Alpinisme et ski de randonnée à Arolla lors d’un raid dans le Valais

par Guillaume LEDOUX

Guillaume LEDOUX nous partage sa sortie ski de randonnée à Arolla dans le Valais

1, ski de randonnée dans les alpes

Informations pour préparer un séjour de ski de randonnée à Arolla dans les Alpes

  • Date de la sortie ski de randonnée à Arolla dans le Valais

27 Avril–2 Mai 2017

  • Lieu de la sortie

Suisse, Valais, Arolla
Plusieurs parking gratuits dans ce village valaisans
2, ski de randonnée dans les alpes
En voiture, Valais, accès depuis Chamonix : Martigny – Sion – puis remonter le Val d’Herens et rejoindre Arolla (1 h 20)
Vignette Suisse obligatoire pour les autoroutes 40 € par an

  •  Participants à ce séjours ski de randonnée à Arolla

3, ski de randonnée dans les alpes

Yves

Yves est un passionné de ski de randonnée. Plus de 100 000 m de dénivelé chaque année, le plus souvent dans sa Haute-Savoie natale. Compagnon de cordée fort agréable, il connaît tous les trucs est astuces liés au ski de rando !

4, ski de randonnée dans les alpes

Guillaume

Guillaume (Apoutsiak) : Petit Alpiniste qui a terminé la course aux 82 4000 en 2016 !  !  Parcourt la montagne sous toutes ses formes : ski de randonnée, VTT, randonnée, trail…
Blogger montagnard invétéré retrouvez le blog ici.
Mon objectif pour cette ascension : passer un bon moment en montagne et profiter de l’une des plus belle face Nord des Alpes.
Profiter de ce qui est, à mon avis, l’un des plus beau spot de ski de randonnée des alpes !

  • Où dormir durant notre raid de ski de randonnée à Arolla

Dormir dans la vallée :

ou dormir à Arolla:

Pension du lac bleu
25 CHF / nuitée en dortoir
Bon accueil
41 27 283 11 66

Dormir en altitude :

Cabane des dix

SAC
16 places (hiver) 125 l’été
Bois, chauffage – ustensiles de cuisine – couvertures
+41 33 855 24 45

 Cabane de Bertol

SAC
10 places (hiver) 80 places (été)
Bois, chauffage – ustensiles de cuisine – couvertures
0041 27 283 19 29
Excellent accueil de la gardienne !!!
67 CHF la nuitée en demi pension (tarif CAF)

les Bivouacs possibles pour ce raid en ski de randonnée à Arolla :

A proximité des cabanes (cabane des Dix ou au col de Bertol)
sur le glacier au Nord de la ruinette (plat)

  • Où se restaurer/où se réapprovisionner

Vous trouverez toutes les commodités pour vous approvisionner avant un raid à ski de randonnée à Arolla

  • Office du tourisme

Office de Tourisme d’Arolla

  • Caractéristiques du Valais

Courses de niveau PD+ maxi ( la plus technique étant sans doute la Ruinette)
Progression sur glaciers crevassés
Matériel de sécurité sur glacier + Avalanche obligatoire (DVA Pelle sonde)

5, ski de randonnée dans les alpes

Vue générale de notre tour

Vue générale de notre raid dans le Valais en ski de randonnée à Arolla

6, ski de randonnée dans les alpesCabane des Dix

D’Arolla, gagner les pistes de ski (possibilité de prendre une piste raquettes ou prendre les téléskis !) et remonter la piste des Hôtels jusqu’au sommet du téléski Passer au sud du Mont Rouge (point 2581 m  CNS) le point 2738 m CNS pour gagner le pas de Chèvres (2855 m).

Descendre les 2 séries d’échelles puis gagner le glacier de Cheillon et rejoindre la cabane des Dix en passant au Sud de celle-ci par un mouvement enveloppant !
cabane des Dix 2928 m

La Ruinette

De la cabane des Dix, gagner par un long faux plat le col de Cheilon (ça se raidit sur la fin – 3237 m.
Toujours en faux plat, rejoindre le col du Mont Fort – 3326 m.
Descendre en direction du col de Lire Rose (raide au départ) et repérer le couloir qui part à gauche avant le col de Lire Rose.

Remonter ce couloir (bas du couloir 3130 m environ)
Le couloir aboutit au point 3386 m de la CNS (donc 250 m de couloir à 45° bien tassés par endroit !)
Partir sur la droite pour rejoindre le glacier de la Ruinette
Rejoindre le collet à droite du point 3710 m. Remonter l’arête, au dessus de la première bosse, basculer à droite et rejoindre un petit couloir de 12 m en III+ (crux).(rappel équipé pour la descente)
Puis remonter l’arête au mieux, soit sur le fil soit en versant sud. Gagner le sommet.
Descente par le même itinéraire puis au milieu du glacier (attention, un petit couloir pas évident à trouver depuis le haut permet de gagner la moraine du glacier de la Serpentine (voir fichier GPS)

Pigne d’Arolla

Remonter le glacier de la Serpentine en contournant la barre de sérac par la gauche, rejoindre le col de la Serpentine, puis remonter la Serpentine en la contournant soit par la gauche, soit par la droite., de là, gagner le Pigne d’Arolla.

Descente

Descendre et rejoindre la cabane des Vignettes et de la cabane, Arolla

Cabane de Bertol par les Dents de Bertol

Montée

Se garer au parking des remontées mécaniques d’Arolla. 2000 m
Prendre la route du vallon qui mène au bas glacier d’Arolla en suivant la Borgne d’Arolla et venir buter sous la face nord du Mont Collon. Bifurquer à l’est et rejoindre le bas du Haut glacier d’Arolla.
Remonter la pente entre les ponts 2818 et 2838 m de la CNS et poursuivre jusqu’au pied du glacier des Dents de Bertol (glacier que je qualifierai de semi suspendu) Remonter le glacier puis par des pentes moins raides gagner le sommet.

Descente

Descendre au Nord puis à l’Est, un passage raide sur 10 mètres puis rejoindre le glacier du Mont Miné. Remettre les peaux pour rejoindre le col de Bertol, puis par 2 séries d’échelles et des escaliers, l’accueillante cabane de Bertol (mais assez perchée !)
7, ski de randonnée dans les alpes

Sommets durant notre raid dans le Valais en ski de randonnée à Arolla

Tête Blanche

Descendre les escaliers et les échelles de la cabane de Bertol.
Basculer sur le glacier du Mont Miné (pour info nous n’avons pas mis les peaux et avons utilisés les skis en position descente, je pense qu’on a gagné du temps) Passer sous les Dents de Bertol et mettre les peaux au point le plus bas. 3200 m environ.
Remonter en direction du col des bouquetins et bifurquer dans la combe à gauche (Est) en direction du col de Tête Blanche. De là, rejoindre le sommet de Tête Blanche 3710 m.

Tête de Valpelline

Descendre au col de Tête Blanche puis au col de Valpelline (3554 m)
Remettre les peaux et rejoindre facilement le sommet de la tête de Valpelline (les derniers mètres se font à pied !)

Descente

Rejoindre le col de Valpelline, et mettre les peaux pour rejoindre le col de Tête Blanche
Descente sur le glacier de Ferpècle d’abord en direction du col d’Herens puis au centre du glacier en évitant les zones de crevasses (notre topo indiquait de passer à l’est de Rota Mota (3232 m) ce que nous n’avons pas fait. Sur le bas , descendre en rive droite du glacier pour prendre une gorge au dessus du point 2057 m. Basculer en rive gauche du vallon, et gagner le barrage et la route.
Attention : le glacier est très crevassé !

  • Quoi d’autre dans les environsd’Arolla ?

  1. Parapente du haut des remontées mécanique d’Arolla: Centre de parapente Evolène région.
  2. Découvertes des différentes cascades en randonnée
  3. Cascade de glace l’hiver
  4. Alpinisme
  5. Ski de piste sur les pistes d’Arolla
  6. Ski de rando (un peu partout) Sans doute le paradis ! Il y en a pour tous les niveaux !
  7. Randonnée dans le parc d’Arolla
  • Bibliographie

Topo Les 100 plus belles «Les alpes valaisannes à ski »
Topo du CAS : Les Alpes Valaisannes
Fichier GPS raid à ski au dessus d’Arolla
Une carte Suisse
Carte SWISSTOPO Matterhorn 1347
La carte Swisstopo 1346 Chanrion

Lien Internet:

Topo camp2camp raid à ski de randonnée à Arolla
Retrouvez les prévisions Météo ici :
Météo Blue
Météo Suisse

Raid à ski de randonnée à Arolla, Ruinette–Pigne d’Arolla–Tête Blanche–Tête de Valpelline

Le départ pour Arolla

Décollage de la maison, et petit voyage pour retrouver Yves à Arolla, charmante bourgade du Valais. Il fait beau, on s’équipe, et on décolle… On fait 100 mètres avec les skis sur le dos avant de chausser, et on loupe les 3 chevreuils qui traversent la piste de ski. Pas le temps de dégainer l’appareil photo, ils sont déjà partis…

Yves-dans-la-montée-au-pas-de-Chèvre, ski de randonnée dans les alpes

Yves dans la montée au pas de Chèvre

Déjà sur les skis, mais sur une vieille piste de ski en fin de vie, de toute façon on n’a pas le choix, ailleurs, il n’y a pas de neige… On remonte au mieux, croisant pas mal de skieur à la descente, et observant en contrebas, ceux qui montent ou descendent de la cabane des Vignettes. Yves est poli, il me suit, je le sens très en forme, il faut dire que c’est un grand skieur de randonnée, et qu’il fait beaucoup plus de dénivelé que moi, des statisticiens affirment qu’il en fait plus de 100 000 par an !

On opère une petite pause avant de quitter la piste. Puis on poursuit, j’observe au loin 3 skieurs, et le truc cool, c’est qu’on va sans doute  les rattraper, je commence à faire une truc pas très classe mais qui permet de passer le temps, je mesure le temps qui me sépare du groupe. D’abord prendre un point de repère bien repérable : un rocher, un arbre, un monticule de neige ; puis consulter la montre, mémoriser l’heure, et quand c’est mon tour de passer le point, calculer l’écart. Je complique parfois ma tache en prenant plusieurs points en même temps, ce qui nécessite au cerveau de réaliser plusieurs calculs à la fois.

Sous le cagnard, comme aujourd’hui

pas toujours évident d’autant plus que l’altitude n’arrange rien… Et je me rends compte qu’on fond sur le groupe. 3 minutes… 1 minute 40… 1 minute. En fait ce sont 3 filles, qui papotent (qui a dit pléonasme?… Misogyne !). Je me retrouve dans les effluves de parfums, je les rejoins, les salue et les dépasse. Je poursuis vers le Pas de Chèvre, la pente se fait plus raide, le col est déjà là, on opère une petite pause.
Au col, un couple et leurs deux filles s’apprêtent à descendre. Les deux filles sont magnifiques, deux blondes au cheveux long… Deux Heidi descendues des alpages (ou plutôt remontées)  » Ah si j’avais été plus jeune… » Mais le poids des années ne joue pas en ma faveur… On verra au refuge, qui sait…

Les 3 grâces rejoignent à leur tour le col. (Attention, j’ai écrit grâces et non grasses ! Cela fait référence à 3 déesses de la mythologie : celle du charme, de la beauté et de la créativité – fin de la parenthèse comme indiqué ci-après)
Bref, les 3 Grâces discutent toujours, interrogent un autre type sur les courses possibles dans le coin

Dans-les-échelles-du-Pas-de-Chèvre, ski de randonnée dans les alpes

Dans les échelles du Pas de Chèvre

Nous quittons le pas de Chèvre pour nous engager sur les échelles.

C’est le périph’ à l’heure de pointe. Il faut s’informer et vérifier que personne n’est engagé dans l’autre sens. Les croisements sont courtois mais périlleux, et tout se passe bien malgré les quelques bouchons. On descend à pied jusqu’au glacier et on rejoint le couple et les deux « Heidi ». Tout le monde rechausse, Maman part devant , suivie d’Yves puis  de Heidi 1, que je ne tarde pas à dépasser. Le glacier est super grand et il fait méga chaud. Je l’avais déjà traversé il y a quelques années mais ma mémoire avait oublié la distance. C’est marrant comme le cerveau a tendance a oublier se genre de détail…

On fini par retrouver le couloir d’accès au refuge. Un gars sans sac à l’air de bien galérer. C’est un ancien et je m’enquiers de son état. Sa fille est venue lui prendre son sac et il me dit qu’il gère.  Je poursuis, on remonte le couloir  et on retrouve le plat juste avant le refuge où il semble y avoir une grosse ambiance… C’est sûr, il y a des Italiens. Arrivé au refuge, bingo, un gros groupe d’Italien fête un anniversaire avec chapeaux, ballons cotillons, et musique ! C’est pas le jour pour faire une sieste en terrasse…

Le plaisir d’un raid en ski de randonnée à Arolla

On range, on fait sécher, on s’installe, tout le monde fini par arriver au refuge. et je me rends compte qu’il y a beaucoup de fille dans le refuge, et que toute sont des bombasses (bon, je sais, c’est pas très classe, mais c’est vrai que chacune était jolie) de splendides Italiennes, des Suisses Allemandes, des Françaises. Un petit avant goût de Paradis! Et aucune ne me trouve le rôle de Roméo… C’est vraiment trop injuste. ( Je rappelle ici au lecteur, que ce récit est romancé, et qu’il ne faut pas tout prendre au premier degré, j’aurais l’occasion de le rappeler plus tard…)

Arrivée-à-la-cabane-des-Dix, ski de randonnée dans les alpes

Arrivée à la cabane des Dix

Bref, je nage presque en plein bonheur.

Un hélico en profite pour venir vomir ses héliskieurs, enfin je n’ai pas trop compris la manœuvre, dépose de gens équipés au pied du refuge. Quel intérêt, sachant qu’il n’y a pas vraiment de descente intéressante à faire de là …

Les trois Grâces sont en pleine discussion sur la place de la femme dans la préhistoire avec de grandes théories. Bon je n’ai rien dit mais ce qui est bien avec la préhistoire, c’est que comme son nom l’indique, on n’a pas d’écrit, donc on peut lui faire dire n’importe quoi (leur théorie était que les femmes dominaient les hommes à une époque). Yves moi participons discrètement à la conversation. Je pars faire une petite sieste. Et c’est déjà l’heure du repas.

A table, on se retrouve avec  les trois Grâces, l’ancien et sa fille. Les gardiens nous offrent un petit verre de fendant. L’ambiance est sympa, l’ancien est Franc Comtois, sa fille chasseur alpin, on discute montagne, comme souvent en refuge. L’une des Trois Grâce entame une consultation de médecine parallèle sur ses deux amies, tout en lui tenant la main , elle pause des questions.

Les questions sont plus bizarres les unes que les autres, elle compte les points sur un petit papier, je n’ai pas entendu le résultat de ces consultations, mais les questions avaient de quoi surprendre :

  • « as tu une bonne circulation sanguine ? »
  •  » combien de fois vas tu au toilettes ? »
  • « tes règles sont elles douloureuses ? »…

J’avoue être resté perplexe. Elle en profite pour raconter sa vie compliquée avec un oncle, très compliquée.

Le repas se termine avec les résultats du premier tour de l’élection présidentielle, visiblement, la droite de la table semble plutôt modérée, tandis que du coté des trois Grâces, c’est l’affliction, j’en déduis la présence de 3 Mélanchonistes avec nous. Mais peut être me trompes-je !

Une bonne nuit nous attend

Nous filons nous coucher, nous avons négocié un petit dej à 4 h alors que le reste du refuge décolle à 6 h 30.
On se couche les premiers, mais il y a vite  de l’animation. En face, un chauve s’énerve avec le dortoir voisin (les italiens ?) il tape le mur avec force et énervement. 1 fois… 2 fois… 3 fois, il fini par se lever et aller engueuler directement les auteurs. J’ajouterai juste que quand il est rentré dans le dortoir endormi, il a allègrement allumé la lumière, sans rien n’y trouver à redire…

Une fois le chauve calmé, je m’endors, mais je suis réveillé par les trois Grâces qui arrivent un peu bourrées, elles ont pris un digestif avec un guide suisse de leur connaissance. Bref, elles discutent encore et mon endormissement est cassé. Dommage !

Mais je finis par m’endormir.

Et d’un coup, un cri, strident, énorme, ça me bouleverse le cœur, c’est une des trois Grâce qui a du cauchemarder.  Elle a du réveiller tout le refuge.  Bon ça m’a bien stressé.
Il n’y aura pas de guerre de la fenêtre ouverte, mais le début de nuit a été bien agité…
Et c’est galère à présent, de se rendormir..

panorama-cabane-des-Dix, ski de randonnée dans les alpes

Panorama cabane des Dix

3 h 45, le réveil, la vache,  je dormais bien.

Je secoue Yves et on décolle, en essayant d’être discrets. Petit déjeuner au thé, c’est pas ma tasse de thé, ben si ! On s’équipe et on sort du refuge à 4 h 30, les couteaux dans la poche, il fait froid. c’est reparti pour la suite de notre expé en ski de randonnée à Arolla. On s’égare un peu juste après le refuge, il y a des traces dans tous les sens et on y voit que dalle  (pas doués ou pas trop réveillés?) , on descend un peu trop, on corrige le tire et voilà la trace. Au bout d’1/2 heure je consulte mon alti on n’a gagné que 100 mètres, je pensais que le col serait déjà là. Le rythme est bon.

Yves se colle derrière moi pour ne pas me larguer. La trace devient raide, on est sous le col (de Cheillon). Adhérence des peaux parfois limite mais voilà le col, il fait nuit noire. Courte pause, il fait froid, le vent est là ;  on poursuit à plat vers le col du Mont Rouge. C’est plat, on  observe la trace qui part  à gauche vers le Mont Blanc de Cheillon. Nous suivons une vieille trace qui nous permet de ne pas nous enfoncer. Je surveille la face nord, je suis sûr que c’est jouable de passer par là, mais je suis équipé de mes crampons light et de mon piolet light… euh … un peu light. Dommage !

Col du Mont Rouge

il fait froid, j’hésite à mettre la doudoune sous la Gore Tex. Je repère un petit couloir au dessus du col de Lire Rose qui pourrait nous permettre de gagner le glacier de la Ruinette sans descendre trop  bas. Ça parait jouable, ça n’est pas dans le topo …

Bon, il faut d’abord gérer la première pente sous le col, bien raide et en neige béton. Yves part, je le suis, tout en dérapage, les skis vibrent à fond sur la neige méga dure. je finis par enchaîner les virages. La pente est moins raide, c’est agréable. Un petit schuss dans les coulées d’avalanche nous permet

Le-soleil-point, ski de randonnée dans les alpes

Le soleil point

Je pars devant, et je laisse Yves qui me talonne prendre rapidement le relais. J’en profite pour faire des vidéos et des films. Yves passe l’étroiture, je passe de nouveau devant. Je trouve mon rythme. Je m’arrête juste sous la sortie, faire une petite vidéo. Le couloir est chouette ! Yves passe devant et termine, on se retrouve sur l’arête , et là, bonne surprise, pas de souci pour gagner le glacier (j’avais peur que ça ne soit galère vu qu’on a un peu inventé le passage, l’angoisse d’une arête compliquée à descendre…)

Dans-le-petit-couloir-en-neige, ski de randonnée dans les alpes

Dans le petit couloir en neige

On remet les skis sur un glacier parfois verglacé, les peaux glissent, mais pas toujours vers l’avant. sur le plateau, on retrouve des traces. Deux skieurs sont passés par là. Nous prenons leur trace. nous mettons les couteaux sur le haut et déposons les skis.

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Sur l’arête

Crampons, piolet, et c’est parti. assez rapidement on se retrouve au pied d’un petit couloir d’une 15aine de mètres, bien raide. Je me lance, appliqué, pas le droit à l’erreur. Chaque pied en opposition, les crampons crissent, on trouve quelques prises de mains, je progresse. Je finis par tomber sur une pierre branlante, qui ne l’annonçait pas.

Un peu de grimpette

Flûte elle est pile ou je voulais poser mes pieds. Je l’évite afin qu’Yves ne la prenne pas sur la tronche. En haut, j’attends Yves avant de repartir. La suite est plus facile, sur le fil de l’arête ou plus souvent versant Sud. On galope sur l’arête. Les traces nous aident à éviter d’hésiter. J’aime ses arêtes en PD. Celle ci est particulièrement esthétique avec le Grand Combin en toile de fond. Les passages sont variés, un dernier sur le fil, en plein ciel. et voilà le sommet, Youpi !

Sur-l

Sur l’arête de la Ruinette

On regarde le paysage, le Mont Blanc de Cheillon tout proche et les 10aines de skieurs de rando sur son antécîme. On grignote, et on repart pour la descente.

Ruinette-Sommet, ski de randonnée dans les alpes

Ruinette-Sommet

La descente est rapide, les passages techniques bien négociés, on opère un petit rappel dans le petit couloir et on rejoint les skis.

on attaque la descente à ski, la neige est plus que correcte. Je prends en charge  les opérations et je propose à Yves d’aller skier rive gauche du glacier, là où la neige n’a pas trop pris le soleil. Nous laissons les traces de nos prédécesseurs au centre du glacier et y filons. Au bout de plusieurs minutes nous avons un doute… Est ce que ça va passer jusqu’en bas. Sur la carte, oui, mais en pratique… On craint la présence d’une barre rocheuse,  on décide de rejoindre les traces.

Et zou, traverser à droite du glacier, on retrouve les traces qui nous amènent à un couloir bien raide. On déclenche de petites coulées à chaque virage. Yves par devant, je le suis. Çà se skie pas trop mal.  On fini par sortir en bas sur le plat du glacier, on regarde juste où on avait envisagé de passer, il y a d’énormes barres rocheuses infranchissables… Parfois, on a du pif… ou de la chance…

Du glacier du Brenay jusqu’au Pigne d’Arolla

j’avais prévu de remonter le glacier du Brenay jusqu’au Pigne d’Arolla. mais force est de constater qu’il n’y pas de trace et que ça va être galère de passer le long des séracs. Je finis, un peu déçu par jeter l’éponge, on passera par la Serpentine. Tant pis, les conditions imposent le tracé !

On repeaute, et nous voilà en plein cagnard sur le long et plat glacier de la Serpentine. 3 km à parcourir jusqu’au col

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Remontée au Pigne d’Arolla sur fond de Dent blanche

C’est parti, assez rapidement je vois qu’Yves coule une petite bielle, je le surveille du coin de l’œil, mais il avance régulièrement, à distance. Au loin, deux skieurs. Je rejoue au jeux du timing. Premier point 35 minutes. Ça va être chaud pour les rattraper, j’ai des doutes. La trace remonte sous les séracs, elle traverse en rive droite, j’opère une pause pour attendre Yves. Puis  repars, nouvelle pause. Les deux devant sont à présent à 20 minutes.  Je file, tranquille, que ce glacier est long… et plat, très plat… On n’a jamais vu un glacier aussi plat !

Un poil plus de pente sur le col, et je tombe, sur un Italien, je les ai rattrapé. Il part, je fais ma pause, attendant Yves, qui arrive quelques minutes plus tard. On boit et on bouffe. Avant de repartir. On longe la Serpentine et on met les couteaux avant le passage raide. Les deux Italiens sont juste devant, on va les avaler.

Le jeu des stratégies

Je pars devant, Yves juste derrière, on dépasse les Italiens, la fille est vraiment dans le dur. Çà sent la grosse galère !  On se retrouve sur le plateau de la Serpentine. J’enlève les couteaux, et je décide de jouer au jeux du… je rattrape la cordée devant. mon seul problème : il ont la moitié du trajet d’avance ! Je tente le coup, Yves a des doutes.

Premier pointage, 13 minutes, ça va être chaud. Après 2000 m de déniv , je ne vais quand même plus très vite, même à fond. Mais faire des calculs et avoir pour objectif de réduire le temps m’occupe et je serai plus vite au sommet.  8 minutes, il ne reste plus grand chose avant le sommet… 5 minutes… dernier virage.

C’est raté, mais je finis, 3 minutes derrière le groupe (j’apprendrais sur le site internet Strava que j’ai le 5ème temps sur 35 « Stravaïste » sur cette portion !).

Au sommet, un anglais s’approche et me demande si j’ai une chaîne Youtube. Damned, je suis une fois de plus reconnu. C’est quand même un eu la classe d’être reconnu à 3700 m !!!   On papote un peu (pas trop avec mon anglais trop basique) et Yves fini par arriver.

On fait quelques photos, on mange (on arrête en fait jamais de manger) on fini les derniers centilitres d’eau.
l’Italien fini par arriver, il a laissé sa dulcinée et sa galère. Elle fait du surplace au loin. La bonne vieille galère. J’observe la scène. Il fini par descendre (je pense pour récupérer son sac)
Et zou, il faut descendre

Vue-du-sommet-du-Pigne, ski de randonnée dans les alpes

Vue du sommet du Pigne

En direction des Vignettes

Les peaux enlevées, on part, à fond, neige un peu dure, on a la sensation qu’elle a regelée avec les nuages. Dommage ! Les virages s’enchaînent, on fait régulièrement le point pour ne pas louper l’accès au Vignette. Bingo, une belle pente bien verglacée nous accueille, je déteste. Mais c’est court. on passe devant la cabane des Vignettes et son col et on plonge au Nord dans une neige traffolée.

On skie assez vite et on perd du dénivelé rapidement. La neige devient transfo, un peu collante, mais elle se laisse skier. Il faut juste éviter les cailloux. On fini par déchausser sur une passerelle pour rechausser 50 m plus loin sur la piste de ski. Derniers mètres dans une neige soupe skiable. Nous voilà en bas. Il fait 20° mais on est habillé comme à 3800 m : polaire Goretex, il fait un peu chaud. On descend les derniers mètres à pied et on gagne la voiture.

24 km et 2200 m de dénivelé , une belle aventure en montagne, comme je les aime
Les 3 jours suivants, la météo s’est avérée maussade, nous clouant en vallée à attendre le retour du beau temps…

Composer avec la météo en sécurité

La veille la météo était mauvaise et les bulletins météo pas géniaux. Le risque d’avalanche était annoncé à 3 en Suisse et à 4 en Haute Savoie. J’inspectais les cartes IGN et CNS sur skitrack afin de trouver les itinéraires les moins exposés. Je jetais mon dévolu sur la Tête Blanche et la Tête de Valpelline qui ne présentaient que de rares portions expos, je connaissais un peu le coin pour l’avoir parcouru il y a 20 ans avec mon frère, Thibault. Séquence nostalgie, où tu te rends compte que ta vie est déjà bien avancée …

Via facebook, 2 amis, Enguerran et Gianluca, me recommandait la prudence, l’un en m’envoyant un lien vers le bulletin des risques d’avalanche de Haute Savoie, plutôt très alarmiste, l’autre en insistant pour aller faire une course plus bas dans la vallée, sur la carte avalanche de suisse, le risque était indiqué à 2, mais j’en connaissais la raison : l’absence de neige à basse altitude …

Bilan : juste de quoi faire monter mon stress, je tentais de les rassurer en leur assurant que j’avais choisi mon itinéraire avec soin, ce qui n’était pas faux. Mais avec ça, j’ai mal dormi, j’avais un peu la pression…

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Sur le bas Glacier d’Arolla sous le mont collon

Sur le parking à Arolla, il y a de la neige, pas de sous-couche, mais 20 cm de fraîche qui masque les cailloux, pas trop cool ! . On s’équipe, on déclenche les ARVA, les Suunto, on marche jusqu’au bout du parking, et on met les skis sous les pieds. C’est parti. D’abord au fond du vallon, dans l’ombre du Mont Collon. Et là, réflexion, si je suis au pied du Collon…  Alors… je suis l’anus ! Le vent apporte sa petite confirmation. Je suis au bon endroit. Mais pas hyper agréable. Il me faut remonter vers l’intestin grêle, mal nommé sur la carte suisse : Haut glacier d’Arolla.

Ah, la qualité des cartes Suisses

Au loin quelques téméraires skient les pentes raides sous la cabane des Vignettes. Jamais je n’aurais osé avec le risque annoncé. Chacun place le curseur du risque où il le souhaite… En tout cas, la neige a l’air bonne ! Nos ventres crient famine ! On décide de faire une pause au Plan de Bertol. Mais il fait trop faim, on s’arrête en bas du haut glacier d’Arolla. La pause fait du bien. On repart repus, les estomacs bien remplis, avec une décision : nous passerons par les dents de Bertol, de là où nous sommes, nous observons une trace.

Ça repart, d’abord à plat, sous le cagnard de ce début d’après midi. Je sue, je sue du chyle. Puré ce qu’il fait chaud. Puis ça commence à monter, et voilà le vent froid qui nous assaille. De dos, ça va, le sac à dos protège de l’agressif zéphir, mais de face, il vient congeler ma sueur sur mon frêle Thorax. Yves est déjà loin devant.

En face du Collon, il était nécessaire… de couler un bronze, chose promise chose due. Je repars allégé, les sphincters détendus. Rodin et Claudel n’ont qu’à bien se tenir…

Tout va mieux !

Et on poursuit, on croise 4 skieurs un peu en difficulté à la descente, dans cette neige collante, pourtant, vu de montée, elle avait l’air correcte… Je rejoins Yves et on repart sur le glacier des dents de Bertol. Le passage est raide, mais la trace est bien faite. On passe une sorte de pylore étroit au pied du glacier avant de remonter la pente. Les descendeurs ont tout gâchés et Yves doit retracer quelques passages. Au dessus, on déroule, une sorte de grand œsophage à rebours…
C’est fort logiquement que nous parvenons à la dent de Bertol. oui le sommet s’appelle les Dents de Bertol, mais vu qu’on n’en gravi qu’une, je parle de la dent… sans doute une incisive, trop petite pour une molaire et pas assez pointue pour une canine. Belle pause au sommet.

Devant-le-Pigne-d

Devant le Pigne d’Arolla

Je fais quelques photos, j’envoie un petit SMS à Sandrine, ma petite  femme pour lui annoncer que les conditions sont correctes. Le SMS ne veut pas partir si le portable est trop bas, je décide de le garder dans ma poche, le réseau est meilleur en hauteur.
Devant-le-Pigne-d
On mets les skis, et on file dans une excellente poudreuse vers le bas. Un passage raide sur une sorte de col, je m’engage en premier. Tout ce que j’aime, c’est étroit, c’est raide, et c’est en neige béton. Les skis vibrent sur la neige dure. Et Yves qui  a la bonne idée de partir juste derrière moi. Je me prends  des coulées de glaçons dans le cou !!! . Ça dégueule (forcément, ça devait arriver !) Je passe, la neige est moins bonne, un poil croûtée et dure.
On fini par faire quelques virages pour rejoindre le plat du glacier, il faut déjà remettre les peaux.

Et là, c’est le drâme !

Il me semble que j’avais mi mon téléphone dans ma poche. il n’est dans aucune de mes nombreuses poches , ni dans celles de mon sac. Je l’ai laissé au sommet ou perdu dans la descente.  Le Khon ! Je revérifie rapidement chaque possibilité mais il n’y est pas. Je vide mon sac, le rempli… rien ! Je calcule le temps qu’il va me falloir pour remonter redescendre et vérifier que je ne vais pas arriver trop tard au refuge. il est aux alentours de 17 h, le repas devrait être vers 18 h 30, ça doit jouer, faut pas traîner. J’estime mes chances de réussite à 50 %. Je repars à fond, en mode polaire sans gants… Je laisse Yves rejoindre le refuge.

Bon rapidement je me rends compte que partir sans gant est une erreur, il y a le passage raide que je vais devoir remonter à pied et qui est déjà dans l’ombre. Je remonte la pente en scrutant chaque endroit. Voilà le passage raide, je déchausse et grimpe à pied. Je parviens à retrouver les entailles d’une vieille trace. Par contre, sans gant, je vais avoir droit à bon petit onglet : les skis d’une main, les bâtons de l’autre. Brrrr… Les mains non protégée dégustent la neige glacée ! Quand j’arrive au dessus, c’est l’onglet, mais je n’ai pas le temps de m’apitoyer, ça passera en avançant.

Et j’avance en rejoignant la trace de montée et je retrouve le sommet. Bon, inspection rapide, mauvaise nouvelle : pas de téléphone. Les chances de « retrouvailles » tombent à 12 %. Aïe. Je retourne aux skis. et je file vers le bas en suivant ma trace, j’ai eu la bonne idée lors de ma première descente de m’écarter bien à gauche des autres traces. Je ne trouve rien. Je me retape le goulet, re-joie, seul différence, Yves n’est pas au dessus !  !!! quel bonheur de revoir les skis vibrer !
Je retrouve ma trace en dessous, mais je ne trouve rien. contournement des quelques crevasses .

Choux blanc, tout ça pour rien.

Chance de « retrouvaille »… moins de 1% peu être plutôt  un pour mille. Je ré inspecte mon sac, on ne sait jamais… mais toujours rien. Je file vers le refuge. J’avance bien sur ce terrain plutôt plat. Je rejoins le col de Bertol. pause les skis et file vers les échelle, flûte, j’ai oublié de laisser mes bâtons avec les skis.. je remonte les échelles. je vois Yves en haut qui m’attend l’air goguenard, il s’enquiert, un rictus à la bouche de ma réussite… ben non !

La-cabane-Bertol, ski de randonnée dans les alpes

La cabane Bertol

Toute ressemblance avec la réalité n’est que purement fortuite (ou presque) . Note de l’auteur…

Coucher-de-soleil-sur-la-Dent-de-Bertol-depuis-le-refuge, ski de randonnée dans les alpes

Coucher de soleil sur la Dent de Bertol depuis le refuge

La soirée

Avec la perte de mon téléphone, je suis arrivé un poil tard au refuge et dans les échelles, Yves m’accueille avec un œil un brin goguenard. Nous remontons ensemble les escaliers avant de nous poser dans l’entrée. Un passage vers la gardienne, j’observe qu’Yves s’empresse pour m’accompagner… soit ! Nous avons un peu de temps et chacun se livre à la lecture . Le repas, excellent, j’observe que l’aide gardienne, Fanny  est un peu débordée et je m’évertue à donner un coup de main pendant le service.

A la fin du repas, je propose à Anne-Marie, la gardienne, de faire la vaisselle. Yves m’accompagne,  heureux et guilleret . Et tandis que Fanny se brûle les mains dans une eau trop chaude, nous essuyons, verres, assiettes et couverts avec application. Notre tâche terminée, je vois qu’Yves fait une inspection des lieux, il découvre l’antre de la gardienne et ça a l’air de l’inspirer.

Refuge de sous marin

Un verre de Williamine plus tard, nous descendons au fond du sous marin, (oui le refuge ressemble un peu à un sous marin) par les escaliers méga raides, il ne faut pas s’en coller une, c’est le Crux de ces deux journées (coté D- IV  sur le topo C2C).

Le sommeil est difficile à trouver, je suis coincé entre Yves qui marmonne et un couple un peu trop amoureux… Minuit passe, je suis dans la ouate mais toujours éveillé. Mon voisin de droite a quitté sa couche. Je vois sa loupiote qui grimpe le vertical escalier. Une envie pressante sans doute.

3/4 d’heure plus tard, ne le voyant pas revenir, je m’inquiète, et je décide de mener l’enquête (c’est mon petit coté Colombo), à mon tour je gravis l’escalier et sors dans le froid glacial vers les toilettes. Le vent est là, je l’entends par a coup, wouïïnner (orthographe imprécise).

Bref ça wouïïne, mais au bout d’un moment, je me rends compte que ça n’est pas le vent… Je tourne la tête en direction du wouïnement, et là, que vois je par la fenêtre à l’intérieur…

Yves et Anne-Marie dans une position que la morale réprouve ! Je peux juste ajouter qu’il en faut de la souplesse pour en arriver là. Il va en falloir des séances ostéopathe et de kiné pour récupérer de tout ça !  Je décide de laisser les tourtereaux à leur affaire.

Bien plus tard, je vois qu’Yves remonte sur la couche, et s’endort directement, ronflement régulier… Comme un bienheureux.

départ-depuis-la-cabane-de-Bertol, ski de randonnée dans les alpes

Départ depuis la cabane de Bertol

Dur réveil pour une nouvelle journée en ski de randonnée à Arolla

Le lendemain matin, j’ai du mal à sortir mon acolyte du lit. Étonnant non ? Alors que les autres cordées font le bin’z depuis bien 20 minutes (allumant même la lumière), Yves dort. Il fini par m’entendre et s’exécute. On décolle vers la cuisine, où je croise Anne Marie, la mèche en pétard, la nuit a été courte ! Quand elle croise le regard d’Yves, ça sent l’Amour ! On finit par déjeuner puis décoller. Enfin, quand je dis décoller, c’est pas tout à fait ça car il faut descendre les 50 m d’escaliers et d’échelles pour rejoindre le col de Bertol, battu par les vents.

Nous croisons une cordée qui part vers les Dents de Bertol, je les informe de la perte de mon téléphone et leur dit de joindre la gardienne s’ils le retrouvent.

Pour la petite histoire, mon téléphone sera retrouvé en Août par un guide, le réchauffement climatique n’ayant laissé que de la glace vive, il est tombé sur mon téléphone au dessus du raidillon près du petit col sous les Dents de Bertol, le téléphone fonctionnait!

Yves part devant. Sur ce glacier bien plat (encore un glacier trop plat!). On n’a pas mis les peaux et on pousse sur les bâtons comme des canards maladroits. Au bout d’un moment, je me rends compte qu’il pleut, en fait non, ce sont des larmes, les larmes d’Yves, 10 m devant moi qui viennent me percuter violemment. je me retourne et je vois la gardienne, elle aussi en larme à sa fenêtre telle une princesse kidnappée par un méchant prince noir.

La séparation est cruelle.

 Nous rejoignons un assez gros groupe sur la partie basse du glacier. Nous les dépassons en mettant les peaux. Et c’est reparti. Malgré le chagrin, Yves est en forme, il file devant, je vois bien qu’il veut rattraper toutes les cordées parties avant nous ! Je vais passer une sale montée !

Le Vent est là, balayant la neige, faisant des petits tourbillons. Je flâne en faisant quelques photos. Yves est déjà au cul des 3 devant. Je vois qu’il attend que je le rejoigne avant de dépasser. Je reviens tranquillement. Mais dès que je suis là, il entame le dépassement. Il faut bourriner dans la neige non tracée. Je me mets dans le rouge, on dépasse le groupe tout en les saluant. Je suis à bout de souffle après le dépassement. Rapidement ils sont loin derrière, et Yves file devant, sans pitié. Je regarde du coin de l’œil la cordée progresser vers les dents de Bertol, deux petits points dans cette immensité.

Le Cervin et la Dent d’Herens finissent par se dégager dans le ciel, fiers ! J’adore, j’adore ces sommets. On rejoint la Tête Blanche, nous n’aurons pas rattrapé la première cordée. Le vent a arasé le sommet et on trouve de la glace sur les derniers mètres. Panorama magique. bonne pause, mais il faut déjà repartir.

le-Glacier-du-Mont-Miné---en-montant-à-Tête-Blanche, ski de randonnée dans les alpes

Le Glacier du Mont Miné,en montant à Tête Blanche

Quelques virages vers le col de Tête Blanche, une longue traversée sous le sommet, je suis la trace puis m’en fait une, à moi, et j’enfourne le ski gauche , bim bam, saut périlleux avant incontrôlé, me voilà la face dans la neige, glacée. J’ai le visage maculé de neige et tout irrité. Je me dégage de la neige, penaud. je remets tant bien que mal mes skis, époussette mon matériel, et rejoins Yves au col de Valpelline, lui est mort de rire .

On remet les peaux.

Je ne me souvenais pas que la pente était si peu raide, je suis venu ici il y a 20 ans avec Thibault, mon frère. La trace est impeccable, raide comme il faut, mais pas trop. Elle vient buter à gauche du sommet sur l’arête  pour profiter de la vue : INCROYABLE. La Dent d’Herens se dévoile avec ses glaciers suspendus qui semblent si proche. J’adore !  Elle est superbe, derrière, le fier Cervin dévoile son arête du Lion. J’adore cet endroit ! La trace remonte encore. et voilà le sommet. On pause les skis pour les derniers mètres avant de faire une pause photo et bouffe. Le saucisson est de sortie. J’observe la Dent d’Herens, gravie il y a 7 ans.

Sommet, ski de randonnée dans les alpes

Sommet

Vue-de-Tête-Blanche, ski de randonnée dans les alpes

Vue de Tête Blanche

On repart vers le bas, dans une poudreuse de rêve. Yves devant, moi, à la Go pro, derrière, on ne se refait pas. Le col est vite là, on croise deux randonneurs en raquettes, toutes mes sincères condoléances !… Ca a l’air bien galère avec ce mode de locomotion !!!

En-montant-vers-Tête-de-Valpelline, ski de randonnée dans les alpes

En montant vers Tête de Valpelline

Repeautage, et remontée rapide au col de tête Blanche où on repart dans la descente. Alors là, c’est étonnant, il y a d’énormes bosses sans doute formées par le vent. La neige, dessus est correcte, mais les vagues sont parfois tellement grosses qu’elles en deviennent difficile à skier. Dire qu’hier les conditions devaient être excellentes …  Quel malheur !

--Vue-de-tête-de-valpelline-–-le-Cervin-et-la-Dent-d

Vue de tête de valpelline–le Cervin et la Dent d’Herens

On fini par s’habituer, ça se skie, c’est déjà pas mal. Je surveille le paysage, je sais que sur le topo il faut passer à droite de Rota Mota, et toutes les traces prennent à gauche au centre du glacier. On décide, comme tout bon mouton de Panurge… de suivre les traces (il y a toute une étude à faire sur la prise de décision, c’est sûr !)

Attention aux crevasses et séracs

On bifurque à gauche entre les crevasses et les séracs, c’est magnifique et ça passe très bien. La Dent blanche se révèle, superbe ! La neige, elle est de moins en moins bonne. De plus en plus glacée sur le dessus. On en vient à se retrouver sur une bonne vieille croûtasse inskiable ! Une bonne galère !  Alors que visiblement, vu les traces, hier, c’était le paradis, aujourd’hui on ne peut plus skier et on s’en met plein les cuisses !

On rejoint un magnifique canyon, qui passe bien. La suite, ben c’est le peu de neige qui est tombé en début de semaine, sur le néant ! Bilan, on reste sur la trace et on tâche de ne pas toucher les perfides cailloux en dessous ! Mais on touche quand même , même beaucoup, mais on progresse. C’est plat, le bas du vallon, alors on pousse sur les bâtons. Et on rejoint la route. On peut encore skier un peu, mais la fin est proche et on finit par mettre les skis sur le sac.

On rejoint un magnifique canyon, qui passe bien. La suite, ben c’est le peu de neige qui est tombé en début de semaine, sur le néant ! Bilan, on reste sur la trace et on tâche de ne pas toucher les perfides cailloux en dessous !

Descente-sous-la-Dent-Blanche, ski de randonnée dans les alpes

Descente sous la Dent Blanche

Une fois sur le sac, il faut marcher en espérant trouver une voiture pour faire la navette à Arolla. Une femme avec son bébé en poussette nous dépasse et nous largue en courant, j’ai profité du dépassement pour négocier de nous faire descendre en stop mais ça n’a pas marché.

La loose !

Un peu plus tard, une camionnette arrive, STOP. Ils nous prennent et nous descendent aux Haudères alors que ça n’était pas leur destination au départ, sympa ! Reste à remonter en ski de randonnée à Arolla ce qui devrait être plus facile. Une vieille voiture arrive, un papy de 92 ans m’emmène un peu plus haut, il veut juste regarder les combats de Reine qui se tient aux Haudères  depuis le haut , à la jumelle. Me voilà sur un bout de route, seul, j’ai laissé Yves aux Haudères, Une voiture passe, deux jeunes, le joint au bec me prennent. Ils vont grimper un blog juste sous la Gouille.

Moment sympa de partage de bons plans (non, je n’ai pas partagé le joint!), ils me déposent à la Gouille et une troisième voiture, deux habitants d’Arolla m’emmène jusqu’au parking, sous le regard amusé d’un chamois. Le tour est joué, me voilà au parking ! Tout ça en en deux temps trois mouvements , ne reste qu’à  récupérer Yves et rejoindre Martigny, puis la maison.

Conclusion de notre raid en ski de randonnée à Arolla

fin, ski de randonnée dans les alpes
La région d’Arolla est vraiment un paradis pour le skieur de randonnée. On y trouve tout type de course, pour débutants mais également de beaux couloirs pour skieurs chevronnés. Il faudra toutefois se méfier, on est sur la Haute Route Chamonix Zermatt et il est parfois difficile de réserver les refuges situés sur le parcours !
Un conseil : ALLEZ Y ! vous ne serez pas déçus !!

Vidéos sur notre raid en ski de randonnée à Arolla

La Ruinette – Pigne d’Arolla
Tête blanche Tête de Valpelline

Matériel utilisé pour la sortie ski de randonnée à Arolla

Matos ski essentiel pour ce raid ski de randonnée à Arolla

CATÉGORIE  NOM DU MODÈLE  MARQUE    POURQUOI AVOIR FAIT LE CHOIX DE CE MODÈLE AU DÉPART ?   EST CE QUE CE CHOIX A RÉPONDU À CETTE EXPÉRIENCE RACONTÉ DANS CE ROADBOOK ?
SKI DE RANDONNÉE Zag Ubac ZAG skiabilité performants à la descente C’est un ski qui tourne facilement, inconvénient, un peu lourd et prend de la place. Etant donné qu’on n’a pas tellement skié, je prendrais des skis légers (et beaucoup moins « skiables » genre Trab sintesi light Un ski un peu plus léger mais stable à haute vitesse (est ce possible  ?)
PEAUX DE PHOQUE GlideLite Mohair Mix Custom STS 125 mm BD Colle efficace Pas de colle en rouleau pour les réencoller. Malheureusement)
La colle est efficace.
Revenir au Coll Tex
PELLE À NEIGE Economic ORTOVOX Prix et légèreté Jamais utilisée (en avalanche) Pelle en plastique. Quelle efficacité pour pelleter des blocs de neige dure/glace  ?
Pour le reste, elle est impeccable  : légère  !
Tester l’efficacité de la pelle dans un bas de coulée d’avalanche pour voir si ça n’est pas trop galère.
SONDE À NEIGE 200 Economic probe ORTOVOX Légèreté – taille repliée Rien à redire Bon choix
FIXATION TLT Vertical ST DYNAFIT légèreté Légère, Rien à redire
CHAUSSURES ZZéro 4 U DYNAFIT Efficace en descente Léger manque de débattement
Poids  : un peu trop lourdes
Prendre un modèle un peu plus léger en restant technique à la descente  !
ARVA S1 ORTOVOX Technicité, recherche rapide ARVA 3 antennes, très efficace en recherche multivictimes Bon choix

Matériel d’alpinisme durant ce raid en ski de randonnée à Arolla

 CRAMPONS  Corsa Nanotech de Camp  PETZL Crampons light avec des pointes en allu  Légereté :  maître mot quand au choix du matos pour cette course.
Crampon presque parfait si ça n’est l’absence d’antibotte !
L’absence d’antibotte me laisse perplexe… J’ai mis du scotch américain pour palier au problème, mais ça serait pas mal que camp en ajoute
PIOLET Fox carving Simond SIMOND Légèreté J’ai pris le plus petit modèle, un peu court à mon goût pour être à l’aise Peut être un corsa nanotech 70 cm
BÂTONS   Diamond trail trekking pole   BLACK DIAMOND   Fiabilité   Rien à redire, ils n’ont pas bougé   Je reprendrais les mêmes
CASQUE   Elios   PETZL   Poids   Ce modèle me satisfait !   Voir dans les nouveaux modèles « hyperlight » si il n’y a pas plus adapté (Petzl Sirocco)
CORDE 60 dry – 8,5 mm   MILLET Traitement dry   Corde idéale, un poil longue une corde plus courte : 30 m suffisent pour 2
BAUDRIER   Air   CAMP   Poids   Les lanières qui rejoignent le baudrier au tour de cuisse on tendance à lâcher   Je prendrais un baudrier plus solide.
SAC À DOS Guide 35 light DEUTER Poids + confort Suis super satisfait de cette acquisition. Suffisant pour deux jours de raid Excellent choix  !
FRONTALE Wizzard ARMYTEC   Puissance   Rien à redire pour la puissance, par contre le fait que la frontale soit transversale, fait que la corde peut se coincer derrière celle ci quand la pente est raide   Je prendrais la même
LUNETTES   Bivouac J383 Spectron 4   JULBO   Qualité des verres   Pas de problème pour les yeux, mais je les trouve un peu inconfortable ( pas assez derrière l’oreille)   Choix d’un autre modèle avec la même qualité de verre !
BÂTONS   Diamond trail trekking pole   BLACK DIAMOND   Fiabilité   Rien à redire, ils n’ont pas bougé   Je reprendrais les mêmes

Vêtements utilisés pour cette sortie ski de randonnée à Arolla

POLAIRE M Vector Grid Pro ½ Zip MAMMUT Chaleur
poche
Impeccable pas eu froid au piton des Neige
Poche tip top pour appareil photo ou GPS
Je prendrais la même !
VESTE   K jkt   MILLET   Pour être à l’abri des éléments (vent neige pluie)   J’adore cette veste Excellent choix  !
GANTS   Punischer   BLACK DIAMOND   Thermicité  Technicité   Les coutures commencent à lécher   Pas eu froid aux mains et c’est là le principal !
MOUFLES   Bionnassay   DÉCATHLON   Chaleur   Utilisées comme moufles de rechange, en fond de sac, bon rapport qualité prix   Avec un budget un peu plus élevé, des moufles plus techniques type BD. Je n’ai toujours pas trouvé de gants assez solides pour supporter longtemps le contact avec le piolet ! Malheureusement .
PANTALON TRX2 TRANGOWORLD   Technicité Chaleur Le pantalon que j’utilise toute l’année pour mes sorties alpi comme ski de rando. Il est chaud, prêt du corps. très confortable, il se laisse oublier. Un indispensable pour moi !

Accessoires utilisés durant 6 jours de ski de randonnée à Arolla

BANDEAU Nepal RAIDLIGHT Chaleur Raidlight fait un don de 7 € au NEPAL pour chaque bandeau vendu.
Une bonne action et un chouette bandeau au couleurs des drapeaux de prière
Le même (je l’emmène partout)
APPAREIL PHOTO TZ 40 PANASONIC Compact Batterie un peu juste pour les longs séjours Concernant la qualité de l’image, Je me demande si les anciennes versions n’avaient pas moins de grain…
MONTRE Suunto Ambit 2 SUUNTO technicité La montre parfaite (ou presque) GPS hyper précis
Je regrette  : le site movescount pas très convivial
La perte des données d’altitude précise quand on est sur movescount (pas de problème sur la montre, l’altimètre barométrique est très précis)
Autonomie un peu juste, je me suis créé un mode «  ski de rando éco  » pour tenir une semaine (mode moins gourmant en énergie)
Une des meilleurs montre du marcher
ne pas la mettre en mode cardio, autonomie un peu jute pour un raid de deux jours  !Passer à la Suunto ambit 3
Voir même à la Peak (qui a une autonomie plus longue)
GPS   E Trek vista HCX   GARMIN   GPS de rando   Avec le fond de carte et la préparation de la rando (téléchargement des fichiers GPS sur internet)
Difficulté à lire l’écran avec un grand ensoleillement
  Je suis assez satisfait du modèle. Si j’avais le budget, je prendrai un GPS plus moderne avec une meilleur réception satellite.

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