Escalade à Taghia au Maroc durant ce voyage au cœur des montagnes berbères

par Expérience Outdoor

Henri BOURRASSE nous partage son séjours escalade à Taghia au Maroc
escalade à taghia au maroc

Présentation de la sortie escalade à Taghia au Maroc

  • Date du séjour

Du 04 Mai au 13 Mai 2017

  • Lieu du séjour

Taghia, province d’Azilal, Maroc

  • Participants à la sortie escalade à Taghia au Maroc

Lucile et Henri

  • Où dormir dans le village de Taghia

Chez Youssef Rezki à Taghia (mail : aoujdade1966@yahoo.fr). Comptez 120 Dirhams la demi-pension. Petit déjeuner, pour le soir alternance tajine et couscous copieusement servis. Vous trouverez également des topos d’escalades, les dernières voies ouvertes … Vous pouvez lui demander d’organiser votre transport entre Marrakech et Zaouiat, ainsi que le transport de vous bagages en mule de Zaouiat à Taghia (240 € aller/retour environ)
Il y a également d’autres gîtes à Taghia et à Zaouiat (voir le topo de C. Ravier et CamptoCamp)

  • Ou se restaurer/ se réapprovisionner

Vous trouverez une petite épicerie au village, avec le minimum, il faut donc penser à tout avant ou aller à Zaouiat, le Lundi jour de marché.

  • Caractéristiques du site d’escalade de Taghia au Maroc

Il y a de tout (bien décrit dans le topo) : de la grande voie équipée (jusqu’à 800 m de dénivellé), de la grande voie pas ou peu équipée, de la couenne. Bref, pour tous les goûts.

  • Bibliographie

Taghia Montagnes Berbères par Christian Ravier remplacé en 2019 par la nouvelle édition :
Le nouveau Topo d
Parois de légende par Stéphanie bodet et Arnaud Petit chez Glénat
Paroi de légendes et les plus belles escalades autour du monde par Arnaud PETIT
Vous trouverez plein d’information sur le Maroc avec le guide de voyage Lonely Planet.
Séjour escalade Guide de voyage Lonely Planet Maroc

  • Liens internet

Vous trouverez sur le site CamptoCamp la plupart des informations nécessaires à la préparation de votre voyage, des topos, et les dernières sorties.

Escalade à Taghia ou Aventures Marocaines

Le commencement

Quand, à notre retour d’un WE d’escalade à Ordesa, Lucile m’a parler d’aller grimper dans un an ensemble à Taghia, j’ai acquiescé, un peu par hasard. En me disant d’ici là, de l’eau a le temps de couler sous les ponts. Je n’y ai plus pensé jusqu’à la fin de l’hiver, où elle m’a annoncé qu’elle avait posé ses congés pour début Mai et qu’elle s’occupait des billets. Contrairement à mon habitude, où bien avant de réaliser une ascension, je passe des heures à rêver devant un topo. Je n’ai acquis celui-ci que 15 jours avant le départ. J’ai vite noté quelques voies à faire :

  • « Rivières Pourpres »
  • « Axe du Mal »
  • et pour faire bonne mesure une voie sur coinceurs « Le Rouge Berbère ».

Le tout en complétant de quelques « petites » voies à la paroi des sources ou à l’Akka n’Tazarte, histoire de remplir le séjour.
Ce n’est que quelques jours avant le départ que j’arrive à me projeter dans ce voyage et les quelques objectifs que je me suis fixés commencent à me faire rêver. Arrivés tard dans la nuit à Marrakech, nous roulons de nuit vers Zouiat Ahansal, le terminus de la route où nous passerons la nuit. Là, Abdullah, le frère de Youssef, guide et propriétaire du gîte que nous avons réservé, doit venir nous rejoindre et nous amener à Taghia
Au réveil, en sortant du gîte après une brève nuit, le dépaysement est total. La  palette des couleurs dans le paysage éclairé par l’aurore est à peine croyable. De l’ocre, du vert, du violet, le tout baigne dans une magnifique lumière. Abdullah arrive enfin et charge notre matériel sur la mule et nous partons à pied vers Taghia.

La lumière du matin à Zouiat, escalade à taghia au maroc

La lumière du matin à Zouiat

Objectif « les Rivières Pourpres »

Sur le chemin de Taghia avec la mule, escalade à taghia au maroc

Sur le chemin de Taghia avec la mule

Le lendemain, nous remontons l’Akka n’Tawfrat entre le Djebel Timrazine et le Taoujdad pour le premier objectif du séjour. « les Rivières Pourpres » au Djebel Taoujdad, 15 longueurs dont 8 entre 7a et 7c, la voie dont Michel Piola dit que depuis, il n’a rien ouvert de plus beau dans du calcaire. L’approche, à elle seule, est un voyage : passages d’escalade au dessus du vide, grand écart au-dessus du canyon pour le traverser, passages berbères.

Remontée de l’Akka n’Tawfrat vers les Rivières Pourpres, escalade à taghia au maroc

Remontée de l’Akka n’Tawfrat vers les Rivières Pourpres

Après une remontée du socle, je laisse Lucile attaquer les deux premières longueurs. Respectivement cotées 6b+ et 6c. Ensuite, tout en grimpant, je me fais la réflexion que l’escalade est superbe mais pas si facile pour les cotations annoncées. Il va falloir un peu se réveiller si on veut arriver en haut.

Dans le 6c du bas les Rivières Pourpres , escalade à taghia au maroc

Dans le 6c du bas

Dans les grandes voies, au relais, j’apprécie de laisser mon esprit vagabonder en assurant mon second. Cette méditation, cette fois-ci, me porte à réfléchir à la futilité de l’existence et au fait que, de cette même existence, tout ce qu’on en retient d’une manière générale, c’est l’aventure. Même si celle-ci peut revêtir diverses formes, quel meilleur vecteur que l’escalade ou l’alpinisme pour se forger des souvenirs. Au fil du temps, un tri s’opère dans ceux-ci, oubliant les plus douloureux, déformant d’autres en gommant ce qui gêne. Et finalement on ne garde que le meilleur. Je pense au plus profond de moi que ceci permet de se forger une carapace d’optimisme qui permet d’avancer dans la vie.

Le premier 7b, escalade à taghia au maroc

Le premier 7b

Une des longueurs en 7a+, escalade à taghia au maroc

Une des longueurs en 7a+

Entourés de parois

Au bout d’un certain temps, la fatigue commence à se faire sentir, je loupe un 7b à vue. Lucile, elle, gère parfaitement et sa grimpe reste sans accroc. A partir de maintenant, si on veut sortir, il va falloir gérer cette fatigue. La dernière longueur dure derrière nous, un 7c dans la Tour Rouge. Nous savourons la fin des difficultés, en laissant notre regard se porter sur les parois environnantes. De l’ocre,  du pourpre à perte de vue, seule, une petite fenêtre s’ouvre vers le village et laisse apparaître le vert tendre des champs cultivés.

La dernière longueur de la Tour Rouge, escalade à taghia au maroc

La dernière longueur de la Tour Rouge

Vers le village, escalade à taghia au maroc

Vers le village

Nous nous attaquons au bastion final. Une dernière longueur en 6b+ engagée nous barre encore la route des deux dernières longueurs en V et du sommet du Taoujdad. Une fois en haut, nous admirons l’immensité des plateaux arides, entaillés par un dédale de profonds canyons. Une vie de grimpeur ne suffirait pas à explorer ce labyrinthe. Lucile connaissant déjà les lieux, je la suis dans la descente.

Un dédale de canyons, escalade à taghia au maroc

Un dédale de canyons

Le soir, c’est l’occasion de faire connaissance autour d’un tajine, avec un sympathique trio de Madrilènes. Ruben, Alejandro et Juan Ma, qui venaient de faire Fantasia, une voie très dure du Djebel Tagoujimt n’Tsouiannt. Malgré la barrière de la langue, c’est à travers des récits en mauvais anglais mais teintés d’humour que nous partageons avec eux les aventures de nos journées respectives.
La cuisine où se préparent de succulents tajines et couscous
Lucile pouvant difficilement passer une journée à se reposer, nous partons le lendemain matin. A la paroi des sources au Djebel Timrazine gravir Susurro Berbère. Difficile pour moi de tout enchainer, les bras encore fatigués de la veille. Mais je prends grand plaisir à cette escalade, dans un rocher quasi parfait.

Un peu de repos

L1 en 7b+ trop dur …, escalade à taghia au maroc

L1 en 7b+ trop dur …

3ème longueur en 7a encore dur…, escalade à taghia au maroc

3ème longueur en 7a encore dur…

Ayant réussi à négocier avec ma partenaire une journée de repos partiel, nous partons de bon matin. Pour reconnaitre l’approche vers le deuxième objectif de notre séjour : L’axe du Mal, au Djebel Tadrarate. Au retour de notre reconnaissance, nous  faisons la rencontre d’Albert Salvado « Ganxets »  et de son amie Esther. Albert est un grimpeur Catalan discret mais terriblement doué pour dénicher des lignes extrêmement esthétiques et pour les ouvrir du bas en laissant une large place à la pose de coinceurs. J’en profite pour lui dire tout le bien que je pense de celle que je pense être sa dernière création : « Sin Plan », à la Peña de Sin. J’ai découvert cette paroi et cette voie à la fin de l’hiver dernier. Et la grande qualité de l’escalade, ainsi que la logique de l’itinéraire m’avaient fait forte impression.

Un des passages berbères dans l’approche de l’Axe du Mal, escalade à taghia au maroc

Un des passages berbères dans l’approche de l’Axe du Mal

Le lendemain, alors que retentissent les premiers appels à la prière, nous dévalons le chemin vers la rivière. A bout d’une heure trente de marche, nous arrivons devant la paroi du Tadrarate, au pied de l’Axe du mal. Lucile attaque les hostilités avec un peu de mal dans la première longueur pourtant cotée 6a. Arrivés au premier relais, nous entendons des grondements au loin.  Un orage ? Lucile tente de conjurer le mauvais sort : un moteur, un avion ? Lorsque j’attaque la troisième longueur cotée 7a, le doute n’est plus permis, c’est bel et bien le tonnerre qu’on entend. Je lui glisse en grimpant : on va le plus haut possible, dès qu’on ne peut plus grimper, on redescend.

Une fois en haut

Le haut de la longueur est splendide. Un mur raide muni juste des seules  minuscules réglettes et gouttes d’eau permettant la progression : un régal. J’attrape les premières gouttes de pluie en arrivant au relais, celles-ci sonnent la retraite.

Juste avant la retraite, escalade à taghia au maroc

Juste avant la retraite

Une fois sur le sol, nous abandonnons le matériel d’escalade dans une grotte, et rentrons au village. En se disant que le mauvais temps ne va pas durer et que nous retenterons l’ascension le lendemain. L’après midi, alors que les habitants de Taghia rentrent le foin et le font sécher sur leurs toits. Lucile me dit en riant : « Adage du jour  : Berbère qui rentre le foin, pas d’orage au loin ».

Illustration de l’adage, escalade à taghia au maroc

Illustration de l’adage

J’ajoute : « de toute façon, on y va quand même, le pire qui puisse nous arriver, c’est de ne pas être au niveau et de devoir redescendre … ».
Le soir, au repas, nos amis Madrilènes nous demandent dans leur anglais à peine meilleur que le nôtre. « vous tentez à nouveau l’Axe du Mal ? » Lucile leur rétorque : «non, nous ne tentons pas, nous allons le faire ! ».

Au pied du Tadrarate, escalade à taghia au maroc

Au pied du Tadrarate

L’approche, au lever du jour est plus rapidement avalée que la veille. Lucile, une fois de plus, attaque les deux premières longueurs et je gravis la troisième. Elle décide de se lancer dans la longueur suivante, la dernière d’après elle qu’elle peut faire en tête. Elle est tendue, alors que ce type de difficulté ne doit pas lui poser de problème. Sa grimpe, contrairement à d’habitude, n’est pas fluide, et au troisième point d’assurance, elle décide de se laisser tomber, histoire de se décontracter.

Les conséquences d’une chute

Bien que la hauteur de chute soit faible, quelques mètres, au moment de l’impact, je me rends compte que quelque chose ne va pas. L’angle de sa jambe avec la paroi… Immédiatement elle me dit qu’elle a mal, mais que ça va passer dans quelques instants. Après un peu de repos, elle essaye de reprendre l’escalade, mais cela s’avère impossible. La douleur est trop forte et elle redescend au relais. Là, elle remonte son pantalon pour dénuder le genou : Il y a un bout d’os qui sort. Nous descendons au plus vite les trois longueurs tant que la douleur est supportable pour elle. Pendant les rappels, je réfléchis : pas la peine de compter sur d’éventuels secours. A nous, ou plutôt à moi, de les organiser.
C’est là que nous prenons conscience qu’ici en cas de problème nous devons compter d’abord sur nous-mêmes. Alors qu’en Europe un joker existe, il s’appelle le 112 (à composer sur son téléphone) et que sur bien des situations cela fonctionne parfaitement. Nous avons pu le constater avec mon compagnon de cordée, Yoann, l’année dernière à la Marmolada dans les Dolomites ou aux Grandes Jorasses. A la Marmolada, alors que nous parcourions, « Attraverso il Pesce », nous avions entendu des appels au secours venant d’une voie voisine : Don Quixote. Un hélicoptère est arrivé environ 30 mn après notre appel, s’est placé à la base de la paroi et a remonté l’itinéraire de Don Quixote à quelques mètres de celle-ci, jusqu’à la hauteur de la cordée blessée. En une demi-heure, en hélitreuillant la blessée et son compagnon, les secouristes les ont évacués.

Les accidents arrivent

Même chose, en face Nord des Grandes Jorasses. Deux personnes en détresse dans la Walker ont été évacués en un temps record, alors que nous étions la voie Manitua.
Une fois en bas, nous convenons avec Lucile, que j’irai chercher des secours au village. A plusieurs, nous pourrions nous relayer pour la porter. Tout en courant, ma cervelle tente d’organiser les secours. Qui est susceptible de venir m’aider à ramener Lucile? Il y a une heure trente de marche à une allure normale, donc quelques heures en portant quelqu’un. Ainsi, il faudra grimper tout en portant, traverser deux fois l’Akka n’Taghia, prendre des passages berbères…
Il y a bien Alejandro, qui atteint de « turista » n’est pas parti grimper avec ses amis, Albert qui doit se reposer, et puis je verrai avec Youssef. Mais, comment lui maintenir la jambe ? Comment lui faire une attelle de fortune ? Arrivé au pied de l’Oujdad, j’aperçois Ruben et Juan Ma assez haut dans la paroi. Je les hèle, mais avec la distance et la piètre qualité de mon anglais, ils ne comprennent pas ma demande. Mon entrainement en trail me permet de parcourir la distance jusqu’au dernier passage berbère avant le village en moins de 30 mn. Là, je croise Alejandro, un peu remis de son indisposition. Qui allait voir grimper ses amis. Je lui explique rapidement la situation en lui demandant de rejoindre au plus vite Lucile, qui a besoin de réconfort. Tandis que je vais chercher de l’aide au village. Tout en reprenant ma course, je me dis qu’avec un peu de chance, il saura faire redescendre ses amis.

Le village en arrivant depuis l’Akka n’Taghia, escalade à taghia au maroc

Le village en arrivant depuis l’Akka n’Taghia

A la recherche des secours

Arrivé au village, je vois Youssef, à peine réveillé de la sieste. Nous convenons que je retourne au plus vite là bas et à lui de m’envoyer des porteurs pour Lucile. Je reprends ma course en sens inverse. En sortant du village, je croise Mohamed, le fils de Youssef. Il s’étonne de me voir ici, alors qu’il me croyait dans l’Axe du Mal. Je lui explique la situation et il décide de partir avec moi. En chemin, nous rencontrons un jeune berger nomade qui coupait du bois, quelques mots échangés avec Mohamed le convainquent de nous apporter son aide.
Juste avant de rejoindre Lucile, il décide de faire une pause, tire de sa poche une petite pipe en terre, la bourre d’une substance, qui vu l’odeur, est très probablement hallucinogène. Intérieurement, je me dis qu’avec lui dans cet état, Alejandro à peine remis, Mohamed et moi, Lucile n’est pas sortie d’affaire.  Enfin, arrivant à l’endroit où on quitte le fond du canyon pour remonter vers l’attaque de l’Axe du Mal, j’entends des voix. Alejandro a réussi faire descendre Ruben et Juan Ma de leur voie et ils ont tous les trois rejoint Lucile. Alejandro, pompier et secouriste professionnel a confectionné une attelle avec le dos amovible du sac de hissage, maintenu en place par de la cordelette. Ainsi préparée, ils ont pu la descendre jusqu’au canyon.

Le portage s’organise, escalade à taghia au maroc

Le portage s’organise

Les premiers porteurs envoyés par Youssef commencent à arriver, et le portage de Lucile à dos d’homme commence, chacun la portant à tour de rôle.

Une situation complexe

Sans qu’il y ait besoin de se parler ou d’organiser, chacun trouve sa place. Ruben et Juan Ma récupèrent le matériel d’escalade laissé dans la paroi, un autre dégage la route du porteur de tout ce qui pourrait le faire trébucher. Deux autres se préparent à parer en cas de chute.

Au fond du canyon, escalade à taghia au maroc

Au fond du canyon

Le jeune berger nomade porte également, et d’après Lucile, c’est celui qui a le pas le plus sûr ! Et c’est également un de ceux qui l’aura portée le plus longtemps, depuis le début jusqu’à la route ! Les porteurs affluent, envoyés par Youssef. Je suis parti du village seul avec Mohamed, et nous voilà une vingtaine avec du ravitaillement : du pain, de la vache qui rit, de l’eau et du coca.

Pause avant une difficulté, escalade à taghia au maroc

Pause avant une difficulté

Sur le passage berbère, escalade à taghia au maroc

Sur le passage berbère

Pause après la difficulté, escalade à taghia au maroc

Pause après la difficulté

Peu avant le village, j’abandonne en courant  la caravane de porteurs pour préparer nos affaires et repartir au plus vite vers un hôpital.
Notre chemin vers la route reprend, mais cette fois ci, Lucile voyage dans un brancard en bois. Alors qu’elle a parfaitement supporté la douleur jusqu’à présent, avec seulement du doliprane en guise d’anti-douleur. Elle commence à souffrir alors que les conditions de transport s’améliorent. Quant à moi, la fatigue commence à se faire sentir et j’ai du mal à suivre le  rythme des porteurs, pourtant certains étaient là au tout début du secours!

Le rythme rapide des porteurs, escalade à taghia au maroc

Le rythme rapide des porteurs

Dernière difficulté avant le village durant mon séjour escalade à taghia au maroc

Dernière difficulté avant le village

Au petit hameau de Tamdarote, un homme qui travaillait dans son champ, abandonne son labeur pour remplacer un porteur. Arrivés à Zaouiat, alors que nous attendons l’ambulance, une femme sort de chez elle avec du thé et en offre à tous.

Arrivée de l’ambulance

L’ambulance arrive enfin et, tandis que nous roulons vers Azilal, j’aperçois alors que nous montons vers un col. De fantastiques parois ceintes de névés,  promesses de nouvelles escalades. Nous arrivons enfin à l’hôpital d’Azilal vers minuit et, après une longue attente dues aux nombreuses urgences, un médecin examine Lucile et l’envoie passer une radio. Le diagnostic arrive enfin : fracture avec déplacement du plateau tibial. Puis, voyant notre état de fatigue, il nous dit. « Je ne peux pas vous laisser partir comme ça, je vais vous faire des certificats d’hospitalisation, comme ça, vous pourrez dormir ici tous les deux ». Il nous amène dans une salle commune. Enfin, nous allons pouvoir dormir. Il est environ 2h00 du matin, l’accident a eu lieu un peu avant 9h ce matin là.
Attention, il ne faut pas croire que nos aventures au Maroc s’arrêtent à l’hôpital d’Azilal. Il nous a fallu tout d’abord survivre au trajet jusqu’à Marrakech dans une ambulance conduite par des répliques de Laurel et Hardy. Laurel, au volant, actionnait sa sirène en arrivant à chaque carrefour, sans ralentir le moins du monde quelle que soit la circulation. Alors que nous arrivions dans les faubourgs de Marrakech, à un rond-point, il procédait de même. Mais une carriole tirée par un cheval arrivait sur sa droite, le conducteur de la carriole tire sur les rênes, mais les fers du cheval glissent sur le macadam, l’ambulance ne ralentit pas. Finalement le cheval se cabre et l’ambulance passe.
Ensuite, nous avons dû éviter de tomber dans les rets de la « turista ». Cette épreuve a été brillamment réussie par Lucile qui m’a donné son plat, pourtant à l’air appétissant. Inutile d’ajouter que j’ai échoué.

La fin des aventures

Nous avons continué en évitant les chausse-trappes posées par les compagnies d’assurances qui différaient notre retour. Exigeants que Lucile dispose d’un minimum de quatre sièges contigües pour pouvoir allonger sa jambe, alors que la plupart des avions sur la ligne Marrakech-Marseille n’en ont que trois maximum. A la fin, il a fallu leurrer le personnel d’une compagnie aérienne low-cost en leur cachant l’état de Lucile afin qu’elle puisse prendre l’avion. Enfin, le Samedi nous sommes rentrés en France, l’accident avait eu lieu le Mercredi, et le Mardi suivant, elle était opérée.

Conclusion du séjour escalade à Taghia au Maroc

Ce séjour nous laissera une trace indélébile grâce à ce que j’appellerai la profonde humanité des habitants de Taghia. Comment qualifier autrement la simplicité et la chaleur de leur accueil ? Ou la disponibilité et le dévouement dont ils ont fait preuve lors de l’accident de Lucile. N’hésitant pas à perdre une journée de travail pour aider quelqu’un en difficulté, alors que ce travail assure leur subsistance. Cette humanité, nous l’avons retrouvée également chez le médecin de l’hôpital d’Azilal. Qui, à cette heure tardive de la nuit, a fait preuve envers nous, comme à tous ses patients, d’une patience, d’un dévouement et d’une empathie peu communes.
Pour ce qui est de l’escalade, elle est à la hauteur de sa réputation. Je n’ai qu’un regret, ne pas avoir eu le temps de faire de voies trad’ … Pour « l’Axe du Mal », je sais que ce n’est que partie remise.

Matériel utilisé pour cette sortie escalade à Taghia au Maroc

Première partie du matériel pour cette sortie escalade à Taghia au maroc

CATÉGORIE NOM DU MODÈLE MARQUE POURQUOI AVOIR CE CHOIX DE CE MODÈLE AU DÉPART EST CE QUE CE CHOIX A RÉPONDU À CETTE EXPÉRIENCE RACONTÉE DANS CE RAODBOOK  SI C’ÉTAIT A REFAIRE
BAUDRIER SL-340 ARC’TERYX Pour le confort et la légèreté Oui malgré le fait qu’iln’ait que 2 porte-matériels Oui, mais j’ai vu que le même modèle avec 4 porte-matériels existe
CORDE Joker 60 m BEAL Fluidité et légereté dans la grimpe Oui Oui
CORDE Cobra 2×50 m BEAL Bon rappel fluide et résistant Oui Oui
TRAIL Trail line dynema BEAL Pour le hissage et la descente en rappel avce une corde simple Oui Oui
DEGAINES Spirit Express PETZL Un jeu de dégaine pour tout : falaise, Alpi, grande voie Oui Oui
CHAUSSONS Katana SPORTIVA Pour la précision et le confort Oui Oui
CHAUSSURES XA Pro SALOMON Je ne veux qu’une paire de chaussures légères et peu encombrantes pour courir et pour les approches Oui Oui
CASQUE Elios PETZL J’avais la version précédente … Il y a mieux et les réglages sont moins bien que sur le moèle précédent Non

Deuxième partie du matériel pour cette sortie escalade à Taghia au maroc

DUVET Atom MARMOT Faible encombrement et poids, adapté pour bicouac en paroi en été Oui Oui
SAC À DOS Alpinist LOWE ALPINE Léger et confortable, idéal si on a besoin de grimper avce Oui Oui
POLAIRE TRANGOWORLD Résistante et chaude Oui, mais il manque une ou des poches ! Oui, mais !
PANTALON Jean Axiom PRANA Soldé 50 %! Super résistant, ne limite pas les mouvements Oui
SANGLES fin’anneau dyneema PETZL Oui mais nœuds difficile à défaire
FRIENDS Camalot C4 BLACK DIAMOND Le top (mais je n’ai pas essayé les totemcams Pas servi
MICRO-FRIENDS ALIENS Pour la souplesse Pas servi
SAC DE HISSAGE  Sac de hissage 40 L CLIMBING TECHNOLOGIES Il était soldé à 20 € !!! Oui, poche zippéé , porte matériel intérieur etc … Oui
POULIE Micro traxion PETZL Petite, légère et super rendement Oui Oui
DUCK KONG Pour le hissage avec le pied Oui

Vous pourriez aussi aimer

0 commentaire

DESJOUIS Florian 10 novembre 2017 - 14 h 24 min

Nous avons eu la chance de lire le récit de Lucie au gîte de la famille Reski et d’évoluer sur l’accès qui mène à l’Axe du mal: et bien bravo à Henri pour avoir su gérer cette situation bien délicate !

Vous aurez votre revanche, c’est certain.

Répondre
LAROCHE 12 novembre 2017 - 21 h 21 min

Merci à tous deux pour ce récit d’aventure et bravo pour votre opiniâtreté ! J’espère que depuis, Lucile s’est bien rétablie et qu’elle peut assouvir de nouveau sa passion. Henri, à un de ces quatre pour boire un coup! Mes souvenirs d’escalade avec toi, c’est que du bonheur! Ton humilité cache un palmarès vraiment impressionnant. Francis

Répondre
ATTIA 14 novembre 2017 - 12 h 00 min

En effet, ton récit fait écho à celui de Lucile ! Quelle aventure !
La prochaine fois, tu peux aussi penser que le troupeau de biquettes juste au-dessous de l’Axe du Mal… et bien ça peut arriver ;). Axe du Mal ne se laisse vraiment pas faire, en tout cas moins que les RP !

Répondre
Mohamed Rezki 28 mai 2018 - 18 h 28 min

Vous avez le goût du voyage ? Bienvenue au Maroc Taghia.
Escalade à Taghia (Maroc)
Taghia est un petit village berbère situé dans le Haut l’Atlas marocain au fond d’un cirque calcaire ocre. Le village est le point de départ de magnifiques randonnées sur les plateaux et dans les canyons et vers les itinéraires d’escalade tracés sur les parois autour du village. Les voies d’escalade font jusqu’à 800 mètres de dénivelé et tous les styles sont présents : de la dalle technique en mur raide à la fissure à coincements en passant par le dévers. Taghia : paradis de la grande voie en terre berbère!
Pour se rendre à Taghia
Chez Mohamed Rezki à Taghia Douar Taghia, Zaouia Ahanesal 22002 Azilal Maroc.
Mohamed, jeune de 23 ans ( en 2018), originaire de Taghia, et parlant français, espagnol et anglais parfaitement pourra prendre en charge l’organisation de votre voyage. du Transport de l’aéroport de Marrakech au village. Mais aussi l’organisation de vos déplacements avec les mules dans le site de Taghia et L’hébergement a Taghia. Tous les topos d’escalade sont disponibles en consultation au gîte, vous trouverez également de précieux conseils pour les approches. (connexion Internet au gîte)
douche chaude…!).
il se situe juste en haut de village une belle vue panoramique sur le village et en face des falaises gigantesques ! Chers grimpeurs et amoureux des voyages, je vous conseille de continuer avec MOHAMED peut s’occuper de tout l’aspect logistique …!!
Comme il est aussi grimpeur à Taghia , il sera vous conseiller sur les secteurs de grimpe.
Pour contacter Mohamed Rezki:
Email: mohamedrezke5@gmail.com
Tél: +212 632 382 762

Répondre
Gite Taghia 30 septembre 2018 - 12 h 41 min

Bienvenue chez gite said a taghia il possible de réserver et payé online
http://www.climbingtaghia.com

Répondre

Laisser un commentaire