7 jours de randonnée dans les montagnes de Laponie suédoise

par Expérience Outdoor
Hors du chemin, on ramasse des bois de rennes

Gregory CARON nous partage son expérience de 7 jours de randonnée dans le parc national du Sarek en Laponie suédoise, le long du célèbre Kungsleden (la piste des rois). Notre objectif était d’atteindre le sommet de Skierffe, une falaise de 650m surplombant la verdoyante vallée de la Rapadalen.

Le panorama est voilé au sommet de Skierffe durant la randonnée à Sarek

Le panorama est voilé au sommet de Skierffe

Informations pour préparer une randonnée de 7 jours dans le parc national du Sarek

Date :

Du 20 au 29 septembre 2018

Lieu :

Parc national du Sarek, Norbotten, Suède. Au départ de la station de montagne de Kvikkjokk.

Participants :

Bab, Sissou et Greg, trois amis qui ont déjà parcouru ensemble les étendues sauvages de Laponie finlandaise à deux reprises. Et deux nouveaux : Victor et Stéphane, des amis qui ont souhaité se joindre à notre aventure.

Où dormir dans le parc national de Sarek ?

Le trajet s’étalant sur deux jours, nous avons d’abord dormi à Kiruna (ville minière de Laponie), avant de prendre un train puis deux bus pour Kvikkjokk où se trouve une auberge pour randonneurs.

Durant le trek, nous avons dormi en tente, et dans les refuges du STF (Swedish Turistföreningen) disposés à environ un jour de marche les uns des autres, le long du Kungsleden.

Où se restaurer / se réapprovisionner ?

Notre randonnée s’est déroulée hors période d’ouverture des installations. Donc nous devions être en autonomie complète. Mais sur notre itinéraire, avant le 23 septembre, l’auberge de Kvikkjokk dispose d’une épicerie permettant d’acheter des produits de première nécessité, ainsi qu’un restaurant. Et notre troisième jour nous a amené à Aktse, où le refuge dispose également d’une épicerie de première nécessité.

Caractéristiques du parc national de Sarek :

Le parc national de Sarek est aussi le massif montagneux le plus reculé de Suède. Il est mitoyen avec les parcs de Padjelanta, et Stora Sjofället. Le Sarek comporte 19 sommets de plus de 1900m, une trentaine de glaciers, et il est parcouru par la rivière Rapadalen qui se jette dans le lac Laitaure en formant un delta de méandres verdoyants.

La frontière sud du parc est longée par le célèbre chemin du Kungsleden qui varie à cet endroit entre forêts boréales, et toundras surplombantes.

carte de la Suède et du parc national du Sarek

carte de la Suède et du parc national du Sarek

Liens internet :

  • Pour la cartographie en ligne : https://kso.etjanster.lantmateriet.se
  • Société des trains suédoise : www.sj.se
  • Société des bus suédois : https://ltnbd.se/en/plan-trip/
  • STF, l’organisme qui gère les installations à l’usage des randonneurs : https://www.svenskaturistforeningen.se

Traversée des lacs en bateau à moteur : http://www.battrafikikvikkjokk.com/kungsleden.html

Quoi d’autre dans les environs :

Les parcs de Sarek, Padjelanta et Stora Sjofället offrent des possibilités illimitées de randonnée si vous ne craignez pas d’être très reculés.

Le célèbre Kungsleden peut démarrer ou se terminer à Kvikkjokk.

La falaise de Skierffe surplombant le delta de la Rapadalen est un point de vue à couper le souffle. (Prévoyez 3 jours minimum pour vous y rendre à pieds depuis Kvikkjokk)

Notre itinéraire de 7 jours en Laponie Suédoise

itinéraire de 7 jours en Laponie Suédoise dans le parc national du Sarek

itinéraire de 7 jours en Laponie Suédoise dans le parc national du Sarek

7 jours de randonnée dans le parc national du Sarek en Laponie suédoise

Deux ans après notre dernière randonnée en Laponie finlandaise, les espaces sauvages du grand nord nous appellent à nouveau, je contacte les copains de la Tarp Team, mais tous ne sont pas disponibles aux dates que j’avance… Il faut reconnaitre que je m’y prends un peu tard, nous sommes début aout, le départ est pour fin septembre. Sissou et Bab répondent à l’appel de la forêt, nous ne sommes que trois, c’est l’occasion de faire profiter du voyage aux amis qui sont demandeurs. C’est ainsi que Stéphane et Victor rejoignent l’équipe.

Au programme Le parc du Sarek, et tout particulièrement la falaise de Skierffe. Pour s’y rendre, il faudra suivre le Kungsleden hors période de randonnée. Pour le retour, on tentera de traverser la rivière Rapadalen à gué et de rentrer hors chemin par les montagnes. Ce n’est pas gagné d’avance, la Rapa est chargée en cette période, et il nous faudra d’abord traverser le lac Laitaure à cinq, avec nos sacs, dans une petite barque à rames qui sera donc surchargée. (Les liaisons régulières en bateau à moteur ayant cessé le 22 septembre)

Deux obstacles majeurs, mais on verra bien… après tout, l’aventure c’est aussi foncer vers l’inconnu !

Jour 1 : Un premier bivouac pluvieux

Réveil de bonne heure dans notre hôtel à Kiruna, ce matin il nous a fallu trouver du gaz pour le réchaud, avant de rejoindre la gare pour prendre un train qui nous emmène à Gallivare. De là nous avons pris un bus pour Jokkmokk, puis un second pour Kvikkjokk, notre point de départ. Durant le dernier trajet, le bus a déjà dû s’arrêter pour laisser passer un élan, ça s’annonce bien !

La gare de Kiruna avant une longue journée dans les transports lors du séjour à Sarek

La gare de Kiruna avant une longue journée dans les transports

Début de notre randonnée

Il est 17h50 quand le bus nous dépose sur le parking au bout duquel démarre le Kungsleden, ce qui nous laisse un peu plus d’une heure de luminosité pour commencer à marcher, histoire de raccourcir l’étape de demain. Il fait beau, malgré les prévisions pessimistes pour la soirée, un petit 10°C.

On commence par aller jeter un œil aux puissants rapides près du village. Nous en profitons pour remplir nos gourdes. Puis on fonce sur le chemin du Kungsleden qu’on suivra les 3 premiers jours si tout se déroule comme prévu. Ici nous sommes en pleine forêt, variant entre 400 et 500m  d’altitude. On ne voit pas très loin à travers la végétation. Mais le chemin est bon, bien balisé, et équipé de planches pour traverser les zones les plus humides.

Les rapides de Kvikkjokk

Les rapides de Kvikkjokk

Alors on fonce, direction un pont qui traverse une rivière à 6km d’ici, là où on compte monter le camp pour la nuit. La tête dans le guidon, vu que de toute façon, le paysage se limite  au couloir que le chemin trace dans la forêt, et qu’en plus, la luminosité diminue déjà.

Les forêts boréales de Laponie durant note séjour randonnée à Sarek

Les forêts boréales de Laponie

Première nuit humide

Vers 19h15, il fait nuit et il se met à pleuvoir, on n’a pas encore atteint le pont, mais on croise un ruisseau, et pile quand les premières gouttes tombent, Bab voit les restes d’un ancien feu de camp à 30m du chemin. Il va voir et nous trouve un spot parfait pour le bivouac. C’est providentiel, on a le ruisseau pour cuisiner, juste assez de place à plat pour poser nos trois tentes, et l’ancien feu de camp pour éviter de laisser des traces supplémentaires. Jusqu’ici on n’avait pas encore trouvé un seul spot convenable et on commençait à s’inquiéter.

Premier feu de camp sous notre tarp en laponie suédoise durant notre séjour randonnée à Sarek

Premier feu de camp sous notre tarp en laponie suédoise

On a parcouru 5km. On monte le camp, les tentes, on tend le tarp au-dessus du foyer, on part couper du bois mort aux alentours et on allume le feu. Il pleut toute la soirée, mais on est heureux, à l’abri sous le tarp, un feu de camp pour nous réchauffer, un peu de vodka, et une équipe toute neuve et en pleine forme !

A 22h30 on rejoint les tentes, Bab avec moi, Steph avec Vic, et Sissou avec les sacs à dos. La pluie a cessé, on devrait bien dormir.

Jour 2 : On prend de l’altitude

Réveil à 7h30, il fait un peu plus de 5°C, il pleut. Bab est levé le premier, il secoue les tentes pour nous réveiller, c’est l’heure qu’on avait convenu hier. Apparemment, tout le monde a mal dormi sauf moi. J’ai juste eu un peu froid et j’ai dû mettre mon maillot en pleine nuit. On allume le réchaud à gaz pour préparer le petit déjeuner (un mélange de lait en poudre, chocolat en poudre et muesli qu’on jette dans de l’eau chaude), on débriefe de la nuit et à 8h30 on s’active pour le départ. Le temps de tout remettre dans les sacs à dos, on part à 8h50.

Premier réveil pluvieux lors de notre randonnée à Sarek

Premier réveil pluvieux

Direction le lac « Stuor Dahta »

Le soleil se lève pour saluer notre départ, cap vers la pointe Est du lac « Stuor Dahta ». Nous sommes toujours sous le couvert des arbres, la vue n’est pas très ouverte. Le chemin se confond avec les torrents causés par la pluie de cette nuit, tout est trempé, mais on avance à un bon rythme. Vers 10h30, nous arrivons au lac où la vue se dégage enfin, c’est magnifique ! Le lac éclairé par un rayon de soleil timide nous donne l’occasion de la première pause de la journée.

Petite pause au bord du lac Stuor Dahta lors de notre randonnée à Sarek

Petite pause au bord du lac Stuor Dahta

Nous repartons en suivant toujours le Kungsleden en direction du refuge de Parte qui se trouve au bord d’un second lac qu’on devrait atteindre un peu après midi. Le chemin s’élève et redescend à la manière de montagnes russes en suivant puis en traversant le cours d’eau qui relie les deux lacs. Sissou nous offre une superbe glissade. Elle finit à plat dos, nous franchissons des barrières à rennes, puis nous arrivons vers midi au refuge pour la pause déjeuner.

Le refuge de Parte, au bord du lac Sjabttjakjavrre lors de notre randonnée à Sarek

Le refuge de Parte, au bord du lac Sjabttjakjavrre

Repas du midi au refuge de Parte

Le refuge est superbement situé sur une presqu’île au bord du lac « Sjabttjakjavrre ». IL est gardé par un garde de la STF qui nous a pris pour des allemands qui avaient réservé. Il nous laisse donc nous installer à table, sortir nos  sachets de nourriture avant de se rendre compte de son erreur. Du coup, il nous annonce que pour utiliser la table qui se trouve à l’intérieur, il faut s’acquitter de 100sek (10€) par personne. On décide  donc de sortir pour manger dehors sur le perron des toilettes sèches. Ca ne sent pas très bon, mais c’est le seul endroit plat aux environs qui soit gratuit d’accès.

Nous traversons les plus gros torrents sur des ponts durant notre randonnée à Sarek

Nous traversons les plus gros torrents sur des ponts

On a parcouru la moitié du chemin de la journée, il faut se remettre en marche. Nous évoluons de nouveau dans la forêt et traversons plusieurs torrents sur de jolis ponts, tous différents. En route nous croisons plusieurs petits groupes de voyageurs (dont les allemands) qui terminent tous leur randonnée en direction de notre point de départ. Ils sont surpris de nous voir nous enfoncer dans les montagnes à l’époque où tout le monde en sort.

Le paysage se dévoile alors que l’on prend de l’altitude durant notre randonnée à Sarek

Le paysage se dévoile alors que l’on prend de l’altitude

Entre Forêts de sapins et Bouleaux

Le chemin s’élève ensuite sérieusement, les forêts de sapins deviennent des forets de bouleaux, de plus en plus petits et éparses, jusqu’à disparaitre complètement avec l’altitude. Sans arbres, la vue porte très loin, c’est superbe ! On se rend compte de l’immensité des forets que l’on vient de traverser. Nous montons jusqu’à un col à 700m que nous franchissons, c’est éprouvant ! Puis le chemin s’aplatit et stagne à cette altitude. On surplombe les lacs et les forêts, c’est époustouflant !

Alors que la marche devient pénible pour les jambes, après 20km, on aperçoit des dizaines de rennes, cela nous fait oublier la fatigue et nous rebooste pour les 3km restants.

Le fait de croiser des animaux sauvages nous rebooste lors de notre randonnée à Sarek

Le fait de croiser des animaux sauvages nous rebooste

Nous arrivons au refuge de Jagge en fin d’après-midi, il fait 3°C. Nous parvenons à joindre nos familles malgré le très faible signal téléphonique, puis la routine du refuge prend son cours : semoule, soupe, corvée d’eau, toilette sommaire, on joue aux dés, on en profite pour faire le point sur le trek. Bab s’inquiète pour sa forme physique, il a peur de ne pas tenir à ce rythme les 7 jours, alors on revoit nos projets à la baisse. Pour le reste du plan, on verra demain comment il se porte. A 21h30 on se couche tous les 5 à la chaleur du poêle à bois, et très vite, j’entends déjà les premiers ronflements.

Jour 3 : Une traversée très limite !

Le réveil prévu à 7h00 comme tous les matins a eu lieu un peu plus tôt, Victor nous a réveillés à 6h30 en coupant du bois dans le sas d’entrée du refuge parce qu’il avait froid. La nuit avait déjà été interrompue à 3h30 quand Bab s’était levé en faisant un bruit de tous les diables …

Hors du chemin, on ramasse des bois de rennes lors de notre randonnée à Sarek

Hors du chemin, on ramasse des bois de rennes

Départ à 8h15, il fait 1°C. Direction le lac Laitaure qu’il nous faudra traverser. Les randonneurs qu’on a croisés hier ont essayé de nous en décourager. Eux, ayant emprunté la dernière traversée régulière en bateau à moteur nous ont dit que le lac était très grand, trop agité et les barques mal adaptées. Ils ont même vu un groupe renoncer à la traversée en testant la barque le long de la rive. On verra bien, de toute façon, on n’a plus le choix, à cette date c’est le seul moyen d’atteindre Skierffe qui se trouve sur l’autre rive.

Branche ouest du delta de la Rapadalen lors du séjour randonnée à Sarek

Branche ouest du delta de la Rapadalen

On démarre sur les hauteurs sans arbres, le sol est couvert de baies, le paysage est superbe et la météo clémente avec un peu de soleil et le vent dans le dos. Alors que Bab et Sissou avancent, Steph, Victor et moi ramassons des baies et cherchons de bois de rennes sur les côtés hors du chemin. Ils en trouvent 3 petits alors que moi je prends des photos des environs.

Les paysages sont variés sur une seule journée lors du séjour à Sarek

Les paysages sont variés sur une seule journée

Delta de la Rapadalen

On rattrape vite Bab et Sissou qui nous attendent face à un point de vue magnifique sur la branche ouest du delta de la Rapadalen. Les deux autres tiers du chemin vers le lac nous replongent dans la forêt. Cette alternance de forêts et de hauteurs nues donne un rythme très agréable au parcours.

Il est midi lorsque nous atteignons le Lac, et la cabane minuscule qui se trouve sur notre rive. Les deux barques sont là aussi, ce qui signifie que de l’autre côté il n’y en a qu’une. C’est une chance, car il faut toujours laisser une barque sur chaque rive.

Une traversée risquée de 3km à La rame lors du séjour à Sarek

Une traversée risquée de 3km à La rame

Suite de la randonnée en barque

Les deux barques de notre côté nous évitent d’avoir à traverser trois fois le lac pour ramener une barque. Un panneau « crossing at your own risks » nous confirme que la traversée n’est pas si aisée. On décide de faire un essai à 5 sans les sacs dans la petite anse où se trouve le ponton. Il y a plein de rames cassées sur la berge, alors on en utilise deux pour assister le rameur principal. Je me place à l’avant avec les deux rames intactes, Sissou et Victor se placent au milieu, prêts à écoper au cas où, et Bab et Steph à l’arrière m’assistent avec chacun un morceau de rame. Le test nous parait concluant, on rentre manger dans la petite cabane.

L’entrée du delta de Rapadalen, Skierffe à droite pendant le séjour à Sarek

L’entrée du delta de Rapadalen, Skierffe à droite

Après manger on se lance la peur au ventre dans la traversée du lac qui finalement se déroule sans encombre en 40 minutes. Depuis le lac et sur l’autre rive, on a un point de vue superbe sur l’entrée de la vallée de Rapadalen avec Skierffe à l’est, Tjakelig à l’ouest, et les montagnes d’où l’on vient sur l’autre rive.

Il nous reste 1,5km à parcourir pour monter vers le petit village estival d’Aktse. Là-haut, quelques petites maisons en bois rouge et blanc sont disposées dans une grande prairie qui surplombe le lac, la vue y est aussi extraordinaire ! Une mère élan et son petit sont occupés à manger les feuilles des buissons à la lisière de la forêt. Je parviens même à les filmer quelques instants avant que Sissou ne les fasse fuir en s’approchant.

Une mère élan et son petit nous accueillent à Aktse lors du séjour a Sarek

Une mère élan et son petit nous accueillent à Aktse

Arrivé à la maison du gardien de STF

Vers 14h, nous atteignions la maison du gardien de STF qui est entrain de tout ranger et de faire l’inventaire du magasin destiné à ravitailler les randonneurs du Kungsleden. La saison se terminant aujourd’hui, il nous fait un prix d’ami pour la dernière chambre du refuge ouverte, et nous offre les denrées périssables de sa boutique qui ne seront plus bonnes au printemps : du pain, de la confiture, de la sauce pizza et des conserves de salade de fruits.

Un bois de jeune élan lors du séjour randonnée à Sarek

Un bois de jeune élan

La chambre est toute petite : un lit superposé, une table, et de la place au sol pour les 3 autres. On pose les sacs, on se fait des tartines de sauce pizza, et on repart, Vic, Steph et moi à la recherche d’élans et de panaches tombés dans la forêt aux alentours, tandis que Sissou et Bab s’occupent du camp, et de sécher les tentes et le tarp.

Rencontre avec des élans

Notre ballade s’éternise tout de même trois bonnes heures et pas mal de kilomètres. On a même failli se perdre dans la forêt en ne trouvant plus le village, mais on croise 3 élans isolés dans les bois, et j’ai trouvé un joli panache que je compte bien ramener à la maison. On est aussi tombés près d’un ponton au bord du lac sur deux avant-pates d’élan qu’un chasseur a dû abandonner ici après avoir découpé sa bête, ce qui nous permet de nous rendre compte à quel point cet animal est gigantesque.

Devant notre refuge à Aktse lors du séjour à Sarek

Devant notre refuge à Aktse

De retour au refuge, nous faisons notre toilette dehors, au tuyau qui prélève directement l’eau de la rivière en amont et qui coule par simple gravité. L’eau est glaciale et l’air n’est qu’à 1°C. On mange dans la cabane, on joue aux dés, on rigole tous ensemble, et à 23h tout le monde va se coucher. Demain on vise le sommet de Skierffe !

Jour 4 : tempête de neige vers le sommet

Réveil 7h00, il neige, le ciel est bouché. On se fait le petit déjeuner au chaud dans notre refuge en prenant le temps, espérant que la vue se dégage un peu afin de pouvoir profiter pleinement quand on sera en haut de Skierffe.

Skierffe dans les nuages pendant le séjour à Sarek

Skierffe dans les nuages

Départ à 9h10

On laisse les sacs au refuge et on n’emporte que le nécessaire pour la journée. La montée commence dans la forêt, puis à l’altitude où les arbres disparaissent, on quitte le Kungsleden pour suivre le chemin qui nous mènera en haut de Skierffe qui nous parait si proche.

On quitte le Kungsleden lors du séjour à Sarek

On quitte le Kungsleden

Il neige de plus en plus fort à mesure que l’on monte, et le sol se retrouve vite couvert de plusieurs centimètres de poudreuse, si bien que l’on perd vite le chemin et qu’on se retrouve forcés à faire notre propre trace. La température est négative vue la glace qui se forme dans nos gourdes.

L’ascension se fait dans la neige durant notre séjour à Sarek

L’ascension se fait dans la neige

En direction du sommet de Skierffe

Au pied de l’ascension finale, on est dans le blizzard, la neige tombe à l’horizontale et le vent nous souffle de face. Nous sommes transis de froid malgré notre matériel à toute épreuve. Pour Victor c’est pire, il ne porte qu’une veste déperlante et le vent lui passe à travers.

Les cours d’eau qu’on croise sont gelés lors de notre séjour à Sarek

Les cours d’eau qu’on croise sont gelés

Les copains suggèrent d’abandonner, le ciel est bouché, on ne verra rien de là-haut, et on se gèle pour pas grand-chose. Je leur fais comprendre qu’on ne peut pas abandonner si près du but, et du coup, ils me suivent. A peine remis en marche, une trouée lumineuse nous laisse voir la Rapadalen contrebas sur notre gauche, comme pour appuyer le fait qu’il faille monter. 35 minutes plus tard, nous atteignons le sommet.

Le panorama est voilé au sommet de Skierffe durant la randonnée à Sarek

Le panorama est voilé au sommet de Skierffe

La vue est époustouflante, même si elle est voilée par la neige qui tombe toujours en abondance. Une falaise de 650m de haut surplombant les méandres du delta de la Rapadalen. On fait des photos, on savoure la vue une petite demi-heure, mais le vent glacial nous coupe en deux, alors on redescend de quelques mètres pour se mettre à l’abri derrière un rocher.

Un froid glacial

On se fait un café au réchaud, on mange notre repas du midi constitué de graines et de barres chocolatées. On est figés par le froid, il fait environ -10°C avec un vent fort qui accentue le ressenti. Alors on saute sur place en balançant les bras pour se réchauffer. Alors que l’eau est presque chaude pour le café, une rafale fait tomber le réchaud, il faut tout recommencer…

La pause à l’abri du vent durant notre séjour à Sarek

La pause à l’abri du vent

Une fois le café englouti, on amorce le retour. La descente est terrible pour le moral de Sissou qui ne sent plus ses doigts et qui fait une lourde chute sur un rocher. Pas de bobos, mais Bab souffre du genou à cause de la descente sur des rochers glissants et escarpés.

Le ciel se débouche alors qu’on redescend pendant le séjour à Sarek

Le ciel se débouche alors qu’on redescend

On descend assez vite malgré tout, et le beau temps revient 1h après que l’on ait quitté le sommet. Dommage !mais d’ici le panorama n’est pas mal non plus. En passant à côté d’un énorme rocher bien connu de ceux qui ont déjà monté Skierffe, on fait une pause pour s’amuser à l’escalader, à explorer ses crevasses et galeries traversantes. Puis un peu plus bas on allume les téléphones pour voir s’il y a du réseau et appeler nos proches qu’on n’a pas pu joindre hier.

Village d’Aktse

Vers 16h, on arrive au village d’Aktse, qui est désormais désert. Nos sacs sont toujours sur la terrasse devant le refuge, et notre chambre d’hier soir est toujours ouverte et désormais gratuite. En fait, les refuges ferment le 23 septembre, mais une chambre reste toujours accessible pour accueillir les coureurs des bois en détresse durant l’hiver.

On tente de pêcher dans le lac près du village d’Aktse lors du séjour randonnée à Sarek

On tente de pêcher dans le lac près du village d’Aktse

Tentative de pêche pour améliorer le repas

On reprend nos quartiers dans la chambre, et on s’équipe de nos petits moulinets pour tenter d’aller pêcher au lac. Sissou qui est restée seule au refuge trouve le moyen de rétablir l’eau courante à l’extérieur en remettant le tuyau dans la rivière un peu plus haut (on ne manquera pas de l’en retirer et de le purger demain avant notre départ).

La pêche ne donne rien, et comme on a très froid, on décide de rentrer en visitant les alentours. En chemin on tombe sur des baraquements de chasseurs qui servent à découper les élans qu’ils chassent autour du lac. Ils les ramènent ici en bateau, les hissent à l’aide de palans, puis les découpent et jettent les os dans la végétation tout autour pour les animaux sauvages. C’est assez glauque, on est dans une boucherie à ciel ouvert.

Baraquements de chasseurs d’élans lors du séjour à Sarek

Baraquements de chasseurs d’élans

Nuit au Chalet

De retour au chalet, on se lave chacun notre tour avec un seau d’eau chauffée au réchaud dans le sas d’entrée du chalet. Alors que Stéphane est en slip en train de se laver, il voit débarquer 4 randonneurs Ukrainiens déçus de voir que la place est prise. On leur dit qu’ils peuvent venir se réchauffer, utiliser la table et les commodités autant qu’ils le souhaitent, et on leur propose même le sas pour dormir, vu qu’on est déjà trop nombreux dans la chambre.

Ils préfèrent monter leurs tentes à l’extérieur et se faire à manger sur le campfire site situé devant le refuge. Mais après manger, ils se ravisent, et décident d’accepter notre offre. Il fait -4°C dehors. On se retrouve donc à 9 à dormir dans un chalet prévu pour 2.

Notre petite chambre

A 22h30, on finit notre partie de dés, ils dorment déjà. Sissou, Victor et moi sortons par la fenêtre pour ne pas les réveiller, et allons admirer le ciel en quête d’aurores boréales. Le ciel est dégagé, c’est la pleine lune. Il nous semble voir des légers voiles se former dans le ciel, mais la luminosité de la lune nous empêche d’identifier si ce sont bien des aurores. A 23h00 tout le monde dort.

Jour 5 : On amorce le retour

Réveil à 7h, les ukrainiens dorment encore dans le sas. On entre et on sort donc de notre cabane par la fenêtre. On prend nos petits déjeuners et on plie bagage alors qu’ils se réveillent. Je discute un peu avec l’un d’entre eux, il veut m’acheter des cigarettes, mais je suis rationné aussi là-dessus, alors je ne lui en offre que quelques-unes. Il me raconte qu’hier, ils étaient de l’autre côté de Skierffe, ils ont eux aussi fait le sommet hier, juste après nous, et ils ont suivi nos traces pour redescendre.

Lorsqu’ils sont arrivés dans la forêt, là où la neige ne tenait plus au sol, une empreinte d’ours énorme dans la boue suivait notre chemin, et je peux presque assurer qu’elle n’y était pas lors de notre passage… Aurait-on été suivis sans nous en apercevoir par un ours alléché par l’odeur de notre nourriture ?

Les ukrainiens ont trouvé des empreintes d’ours qui suivaient nos traces

Les ukrainiens ont trouvé des empreintes d’ours qui suivaient nos traces

On échange nos comptes Instagram, puis on se met en route en leur laissant la place. Il est 8h40, il fait -4°C, le ciel est dégagé, les conditions semblent favorables à une nouvelle traversée du lac. Lorsqu’on arrive sur la berge, notre barque est toujours là, l’autre aussi, mais elle est pleine d’eau. On s’aperçoit qu’il y a pas mal de vent et qu’on l’aura de face, ce qui ne va pas nous faciliter la tâche.

Retour à la barque

On reprend la méthode à quatre rames, mais cette fois c’est Steph qui se met à l’avant en rameur principal. Vic et moi à l’arrière en rame à l’indienne, et Sissou et Bab au milieu qui se gèlent les miches. La traversée nous prend un peu plus d’une heure cette fois ci. C’est plus difficile qu’à l’aller avec ce vent de face et la houle qu’il lève. Mais on arrive à bon port, gelés mais vivants.

On retraverse le lac, vent de face cette fois ci ! lors du séjour à Sarek

On retraverse le lac, vent de face cette fois ci !

Une fois sur le ponton, on amarre la barque. Je me mets tout de suite à pécher pendant que les copains foncent à la cabane nous faire un bon café chaud. Je les rejoins toujours bredouille pour le déguster. Puis on repart vers le refuge de Jagge pour 10km dans le sens de la montée.

La petite anse où se trouve le ponton sur le lac Laitaure lors de notre séjour randonnée à Sarek

La petite anse où se trouve le ponton sur le lac Laitaure

On traverse à nouveau la forêt en sens inverse, il y a beaucoup de crottes d’ours sur le chemin, puis on s’attaque à la montée. Elle nous parait très fatigante, on monte de 350m en seulement 2km, et la fatigue commence à se faire ressentir. La marche nous prend 3h, et à 13h30 nous atteignions le refuge pour manger.

Repos au refuge

On allume le feu, on mange, on coupe du bois, on installe nos matelas et on s’offre une petite sieste, puis à 15h30, Sissou, Vic, Steph et moi partons explorer les environs sans nos sacs à dos. Bab reste au refuge pour reposer son genou. Le soleil fait son apparition, et la température remonte vite de -2°C à +4°C.

Sissou et Victor en affut devant des rennes lors de notre voyage à Sarek

Sissou et Victor en affut devant des rennes

On parcourt les prairies hors chemin en descendant les vallons, en escaladant des rochers. Au bout de 2h de ballade, on amorce le retour au refuge. Pour ne pas revenir par le même chemin, on monte un peu plus en altitude, et là-haut, on tombe sur plusieurs hardes de rennes. On les prend en filature pour essayer de les approcher discrètement. On parvient à se cacher et à les photographier d’assez près.

Recherche de réseau

Ensuite, Steph et moi profitons d’être en hauteur pour vérifier s’il y a du réseau pour appeler nos familles. J’arrive à joindre ma femme qui est sur la route de son boulot vers l’école de mon fils, elle me dit qu’elle peut me rappeler dans 15 minutes quand elle sera avec lui. Je reste donc sur place pour ne pas perdre le réseau qui est très capricieux par ici.

Les paysages autour du lac Rittak lors du séjour à Sarek

Les paysages autour du lac Rittak

Les appels téléphoniques terminés, on rentre au refuge rejoindre les copains, la neige tombe de plus en plus fort. En rentrant, on reprend les occupations habituelles avant de préparer le repas, puis on se fait une partie de dés. La nuit tombe de plus en plus tôt, il fait déjà noir quand Sissou, qui a perdu aux dés, doit aller chercher de l’eau à la rivière pour la nuit et le petit déjeuner. Je l’accompagne.

On s’aperçoit qu’il neige toujours et que ça tient au sol. Ça promet pour la grande descente de demain !Le soleil décline déjà et la température est rapidement passée sous les 0°C, Il commence à neiger. Je suis transis de froid à rester statique sur mon rocher, mais le panorama est magique ! Je surplombe de 400m le lac Rittak, il est bordé de marécages aux méandres harmonieux, le tout entouré de forets immenses.

Un troupeau d'élan durant notre séjour à Sarek

Un troupeau d’élan

Au premier plan, une dizaine de rennes paissent dans les prairies sous mes pieds… Lorsqu’elle me rappelle, elle est avec mon petit bonhomme, ils me manquent, et de les entendre, ça aussi c’est magique !

Il est 22h, tout le monde dort déjà, je vais bientôt les imiter.

Jour 6 : Des rennes, des rennes, des rennes !

On a mieux géré le feu cette nuit, deux grosses bûches de bouleau avant d’aller se coucher, pas de flammes. La braise a tenu jusque 5h ce matin. Je me suis levé pour recharger le poêle à 5h30  parce qu’il commençait à faire froid, et je suis retourné me coucher.

Les hauteurs enneigées de Rittak Nammasj lors du séjour à Sarek

Les hauteurs enneigées de Rittak Nammasj

Aujourd’hui, on n’a pas mis de réveil, mais à 7h30 on est tous réveillés. On a le temps, au programme 10km en descente vers le refuge de parte qu’on doit atteindre en début d’après-midi. La saison étant terminée là-bas aussi, il n’y aura plus de gardien pour nous virer. On devrait pouvoir profiter pleinement de cette magnifique presqu’île.

Début de journée sous la neige

Départ à 9h10, il fait 0°C. Il neige de gros flocons mouillés, alors que l’on monte légèrement sur le flanc de la montagne, juste au-dessus de la limite des arbres. Un torrent plus important que les autres se traverse sur un pont suspendu 5 ou 6 mètres de haut.

Le pont suspendu lors de la randonnée à Sarek

Le pont suspendu

On croise énormément de rennes par ici. Tout est blanc à notre altitude, et ils se confondent bien avec les couleurs de la montagne. A l’approche du col qu’on doit franchir pour redescendre dans les forêts, on croise une harde d’une centaine d’individus.

On essaye de les laisser passer pour ne pas les effrayer et ne pas séparer les jeunes de leurs mères, mais ils suivent le même chemin que nous, et nous emmènent jusqu’au col.

Il neige encore toute la matinée durant notre séjour à Sarek

Il neige encore toute la matinée

Là-haut, on est entourés de rennes. On voit le lac au bord duquel se trouve notre objectif. La neige arrête de tomber et le soleil fait son apparition. C’est fantastique !

Le pays des Rennes

On attaque la descente vers la forêt, à cette altitude la neige n’a pas tenu, et le soleil est déjà en train de chauffer les pierres. On croise encore cinq ou six hardes de rennes dans les forêts, c’est une journée à thème, ils sont partout ! Nous marchons quelques heures dans les forêts et les marécages.  Juste avant d’atteindre le refuge, je piste une dernière harde de rennes que je parviens à approcher et à filmer à moins de 20m, puis vers 13h00, on atteint l’objectif.

Des centaines de rennes nous accompagnent jusqu’au col lors de notre voyage à Sarek

Des centaines de rennes nous accompagnent jusqu’au col

A l’aller, nous étions passés rapidement au refuge de Parte, mais le gardien nous avait demandé de payer pour utiliser la table, alors nous étions sortis manger devant les toilettes. Il pleuvait, nous avions encore du chemin à parcourir, donc nous n’avions pas vraiment profité du lieu.

Aujourd’hui il fait beau, l’endroit est désert, il n’est pas tard, et la chambre refuge est ouverte et gratuite. On va donc pouvoir en profiter beaucoup mieux.

Le lac est entouré de forêts aux couleurs de l’automne, à l’arrière-plan les hauteurs enneigées offrent des lumières féeriques, l’endroit est vraiment magnifique ! Le tout inondé d’un soleil rasant l’horizon (nous sommes au-dessus du cercle polaire).

Le soleil se lève quand on attaque la descente vers le lac lors de notre séjour à Sarek

Le soleil se lève quand on attaque la descente vers le lac

Baignade fraîche

En arrivant, on jette nos sacs à dos, on mange, puis on part pêcher. On rentre encore une fois bredouille. Je ne suis pas certain que les poissons mordent encore à la cuillère quand les températures deviennent négatives. Mais pêcher dans un tel cadre est déjà satisfaisant, même sans remonter le moindre poisson.

Un bon bain glacial, ça rapproche ! lors de notre séjour randonnée à Sarek

Un bon bain glacial, ça rapproche !

Il fait 4°C, on rentre au refuge pour se réchauffer, puis Victor propose qu’on aille nager. Steph et moi nous motivons pour l’accompagner, et nous voilà tous les trois partis vers le lac. Bab et Sissou nous suivent avec le réflexe et la caméra. L’eau est glaciale ! On y entre jusqu’à la taille, quand Victor glisse sur une pierre et tombe allongé, entièrement immergé. Il sort immédiatement se réchauffer, avant de nous rejoindre à nouveau. On en profite pour se laver avec nos savons, et pour se rincer, il faut couler. L’immersion nous fait tourner la tête, c’est si froid que c’en est douloureux, mais ça requinque ! On se sent propres et revigorés en rentrant au refuge.

Bredouille à la pêche

Une fois secs et rhabillés, on est rejoints par deux anglais qu’on avait croisés ce matin. Ils nous laissent la chambre et vont dormir dans l’abri à bois car le refuge est encore une fois trop petit.

Steph et Bab repartent pêcher, on ne lâche pas si facilement ! Moi je parcours les environs en cueillant des baies de camarine noire pour en faire de la marmelade. Nos pêcheurs restent bredouilles pour ne pas changer, et on rentre pour faire cuire mes baies. Bab, Sissou et Steph nous apprennent à Victor et à moi à jouer à la belotte, nous y jouons en dégustant la marmelade.

Un cadre idéal pour rentrer bredouille de la pêche ! lors du séjourà Sarek

Un cadre idéal pour rentrer bredouille de la pêche !

Un dernier petit tour dehors pour se brosser les dents et vérifier s’il n’y a pas d’aurore boréale. Il est 23h, on va se coucher.Le soir est déjà bien tombé quand on arrête pour se faire à manger. Il y a encore une fois un lit superposé dans le refuge, et trois places au sol. Victor qui est le seul à n’avoir pas encore profité d’un lit hérite du premier, pour le second, on joue la place aux dés. Et Bab l’emporte. Victor va se coucher alors que les quatre autres jouons à la belote jusque 22h30.

Jour 7 : Retour à la civilisation

Réveil à 7h00, on prépare nos sacs pour le départ et on engloutit le petit déjeuner. 09h00 on se met en route pour la dernière étape jusque la station de montagne de Kvikkjokk à 17 km d’ici.

On marche sans grosse surprise dans la forêt qu’on a déjà traversée les premiers jours dans l’autre sens. Il fait beau, avec un peu de vent, mais la température est positive et le soleil nous permet de voir les paysages d’une autre manière, plus agréable qu’à l’aller.

A partir de Parte, des panneaux nous indiquent la distance pour Kvikkjokk lors du voyage à Sarek

A partir de Parte, des panneaux nous indiquent la distance pour Kvikkjokk

Fin de randonnée dans le parc Sarek

Les rives du lac Stuor Dahta nous offrent l’occasion d’une première pause ensoleillée. Puis on se remet en route là où le chemin se confondait avec les torrents le premier jour. C’est toujours le cas. Le lieu de notre premier bivouac nous sert de pause déjeuner. C’est drôle de revenir ici, on ressent la nostalgie de la fin de l’aventure à l’endroit où l’on avait l’excitation du premier soir.

Les rivières coulent tranquillement dans la forêt durant le voyage à Sarek

Les rivières coulent tranquillement dans la forêt

Nous reprenons la route pour les 6 derniers kilomètres, et à 14h30, nous atteignons Kvikkjokk. Sur le parking où le bus nous avait déposés, un élan mort et éviscéré est étendu sur une remorque. C’est impressionnant ! Un grand mâle avec des bois énormes. C’est assez triste, mais ça nous ramène à l’authenticité du lieu. Ici on est encore dans les montagnes reculées de Laponie, les gens chassent pour se nourrir, et l’élan va nourrir toute une famille et son voisinage pendant près d’un an…

Les montagnes sont désormais enneigées derrière le lac Stuor Dahta lors de notre séjour randonnée à Sarek

Les montagnes sont désormais enneigées derrière le lac Stuor Dahta

Fin de séjour avec une bière

Le gardien de l’auberge accepte d’ouvrir hors saison pour nous permettre de célébrer la fin de notre aventure autour d’une bière. Il ouvre même la petite épicerie pour que nous puissions faire quelques emplettes et améliorer l’ordinaire au camp ce soir.

Nous montons vers le « Fjallstation » pour voir s’il y a quelqu’un, et nous franchissons la porte du célèbre Kungsleden. Etant l’un des points de départ ou d’arrivée du Kungsleden, près de la porte, on trouve aussi une balance qui permet de peser son sac avant et après le trek. Alors nous pesons les nôtres. Victor est le grand gagnant avec 10 kg, les autres 15, et moi 21 kg, comme au premier jour. J’ai consommé un peu plus de 5kg de nourriture, mais le bois d’élan accroché à mon sac l’alourdit d’autant. Il faut vraiment que j’arrête de ramener des souvenirs, je reviens toujours plus lourd qu’au départ !

Un élan mort dans une remorque à notre arrivée à Kvikkjokk lors du séour à sarek

Un élan mort dans une remorque à notre arrivée à Kvikkjokk

Dernier bivouac en Laponie Suédoise

Il nous indique un emplacement plat pour le bivouac de ce soir, tout près du puissant torrent qui traverse la station. Nous y jetons les sacs à dos. Puis nous partons en reconnaissance pour trouver l’arrêt de bus pour demain matin, et visiter le village. L’arrêt de bus se situe juste devant la superbe petite église construite entièrement en tuiles de bois, avec un clocher déporté, entourée par le cimetière.

La très jolie église de Kvikkjokk

La très jolie église de Kvikkjokk

On remonte installer le camp, puis on descend chercher du bois pour faire un feu. On en profite pour admirer les rapides, et sauter de dalles en rochers pour essayer de la traverser. C’est vraiment un très bel endroit ! On remonte allumer le feu, puis je redescends à la rivière pour y puiser de l’eau et pour appeler mes proches.

Quand je remonte Steph nous a fait la surprise de retourner à l’auberge pour acheter une tournée de bières. On est rejoints par un allemand qui attaque sa semaine de randonnée dans le parc voisin de Padjelanta.

Notre dernier bivouac en Laponie lors de notre séjour à Sarek

Notre dernier bivouac en Laponie

Il fait -5°C, Bab va se coucher vers 20h30 car il a trop froid, Sissou aussi dans la tente de Victor et Stéphane pour ne pas geler seule dans la sienne. Nous trois, restons encore un petit moment devant le feu de camp avec notre ami allemand. Il nous fait découvrir une application qui permet de prévoir nos chances d’assister à une aurore boréale, et pour ce soir elles ne sont pas très grandes. Vers 21h30, on rejoint Bab et Sissou dans les tentes pour une courte nuit.

Jour 8 : rendez-vous à Kiruna

Réveil à 4h15, les copains sont gelés, ils ont mal dormi à cause du froid. Ils n’ont pas de bons matelas pour les isoler du froid par le sol. Victor qui ne portait qu’un sac de 15 kg au départ dort en fait dans un duvet « confort +15°C. Ce n’est pas tellement adapté à la Laponie… Moi sur mon matelas thermarest, j’ai dormi comme un bébé !

On doit prendre le bus à 5h20 pour Jokkmokk. Le bus sert à la fois de transport scolaire et de facteur. Il s’arrête régulièrement pour livrer du courrier ou ramasser les enfants dans les hameaux (très) isolés qui sont au bord de la route pour les déposer à l’école à Jokkmokk. Les hameaux sont composés de maisons en bois, entourées de quad et de motoneiges, à plusieurs heures de route de la première ville.

On passe deux heures à la station-service de Jokkmokk où l’on prend notre petit déjeuner de café et de kanelbullars que je vous recommande !

Retour en bus et train

On prend ensuite un second bus pour Murjek, puis un train pour Kiruna, avant de déposer nos sacs à l’hôtel, et d’aller visiter la ville qui n’a rien de touristique. C’est une ville minière qui dépend entièrement de sa mine de fer.

Puis le soir, nous allons manger au restaurant du Scandic Ferrum. Une bonne bière, un burger à la viande d’élan pour Sissou et moi, un filet de renne pour les autres, avec une bonne bouteille de vin et une glace en dessert. Ça nous avait manqué dans les montagnes !

Après l’effort, le réconfort. Un élan burger au Scandic

Après l’effort, le réconfort. Un élan burger au Scandic

Le lendemain matin nous reprenons l’avion pour Stockholm, puis pour Paris, la tête pleine de beaux souvenirs. Mon sac sera perdu par les services aéroportuaires à Stockholm. Mais il me sera livré à la maison entier cinq jours plus tard.

Conclusion de notre randonnée de 7 jours dans le parc national du Sarek

La Laponie est définitivement une bonne solution si vous êtes en quête de nature sauvage sans avoir à dépenser des milliers d’euros en transports. Les ours, élans, lynx, gloutons, rennes, et de nombreux rapaces y vivent dans des forêts primaires ou des montagnes très sauvages à seulement quelques heures d’avion de Paris et pour environ 300€.

L’homme n’y a laissé que peu de traces, et ces étendues restent sauvages. Même en marchant sur les sentiers balisés, il n’est pas rare de ne croiser personne de la journée. Et si vous décidez d’en sortir, c’est tout à fait possible, en Scandinavie, la nature appartient à tout le monde. Vous pouvez ainsi bivouaquer ou vous promener n’importe où, à condition bien sûr de prendre soin à ne rien dégrader et à ne laisser que la trace de vos chaussures derrière votre passage.

Liste du matériel utilisé durant notre randonnée au parc de Sarek

Vêtements utilisés pour ce trek au Sarek

Catégorie  Nom du modèle  Marque Pourquoi ce modèle ? Répond-il aux attentes ? Si c’était à refaire 
CHAUSSURES Quest 4D GTX SALOMON Robustes et en gore tex Oui, à 100% Je garde
VESTE Alpine project Goretex active THE NORTH FACE Vraiment isolante du vent et de la pluie Oui, à 100% Je garde
PANTALON Forclaz QUECHUA Léger, résistant, déperlant Oui à 100% Je garde
POLAIRE Gordon lyons THE NORTH FACE Chaud, zip ¼ permet d’évacuer la chaleur Oui, à 100% Je garde
DOUDOUNE X light QUECHUA Léger et peu volumineux Oui, en complément de la tenue dans les moments statiques Je garde
SOUS PANTALON flowfit WED’ZE Permet de gagner quelques degrés Oui, à 100% Je garde
MAILLOT RESPIRANT ML respirant MILLET 1ère couche respirante qui sèche vite Très bien Je garde
MAILLOT THERMIQUE SH500 warm QUECHUA Se substitue au maillot respirant ci-dessus en cas de froid Très bien Je garde
T-SHIRT respirant MILLET Première couche respirante qui sèche vite Très bien Je garde
TOUR DE COU polaire BUFF Sert de cache nez, bandeau, cagoule…. Très bien Je garde

Matériel de camping utilisé durant la randonnée au parc national du Sarek

Catégorie  Nom du modèle  Marque Pourquoi ce modèle ? Répond-il aux attentes ? Si c’était à refaire 
DUVET Moonlight LAFUMA Léger, compact, 7°C confort Un peu light… je reprendrais mon plus gros duvet pour ces conditions
MATELAS Neo air Xlight THERMAREST Pour l’isolation thermique Très bien Mes compagnons ont regretté de ne pas en avoir
TENTE Optic vue 2.0 MOUNTAIN HARDWEAR Deux toiles séparées pour se répartir le portage Très spacieux, prend un peu l’humidité par le sol Je garde
POPOTE Rando 1p QUECHUA Avec diffuseur de chaleur, léger Parfait Je garde
QUART ALU QUECHUA Se range dans la popote Top Je garde
COUTEAU Bush J MARTINI Cadeau de Sissou lors de notre premier trek Très utile pour bâtonner, le bushcraft en général Je garde

Autres équipements outdoor

Catégorie  Nom du modèle  Marque Pourquoi ce modèle ? Répond-il aux attentes ? Si c’était à refaire 
SAC À DOS Atacama 58+10 MILLET Pour le volume qu’il offre, et le confort à porter Répond parfaitement à ces attentes Je le garde malgré son poids un peu trop élevé (2kg)
FRONTALE 120 lumens BLACK DIAMOND Pour voir la nuit ! Très bien Je garde
BOUSSOLE DT200 RECTA Orientable, règle à échelle, plaquette transparente Parfait Je garde
APPAREIL PHOTO D5200 + 18-105 NIKON Pas trop encombrant, assez résistant Manque un objectif grand angle Je garde
CANNE À PECHE Set lure essentiel 180 DÉCATHLON Tres petite, légère, démontable Pour ma petite pratique à la cuillèr Je garde
TELEPHONE Galaxy S8 SAMSUNG Pour des superbes photos Pas beaucoup de réseau dans les montagnes Je garde
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34 commentaires

Bab 8 novembre 2018 - 16 h 00 min

Un récit au top

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Bab 8 novembre 2018 - 16 h 08 min

Au top ton récit

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Vchlrd 8 novembre 2018 - 16 h 21 min

Fan des aventures extrêmes outdoor au pays du père Noël ? !

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Lefebvre 8 novembre 2018 - 16 h 28 min

Tu nous vends du rêve

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Matthews 8 novembre 2018 - 16 h 37 min

Je vous félicite pour ce bel exploit.vous avez su gérer le froid ,le manque de nourriture et les km dans les jambes.comme quoi quand on veut on peut.vous avez certainement plein de bons souvenirs et c est ce qui compte.bravos a vous tous

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Caron 8 novembre 2018 - 17 h 43 min

Super aventure qu’on partage avec vous en différé ?

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Lia Ingalls 8 novembre 2018 - 17 h 48 min

Quelle merveilleuse aventure ! Ça fait rêver !! Bonne continuation !

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Arcelon 8 novembre 2018 - 17 h 54 min

Comme d’habitude, super article ! Ça donne vraiment envie !!!

Répondre
Arcelon 8 novembre 2018 - 17 h 56 min

Comme d’habitude super article ! Ça donne vraiment envie !!!! Bravo !!!

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Caron 8 novembre 2018 - 20 h 17 min

Superbe aventure, superbes paysages, superbe leçon de camaderie, merci de nous faire profiter de l’aventure, de nous permettre de rêver et de rendre ce rêve accessible ! BRAVO ?

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Caron 8 novembre 2018 - 20 h 36 min

Bien mieux qu’un all inclus dans un village vacances

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Stéph 9 novembre 2018 - 0 h 45 min

Récit haletant illustré par de superbes photos, quelle belle expérience, je m’y revois encore… 😉

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Anquez 9 novembre 2018 - 6 h 46 min

Merci à Greg de nous faire voyager via ses récits et photos (magnifiques !!!).

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Victor 9 novembre 2018 - 17 h 07 min

Hey ! Ouaw, que c’est bon de revivre ces moments de vie inoubliables, perdu au coeur de la nature sauvage de Laponie Suédois !
Belle plume et bien illustré avec ces magnifiques photos!
J’adore! Bisous les copains!

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sissou 10 novembre 2018 - 0 h 16 min

3eme randonnée ensemble, 3 eme séjour fabuleux….de merveilleux souvenirs, vivement le prochain !!!

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Lomoro 10 novembre 2018 - 8 h 05 min

Très beau reportage avec photos à l’appui et une belle aventure d’amitiée et de solidarité bravo…

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Babousch 10 novembre 2018 - 8 h 06 min

Sympa le récit
Il a l’air top ce Bab

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Laurie 10 novembre 2018 - 8 h 09 min

Super récit ça fait rêver

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Babuche 10 novembre 2018 - 8 h 12 min

Félicitations mon pote
Très beau récit

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Gardelein 10 novembre 2018 - 8 h 23 min

superbe récit !!

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Perrine 12 novembre 2018 - 7 h 09 min

Superbe aventure!

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Kevin 13 novembre 2018 - 9 h 36 min

Tres beau recit. Jolies photos.

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Legrand e 13 novembre 2018 - 11 h 10 min

Superbe!!!!
Je vous envie de ces voyages!!!
Beau texte et magnifique photos.
Chapeau les loulous

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Greg P. 13 novembre 2018 - 11 h 55 min

Moi qui connaît un peu le sud de la Suède ?? je savais que la haut c’était magnifique mais là je suis conquis ! Faut que j’y aille !
Merci

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Yann 13 novembre 2018 - 14 h 32 min

Super récit ça fait envie

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Valentin DEPLEDT 13 novembre 2018 - 20 h 49 min

Super, on va devoir encore s’entrainer avec Voort pour marcher dans tes pas

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Richard 13 novembre 2018 - 22 h 08 min

Magique!

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Jules 13 novembre 2018 - 22 h 14 min

Superbe aventure, un voyage en lecture ! Merci et bravo à ta troupe et toi Greg ! 😉

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Antho 13 novembre 2018 - 22 h 14 min

Top! La prochaine fois je viens avec ! ^^

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Sab 13 novembre 2018 - 22 h 38 min

Magnifique encore une fois. Bravo

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dave 13 novembre 2018 - 22 h 41 min

super récit bravo a vous

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Violier 14 novembre 2018 - 21 h 19 min

Bravo.
Merci pour ses belles photos. Ca fait rêver.

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Mick 30 décembre 2018 - 0 h 31 min

Merci pour votre récit!

Je pars fin aout prochain pour une partie du Kungsleden, d’Abisko à Kvikkjokk exactement, en passant par le Kebnekaise et le Skierffe bien-sur! Avec quelques petits jours de rab pour m’enfoncer dans le parc du Sarek.

C’étais un plaisir de vous lire.

Bonne continuation dans vos aventures!!!

Mick

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Drobnik Sabrina & Olivier 13 mars 2019 - 16 h 27 min

Dépaysant? et rafraîchissant❄
De beaux souvenirs gravés et un recit
tres agreable greg.

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