déperlance jouent parfaitement leur rôle  Je reprendrais le même !
 T-SHIRT MANCHES LONGUES, 1ÈRE COUCHE  Breath Thermo  MIZUNO Très bonne évacuation de la transpiration, technologie qui « restitue » la chaleur dégagée lors de l’effort  Adapté. Constitue une excellente première couche.  Les températures rencontrées (max 14°C) n’ont pas rendu inconfortable le port de ce T-shirt. S’il avait fait plus chaud, un T- shirt technique manches courtes aurait été plus adapté.
 SLIP  Boxer en tissu synthétique  KALENJI  Ciblé pour évacuer la chaleur et sécher rapidement lorsqu’on s’est assis dans l’herbe humide ou sur la neige Adapté.  Il est très inconfortable d’utiliser un slip en coton qui garde l’humidité  N/A
 BONNET  Modèle Windstopper  MOUNTAIN HARD WEAR  Descend bien sur la nuque. La membrane windstopper est indispensable dans ces contrées très très ventées  100% adapté Seul bémol : quand on descend le bonnet sur les oreilles, la membrane Windstopper stoppe parfaitement le son, donc les voix alentours…
 GANTS  Modèle en polaire, basique  N/A  Bon apport de chaleur et liberté de mouvement  Adapté  N/A
 CHAUSSURES  Népal Top  LA SPORTIVA  Semelle Vibram pour accrocher en tout terrain, imperméable, bonne thermicité : ces qualités sont indispensables pour se confronter au climat de Patagonie  Ont rempli leur mission : maintenir mes pieds au chaud et les protéger des intempéries.  Ce modèle est lourd, et la semelle très rigide. A refaire, je prendrais plutôt le modèle Trango S de la Sportiva, plus léger
 CHAUSSETTES  Chaussettes de ski en hermolite  QUECHUA  Indispensable pour ne pas avoir froid aux pieds, y compris dans le sac de couchage par nuits froides  Adapté  N/A
 SAC À DOS  60L+10  QUECHUA  Un grand volume intérieur, de nombreuses poches, des filets sur les côtés. Le portage est bon (adaptable selon la taille de l’utilisateur  M’a parfaitement convenu : pas de mal de dos, place suffisante pour ranger l’ensemble de des affaires, bonne imperméabilité  Le poids du sac à vide est peut être un poil élevé…mais n’est-ce pas la contrepartie à des matériaux robustes ?
 BÂTONS  Forclaz ultralight  QUECHUA  Un poids réduit (230g par bâton), un encombrement réduit une fois plié, un super rapport qualité-prix  Mission accomplie. Du matériel très sollicité tant en montée qu’en descente et pas d’usure notable  Les bâtons proposés par la marque Fizan sont encore plus légers et à peine plus coûteux

Couchage pour le trekking au Torres Del Paine

 SAC DE COUCHAGE  Couloir  MARMOT  Duvet d’oie 700 CUIN, température extrême -18°C, confort -11°C, indispensable sous ces latitudes où les nuits sont fraiches (0 à 5°C)  Adapté, car nous n’avons pas eu d’épisode de forte pluie donc pas besoin de procéder au séchage (assez long) du duvet   Un sac de couchage en synthétique de même caractéristiques thermiques serait peut être plus adapté, mais on perd en compressibilité. Peut être le Defense4 de CARINTHIA pour sa robustesse ?
 MATELAS GONFLABLE  Prolite 4  THERMAREST  Nous avons privilégié l’épaisseur maximale disponible pour être bien isolés du sol, et nous gagnons du poids sur la longueur de l’article  Oui, parfaitement adapté, car nous isolons nos jambes en utilisant nos sac à dos  Le compromis isolation/ poids nous a satisfaits. Il est important de faire quelques concessions au confort si on veut limiter le poids du sac
 TENTE  Vario 23  THE NORTH FACE  Très spacieuse pour 2 (elle est prévue pour 2/ 3 personnes), elle dispose de 2 grandes absides, et d’une excellente tenue au vent (testée jusqu’à 200 km/h). La mono-paroi en fait un article léger (2kg) et qui sèche très rapidement, facile à monter sous la pluie.  A été suffisante dans la plupart des cas, mais la tenue au vent est conditionné par la capacité de fixer les sardines bien solidement, ce qui est difficile sur un socle rocheux…  Une tente 4 saisons avec une toile à pourrir aurait été bien plus sécurisante lors de la nuit épique que nous avons passé dans la tempête. Je m’orienterais sur la Ferrino Makalu 2 (pour sa légèreté, 3.2kg).

Orientation pour le trekking au Torres Del Paine

 GPS  E-Trex GPX  GARMIN  Un article qui a fait ses preuves, grande facilité d’utilisation et bonne autonomie. Un gage de sécurité en cas de brouillard. Les référentiels disponibles sont nombreux et permettent une utilisation dans le monde entier (coordonnées métriques et en degrés sexagésimales, etc…)  Adapté. Des points GPS permettent de confirmer la trajectoire (intersection non indiquée sur la carte, sente mal marquée,…)   En fonctionnement continu, l’autonomie est de l’ordre de 15h, ce qui est suffisant, mais il faut donc limiter son utilisation sur 7 jours ! En outre, il est important de prendre des piles au lithium qui se déchargent peu avec le froid. Pour plus de sécurité, le GPS dormait sur ma poitrine…
 BOUSSOLLE  Boussole Plaquette (modèle ancien hérité de mon papa, orienteur dans sa jeunesse !)  SILVA  Bonne prise en main, robuste, 3 échelles disponibles pour les réglettes  Adapté pour l’orientation globale, afin de ne pas avoir à allumer le GPS  On aurait pu s’en passer, mais une bonne boussole, ça reste un gage de sécurité important si le GPS tombe en rade

Alimentation/popotte pour le trekking au Torres Del Paine

 RÉCHAUD  JETBOIL  Réchaud JetBoil Un encombrement minimum pour un rendement maximum de chauffe. Les ailettes de la chambre de combustion protègent du vent  Oui, cet article nous accompagne partout, et c’est incontestablement l’achat le plus utile de notre panoplie. Un seul défaut : ne fonctionne qu’au gaz, ce qui limite l’utilisation en condition très froide (le propane restant alors à l’état liquide)  Acheter le nouveau modèle proposé par le fabricant, encore mieux isolé !
 POCHE À EAU  2.5 litres  CAMELBACK  Poche à eau 2,5 litres CamelBack Indispensable pour boire régulièrement sans avoir à ouvrir son sac à dos. L’embout de pipette CamelBack est très fiable (il ne fuit pas, ce qui est parfois le cas d’autres modèles…)  100% adapté  N/A
 1 BOL, 1 CUILLÈRE  Bols/cuillères en plastique de couleurs vives  N/A  Plastique pour un poids minimum, couleurs vives pour ne pas perdre l’article dans l’herbe  Oui, pas besoin de plus. Le nettoyage de ces ustensiles est assuré par la tisane que nous buvons après chaque repas:-)  N/A
COUTEAU SUISSE  VICTORINOX   Large palette de lames/outils permettant de faire face à toutes les situations : ciseaux pour ouvrir les lyophilisés, scie pour faire du bois, pince à épiler pour les échardes…  Adapté  Adapté Gain de poids si Victorinox proposait un modèle avec les outils les plus utiles : grande lame, scie, poinçon, pince à épiler, ciseaux
 LYOPHILISÉS  Grand modèle (180g) : Poulet curry, parmentier de poisson, coucous poulet, pates bolognaises, pates milanaises, purée jambon  VOYAGER  Un lyophilisé (grande taille) pour 2 et par jour. Poids et encombrement réduit.  Adapté : permet de varier les goûts (coucous, poulet curry, purée jambon,…) chaque jour, ce qui est important pour le moral. Permet un apport de protéines  Axe d’amélioration : doubler les rations journalières

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