Cascade de Glace et Ski dans les Ecrins : Cervières et Fournel

par Expérience Outdoor
Yoann FOULON et Florian DESJOUIS nous partagent leur expérience de cascade de glace et ski dans les Écrins : Cervières et Fournel

Informations pour préparer une session cascade de glace et ski dans les Écrins

Date : Janvier 2013
Lieu :
France, Provence Alpes Côte d’Azur, Hautes Alpes, Guillestre (05600)

Depuis Montpellier :
Montpellier => Guillestre : 3h45, 22,3 euros de péage, 352 km

Participants :
Yoann FOULON et Florian DESJOUIS

Où dormir :
Gite « Le glacier bleu » dans le fort de Mont Dauphin : gite avec gestion libre dans le cœur du fort, très joli. Placé stratégiquement entre les Ecrins et le Queyras, des chambres très bien arrangées, des dortoirs très confortables. Un très beau gite.

Gites-Refuges-Queyras
: un site assez complet regroupant bon nombre de gites au cœur du Queyras (Ceillac, Château ville vieille, Molines, Arvieux…)

Gite « le Montbrison » aux Vigneaux. 04 92 23 10 99. Gite convenant parfaitement à des séjours en groupe : dortoirs confortables, grand salon, coin cuisine où l’on peut aisément faire sécher son matériel. Un gite « pratique ».

Hébergement possible aux Vigneaux, été/hiver : Cliquez ici

Hébergement possible dans les environs : Cliquez ici

Le gîte de Saint Alban : notre coup de cœur. Peu avant Guillestre, on bifurque à gauche sur une toute petite route que l’on remonte pendant même pas 10 minutes. On arrive au hameau de Saint Alban (quelques familles), où se trouve le magnifique gîte de Saint Alban. Daniel et Annick vous accueilleront très agréablement dans cette ancienne bâtisse refaite avec goût : c’est un écogîte confortable, on y est vraiment bien. 2 zones de gestion libre (possibilité d’avoir le petit déjeuner), une qui conviendra très bien aux plus grands groupes (cuisine collective…), une autre (notre préférée) plus arrangée, avec une cuisine en bois dans un salon avec vue panoramique sur la vallée. Bref, allez voir le site, ou encore mieux, sur place !

Le gîte de Pinfol : l’intersection est un peu plus proche de Guillestre, et ce sera toujours à gauche. Compter 15/20 bonnes minutes pour le rejoindre ensuite. Pas de gestion libre normalement, mais si il n’y a personne d’autre que vous durant le we (ça arrive assez souvent les we d’hiver, du fait qu’il soit excentré), ils vous laisseront la cuisine à dispos. Une très belle bâtisse, un intérieur un peu plus rustique que Saint Alban (perso je préfère !), de belles grosses poutres au plafond, une cheminée et un poêle qui seront certainement allumés à votre retour de randonnée, et tout ce qu’il faut pour bien récupérer de vos efforts du we. Différent de Saint Alban, mais pas moins bien !
La cabane de la salce : c’est la cabane dans laquelle nous avons dormi durant 2 nuits. Elle se trouve dans le vallon du Fournel, à quelques centaines de mètres du parking le plus proche des cascades (celui accessible uniquement par route déneigée). Vous pouvez récupérer la clé à l’office du tourisme de l’argentière, téléphonez avant, réservation possible.
C’est gratuit. 4 bons matelas, ça doit être serré à plus de deux avec tout le bazar du grimpeur. Le poêle ne fonctionnait pas (pas de tuyau d’extraction) lorsque nous y avons dormi, atmosphère glaciale dans ce cube de béton enfoui sous la neige, et ne voyant pas le soleil de la journée. Rustique dans ces conditions…
Où se restaurer/où se réapprovisionner :
Supermarché 2 km avant Guillestre, et dans Guillestre, à l’Argentière la Bessée, à Briançon.
Boulangerie à Eygliers (au pied de Montdauphin, où se trouve la gare) et évidemment dans les patelins cités précédemment.

Office du tourisme :
Guillestre
Pays des Ecrins, la vallée et même un peu plus
Briançon

Caractéristique du massif :
Cervières : un très joli petit secteur de couennes dans un cadre vraiment sympa : le pied des voies est confortable et donne sur un panorama bien dégagé, de belles longueurs en glace et mixte. Très classe.

Fournel : un des secteurs phare de la région, avec un choix énorme. De très nombreuses cascades de tous niveaux dans ce vallon très froid, l’accès est bien long pour une grande partie des cascades lorsque la route n’est pas déneigée (uniquement pour l’ice climbing, et après tant qu’il n’a pas neigé). Attention à la nivologie, la majorité des cascades sont dominées par de grandes pentes de neige relativement raides.

Autres sites dans les environs :
La Grave, les Orres, Ceillac, autant de noms qui résonnent comme des références pour les glaciairistes. De très nombreux sites plus « confidentiels » mais tout à fait intéressants sont à découvrir. Bref, un choix énorme pour ce beau coin des Alpes.

Bibliographie :
« Glace et mixte en cascade : Briançonnais, Argentiérois, Embrunais » de E. Fine et Ph.Turin Edition 2005. Le topo de la Mecque de la cascade de glace dans les Alpes. Toutes les informations sur tous les secteurs allant de La Grave aux Orres. Indispensable. 2 petits reproches tout de même : on aurait aimé avoir systématiquement le tracé sur photo (très souvent le cas mais pas systématique) et (la date de l’édition le justifie) avoir le topo des sites de dry de la vallée.

Lien internet :
Camp To Camp : le portail glace de camp to camp, une bonne base pour prendre des infos sur les conditions et sur des sites que l’on souhaite découvrir.

Ice Fall : une référence pour suivre les conditions des cascades dans les Hautes Alpes : des témoignages réguliers de grimpeurs et des guides à l’origine du site, synthèse de la météo passée et à venir. Très utile.

Programme en détail :
Cascade :

« Wild girl », 200 m, 4+, Secteur palais bleu, Fournel : Une jolie voie dans un très joli secteur du Fournel (palais bleu), au « calme ». Doit être intéressant et tout à fait faisable d’enchainer 2 voies dans la journée. Belle ambiance dans ce petit cirque.

« Libérez les lutin », 400 m/5 longueurs, 5, secteur palais des glaces, Fournel : Nous n’avons pas fait les 2 dernières longueurs (crux) pas en conditions. Mais c’est une belle cascade avec de l’ampleur, il faudra revenir.

Cervières : je vous renvoie aux caractéristiques du massif, un peu au-dessus.

Ski de randonnée :
Pic des Chalanches, versant sud-ouest, 1000 m de d+, 35°/100, 3.1, Queyras au départ de Brunissard :
Très jolie rando au cœur de ce joli vallon où l’on traversera avec plaisir les charmants chalets de Clapeyto. Belle pente finale, rien de difficile mais plaisante à skier.

Récit :
Quelques jours que je suis dans les parages avec Gwen, une acclimatation en douceur à crapahuter à droite à gauche, ski ou crampons aux pieds. Nous sommes dimanche et elle va prendre son train direction Montpellier dans quelques heures, juste le temps de se poser dans un resto trouvé au détour d’une ruelle. Le resto des guillestrois, nous sommes presque mal à l’aise au milieu de tous ces habitués qui tchatchent d’une table à l’autre, un peu l’impression de prendre la place de quelqu’un.

J’entame un de mes bien trop rares steaks frites de l’année quand je reçois un sms de Yo qui s’impatiente de la fin de sa journée, trop pressé de rejoindre le rêve alpin. Je suis heureux de le voir motivé, mais ce n’est pas tellement une surprise, pas trop de soucis de ce côté-là le concernant. Je suis surtout soulagé de la confirmation de sa venue, on ne s’est jamais avec ce filou : un oubli sur le planning, un engagement sorti de nulle part, un changement de programme, Yo peut être le spécialiste de l’imprévu prévisible.

Le train se lance sous le gris d’un dimanche couvert, il est 14h30, j’ai tout l’après-midi devant moi car Yoann n’arrivera pas avant 23H. Je file au glacier bleu, un gite qui s’apparente à un repère cet hiver tant je viens et reviens. Un couple des plus amicaux et bienveillants, une atmosphère chaleureuse, et un rapport qualité prix défiant toute concurrence, on y retourne sans se lasser.

23h passées, enfoui sous la couette, j’entends la discrète ouverture de porte de Yo, pas certain que ce soit la bonne chambre. Je lui confirme la bonne nouvelle, et sa voie enjouée va rapidement se perdre sous la sienne de couette.
Dring, le réveil qui nous tire de nos rêveries, et comme à son habitude, à peine je suis assis au bord du lit que mon compère est déjà debout, habillé et parfumé, prêt à aller en découdre.

Triple café pour duo de globes cernés, la recette des champions : les rides sous les yeux se déplient après quelques généreuses tartines de nutella. On sature les estomacs car le froid creuse ; et au Fournel, le froid en question est féroce.

Notre voiture à le mauvais goût de nous annoncer – 10 degrés, à Guillestre, dans cette grande vallée … Nous sommes partis pour de belles onglées au fin fond du Fournel !

L’ice climbing s’est déroulé quelques jours auparavant, ce qui nous permet de profiter de la route déneigée, et ouvre de superbes perspectives, à savoir tout le fond du Fournel. Nous zigzaguons au fond de ce vallon austère, le grand ciel bleu donne une teinte bleutée à toutes ces grandes pentes de neige qui nous entourent. Rien ne bouge, tout semble figé, si ce n’est ce torrent qui lutte pour ne pas s’immobiliser sous l’emprise du froid. Notre voiture s’arrête à côté de celles de quelques autres opportunistes : je reconnais la gérante d’un autre gîte (Moulin Papillon à l’Argentière La Bessée), celui de l’été dernier, elle vient vers moi me saluer avec bonhomie, sympathique rencontre.

Premier pas sur le chemin presque damé par les innombrables passages du we dernier : idéal pour nous, on avance vite en direction du palais bleu. Un peu plus loin même d’ailleurs, nous revenons sur nos pas pour trouver la porte d’entrée. Petite remontée et nous arrivons face au premier petit ressaut, qui semble bien débonnaire, pas plus mal pour la première longueur de la saison : et comme d’habitude en glace, on se fait surprendre par la raideur une fois dedans… Mais bon ça va, les sensations sont bonnes, et le premier relais est vite atteint. Ca y est nous y sommes, au pied de ce superbe cirque bleuté, des voies courtes qui nous laisse envisager des prolongations après la première ascension.
Round 2, on file par une pente de neige au pied du mur de glace : ou plutôt au pied d’un matériau entre 2 eaux, c’est le cas de le dire, entre neige et glace. Peu agréable à grimper, les pieds s’échappent, les ancrages hésitent et les protections se font rares. Ca n’est pas plus que du 3+, mais cela requiert une certaine concentration !

Ouf, une dernière broche pour le relais, une stalactite qui renforcera le tout, tant bien que mal, et Yo peut se lancer. Il faudra attendre quelques minutes tout de même, le temps d’une belle onglée.

Puis le voilà tout sourire, prêt à en découdre avec le crux de la voie : une belle longueur en 4+ qui nous déposera sur les pentes de neige qui nous surplombent. Il se lance, et commence à contourner la base de la colonne, dans une glace à nettoyer, pas si facile.

Puis il se lance dans le dur : et la bataille commence. C’est raide, la glace est très cassante, le manque de passage, tout ça rend l’escalade bien délicate : il se bat comme un beau diable, bien content d’avoir une marge conséquente ; quoi que, après bien 45 min à faire le panda au bout de ses piolets, une petite pause « pour temporiser » soulagera la tête et les bras. Un peu rude la reprise.
Il repart, déblaie le rétablissement qui semble bien fragile, et avance franchement. Quelques minutes plus tard, la corde se tend et mon tour vient. Ce n’est pas facile, comme prévu et ce malgré le passage de Yoann ; je galère, une bonne onglée qui vient me titiller le bout des doigts, des pieds qui ripent et des ancrages laborieux, c’est carrément hostile.

Ouf, nous y sommes, assis sur nos sacs respectifs, à siroter ce nectar chaud qui nous revigore instantanément : le froid ponctionne beaucoup d’énergie, nous le sentons bien, d’autant plus que les conditions de grimpe sont en conséquence bien plus délicates.

Nous avons été lents sur ces 2 dernières longueurs, il n’y aura pas de rab aujourd’hui… mais nous sommes contents de notre journée, de belles retrouvailles avec ce vallon que nous avions déjà un peu découvert l’année passée.
Quelques rappels plus tard et nous sommes au pied du premier ressaut, go back to Guillestre !

La perspective d’une soirée revigorante au chaud nous enchante, d’autant plus que demain sera certainement à la hauteur de cette première journée, direction Cervières où les conditions sont excellentes à ce qu’il parait.

J2 :
Titine tousse un peu ce matin, la nuit a été fraiche, à nouveau… Mais pas de souci, en trouvant les bons mots, elle se lance avec le sourire, direction Cervières. Ciel bâché, quelques flocons inoffensifs, nous voilà parti les sacs bien trop lourds de cordes à simple et broches en tous genres, mais pressés d’arriver au pied de ce secteur très intéressant.

1h15 plus tard, après avoir traversés un torrent gelé à la limite de la rupture et avoir ramés à ski dans les multiples traces de pas (ice climbing oblige), nous voilà au pied de ce grand mur multi fonctions : mixte, dry, glace, plus qu’à choisir et les conditions sont bonnes.

Echauffement en douceur dans le petit 3+ de gauche : en douceur oui, mais pas sans une petite zippette qui prend aux tripes, le nez sous le relais. Un petit coup de gainage d’urgence et me voilà vaché au relais. Ouf, allez, on se réveille.
Puis on file à droite, longueur en 4 qui déroule si bien avec ses belles marches et ses beaux ancrages rassurants, vraiment très ludiques, gros contrastes avec à la veille…

Il y a un petit peu de monde mais les longueurs s’enchainent bien, chacun fait de son mieux pour éviter de poser le camp dans chaque ligne. Le cigare en 6 est en excellente condition, quelques grimpeurs iront s’y essayer, c’est impressionnant et attirant, mais nous ne nous sentons pas au niveau. Next time !
Le corps fatigue un peu, mais il reste encore de l’envie, nous partons pour une dernière longueur : un peu raide mais bien nettoyée, les ancrages sont bien francs et les mouvements s’enchainent, la grimpe est vraiment plaisante, cette journée se termine en beauté.

Toutes les cordées sont parties à présent, le soleil déclinant a contourné les cimes pour venir éclairer les dômes de neige qui nous entourent, c’est superbe et nous réchauffe un peu, par cette proximité visuelle.
Nous prenons le temps de nous asseoir et de contempler un peu, nous n’avons pas arrêté depuis ce matin, simplement envie de laisser l’esprit divaguer et le corps souffler.
3 godilles plus loin, une petite remontée puis une descente sur la piste enneigée à fond les ballons, et nous voilà arrivés au village, presque à la nuit… Il est temps de rentrer à la maison.

J3 : joies de la saison hivernale, il est possible de changer d’activité tous les jours. Pour le lendemain, nous optons pour le ski de randonnée au soleil, ça changera un peu. Changement d’activité, changement de vallée, direction le Queyras. Le souvenir d’un superbe petit vallon bien ensoleillé, un petit coin de paradis comme sait nous offrir le Queyras : la vallée du Sellar et les chalets de Clapeyto. J’y étais déjà venu quelques années auparavant lors d’une initiation ski de randonnée, et j’étais tombé sous le charme, comme tout le monde d’ailleurs. Et nous y voilà au départ de Brunissard, en pleine semaine, hors vacances scolaires, calme garanti. Les bronches qui chauffent dans cet air si froid et un peu irritant, le grand bleu et le grand silence, à peine un peu troublé par le claquement de nos skis sur la neige durcie des pistes de ski de fond.
Nous passons au pied de la grande barre calcaire de clapeyto, gare au caillou qui tombe ! Petite accélération, puis on se permet de temporiser quelques centaines de mètres plus loin, au milieu des chalets.
Grand silence et grand soleil dans ces combes attrayantes, cela donne envie de sillonner le secteur en long en large et en travers, d’aller poser sa trace sur le moindre mamelon, la moindre bosse, juste y dessiner quelque chose.
L’atmosphère est très agréable sous les rayons qui réchauffent un peu l’atmosphère, nous évoluons à bon rythme au grès des pentes, des ressauts et des replats. Tout cela nous dépose au pied du mur final, un grand mur assez raide en plein soleil : malgré tout la neige est dure, nous faisant percevoir la pente différemment. La glissade pourrait être longue !
Nous enchainons les conversions à bon rythme, jusqu’à atteindre le sommet et son superbe panorama ; l’air est toujours aussi frais, il suffirait d’une légère bise pour rendre l’atmosphère hostile. Mais rien de tout ça, pas un mouvement, l’équilibre parfait, nous voilà assis sur ce petit bout de rocher, à contempler les environs, le regard portant à perte de vue.

Quelques temps et quelques courbes plus tard, nous voilà au pied de cette pente à la neige un peu trop dure pour lâcher les courbes. Nous continuons encore un peu pour rejoindre des neiges un peu plus ludiques, contraste saisissant en fonction des orientations et des inclinaisons, nous nous retrouvons dans de la bonne poudreuse.
Nous nous laissons glisser de combe en combe pour rejoindre la piste de ski de fond et finir sur une session bordercross des plus amusantes. Nous rejoignons le parking où se prépare le ski club du coin, des jeunes fondeurs à l’énergie débordante, prêts à en découdre sur les billards de la station. Nous passons le relais, pour nous ce sera café au chaud, dans la véranda ensoleillée du bar !
Nous trainons un peu, faisant le plein de chaleur avant ce qui promet d’être une belle immersion dans le froid : 2 nuits à la cabane de la Salce au Fournel. Nous récupérons les clés de la cabane à l’office du tourisme, on nous décrit le menu : matelas, poêle, bois etc… Ça a l’air presque douillet dit comme ça. Mais nous restons sur nos gardes, pour avoir vu le bloc de béton enfoui sous la neige, dans le froid, et dans l’ombre, la réalité ne nous inspirait pas la même chose.
Nous nous lançons en fin d’après-midi sur la piste enneigée du vallon en question, à contre-courant du sens de circulation du moment, qui amène les voitures à descendre plutôt qu’à monter. Quelques belles manœuvres en perspective…

Arrivés à la cabane, nous ouvrons, les matelas sont bien là, le bois aussi ainsi que le poêle. On décharge en vitesse, la voiture est garée à l’entrée, c’est easy. Et puis on se penche un peu plus sur le bestiau, notre chauffage centrale : on se demande bien par où sort la fumée, il n’y a pas de sorti… Aie, mais il y a trop d’enjeu, on tente quand même, au cas où nous n’aurions pas tout compris. Quelques minutes plus tard, on se retrouve dans un brouillard qui nous pique les yeux et la gorge, nous sommes contraints d’ouvrir en grand porte et fenêtres pour aérer : c’est le comble !

C’est donc la gorge déjà bien attaquée et le salon/cuisine/chambre refroidi à point que nous attaquons notre séjour dans ce petit refuge. Il y fait froid et humide, nous ne tardons pas à lancer le souper malgré l’heure : il est à peine 18h…

Nous sommes tout de même joyeux de cette situation qui oscille entre « extrême » et burlesque ; que faisons-nous à grelotter dans une cabane congelée alors que nous avons plein de bonnes adresses de gites dans la vallée : un souci d’économie certainement, mais une forme d’aguerrissement aussi, on se teste un peu, combattre le froid pendant quelque temps sur de la fatigue, essayer d’atteindre une forme d’accoutumance, s’organiser pour mieux résister. Tout ça nous amène chacun de notre côté au fond du duvet à 19h15, pas mécontents de se retrouver dans une atmosphère un peu plus reposante. C’est parti pour une longue nuit de 12h !
Réveil 7h, Yo jette un œil à sa montre, il fait – 12 degrés dans notre chambre/salon/cuisine : pas franchement le genre de température qui aide à s’extraire du duvet. Le petit déjeuner s’avèrera plus difficile que prévu : avec ces températures, tout gèle ! Le nutella est dur comme de la pierre, le jus de fruits purement et simplement congelé, tous les aliments contenant la moindre trace d’humidité ne peuvent être consommés. On se rabat sur le énième paquet de gâteau petit déjeuner, un peu écœurés de ce qui fait trop souvent nos « repas » de midi en montagne depuis quelques saisons ; on ne va pas faire du gras durant ce séjour…

Départ au pas de course depuis la cabane : nous avons jeté un petit coup d’œil au thermomètre de la voiture, – 19 degrés… Je ne quitterai pas ma grosse doudoune de toute l’approche, n’arrivant que difficilement à me réchauffer, la fatigue commence à se faire sentir.

Nous arrivons au pied de notre itinéraire, « libérez les lutins » : nous sommes passés au pied de délicados qui semble vraiment superbe, mais la fréquentation ne décroit pas de jours en jours : toujours au moins 3 cordées lors de nos différents passages.

Pas de queue de notre côté, je me lance dans la première longueur qui se compose de ressauts de glace de qualité moyenne et de pentes de neige facile. Les 3 premières longueurs s’enchaînent assez rapidement, mais nous sommes tout de même un peu sceptiques face à la qualité de la glace des 2 dernières longueurs.

Yo s’y prend à plusieurs reprises pour faire un relais correct au pied des difficultés : la croute de glace laisse apparaitre de la neige sous-jacente, ne permettant pas de mettre de protection digne de ce nom. Je le rejoins, un peu fatigué.
Yoann repart, bien décidé de voir ce qu’il en est pour la suite, il avance péniblement et trouve de moins en moins de protections fiables, jusqu’à ne plus en trouver du tout et la suite ne semble pas s’arranger ; il entame une désescalade délicate pour me rejoindre, un peu éprouvé par un gros effort, physique et mental.
Cette échec sonne le glas de l’ascension : nous envisageons notre retraite rapidement, ce qui nous fera distinguer de nombreux stigmates de retraites récentes : traces de pas, cordelettes, abalakov, nous ne sommes pas les premiers !

Nous retrouvons rapidement la base de notre cascade : nous nous lançons ensuite dans une vaine recherche, celle d’une broche qui m’a échappé des mains au début de l’ascension. Et dans le bon mètre de poudreuse du cône de neige se trouvant dans l’axe de la voie, ça promet d’être un peu folklo. La broche restera certainement la fin de l’hiver lovée dans les cristaux de neige…
Nous filons nous mettre « au chaud » dans la cabane, fatigués par le froid et les efforts des jours passés. Nous sommes frigorifiés et la soupe chaude peine à nous réchauffer les entrailles, certainement un peu congelées aussi !
Nous envisageons un programme du lendemain plus soft, avec au moins un peu de soleil… Nous pensons à une sortie en ski de randonnée au départ du vallon du fournel, mais le dénivelé ne nous enchante pas trop. Nous verrons bien au petit déjeuner…

Réveil difficile, les courbatures généralisées et la faim chronique n’aident pas au départ énergique : nous sentons l’un et l’autre que nous avons besoin d’un effort plus soft que le ski de randonnée. Il nous reste le ski en station : ce programme nous va bien, d’autant plus que nous en avons besoin l’un et l’autre, faire du volume de descente.
C’est parti pour Crévoux, chauffage à fond ! Yoann connait très bien cette station pour y avoir passé quelques saisons avec ses parents. Et elle a l’immense avantage d’avoir un forfait à 18 euros, une offre franchement exceptionnelle. Alors oui il n’y a que 3 tire-fesses, mais de loooooongs tire-fesses qui offrent des perspectives en hors-piste tout à fait intéressantes.
Et nous avons fait le bon choix ! Les dernières chutes de neige datent un peu, mais l’avantage d’être avec un local, c’est que l’on se fait emmener dans les bons endroits. On se régale l’un et l’autre, les descentes s’enchainent toute la journée, nous avions encore un peu d’énergie.
Il est 16h lorsque nous arrêtons, éreintés, et pour de bon, il faut aller se reposer maintenant. Nous repartons chacun de notre côté, Yo vers Montpellier, moi vers un hypothétique gite pour 2 jours de repos, et repartir de plus belle. Un beau séjour jusqu’au boutiste, comme on les aime.
Conclusion :
Difficile de ne pas vanter les mérites de cette si belle région et de ces si belles montagnes : qualité et variété sont au rendez-vous, et le soleil est presque une garantie. Comment ne pas réussir ses séjours !

Matériel :

CATEGORIE MODELE MARQUE POURQUOI AVOIR FAIT CE CHOIX AU DEPART CE CHOIX A-T-IL REPONDU AUX BESOINS DE LA SORTIE SI C’ÉTAIT A REFAIRE
BOUSSOLE  RAS  RAS  RAS
CORDELETTES 5 MM  RAS  RAS  RAS
COUVERTURE DE SURVIE  RAS  RAS  RAS
COUVERTURE DE SURVIE  RAS  RAS  RAS
PELLE : LA PELLE NORVÉGIENNE DE MON PÈRE, DU COSTAUD (PAS DE MARQUE)  Héritage familal  Trop lourd et volumineux  Je la garde car on me l’a donné, mais elle n’est pas très adapté : bien trop lourde !! Par contre, suite aux différents échos que j’ai pu avoir, je ne prendrai pas la plus légère ou la moins cher : souvent la partie en contact avec la neige se casse si celle-ci est trop dure (ce qui est la cas pour une neige d’avalanche, très compact !).
POLAIRE STRATO ARC’TÉRYX  Je voulais une polaire bien chaude (plus que ma r1 de chez patagonia) pour toutes les activités relativement statique du cœur de l’hiver (cascade, goulotte…)  Tout à fait adaptée  Très satisfait : bien chaude, très confortable, c’est ce que je voulais.
ARVA EVOLUTION + (MODÈLE 2005) ARVA  Légère
montage rapide
 Bien adapté  Ne pas oublier lors de vos entrainements arva de jouer le jeu de A à Z, c’est-à-dire de monter la sonde aussi : le montage est rapide, mais uniquement quand on a bien pris le coup de main !
SONDE ARVA  légère
montage rapide
 RAS  Ne pas oublier lors de vos entrainements arva de jouer le jeu de A à Z, c’est-à-dire de monter la sonde aussi : le montage est rapide, mais uniquement quand on a bien pris le coup de main !
CORDE À DOUBLE ICE LINE BEAL  Longueur : 60 m
Légèreté et fluidité.
 Très bien adaptée  Fluide, légère, c’est vraiment très agréable de grimper avec ce type de corde. A prendre en 60 m absolument !
BROCHES CASCADE DE GLACE EXPRESS ICE SCREW BLACK DIAMOND  Ergonomique
Amorce aisée (elles sont neuves, ça aide)
 Très bien adaptées  Je prends les mêmes. Nickel. J’avais un peu peur de cette manivelle qui me semblait un peu délicate à manipuler avec des gants : il n’en est rien, c’est extrêmement efficace ! De plus, sa petite taille rend chaque broche bien moins encombrante (face à des broches Grivel où l’on trouve des manivelles très volumineuse). Je ne vois pas ce que l’on peut demander de plus à une broche.
MOUSQUETONS À VIS BLACK DIAMOND  Léger  Très bien adaptés  Je prends les mêmes. Attention, les plus léger sont souvent petits, ne conviennent pas à certaines manips (passer dans la poulie bloqueur petzl par exemple)
SANGLES 120CM DYNEEMA  Léger
Maniable
Beaucoup plus facile de faire des nœuds avec moins de « mou »
 Très bien adaptées  Je reprends les mêmes, 120 cm est la taille idéal.
CROCHET ABALAKOV GRIVEL  Tout en un : une extrémité pour l’accrocher au baudrier, l’autre avec le crochet qui se rabat pour ne pas s’accrocher, et une petite lame pour couper la cordelette.  Peu pratique : surprenant de faire un système de « déverrouillage » du crochet aussi délicat, surtout en cascade où la dextérité en prend un coup avec les gants.  Je m’en fabrique un ou je regarde ce que fait la concurrence. Je l’ai cassé à la deuxième utilisation ! Il faut (un peu, mais pas trop) tordre la tige plastique pour sortir le crochet, la limite de rupture de la tige en question est assez basse, il faut le savoir. La petite lame n’est pas d’une efficacité redoutable pour couper. Pas mal de bémol pour un outil assez cher à l’achat (pour ce que c’est).
PIOLETS TECHNIQUES QUANTUM TECH GRIVEL  Léger
Polyvalent
Précis
Parce que l’on m’en avait dit du bien et que j’apprécie le matériel Grivel
 Tout à fait adapté, bien que pour une pratique glace et dry dans des voies courtes, le nomic semble avoir des atouts. Mais dans un souci de polyvalence (mixte, goulotte, cascade, dry…), le quantum tech me semble plus adapté (notamment avec un gain de poids et un confort d’utilisation majoré par rapport au nomic).  Je reprends les mêmes, sans hésiter. Un excellent piolet ! Ancrage/désancrage aisé, facile à manipuler notamment grâce à un poids raisonnable, très confortable et précis (quantum tech ++). Nous avons pu essayer les nomic (petzl)qui ont effectivement un ancrage très puissant en glace (plus lourd) mais que le poids important rend moins aisés à manier (notamment dans les portions où de simples crochetages suffisent).
T-SHIRT LAINE MÉRINOS MÉRINOS 260 ICEBREAKER  Très bon apport de chaleur
– Léger, confortable, bien taillé pour les hommes fins : on l’oublie complètement, même en grimpant
– 1 détail : l’encoche pour placer le pouce dans la manche => mine de rien, quand il fait frais, ça couvre un peu plus de surface et ferme franchement les écoutilles : efficace
 Très bien adapté  Je le garde, sans aucun doute. En France, je l’utilise à toutes les sauces : salles, couenne grande voie, ski… Il a sa place partout. J’ai payé un peu cher mais je ne regrette pas. Le prix reste excessif tout de même…
CARTE IGN  IGN  RAS  RAS  RAS
LUNETTES DE SOLEIL SPECTRON JULBO  Bon maintient au visage (fin) Protection 4  Ce serait à refaire, je me renseignerais sur les lunettes en verre polarisant : la protection 4 est évidemment une garantie lorsque l’on évolue sur la neige toute la journée, mais dans des situations plus luminosités plus intermédiaires, c’est un peu trop sombre.
CHAUSSURES ALPINISME NÉPAL TOP EXTREME LA SPORTIVA  Polyvalent
Protection thermique
 Adapté (mais comme tout produit polyvalent, ce n’est pas forcément l’idéal).  Je prends le même produit. Une chaussure confortable et qui m’a bien protégé du froid. Elles restent assez lourde (notamment pour le dévers en dry), cela fait franchement travailler le gainage. Cela reste anecdotique dans le cadre d’une utilisation, plus « montagne ».
SAC À DOS SUMMIT ROCKET 30L MOUNTAIN HARDWEAR  légèreté
simplicité
se range/se plie facilement (compact) pour mettre dans un autre sac si besoin.
 Très bien adapté  Un super sac, qui répond vraiment à un besoin : quelque chose d’épuré, de simple, de léger, avec un volume suffisant. Le top pour la cascade et l’alpinisme.
CHAUSSETTES PATAGONIA  Bonne protection
Ne bouge pas durant l’effort : pas de frottements.
 Très bien adaptées  J’ai eu de mal à trouver une paire de chaussettes bien ajusté à mon pied fin : j’ai pris 2 tailles en dessous de ma pointure et le problème était réglé ! Prendre le temps de bien choisir (bien ajusté au pied et assez épaisse), c’est un élément fondamental en randonnée (à ski comme à pied)
DOUDOUNE DOWN SWEATER PATAGONIA  Je voulais avoir une doudoune plus légère et compressible que ma kiruné (valandré), pour pouvoir la mettre sous ma veste (ci-dessous)  Bien adaptée, mais il ne faisait pas si froid !  Une très bonne doudoune, confortable, légère avec une très bonne capuche (recouvre très haut le cou). Tissu extérieur certainement fragile, à voir avec le temps.
SOUS-VÊTEMENT CHAUD CAPILÈNE 4 (POUR LES JAMBES) PATAGONIA  Apport de chaleur
Très confortable
 Très bien adapté  Un moyen simple d’avoir une protection thermique au top sans avoir besoin de grimper en doudoune : de bon sous vêtement ! Vraiment très convaincant dans ce type de sport où l’on est inactif pour la moitié du temps, et dans des conditions de froid généralement important. Top.
BAUDRIER ESCALADE SAMA PETZL  Confort
prix
 Peut-être un baudrier réglable aux jambes serait un peu plus adapté …  Je prends le même. Il faut l’enfiler avant de mettre les crampons ! Sinon c’est galère : c’est ici l’inconvénient (mineur) des baudriers non réglables aux cuisses… Il suffit d’y penser. Cela reste un excellent baudrier, d’un très bon rapport qualité prix.
CASQUE MÉTÉOR 3 PETZL  Poids : on l’oublie complétement
Stabilité : il a l’énorme avantage de ne pas se ballader tout autour du crâne => le soutien derrière la nuque est très efficace
Confort
 Très bien adapté  Je prends le même sans aucun doute : je ne demande rien de plus à un casque, et il me fait oublier l’Elios de chez petzl qui était vraiment très moyen pour la grimpe (cf compte rendu maroc taghia)
CRAMPONS LYNX PETZL  Polyvalence (alpinisme, glace, mixte…) Modulable mono/bi pointe  Très bien adaptés   Bonne surprise que le mono pointe : on se sent beaucoup plus précis, il est vraiment très confortable d’utiliser les trous des ancrages de piolets et la gestuelle est bien moins figée (plus de rotation hanche et genou).
DÉGAINES ANGE PETZL  Le poids en priorité ++. La taille (pour les versions longues) aussi (un moyen de plus de lutter contre le tirage)  Très bien adaptées  Je suis pleinement satisfait de mon achat. Le gain de poids est très concret, c’est évident, mais ce sont aussi des dégaines moins encombrantes que mes précédentes : l’organisation de mon baudrier n’en est que plus clair. Les anges se manipulent bien aussi avec des gants ; le mousqueton taille L côté clippage et quand même bien plus aisée à manier que les petites tailles. Bref, c’est top, avec un gros bémol, son prix !!!
PORTE BROCHES CARYTOOL PETZL  Simple
Léger
 Bien adaptés, bien qu’il serait bien d’avoir un cary tool plus grand.  Je prends le même produit. Très bien. On peut y mettre un nombre conséquent de broches sans prendre le risque d’en faire voler une au passage. Facile à utiliser et sécurisant. Le seul hic est que, sur mon baudrier en tout cas, on ne peut pas en mettre plus de 2 (seuls 2 encoches prévus pour y insérer les cari tools), c’est un peu léger.
SYSTÈME D’ASSURAGE REVERSO PETZL Simple à manipuler.
N’ayant eu que ce système d’assurage, je n’ai peu d’éléments de comparaison !
 Très bien adapté  Je prendrais le smart de MAMMUT (la version corde à double) car il est autobloquant (pour prendre des photos du premier plus facilement) ! A voir à l’utilisation ce qu’il en est.
GANTS DE SKI KINGSTON REUSCH  Chaleur
confort
 Toujours agréable d’avoir de bons gros gants secs au fond du sac, évidemment.  Je prends les même : des bons gros gants de ski.
BONNET HIGH POINT THE NORTH FACE  Protection au top
confort
 Bien adapté  Je prends le même! Un bon bonnet, c’est un bonnet qui protège TOUTE la tête, les oreilles y compris : c’est le seul bonnet qui est répondu à mes attentes jusqu’à maintenant, à savoir une protection efficace.
VESTE SOFTSHELL EN NÉOSHELL WESTCOMB  Une veste qui m’a été prêté, je n’avais donc pas d’argument autre que la curiosité justifiant l’utilisation de cette veste.  Très bien adaptée  Veste tout à fait intéressante, offrant une vrai protection. Le tissu vieillit t-il bien ? En terme de protection : très bien, j’ai grimpé avec dans de la glace saupoudré de neige, sur de la glace assez humide, et je ne me sentais pas humide. En terme de confort d’utilisation : pas de gêne dans le mouvement. Ce qui m’a semblé particulièrement important en termes de protection et confort est la coupe du produit : une bonne veste d’hiver est une veste « longue » ! Et c’est d’autant plus important lorsque l’on met le baudrier sur la veste, et que l’on ne veut pas que celle ci en sorte et recouvre tout le matériel du porte matos (ca m’est déjà arrivé avec une autre veste, et cela m’a franchement aidé à faire tomber une broche). Faites y attention !
PANTALON ALPINISME/SLI K PRO GORE TEX PANT MILLET  coupe : que l’intérieur du pantalon soit collé à la cheville, pour que les crampons n’accroche pas en grimpant ou en marchant. Une ouverture totale sur le côté de chaque jambe : vraiment efficace en ski de rando. Une coupe adaptée à mon gabarit (grand et fin) Poches idéalement placées (pas gênées par le baudrier)  Bien adapté. Un bémol tout de même : pas de renfort au fesses, alors que l’on est souvent amené, en ski, alpi, cascade etc à s’asseoir sur de la neige/glace/roche…  Malgré ce bémol, je ne regrette pas du tout mon achat, bien au contraire, d’autant plus que ma couturière préférée à pallier à ce défaut !
0 commentaire
0

Vous pourriez aussi aimer