Escalade dans les Hautes Alpes : Grandes voies à Ailefroide au cœur du massif des écrins

par Expérience Outdoor

Florian DESJOUIS nous partage son séjour escalade grande voie à Ailefroide.
escalade grande voie à Ailefroide

Informations pour préparer une sortie escalade grande voie à Ailefroide

  • Date de la sortie

Juillet 2012

  • Lieu

France, Provence alpes côtes d’azur, Hautes alpes, Ailefroide (05340)

  • Depuis Montpellier

Montpellier => Ailefroide : 4h48, 382 km, 22 euros de péage.

  • Participants

Pascal R., FD.

  • Où dormir à ailefroide

Le champêtre camping d’Ailefroide, à 15 min en voiture du pré de Madame Carle. Hébergements possibles dans les environs.
Gite le moulin à papillon, à l’Argentière la Bessée : Un très joli gite, vraiment agréable, avec une cuisine en accès libre si nécessaire. Tarifs raisonnables, joli salon, et joli jardin. Tout à fait recommandable.

Gite « Le glacier bleu » dans le fort de Mont Dauphin : gite avec gestion libre dans le cœur du fort, très joli. Placé stratégiquement entre les Ecrins et le Queyras, des chambres très bien arrangées, des dortoirs très confortables. Un très beau gite.
Bon nombre de gites au cœur du Queyras (Ceillac, Château ville vieille, Molines, Arvieux…)

Gite « le Montbrison » aux Vigneaux. 04 92 23 10 99. Gite convenant parfaitement à des séjours en groupe : dortoirs confortables, grand salon, coin cuisine où l’on peut aisément faire sécher son matériel. Un gite « pratique ».
Hébergement possible aux Vigneaux, été/hiver.

Le gîte de Saint Alban : notre coup de cœur. Peu avant Guillestre, on bifurque à gauche sur une toute petite route que l’on remonte pendant même pas 10 minutes. On arrive au hameau de Saint Alban (quelques familles), où se trouve le magnifique gîte de Saint Alban. Daniel et Annick vous accueilleront très agréablement dans cette ancienne bâtisse refaite avec goût : c’est un écogîte confortable, on y est vraiment bien. 2 zones de gestion libre (possibilité d’avoir le petit déjeuner), une qui conviendra très bien aux plus grands groupes (cuisine collective…), une autre (notre préférée) plus arrangée, avec une cuisine en bois dans un salon avec vue panoramique sur la vallée. Bref, allez voir le site, ou encore mieux, sur place !

Le gîte de Pinfol : l’intersection est un peu plus proche de Guillestre, et ce sera toujours à gauche. Compter 15/20 bonnes minutes pour le rejoindre ensuite. Pas de gestion libre normalement, mais si il n’y a personne d’autre que vous durant le we (ça arrive assez souvent les we d’hiver, du fait qu’il soit excentré), ils vous laisseront la cuisine à dispos. Une très belle bâtisse, un intérieur un peu plus rustique que Saint Alban (perso je préfère !), de belles grosses poutres au plafond, une cheminée et un poêle qui seront certainement allumés à votre retour de randonnée, et tout ce qu’il faut pour bien récupérer de vos efforts du we. Différent de Saint Alban, mais pas moins bien !

  • Où se restaurer/où se réapprovisionner à Ailefroide

Durant l’été, un petit supermarché est ouvert à Ailefroide, ainsi qu’un magasin de sport/montagne.
Vous trouverez tout au long de l’année à l’Argentière la Bessée toutes les commodités : supermarchés, station essence, boulangerie, magasins de sports…

  • Office du tourisme d’ailefroide

Ailefroide.com : toutes les infos sur Ailefroide.
Pays des Ecrins.com : Site généraliste pour obtenir toutes les infos nécessaires afin d’organiser au mieux son séjour.

  • Caractéristiques des falaises d’ailefroide

Ailefroide se trouve en haut de la vallée aboutissant sur 2 lieux majeurs des Ecrins : le glacier blanc et le glacier noir.
Village déserté l’hiver (la route d’accès n’étant pas dégager), il s’anime dès la fin du printemps, et particulièrement durant la période estivale.

Vous trouverez sur Ailefroide l’escalade sous quasiment toutes ses formes : grandes voies (équipées pour la très grande majorité), couennes, et un très joli site de bloc.

Vous grimperez sur du granit. Les temps d’accès au secteur sont le plus souvent assez court : entre 30 sec et 20 min.
L’escalade proposée à Ailefroide est une escalade « facile » : facile d’accès, facile en terme de difficulté (la majorité des grandes voies ne dépassent pas le 6, un certain nombre sont dans le 5) malgré un paquet de blocs extrêmes ainsi que quelques secteurs de couennes bien rudes aussi. Accessible aussi car généralement bien équipée, méfiez-vous quand même de quelques pas de dalle pas piquez des vers (ils savaient poser les pieds les anciens !). Et tout ça dans un lieu où il fait bon vivre : un camping des plus agréable, juste ce qu’il faut dans le village (un shop de matériel montagne/escalade, une supérette, un bar/resto avec une superbe terrasse ombragée), et un climat généralement clément.

  • Sites d’escalades dans les environs

Aie aie aie, il faut choisir ? Les Hautes Alpes regorgent de sites vraiment sympas, très variés.
Dans les environs de Vallouise, quelques sites remarquables (que je connais, un grand nombre doivent être à découvrir absolument, mais je n’y suis jamais allé) :
– Tournoux
– Grand bois
– Fessourier
Dans les environs de l’Argentière la Béssée :
– Le Fournel
– Rocher des Brumes
Du côté de Briançon :
– Les Ayes
– Casse de prelles
Vallée de la Guisane :
– Chemin du Roy
Vallée de Tramouillon/ Saint Crépin :
– Le Ponteil
– Paroi des lys
Guillestre :
– Montdauphin
– Rue des masques
Et tant d’autres, tous les sites sont à retrouver dans le topo : « Escalade en Briançonnais, Haut val Durance, Queyras », par Yann, Martine et Jean Jacques Rolland

  • Et quoi d’autres dans les environs

Pour l’alpinisme, il y a le glacier noir, au départ du pré de madame Carle comme le glacier blanc. De nombreuses voies d’alpinisme, un ton au-dessus des voies du glacier blanc en termes de difficultés et d’engagement. Des grandes parois rocheuses ou mixtes au long périple sur arête, vous serez servis par de l’alpinisme de caractère.
A vous de choisir : Cliquez ici

Le secteur du refuge du glacier blanc/refuge temple écrins est un des secteurs phares de l’alpinisme des écrins. De très nombreuses courses de niveaux faciles à moyens la plupart du temps (du F au D en grande majorité), un accès relativement aisé, une atmosphère de haute montagne et un glacier idéal pour découvrir l’évolution sur glacier et les techniques de cramponnage. L’alpinisme estival est donc en fête dans ce secteur, mais le ski alpinisme aussi !

Au départ du refuge du Glacier Blanc : Camp To Camp
Au départ du refuge des Ecrins : Camp To Camp
Certaines sorties peuvent se faire au départ des 2 refuges.
Pour les randonnées à pied, 3 exemples dans un choix énorme :
Vallon de Clapouse, Ailefroide : 660 m de d+, 8 km.
Lac de l’Eychauda, col des grangettes, 970 d+, 13 km.
Glacier noir et glacier blanc, environ 600 de d+ pour chacun, 6,5 km.
Site regroupant un certain nombre de randonnées à pied, vtt, ski de randonnée et ski de fond : Cliquez ici

  • Bibliographie

« Escalade en Briançonnais, Haut val Durance, Queyras », par Yann, Martine et Jean Jacques Rolland. Le topo de référence pour la falaise et les grandes voies équipées dans ce coin-là.

  • Voies faites durant notre séjour escalade grande voie à Ailefroide

« Pilier du levant » : secteur 7- Orages d’étoiles, 200 m,TD-, 6b max, 5c oblig, équipée.
Voie d’un niveau tout à fait accessible, bien équipée et vraiment très agréable, avec un superbe point de vue sur le village et la vallée. Très jolie.
« Passe-moi les jumelles » : Secteur 8 – Rochers Pélissier, 120 m, TD+, 6B+ max, 6a+ oblig, équipée. . Une voie plus secondaire que la précédente, moins d’ampleur et plus monotone.
« La nocturne » : secteur 13 – plan des durs, 350 m, TD, 6a max, partiellement équipée. Un joli petit voyage dans un coin tranquille d’Ailefroide, beaucoup d’équipement en place globalement, mais friends indispensables pour quelques longueurs, particulièrement la 8ème longueur dans le topo rolland et 7ème dans le topo camp to camp (aucun équipement, superbe fissure évidente à protéger : cf photo 8)

Séjour escalade grande voie à Ailefroide

La troupe se lance à petit train sur le petit sentier rocailleux qui mène à la falaise de Saint Bauzille de Montmel. Tout le monde prend des nouvelles de tout le monde : Pascal se traine son éternelle tendinite et ça le désespère. Il peut grimper, mais ne doit pas trop forcer. Pas toujours évident, surtout à Saint Bau, où l’on peut facilement se retrouver à forcer plus que de raisons pour rattraper une zippette sournoise.
Nous arrivons tranquillement au pied du secteur classique du secteur : Pascal me questionne sur le programme des semaines à venir. Dans l’immédiat, peu de disponibilités mais je lui glisse que je cherche du monde pour aller grimper dans quelques semaines. Il saisit la proposition au vol, il est intéressé ! C’est parti pour un petit we prolongé, il ne pourra guère se libérer plus. Tant pis, tout est bon à prendre.
Ses soucis de coudes nous font viser des voies faciles : nous avons tous les 2 envies de voies sympas, ludiques, sur du beau caillou. Pourquoi pas Ailefroide ? Vendu. Un joli camping, une belle nature, un joli coin de montagne, et des voies à ne plus savoir qu’en faire : les ingrédients sont réunis pour un séjour réussi.
Rendez-vous 2 semaines plus tard à Saint Bauzille de Montmel : un vendredi après-midi pour faire la route tranquillement, une bonne humeur communicative, une envie partagée de passer un bon moment.
Nous arrivons en fin d’après-midi dans le camping champêtre d’Ailefroide : la fraicheur des lieux nous fait du bien, nous qui venons de quitter la fournaise du midi de la France. Pas trop de monde, nous avons l’embarras du choix : les emplacements ne sont ici que vaguement délimités en larges secteurs, nous nous installons dans un petit coin tranquille, soucieux de ne pas empiéter sur les hectares du voisin.
Nous étalons allégrement nos victuailles dans cette herbe grasse comme nous n’en avons si peu à Montpellier. Le réchaud ronronne aimablement, et nous nous empressons de savourer cette première gorgée de bière qui a le gout des vacances et des bons moments. Nous feuilletons le topo escalade sans y chercher quelque chose de précis, simplement prendre connaissance du choix. Et l’offre de voies est grande !
La nuit nous a enveloppés depuis un certain temps déjà, il est temps d’aller se plonger dans le duvet, la nuit porte conseil.
Réveil matinal, il fait encore frais : l’humidité du petit matin nous enveloppe et nous imprègne même, le réchaud laissé dehors durant la nuit peine à se mettre en route. Peu de mouvements et de mots tant que les premières gorgées de café brulant ne seront pas avalées. Le calme qui règne dans le camping est absolu, personne ne bouge, pas un son si ce n’est le grondement du torrent que l’on distingue à quelques centaines de mètres de notre emplacement. Il n’est pas si tôt pourtant, mais nous sommes en dehors des standards de réveils.
Les langues se délient à l’heure où nous allons devoir choisir ; un choix qui prendra la forme d’un non choix : nous en choisirons 2 au lieu d’une, histoire de nous faciliter la tâche, nous n’aurons pas à trancher.
Nous lançons le moteur presque gênés de rompre la quiétude des lieux : quelques minutes de voiture à peine (nous aurions pu largement nous en passer) et nous voilà arrivés au point du départ du sentier. Un petit sentier lissé par les nombreux passages de marcheurs et grimpeurs, un petit sentier qui serpente aux milieux des prairies en direction de notre modeste objectif.
Le soleil nous rejoint alors que nous atteignons le pied de ce joli pilier : personne ne semble vouloir nous rejoindre, nous prenons le temps de nous préparer sans se mettre la pression. Le soleil tiédit l’atmosphère déjà réchauffée par la petite approche : il fait bon, pas franchement une ambiance haute montagne !

escalade grande voie à Ailefroide

Gros plaisir pour cette première longueur, celui de se retrouver seuls et au calme dans ce joli coin de montagne

escalade grande voie à Ailefroide

Pascal se régale derrière

Première longueur et premier contact avec le granit d’Ailefroide : on se laisse surprendre à se concentrer malgré des cotations bien modestes dans ces dalles à ski typiques du coin. Mais les bossettes ne manquent pas et le caillou est excellent, pas de doute la dessus. Un premier relais des plus confortables, nous dominons dès à présent les grands champs dorés au pied des parois. Pascal me rejoint rapidement, le sourire aux lèvres, une escalade qui conviendra tout à fait à ses problèmes de coude.

escalade grande voie à Ailefroide

Nous naviguons le long du fil de l’arête au grès des longueurs

Les 7 longueurs s’enchaînent avec facilité, ça n’est pas trop dur et bien équipé. Nous savourons à chaque relais notre solitude, solitude pouvant se faire rare dans certaines voies d’Ailefroide au cœur de l’été. L’arrivée au sommet sera l’occasion de faire une petite pause contemplative, c’est bien lors de ces journées et dans ce genre de voies que l’on peut se le permettre.

escalade grande voie à Ailefroide

Ca se redresse un peu, de temps en temps

Quelques rappels plus tard et nous voilà au pied des dalles qui bordent le pilier : il n’est pas tard, nous avons le temps de trainer un petit peu avant de repartir dans la seconde voie. Direction le camping où on se laissera aller à quelques instants d’inactivité, entre sieste et lectures, casser un rythme pour en prendre un autre, entamer une deuxième petite journée.
Les heures s’écoulent tranquillement et quelques nuages menaçant viennent brouiller nos plans « décontract – relax ». On s’active un petit peu donc pour essayer de valoriser autant que possible cette fin d’après-midi : joie de l’été, on peut envisager de grimper tard sans souci. On en choisit une plutôt efficace, « passe-moi les jumelles » : 3 grandes longueurs et pis c’est tout !

escalade grande voie à Ailefroide

De la dalle je vous dis !

Le scénario se répète, une belle dalouze sur laquelle on ne court pas franchement, le retour au granit est toujours à l’origine de nombreux (ré)apprentissages. Arrivés à R1, quelques gouttes viennent nous chatouiller un peu : il semble nous rester quelques courts instants de répit, on tente notre chance. Je pars vite fait bien fait dans ce joli mur compacte et raid aux réglettes bienveillantes, puis une grande dalle obscure se profile : les gouttes se font de plus en plus insistantes, le jeu risque de ne pas d’être la même sous une averse !
Mais j’atteins le relais avant la punition. Idem pour Pascal malgré quelques difficultés dans la partie la plus raide de la longueur, ça tire sur les doigts ! A peine arrivés, la pluie augmente gentiment mais surement son débit : nous préparons en vitesse ce premier rappel, puis le deuxième. Un peu humide mais pas tant au regard des nuages qui nous entourent, nous nous enfuyons en direction de la voiture.
Et nous voilà de retour dans notre forêt vierge : les quelques gouttes tombées n’ont pas réussi à transpercer la dense verdure du camping, notre emplacement est totalement sec. Nous sommes tous les deux bien heureux de cette belle journée de plein air, prêts à apprécier cette douce soirée qui s’annonce. Et nous apprécions d’autant plus cette soirée que nous savons que tout ça se prolongera demain, pour une nouvelle journée de grimpe.
Demain nous envisageons un autre projet, plus long, et un peu moins équipé : la nocturne. 13 longueurs oscillant entre le 5c et le 6a, semi équipées, dans un coin un peu plus à l’écart que les grandes classiques d’Ailefroide.
Un réveil qui vient nous chercher loin dans nos rêveries, un café catalyseur de paroles et libérateur de l’esprit, une fraicheur matinale qui aide à décoller les paupières, une approche dans un lieu des plus merveilleux, une nature qui expose sa vigueur. Vu comme ça, c’est toujours la même rengaine, dur dur la routine.
Nous voilà arrivés au pied des hostilités, une grande paroi au granit sombre, un pas de dalle qui réveille un peu, un soleil qui nous chauffe plus que de raisons, décidément, les journées se ressemblent. Pourtant aucune lassitude ne pointe à l’horizon, bien au contraire, la joie simple de se balader dans cette grande paroi, un nouveau lieu, une nouvelle voie.

escalade grande voie à Ailefroide

L2, déjà bien au soleil, nous allons rôtir !

La voie prétendument peu équipée l’est quand même pas mal donc pas trop de souci : un petit friend ici, un petit câblé là, et un gros spit brillant au milieu, ça roule et ça déroule. J’entends un peu couiner derrière lorsque cela devient un peu trop physique, un peu trop à bras ; mais Pascal n’est jamais avare pour fournir un effort, et ce sera toujours la mine enjouée qu’il me rejoindra au relais, simplement heureux d’être ici.

escalade grande voie à Ailefroide

Relais confort, et la vue est pas mal

Les longueurs s’enchainent et la bouche se fait de plus en plus sèche me concernant : Pascal étant le second de cordée, il porte l’unique sac à dos de la cordée, avec les 3 litres d’eau pour nous 2. Je tarde et j’oublie à chaque relais de quémander ma part, jusqu’à réclamer mon dû aux environs de R7. Et Pascal de me dire qu’il a tout sifflé, les 3 l !!! J’hallucine qu’il ait pu enquiller 3 l d’eau sans frémir en quelques heures à peine. Il m’avait prévenu qu’il buvait beaucoup, mais alors à ce point. Il se confond en excuse, pas grave, il me paiera un coup au bar.

escalade grande voie à Ailefroide

La seule longueur pas du tout équipée, mais qui se protège à merveille

Nous continuons notre petit marathon de la dalle, mais pas que, pour déboucher au sommet en tout début d’après-midi. On se prend une bonne pause à l’ombre d’un grand pin acrobate, et on déguste tant bien que mal quelques gâteaux sablés qui finissent de nous plâtrer définitivement le palais…
Je laisse Pascal gérer les premiers rappels, après avoir été leader durant toute la voie sans pouvoir boire une goutte (et il fait chaud sur cette grande paroi de granit noire, exposée sud-est…). Le ciel se voile légèrement, ouf ça fait du bien.

escalade grande voie à Ailefroide

C’est parti pour la descente, deuxième chantier de la journée

Arrivés sur la vire intermédiaire, le topo indique qu’un retour est possible en la suivant : nous nous attendons bêtement à une grande vire herbeuse confortable comme cela donne l’impression sur la photo du topo. Rien de tout cela évidemment, nous démarrons tranquillement sur une sente, sente qui se transformera rapidement en désescalade, puis la désescalade en jardinage, puis le jardinage en jardi-desescalade.
Et l’on aperçoit toute une série de queues de cochon un peu plus loin : original ! C’est donc ça ! On bifurque héroïquement un peu en contrebas après avoir suivi avec un certain étonnement ces étranges ancrages. Erreur : on se retrouve à devoir faire une série de pas en adhérence sur une dalle gravillonnée, juste au-dessus de la barre : ne pas hésiter, ne pas hésiter, et ça passe !
Ce n’était pas si mal les touffes d’herbes tout compte fait donc nous repartons de bon cœur dans le jardi-désescalade. Ouf. 53 queues de cochons plus tard, nous pouvons taper un bon rappel qui nous déposera sur la terre ferme : c’est pas mal aussi !
Nous sommes déjà en fin d’après-midi, la journée est passée bien vite, comme toujours en montagne. Encore une belle journée au grand air en bonne compagnie, nous avons pris un plaisir immense à grimper tous les 2 durant ces 2 jours, dans un cadre un peu différent que celui des couennes du midi de la France.
La fraicheur des sous-bois nous enveloppe pour notre plus grand plaisir. Je sens mes articulations bien raides et un mal de crane pointer le bout de son nez, la concentration de cette journée laisse place à la relâche et aux petit désagréments qui peuvent l’accompagner. Je commence à être bien déshydraté, il est temps pour nous de remettre un peu de carburant dans les moteurs.
Encore bercé par sa culpabilité, Pascal ne pourra s’empêcher de me payer plusieurs coups à boire, non alcoolisés de préférence, le tout accompagné d’une bonne glace et d’une bonne crêpe. On repart quand tu veux grimper ensemble Pascal, et n’hésites pas à siphonner les réserves d’eau à nouveau, ça m’assure un gouter/apéro de hautes volées.

Conclusion de notre séjour escalade grande voie à Ailefroide

Quel bel beau massif que les Ecrins ! On ne se lasse pas de ses multiples trésors et Ailefroide en est un. Le lieu est simplement beau, on s’y sent bien. Une belle escalade, tout à fait accessible au plus grand nombre, une grande variété d’activités à portée de main, difficile de louper son séjour.

Matériel utilisé pour ce séjour escalade grande voie à Ailefroide

 CATÉGORIE  MODÈLE MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT CE CHOIX LORS DE L’ACHAT  CE CHOIX A-T-IL RÉPONDU AUX BESOINS DE LA SORTIE  SI C’ÉTAIT À REFAIRE 
CORDE À DOUBLE Rubix triaxale 8.5 en 2 fois 50 m  MILLET Durabilité annoncée (et vérifiée : aucun signe d’usure après une cinquantaine de sorties) Oui  Je réfléchirai à 2 autres solutions possibles, en penchant je pense pour la seconde:- Pour l’utilisation grande voie équipée stricte : Utiliser un brin de corde à simple de 50 m (une ancienne corde que l’on a coupée par exemple) pour l’assurage durant l’ascension auquel on ajoute une corde de faible diamètre/poids (n’ayant pas besoin de qualité dynamique) que l’on attache sur le porte matériel. Ce dernier brin servira au rappel et à hisser le sac pour que tout le monde grimpe léger et quand ça grimpe un peu, ce n’est vraiment pas désagréable ! – La seconde solution, que me semble la meilleure : 2 brins de 60 m joker BEAL pour une utilisation identique à la solution précédente auquel on ajoute l’utilisation en terrain d’aventure.
 BAUDRIER  Sama  PETZL  Confort Bon marché  Oui, mais il s’use beaucoup trop vite.  Baudrier qui a répondu à mes attentes : plutôt léger, confortable (en couenne comme en grande voie), et j’arrive à l’enfiler avec mon pantalon d’alpinisme malgré les jambières non réglables. Mais il s’use à vitesse grand V !! Je l’utilise beaucoup certes, mais comment expliquer que mon précédent baudrier (de la même marque) était en très bon état au bout de 8 ans d’utilisation, et que celui-ci est l’air fragilisé au bout de 3 ans…
 DÉGAINES  Ange  PETZL   Le poids en priorité ++. La taille (pour les versions longues) aussi (un moyen de plus de lutter contre le tirage)  Très bien adapté  Je suis pleinement satisfait de mon achat. Le gain de poids est très concret, c’est évident, mais ce sont aussi des dégaines moins encombrantes que mes précédentes : l’organisation de mon baudrier n’en est que plus clair. Les anges se manipulent bien aussi avec des gants ; le mousqueton taille L côté clippage et quand même bien plus aisée à manier que celui des petites tailles. Bref, c’est top, avec un gros bémol, son prix !!!
 CHAUSSONS ESCALADE  Katana  LA SPORTIVA   Les scratchs : comment faisait t on avant ? Que ce soit en salle ou grande voie en bloc et éventuellement en couenne, c’est tellement pratique de pouvoir se déchausser/rechausser en quelques secondes, pendus aux relais, au pied des blocs, quand on enchaine les voies en salle… C’est un des critères de choix prioritaires en ce qui me concerne. Précis Confortables  Idéal  C’est clair, je les garde ! Je recherchais un chausson le plus polyvalent, qui réponde à mes besoins du bloc en salle au terrain montagne : la katana a répondu à mes attentes ! bravo LA SPORTIVA. J’utilise tout de même une nouvelle paire de chaussons pour les couennes un peu techniques : les apaches V de chez BOLDRINI : précisions et sensations au top.
 SYSTÈME D’ASSURAGE  Reverso  PETZL  Simple à manipuler N’ayant eu que ce système d’assurage, je n’ai peu d’éléments de comparaison !  Très bien adapté  Je prendrais le smart de MAMMUT (la version corde à double) car il est autobloquant (pour prendre des photos du premier plus facilement) ! A voir à l’utilisation ce qu’il en est.
 SAC À DOS  Lynx  GRIVEL  Très confortable : le découpage des mousses dorsales évite au sac de se transformer en boule. Forme idéale : très étroit dans le bas du dos pour dégager les portes matériels. Pratique : c’est tellement pratique ces porte-matériel supplémentaires qui sont sur les bretelles du sac, et pas besoin de faire de l’artif, il suffit d’une voie comme la walker (des guarrigues ! pas celle des jorasses). ca a vraiment le mérite de clarifier l’organisation du matos. Beaucoup moins d’intérêt dans une voie toutes équipées. Litrage adapté, ni trop gros ni trop petit pour ce genre de grande voie (nous avons pris un sac pour 2 pour les 2 jours)  Idéal  Tout est dit ! C’est le sac que j’aurais dû acheter dès le départ. Top.
 SANGLE  120cm  DYNEEMA  Légèreté Maniable Beaucoup plus facile de faire des nœuds avec moins de « mou »  Très bien adaptée  Je reprends les mêmes, 120 cm est la taille idéale.
 MOUSQUETON À VIS  BLACK DIAMOND  Léger  Très bien adapté  Je prends les mêmes. Attention, les plus léger sont souvent petits, ne conviennent pas à certaines manips (passer dans la poulie bloqueur petzl par exemple)
 SAC À MAGNÉSIE  LE YÉTI  Bien adapté  J’achèterai le cocoon clic clac de chez BEAL : en plus des avantages de mon sac à pof, il a une fermeture plus simple et hermétique que le serrage avec cordon.
 CASQUE ESCALADE  Meteor 3  PETZL  Poids : on l’oublie complétement Stabilité : il a l’énorme avantage de ne pas se balader tout autour du crâne => le soutien derrière la nuque est très efficace Confort  Idéal  Je prends le même sans aucun doute : je ne demande rien de plus à un casque, et il me fait oublier l’Elios de chez Petzl qui était vraiment très moyen pour la grimpe (cf compte rendu maroc taghia)
 MAILLON RAPIDE  RAS  RAS  RAS
 CORDELETTE 5MM  RAS  RAS  RAS
 FICELOU  RAS  RAS  RAS
 COUTEAU  PETZL  RAS  RAS  RAS
 BASKET  Speed cross  SALOMON  Le voyage/tourisme : extrêmement légères, confortables ce sont des pantoufles de ville ! le laçage rapide est aisé et pratique dans les transports (avions, bus, …). Le tissu très fin est aussi intéressant, si les chaussures sont mouillées rapidement, elle sèche extrêmement rapidement, beaucoup plus que des chaussures classiques (et quand on prend une pluie d’orage ou que l’on marche dans une flaque, elles seraient les deux quasiment aussi humides de toute façon). – escalade en grande voie : où l‘on se trimballe assez de poids au baudrier pour ne pas s’en rajouter avec les chaussures. Je gagne 700g par rapport au poids d’une paire de chaussures d’approche classique (speed cross : 290 g en 42 et mon ancien modèle pour les approches, les merrel chameleon 3 : 1040 g en 43). Et l’accroche est bien suffisante (ce sont des chaussures de trail)  Très bien adaptées  Vraiment top, je les garde : évidemment, cela s’use un peu plus vite que des chaussures d’approches 2 fois plus lourdes, mais on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre !
 PANTALON  DÉCATHLON  RAS  RAS  RAS
 T-SHIRT TECHNIQUE  Capilène 2 Lighweight  PATAGONIA confortable (élasthanne) – léger- sèche très vite  Très bien adapté  Malgré un prix assez élevé, il se fait vraiment oublier : un très bon compagnon pour les sports d’extérieurs.
 T-SHIRT  Laine mérinos 260  ICEBREAKER  Très bon apport de chaleur – Léger, confortable, bien taillé pour les hommes fins : on l’oublie complètement, même en grimpant – 1 détail : l’encoche pour placer le pouce dans la manche => mine de rien, quand il fait frais, ça couvre un peu plus de surface et ferme franchement les écoutilles : efficace  Bien adapté  Je le garde, sans aucun doute. En France, je l’utilise à toutes les sauces : salle, couenne grande voie, ski… Il a sa place partout. J’ai payé un peu cher mais je ne regrette pas. Le prix reste excessif tout de même…
 MICRO POLAIRE  R1  PATAGONIA apport de chaleur correct – très confortable (membrane souple, intérieur doux) – assez bien taillée, bien que le diamètre des manches soit un peu trop important, je flotte un peu (pour moi, mais je suis fin …)  N’a pas beaucoup servis ! Il faisiat bien chaud.  Je la garde, sans aucun doute. En France, je l’utilise à toutes les sauces : salle, couenne grande voie, ski… Elle a sa place partout. J’ai payé un peu cher mais je ne regrette pas.
 VESTE  Lim  HAGLOFS  Poids ! Volume de rangement  Tres bien adaptée, car toujours bon d’avoir une veste avec soi dans ce type de grande voie, et on ne regrette pas de l’avoir transportée pour rien car elle est très légère.  Je reprends la même : cette veste je l’ai achetée dans un souci de gain de poids/volume pour l’utilisation grande voie, alpinisme estival et ski de randonnée à la journée. Dans ces utilisations-là, elle est parfaite. Par contre en raid à ski, en cascade … je prends ma stratosphere (The north face) qui a une protection quand même bien supérieure et est bien plus solide dans le temps je pense (je n’ai la Haglöfs que depuis deux grosses années).
 LUNETTES DE SOLEIL   Spectron  JULBO  Bon maintient au visage (fin) Protection 4  Bien adaptées  Ce serait à refaire, je me renseignerais sur les lunettes en verre photochromiques : la protection 4 est évidemment une garantie lorsque l’on évolue sur la neige toute la journée, mais dans des situations moins lumineuses, c’est un peu trop sombre.

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